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Livres de Femmes, Livres de Vérités (6) De l’Israélisme au Judaisme – 1/4

« oui, les juifs possèdent la révélation relative au Verbe, « Lumière née de la Lumière » ; mais la dureté de leur cœur les aveugle, comme elle les a aveuglés tout au long de leur histoire ; dureté née de l’orgueil. » ( Tommaso Parentucelli – Nicolas V, Pontifex Maximus : Tractatus de Iudeorum )

1er chapitre : Introduction – Aux origines: La guerre des sexes
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2ème chapitre : Révolution religieuse en Egypte
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3ème chapitre : Les Aryas – Guerre des sexes chez les Perses et les Hindous
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4ème chapitre : La guerre des sexes dans la Chine antique

5ème chapitre : La guerre des sexes dans la Grèce antique
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6ème chapitre

LE MONDE ISRAÉLITE

L’histoire que nous allons relater maintenant est l’événement le plus extraordinaire qui se soit produit pendant le cours de l’évolution humaine.

Et ce n’est pas un fait circonscrit dans un temps donné, limité à une période de l’histoire, spécial à un peuple, c’est la conséquence inéluctable du rayonnement d’un cerveau, surgi dans un passé lointain, qui a grandi dans le temps et a eu un retentissement immense dans la vie des générations qui se sont succédé à la surface de notre planète.

Les conséquences morales, sociales, religieuses qu’il a eues dans le passé, sont la cause de nos luttes actuelles. Et cela prouve l’inconcevable puissance que contient l’idée, quand un germe jeté dans le monde y est fécondé par la lutte des hommes.

Nous allons voir un livre, le Sêpher, dont nous ne connaissons plus qu’une partie, mais qui, dans sa rédaction originelle, ne devait pas dépasser l’importance d’un in-8° moderne de 150 à 200 pages, arriver à une fortune si extraordinaire que la moitié de l’humanité connaît aujourd’hui l’existence de cet ouvrage séculaire par la version grecque qui en a été faite et qu’on a appelée la Bible.

  • D’où vient le succès de ce livre ?
  • Quelle fut la cause du grand mouvement qu’il suscita ?
  • Comment les idées déposées en ces pages ont-elles soulevé tant de discussions, fait naître des passions si diverses ?
  • Pourquoi ont-elles traversé les âges, pénétré en tant de pays, régi tant de peuples, servi de bases aux religions les plus répandues, en même temps que ces mêmes idées, dans leur forme première, étaient soigneusement cachées dans le symbolisme des sociétés secrètes ?

C’est ce que nous allons étudier.

Nous allons soulever le voile des antiques Mystères, créer une exégèse nouvelle (mais sûre), effrayer les timorés ! Peut-être, provoquer la négation des sceptiques ! Sûrement, soulever des colères en même temps que des enthousiasmes ! Sans doute, mais qu’importe ?

L’erreur a trop longtemps duré, l’heure est venue de tout dire, et nous sommes assurées d’intéresser, dans tous les cas, le public intelligent qui, sans se mêler aux luttes religieuses, regarde en curieux les choses qui passent.

ORIGINE SECRÈTE DE LA BIBLE

Pour comprendre l’effet que produisit l’apparition d’un livre à un moment donné, il est indispensable de connaître toutes les circonstances de la vie d’un peuple au moment même où ce livre parut.

C’est parce qu’on a négligé cette étude préalable que la vérité n’a pu se faire jour dans le dédale historique. Les prêtres des diverses religions ayant travaillé, les uns après les autres, à nous cacher le régime religieux qui avait existé avant leur domination, et le public s’étant habitué à considérer les écrits des théologiens comme une source véridique, on était arrivé à ignorer complètement la partie la plus importante de la vie des sociétés humaines, celle pendant laquelle se produisirent les événements les plus considérables et qui vit naître les institutions les plus importantes.

On avait surtout pris soin de nous laisser ignorer les luttes formidables qui firent sombrer le régime primitif, que nous ne connaissons guère que par les traditions vagues d’un âge d’or fabuleux.

On nous avait montré l’entrée de l’humanité dans le cycle ténébreux que les Hindous appellent « Kali-Youga » (âge noir) comme le commencement de l’histoire, alors que cette date fatale ne fut, en réalité, que le commencement de l’erreur avec son triste cortège de conséquences désastreuses : le mal, la misère, la guerre.

L’âge d’or, c’est la longue période pendant laquelle l’humanité vécut sous le régime du Matriarcat.

La religion de cette époque, la Théogonie ou Théosophie, comprenait l’enseignement des lois de la nature donné par des Prêtresses, alors que le culte n’était encore que la religion naturelle, c’est-à-dire l’hommage rendu par l’homme à la Déesse, nom générique de toutes les femmes supérieures et qui n’indiquait alors que les qualités morales inhérentes au sexe féminin.

Pas de surnaturel ; partout les mêmes principes, c’est-à-dire les mêmes commencements, avaient pour base la nature même, encore inviolée.

LA DIVINITÉ PRIMITIVE CHEZ LES ISRAÉLITES

Dans cette période reculée de l’histoire, la Déesse est la personnification de l’Esprit féminin; elle est l’Esprit divin uni à la beauté, à la grâce, à la maternité. Un nom que toutes les mythologies ont conservé la désigne : HEVA.

Chez les peuples qui changent le V en B, on a HEBE. Les langues primitives changent facilement les voyelles. On ne les écrivait même pas et l’usage, si instable, déterminait la prononciation que, seule, la tradition fixait.

Chez les Hindous, en ajoutant à EVA l’article démonstratif D, on fait D-EVA, ou D-EVI. L’H que l’on met devant EVA est aussi, en hébreu, un article HA (la).

Plus tard, on ajoutera devant ce nom un I, lettre idéographique symbolisant le sexe masculin, qui donnera au nom un caractère hermaphrodite. On écrira alors IHEVA ou IHAVE, et DEVA deviendra DIAVE.

La divinité n’est, d’abord, qu’un apanage féminin ; peu à peu elle devient mixte et l’on crée des couples divins.

C’est dans la troisième phase religieuse, seulement, que le « Dieu », séparé du couple, va régner seul.

Il est utile d’étudier l’évolution du nom divin, qui joue un si grand rôle dans l’histoire des Hébreux.

Renan dit dans Le peuple d’Israël (p. 82) : « Rien n’incline à croire que IHAVE soit originaire d’Egypte. En Assyrie au contraire, et en particulier dans les contrées chaldéennes araméïsées, voisines du Paddan-Adam, le mot IAHOU ou IHAVE paraît avoir été employé pour désigner la Divinité. La racine HAVA, écrite par un H doux ou un H dur, signifie, en langue araméenne, l’Etre ou le souffle de vie, ou la vie.
La mère de vie, la première femme s’appelait HAVA. Le nom sacré se contractait en Iahou et lo et s’écourtait en Iah.

« On expliquait le Tétragramme par le verbe haïa qui est la forme hébraïque de Hawa : « Je suis cela qui suis », et je suis devenait un vrai substantif. »

Les vraies voyelles de IHVH sont inconnues. Les anciens transcrivaient IEYO, IEOY, IAO.

Clément d’Alexandrie donne IAOVE.

Fabre d’Olivet, dans sa Langue hébraïque restituée, nous explique aussi l’origine du nom de la Divinité des Hébreux et montre que dans HVH l’aspiration finale tombée avec le temps est celle qu’on appelle quiescente. Puis, après avoir donné des indications très claires sur le sexe de la Divinité primitive, il se reprend et dit (p. 26) : « Je ne veux pas dépasser les bornes que la prudence commande. J’aurai soin seulement de donner au lecteur intelligent toutes les facilités qu’il pourra désirer. »

Ce nom divin a toujours été considéré comme renfermant « un mystère ».

Il s’écrivait seulement avec les consonnes HVH, puisque la primitive langue hébraïque n’avait pas de voyelles. C’est l’usage qui, d’abord, indiquait la manière de prononcer les consonnes ; ce qui rendait impossible la transmission écrite de la prononciation des mots. La tradition orale seule conservait cette prononciation.

Or, en changeant la prononciation des voyelles, on peut rendre un mot méconnaissable. C’est ce qui arriva pour le nom qui nous occupe. Il fut prononcé d’abord HeVaH ; c’était le nom générique de la Femme, d’où dériva le nom Eva des modernes. En changeant les voyelles de place, c’est-à-dire en écrivant le nom à l’envers, on en fit HaVeH (1), puis, en ajoutant le yod devant le nom, il devint IHaVeH, qui servit à faire le Jehovah des modernes.

Les Francs-Maçons, qui gardent dans leur symbolisme les traditions de l’Israélisme, ont le mot IVAH parmi les quatre mots sacrés du grade de Maître secret. (Ils le donnent comme une contraction de Jehovah.)

Ce nom, ainsi écrit, nous fait supposer que, primitivement, Hevah se prononçait Ivah.

Il est impossible de comprendre l’histoire de la Bible si l’on ne connaît bien l’évolution du nom divin. C’est pourquoi nous nous sommes étendu sur ces étymologies.

Nous devons aussi rappeler que le mot Dieu, d’abord écrit Diev (jusqu’au Moyen Age l’u finale était un v), vient du mot sanscrit Devâ ou Devi, qui signifiait la « Femme lumière », la « Femme Esprit » ; ce mot Dieu n’apparaît pas dans la Bible primitive où Hevah le remplace d’abord, puis arrive à être caché, supprimé ; enfin on lui substitue le mot « Eternel » quand les traducteurs qui ont voulu masculiniser l’antiquité eurent supprimé tout ce qui est féminin.

(1) AVE ou EVA, c’est le même nom lu de droite à gauche comme lisent les Hébreux ou de gauche à droite suivant L’usage des Européens.

ORIGINE DES HÉBREUX

C’est de ce nom « Hébé » que l’on fait Heber, origine du nom générique des Hébreux, des Arabes et peut-être des Ibères (1) ; si ces noms se retrouvent dans des régions si éloignées les unes des autres, c’est parce que, lorsque les peuples gynécocrates perdirent leur puissance et furent obligés de quitter leur pays d’origine, on donna au mot hébraïque (hebraikos en grec), qui les désignait toujours, une signification nouvelle, on le fit signifier « qui est déporté, qui vient d’au delà » ; et on précisait même, on disait « d’au delà du Gange ».

Ce nom d’Hébé (heve) se retrouve encore dans Hébel (Hebe-el) ou Habel (Habe-el) (l’article est mis après le nom), qui signifie « Esprit », et que nous voyons apparaître dans la seconde légende hébraïque de l’origine de l’humanité, celle de Caïn et Habel.

Les Kabbalistes et les savants savent que ces deux noms représentent le couple humain : Habel est la « Femme Esprit », sœur de l’Homme. Quand les prêtres mutileront les Ecritures pour supprimer la Femme de l’histoire, l’humanité ne commencera plus que par des mâles.

Les luttes des Caïnites et des Habélites sont une des formes de la guerre des sexes, comme les luttes des Pandous et des Kourous aux Indes, celles des Titans et des Dieux chez les Grecs.

Il ne s’agit pas de la lutte d’un homme contre un homme, mais d’un sexe contre l’autre, et c’est là le crime social commis contre la Femme, que Fabre d’Olivet explique ainsi le principe de la jalousie qui détermina ce meurtre symbolique : « La faculté féminine créatrice est désignée sous le nom d’Hébé qui, dans l’idiome phénicien, était celui de l’amour féminin (2). Dans la secte des Pasteurs, on enseigne que, dès l’origine des choses, il existait 2 êtres : l’amour et le chaos. L’amour, principe féminin spirituel ; le chaos, principe masculin matériel (chaos vient de Kaïn) ». (L’État social de l’homme, T.I, p. 294)

Si les Hébreux sont des peuples gynécocratiques poursuivis et déportés, il n’est pas surprenant que le nom qui sert à les désigner, « Israël », ait aussi une signification féministe.

En effet, Israël vient du mot sanscrit Içwara, qui signifiait chez les Hindous « l’être qui prime sur les forts », ou bien « l’être en qui réside la puissance », la Maîtresse (3).

Cette Maîtresse représentait la puissance morale de la Femme qui domine l’homme fort.

(1) « Les noms que nous donnons aux Hébreux et aux Arabes, quoiqu’ils paraissent très différents, grâce à notre manière de les écrire, ne sont au fond que la même épithète modifiée par deux dialectes différents ; l’un et l’autre peuple rapportent son origine au patriarche Heber (heber suivant l’orthographe hébraïque, suivant l’arabe habar ; le dérivé hébraïque est hebri en hébreu). Or le nom de ce prétendu patriarche ne signifie rien autre chose que ce qui est placé au-delà, ce qui est éloigné, caché, dissimulé, privé de jour, ce qui détermine. De cela on a fait, à tort, ce qui est occidental.

« Les Hébreux, dont le dialecte est évidemment antérieur à celui des Arabes, en ont dérivé hebri, et les Arabes harbi. » (Fabre d’Olivet, La Langue hébraïque restituée)

(2) En allemand, amour, liebe, est féminin, et a la même racine que Hebeh, également féminin ; le mot chaos, opposé à celui d’Hébé, est la matière.

