La Grèce Antique Livres de Femmes Livres de Vérités

Livres de Femmes, Livres de Vérités (5) La guerre des sexes dans la Grèce antique 2ème partie

LA GRÈCE ANTIQUE

Sur les traces de la Grande Déesse, nous retrouvons Médée, figure civilisatrice, comme un avatar de la divinité, dont le renforcement des caractères humains médiatise la puissance auprès des hommes. Comme la « maîtresse que surtout elle révère », elle sera évincée progressivement du panthéon pour se retrouver projetée dans l’Histoire. De Médée à Sapho, l’esprit des Amazones a inspiré la littérature grecque.


Buste présumé de Sappho. L’inscription ΣΑΠΦΩ ΕΡΕΣΙΑ veut dire en grec ancien « Sappho d’Érésos ». Copie romaine d’un original grec du ve siècle av. J.-C., musées du Capitole

1er chapitre : Introduction – Aux origines: La guerre des sexes
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2ème chapitre : Révolution religieuse en Egypte
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3ème chapitre : Les Aryas – Guerre des sexes chez les Perses et les Hindous
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4ème chapitre : La guerre des sexes dans la Chine antique

5ème chapitre : La guerre des sexes dans la Grèce antique
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5ème chapitre suite

LA HIÉRARCHIE PSYCHIQUE LE KOSMOS ET LE MUNDUS

Les Pythagoriciens avaient divisé la société en castes, et considéraient l’univers comme un groupement d’êtres rangés chacun selon ses perfections, dans sa sphère propre. Ils mettaient au sommet les « Intelligences Divines » (les Dêvâs, les Génies, les Fées, les Ahouras, etc.), c’est-à-dire les Femmes supérieures, dont l’ensemble était désigné par le mot Kosmos, qui exprimait la beauté, l’ordre et la régularité qui régnaient dans la société faite par ces INTELLIGENCES.

Le mot grec Kosmos exprimait une chose mise en ordre, arrangée d’après des principes fixes et réguliers, des lois naturelles. Sa racine primitive est dans le phénicien aôsh. Cet ordre venait d’un être principe (la Femme) animé du feu sacré (symbole de l’esprit).

De là le mot Kosmogonie (de gonia, femme).

Le mot Mundus désignait la généralité des hommes. Il est opposé au mot Kosmos.

Kosmos représentait un seul sexe : la Femme unique ; le Mundus représenta aussi un seul sexe : l’homme unique, et c’est de ce mot qu’est dérivé le terme uni-vers (un seul être, c’est-à-dire les hommes seuls) (1).

Le mot latin Mundus signifie le contraire du mot Kosmos.

Et c’est une contradiction voulue. Sa racine prochaine est unda (de unda, onde). II représente l’eau qui éteint, alors que Kosmos était le symbole du feu (l’esprit).

(1) Univers, de uni-versus, veut dire tout entier, de unus, un, et versus, participe passé passif de vertere (tourner), donc : tout entier tourné à l’envers. Etre dans le monde se disait in mundus, d’où immonde.

PERSÉCUTION DESTRUCTION

La secte des Pythagoriciens rendit d’immenses services et se répandit en Europe, en Asie et même en Afrique. Les Manichéens propageaient ses doctrines, d’où les Francs-Maçons les prirent et les ajoutèrent aux traditions hébraïques venues des Mystères de Jérusalem (1).

Mais cette Ecole avait des ennemis puissants qui élevèrent à Crotone et à Métaponte une terrible persécution contre cette secte, qui coûta la vie à un grand nombre de Pythagoriciens. Ils furent écrasés sous les débris de leur Ecole incendiée, où contraints de mourir de faim dans le temple des Muses où ils s’étaient réfugiés (Plutarque, Diogène Laërce, 4, VIII, § 39 ; Polybe, 4, II).

Lysis, échappée à ces désastres, se retira en Grèce où, voulant répandre la secte des Pythagoriciens, dont on s’attachait à calomnier les principes, elle crut nécessaire de rédiger une sorte de formulaire qui contient les bases de la morale et les principales règles de conduite données dans cette Ecole. Ce sont les Vers d’or ou Vers Dorés, ainsi appelés parce que l’or est le symbole de la lumière et qu’il était destiné à éclairer le disciple qui en faisait sa méditation.

Hiéroclès nous les a transmis avec un long commentaire ; il assure qu’ils ne contiennent pas les sentiments d’une personne, mais la doctrine de tout le corps sacré des Pythagoriciens.

Et Fabre d’Olivet dit : « On voit, en effet, par plusieurs passages de Cicéron, d’Horace, de Sénèque et d’autres écrivains dignes de foi, que cette loi était encore ponctuellement exécutée de leur temps. Nous savons, par le témoignage de Galien, dans son Traité de la connaissance et de la cure des maladies de l’âme, qu’il lisait lui-même tous les jours, matin et soir, les Vers dorés, et qu’après les avoir lus, il les récitait par cœur.

Au reste, je ne veux pas négliger de dire que Lysis, qui en était l’auteur, obtint tant de célébrité en Grèce qu’il mérita (il prend Lysis pour un homme, naturellement) de devenir le maître et l’ami (c’est-à-dire la maîtresse) d’Epaminondas. S’il n’attacha pas son nom à cet ouvrage, c’est qu’à l’époque où IL écrivait, l’ancien usage subsistait encore de considérer les choses et non les individus » (Vers Dorés, p. 189). Ceci est faux. L’usage qui consiste à supprimer les noms des auteurs n’a été appliqué qu’aux œuvres des femmes. Et c’est là une clef pour les retrouver.

Les auteurs masculins ont toujours été cités par les historiens, même quand on leur attribuait les ouvrages des autres, ou quand ils n’avaient jamais existé, comme Orphée, Pythagore, Zoroastre et tant d’autres.

« Le silence, dit Jamblique, était l’unique culte rendu à l’unité individuelle. »

Et Fabre d’Olivet, croyant, de bonne foi, ce qu’il dit, ajoute :

« Les disciples d’un grand homme n’avaient point d’autre nom que le sien. Tous leurs ouvrages lui étaient attribués. Ceci nous explique comment Vyâsa aux Indes, Hermès en Egypte, Orphée en Grèce, ont été supposés les auteurs d’une telle multitude de livres que la vie de plusieurs hommes n’aurait pas même suffi pour les lire. »

En effet, dans le débordement de jalousie sexuelle de cette époque, on attribua à un homme créé par l’imagination des Prêtres tous les ouvrages écrits antérieurement à lui par des Femmes, dont les noms disparurent à jamais de l’histoire.

(1) La Franc-Maçonnerie est d’origine hébraïque, tous les mots de passe sont des vocables hébreux, ses légendes sont tirées de l’histoire du peuple d’Israël. D’autres sociétés secrètes ont pu se former dans d’autres pays, et sûrement en Grèce.

Par la suite, il a pu se faire une fusion entre ces sociétés qui avaient toutes le même but : conserver et propager la science des premiers temps que le régime masculin menaçait de détruire, lutter contre l’ignorance et l’injustice qui tendaient à devenir universelles. C’est parce qu’on trouve entre les idées qui règnent en Asie et celles des Pythagoriciennes une grande analogie que l’on en conclut que Pythagore s’était inspiré de l’Orient.

LES PYTHAGORICIENNES – FONDATION DES COLLÈGES D’HÉTAÏRES

Le mot Hétaïre signifie Prêtresse.

Les Pythagoriciennes destinées à l’Hétaïrisme recevaient une éducation soignée. Les honneurs rendus à ces femmes prouvent qu’elles se rattachaient à une institution sacerdotale, qu’elles possédaient la haute direction morale de la nation et rendaient la Justice.

Les modernes ont traduit le mot Hétaïre par Courtisane, mot qui date de François 1er, et ont jeté sur ces femmes remarquables l’outrage et l’infamie, système que les prêtres des religions masculines de la Grèce avaient inauguré les premiers, parce que, prenant leur place pour enseigner les erreurs de leur mythologie qu’elles condamnaient, ils avaient en elles des ennemies implacables.

La morale de ces hommes Vantait l’éphéborastie, en même temps que l’assujettissement sexuel de la femme. Les Prêtresses accusaient les propagateurs de ces mœurs nouvelles de se livrer à des débauches entre eux au lieu d’étudier, avec elles, les lois de la Nature. Cela les irritait, et, comme toujours en pareil cas, ils renvoyaient aux femmes les accusations portées contre eux.

A l’époque qui nous occupe, l’île de Lesbos était un centre féministe où l’antique science était conservée et enseignée dans un célèbre Collège : Lesbos, centre du monde, disait-on.

C’est pour discréditer cet enseignement que les hommes en feront un foyer de débauche féminine.

La plus célèbre des colonies Ioniennes, Milet, patrie d’Aspasie, partagea avec Lesbos, patrie de Sappho, la célébrité féministe et le privilège de fournir à toute la Grèce de savantes Prêtresses.

De Lesbos venaient surtout les Hétaïres lettrées et poètes, de Milet les musiciennes et les artistes.

L’éducation qu’elles recevaient dans ces Collèges spécialement destinés aux femmes, était remarquable à tous égards. On la divisait en deux branches. On s’y occupait de ce qui concernait le corps (la physiologie), science appelée Gymnastique ; et de ce qui concernait l’esprit, symbolisé par les Muses, de là le nom de Musique donné à tout ce qui est intellectuel, nom qui resta seulement à la musique quand les travaux de l’esprit sombrèrent dans le néant des religions masculines.

Le mot musique exprimait toutes les sciences des Muses, la philosophie qui comprend l’étude de la Nature, l’histoire, la poésie, l’éloquence et la musique elle-même. Tout cela entrait dans l’éducation sévère des jeunes filles lacédémoniennes, instruites par les Hétaïres qui sortaient des Collèges de Lesbos et de Milet.

Les hommes de mauvaise foi accusèrent ces savantes de « cultiver la philosophie cynique » parce qu’elles enseignaient la physiologie sexuelle.

C’est en s’assimilant la loi qui régit le sexe féminin que les hommes produisirent, plus tard, le système épicurien qui ruina la Grèce.

En Egypte, les Hétaïres étaient des Almechs ; aux Indes, des balladières (d’où bayadères).

Les Prêtresses d’Egypte avaient une réputation brillante qu’elles s’efforçaient de maintenir dans le monde entier, et c’est ce qui donna tant d’éclat à la science égyptienne.

Les Hétaïres d’Athènes habitaient le quartier appelé le Céramique, qui était un faubourg qui renfermait le jardin de l’Académie. Là, régnaient des bosquets d’arbres verts, des portiques ornés de statues et d’inscriptions entre lesquels ces Femmes venaient s’asseoir. Les hommes d’élite venaient les y trouver. C’était, en plein air, les salons philosophiques de la Grèce. C’est là que les idées s’échangeaient, que les sentiments se manifestaient, que la vie élégante se déroulait ; elles se promenaient magnifiquement vêtues et résumaient la vie supérieure et élégante de leur époque.

C’est leur prestige qui rayonnait sur Athènes, où l’on venait comme dans les temps modernes on vient à Paris.

L’homme qui aimait une femme, n’osant pas le lui dire, inscrivait son nom sur l’un des portiques, en y ajoutant une épithète flatteuse, une phrase courte, et l’on savait ce que cela voulait dire.

Les Hétaïres n’étaient donc pas les ennemies des hommes, elles étaient des intellectuelles qui voulaient faire respecter leur liberté individuelle, mais elles savaient mêler les sentiments aux choses de l’esprit, elles n’étaient rebelles à aucune manifestation de la nature. Elles ne combattaient que le vice, le mensonge et l’oppression.

Les hommes politiques, les philosophes, s’attachaient à ces femmes qui les mettaient en valeur. C’est ainsi que Périclès prit pour Maîtresse (c’est-à-dire directrice) Aspasie, une des plus brillantes Hétaïres de la Grèce.

Périclès voulait briller par la parole, mais le talent lui manquait et c’est Aspasie qui lui préparait ses discours.