(3) Philon d’Alexandrie qui, dans ses écrits, montre une intention manifeste de supprimer la Femme de l’histoire, altère cette étymologie, il en supprime le premier mot Isa et ne laisse que Ra-el, qu’il fait signifier voyant Dieu. Mais le Dieu de PhiIon n’existait pas encore quand on commença à employer le mot Israël.

LES ANCIENNES LÉGENDES

Comment de Içwara arriva-t-on à faire Israël ?

Rappelons d’abord que la racine Isha ou Aisha désigne la femme et sert à former les noms primitifs qui lui sont attribués.

Si nous décomposons Içwara, nous trouvons isha (femme) et vara (ciel). Le V devient U dans certaines langues où le ciel sera ura (d’où Uranie, Ouranos).

Chez les Egyptiens, on supprimera le V et on dira RA. Donc, en Egypte, Içwara devient Is-ra, auquel on ajoute el qui est un article qui se met après le nom (1).

Dans la suite des temps, les anciennes formes du mot Ish perdront leur H, ou plutôt c’est la lettre shin (ש) qui changera de prononciation.

Suivant que cette lettre est surmontée d’un point à droite ou à gauche, elle se prononce sin ou shin.

Renan dit : « Qui nous dira comment les Hébreux qui les premiers écrivirent le nom de Moïse MShH vers 1.000 ou 1.100 prononçaient le s (shin – ש) ? » C’est justement le temps où la moitié d’Israël disait Siboleth, les deux prononciations du ש se confondant également dans les anciennes formes du nom d’Israël.

Les Hébreux donnaient à la femme le nom de Isa et non plus celui de Aisha.

C’est après le grand mouvement provoqué par l’enseignement de la Déesse Krishna (2) qu’un grand schisme éclata : le schisme d’Irshou, qui divisa l’humanité jusqu’alors unie dans la croyance des lois de la nature, non encore discutées.

Mais Krishna venait d’expliquer la loi des sexes déposée dans la Bhagavad-Gitâ ; or cette loi dévoilée ne fut pas comprise de tous, elle souleva une grande révolte des masculinistes qui arrivèrent à s’emparer en partie de la domination de l’Inde, ce qui obligea les féministes à quitter le pays. C’est alors que se produisirent les grandes émigrations qui répandirent ces exilés chez les Phéniciens, les Phrygiens, les Ioniens, les Egyptiens, les Etrusques.

Les émigrés, en sortant de l’Inde, s’arrêtèrent d’abord en Kaldée où ils fondèrent une ville à laquelle ils donnèrent le nom de Or ou Ur (qui veut dire lumière).

On les appelait « Peuple de Brahm », parce qu’ils venaient du pays où le soleil était appelé Brahm.

Plus tard, pour dénaturer ces faits réels et cacher leur cause, « la lutte de sexes », on en fit des légendes restées dans tous les Livres sacrés révisés par les prêtres dans les siècles postérieurs.

C’est ainsi que le « Peuple de Brahm » deviendra un homme : Abrahm, puis Abraham. La légende fait naître Abraham vers 2.000 ou 2.300, date qui semble bien se rapporter à l’époque du schisme d’Irshou.

L’histoire sainte nous dit que sa famille était riche en troupeaux, parce que les féministes étaient ceux que l’on appelait des Pasteurs sédentaires. Comme c’est l’époque des tribus matriarcales, ceux qui, 2.000 ans plus tard voudront défendre le droit paternel, diront qu’Abraham fut un Patriarche chef des tribus. Mais jusqu’au décret de Ptolémée Philopator, promulgué deux siècles avant le Christianisme, le père ne fut pas connu des enfants, qui portaient le nom de la Mère.

« C’est en Kaldée, dit la Bible, que Dieu révéla à Abraham qu’il serait la tige de son peuple », expliquant ainsi cette espèce de vocation d’un petit groupe de féministes qui allaient remplir une si grande mission dans le monde.

La révélation faite par Dieu à Abraham, c’est la révélation faite par Krishna au « Peuple de Brahm ».

Dans la légende, Abraham aura une femme, Sarah, 1.500 ans avant l’institution du mariage, et cela, sans doute, pour utiliser le nom de Sarah qui, chez les Hindous, signifiait la Brillante, parce que c’est elle, Saraswatî, qui fut la première révélatrice des lois de la nature dans l’Inde antique, l’auteure du Véda.

On donne à Abraham un fils, Isaac. Or, Isa est le surnom qu’on donnait à Krishna (Isa-Krishna), et Ak signifie chef, d’où Isa- Ak (3).

Dans la légende, Isaac a 2 enfants, Esaù et Jacob, dont l’histoire résume, sous une forme symbolique, la grande lutte de sexes qui déchira le pays des Hindous.

Rappelons-la :

Le mâle est le premier-né, mais il a perdu sa priorité par la chute (dans la vie sexuelle), c’est-à-dire par les passions, ici représentées par le plat de lentilles, ailleurs par d’autres symboles. Jacob, sa sœur, apparue après lui, l’a cependant dépassé (il s’agit des primitifs adolescents), et c’est elle qui règne par l’esprit, par la raison.

Elle est surnommée Isa-Ra-el (ra est la racine de radiation, ce qui est radiant, lumineux). Ce nom, dira-t-on, veut dire « combattant pour Dieu ». Mais dans cette antiquité il ne s’agit pas du Dieu moderne, dont l’idée première vient de Socrate.

Mais suivons les étapes de l’émigration :

La tribu d’Abraham (ou des enfants d’Israël) passe en Mésopotamie et s’arrête dans la ville de Harram ; elle franchit l’Euphrate, traverse la Syrie et vient s’établir dans le pays de Chanaan (la Palestine future), où la tribu reste pastorale, logeant sous des tentes et changeant souvent de résidence.

Jacob, type symbolique de la Mère (matriarcale), a 12 enfants qui établissent 12 tribus. Leurs noms nous ont été conservés dans le cantique de Déborah.

Ce qui est certain, c’est que ces enfants symboliques ne sont pas des fils, mais des filles, puisque ces émigrés ont quitté l’Inde pour ne pas se soumettre à la domination de l’homme et gardaient jalousement les traditions gynécocratiques, et c’est là ce qui leur donne leur caractère de peuple divin.

La Bible moderne fera de ces 12 chefs des Patriarches, mais nous savons (c’est Renan qui nous l’apprend) que le mot patriarche ne fut introduit dans l’histoire qu’au deuxième siècle de notre ère, quand le droit paternel eut triomphé à Rome et que l’histoire fut révisée pour donner à ce droit nouveau une haute antiquité.

Enfin Jacob (le parti féministe), après avoir séjourné dans la terre de Chanaan, arrive en Egypte (ce sont les Ich-sos / hyk-sos), parce que, dit l’histoire sainte, un de ses enfants, Joseph, fut vendu par ses frères.

Ensuite on fait de Joseph un esclave de Putiphar, officier de la cour, à une époque où il n’y a pas encore de rois, donc pas non plus de cour, ni d’officiers puisqu’il n’y a pas encore d’armées régulières.

Ce qui existe alors, ce sont des Pharaons. Mais les Pharaons ne sont pas des rois, ce sont des Maîtres intellectuels, des instructeurs ; ce sont « ceux qui parlent », qui enseignent, semblables à ceux qu’on appelle chez les Israélites des Prophètes, puisque leur nom vient de la même racine (pharaï, parler).

On a remarqué que le titre de Pharaon ne se trouve pas dans les anciennes listes des rois d’Egypte ni sur les monuments explorés par la science moderne.

Le roi, dont Putiphar serait officier, appartient, dit-on, à la dynastie des Hyk-sos, et il confie à Joseph l’administration de toute l’Egypte.

Or ce sont justement les émigrés, venus de l’Inde par la Kaldée, qui sont les Hyk-sos, et si un émigré israélite a eu l’administration du pays, c’est évidemment parce que cette race était douée d’une haute intelligence et qu’elle conservait les anciennes lois basées sur le droit naturel, qui étaient celles du régime gynécocratique.

Alors, celui qu’on appelle Joseph, c’est un nom collectif.

L’arrivée en Egypte de ce peuple nouveau introduisit dans la langue égyptienne des mots nouveaux. C’est ainsi que le surnom donné à Krishna, Isa, devint Isis. (L’s finale est une terminaison grecque.)

Le fleuve fut appelé Nila, qui en sanscrit veut dire bleu, parce que c’était la couleur symbolique qui avait été adoptée par Krishna pour représenter son parti. Jusque-là, les féministes arboraient le drapeau rouge et les masculinistes le drapeau blanc.

(1) Il ne faut pas invoquer la terminaison des genres en sanscrit, « I » pour le féminin et A pour le masculin, contre les étymologies que,je donne, parce que pendant le cours des luttes de sexes on a changé l’orthographe des mots. C’est ainsi que nous voyons quelquefois Abraham écrit Ibrahim. Souvent on a mis le masculin pour le féminin, quelquefois on a supprimé tout à fait la lettre terminale comme dans Diew (de Dieva). Le genre se reconnaît à la signification du mot dans la première forme religieuse.

(2) Si nous lisons la Bhagavad-Gitâ dans la traduction anglaise de M. Ch. Wilkins (1787), nous voyons qu’il appelle Krishna « Fille royale de Dropadi » ; si nous lisons le même livre dans la traduction de Burnouf, faite un siècle plus tard, nous constatons qu’il a supprimé les passages qui indiquaient le sexe de Krishna.

(3) Si les Israélites étaient considérés comme « le peuple choisi », privilégié entre tous, c’est parce que, plus longtemps que les autres, ils avaient conservé les traditions de la vie primitive qui étaient matriarcales, théogoniques et gynécocratiques.

Si les Écritures que les modernes étudient ne nous disent pas cela, c’est qu’elles datent de l’époque où les hommes, ayant conquis le pouvoir, écrivirent l’histoire antérieure à leur triomphe pour justifier leur usurpation, donnant à croire que le règne de l’homme avait toujours existé.

ORIGINE DE LA LÉGENDE

Maintenant que nous avons rappelé la légende, voyons sur quels faits on la motiva.

Les émigrées de l’Inde se répandirent dans toute l’Asie ; elles firent un séjour dans la partie de l’Arabie qui touche au Golfe Persique et y laissèrent des souvenirs dont l’histoire a gardé la tradition.

La Mecque (longtemps avant l’Islamisme) fut une de leurs stations. On y trouve une « Maison sacrée », la Kaaba, « Maison de Dieu », dira-t-on, quand on mettra le nom divin au masculin.

Sur les collines voisines de la Kaaba se trouvait l’habitation des Déesses Icâf et Nayila.

C’est dans la Kaaba qu’avaient lieu les réunions secrètes des femmes, c’est là qu’elles célébraient leurs « Mystères ».

Primitivement on disait Qoubbah, mot qui signifiait, dit le Coran, lieu d’Abraham (Abraham mis pour Peuple de Brahm).

Une fois par an, les femmes y recevaient les hommes pour la fécondation annuelle qui avait lieu au printemps : d’où la Pâque, fête de l’œuf.

Cet endroit fut donc consacré par le pèlerinage annuel qui réunissait les hommes et les femmes, dans un temps où la lutte des sexes avait créé le divorce social, les hommes vivant entre eux, les femmes entre elles.

Cette fête de Pâque était accompagnée de cérémonies religieuses et d’un enseignement. Les Déesses profitaient du pèlerinage qui attirait les hommes pour leur expliquer les lois de la Nature que, dans d’autres occasions, ils ne voulaient pas écouter.

C’est ainsi qu’on institua le Tawaf, ou les 7 tournées autour de la Kaaba, qui étaient destinées à faire connaître aux hommes les lois cosmiques résumées dans l’histoire des 7 corps actifs qui génèrent les couleurs des soleils.

C’est le septénaire, représenté chez les Hébreux par les Elohim.

C’est de cette cérémonie qu’est resté l’usage des processions autour des églises.

La simple visite au lieu saint, qui pouvait se faire à toute époque de l’année, s’appelait Omra ou Hadjdj al-Asghar (« petit pèlerinage »).

Pour se préparer aux cérémonies du Hadjdj et de l’Omra, on s’imposait certaines abstinences et on se mettait en état d’ihrâm (sanctification). C’est l’origine du carême.

Les hommes se purifiaient (bain), se faisaient couper les ongles, la barbe et les cheveux avant de paraître devant les femmes.

C’était l’occasion d’une grande féria, aux environs du sanctuaire.

Des marchands venaient y apporter toutes sortes d’objets, et c’est là que les hommes achetaient des cadeaux qu’ils offraient aux femmes.

C’est de là qu’est resté l’usage des foires annuelles.

Le Coran raconte la légende de la Kaaba en en attribuant la construction à Abraham et à Jacob.

On fait dire par Allah à Abraham : « Je t’établirai Iman des hommes » (chef spirituel) ; et Abraham répond: « Et ma postérité aussi ». C’est ainsi qu’on établit la religion masculine et les chefs spirituels mâles.

Résumons :

Du peuple de Brahm on fait un homme, Abraham, un patriarche, à une époque où le père n’est pas connu de ses enfants. (Nous venons de voir comment les fécondations se font, une fois par an).

Les enfants portent le nom de leur mère.

On donne à Abraham un fils, Isaac, dont le nom est formé de Isa ou Isha (surnom de la Déesse, qui deviendra Isis) et Ak, qui signifie chef.