C’est ainsi que les Hétaïres devinrent pour les hommes des Amies, des Compagnes, nom resté comme synonyme de Maîtresse.

Les Hétaïres étaient les femmes supérieures, et la religion avait institué une fête solennelle en leur honneur, pour glorifier leur mérite.

Il y avait à Athènes un temple superbe consacré à la Déesse Hétaïra.

LA PHILOSOPHIE EN GRÈCE

C’est un fait connu que l’abus sexuel a pour conséquence de troubler la raison de l’homme.

Après, un siècle de débauche comme celui qui vit naître les cultes phalliques, il devait forcément se produire un siècle de désordre mental.

La vérité ne suffisait plus à l’homme, il ne la comprenait plus, il ne la voulait plus.

Désertant les temples où les Prêtresses enseignaient les lois de la Nature, abandonnant les anciennes traditions basées sur ces lois, l’homme ne voulut plus suivre que ses propres impulsions ; il rejeta les grands dogmes de la religion nationale, hésitant toutefois à les attaquer ouvertement, car, en Grèce les outrages faits à la religion étaient sévèrement punis, mais il se montra indifférent aux antiques Vérités qui, du reste, ne répondaient plus à la nature de son esprit perverti par la luxure, troublé par les idées fausses des Hermès.

C’est surtout dans les questions morales que le chaos se fit.

Appliquant à la Femme la psychologie du sexe mâle, se donnant à lui-même, par orgueil et imitation, les privilèges de la nature féminine, il renversa totalement la loi morale, il transforma les dogmes ; en changea ce qui n’était pas conforme à son intérêt, ou à sa manière de voir.

Ces prophètes sans inspiration furent les précurseurs de tous les raisonneurs modernes.

Les sophistes grecs, moitié rhéteurs, moitié philosophes, cherchaient des arguments captieux pour prouver leurs erreurs.

La philosophie, créée à l’Ecole Pythagoricienne, fut reprise et imitée par les Ecoles masculines et subit la transformation qui se produit toujours quand l’idée passe d’un sexe à l’autre.

La Femme-Déesse avait créé la Sagesse. Elle était l’éternelle Sophia et son verbe s’appelait sophisme. L’homme vint, voulut aussi parler, et du sophisme fit le paradoxe, l’argutie, restée au fond de toutes les casuistiques. C’est cette dernière signification qui est restée attachée au mot sophisme, dont la signification première fut dénaturée.

Tels étaient les représentants accrédités de la science et de la philosophie. Je veux parler de ces rhéteurs qui, appliquant leur talent de la parole à l’enseignement lucratif des sciences et des systèmes philosophiques, se donnaient à eux-mêmes et recevaient de l’admiration universelle le nom de Sages ou de Sophistes. Ces maîtres habiles étaient, d’ailleurs, plus occupés d’accroître leur gloire et leur fortune que leur savoir et leur sagesse.

Ils étaient véritablement les précurseurs des sceptiques de tous les temps.

SOCRATE

Ce nom est pour les hommes un objet de vénération.

En effet, il a droit à la reconnaissance de ceux qui affectionnent la forme religieuse qui règne depuis 2000 ans, car il en a été le premier auteur. C’est lui qui inventa le Dieu mâle, unique et surnaturel, qui devait jouir d’une si grande faveur pendant tant de siècles.

Le Dictionnaire de Descubes définit ainsi ce personnage : « Socrate, déclaré le plus sage des hommes par l’oracle d’Apollon, aimait Alcibiade et Archélaüs ; il avait 2 femmes et vivait avec toutes les courtisanes. ».

C’est donc par ironie qu’on l’appela le sage Socrate. De plus, il était envieux. Tous les hommes de talent de son temps furent l’objet de ses critiques jalouses ; il leur reproche leur manque de foi, lui qui ne croyait à rien.

Ambitieux politicien, il voulut faire de toute la Grèce un seul royaume et en prendre la domination.

Socrate ne monta pas une seule fois à la tribune pour discuter les affaires publiques. Il n’est pas connu pour sa vie, mais pour sa mort. Il eut la gloire d’avoir une mort retentissante qui divisa le pays en deux partis.

Il était né en 469 ou 470. Son père, Sophronisque, était sculpteur (Remarquons que le fils ne porte pas encore le nom de son père.) ; il était de basse extraction par son père, mais de caste plus élevée par sa mère. Son physique était antipathique.

Si les historiens ont fait une si grande réputation à Socrate (qui n’a pas laissé d’écrits), ce fut pour faire une sorte de réaction contre les grandes femmes de l’époque, les Aspasie, les Thaïs, les Phryné, qui le combattaient et qui occupaient l’attention publique bien plus que les hommes. Ce sont ces historiens qui ont cherché, plus tard, à les avilir, qui ont glorifié Socrate.

Ses leçons, écoutées avec avidité par les hommes, les flattaient dans leurs mauvais instincts. Chacun d’eux, après l’avoir entendu, se croyait dieu lui-même. Sa parole les ennivrait de cet orgueil masculin qui perd l’homme.

Socrate fut bien le premier fondateur de la fausse morale qui devait se perpétuer par les religions masculinistes ; c’est lui qui, le premier, prêcha la licence de l’homme, en même temps que la révolte contre la Divinité de la Femme. Il fut traité de blasphémateur contre les Déesses, qu’il appelait des dieux secondaires. (Blasphème est un mot grec qui se trouve dans Démosthène ; il signifie atteinte à la réputation).

Les mœurs homosexuelles qu’il affichait, sans aucune pudeur, étaient un scandale public (Voir son discours au Banquet de Platon).

LES DOCTRINES SOCRATIQUES

Les religions masculinistes font remonter à Socrate les dogmes sur lesquels elles s’appuient : la déification de l’homme et la déchéance de la femme.

Il niait la réalité, c’est-à-dire les lois de l’humanité, et créait un surnaturel qui devait, à travers les religions modernes, arriver jusqu’à nous.

 

Au-dessus des Divinités réelles, qu’il laissait dans l’ombre, Socrate mettait un Dieu imaginaire qu’il représentait souverainement grand, voyant tout, entendant tout, présent partout et gouvernant toutes choses. C’était l’homme agrandi, le moi masculin projeté dans l’infini et devenu immense par l’illusion d’un orgueil insensé. Socrate fut un grand orgueilleux et un petit esprit, puisqu’il ne comprenait pas la vraie Nature et lui substituait une chimère. Il fut un des fondateurs du spiritualisme masculin, celui qui avait pour but de mettre l’Esprit en dehors de l’humanité, pour qu’on ne puisse plus dire qu’il est dans la Femme.

C’est à lui qu’on fait remonter les lieux communs de la philosophie masculine, tels que ceux-ci :

« Que celui qui a fait l’homme à l’origine s’est montré miraculeusement intelligent. »

Voilà le Dieu créateur inventé ; et combien cette erreur a été funeste à ceux qui ont voulu faire prévaloir la véritable histoire de la création naturelle.

« Que le consentement de tous les peuples dans cette croyance atteste qu’elle est la Vérité. »

Erreur manifeste, d’abord parce que, si les peuples avaient toujours eu ces croyances, il n’aurait pas fallu tant de sang versé pour les faire admettre.

Ensuite, n’avons-nous pas vu depuis 2000 ans que ce sont les plus grandes erreurs qui ont eu le plus de partisans ? Ce système qui consiste à s’appuyer sur le nombre a toujours été employé par ceux qui ont tort ; le nombre, c’est la force, c’est pour cela qu’on l’invoque.

Quant à sa moralité, elle est connue. Il n’aimait pas sa mère ; cette mère, Phéramète, devait être une femme de valeur car elle exerçait la médecine. A cette époque, c’étaient les femmes qui pratiquaient surtout la médecine et instruisaient les hommes dans leur art. Phéramète était une de ces femmes qui abondaient dans l’antiquité.

Socrate, s’il était mauvais fils, était aussi mauvais mari, puisqu’il représente sa femme, Xanthippe, comme irascible et lui comme un époux patient.

LA MORT DE SOCRATE

L’opinion que nous émettons sur Socrate était certainement celle des gens sensés de son temps, puisque l’intempérance de cette prédication obstinée de tant d’erreurs fatigua les oreilles de ses contemporains. Accusé de détruire la Religion et de corrompre la jeunesse, accusé aussi d’impiété envers les Déesses qu’il tournait en ridicule, il fut condamné à boire la ciguë.

Il mourut en 401. C’est par les Socratiques de Xénophon et les Socratiques de Platon qu’il fut connu. C’est parce qu’il fut écouté et admiré par ces 2 hommes qu’il a été glorifié.

Ceux qui glorifieront Socrate iront jusqu’à dire que c’est lui qui, le premier, employa le mot « philosophie ».

Socrate, en fondant une Ecole de Philosophie, institua la spéculation professionnelle, qui est l’imitation pour le lucre. D’où les deux significations du mot spéculation : « philosophie » et « affaire ». Et, depuis, la pensée transmise a toujours été le prétexte de toutes sortes d’entreprises intéressées.

La pensée directe seule est désintéressée et ne se vend pas, parce qu’elle a en elle tout son prix, qui est le bonheur de posséder la Vérité.

N’oublions pas que le mot spéculation vient de spéculum, miroir (1). Il ne faut donc jamais appliquer ce mot aux opérations du cerveau féminin, ce serait un non-sens, il ne se reflète pas, il est la lumière initiale, la force génésique cérébrale, celle qui crée et génère dans le monde intellectuel (d’où Génies, nom collectif des femmes primitives). C’est cette spontanéité des œuvres de la femme qui fait son originalité.

C’est parce qu’il a été condamné à mort sur une accusation d’impiété et d’immoralité que ce corrupteur de la jeunesse est devenu le père de la philosophie dans toute l’Europe et la source de toute spéculation depuis 23 siècles. Comment expliquer ce fait, si ce n’est par cet instinct d’opposition qui est dans l’esprit de l’homme et lui fait admirer ce que la raison saine de la Femme condamne ?

(1) C’est pour cela qu’on représente la Vérité par une femme tenant en main un miroir. Cela symbolise la réflexion appelée spéculation.

PLATON (429-347)

La lutte commencée par Socrate va continuer. Platon est son élève.

Il s’agit de renverser la Divinité féminine et de lui substituer toutes sortes d’entités chimériques. C’est de cela que Platon va s’occuper.

Dans son Cratyle, il donne une étymologie de Zeus, cherchant à lui donner les 2 sexes.

L’étymologie sanscrite de Zeus est Dyaus (de div, briller, d’où dêvâ ; diva) qui veut dire ciel. Dyaus est devenu, en grec, Zeus.

Quand on a masculinisé la Divinité, on y a ajouté « père » et on a fait Dyaus-pitar (ciel-père), devenu en latin Ju-piter.

Primitivement, Zeus signifiait « la Mère », ou « celle par qui la vie est donnée aux êtres ». On a écarté cette signification pour ne plus accepter que celle de Ciel qui semble en éloigner « la Femme », alors que cela l’en rapproche, puisque partout l’homme jeune avait comparé la femme aux astres du ciel qui illuminent et rayonnent.

Mais nous sommes arrivés à une époque de réaction masculine contre l’amour primitif et les idées qu’il avait fait naître ; la femme, maintenant, est regardée par l’homme orgueilleux de haut en bas, c’est-à-dire avec une vue qui descend, puisque c’est le rôle de la sexualité de faire descendre, chez l’homme, l’influx nerveux du pôle cérébral vers le pôle générateur. Vue de cette manière, la femme n’est plus, pour l’homme, qu’un sexe, il ne la considère plus que dans la partie inférieure du corps, cette partie que l’on avait symbolisée par un animal (le lion dans le sphinx).

Il compare la Mère à la terre, elle devient tellurique ou chtonique ; il ne comprend plus son esprit, et ne pouvant plus s’élever jusqu’à lui, ou le croyant si haut qu’il le met maintenant dans un Ciel imaginaire.

Cette forme nouvelle que l’on cherchait à donner à la religion causait partout des troubles profonds.

La Femme est donc de moins en moins divines. « Les Déesses et les hommes sont un même sang », dit Pindare, s’acheminant vers la négation de la Divinité.

Mais les noms des Déesses avaient été remplacés partout par le mot « immortelles » ou « éternelles », et ce qualificatif, dont on ne comprenait plus l’origine, achevait de compliquer la question.

Cependant, si Platon rejette la Divinité féminine, il se déclare dieu lui-même et se fait appeler le « divin Platon ». Il se dit fils d’Apollon, et nourri par les abeilles du mont Hymette.

Donc, il a une naissance miraculeuse, comme tous, les orgueilleux prétendus divins. Pour compléter sa divinité, il déclare qu’il vécut vierge.

LES DAÏMONS

Si la Femme n’est plus divine, elle va bientôt devenir démon et prendre la place de l’homme dans l’enfer surnaturel qu’il va imaginer, mais cela viendra progressivement, par étapes.

D’abord Platon, dans le Banquet, nous représente les Daïmones comme des existences intermédiaires entre la nature divine et l’homme, et non seulement intermédiaires, mais médiatrices, apportant aux hommes les ordres et les bienfaits divins.

Ces Daïmones comblent l’intervalle qui existe entre le Ciel et la Terre. Chaque homme a son Daïmon particulier, que Platon appelle son ange gardien. C’est, au début, Un bon esprit, juste et bienveillant. Inutile de faire remarquer que c’est la Femme qui est représentée ainsi, inconsciemment.

C’est dans cette démonologie de Platon que le Catholicisme prend l’idée d’un démon, c’est-à-dire d’un mauvais esprit agissant contre l’homme, et ce mauvais esprit, ce sera la femme, pour lui, parce que, c’est elle qui réagira contre une religion qui sera faite pour anéantir son autorité et supprimer à jamais son antique Divinité.

Mais les femmes ne se laisseront pas attaquer sans se défendre et sans rendre à l’esprit du mal le sexe masculin, et c’est sous cette forme que nous le verrons régner dans tout le moyen âge.

Alfred Maury, dans son Histoire des Religions, dit que les Pères de l’Eglise ont donné aux démons les mêmes caractères que l’on rencontre chez les Platoniciens, et il ajoute : « Ces écrivains puisent dans les livres des Grecs ; ils empruntent leurs paroles, ils s’arment de leur autorité, ils partagent toutes leurs superstitions, et c’est en se référant à Platon qu’ils déclarent l’univers livré au culte des démons, d’êtres méchants et pervers qui inondent l’atmosphère, entrent dans le corps humain, […]. L’héritage de Platon passa tout entier dans les dogmes chrétiens, qui firent de sa démonologie une arme puissante pour renverser complètement le polythéisme dont elle avait déjà ébranlé la base. »

LA RÉPUBLIQUE DE PLATON

Dans sa République, Platon se préoccupait de chercher quelle pourrait être la meilleure forme de gouvernement masculin.

Il expose sa conception de l’Etat en attribuant la plus grande importance aux qualités viriles.

Platon dit (Livre IV) : « Si on demandait à un législateur de faire de bonnes lois, voici ce qu’il répondrait : « Donnez-moi un Etat gouverné par un tyran ; que ce tyran soit jeune, qu’il ait de la mémoire, de la pénétration, du courage, de l’élévation dans les sentiments ; et enfin que toutes ces qualités puissent être utiles au dessein que je me propose. »
« Je mets au premier rang la tyrannie ; au second, le gouvernement monarchique ; au troisième, une certaine espèce de démocratie ; au quatrième, l’oligarchie, qui, de sa nature, est le moins propre à donner naissance à ce gouvernement parfait, parce que c’est dans l’oligarchie qu’il y a le plus de maîtres. »

Ce tyran que Platon rêve et qu’il fait ressembler au précepteur de Télémaque, au sage Mentor, c’est Minerve, masquée, du reste, sous les traits de Mentor, c’est la Sagesse féminine donnant droit à l’autorité absolue parce qu’elle est l’image de la Justice.

Mais, du moment où c’est d’un gouvernement masculin qu’il s’agit, comme on ne peut plus supposer que la Justice et la Sagesse vont se trouver réunies dans un homme, on est bien forcé de reconnaître qu’un tyran n’est qu’un vulgaire despote, régnant contre l’intérêt de tous. Du reste, l’histoire va le prouver.

Il est curieux de constater comment l’homme qui attaque les droits de la Femme va de l’égalité à la supériorité.

Platon met dans la bouche de Calliclès ces paroles bien connues : « Nous prenons, dès la jeunesse, les meilleurs et les plus forts d’entre nous ; nous les formons et les domptons comme des lionceaux, par des enchantements et des prestiges, leur faisant entendre qu’il faut s’en tenir à l’égalité et qu’en cela consiste le beau et le juste. Mais, selon moi, qu’il paraisse un homme de grand caractère, qu’il secoue toutes les entraves, déchire nos Écritures, dissipe nos, prestiges et nos enchantements, foule aux pieds nos lois, toutes contraires à la Nature ; qu’il s’élève au-dessus de tous et que, de notre esclave, il devienne notre maître ; alors on verra briller la Justice naturelle. »

LES FEMMES DANS LA RÉPUBLIQUE DE PLATON

Quelle place Platon donnait-il aux femmes dans sa République ? Il réclame la communauté des femmes pour les hommes, mais ne dit pas si les femmes auront aussi la communauté des hommes. Il voulait, suivant l’ancien usage, que l’on fasse en sorte que les enfants ne connaissent pas leur père.

Le communisme de Sparte, vanté par Platon, comprend les biens et les femmes en commun : un système qui consiste à faire le bonheur des gens malgré eux.

En attendant, il propose d’envoyer au gymnase les femmes des guerriers vêtues du costume symbolique de la Mère Eve ; il propose aussi de faire périr les enfants mal constitués. Comme on le voit, les femmes constituent le troupeau humain. Il est bien entendu qu’aucune d’elles ne doit se distinguer, cela porterait ombrage au sexe masculin.

C’est ainsi que ce philosophe chassait Homère de sa République. De la part d’un misogyne, n’est-ce pas là une preuve que le grand poète anonyme, appartenait au sexe détesté ?

Il masculinise la Matrie et en fait la Patrie.

Il fait dire à Socrate, dans Euthyphron : « Viens devant la Patrie comme devant la Mère commune. » Voyez la contradiction, il n’ose pas dire devant le « Père commun », cela choquerait trop les idées reçues.

Platon admettait les femmes aux leçons qu’il faisait dans les Jardins d’Académus, mais il exigeait qu’elles prissent l’habit de l’homme pour faire partie de son auditoire. Parmi ses disciples, on cite Axiothée de Phlionte en Arcadie, et Lasthénié de Mantinée, qui se déguisèrent en hommes pour suivre ses leçons ; Et ce ne furent pas les seules, au dire de Clément d’Alexandrie.

Cet ostracisme du sexe féminin ne doit pas nous étonner : c’est le résultat du vice connu sous le nom d’éphéborastie, que l’on s’accorde aujourd’hui à flétrir, mais qui fut célébré chez les Grecs et les Romains par la poésie et les arts presque à l’égal de l’amour naturel.
Platon sentait l’énormité de son audace et redoutait le sort de Socrate. C’est pour cela qu’il quitta son pays et parcourut l’Egypte. Et Cicéron qui le relate, ajoute qu’il reçut des prêtres égyptiens une partie de ses connaissances. Sa métaphysique serait d’origine orientale.

Diogène Laërce raconte que Platon acheta pour 100 mines (ou 11.000 deniers) l’ouvrage de Philolaüs, un Pythagoricien, dans lequel il puisa et qu’il reproduisit dans le Timée en en faussant le sens.

L’INSPIRATION

Platon travailla, comme son maître Socrate, à détruire les doctrines féminines du passé et à les remplacer par des idées nouvelles plus masculines. Cependant, il savait bien ce qui manquait à l’esprit de l’homme, car il attachait un prix immense à l’inspiration, qu’il considérait comme « une faveur divine », mais il est bien entendu que cette Divinité dont il attend la Vérité, ce n’est plus la Déesse, c’est l’entité surnaturelle inventée par Socrate.

A ses yeux, la vertu et la sagesse sont des dons d’en haut, et c’est d’un être irréel qu’il attend une révélation céleste. Mais il est bien forcé de constater qu’elle se produit rarement, et il dit déjà :« beaucoup d’appelés et peu d’élus ».

La Poésie, d’après Platon, était une inspiration au moyen de laquelle on revêt d’un langage humain et l’on transmet aux hommes les idées des dieux.

Ce système a fait entrer dans le monde la suprême hypocrisie, celle qui consiste à nier l’esprit Vivant de la Femme et à le mettre hors du monde, afin de s’affranchir de la direction morale qui avait été la religion suprême pendant l’époque théogonique.

C’est poussé par l’orgueil que l’homme prétend, par son effort, trouver la vérité, mais, comme elle ne se révèle pas à lui spontanément, il la cherche au milieu d’un chaos de contradictions et ne la trouve pas.

Dans le Timèe, Platon parle des théories pythagoriciennes « qui sont, dit il, idéales et abstraites et ne reposent sur aucune donnée expérimentale ». C’est cela qui prouve qu’elles émanent de l’esprit féminin, elles procèdent de la faculté divine, l’intuition, dont il ne peut avoir aucune idée.

Cependant, Xénophane avait dit : « L’homme ne peut pas savoir le fond des choses, il ne voit que les apparences. »

Platon a inventé un art grammatical, cherchant la forme à donner aux idées, ce qui, pour lui, devient plus important que le fond.

Au milieu des rêveries de Platon, je trouve quelque chose d’intéressant. Il raconte qu’un philosophe qui l’a instruit lui a dit que dans l’île de

Délos on avait trouvé des tables d’airain rapportées des montagnes hyperboréennes. Cela nous confirme dans l’idée que nous savons que c’est du Nord qu’est venue la science de l’Asie et surtout celle des Grecs.

LES MYSTÈRES D’ÉLEUSIS

Les Mystères d’Éleusis étaient les plus célèbres de l’antiquité.

On les appelait simplement « les Mystères ». Cicéron dit d’eux :

« Les rites sacrés et augustes d’Éleusis, auxquels des hommes venaient des parties les plus reculées du monde pour y être initiés ».

Ils furent d’abord célébrés exclusivement à Éleusis, mais de là s’étendirent dans presque toute l’Europe.

Dans ces Mystères, on représentait symboliquement la défaite de la Femme. La Déesse Cérès cherchait sa fille Proserpine ravie par Pluton et conduite dans le monde infernal de l’Homme.

Le chef de ces Mystères était appelé Hiérophante ou Révélateur de choses sacrées. Il lui était adjoint trois assistants :

1°) le Dadouchos ou porteur de torche,
2°) le Céryx ou héraut,
3°) le Ho Epi Bono ou secrétaire de l’autel.

On célébrait les grands et les petits Mystères.

Les petits étaient préparatoires, c’était un premier degré qui durait un an. Après ce temps, le candidat pouvait être initié aux grands Mystères, si on l’en jugeait digne.

Un cérémonial imposant faisait comprendre l’importance des grandes vérités qui allaient être dites.

Le Dadouchos ouvrait la cérémonie de l’initiation aux grands Mystères par la proclamation Ekas, ekas este bebêloi (Retirez-vous, ô profanes).

Le profane qui se serait permis d’assister à ces cérémonies était mis à mort immédiatement. C’est par cette sévérité seulement qu’on arriva à sauvegarder la vérité de la profanation des hommes.

On faisait prêter serment à l’aspirant qu’il ne dévoilerait jamais les secrets qui allaient lui être enseignés. On lui posait la question suivante qu’il faut entendre symboliquement :

« Avez-vous mangé du pain ? » (Le pain de vie). A cette question, l’aspirant devait répondre : « Non, mais j’ai bu la mixture sacrée, j’ai été nourri du panier de Cérés. J’ai travaillé. J’ai été placé dans le calathius et le cystus ».