Ce second patriarche, car c’en est un aussi, a 2 enfants (les 2 sexes) : Esaû et Jacob.

Jacob (sexe féminin) s’écrit Ya-qoub, et signifie « Maison de Dieu », c’est-à-dire de la Déesse (Ya diminutif de Yaveh, et qoub de Qoubbah, maison).

Esaù (sexe masculin) est un nom que nous trouvons altéré de diverses manières, mais représentant toujours la masculinité. Esaû devient Azar, Esar, Aesar, Ezer.

Le Hésus des Gaulois vient aussi de Esaû, ainsi que le JHésus des Catholiques.

Quant au mot Kaaba, « maison sacrée », les hommes en ont fait Al-Coba, qui signifie Alcôve (Al est un article).

En arabe, Al-Coba désigne aussi une hutte.

ISRAËL LE PEUPLE CHOISI

Si on a pu dire qu’Israël est le peuple choisi, cela voulut dire primitivement le sexe choisi.

La maison d’Israël, c’est la puissance féminine, ce sont les fidèles de la gynécocratie.

On sait aujourd’hui que ce régime a duré jusqu’au 8ème siècle « avant notre ère » et que c’est pendant sa longue durée que régna la vérité dans la religion et la justice dans la vie sociale.

Mais l’homme s’est révolté contre la Femme et contre sa loi, il l’a attaquée, et la lutte, une fois commencée, a grandi, elle est devenue formidable, et nous allons voir les grandes femmes d’Israël soutenir de longues guerres dans l’agonie de leur puissance. C’est ce grand événement qui fait le fond de la Bible, et ainsi elle apparaît comme un livre du plus grand intérêt, digne du grand respect qu’on lui accorde ; l’histoire qu’elle renferme est bien réellement l’Histoire sainte.

LES HYKSOS

Les premières phases de l’histoire des Hyksos se déroulent en Chaldée ; les origines qu’elles nous racontent sont celles que la tradition babylonienne a conservées.

Leurs tribus matriarcales existaient en Assyrie. C’est cette forme de gouvernement qui fut établie en Palestine, « cette terre qui sera un jour la possession d’un peuple qui sortira des tribus gynécocratiques ».

A l’époque où les féministes fuyaient devant l’oppression masculine, on vit entrer en Egypte, par le nord-est, un peuple de « Pasteurs » nomades. C’étaient des Chananéens qui, après avoir habité la région de l’Arabie qui touche au Golfe Persique, avaient émigré en Syrie. Cela se passait 2.000 ans avant notre ère. Ces féministes allaient vers la Palestine en vertu de cette tendance singulière qui pousse les femmes qui émigrent à se diriger vers le nord-ouest ; fait, du reste, qui a une cause psychologique : les races du Midi, ayant commencé plus tôt leur évolution, sont arrivées plus tôt au déchaînement des passions qui engendre la révolte de l’homme contre la femme. Pour fuir les dominateurs, il faut se diriger vers les pays où l’évolution plus tardivement commencée n’a pas encore amené les hommes au même degré de révolte contre les contraintes qui leur sont imposées par la loi morale. C’est pourquoi le mouvement d’émigration féministe, véhicule de la civilisation, marche de l’Orient à l’Occident, du sud au nord.

Il faut se rappeler que la « Tribu » est la forme du régime matriarcal et que ce sont les femmes qui sont « Pasteurs » ou plutôt « Pastourelles », c’est-à-dire Sédentaires.

Quand on parle de « Rois Pasteurs », on met au masculin le titre que l’on donnait à la souveraine féminine.

Suivant Flavius Josèphe, Hyk dans le dialecte sacré veut dire chef, et sos dans la langue populaire signifie pasteur (Contre Apion, 1.4). Or le langage sacré à cette époque reculée, c’est la primitive langue des Déesses.

M. Chabas rappelle que le nom hiéroglyphique des Pasteurs, trouvé dans l’inscription d’Ahmès, est exprimé par un groupe qu’il lit : Menaou. Dans le papyrus Sallier, ils sont désignés par une épithète flétrissante : Aatou (fléau) (Mélanges égyptologiques, pp. 32 à 35).

Je vois dans cette flétrissure une preuve psychologique de l’origine gynécocratique des Hyksos. C’est toujours ainsi qu’au milieu des luttes de sexes on parle des féministes.

Ces tribus s’établirent au nord de l’Egypte, dans le Delta (1).

L’historien Josèphe les avait identifiées avec les Israélites, par erreur, disent les modernes, qui ne comprennent pas qu’il ne s’agit pas de groupement par similitude de race, mais par similitude de gouvernement.

Mariette a découvert des monuments qui ont fait constater que les Pasteurs sont une race d’origine sémitique dont les chefs, après avoir conquis la partie septentrionale de l’Egypte, choisirent pour résidence la ville de Sâm qu’ils appelèrent Tanis (Tanis ne viendrait-il pas de Tanit, la Déesse phénicienne ?) à l’ouest du lac Menzaleh, et établirent leur place d’armes à Haouar ou Avaris à l’est du même lac.

Ces tribus adoptèrent, peu à peu, les habitudes et même la langue du pays, mais gardèrent intacte leur religion.

Elles élevèrent des temples à leur Divinité dans les villes de Tanis et d’Avaris. Quelques monuments des « Reines » Hyksos portant les noms de leurs constructeurs subsistent encore.

Les « Pasteurs » devinrent maîtres du nord de l’Egypte et firent de Memphis leur capitale. La personne qui les gouvernait, Salaris, y régna. Nous ignorons si ce personnage était un homme ou une femme.

La fondation de Memphis, à l’entrée du Delta, remonte donc à cette époque. Cette ville s’appela d’abord Men-Nefer (la bonne demeure).

Pendant que les Hyksos régnaient dans le nord, la partie méridionale de l’Egypte était dominée par les Hak, que les historiens appelèrent des « Rois ». Or il n’y avait pas encore de royauté constituée, puisque nous savons que le régime gynécocratique dura, sans partage, jusqu’au Xème siècle avant notre ère. Ces Hak sont des hommes qui se sont séparés des tribus matriarcales et se sont mis à la tête d’un parti opposant.

C’est en comptant ces Hak comme des rois légitimes qu’on arrive à établir un si grand nombre de dynasties qui auraient été, si elles avaient existé, une série parallèle à celle que formaient les Mères (Matriarches) des Tribus.

C’est surtout en Egypte que la gynécocratie fut solide et durable.

Cependant, il y avait des contestations entre les Reines et les Hak.

C’est ainsi que nous apprenons par un fragment de papyrus que l’un de ces « Rois », appelé Rashenen, reçut un message inquiétant de la part d’Apapi qui régnait chez les Hyksos, sans qu’il soit possible de découvrir à quel sujet, ni quelles furent les suites de ce message (2).

Un des ces Hak appelé Ahmès (Amosis) résidait à Thèbes. C’est lui qui parvint à vaincre les Hyksos et à les obliger à sortir du pays. On en fait le fondateur de la XVIIIème dynastie, une de celles que les historiens de la vieille école considèrent comme les plus brillantes parce qu’elle aurait remporté des victoires sur le régime féministe.

D’après Champollion, les « Pasteurs » régnèrent en Egypte 260 ans. D’autres disent 953 ans ; d’autres disent 500 ans ; l’Exode dit 450 (ch. XII, 40). Renan croit que leur règne fut d’un siècle seulement. Croyez donc les historiens après cela ! On leur donne trois dynasties, depuis la XVème jusqu’à la XVIIème, pour rester fidèle au système adopté ; mais, comme nous savons qu’à cette époque le pouvoir n’était pas héréditaire (puisque dans le régime matriarcal le père n’était pas connu) (3), nous en concluons qu’on n’a inventé les dynasties qu’après que cette forme du pouvoir (l’hérédité) a été instituée, et alors, suivant le système toujours employé, on a reporté les dynasties dans un passé lointain pour donner au système dynastique le prestige de l’antiquité.

Amosis vivait 1750 ans avant notre ère. A la même époque, les tribus féministes sont chassées de l’Arabie par des hommes qui se font appeler « Tobba » (celui qui fait le bien), répondant ainsi aux accusations de malfaisance dirigées contre eux.

Manéthon, prêtre de la religion polythéiste (en lutte contre la Théogonie), a écrit l’histoire de son pays au IIème siècle avant notre ère pour justifier l’usurpation du pouvoir sacerdotal par l’homme ; il y représente les « Pasteurs » sous des traits odieux. Ce sont, pour lui, des malfaiteurs qui ont maltraité les Égyptiens et insulté leurs dieux ; « aussi, dit-il, ils furent asservis, après avoir séjourné cinq cents ans dans le pays, et, finalement, s’en furent en Judée où ils fondèrent Jérusalem », vers le XVIIIème siècle avant notre ère.

C’est aussi l’histoire de Manéthon qui nous dit que les Israélites se révoltèrent sous un chef nommé Osarsiph, « lequel changea son nom contre celui de Mosé ; qu’ils faisaient des horreurs inimaginables et insultaient à la religion des Égyptiens ».

Il est bien facile, à travers cette haine, de rétablir la vérité. L’accusation de choses abominables a toujours été faite aux femmes par ceux qui les combattaient injustement. Les insultes à la religion des Egyptiens,ce sont les reproches des fidèles de la Théogonie adressés à ceux qui pratiquaient le culte des dieux mâles, ce qui sembla abominable au début.

Tout cela est tellement limpide qu’on n’a aucun effort à faire pour l’expliquer, c’est la psychologie humaine dans toute sa simplicité. Du reste, le récit de Manéthon est plein de contradictions.

Il dit : « Ils firent une audacieuse expédition dans notre pays et le subjuguèrent facilement sans combat ». Plus loin, il ajoute qu’ils traitaient les indigènes de la façon la plus odieuse, massacrant les uns et menant en esclavage les femmes et les enfants des autres. Or, si cela était, on ne pourrait pas dire qu’ils ont subjugué sans combat, car ces prétendus massacres n’auraient pas eu lieu sans qu’il y eût combat. Il y a donc, dans ce récit, un parti pris de représenter les Hyksos sous un jour défavorable. Qu’il y ait eu domination morale, c’est-à-dire prosélytisme, cela est probable ; et ce qui le prouve, c’est que Manéthon les représente comme « renversant les temples et les dieux » ; cela prouve que ces tribus obéissent à une idée religieuse, et cela ferait supposer, si cela était vrai, que le culte égyptien commençait à se corrompre, ce qui arriva par la suite.

Manéthon est imbu des idées de son temps (IIème siècle avant notre ère), et il les reporte à l’époque des Hyksos (plus de mille ans avant lui). Du reste, la haine que ces « Pasteurs » inspirent prouve leur féminisme et explique le silence systématique fait sur leur histoire.

On a couvert d’épaisses ténèbres les siècles pendant lesquels les Hyksos régnèrent en Egypte. Alors que tant de monuments, d’inscriptions, de statues, attestent le passage de l’homme, racontent ses actions, relatent ses exploits et chantent ses louanges, le passage de la Femme n’est signalé que par une action moralisatrice qui engendre des haines et la fait représenter sous une figure ridiculisée, avilie, déshonorée.

On sait que c’est presque toujours par la fuite que la femme se soustrait à la tyrannie ; elle ne lutte pas longtemps, se sachant impuissante, elle fuit son oppresseur. C’est là un fait psychologique qu’il ne faut pas perdre de vue. Quand un peuple pacifique est attaqué par un dominateur brutal qui prétend l’asservir, si ce peuple, au lieu de se défendre, abandonne la place (non sans invectiver son adversaire, du reste), c’est un peuple féministe. La gynécocratie n’a jamais su organiser la guerre. Ces peuples vont fonder ailleurs un autre établissement en attendant que d’autres hommes viennent encore les en déloger.

Aucune peuplade androcratique n’agit ainsi. L’homme, contre un autre homme, lutte, ne s’éloigne pas sans combat. Mais la Femme, qui cède, accuse de lâcheté ses oppresseurs qui font contre elle usage de la force, et ceux-ci se vengent en renvoyant cette accusation à celles qui la leur adressèrent, et c’est ainsi que la lâcheté du conquérant qui attaque des êtres plus faibles que lui devient une accusation portée contre le faible qui fuit une force supérieure à la sienne.

Du reste, un régime social basé sur l’autorité morale et la Justice ne peut pas entrer en lutte avec des ennemis qui basent leurs conquêtes sur la violence.

(1) Manéthon parle d’un peuple d’émigrants qui arrivèrent tout à coup aux bouches du Nil et se rendirent maîtres du pays. Il les appelle Hyksos, et dit qu’ils avaient pour roi (?) Boïkos et pour capitale Abaris.

(2) C’est sous le règne de cette Apapi, qu’on appelle un Pharaon, que l’on place le jeune Hébreu Joseph vendu par ses frères. Cette légende a été, comme toutes les autres, arrangée d’après les idées les plus modernes.

(3) Renan dit dans l’Histoire du peuple d’Israël (T. Ier, p. 17) : « Le mot patriarche ne se trouve pas avant le premier siècle de notre ère, mais il est bien fait ; nous l’employons », et il l’applique aux chefs des tribus matriarcales qui étaient des « Mères ».