C’est après cette interrogation que les portes du Temple s’ouvraient pour lui. Il apercevait la statue de la Déesse Cérès, resplendissante de beauté et entourée d’une éblouissante lumière.

Le candidat, qui s’était appelé jusque-là Myste ou novice, recevait le nom d’Epopte ou témoin oculaire, et on lui révélait la doctrine ésotérique.

Les travaux étaient fermés par une formule sanscrite : Konx om pax.

Pour montrer aux initiés la nécessité de se taire, on les impressionnait par la représentation du mal qu’ils auraient pu subir, s’ils parlaient.

C’est cette partie de l’initiation qui comprend les épreuves. On les laissait dans l’obscurité, puis on leur faisait entendre des bruits terribles ressemblant au grondement du tonnerre, et qui devaient rappeler les formidables luttes qui s’étaient déchaînées entre les sexes ; au milieu d’éclairs aveuglants, on leur faisait apercevoir des spectres grimaçants représentant le principe du mal, Ahriman, l’homme pervers.

Des fantômes hideux, qui semblaient les menacer de mort prochaine, rappelaient les déments qui avaient attaqué, menacé la Femme dans la sainteté de son sexe.

Pour être admis aux Mystères, il fallait être d’âge mûr, la jeunesse n’ayant jamais su comprendre, et d’une conduite irréprochable.

D’abord les Grecs seuls étaient admis à l’initiation, mais bientôt cette condition disparut, et cinquante ans après leur institution on initiait aux Mystères les hommes de tous les pays.

On appelle Ides le milieu du mois lunaire, parce que les Mystères des Crétois se faisaient sur le mont Ida.
Idem est le même mot que idios. Tout cela est résumé dans le mot idée. On appelle Isis la Mère idéenne.

Les femmes célébraient leurs Mystères séparées des hommes, près de Cicyone, en un lieu appelé Pyraïa, où Cérès avait un bois sacré et un temple sous l’invocation de Cérès Présidente ou Prostasie.

Des temples appelés Pyrées étaient consacrés au culte du Feu sacré et immortel, ce qui nous fait savoir que c’était la grande religion exposée dans le livre sacré de l’Iran, le Zend AVesta, qui était enseignée dans les Mystères de la Grèce.

Rappelons que le Feu sacré est le symbole de l’Esprit saint représenté par la grande Déesse Vesta.

M. Hyde, l’auteur du livre Phapharhang gyihanghiri, parle de sept anciens Pyrées où on brûlait de l’encens en l’honneur des sept planètes, et où il y avait sept petites chapelles. Il nous dit qu’on allait dans la chapelle du soleil célébrer le soleil.

Ceci nous prouve que dans ces Mystères on expliquait les lois de la Cosmologie comme dans ceux de la Perse, mais l’auteur cité tombe dans la même erreur que les prêtres : quand il s’agit du ciel, il met des planètes à la place des sept forces cosmiques (les Elohim) qui sont les principes chimiques qui donnent leur couleur aux étoiles.

A Patras, en Achaïe, derrière le Temple de Cérés, était le Bois sacré, à côté d’une fontaine appelée « Fontaine de Vérité ».
Dans presque toutes les villes de la Grèce, il y avait des Temples dédiés à Cérès, où l’on célébrait les mêmes Mystères. Cette profusion de Temples peut être comparée aux nombreuses églises dédiées à la Vierge Marie.

Les Grecs n’oubliaient pas que leur civilisation remontait à l’institution des Mystères et qu’ils leur étaient redevables de l’affranchissement de la barbarie, que les ennemis de la gynécocratie voulaient leur imposer.

C’est aux Mystères qu’on devait l’ordre social. « Les Mystères, dit Aristide en parlant de ceux d’Éleusis, nous procurent des consolations et des moyens de nous délivrer du poids de nos maux ».

« Les Grecs pensaient que c’était Cérès qui les avaient retirés de la vie sauvage et grossière qu’ils menaient avant que son culte fût établi parmi eux, et que c’était elle qui en avait fait véritablement des hommes ». (Isocrate, in Panegyr. Aristid., Elen., cité par Dupuis, T. II, p. 6). C’est le Deus meumque Jus, Ordo ab Chao (que les modernes traduisent par Dieu et mon droit, l’ordre sort du chaos).

Les Phliassiens et les Phénéates célébraient aussi Cérès. Les Argiens prétendaient que leur ville était la première qui avait reçu Cérès. Ils célébraient tous les ans une fête en son honneur au printemps.

Les Argiens, parmi les autres pratiques en l’honneur de Cérès Pélasgique et de Proserpine, avaient la coutume de jeter des flambeaux allumés dans une fosse sombre (d’où la légende de la vérité cachée au fond d’un puits). Ce qui nous montre que les Mystères étaient des cérémonies commémoratives, expiatoires et symboliques.

Chez les Phénéates, en Arcadie, où on célébrait les Mystères de Cérès Eleusienne, tout près du Temple de la Déesse était ce qu’on appelait Pêtroma ; c’étaient deux pierres jointes ensemble qui renfermaient les Rituels sacrés de l’initiation. On les retirait pour les lire aux initiés, puis on les remettait précieusement dans ce lieu sacré.

Chez les Céléiens, on célébrait les Mystères de Cérès tous les quatre ans. L’Hiérophante n’y était pas perpétuel, il était renouvelé à l’époque de la célébration quadriennale.

C’est pour copier les Mystères que les masculinistes instituèrent les jeux olympiques, qui se célébraient tous les cinq ans ; de là le nom d’Olympiades. Dans la ville d’Elide, au Péloponnèse, ces jeux commencèrent l’an 776 avant notre ère.

LA FÊTE DES FLAMBEAUX A ÉLEUSIS

A Éleusis, dans la fête des flambeaux qui se célébrait le cinquième jour des Mystères, les initiés éclairaient la route d’Éleusis d’une multitude de flambeaux, qu’ils se faisaient passer de mains en mains, pour représenter la vérité transmise par tradition orale de l’un à l’autre, de Mère en fille.

Cette fête des lumières est devenue dans le Catholicisme la Chandeleur consacrée à Marie.

La cérémonie d’Éleusis était une des Panégyries dont parle Hérodote, elle réunissait toute la Nation.

Hérodote parle de la foule nombreuse des initiés qui couvraient les chemins, lorsque Xercès aperçut dans le champ de Thriase une nuée de poussière qui s’élevait sous leurs pas. Philostrate en parle comme de la pompe la plus nombreuse ; on y accourait, suivant Lycias, de toutes les parties de la Grèce ; car non seulement les Athéniens, mais encore les autres Grecs pouvaient se faire initier à ces Mystères, suivant le témoignage d’Hérodote ; Cicéron va plus loin, il fait accourir à cette cérémonie les initiés de toutes les parties de la Terre.

Cérès Mysienne (du nom de Mysia, en Argolie, où il y avait un temple consacré à son culte) avait aussi un temple dans l’Achaïe, à 60 stades de Pallène, près du fleuve Crios.

La fête de Cérès en Achaïe durait sept jours. Le troisième jour de cette semaine sacrée, on faisait sortir du Temple de la Déesse tous les hommes, et alors les femmes entre elles célébraient pendant la nuit, en secret, leurs Mystères, comme les dames romaines célébraient ceux de la Bonne Déesse, sans y admettre aucun homme. Non seulement les hommes, mais les chiens, tous les animaux mâles en étaient chassés. De même, à Rome, non seulement on interdisait aux hommes l’entrée du sanctuaire de la Bonne Déesse, mais on en écartait, ou l’on y voilait, jusqu’aux tableaux qui en auraient représenté un (1).

Pendant ces Mystères, on expliquait ce qu’était Spicifera Dea, la Déesse qui porte les épis.

On inventa des fables pour cacher l’objet de ces Mystères, dans lesquels on comparait l’œuf à la graine. Et on dira alors que les Mystères de Cérès avaient pour objet l’agriculture et contenaient une cérémonie commémorative de l’invention du blé.

C’est parce que Cérès était honorée par une procession aux flambeaux que les masculinistes, pour les imiter, feront une parodie de cette cérémonie qu’ils appelleront « les flambeaux de l’hyménée ».

(1) Il est resté dans la tradition des sociétés secrètes qu’il ne faut pas mettre un portrait d’homme dans un temple maçonnique.

CÉRÈS LÉGISLATRICE
THESMOPHORE ou THESMIAS (THÉMIS)

Il était dans les fonctions de toutes les Déesses de faire la Loi et de rendre la Justice. Ici nous en avons une preuve nouvelle, Cérès est surnommée Thesmophora (de Thesmos, loi, et phoros, qui porte. Porter vient de pherein).

Les Thesmophories étaient des Mystères célébrés en l’honneur de Cérès Législatrice par les filles et les femmes athéniennes.
Il y avait aussi des solennités appelées Thémistiades ou Thémista, en l’honneur de Thémis, mère de la Loi et de la paix.

On appelait aussi ces fêtes Carmenta.

Les Eumolpides ou Céryces étaient les interprètes des lois sacrées et les directrices du tribunal établi contre les crimes d’impiété.

Ce tribunal des Eumolpides et des Céryces formait ce qu’on appelait le Sénat sacré, qui s’assemblait à Éleusis.

Ce fut l’Hiérophante de ce tribunal qui parla contre Androïde dans la grande affaire d’Alcibiade et de ses complices, accusés d’avoir joué les Mystères dans une orgie d’amis. (Plut., Vit. Alcibiade. Thucyd. ,1,8).

Ce furent aussi les Eumolpides qui voulurent s’opposer au retour d’Alcibiade lorsque Athènes fut forcée de le rappeler.

Enfin, ajoutons que c’est ce tribunal qui condamna Socrate.

Ces femmes avaient donc encore toute l’autorité Morale à cette époque, c’est une date, et cela nous fait comprendre que les législateurs masculins placés avant cette époque n’ont aucune réalité et ne sont que des fictions destinées à donner de l’antériorité et du prestige à ce que firent les hommes en imitant les institutions féminines.

C’est ainsi qu’ils firent, en dehors de la religion, un sénat masculin, qui prononçait des condamnations envers les coupables de crimes contre le culte public. Puis, lorsqu’ils instituèrent des Mystères masculins, ils donnèrent aux hommes les fonctions des prêtresses dans les temples.

Nous y trouvons l’Archonte-Roi, qui a le droit d’y adresser des vœux pour le peuple.

Nous y trouvons aussi les Amphictyons qui peu à peu prendront la place des Eumolpides.

Pausanias, qui était initié aux Mystères de Cérès, dit : « Les Grecs, dès la plus haute antiquité, ont regardé les Mystères d’Éleusis comme ce qu’il y avait de plus propre à porter les hommes à la piété » (In Phocicis).

Ces Mystères étaient, suivant Aristote, la plus précieuse de toutes les institutions religieuses ; aussi les appelait-on les Mystères par excellence, et le Temple d’Éleusis était regardé, en quelque sorte, comme le sanctuaire commun de toute la terre, celui où la religion réunissait tout ce qu’elle avait de plus imposant et de plus auguste. (Arist., in Éleusis).

LES MYSTÈRES DE SAMOTHRACE OU MYSTÈRES DES CABIRES

Samothrace était un lieu d’antique célébrité, c’était une île de la mer Egée, célèbre par le culte qu’on y rendait à Cérès et aux autres dieux Cabires, diront les historiens quand ils mêleront les dieux et les forces cosmiques.

En réalité, ce qu’on enseignait dans le secret à Samothrace, c’était la Cosmogonie telle que les grandes Déesses l’avaient expliquée dans leurs Livres sacrés.

On enseignait ces lois de la Nature dans un lieu sacré où les profanes ne pénétraient pas et où on n’avait à craindre ni le doute, ni le scepticisme, ni les illusions, ce qui prouve que les hommes Corrompus profanaient tout ce qui était sacré par leurs railleries.

L’enseignement mystérieux donné dans les Mystères s’appelait Théurgie, mot qui indiquait le pouvoir mental qui résulte des facultés spirituelles que les modernes appellent l’intuition féminine.

D’abord cet enseignement s’était appelé la Magie.

Il faisait partie du sacerdoce et ne se donnait que dans les cryptes des Mystères, à l’ombre des autels où les Déesses manifestaient leur présence, depuis que des hommes audacieux les avaient imitées en créant l’enseignement des erreurs qu’on appelait « la Magie noire ».

Il y avait dans le Temple Une école appelée le Didâscalion, qui comprenait sept classes ; c’est là que la Déesse déployait sa puissance souveraine, illuminait le monde de sa splendeur, dira t-on.

LES MYSTÈRES BÉOTIENS

Pour honorer Cérès la Grande, ou Cabirique, les Béotiens avaient planté un bois sacré dans lequel on célébrait son culte, ainsi que celui de Proserpine. Les initiés seuls pouvaient y entrer.

Les traditions sacrées de ces Mystères se liaient à celles des Cabires honorées à Samothrace.

Le mois durant lequel se célébraient ces Mystère s’appelait mois de Cérès ou Démétrien.

LES MYSTÈRES D’ÉPHÈSE

En l’honneur de la grande Déesse Diane, on célébrait des Mystères à Ephèse.

Nous avons vu que Diane est un des surnoms de la grande Déesse Ardui-Anaïta qui écrivit le Zend-Avesta (voir article sur la Perse). On disait aussi Deianvie et Diana-Haer (la Vierge Diane).

A chaque page de Pausanias on rencontre des statues, des temples, des autels élevés à cette Déesse dans toute la Grèce.

Une fête nocturne appelée Pannuchides, ou les veilles sacrées, était célébrée tous les ans par les Ioniens en l’honneur de Diane Triclarie.

Une fille vierge faisait fonction de Prêtresse. Ces Mystères et ces initiations étaient désignés sous le nom de Télétè de Diane.

En Arcadie, sur le mont Cancale, était un temple où, tous les ans, on célébrait les Mystères de Diane.

Près de l’Académie était une enceinte sacrée où l’on voyait la statue de Diane très bonne et très belle, et une petite chapelle.

La Diane d’Ephèse est la plus connue. Le temple d’Ephèse est un des plus célèbres par son ancienneté et sa grandeur.

Ctésiphon et son fils Mélagène en jetèrent les fondements ; il fut terminé par Démétrius et Paconius. Suivant Pline, sa longueur était de 400 pieds (122m), sa largeur de 207 pieds (63m), sa hauteur de 56 pieds (18m).
Il était construit d’après l’architecture ionique.

Ce fut en 356 avant notre ère qu’il fut brûlé par Erostrate, ce fou qui, suivant la tradition antique, voulut s’immortaliser par cet acte d’impiété.

Il fut reconstruit quelques années après par les Ephésiens.

Nous ne connaissons la statue de Diane que par la description qui en est faite par les historiens de l’antiquité et par différentes copies et images qui en ont été retrouvées.

Suivant les uns, elle était en or, suivant quelques autres en bois. Ce qui prouve qu’elle était en or, c’est qu’elle a été volée plusieurs fois.

Cette statue est d’origine égyptienne. Elle représente la maternité sous des noms divers, Isis, Cybèle, Cérés.

Diane était regardée comme une des plus grandes Divinités de l’Olympe. Son culte s’étendit dans l’Asie Mineure, la Syrie, la Grèce. Il était dans son plus grand éclat sous les empereurs romains.

Ce qui reste du temple de Diane à Ephèse se trouve actuellement à quatorze mètres sous terre ; indication qui peut permettre de retrouver la date de sa construction.

RÉACTION : FABLES SUBSTITUÉES A LA SCIENCE

L’histoire de la Grèce, telle qu’on nous la présente, est un ramassis de fables absurdes. Elle a été faite, dans les temps de réaction, avec la justification de ceux qui étaient accusés, avec les fausses interprétations des esprits dévoyés par les orgies dionysiaques, et surtout par l’incompréhension de la science des Mystères.

Comme les rites étaient cachés, sous le voile de l’allégorie, tous les hommes ne les comprenaient pas, les plus intelligents seulement en saisissaient le sens secret, quant aux autres, ils y voyaient des allusions à des choses sexuelles concernant la physiologie féminine, et, obéissant à l’instinct d’imitation qui est dans l’homme, ils cherchaient à mettre en eux la psychologie de la Déesse tant glorifiée. Et, ainsi, le sens caché se perdit, à cause surtout du secret qu’on en faisait.

« Il y a eu dans l’antiquité, dit Burnouf, de grandes nations chez qui la métaphysique religieuse a été presque ignorée du peuple et ne s’est conservée que dans le secret du sanctuaire, et encore, dans quelle mesure, nous l’ignorons. L’examen des causes qui la firent perdre de vue aux Grecs, aux Latins, appellerait des développements étrangers » (Science des religions, p. 207).

LES TROIS FONDATRICES DES MYSTÈRES

Après la bêtise humaine, nous allons trouver l’ironie et le sarcasme.

Pour fonder un ordre secret, il faut d’abord former un triangle : être trois. C’est ce que nous voyons chez les Hindous et chez les Sémites.

Partout trois femmes, représentées les mains enlacées les unes dans les autres de manière à former un triangle, sont les fondatrices des Mystères.

En Grèce, un triangle est formé de Diane, Hécate et Cérès, qui sont les trois en un, reproduisant la Diva triformis tergemina triceps des Hindous : trois têtes sur un seul cou. C’est pourquoi elle est le prototype de la Trinité.

Elles furent d’abord ridiculisées par les hommes qui les appelaient Grées ou les vieilles. Alors on les nommait Péphrédo, Engo et Dino, et on disait qu’aussitôt après leur naissance elles deviennent vieilles ; elles n’avaient à elles trois qu’une seule dent et un seul œil.

Hécate fut représentée avec trois têtes : celle d’un cheval à droite, d’un chien à gauche, d’un gros paysan au milieu. Quelquefois celle du milieu était celle d’un sanglier.

Cérès aussi fut représentée avec une tête de cheval : le cheval Arion (contraction de Aérion).

Cette triade avait fait dire que la Divinité avait trois yeux, alors, ceux qui copiaient tout inventèrent le Jupiter Triophtalmus de Priam (1).

C’est pour se moquer des Déesses tricéphales que Priape sera appelé triphallus et Mercure trismégiste. C’est aussi pour ridiculiser les vieilles sans dents que l’on donnera à Neptune un trident, le surnommant tridentifer.

Nous trouvons ailleurs ces trois femmes appelées Hesper, Hespérus, Hespérides. Puis aussi trois sœurs : Eglé, Aréthuse et Hespéréthuse, qui possédaient un beau jardin rempli de pommes d’or et gardé par un dragon qu’Hercule tua pour pouvoir cueillir ces fruits. (Ce symbolisme vient d’Italie et d’Espagne. C’est dans ce dernier pays qu’Hespérie séjourna).

Ceux qui feront la mythologie grecque, pour cacher la vérité, les appelleront « les trois grâces » ou Charités (de caritas, amour ou charité).

Elles seront les compagnes des Muses et on les nommera Euphrosyne, Thalie et Aglaé.

Euphrosyne signifie toute flamme.

Après avoir fait d’elles des vieilles ridicules, on les assimile maintenant aux femmes brûlant des feux de l’amour profane.

On les confond souvent avec les Muses. C’est pour cela que le Dictionnaire de la Fable nous dit qu’il y avait des peuples qui n’admettaient que trois Muses : Mélété, Aoïdè, Mnêmè.

Et on ajoute : d’autres en comptaient sept. Ceux-là sont ceux qui les confondaient avec le septénaire, les sept forces cosmiques représentées par les sept fondatrices d’une Loge, appelées les sept Lumières, et qui, dans les Mystères, remplissaient les fonctions diverses de la direction.

(1) Triglaw, que les Wendes de la Poméranie adoraient dans son célèbre temple de Stettin, était représenté par une statue tricéphale.

CALOMNIES

Les hommes, après s’être moqués des Mystères, les appelleront des orgies et des fables sacrées.

On lit dans Lucien, à propos des fêtes d’Isis ou de Cérès, près de Delphes, « qu’on brûlait toutes sortes de victimes dans un bûcher ; à peu près, dit-il, comme dans la fameuse fête de printemps, célébrée en Syrie en l’honneur de la Mère des dieux, qu’on appelait la fête de la lumière et du feu ».

Ceci prouve que Lucien ne comprend rien à la signification du feu de l’Esprit, quand il le confond avec le feu qui brûle des victimes.

Comme l’homme sexuel avait été comparé au porc, on sacrifiait le porc en l’honneur de Cérès dans les parodies masculines, et on l’appelle « l’animal des Mystères ».

A Phigalie, en Arcadie, des masculinistes honoraient Cérès sous la forme d’une femme qui avait une tête de cheval, dont la crinière était formée par un assemblage de serpents.

Le cheval, dont la tête se trouvait sur les épaules de la Déesse, était Pégase.

Elle représente ainsi la femme outragée dont on craint la vengeance. On lui donne, en même temps, le nom de Mélanie (la noire), et on dit qu’elle était adorée dans un antre sacré où on supposait qu’elle s’était retirée, et où Pan la découvrit. C’était dans cette grotte que ses adversaires célébraient son culte en lui offrant des raisins et du miel, symboles de deux vices.

Toutes les féministes de l’antiquité sont calomniées : les Corybantes, les Almées, les Héliades, les Amazones, etc. On leur reproche à toutes des débauches.

LA CONSPIRATION DU SILENCE

Quelquefois on ne les calomnie pas, mais alors on évite d’en parler. Diane est la reine du silence. C’est ainsi que la Diane d’Arcadie, près de Capyres, prit le nom d’étranglée, d’après un conte que rapporte Pausanias, et il ne faut pas que cela se sache. C’est elle, sans doute, qui est appelée Muete ou Muta, Déesse du silence, à qui, dit-on, Jupiter fit couper la langue, et dont Mercure fait la Mère des Lares, génies familiers.

Finalement, les femmes importunes qui expliquent les lois de la Nature à des hommes qui ne veulent pas les connaître, sont supprimées de ce monde et reléguées au Ciel, où leur présence n’est pas gênante. Maïa, qui les représente toutes, devient la plus brillante des Pléiades. A côté d’elle sont les Déesses, métamorphosées en étoiles.

Elles sont sept, comme dans les Mystères ; on les appelle Alcyone, Célino, Electre, Maïa, Asterope, Mérope et Taygète.

C’est le groupe des Pléiades.

IMITATION

Tous les mythes ont une double signification : la signification primitive féminine et la forme secondaire masculine. Elles se contredisent et il est impossible de les comprendre si l’on n’a pas fait antérieurement une profonde étude des différences psychiques des deux sexes.

En voici un exemple entre mille.

Ce qu’on appelle « Néoménie » (nouvelle lune) joue un rôle important dans le culte des Déesses. Cette périodicité lunaire, qui a servi à diviser l’année, sert aussi dans les usages familiers en créant des restrictions. On appelle Néoménie le retour de la femme à la vie sexuelle, après un temps de repos.

Les prêtres ont voulu aussi avoir leur Néoménie, ils l’ont appelée Néphalie, ou jour du sang, pendant lequel ils se faisaient des incisions par tout le corps pour faire couler leur sang. C’est l’origine lointaine du culte du précieux sang divin.

L’HYDRE DE LERNE

Dans l’enseignement des Mystères, la Loi morale tenait une grande place. Cet enseignement était basé sur les principes de l’A-Vesta, qui avait créé le dogme des sept péchés capitaux que toutes les religions devaient adopter et propager.

Comme on les opposait à ce qu’on appelait « les sept vertus de l’A-Vesta », cela déplut à certains hommes qui avaient fréquenté les assemblées données dans l’endroit qu’on appelait les marais de Lerne, qui devinrent fameux par la célébration des Mystères de Cérès.