LES SUPERCHERIES DE L’HISTOIRE

La lutte qui a dû précéder le renversement du régime gynécocratique ne nous est pas racontée par ceux qui ont écrit l’histoire, mais elle a été relatée par les femmes elles-mêmes dans des livres qui, quoique altérés, nous rendent la vérité, et c’est ainsi que nous pouvons reconstituer l’évolution qui s’accomplissait alors.

Le régime masculin ne s’est pas substitué brusquement au régime féminin, mais il s’est institué parallèlement, faisant un nouvel Etat dans l’Etat premier ; si bien que, pendant longtemps, les deux régimes ont existé en même temps, mais les historiens n’ont tenu compte que du régime masculin, qu’ils ont appelé « légitime ».

Mariette dit : « Il y eut incontestablement, en Egypte, des dynasties simultanées ; mais Manéthon les a écartées pour n’admettre que celles qui furent réputées légitimes, et elles ne sont plus dans ses listes ; autrement, ce n’est pas 31 dynasties que nous aurions à compter dans la série des familles royales antérieures à Alexandre, c’est jusqu’à 60 peut-être qu’il faudrait monter pour en exprimer le nombre.

D’ailleurs, en supposant même que Manéthon n’ait pas voulu faire cette élimination, comment admettre que les abréviateurs de Manéthon, tous plus ou moins intéressés à raccourcir ces listes, ne l’aient point fait eux-mêmes, alors que, par le texte de l’ouvrage qu’ils avaient sous les yeux, ils en avaient les moyens ? »

Cet historien, Manéthon de Sebennytus, était un prêtre égyptien, archiviste des temples, qui dressa la liste des dynasties primitives avec l’intention bien marquée d’en exclure les femmes afin de faire croire à la postérité que le régime masculin avait toujours existé.

Mais cette supercherie est aujourd’hui démasquée : la découverte des pierres qui portent des inscriptions, des dessins, des sculptures, nous a rendu la Femme ; les Reines sont sorties de l’ombre.

Et pendant que l’épigraphie nous rendait leurs noms, la plupart des rois, nommés par Manéthon, ne se retrouvaient pas. Et du reste, comment y aurait-il eu des dynasties alors que le fils ne connaissait pas son père et portait le nom de sa mère ?

M. Victor Loret a trouvé le tombeau de la Reine Apou-it qui semble être un des « Pharaons » qui régnèrent sur les Hyksos. Mais il nous fait remarquer que ce monument, ruiné dans l’antiquité, a été utilisé comme tombe par divers personnages depuis le temps des Hyksos jusqu’au temps des Ramsès.

Mariette a découvert à Deir-el-Bahari le grand temple de la reine Hatshepsou (XIIIème dynastie) qui gouverna l’Egypte (1).

Dans les fouilles d’Aboukir, entreprises sous la direction de Daninos-Pacha, on a découvert dans l’antique Zéphyrion, sur l’emplacement d’un temple dédié à Vénus-Astarté, une statue en granit rose de la Reine Hentmara, « Fille de Ramsès II », dit on, alors que la fille ne connaissait pas encore son père.

Ce Ramsès faisait effacer les noms qui se trouvaient sur les anciens monuments pour y substituer le sien.
On croit que la statue de cette reine a été transportée à l’époque Ptolémaïque de Sâm, l’ancienne Tanis, à Aboukir.

On a relevé à Thèbes, sur un monument, un dessin représentant deux Reines dont l’histoire a omis le nom, quoiqu’il soit inscrit au-dessus de leur tête dans un cartouche. Ces noms sont Nofei-t-Ari et Meri-t-en-Mout.

Un autre dessin nous montre une autre Reine dont on s’est plu à décrire le costume.
On a aussi trouvé, correspondant à l’ancienne Egypte, un mastaba de Reine et une pyramide de Reine avec édifice.

Enfin, on a bien voulu sauver de l’oubli la Reine Nitocris, la « Belle aux joues roses », ou « Nil, la Victorieuse » (2).
« Aucune princesse égyptienne ne la surpassa jamais, disent les légendes, en sagesse et en beauté. » On la représente comme la tutrice de son frère. Cette reine terminait la VIème dynastie. Rendons justice à Manéthon, il la cite.

Les listes royales de ce prêtre comprenaient 30 dynasties ; elles commençaient à Menés ou Mena (3) et allaient jusqu’à Nectanébo. Elles remontaient à plus de 5.000 ans avant Alexandre, alors que la royauté, dans la forme qu’il lui donne, n’a été établie qu’après le Xème siècle (avant notre ère), 4.000 ans plus tard que la date qu’il lui assigne.

On croit que c’est sous Ptolémée II (vers 270 avant notre ère) que Manéthon rédigea ses « Mémoires égyptiens », qui doivent être considérés comme une source sans aucune valeur.

La préoccupation des rois, quand il y en eut, fut de cacher les momies des reines, pour que l’on ne sût pas que la femme avait régné, et que ce sont ces reines qu’on appelait des « Pharaons ».

On les enlevait de leurs fastueux souterrains pour les murer, toutes ensemble, dans d’humbles caveaux.

Mais elles sont venues échouer au musée des momies du Caire et c’est là qu’on les retrouve. Loti, qui le mentionne dans La mort de Philae, dit : « Aujourd’hui dépouillées de leurs bandelettes, elles ne dureront plus, et il faudrait se hâter de graver ces physionomies de trois ou quatre mille ans, qui vont s’évanouir. »

(1) Eugène Révillout, La Femme dans l’ancienne Egypte, 1ère partie, p. 107.

(2) La terminaison Cris vient du Çri sanscrit qui signifie « suprématie » et qu’on ajoute aux noms des Déesses, des Reines. Ceci a de l’importance parce que c’est le mot Çri qui a servi de racine au Christos des Grecs (voir l’article du blog sur l’origine et l’histoire du Christianisme).

(3) Nous avons vu que le nom des « Pasteurs » est écrit par des hiéroglyphes qui signifient « Menaou » (du parti de Mena), et nous savons que ce sont des tribus matriarcales, gouvernées par des Reines. Mena est donc un nom qui indique le gouvernement gynécocratique que ce personnage aurait fondé. Comment Mena pourrait-il être un roi masculin à une époque où rien encore n’annonce le règne de l’homme ?

LA LÉGENDE DE MOÏSE

C’est Philon d’Alexandrie qui, quelques années avant notre ère écrivit la légende de Moïse, telle que nous la connaissons.

Son livre intitulé « De vita Mosis » était un roman sans aucune base historique et dans lequel il avait introduit les mœurs nées du Droit romain.

Ce récit mensonger donna à l’homme glorifié sous le nom de Moïse une consécration et le fit entrer dans l’histoire.

L’histoire de la sortie d’Egypte telle qu’on nous la raconte est remplie de contradictions, d’inexactitudes, et de miracles. On n’en connaît pas la date, on donne des noms différents au prétendu Pharaon qui aurait asservi, puis poursuivi les Hébreux.

Ce roi serait Ramesses-Meïmun, le 4ème du nom de Ramsès. Mais on oublie que la royauté n’existait pas à cette époque et que ces prétendus rois n’étaient que des chefs de parti, des Ak.

A la sortie d’Egypte, la version grecque nous dit que « Moise chanta un cantique à l’Eternel pour lui rendre grâce ».

La version hébraïque dit : « Marie et ses jeunes compagnes les Almah, chantèrent des cantiques au passage de la Mer Rouge en s’accompagnant du tambourin. »

Et Renan, à propos de ce fait, dit : « Une prétendue sœur de Moïse prenait dès lors, dans la légende de la sortie d’Egypte, un rôle dont l’état actuel des textes ne laisse peut être pas apercevoir toute la portée ».

Cette femme que la Bible appelle « la Prophétesse Marie » était appelée Myriam en hébreu ; c’est elle que les Catholiques ont désignée sous le nom de « Marie l’Egyptienne ».

Il est bien évident que c’est cette femme qui dirigeait l’expédition et que cette fuite avait pour objet de se soustraire à la servitude que les Egyptiens voulaient imposer aux femmes.

Une politique cruelle envahissait l’État, s’appesantissait sur les faibles, leur enlevait toute sécurité et leur refusait la liberté de retourner dans leur pays d’origine. On les arrachait à leurs foyers, on les condamnait aux travaux les plus durs.

Voici ce que dit l’Exode : « Et le service qu’on exigeait des Hébreux était plein de rigueur… Et les exacteurs les pressaient et on leur criaient : « Pourquoi n’avez-vous pas achevé votre tâche en faisant des briques aujourd’hui comme auparavant ? Et les commissaires des enfants d’Israël crièrent au Pharaon de ce qu’ils étaient battus. »

Seraient-ce des hommes qui se seraient laissé ainsi battre par d’autres hommes ?
Mais, du passage de l’Exode que nous venons de citer, il ressort un fait probable : les Israélites étaient maltraités.

Qu’entend-on par Israélites ?

Le nom d’Israël signifie « soldat d’une Divinité féminine », soldat qui combat dans « les guerres de Hévah ».

Avant d’en venir à la fuite, il y a eu des tentatives de conciliation. Et suppliant « le Pharaon » de faire cesser une servitude trop pesante pour elles, ce roi (?) donna, au contraire, l’ordre d’aggraver leurs travaux afin qu’elles ne s’amusassent plus à écouter des paroles de révolte.

C’est alors qu’en masse les Israélites quittèrent l’Egypte. Et c’est Myriam (Marie) qui conduit le mouvement.

Ils étaient 600.000 d’après le Pentateuque ; 240.000 d’après Manéthon ; enfin 6.000 d’après Volney. C’est plus probable et c’est peut-être même encore exagéré. Si nous supprimons encore un zéro et mettons 600, nous serons peut-être plus près de la vérité.

Le passage de la Mer Rouge que Myriam fit effectuer à ses compagnes à marée basse loin des côtes aurait fait périr les Égyptiens qui les poursuivaient, parce que, arrivant 5 ou 6 heures après et ne connaissant pas le passage, ils furent surpris et entraînés par la marée haute.

A peine sur l’autre rive, en sûreté, un cri d’allégresse, de soulagement, s’échappe de la poitrine de ces femmes libérées et s’exhale en un chant poétique qui nous a été conservé. Ce chant commence par ces mots : « Je chanterai un cantique à l’Éternel, car il s’est hautement élevé, il a jeté dans la mer le cheval et celui qui le montait. »
Il ne s’agit donc pas d’une armée, mais d’un seul homme. Du reste, les Égyptiens n’avaient pas de cavalerie.

La Mer Rouge s’appelait alors la mer de Suf ; on l’appelait aussi Madian. Elle prit le nom de Mer Rouge depuis cet événement parce que la couleur rouge était celle de l’étendard féministe.

Le Dr Ebers, qui a écrit un ouvrage sur le Mont Sinaï, nous apprend que, dans une inscription antique, on désigne cette mer en ces termes : « les eaux du pays rouge ».

Toute l’antiquité a dû connaître cet événement, car nous en trouvons le récit, sous forme de légende, dans l’Encyclopédie japonaise.

Et parlant des Japonais, M. Cailleux dit : « Ces peuples reconnaissent un ancien législateur qui, venu de loin, leur donna les éléments de leur culte. Il se nommait Mousa, il avait pour emblème le soleil rayonnant qui est resté jusqu’aujourd’hui dans les armes du Japon. ».

Les Celtes firent de Myriam le nom de la Marjolaine, et des légendes existent aussi, chez eux, perpétuant le souvenir de cette grande femme.

MYRIAM

Myriam, c’est la grande femme dont le nom brille dans l’histoire du peuple d’Israël, comme une resplendissante lumière qui éclaire plus de dix siècles ; c’est elle qui est l’auteur d’un livre de science, le Sépher, qui servira à faire le premier Livre de la Bible, la Genèse, qui en sera la caricature.

C’est la grande prophétesse dont on fera une sœur de Moïse, quand on inventera Moïse pour la cacher, ne pouvant pas la supprimer tout à fait.

Mais que de contradictions dans cette histoire, conséquence naturelle du mensonge !

Ainsi, d’abord, pour les uns elle est la sœur d’Aaron, pour d’autres elle est sa femme. Et, en effet, il est formellement dit qu’Aaron est le « sacrificateur » de Mocé. Ce mot, si nous voulions lui donner une signification moderne, ne pourrait être rendu que par le mot « amant ». Du reste, quel homme aurait joué un si grand rôle auprès d’une femme s’il n’avait été plus que son frère ?

Il faut se rappeler, du reste, que dans les temps gynécocratiques, la femme appelait « frère » celui que dans les temps modernes elle appelle son « mari ».

Le nom de Myriam servit, dans l’antiquité, à former différents mots se rapportant à son œuvre et à sa grande action dans le monde de son époque. C’est ainsi que de Myriam on fait mystique, qui veut dire « initié à la doctrine cachée ». Ce mot, qui est d’abord un titre glorieux, deviendra, pour les adversaires de la Vérité, une épithète avilissante. Cependant, les doctrines successives s’en emparèrent, et nous verrons ce mot servir alors à désigner toutes sortes d’erreurs.