Pour montrer la persistance du mal, on représentait les sept péchés capitaux par les sept têtes du monstre qui repoussent à mesure qu’on les coupe. Cela fut nié et le nom d’une des prêtresses de Lerne, Hippothoé, qu’on assimile aux Amazones, devint une expression de doute et même de négation : on en fit hypothèse.

Le monstre de Lerne fut appelé Hydria ou cruche, mot qui en Égypte représentait la même idée sous un autre symbole : une cruche, une outre, un tonneau, un récipient quelconque, qu’on ne peut jamais remplir parce qu’il a une ouverture à la base, par laquelle le liquide s’échappe.

Et c’est pour cela que les Prêtresses de Lerne furent assimilées aux Danaïdes.

Le monstre de Lerne fut rapproché du serpent Typhon, et c’est cela qui nous explique les serpents qui ornent la tête de Cérès à Phigalie, comme ils ornaient celle de Méduse.

Comme l’évolution sexuelle donnait aux hommes la force musculaire en même temps que la ruse, on nous dit que, dans la doctrine secrète des initiations, on donnait cette énigme : « Dire pourquoi le taureau engendre le serpent, et le serpent engendre le taureau ? »

La réponse, c’est que les femmes attaquées se défendent en appelant leurs ennemis Energoumenoi, qui est le participe passé de energeisthai (être tourmenté).

C’est la jalousie qui est le tourment qui fait naître la ruse.

Quand le Prêtre imite la Pythie, on l’appelle Python (serpent). Mais il se venge et nous allons voir comment. Il la ridiculise, lui attribue les grimaces, les contorsions que font ceux qui l’imitent.

Plutarque parle des Pythonisses en homme qui croit qu’elles ont réellement été ce que dit la légende mensongère qui leur fut faite. Dans son Traité des Oracles abandonnés, il raconte qu’elles n’exprimaient leurs prophéties qu’après avoir été préparées par un long jeûne et avoir respiré les émanations de la terre. Mais il ajoute que, souvent, la force de l’exhalaison qui leur montait au cerveau était si violente qu’elle entraînait leur mort. Comme ceci est absurde et ne répond à rien de réel, il faut en conclure que cela a été écrit dans le but de cacher et de justifier quelque chose.

Voici l’histoire invraisemblable que Plutarque raconte :

« Qu’arriva-t-il donc à la Pythie ? Elle descendit bien dans le trou de l’Oracle, malgré elle, mais elle montra d’abord qu’elle ne pouvait plus souffrir l’exhalaison, remplie qu’elle était de l’esprit malin et muet. Enfin, étant tout à fait troublée et courant vers la porte en poussant un cri horrible, épouvantable, elle se jeta contre terre, de telle sorte que non seulement les voyageurs, mais même le grand-prêtre Nicandre et tous les autres prêtres qui étaient là présents, s’enfuirent de peur. Cependant, rentrant un peu après, ils l’enlevèrent étant encore hors d’elle-même. Elle ne survécut que peu de jours ».

A travers cette légende, cherchons ce qu’il y a de vrai.

Voici ce que nous trouvons : dans le trou où l’on fait entrer la Pythie sous un prétexte quelconque, on avait caché un serpent. A sa vue, la sibylle se trouble, s’affole (c’est son trouble qu’on appelle l’esprit malin). Enfin elle est mordue par le reptile et alors elle pousse un cri horrible et s’enfuit épouvantée. Quelques jours après, elle meurt de sa blessure.

Et, s’enfonçant dans l’absurde légende, au lieu de la nier, Plutarque affirme que « l’effluve terrestre était le conducteur du dieu dans le corps de la Pythie ».

Cet écrivain pense que la terre ayant perdu de sa vertu, l’exhalaison prophétique cessa et les oracles devinrent muets.

Cicéron explique la chose dans le même sens. « C’est, dit-il, que cette vertu terrestre qui agite l’esprit de la Pythie par une inspiration divine s’est évanouie avec le temps, comme nous voyons que plusieurs rivières se sont desséchées, ou qu’elles ont pris un autre cours et ont été détournées ailleurs ».

Et c’est pour cela sans doute que l’histoire masculine nous dira qu’elles parlaient assises sur un trépied couvert de peau de serpent.

Hercule et Esculape étaient appelés Ophius ou Ophiuchus.

Ophioné était le mauvais génie, Ophion le chef des mauvais génies.

Comme les Prêtresses retraçaient l’histoire du passé qu’on voulait cacher, leurs ennemis diront qu’elles évoquaient les mânes des morts.

On les accuse d’entrer en fureur contre les hommes, on imite leurs discours en parlant d’une voix grêle, basse ou inarticulée. Les Euménides (propices) qui avaient un temple à Athènes, près de l’Aréopage, sont représentées comme des furies.

Donc, pas de doute à avoir. Ce sont les hommes qui, admis dans les temples, profaneront les Mystères sacrés et vont maintenant créer une religion nouvelle à côté de l’ancienne, des dieux nouveaux à côté des Déesses, et un système d’enseignement et de vie morale qui va être la contre-partie de ceux qui avaient régné jusque là.

HEMOERA.

Hemoera est une Déesse dont le nom et l’histoire remplissaient l’Europe, qui joua un grand rôle en Grèce et particulièrement dans l’ancienne Achaïe.

Hemoera signifie la lumière, et il semble bien que Diane, dont le nom signifie aussi le jour, soit la même Déesse dont le nom serait exprimé dans une autre langue (Diane vient de Dia, qui signifie jour, lumière, et ana, ancien).

Mais ces surnoms sont ajoutés à un nom réel qui devait être Europe, lequel nous a été conservé dans les Mystères de la Grèce et dans la mythologie des Prêtres. On confond Eôs, l’aurore, avec Hemoera, Déesse du jour ; elle a des ailes aux épaules, elle plane dans l’espace et verse la rosée sur la terre.

De ce nom Hemoera, on fit, par la suite, un nom collectif : les Hemoerides, désignant les prêtresses de la grande Déesse. Dans de nombreuses inscriptions trouvées sur les bords de la Méditerranée, les Prêtresses sont appelées Moeres, d’où le mot Mère. Hemoera c’est la mère spirituelle. Les Muses sont surnommées Moemonides (1).

Par toute la Gaule, on trouve des inscriptions portant Deabus Moerabus (Déesses Mères) ou bien Deoe Moeroe (Encycl. méthod.).

Les prêtresses d’Hemoera sont « celles qui regardent » (les astronomes).

Du temps de Strabon, on voyait à Dianeum, en face des Baléares, le célèbre observatoire appelé Hemeroscope, tour pyramidale servant, selon la science de ces anciens peuples, à déterminer l’instant précis de l’arrivée du soleil aux tropiques (Odyssée). Hemoera est certainement celle qui est désignée par le surnom Uranie.

(1) Dans la langue celtique, le mot Mère se dit Ma. (Ce mot répété a fait Mama.) Il a servi de racine au mot Mère dans toutes les langues (Matri, Mater, etc). On s’est étonné que le mot français Mère n’ait pas la même racine ; c’est qu’il a une autre origine : il signifie Mère spirituelle. Il y a donc en français deux mots pour désigner la même personne : Maman et Mère.

LE CULTE DE LA DÉESSE HEMOERA

C’est la Déesse Hemoera qui écrivit les poèmes dits homériques, qui sont considérés comme les livres saints de la Grèce. On les faisait remonter à la Divinité, donc à la Femme Divine, comme les livres sacrés de toutes les autres nations.

Les vers de ces poèmes étaient portés de ville en ville, par des chanteurs appelés « Aèdes », qui excitaient le plus vif enthousiasme. Ces Aèdes, appelés aussi « Hémoerides », faisaient la plus active propagande des vers de l’Iliade, ce qui prouve qu’ils prenaient une grande part dans la lutte, qu’ils avaient un grand intérêt dans le triomphe des idées qui y étaient exposées. On les voyait dans les festins, chanter ou réciter les vers de l’Iliade qui passaient de bouche en bouche et qui devinrent l’ornement des plus brillantes fêtes.

HEMOERA MASCULINISÉE

Le nom d’Hemoera masculinisé est devenu Homère.

Fabre d’Olivet nous apprend ceci :

« Le nom d’Homère n’est pas grec d’origine et n’a point signifié, comme on l’a dit, aveugle. La lettre initiale O n’est point une négation, mais un article (ho) ajouté au mot phénicien moera, qui signifie au propre un foyer de lumière et au figuré un Maître, un Docteur » (Vers dorés, p. 73).

Mais le mot moera est féminin, et c’est l’article féminin he (la) qui le précédait. Ce nom alors était Hemoera.

Il est facile de comprendre comment le nom fut altéré : en voulant le masculiniser, on remplaça l’article féminin He par l’article masculin Ho, et Hemoera devint alors Homeros. Ce fut tout simplement un changement de genre pour consacrer un changement de sexe. Donc, c’est par antithèse que de moera, lumière, voyance, on fait d’Homère un aveugle.

LES POÈMES HÉMOERIQUES RÉVISÉS

Nous ne connaissons pas les oeuvres originales d’Hemoera, d’abord parce que cet auteur ne les écrivait pas et se contentait de les réciter ou de les chanter, ensuite parce que les traductions que nous en avons ont été faites à une époque relativement moderne et dans un temps où il était d’usage de dénaturer l’histoire de l’antiquité.

Le grammairien latin Diomède (4ème siècle après notre ère) raconte que la Grèce ayant perdu, par accident, une grande partie des chants d’Homère, Pisistrate, qui attachait un grand prix à la conservation de ces Poésies, fit publier dans toute la Grèce, avec promesse de récompense, l’invitation de lui transmettre les vers que chacun aurait gardés dans sa mémoire.

Après avoir reçu d’innombrables morceaux, il réunit 72 grammairiens, les enferma dans des chambres spéciales et fit composer, par chacun, un Homère complet à l’aide des fragments recueillis (Repertorium für Biblische und Morgenländische Litteratur, T. I, p. 266-267).

Cette légende ressemble bien à celle d’Aristée au sujet de la Version des Septante, qui aurait été faite dans les mêmes conditions.

Nous ne croyons guère à ces pertes par accident, surtout à une époque où nous voyons partout les oeuvres qui chantent les louanges de l’ancien régime dénaturées. Ce qu’il y a de certain, c’est que de nombreux changements et des interpolations ont été faites dans les poèmes d’Homère.

On croit que c’est Lycurgue (396-323) qui, le premier, rapporta dans la Grèce occidentale les poèmes d’Homère. C’est lui, le mâle législateur, qui en fut le premier éditeur sept ou huit siècles après la mort de leur auteur. Solon et les Pisistratides achevèrent de les fixer par l’écriture.

La dernière révision des poèmes d’Homère est due à Aristarque de Samothrace (né vers 160). C’est après avoir subi les épurations et les corrections de ce grammairien grec, célèbre par ses études critiques sur les poèmes grecs, que fut fixé le type adopté, d’où sont dérivées toutes les copies que nous possédons.

L’ILIADE

Le sujet de l’Iliade est la colère d’Achille. Or, pour qu’Achille ait été en colère, comme Médée, à propos de la conquête du pays par les hommes, il faut qu’Achille ait été, dans le poème primitif, une personne bien attachée à l’ancien régime gynécocratique. Du reste, on nous dit que sa Mère l’avait rendu invulnérable, excepté au talon, en le trempant dans le Styx.

Or, nous savons que cette légende représentait alors la Femme « mordue au talon » par le serpent, qui représente l’homme vil, celui qui l’attaque lâchement, « par en bas », c’est-à-dire dans son sexe.

Alors, Achille, c’est la Femme outragée ! On en fait un « fils » de Téthys et de Pelée, roi des Myrmidons, et il aurait été élevé par le centaure Chiron (Khi/Chi-Ro), qui lui enseigna l’art de guérir (1). Donc Achille guérissait. Mais c’est la Femme qui exerçait la médecine dans les temples à cette époque ! Du reste, toutes ses occupations sont féminines : dans l’Iliade, nous voyons qu’Achille prépare elle-même (?) le repas qu’elle (?) veut offrir à Agamemnon.