Mais, primitivement, la mystagogie égyptienne, c’est le « mystère de la Femme » divulgué dans le Sépher, et cela crée une époque si brillante que ce mot sert à donner un nom nouveau au pays : Misraïm (1).

Mais il fallut cacher la doctrine pour éviter la colère des hommes ; alors de mystique on fit mystère (en grec, mustêrion viendra de mustes, muein, serrer, fermer).

Il fallut se taire sur les lois de la Nature dont on ne pouvait plus parler sans danger. C’est pourquoi on fit, de cette même racine, le mot mutisme, d’où muet (mutus latin).

Mais cette lutte créait une solidarité entre les persécutés, ce qui fit dériver le mot mutualité du mot mutisme.

La lutte s’étendant et devenant universelle, on créa des armées, et les défenseurs de Myriam furent appelés Myria (dix mille). Ce sont « les armées d’Israël ».

Mais les adversaires aussi créaient des mots, ou, du moins, donnaient une signification tout autre aux vocables déjà existants. C’est ainsi que, cherchant à couvrir de ridicule tout ce qui venait de la femme et dévoilait des vérités gênantes, on fit de mystique le mot mystification. Et, en face des « initiés » qui gardaient la connaissance des lois de la Nature, apparurent les « mystificateurs » qui leur donnaient une signification renversée.

Les femmes étaient considérées comme ayant échappé au déluge allégorique (l’eau, symbole de l’ignorance et de l’erreur, éteint l’Esprit représenté par le feu). On montrait les Déesses planant au-dessus des eaux ; Myriam, comme Aphrodite, sortait de l’onde amère, était figurée comme « sauvée des eaux ».

La légende représente Marie l’Égyptienne traversant le Nil en marchant sur les eaux. Catulle Mendès, rappelant cette légende, appelle Myriam, dans une indiscrétion de poète, « Madame Dieu ».

L’évolution des idées nous montre, plus tard, Moïse marchant sur les eaux, et nous voyons cette même idée introduite dans la vie de Jésus.

Quand l’homme prend ainsi la place de la Déesse, que devient la Femme ?

Elle est mystifiée, et alors, pendant qu’on donne à l’homme le rôle de la Femme, on donne à la Femme le rôle de l’homme pour la narguer, c’est ainsi qu’on donne à Myriam, le jour de sa fête, le 1er avril, un poisson (le poisson d’avril), symbole de l’homme dans l’eau (les eaux de l’ignorance et de l’erreur).

Si, dans la légende écrite par Philon, on fait de Moïse un enfant « sauvé des eaux », c’est pour rappeler ce symbolisme.

Du reste, tous les grands hommes étaient présentés comme « sauvés des eaux » : tels sont Romulus, Cyrus, Œdipe. Le panier d’osier de Moïse, c’est la corbeille de roseaux dans laquelle le jeune Horus flotte au milieu des fleurs de lotus.

La lettre M, première du nom de Myriam, est une lettre mystique, sacrée dans toutes les langues orientales et occidentales de l’antiquité.

Quand on fit surgir Myriam de l’onde, cette lettre servit de glyphe pour représenter les ondes.

C’est la lettre initiale du mot grec Métis ou sagesse divine, de Mimra, le Verbe ou Logos (d’où le Memrah de Haveh), de Mâyâ, la Mère ; en Egypte Mout, en Grèce Minerve, de Myrrha, la mère du Logos chrétien.

(1) Misraïm est le nom sémitique de l’Egypte

LA DÉESSE HATHOR

L’Egypte a gardé le souvenir de Myriam et l’a glorifiée sous le nom de Hathor (Ha-thorah, la Loi, en hébreu). Les égyptologues nous disent que Hathor est la forme sensible d’Isis.

On l’appelle la Déesse au clair visage, de qui émanent les joies pures de la vie. On la prend aussi pour la Muse divine, qui embellit et charme l’existence par l’amour, le chant et l’allégresse. Elle protège, comme une fée bienveillante, les petits enfants et choisit leur destinée.

Dans le Salon égyptien du British Muséum de Londres se trouve une Hathor adorée par le Pharaon Thotmès. Ce monolithe a été pris à Karnak. La légende suivante est inscrite sur le trône de cette Déesse : « La divine Mère et Dame ou Reine du Ciel », puis « Etoile du Matin » et « Lumière des mers » (Stella matutina et Lux maris).

C’est avec les louanges adressées à Hathor qu’on a fait les litanies de la Vierge Marie.

Le nom de Hathor signifie aussi le Beau et le Bien.

ORIGINE DU MOT MOSE (MOÏSE)

C’est parce que la Déesse Hathor avait été surnommée la Muse que ce surnom se répandit partout et devint l’appellation des femmes divines.

Les Hébreux exprimaient cette idée par le mot Mosa ou Mocé. Ce nom, porté en Grèce, y devint d’abord Moeses (fée résidant sur l’Olympe), puis Mousa.

Platon parle du « souffle harmonieux des Muses siciliennes ».

Myriam est appelée chez les Arabes « la Prophétesse Moseilama ou Moçailama ».

Pour les Latins, c’est Musa.

Les Grecs, masculinisant le nom de la Muse, en firent Musée, et lui attribuèrent l’histoire, devenue légendaire, de Hathor.

On disait aussi que Musée avait été le premier Prêtre des Mystères d’Eleusis. Mais les Mystères n’avaient pas de Prêtres, ils n’étaient célébrés que par des Prêtresses. Enfin, les hommes voulurent prendre tous les titres honorifiques des Femmes, et, dans les hymnes d’Orphée, on donne le nom de Mises (Muse) à Bacchus (le mâle).

Le mot Muse devait être très répandu partout, car certains savants nous disent que c’est la « Muse » qui donna son nom au fleuve appelé « Meuse » et que c’est sur ses bords que vivaient celles qu’on appelait « les Nymphes de la Meuse », qui furent les antiques fondatrices de la religion du genre humain.

Tout ceci nous fait comprendre par quelle évolution le surnom de Myriam Hathor, « la Muse divine », devint le Mosès des Hébreux, le Mouça des Arabes, et finalement le Moïse des modernes.

LE MONT SINAÏ

Le Sépher, qui est un livre de science et une œuvre d’intuition, a-t-il été écrit sur le Mont Sinaï?

C’est probable ; c’est là, sans doute, dans cette solitude, que Myriam fut favorisée d’un de ces éclairs intuitifs qui font apercevoir subitement la Vérité absolue.

C’est l’altitude qui détermine l’état particulier du cerveau qui engendre une lucidité exceptionnelle. Ce fait fut connu dans l’antiquité, puisque le Sphinx le symbolise, mais, comme l’intuition a toujours été considérée par les hommes comme un phénomène surnaturel, on raconta de façons diverses ce fait naturel. Le souvenir en restait dans les esprits où la tradition l’avait encore amplifié, lorsque Philon écrivit l’histoire surnaturelle de Moïse.

Du temps de David, on connaissait encore très bien l’histoire de Myriam.

Dans un verset des Psaumes (LXVIII), à propos du Mont Sinaï, il est dit :

9. « La terre tremble pour la présence de Hévah en ce Mont Sinaï, pour la présence de Hévah, Déesse d’Israël ».

12. « Les Messagères de bonnes nouvelles ont été une grande armée ».

Ce verset faisait croire qu’elles étaient nombreuses.

Quant à leur position sociale, elle nous est révélée par la chanson de Béer (1), et qui semble les narguer en racontant comment elles creusent une source avec des baguettes, Elles,

« Les Chefs des familles,
« Les nobles du pays. »

Et c’est, sans doute, dans le même esprit de critique méchante qu’on disait d’elles qu’elles allaient mourir de faim dans le désert si elles n’étaient pas nourries miraculeusement. C’est ironiquement qu’on devait dire qu’elles seraient nourries d’une manne tombée du ciel, les considérant comme incapables d’exécuter les durs travaux nécessaires pour se procurer leur nourriture par la culture.

Avec le temps, on a pris ces propos ironiques pour des faits réels ; alors on a voulu les expliquer. Voici une de ces explications :

Dans la vallée de Sin, les fugitifs trouvèrent une gomme friable qui paraissait sur le sol le matin, après la rosée, et qui fut appelée manne parce qu’en la voyant tomber on s’écria : Man hu ? (Qu’est-ce ?).

Voici une autre explication aussi peu fondée :

Les bédouins de la Péninsule du Sinaï appellent encore aujourd’hui manne l’exsudation sucrée de l’arbuste appelé Tamaria mannifera, qui croit en abondance dans les Wadis ou petites vallées fertiles qui se creusent au milieu de la stérilité du désert. Le suintement de cette gomme a lieu en mai, mais on peut la conserver.

A côté de ceux qui cherchent à expliquer le fait par un phénomène naturel, il y a ceux qui l’interprètent surnaturellement.

Ainsi, dans le Psaume CV, 40, il est dit :

« Le peuple demanda et il fit venir des cailles, et il les rassasia du pain des cieux. »

Nous sommes ici en plein symbolisme. Le pain des cieux, c’est la nourriture de l’esprit.

Il ne faut pas oublier que, à cette époque, le mot Ciel désigne symboliquement le monde féministe, le régime gynécocratique, et le mot enfer la domination masculiniste qu’on voulait lui substituer.

Sur la cime du Sinaï appelée par les moines Gebel Katherine (où existe le couvent de Sainte-Catherine), jaillit un petit ruisseau appelé source des perdrix et sur lequel on raconte des histoires merveilleuses. Dieu l’aurait fait sourdre à l’intention des perdrix qui accompagnaient en grand nombre les anges portant le corps de sainte Catherine d’Alexandrie au Sinaï.

Si, maintenant, nous consultons des sources plus scientifiques sur la présence de Myriam-Hathor sur le Sinaï et sur ses occupations dans cette solitude, voici ce que nous apprenons : Ebers, qui était un égyptologue distingué, nous dit dans Ouarda ceci :

« L’Hathor du Mafkat était principalement révérée dans la péninsule du Sinaï ; c’était la Déesse des mines, des gemmes, des métaux, de la fusion des minerais.

« D’après les travaux de Lepsius sur les métaux de l’antique Egypte, il paraît certain que le Mafkat n’était ni le cuivre, ni la turquoise, comme on le pensait, mais une sorte de pierre verte. Lorsque le Mafkat (ou Maskat) est appelé vrai, on veut dire l’émeraude, autrement c’est ou la malachite, ou la chrysoprase, ou du verre teinté en vert.

« On avait l’habitude alors de faire un pèlerinage à l’Hathor des Emeraudes, ce qui voulait dire : aller sur le Mont Sinaï, dans un lieu qui lui était consacré. Elle était la Déesse du métal en fusion, celle qui sépare le pur de l’impur, le métal des scories. »

Ceci peut s’entendre de deux manières : comme une figure rappelant que, dans le Sépher, elle a expliqué ce qu’est le Bien, ce qu’est le Mal, ou comme une constatation, la montrant occupée de chimie (2).

Nous savions déjà que Marie l’Égyptienne était considérée comme la fondatrice de la science de son époque, dont une des branches, la chimie, était appelée « l’art sacré », puisque la tradition venue jusqu’à nous nous avait appris que c’est elle qui, la première, employa le système de cuisson dans l’eau bouillante qui a gardé son nom, le « Bain-Marie » (3).

Ebers nous dit encore que « le sanctuaire de la Déesse est à une grande journée de marche des mines ; un torrent coule de la Montagne Sacrée du Sinaï (dans l’Oasis Feirân), comme l’appelèrent les Mentous (les Montagnards de la péninsule).

« Les monuments dont les débris se retrouvent sur l’emplacement des deux mines de la presqu’île du Sinaï, apprennent que le culte d’Hathor y était prépondérant ; ces deux localités sont Dadi Maghara et Sarbout el Chadem ».

Dans la Grande Encyclopédie, on appelle Hathor « la Darne du sycomore », et aussi « la Dame du pays de Malkait », « de la péninsule du Sinaï et celle de Pananit », c’est-à-dire des régions de l’Afrique qui bordent la Mer Erythrée depuis Souakim jusqu’à la côte des Somalis ; elle est alors confondue avec l’Athtare des vieilles populations arabes.

Elle se confondit très tôt avec Isis. Elle eut un fils, Harsomtous. La ville de Dendérah, celles d’Itfou et d’Atfila lui étaient consacrées.

(1) L’histoire du « rocher de Moïse » a été prise dans la chanson de Béer. La découverte d’une source dans le désert donna lieu à la chanson suivante :

Source, monte,
Chantez-lui !
Source qu’ont fouillée,
Source qu’ont creusée
Les chefs des familles (les Mères),
Les nobles du pays
Avec leurs baguettes,
Avec leurs bâtons.
(Nombres, XXI, 17-18.) (Pris du Jasar)
Ce sont les bâtons qui sont devenus la verge de Moïse.
La légende du soleil arrêté par Josué vient de ces deux vers :
Soleil, reste immobile à Gabaon,
Et toi, lune, dans la plaine d’Ayyalon.

(2) On appelle Table d’Emeraude la pierre sur laquelle la Divinité du Sinaï aurait écrit.
M. Caillet, qui l’attribue à Hermès dit : « La Table d’Emeraude, si souvent citée et traduite, est toujours entachée d’un véritable contresens, qui atteint même le non-sens, quand on veut lui faire dire, comme Khunrath : « Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, pour l’accomplissement des merveilles de la chose unique ».

(3) Nous lisons dans le Magasin Pittoresque de mai 1876, ceci :

« LE BAIN-MARIE. —Il y a presque du pédantisme à mêler la science étymologique à certaines préparations les plus simples. Il est assez curieux cependant de chercher à expliquer les locutions de notre langue habituelle.
L’expression de « Bain-Marie » a été empruntée à la science mystérieuse des alchimistes. Les disciples du grand œuvre avaient fait de Marie, la sœur de Moïse et d’Aaron, une sorte de Prophétesse dont ils aimaient à associer le nom à leurs travaux. Au XVème et au XVIème siècle, on connaissait déjà sous le nom de balneum Mariae (Bain-Marie) l’opération innocente que nos cuisinières les moins expérimentées renouvellent chaque, jour.

« Ajoutons que les philosophes hermétiques attribuaient à Marie une de leurs rêveries savantes ; ils la considéraient comme l’auteur d’un traité écrit sous l’inspiration divine et intitulé : De lapide philosophiae (De la pierre philosophale). »

LE CULTE DE MYRIAM-HATHOR DANS L’ANTIQUITÉ

Le culte rendu à Hathor remonte évidemment à son époque. La date en est incertaine, puisque quelques-uns placent Moïse, qu’on lui substitue, vers 1.800 ou 1.700 avant notre ère, alors que d’autres, et les plus nombreux, le placent vers 1.500 ou 1.400.

On consacra à cette Déesse un temple magnifique à Dendérah, sur la rive gauche du Nil, au sud de Thèbes.

Ce serait le personnage qu’on appelle Honfou ou Chéops, ou Chefrèn, ou Souphis, ou Sophi, qui aurait fait construire ce temple.

C’est lui aussi qui aurait, vers la même époque, fait construire la grande pyramide. La date de cette construction est inconnue ; les uns disent entre 2.300 et 1.900 ou 1.800 ; Gustave Le Bon dit 6.000 ans avant notre ère. Comme on le voit, il n’y a pas plus de précision dans les noms que dans les dates.

Ce qu’on sait, parce que c’est plus moderne, c’est que Ptolémée XI fit réparer ce temple. La restitution de la façade, commencée sous ce Ptolémée, 60 ans avant notre ère, fut terminée sous Tibère et décorée sous Néron.

Le temple de Dendérah est couvert d’une profusion de tableaux et de bas-reliefs. Il est dédié à « Hathor dite Mère du Soleil, Déesse de la Beauté, de la Résurrection et de l’Amour ».

Je souligne le mot Résurrection, parce que la science de Myriam-Hathor, consignée dans le Sépher, était la résurrection de celle de l’antique Déesse Toth.

Les colonnes de la façade du temple portent chacune une tête de femme, celle de la Déesse évidemment, et dans l’intérieur du portique toutes les colonnes portent la même tête.

Hathor était appelée à Dendérah « Déesse aux pieds d’or ». On disait qu’elle faisait croître des fleurs partout où elle se posait.

Parmi les monuments historiques qui rappellent Hathor, nous trouvons aussi un bas-relief représentant Séti 1er, dit fondateur de la XIXème dynastie, recevant un collier de la Déesse Hathor. Ce bas-relief provient du tombeau de Séti 1er qui vivait vers 1.400.

Rappelons que le collier est l’insigne des initiés à la doctrine secrète des partisans de la Déesse.

Enfin, à Ipsamboul (Nubie), se trouvait un temple souterrain consacré à Hathor, « la Déesse de la lumière, de la beauté et de l’amour ».
Ce temple fut construit il y a 33 siècles, c’est-à-dire vers 1.400 ou 1.300 avant notre ère. il existe encore, et les Éthiopiens ont conservé le culte de Myriam-Hathor depuis cette haute antiquité jusqu’à nos jours. Ils donnent à la Déesse son nom de Myriam.

LES TRADITIONS ORALES

Les Israélites ont une tradition qui glorifie Myriam.

Les rabbins déclarent que « l’Ange de la mort n’a point eu de pouvoir sur Myriam, mais qu’elle mourut effleurée du souffle divin et les vers n’eurent point de prise sur elle ».

Les Juifs ont institué un jeûne pour la mort de Maria, le 10 du mois de Nisan qui répond en partie au mois de mars et en partie au mois d’avril.

La Syrie gardait le souvenir de Myriam, qu’on appelait Notre-Dame de dessous terre. (N’avait-elle pas été enterrée ?)

A une demi-lieue du Caire où la tradition dit que Marie a demeuré quelques années, se trouvait un sanctuaire à cette Notre-Dame. Et le premier du mois d’août était appelé dans le calendrier syriaque Jaum Miriam (le jeûne de Marie). Les Chrétiens d’Orient jeûnaient depuis ce jour-là jusqu’au 15ème qu’ils nommaient Fithr Miriam, c’est-à-dire la cessation du jeûne ou la Pâque de Notre-Dame.

Les Persans appellent Marie « la Sainte, la glorieuse Marie ».

Quelques historiens donnent au Pharaon de l’Exode le nom de Meriem-Ptah ; or ce nom est celui de Myriam elle-même.

Les hébraïsants disent souvent Meriem. Quant à la terminaison Ptah, c’est un mot égyptien qui signifie Soleil ; c’est, du reste, dans la ville du Soleil qu’on la fait naître, à Héliopolis (ville natale de Moïse, dit-on, donc ville natale de Myriam) ; les Israélites y avaient fondé une colonie.

Dans cette ville s’élevait un temple à Hevah qu’Onias avait fait construire sur le plan de la Maison Sainte (c’est ainsi qu’on appelait le temple de Jérusalem).

Les ornements de ce temple égyptien égalaient presque ceux de l’autre ; seulement, une massive lampe d’or, suspendue à la voûte, remplaçait le fameux chandelier à 7 branches de Jérusalem.

Dans cette ville d’Héliopolis se trouvait la Fontaine de Marie. Et à la porte de la ville était un arbre du genre Mimosa, l’arbre de vie, auquel les Arabes de l’Yémen, établis sur les bords du Nil, rendaient un culte. C’est pour perpétuer le souvenir de l’arbre ancêtre que, dans les Mystères de Jérusalem (devenus la Franc-Maçonnerie), on institua le symbole de l’Acacia lié à la légende d’Hiram.

Hiram, c’est Myriam dont le nom est lu à l’envers : Marya, le A est un H en hébreu.

LE MOIS DE MARIE

La grande synthèse, qui constitue la science primitive, était connue sous les noms de Maïa, Mâyâ, Maria. Elle arriva à signifier chez les Grecs « Mère », tiré de la racine ma (nourrice). On consacra à Marie, cette Mère qui explique la Nature, le mois de mai qui porta son nom.
On portait à ses autels les premières fleurs de l’année et on lui disait : « Nous vous saluons, Marie, pleine de grâces, nous vous prions de nous regarder avec bonté et de protéger les fruits de notre labeur. »

Les modernes nous diront que c’est à Plutarque que les Catholiques sont redevables de l’idée de consacrer le mois de mai à la vierge Marie, parce que c’est par lui qu’ils apprirent que Mai était consacré à Maïa et, par suite, à toutes les Déesses.

Dans les Psaumes, l’histoire de Myriam, Mocé, est rappelée (1) (77-104-105-106-113-134), et c’est là une source plus autorisée que les livres rédigés du temps d’Esdras, quoiqu’ils aient été également altérés. Mais on sent que la fraude porte presque entièrement sur un changement de nom, les idées semblent respectées.

Dans le Psaume 77, on rappelle la grande époque passée : « Je pensais aux jours d’autrefois et aux années des siècles passés ».

12 « Je me suis souvenu des exploits de Hevah, de ses merveilles d’autrefois ».
15. « Tu es la Déesse forte, qui fait des merveilles, tu as fait connaître ta force parmi les peuples ».
16. « Tu as délivré ton peuple par ton bras, savoir les enfants de Jacob et de Joseph ».
17. « Les eaux l’ont vu (eaux symbole de l’erreur et de l’ignorance) et ont tremblé, même les abîmes en ont été émus ».
18. « Les nuées ont répandu des inondations d’eaux, les nuées ont fait retentir leur voix ; tes traits ont volé çà et là » (ceci rappelle « les guerres de Hevah »).
20. « Ton chemin a été par la mer et tes sentiers dans les grosses eaux, et tes traces n’ont pas été connues ».
21. « Tu as mené ton peuple comme un troupeau sous la conduite de Mocé et d’Aaron ».

On ne cite pas Myriam, qui a chanté le Cantique de la délivrance ; donc, elle est identifiée avec Mocé.

(1) Quand nous voyons le nom de IAVEH invoqué dans les écrits des Prophètes, il est probable qu’il était suivi du nom de Myriam : AVEH Myriam. (Je supprime le iod initial qui fut ajouté tardivement.)

On a dû supprimer ce dernier nom avec le temps ; du reste, on a supprimé aussi IAVEH puisqu’on l’a remplacé par l’Eternel. La première manière de lire le nom HEVA a dû durer longtemps et n’a dû être remplacée par IAVEH

RÉACTION

La grande Déesse Hathor eut à subir la persécution qui s’abat toujours sur les femmes qui osent dire la Vérité.

On chercha à détruire son livre, et c’est pour le mettre en sûreté qu’on le déposa dans l’Arche, qui était un coffre que l’on emportait partout où on allait.

Pour les masculinistes, Hathor fut l’Isis infernale, la Déesse de l’Occident et du monde inférieur. On la représente sous la forme d’une vache, « la vache Hathor », quand on représente l’homme sous la figure d’un taureau.

Puis, pour les misogynes, Maïa (la Nature) va signifier l’illusion.

Myriam fut trahie par un homme dont le nom est resté dans l’histoire : Abiron.

On dira de lui, dans les temps modernes, qu’il conspira contre Moïse et Aaron et fut englouti dans la terre avec ses complices qui devaient être Sterkin, Oterfut et Abibala, dont les sociétés secrètes ont gardé les noms.

Mais ce n’est pas Abiron, c’est Myriam elle-même qui fut, croit-on, enterrée vivante sur le mont Nébo ; et ce serait là le grand crime des traîtres dont les Mystères gardèrent le souvenir.

Il est certain que la grande préoccupation des Juifs fut de cacher Myriam, comme on cachait Ihaveh, et, plus tard, de remplacer son nom par celui de Moïse.

Aucun des auteurs juifs (masculinistes) qui ont parlé de Moïse, n’a mentionné l’existence du Temple d’Hathor sur le Mont Sinaï.

La seule chose que nous trouvons dans le Talmud à ce sujet est ceci : « Que signifie Mont Sinaï ? Un mont d’où Sinah (la haine) est descendue chez les peuples du monde » (cité par Leblois dans Les Bibles, L. V, p. 410).

Mais, si on avait dissimulé autant que possible le nom de Myriam, on n’avait pas pu, cependant, le faire disparaître, d’autant plus que les Esséniens, qui continuaient à suivre ses préceptes et à enseigner sa science, avaient donné son nom à l’endroit où ils s’étaient retirés. Le nom de Myriam s’étant altéré en passant d’une langue à l’autre, on disait « le Mont Moria » par un changement de voyelles.

Mais les Juifs et les Grecs (masculinistes) donnaient à ce nom une signification outrageante.

Court de Gébelin, dans son ouvrage sur le Monde primitif (T. IX, p. 643), donne des étymologies, il explique le mot Môria en disant qu’il signifie folie, extravagance, fatuité : Môria, MΩPια.

Tous les mots dérivés de Maria sont, pour lui, des expressions de folie. Ainsi Môrion, Mωοιον, qui désigne l’origine végétale, devient, pour lui, une espèce de Mandragore.

PREUVES DE L’INEXISTENCE DE MOÏSE

Aujourd’hui les savants ne croient plus à l’existence de Moïse.

C’est le rabbin Aben-Ezra, qui vivait au 12ème siècle, qui, le premier, remarqua que Moïse ne pouvait pas être l’auteur du Pentateuque à cause des anachronismes du langage et de la connaissance de la Palestine postérieure à Moïse que l’auteur du Sépher ne pouvait pas avoir, puisqu’il n’y était jamais entré.

Le Mosaïsme a été placé entre la sortie d’Egypte et les Rois.

Or, pendant ce temps, on ne prononce jamais le nom de Moïse et c’est IHAVEH et MARIH qui règne. Le Dieu de Moïse n’est même pas encore inventé.

Voltaire, dans son Dictionnaire Philosophique (article Moïse) et dans Questions sur l’Encyclopédie (article auteurs), nie l’existence de Moïse et fait remarquer qu’aucun prophète n’a cité les livres du Pentateuque, qu’il n’en est question ni dans les Psaumes, ni dans les livres attribués à Salomon, ni dans Jérémie, ni dans Isaïe, ni enfin dans aucun livre canonique des Juifs.

Les mots qui répondent à ceux de Genèse, Exode, Nombres, Lévitique, Deutéronome, ne se trouvent dans aucun autre écrit reconnu par eux pour authentique. Il n’est jamais parlé du Bereshith, ni du Veelleshemoth, ni du Vaûra, ni du Vaiedabber, ni de l’Haddebarim, (ce sont les 1er mots des livres attribués à Moïse).