Puis on nous dit que, quand éclata la guerre de Troie, sa mère, sachant qu’il y devait périr, l’envoya déguisé en femme à la cour de Lycomède, roi de Scyros. Voilà donc Achille devenu femme, dans la rédaction revisée, mais à titre de déguisement ; combien cela est significatif ! Ulysse l’emmena au siège où il se signala par les plus glorieux exploits, tua Hector, puis, après dix ans de siège, fut tué par Paris qui lui lança une flèche empoisonnée au talon, seul endroit où il fût vulnérable.

Tout ceci est évidemment arrangé par les reviseurs.

L’Iliade est le récit devenu allégorique de la lutte de sexes en Grèce. On y voit Penthésilée, reine des Amazones, tuée devant Troie.

Du reste, les premiers vers le disent :

Déesse ! viens chanter la colère d’Achille
Fatale, et pour les Grecs si fertile en malheurs,
Qui d’avance, aux enfers, précipitant en foule
Les âmes des héros, livra leurs corps sanglants
Aux dogues affamés : ainsi Jupiter même
Le voulut, quand la haine eut divisé les coeurs
Du roi des rois Atride et du divin Achille.

Ce qualificatif divin indique encore qu’il s’agit d’une femme, car, à l’époque d’Homère, l’homme n’est pas encore divinisé. L’Iliade dit :
« Achille, l’illustre Eacide, né d’une mère immortelle ».

Cette Mère, c’est Téthys « qui donna le jour à six filles divines », dit la Fable ; elle n’eut aucun fils.

(1) Or nous savons que c’étaient des femmes qui exerçaient la médecine, on les appelait les Asclépiades, nom dont on fera Esculape. Dans l’Iliade, on lit : « La blonde Agamède qui connaissait toutes les plantes salutaires que nourrissent les champs » (Chant XI). La médecine était enseignée dans le temple de la déesse Hygie. Le commandant Espérandieu, correspondant de l’Académie des Inscriptions, a retrouvé un de ces sanctuaires sur le Mont-Auxois.

L’AGONIE DU GÉNIE FÉMININ ET DES DERNIÈRES GRANDES FEMMES DU PAGANISME
HYPATHIE (375-415)

Vers 375 naquit Hypathie, fille de Théon, mathématicien et naturaliste qui, imbu des idées de son temps, avait écrit un livre sur les présages par le vol et la voix des corbeaux. Mais la fille devait grandement surpasser son père. On croit qu’elle fit dans sa jeunesse un voyage à Athènes, où elle suivit les cours d’une autre femme, Asclépigénie, qui, avec son père Plutarque le jeune, dirigeait une Ecole de philosophie.
Donc, les femmes enseignaient encore, malgré l’opposition des néo-chrétiens qui, par la voix de saint Paul, avaient dit : « Je ne permets pas à la femme d’enseigner. »

A son retour d’Athènes, Hypathie succéda à son père dans sa chaire à l’École d’Alexandrie ; elle faisait un cours public dans la célèbre École de philosophie de cette ville, le Muséum fondé par Ptolémée Soter et Ptolémée Philadelphe, dans le but de conserver les connaissances acquises et de faire de nouvelles recherches.

Hypathie enseigna d’abord les mathématiques, la géométrie et l’astronomie, puis la philosophie. Elle était en opposition d’idées avec son père qui professait la doctrine d’Aristote, tandis qu’elle enseignait la doctrine néo-platonicienne. Du reste, on lui reconnaît des idées très larges, un éclectisme produit du mélange des opinions qui régnaient dans une ville où l’on pratiquait trois religions : le Judaïsme, le Paganisme et le Christianisme.

Hypathie, avec la raison droite d’une femme, combattait la théurgie qui régnait dans le monde des hommes ; elle ne croyait pas, comme son père, aux enchantements, aux esprits, aux miracles.

Cette savante écrivit trois ouvrages :

1° un commentaire du Traité des Coniques d’Apollonius ;
2° un commentaire des Arithmétiques de Diophante, qui sont les premiers ouvrages connus d’algèbre ;
3° un Canon astronomique, c’est-à-dire des Tables des mouvements des astres.

Le second de ces ouvrages, qui avait été perdu, a été retrouvé à la fin du XVème siècle.

Le troisième a dû être confondu avec celui qu’on a attribué à son père, Théon, sur le même sujet. Elle fit aussi des inventions : L’aréomètre ou pèse-liqueurs, un planisphère et un astrolabe.

D’après les lettres de Synésius, on sait que, pour son planisphère, elle projetait la région équatoriale de la terre sur le cylindre circonscrit ; quant au dernier instrument, c’était un cercle gradué pour mesurer les distances angulaires des astres. On lui attribue aussi l’invention d’un niveau d’eau et d’un appareil à distiller.

Hypathie était aussi belle qu’elle était savante. De toutes les parties du monde, on venait à Alexandrie pour entendre ses leçons ; sa voix avait une douceur divine, et elle était si connue qu’on lui écrivait en adressant les lettres « à la Philosophe » ou « à la Muse d’Alexandrie ».

Elle était entourée d’admiration et de respect. On voyait en elle la femme-Déesse, telle que l’antiquité l’avait connue.

Un poète lui adressa ces vers : « Quand je te vois et j’entends ton discours, j’adore : c’est l’éthérée constellation de la Vierge que je contemple, car au ciel est vouée ta vie tout entière, auguste Hypathie, idéal d’éloquence, astre immaculé de la sagesse. » (Traduit de l’Anthologie par M. Weil.)

On croit qu’elle fut unie d’amitié ou d’amour au philosophe Isidore. (D’après sa vie par Damascius.)

Hypathie eut des disciples célèbres, parmi lesquels Synésius, qui devint chrétien et évêque de Ptolémaïs, C’est dans les lettres qu’on a de lui qu’on trouve le plus de renseignements sur Hypathie : sept de ces lettres lui sont adressées ; dans quatre autres, il est parlé d’elle. Synésius dit d’elle : « Nous avons vu, nous avons entendu celle qui préside aux mystères sacrés de la philosophie. »

S’adressant à elle, il dit : « Ma bienfaitrice, mon Maître, ma sœur, ma Mère. » Cet homme n’eut pas le chagrin de voir sa mort tragique, il mourut avant elle.

Les évêques avaient obtenu de Constantin et de Théodose la destruction des temples grecs et la fermeture des Écoles de philosophie. Or Hypathie continuait à enseigner. Une telle femme devait être pour les masculinistes un objet de haine et de terreur. L’évêque de la ville, Cyrille, successeur et neveu de Théophile, souffrait avec impatience cet enseignement donné par une femme aussi remarquable qui lui inspirait une implacable haine et une violente jalousie. Il résolut de la perdre.

Cet homme fougueux et terrible disputait le pouvoir au préfet Oreste ; cela amenait des conflits. Le préfet ne voulait pas s’incliner devant l’évêque, quoiqu’il fût lui-même chrétien catholique.

Une émeute survint à l’occasion de ces disputes. Un maître d’école, Hiérax, s’étant mal comporté devant le gouverneur pendant qu’il promulguait ses décisions au théâtre, fut frappé de verges. Les Catholiques s’en vengèrent, des moines attaquèrent Oreste et sa suite à coups de bâton ; l’un de ces moines, Ammonius, fut mis à mort. Ces détails nous donnent une idée des mœurs du temps. On profita de cette effervescence pour se débarrasser d’Hypathie. Une foule furieuse, menée par le lecteur de l’église de Cyrille, Pierre, agissant sous l’inspiration de l’évêque, suivit une bande de fanatiques, qui alla attendre la philosophe à la sortie de son école, se jeta violemment sur elle, l’arracha de son char, et la traîna dans l’église de Césarée.

Là, cette bande de néo-chrétiens, parmi lesquels étaient un grand nombre de moines excités contre elle par Cyrille, la dépouilla de ses vêtements et la tua à coups de pierres ; son corps fut coupé en morceaux et la chair arrachée des os par ces moines sauvages, puis ils portèrent ses membres sanglants au Cinéron, lieu des supplices, où ils furent brûlés.

Tel est le martyre de cette femme, qui réprésentait le génie féminin. Cet acte caractérise l’esprit des disciples de Paul.

Cyrille ne fut pas appelé à rendre compte de ce crime. Tuer une femme savante n’était pas un délit pour ces gens dont le but était d’anéantir l’Esprit féminin.

Les modernes, qui reviennent à la nature et à l’antiquité, rendent à Hypathie le culte qui lui est dû.

Leconte de Lisle a écrit ces vers :

Dors, ô blanche victime, en notre âme profonde,
Dans ton linceul de vierge et ceinte de lotos ;
Dors ! l’impure laideur est la reine du monde
Et nous avons perdu le chemin de Paros.

Les Dieux sont en poussière et la terre est muette ;
Rien ne parlera plus dans ton ciel déserté.
Dors ! mais, vivante en lui, chante au cœur du poète
L’hymne mélodieux de la sainte beauté.

Elle seule sourit, immuable, éternelle ;
La mort peut dissiper les univers tremblants,
Mais la beauté flamboie, et tout renaît en elle,
Et les mondes encor roulent sous ses pieds blancs !

C’est avec une lenteur extrême que les œuvres de transformation sociale s’accomplissent.

Vainement, on avait abattu le droit maternel, détrôné la Déesse, déshonoré la Prêtresse ; le culte de la Femme n’était pas encore détruit, son enseignement existait encore, malgré l’injurieuse défense de l’apôtre Paul le misogyne.

Nous avons vu qu’Hypathie avait entendu les leçons d’Asclépigénie à Athènes. Cette grande femme jouissait d’une aussi grande réputation que la jeune Maîtresse d’Alexandrie. Si elle est moins connue, c’est parce qu’elle n’a pas eu la fin tragique qui donna à la philosophe d’Alexandrie l’immortalité.

Née au Vème siècle, elle était fille de Plutarque le jeune. Mais elle était manifestement supérieure à son père par l’intelligence.

Les historiens disent que Plutarque, en mourant, lui confia le dépôt de la doctrine secrète ; mais ce n’étaient pas les hommes qui conservaient ce dépôt, c’étaient les femmes, puisque c’était la science des femmes qu’il s’agissait de cacher. C’est donc pour ne rien laisser à l’avoir de l’esprit féminin que nous voyons toujours mettre près d’elles un homme à qui on attribue leurs mérites.

C’est Asclépigénie qui instruisit Proclus, et l’on s’étonne que, malgré cela, elle ne fût pas appelée à prendre la direction de l’École d’Athènes, pas plus que son mari, Archiadas, « parce qu’il était trop peu philosophe ».
Elle eut une fille, Asclépigénie la jeune, qui épousa Théogène.

Synésius, panégyriste enthousiaste d’Hypathie, connut Asclépigénie et sans doute écouta ses leçons ; mais, admirateur partial de la jeune Maîtresse d’Alexandrie, il ne veut mettre aucune autre femme à côté d’elle. Donc, on écoutait encore l’enseignement des femmes.

Une autre Grecque, Athénaïs Eudoxie, que Théodose II éleva au rang d’impératrice, puis chassa du trône de Constantinople et envoya en exil, se distingua aussi dans les sciences et la philosophie où elle puisa la consolation de ses malheurs.

Sidoine Apollinaire nous donne dans ses lettres de curieux détails sur l’instruction féminine à son époque. Il fait la description d’une bibliothèque de son temps que possédait Tonance Ferréol, dans sa maison de Prusiane, sur les bords du Gardon, près de Nîmes. Elle était partagée avec beaucoup d’art en trois classes. Dans la première étaient les livres à l’usage du sexe féminin, rangés aux côtés des sièges destinés aux dames et différents, comme il paraît par-là, de ceux des hommes.

De sorte que de leurs sièges elles avaient ces livres à portée de la main, avec toute la commodité désirable et en aussi grand nombre qu’elles pouvaient souhaiter.