Les auteurs qui ont étudié l’histoire fantaisiste faite du temps d’Esdras, dans les livres du Pentateuque, ont fait remarquer que Moïse parle de villes qui n’existaient pas au temps où le Sépher a été écrit et qui ne seront bâties que longtemps après, de montagnes qui n’ont jamais existé, de fleuves et de rivières où il n’y en a pas, ce qui prouve que c’est un ignorant qui a écrit tout cela ; il mentionne le Livre du Droiturier qui fut écrit du temps des Rois, époque bien postérieure à la vie de l’auteur du Sépher. Il donne des préceptes pour la conduite des rois quand il n’y avait pas encore de rois. On lui fait écrire un livre sur les Prêtres, le Lévitique, alors que ce n’est qu’après le schisme qu’on créa la caste sacerdotale.

Cette falsification des Écritures était aussi destinée à donner une haute antiquité à l’institution sacerdotale des lévites, qui n’exista qu’après ce schisme.

Les rabbins savaient bien ce que voulait dire leur Pentateuque « Contes de fées, vilaine épine dans le flanc de la science de la logique » (1).

Moïse raconte lui-même sa mort et annonce « qu’on ne saura jamais où reposera sa cendre ». Il dit « qu’il ne naîtra aucun prophète semblable à lui ». Ce n’est donc pas ce Moïse-là qui a écrit le Livre.

Quant à Myriam, on lit dans les Nombres qu’elle mourut à Kordès.

Cependant, la tradition populaire répandait le bruit que la tombe de Myriam était inconnue, et on lit dans II Macchabées : « Le peuple de Dieu (qui est encore IHAVEH) dispersé, se réunira de nouveau le jour où le tombeau de Moïse sera retrouvé. »

Ne faut-il pas plutôt voir, dans ce verset, une prophétie annonçant que les Femmes (peuple de HEVAH) reprendront leur puissance sociale le jour où le sexe du Prophète sera rétabli ?

Moïse est si peu réel qu’on lui fait une histoire pleine de contradictions.

Ainsi on lui donne pour beau-père toutes sortes de personnages différents, et cela en le faisant vivre dans un temps où le mariage n’existait pas encore, et où le droit paternel n’existait pas non plus. (L’enfant ne connaissait même pas son père avant Ptolémée Philopator.).

Dans l’Exode, son beau-père est appelé Réguel. Au chapitre III, ce personnage s’appelle Jethro. Dans les Juges (ch. I, 16), il devient Kemi ; un peu plus loin le voilà devenu Hobad. J’ajoute etc., parce qu’il y a encore d’autres noms de cette parenté imaginaire.

Dans l’Exode, Jethro s’écrie en saluant Moïse : « Je vois bien maintenant que Ihevah est plus grand que tous les dieux, car il a prévalu contre l’insolence des Égyptiens. » C’est bien là le cri de victoire de la femme !

Du reste, ce Jethro est présenté comme « prêtre du pays où Moïse est accueilli ». Or ce n’est qu’après le schisme de Juda, 7 siècles plus tard, que les hommes deviendront « prêtres » de la religion judaïque.

Avant cette époque, la religion Israélite (féministe) n’a que des Soffetim, espèce de sages ou de prêtresses qui rendent la justice.

On voit que tout cela a été écrit dans un temps où on niait les œuvres de l’Esprit féminin et où on voulait faire remonter à une haute antiquité l’idée qu’on prétendait faire prévaloir, l’asservissement sexuel de la femme à l’homme dans le mariage.

Philon a écrit son histoire de Moïse après que le Droit Romain eut introduit dans le monde le mariage, le divorce et la puissance paternelle, et il a mis tout cela dans son histoire.

Une des femmes qu’on donne à Moïse s’appelle Séphora.
C’est ironiquement, sans doute, qu’on lui donne comme nom le titre du livre de Myriam, le Sépher.

(1) Héléna BLAVATSKY – La doctrine secrète

LE SÉPHER

On croit que c’est entre le 14ème et le 15ème siècle (avant notre ère) que parut le Sépher.

Ce livre fameux contenait l’histoire de l’Univers, c’est-à-dire la Cosmogonie, l’apparition de la vie à la surface terrestre, l’origine végétale de l’homme (l’arbre de vie) et la loi morale.

Il est appelé « le livre de la Loi » (Ha-Thorah) ; c’est un tout sans division, ce n’est donc ni un Pentateuque ni un Hexateuque.

Ce n’est pas la Bible des rabbins, qui contient 3 parties : la Loi (Thorah), les Prophètes (Nebiim) et les Hagiographes (Ketoubim). Ces 2 dernières parties ont été ajoutées dans le cours de l’histoire au Livre primitif.

Le mot Sépher signifie le Livre. On dit qu’il signifie aussi liste. Quand on a traduit le livre hébraïque des rabbins en grec, on l’a appelé, au pluriel, « les livres », Biblia, puisque alors il contenait les Prophètes et les Hagiographes.

Dans la haute antiquité, on disait aussi Graphé ou Graphaï, « l’écriture » ou « les écritures ».

Longtemps on a aussi appelé ce recueil « le livre de l’Alliance ».

Le Sépher fut écrit dans la langue que parlaient les Israélites qui occupaient l’Egypte à cette époque. Cette langue s’écrivait par des signes idéographiques très rapprochés des hiéroglyphes égyptiens. C’est l’hébreu primitif qui subit, par la suite, des altérations telles que du temps d’Esdras on ne le comprenait plus. Cet hébreu primitif n’est donc pas plus l’hébreu des rabbins que le français actuel n’est le français du Moyen Age.

Pour comprendre les plus anciennes rédactions du Sépher, celles qui sont restées identiques ou très rapprochées de l’original, il fallait donc commencer par ramener l’hébreu à ses origines.

C’était là un travail formidable, mais un homme d’un génie extraordinaire devait l’entreprendre, Fabre d’Olivet qui, au commencement du 19ème siècle, publia son remarquable ouvrage intitulé La Langue hébraïque restituée.

Naturellement il fut persécuté, considéré comme un fou, dont la science n’avait pas de valeur et dont il ne fallait pas s’occuper. On nia, en bloc, ses affirmations, comme on nie toujours les vérités qu’on ne veut pas connaître.

Il dut quitter la France et s’exila en Angleterre. Son livre ne fut pas lu par ses contemporains. C’est seulement un siècle après sa mort que quelques rares érudits, appartenant à la science libre, commencent à s’apercevoir du mérite extraordinaire de cet ouvrage.

Fabre d’Olivet fut frappé de la profondeur des idées qu’il apercevait dans le Sépher, qui reconstituait la science primitive de l’antique Toth. Mais il comprit aussi pourquoi on l’avait si soigneusement caché. Il dit :

« Le Sépher se présente ! Fils du passé et gros de l’avenir, ce livre, héritier de toute la science des Égyptiens, porte encore les germes des sciences futures ; fruit d’une inspiration divine, il renferme en quelques pages et les éléments de ce qui fut, et les éléments de ce qui doit être. Tous les secrets de la Nature lui sont confiés. Tous. Il rassemble en lui et dans le seul Bereshith plus de choses que tous les livres entassés dans les bibliothèques européennes ; ce que la Nature a de plus profond, de plus mystérieux, ce que l’esprit peut concevoir de merveilles, ce que l’intelligence a de plus sublime, il le possède. Faut-il porter sur le voile épais qui le couvre une main téméraire ? Première et puissante difficulté. »

Donc, il s’arrête, il hésite à l’idée de divulguer ce que tant de générations d’hommes ont voulu cacher. Mais l’intérêt scientifique est là, qui impose la Vérité. Et du reste, l’étude des sciences naturelles, qui marche en même temps que la reconstitution de l’histoire, ne nous a-t-elle pas rendu, par une autre voie, l’origine du monde, les véritables lois de l’évolution des êtres organisés et la loi morale ?

Il est-vrai que cette science, que certains hommes craignent tant, est restée secrète. Fabre d’Olivet, plus perspicace que les autres, et comprenant que la Vérité, mise tout entière à nu, ne peut qu’améliorer la vie sociale de son propre sexe, dit encore :

« Il est, n’en doutez pas, des moments marqués par la Providence, où l’impulsion qu’elle donne vers de nouvelles idées, sapant des préjugés utiles dans leur origine, mais devenus superflus, les force à céder, comme un habile architecte déblayant les grossières charpentes qui lui ont servi à supporter les voûtes de son édifice.

« Si j’étais né un siècle ou deux plus tôt, et que des circonstances heureuses, servies par un travail opiniâtre, eussent mis les mêmes vérités à ma portée, je les aurais tues, comme ont dû les taire ou les renfermer hermétiquement plusieurs savants de toutes les nations ; mais les temps sont changés. Je vois, en jetant les yeux autour de moi, que la Providence ouvre les portes d’un nouveau jour ».

Si ce jour nouveau s’est levé dans le courant du XIXème siècle, il n’a pas encore pu briller sur l’humanité attardée aux vieilles croyances. Fabre d’Olivet lui-même n’a pas voulu soulever tous les voiles qui couvraient la Vérité ; il ne le pouvait pas, du reste, parce que, pour comprendre l’explication des lois de la Nature données par les Déesses de l’antiquité, il faut connaître tous les secrets de la pensée féminine depuis si longtemps cachée.

Une femme seule pouvait faire ce travail, mais la science de Fabre d’Olivet lui donne des preuves irréfutables, quoique la traduction qu’il a faite lui-même soit défectueuse, mais il le sait, et donne au lecteur les moyens de la rectifier, en indiquant les diverses interprétations des différentes versions faites dans l’antiquité.

Voici le résumé des idées générales exposées dans les 10 premiers chapitres du Sépher :

CHAPITRE Ier. — C’est l’histoire des forces cosmiques qui régissent l’Univers et président au développement primitif des êtres organisés ; c’est tout ce qui se présente en puissance d’être ou en germe : la Principiation.
CHAPITRE II. — Le Principe cosmique y passe de puissance en acte. L’apparition de l’homme et la distinction sexuelle.
CHAPITRE III. — Les différences physiologiques des sexes. Une grande opposition a lieu entre les êtres différemment sexués.
CHAPITRE IV. — Ce chapitre s’occupe de la reproduction. C’est l’origine de l’activité sexuelle et de la maternité. C’est aussi la réaction brutale de l’homme contre la femme, racontée dans l’histoire de Caïn et Habel.
Chapitre V. — C’est l’histoire des mutations ontologiques des êtres dans l’évolution primitive, qui s’arrête à Noah, repos de la Nature.
CHAPITRE VI. — La puberté et le commencement des passions chez l’homme. Le principe intellectuel, l’Esprit sauvé de la corruption, symbolisée par un déluge.
CHAPITRE VII. — La grande persécution de la Femme par l’Homme, l’Esprit éteint par les eaux de l’ignorance (déluge). L’équilibre est rompu. Une catastrophe terrible suit. L’Univers doit être renouvelé.
CHAPITRE VIII. — La séparation des hommes et des femmes. Les femmes vivent dans des lieux fortifiés : la Thébah (l’Arche). Cela se termine par une réconciliation.
CHAPITRE IX. — L’autorité morale de la Femme. Son enseignement, sa Loi donnée à l’homme. Fabre d’Olivet appelle ce chapitre la Restauration cimentée. Un nouveau mouvement commence.
CHAPITRE X. — L’énumération des êtres émanés de Noah (la Nature). Commencement de vie sociale.
Telle est la grande histoire qui est relatée dans le Sépher. Son auteur, qui semble avoir souffert de la persécution des hommes, s’occupe beaucoup de l’évolution sexuelle et des différences physiologiques et psychiques qui séparent les hommes et les femmes.

LES ÉLOHISTES ET LES JÉHOVISTES

C’est parce qu’on a fait confusion entre le Principe cosmique et la Divinité terrestre vivante, Héva (le Dieu vivant), que l’on a cru qu’il avait existé deux versions différentes de la Genèse : l’une qui désignait Dieu par le mot Elohim, et l’autre par le mot IHAVEH.

C’est la thèse du rabbin Astruc qui voit dans le Sépher deux livres qui auraient été réunis : celui des Elohistes et celui des Jéhovistes.

Cette doctrine a eu un grand succès. Elle est cependant fausse, parce qu’elle est basée sur la confusion entre la puissance cosmique qui organise l’Univers (la radiation des astres, les Elohim) et la Déesse-Mère qui crée l’enfant. Elle seule est Créatrice ; les Elohim organisent, mais ne créent pas, ce sont des puissances physiques, des forces. Ces idées préliminaires vont nous aider à comprendre l’énorme distance qui sépare le texte original du Sépher de la version grecque sur laquelle presque toutes les versions modernes sont faites.

CAÏN

La Mère primitive a mis au monde des fils et des filles, Kaïn le garçon, Habel la fille. (Ce n’est pas Elohim qui créa l’enfant, c’est IHVAH, la Mère.)

Le nom de Caïn était déjà dans l’histoire avant que le Sépher fût écrit.

Chez les Iraniens, le mot Kaï signifiait le grand, le fort : il se trouve formant le nom de Caï-ou-mors, nom que l’on écrit aussi Kaï-oum-ors. Le plus ancien chef des Perses est Kaïan (de kaïo, brûler, en grec).

Cet homme fort se faisait appeler « Roi de la Montagne » ; c’est le premier despote, celui qui va violer le droit des autres et s’imposer par la force.

Chez les anciens Iraniens, les premiers usurpateurs du pouvoir spirituel de la Déesse sont appelés Caïnide du nom d’un de ces usurpateurs, Caïcaous. Les anciennes histoires en font un impie qui a eu la fantaisie de monter au ciel dans un coffre tiré par 4 de ces oiseaux monstrueux nommés Kerdés, dont les anciens auteurs de l’Orient font mention dans leurs romans ; c’est la fable de Prométhée voulant ravir le feu du ciel, c’est celle d’Icare voulant aussi s’élever jusqu’au Ciel de l’Esprit féminin.

Donc, Kaïn, c’est l’homme fort voulant usurper les fonctions spirituelles des Déesses.

En même temps qu’il est l’usurpateur, il est l’emblème de la fureur, de la violence, de la force brutale.

Chez tous les peuples, Kaïn représente le génie du Mal. C’est le futur Satan, l’éternel ennemi de la Femme et son puissant adversaire.

Lorsque les Aryens envahirent l’Inde et y portèrent leur esprit de révolte personnifié par Ahriman, deux partis se formèrent : les masculinistes qui prirent le nom de Kourous (dérivé de Kaï), et les féministes qui étaient les Pandous. Ce sont leurs luttes qui sont racontées dans le Mahâbhârata.

D’après Fabre d’Olivet, l’étymologie hébraïque du nom de Kaïn signifie « celui qui agglomère en lui » (l’égoïste), et aussi « celui qui veut égaler ensemble » (le rival de la femme, son usurpateur).

Le texte samaritain lui donne la signification du mot régir, déployer la puissance d’un roi ; et, dans une multitude de langues, l’idée de royauté (de l’homme) est venue de la racine Kàn, Kîn ou Kain (King et Khan).

L’idée de pouvoir sacerdotal donné à l’homme en vient aussi, puisque, chez les Juifs, le prêtre va s’appeler Cahen ou Cohen.

Kaï uni à Assar a fait César ; uni à AEser, il a fait Kaiser. De Kaï Lovis (Louis), on a fait Clovis. Cyrus s’appelait en réalité Kaï-Kosrou. De Kahi-Kahia on fait cahin-caha pour indiquer ce qui va mal.

HABEL

Dans ce nom nous trouvons encore la racine du nom générique de la Femme, Hebe, Heve, Have, Hava.

Habel représente la faiblesse, la douceur, la grâce et l’expansion de l’esprit. Habel est l’emblème de la pensée, de l’âme universelle, elle est « le génie du Bien ». Mais, dans l’hébreu primitif, ce nom signifie aussi l’Etre indéfini, opposé à Kaïn, l’être fini.

Ici une parenthèse pour expliquer ces termes : L’homme, par ses actes (passions), arrête son progrès mental, puisque son principe de vie descend. Jusqu’à 26 ans, il a augmenté sa masse médullaire; à cet âge, le mouvement descendant l’ayant emporté, il ne progresse plus et les sutures de son crâne se ferment. Donc, son progrès est fini.

Chez la femme, la progression cérébrale ne s’arrête jamais, parce qu’elle ne peut pas faire descendre son élément de vie qu’elle ne donne pas à la génération et qui continue, chez elle, à monter. Les sutures de son crâne ne se ferment qu’après 60 ans. Donc, elle est l’Etre indéfini ou infini, c’est-à-dire qui ne s’arrête pas dans son évolution ascendante.

C’est à propos du « sacrifice » que la jalousie de Kaïn s’éveille et qu’il tue Habel.

Le sacrifice, ce sont, dit le Sépher, « les prémices de leur quintessence ».

Or les prémices de Habel se montrent sauveurs et lui procurent un avancement, et l’oblation de Kaïn n’est pas sauveur. (Cette différence est celle que l’on montrait dans les Mystères entre le Nectar et l’Ambroisie, le Nectar qui fait mourir les hommes, l’Ambroisie qui fait vivre les femmes.)

C’est parce que l’oblation de Habel sauve qu’elle va devancer son frère en éclat et en gloire.

Les Arabes ont traduit cet état par le mot Vierge qui signifiait « intégrité de l’Esprit », c’est-à-dire que ce qui donne à Habel le caractère de la Virginité, c’est son oblation (ovulation) qui constitue « les prémices de sa vie sexuelle ».

Mais cette loi des sexes va créer une envie terrible de l’homme pour la femme, « la jalousie de sexe », qui fera naître le « mauvais esprit », la haine. Il se révoltera contre la Femme, niera son esprit, attaquera son sexe, prendra sa place, l’avilira, la méprisera.

HABEL ET CAÏN (suite)

Cette première lutte de sexes qui se produisit tout au fond de l’histoire, fut le prologue du drame humain qui allait se dérouler dans toutes les époques et chez tous les peuples.

Cette lutte de l’homme brutal contre sa sœur plus faible a été enregistrée dans les légendes sacrées ; c’est la lutte des 2 principes, la lutte des Kaïnistes et des Habélistes.

La légende d’Esaù et Jacob reproduit la même idée (1).

Esaü le mâle cède son droit d’aînesse, c’est-à-dire son avance dans la vie, pour un plaisir qui le fait rétrograder. Dès lors sa sœur Jacob devient la première dans le monde et organise la société suivant les lois de la Gynécocratie. Elle est le Grand Architecte de l’Univers. Dans toutes les Écritures primitives on trouve le même récit, et partout on trouve aussi les premières luttes de l’homme contre la femme. C’est ce qu’on a appelé la période héroïque, la lutte des Titans contre les Déesses.

Parmi les envahisseurs dont le rôle se rapproche de celui de Kaï (Cain), la Bible cite AEsar, AEsus, Adon (dont on fait Odin, Othon, Adonis).

De AEsar on fait César. De AEsus on fait Hésus et Jésus. Tous ces noms représentent la masculinité.

Donc, quand on nous dit que « Kaïn s’insurgea contre Habel et l’immola », ce n’est pas d’un meurtre isolé qu’il s’agit, c’est la révolte collective des hommes contre les femmes et la désorganisation de leur première civilisation.

Chez les Hindous, le grand perturbateur se fera appeler Mahâ-Dêva. C’est le Kaïn de l’Inde, celui que les féministes appellent Çiva.

En écrasant la Femme, l’homme avait tué sa Divinité, et ce déicide allait peser sur toute l’humanité masculine qui allait en subir le châtiment dans les mille tourments qui en sont résultés, dans sa solitude morale, dans l’obscurcissement de son esprit, car il se condamnait lui-même à vivre dans les ténèbres puisqu’il éteignait la grande lumière qui devait le guider, le Saint-Esprit féminin.

(1) La légende d’Esaü et Jacob est une répétition de celle de Caïn et Abel, avec d’autres noms. Cette seconde légende tire ses appellations du sanscrit, tandis que la première les prend dans la langue parlée par les Iraniens. Ici le nom féminin est isha et le nom masculin ish. Mais isha, c’est iça, tandis que le masculin, c’est as (l’i est féminin).

On a dû écrire aussi Esa, et ce serait là la racine d’Esaü, d’Aza-el, d’Azar, etc.

SETH

Toutes les mythologies qui ont parlé de la descente des femmes dans l’Enfer du monde masculin ont annoncé que cela n’aurait qu’un temps, que la Femme ressusciterait et viendrait reprendre sa place dans le monde.

Dans le Sépher, la femme qui va ressusciter, celle qui va reprendre la place de Habel tuée par Kaïn, c’est Seth.

Seth est un nom qui signifie « le fondement des choses »,l’élément qui le réalise. Il sert à désigner le nombre 2 dans son acception féminine, dit Fabre d’Olivet, c’est-à-dire « deuxième Femme », et il ajoute : « Pour les Hébreux, Sheth ou Seth est le type d’une famille choisie (c’est-à-dire d’un sexe choisi) ».

Quelques peuples orientaux l’ont considéré comme un prophète. L’historien Josèphe lui a attribué l’érection de ces fameuses colonnes sur lesquelles étaient gravés l’histoire du genre humain et les principes de la morale. »

Les plus considérables des Gnostiques se sont fait appeler Séthions.

Donc, Seth, c’est la femme qui reparaît et reprend la direction spirituelle du monde, interrompue par la grande persécution. Les Hébreux regardaient Seth comme la Mère dont ils tiraient leur origine.

Disons encore que les masculinistes haineux, les Caïns de ce temps, du nom de Seth ou Sothis ont fait Sathan. Il existe un livre apocryphe intitulé « La Sothis », dans lequel un certain Panodore, qui vivait vers 400 avant notre ère, présente les dynasties comme des générations (matriarcales) et rappelle les monuments représentant des rois rendant hommage à des Pharaons, comme l’homme rend hommage à la femme. Cet ouvrage a été faussement attribué à Manéthon, le prêtre masculiniste.

Dans le Tarot égyptien, la Dame (la Reine) est appelée la Sota. Les Grecs appellent Sothis l’étoile Sirius, et période Sothiaque la manière de compter les années au moyen du lever de Sirius.

Les prêtres égyptiens n’en parlent jamais, parce que cela faisait partie de la science des prêtresses enseignée avant eux et qu’ils s’efforçaient de nier ou de dénaturer.

Dans l’article sur l’Égypte, nous avons expliqué ce qu’était cette femme à laquelle on devait la restauration de la souveraineté féminine, et nous avons montré ce que les historiens grecs en ont fait en masculinisant son nom devenu Sésostris.

Rappelons-le succinctement :

Dans l’histoire d’Adam et Ève, on nous dit que ce premier couple eut trois enfants : Caïn et Abel (l’homme et la femme dont nous venons d’expliquer la signification symbolique), puis un troisième sur lequel on ne nous dit rien. C’est ce personnage, effacé avec intention, qui va entrer en jeu, ou plutôt entrer dans l’histoire à l’époque que nous étudions.

Seth, ce troisième enfant (Sans sexe comme tous ceux des écritures masculines), est une fille qui arrive au monde pour remplacer celle que Caïn a tuée, la femme vaincue partout. Celle-ci va vivre et faire revivre, avec elle, la puissance féminine éclipsée pendant plusieurs siècles.

Les anciens Égyptiens appellent cette nouvelle souveraine Sota, Seta ou Seti. Seth, ou Seti, a une légende entourée de merveilleux, mais les historiens mettent son nom au masculin naturellement. Hérodote nous raconte son enfance dans le palais de son père (alors que l’enfant ne connaît pas son père) et entourée des enfants nés le même jour qu’elle.

Devenue grande, elle voyage et subjugue tout le pays que baigne la Mer Rouge, elle parcourt le continent, passant d’Asie en Europe, laissant des colonies féministes jusque dans la Colchide : « La plupart des colonnes (colonies), dit Hérodote, que ce roi a dressées en diverses contrées, ne subsistent plus, mais dans la Palestine Syrienne j’en ai vu moi-même ».

De retour en Egypte, cette Reine aurait utilisé la multitude qui s’était attachée à elle en lui faisant élever des temples et construire les canaux qui existent encore en Egypte. Elle fait construire des vaisseaux, dans des ports qui depuis ont porté les noms de Adulé, Bérénice, Leucos ; ce sont les premiers vaisseaux longs qu’eussent construit des mains égyptiennes (Diodore, L. I, chap. IV). Il, c’est-à-dire elle, s’embarqua sur les eaux du golfe Arabique et en subjugua les îles et les rives jusqu’à son extrémité méridionale. L’histoire classique en fait le deuxième roi de la XIXe dynastie et l’appelle Seti 1er. « Seti (ou Sethos), nous dit-on, recommence les campagnes de Thouthmès III et joint par un canal la Mer Rouge au Nil. Constructeur de la salle hypostyle de Karnak, l’un des chefs-d’oeuvre de l’architecture égyptienne, du grand Temple d’Abydos et du tombeau de la Reine Seti à Bal-el-Melouk (ou Biban-el-Malouk) (Thèbes) ».

Après ce rappel, continuons : Kaïn a enfanté Henoch, l’homme qui arrête le progrès, l’homme de haine, l’homme de nuit. (Le nom de He-noch vient de He article, nouch, la nuit. L’article ici est en grec ; en hébreu, ce serait Ha, Ha-nok. De nok on fait Noah, Noé.)

Seth va enfanter AEnoch, Le Targum chaldaïque dira Anosha (a privatif, noch, nuit), l’homme sans nuit, l’homme lumière, celui qui va progressant, l’homme d’amour, celui qui va revenir à la foi, à la connaissance de Hevah et de la science révélée par Elle.
AEnoch, c’est l’espérance qui va soutenir l’humanité souffrante en lui montrant le retour d’une époque de bonheur pendant laquelle les hommes revenus à la raison vont connaître la Vérité, vont connaître la vraie Divinité Havah, et vont recommencer à lui rendre hommage en invoquant son Saint Nom (1).

(1) Noé, le nouvel homme de la nouvelle race, représente symboliquement l’homme né de la femme. Le déluge a précédé cette naissance (un déluge représente symboliquement une persécution, une fuite, une séparation des sexes).

A suivre …

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