La seconde classe contenait des livres de littérature destinés aux hommes et rangés comme les autres aux côtés de leurs sièges. Enfin, dans la troisième classe étaient placés les livres communs aux personnes des deux sexes. Parmi ces derniers, on remarque saint Augustin, Prudence, Origène dans la version de Rufin, Varron, Horace.

Cette bibliothèque, comme toutes celles de cette époque, était fréquemment consultée. « Les personnes qui se trouvaient dans la maison, les étrangers comme les autres, en faisaient un usage réglé et journalier. On employait à la lecture une partie de la matinée, immédiatement avant le dîner, et on s’entretenait durant le repas de ce qu’on avait lu, en joignant ainsi dans le discours l’érudition à la gaieté de la conversation. »

Si on ne construisait plus de temples en l’honneur des Déesses, tous ceux qui avaient servi à leur culte n’étaient pas encore complètement désaffectés. Mais ceux qui continuaient les rites de l’ancienne tradition semblaient se cacher dans des coins perdus, oubliés ou inaperçus de la horde des vandales.

L’île de Philoe est un de ces coins oubliés en Egypte, entre les rochers de granit rose qui forment les berges ou qui parsèment le fleuve ; l’île se détache, délicieusement ombragée de quelques palmiers et de quelques tamaris, dominée tout entière par les temples d’Isis, où les derniers adeptes de la foi séculaire de l’Egypte vinrent entendre l’oracle de la Déesse jusqu’au VIème siècle de notre ère, sous le règne de Justinien.

« Ces temples de Philoe, l’un bâti par Nectanébo une trentaine d’années avant la conquête d’Alexandre, les autres par les Ptolémées et les empereurs, décorés par Tibère, Caligula, Claude, Hadrien, semblaient devoir braver les siècles, « être construits pour l’éternité », selon les formules dédicatoires qui couvraient leurs murailles. Et, de fait, les portiques de cours restés inachevés ont seuls souffert jusqu’ici, leurs colonnes se sont dégradées, mais la masse des édifices est demeurée telle qu’aux jours où étaient célébrés les Mystères. » (Albert Gayet, L’île de Philoe, dans la Renaissance latine, 15 février 1903.)

Mais, si la Déesse n’est pas complètement morte, elle subit une agonie douloureuse, et les artistes du temps n’ont pas craint de nous la montrer en pleurs.

Dans les dernières découvertes archéologiques faites en Russie, un habitant de la ville de Kertch, M. Zaïtsew, a mis au jour, dans la cour de sa maison, d’intéressantes catacombes ornées de fresques bien conservées. Cet édifice souterrain est recouvert d’une voûte, ce qui fait rapporter sa construction à une époque postérieure à l’ère chrétienne, car ce n’est qu’alors que les habitants de la Panticapée ont appris des Romains à construire des édifices voûtés. Une des fresques représente Pluton monté sur un char et ayant auprès de lui une femme. Sur la fresque du mur opposé sont représentés Hermès et Clio. Les figures sont encadrées d’oiseaux et de fruits. Au plafond, dans un médaillon ovale, se voit une tête de femme en larmes, de grandeur naturelle, au-dessous de laquelle se lit l’inscription grecque : « Dêmêtra ». Dêmêter pleure sa Divinité méconnue des hommes (1).

Une statue de Minerve trouvée à Poitiers, chef-d’œuvre de beauté, prouve que partout, au commencement de notre ère, se trouvaient encore des vestiges de l’ancien culte de la Sagesse féminine.

Quand on considère ces temps anciens où la religion, la morale, les mœurs, étaient si profondément autres que ce qu’elles sont aujourd’hui, on ne peut nier qu’une incessante transformation détruit le passé et fait surgir des mœurs nouvelles.

Mais ce qu’il faut bien reconnaître, c’est que ce n’est pas vers le progrès, mais vers la décadence, que l’humanité marche quand l’homme seul la guide. Chaque génération fait un pas en avant dans la voie du mal, chacune descend une marche de plus, et cela conduit les races à une infaillible dégénérescence.

(1) N’est-ce pas de mêter, mater, qu’est venu le mot matar (tuer), et peut-être aussi l’expression qui, au jeu d’échecs, indique la défaite :« mat » ? Puis aussi l’expression qui contient un reproche haineux : madré paysan.

DÉCADENCE DE LA GRÈCE

Nous venons, de voir que les Grecs s’étaient jetés, dans toutes les aberrations mentales, raisonnant sur tout et partout introduisant le paradoxe, le sophisme et l’erreur. Cet âge vit paraître une foule prodigieuse de philosophes qui mirent leurs doutes dans une multitude de livres.

On discutait sur les choses les plus imprévues, comme les mystères du nombre 3 ; sur l’Hylozoïsme, la matière animée, première forme du matérialisme ; sur la chute, que les hommes nient et considèrent comme une pure fable ; sur le sacrifice, dont on méconnaît la signification première et qui devient le meurtre d’un être vivant.

Ce que l’homme méconnaît surtout c’est la Femme.

Depuis qu’on discute sa Divinité, qu’on la nie même, on lui donne un rôle inférieur ; elle devient (depuis Platon) un démon, et l’on nous dit que le philosophe Ménippe eut longtemps pour maîtresse une empuse, c’est-à-dire un démon femelle. La mère d’un des plus grands orateurs grecs, Eschine, passait pour une empuse, sorte de démon nocturne. Et ces sceptiques cherchaient dans des pratiques superstitieuses la direction qu’ils ne savaient plus se donner à eux-mêmes.

En Grèce, ils avaient recours à la stichomancie, sorte de divination par extrait au hasard d’un verset d’Homère.

Chez les Romains, on avait recours aux Sortes Virgiliani, qui devinrent les Sorts des Saints chez les Catholiques.

« Des prêtres de Thrace, les Cerrhéniens et les Borcobiens, reconnaissaient pour chefs les prêtres de Junon. Leur supérieur était Cosingas, mais ils refusaient de lui obéir. Cosingas rassembla plusieurs grandes échelles de bois et les dressa bout à bout. Le bruit courait qu’il allait monter au ciel pour se plaindre à Junon de la désobéissance des Thraces. Ceux-ci, crédules et insensés, craignirent que leur chef ne montât vers la Déesse ; il lui demandèrent pardon et lui promirent, avec serment, d’obéir à tous ses ordres » (Polyoenus, VII, 22).

Voilà ce qu’est devenue l’idée de la Divinité dans la mentalité des Prêtres !

Si nous cherchons quel fut le résultat de la liberté de l’homme en Grèce, c’est-à-dire de son affranchissement de la tutelle morale de la Femme, nous voyons que chaque ville est en proie aux révolutions, que des petites tyrannies poussent de tous côtés, que la guerre règne entre les cités, qui se tuent réciproquement, que la Grèce n’a plus ni armée, ni marine, ni travail, ni argent, qu’elle est dépeuplée, qu’elle n’a plus d’hommes de valeur, qu’ayant tué la Femme elle n’a plus d’âme. C’est une anarchie générale.

Pendant 25 ans, les juges ne siègent même plus. On ne s’unit plus, on n’a plus d’enfants. Polybe qui écrit son « Histoire générale » au siècle suivant, cherche la cause de cette décadence dans l’esprit de l’Ecole d’Épicure ; Il a raconté les dernières luttes de la Grèce, c’est une histoire lamentable, jamais il ne s’est commis plus d’atrocités.

Les femmes étaient si malheureuses qu’elles se suicidaient en masse. Pour les en empêcher, on décréta que celle qui se suiciderait serait exposée nue sur la place publique. La pudeur posthume les retint.

C’est alors que les peuples du Nord appelèrent les Hellènes Graïa, mot celtique qui signifiait grue et dont on fit Grecs. Ils acceptèrent avec répugnance cette épithète, qui, cependant, leur est restée.

L’histoire nous montre les dominations, tombant les unes sur les autres, se détruisant mutuellement : la Grèce subjuguée par la Macédoine ; la Macédoine tombant à son tour ; la grandeur des Perses disparue, celle des Parthes s’évanouissant de même ; l’Egypte, après des siècles de prospérité sous le régime gynécocratique, tombant aux mains des hommes qui se disputent le pouvoir ; et alors se dissipent comme un nuage les grandes Puissances qui disparaissent : l’Ethiopie, la Libye, Carthage, etc.

Sous la domination des hommes, sur la Terre entière souffle la tempête, les vents contraires, qui jettent l’humanité dans les abîmes.

L’histoire nous montre les grands facteurs de l’évolution du Mal, la Luxure, l’Orgueil et l’Égoïsme, régnant partout où avait régné le principe de toute lumière et de tout progrès, l’Esprit féminin, c’est-à-dire l’Esprit Divin.

Donc, la Grèce de cette époque, bien loin d’être le berceau d’une race, représente déjà un stade avancé dans l’évolution humaine, puisque nous y trouvons une décadence.

La folie, dont les discussions des Ecoles philosophiques nous révèlent les degrés, est attestée par des déformations du crâne dont l’art grec nous a conservé le témoignage. Le grotesque, inscrit sous le n° 329 du catalogue du Louvre, représente un vieillard dont la tête a la conformation extraordinaire des dégénérés. Vu de profil, le crâné est fortement allongé dans le sens antéro-postérieur ; le front n’existe pas, il fuit immédiatement au-dessus des sourcils.

On retrouve, de nos jours, des crânes semblables chez les peuples dégénérés.

Ces formes sont souvent représentées dans l’art grec.

On y trouve aussi des crânes scaphocéphales (en forme de barque), ressemblant à un bateau dont la quille serait renversée en l’air et le grand axe posé suivant le diamètre antéro-postérieur. Ces crânes sont fortement allongés en arrière. L’oblitération prématurée des sutures interpariétales empêche le crâne de se développer suivant le diamètre transversal.

On trouve, parmi les terres cuites grecques, d’autres déformations, notamment des microcéphales, crânes réduits au minimum, comme celui d’un chien : le front n’existe pas, la face est très développée, le nez proéminent.

On trouve aussi des trigonocéphales, têtes dont le front se termine en pointe antérieurement, au lieu d’une surface, le front présente un angle.

Enfin les acrocéphales (têtes en poire), crânes développés excessivement en hauteur, mais restés très étroits.

Donc, si la Grèce nous montre de beaux types, surtout chez les femmes, elle nous montre aussi des dégénérés précoces, qui, à cette époque de l’évolution humaine, ont dû se livrera tous les abus nés des religions phalliques et qui ont dû disparaître depuis. Ce sont des races finies.

Voilà où l’homme arrive quand il n’a pas la Femme pour le guider, quand, livré à lui-même, il erre dans les sentiers de l’incertitude, commettant, pour ainsi dire, une erreur à chaque pas qu’il fait ; et, se trompant lui-même, il veut tromper les autres pour obéir à cet instinct autoritaire qui règne toujours chez l’homme perverti.

C’est ainsi que le Prêtre bouleversa la Religion, supprimant l’inspiration salutaire de la Déesse vivante, qu’il avait fait taire en la discréditant, et, à la place de son règne, institua l’ère du mensonge et de la fraude.

De sa science supérieure il fit une discipline incohérente, de sa philosophie une rêverie, de la tradition un tissu de fables surnaturelles. Partout il mit le trouble de son esprit, mais il ne créa rien, ne travailla que sur le terrain qui avait, été préparé par la Femme, défriché par elle, il y sema l’ivraie au milieu du bon grain, écarta tout ce qui le blessait, l’entravait dans la liberté qu’il voulait de faire le mal, et ainsi laissa perdre l’héritage des vérités premières, la grande science des temps antérieurs. Et il ne s’aperçut pas que le résultat de son triomphe, ce fut la mort de l’âme, le néant de l’esprit, le désordre social. Il avait semé autour de lui la ruine, la terreur, le malheur !

La Femme, qui luttait pour le bien, voulait, au contraire, la Vie, la Vérité, la Justice pour tous les êtres humains. Quand c’est Elle qui triomphe, tout renaît, la Nature entière semble en fête, le calme revient, la prospérité la suit et l’homme lui même renaît au bonheur, à l’enthousiasme !

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