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Livres de Femmes, Livres de Vérités (3) Les Aryas – 2ème partie Guerre des sexes dans l’Inde antique

…Dans un dernier souffle, j’ai maudit mes frères.
« Que cette race soit damnée jusqu’à la fin de l’éternité !
Je vous poursuivrai partout à travers les mers et les océans.
Vous paierez ce crime des malheurs de vos fils !
Je bercerai vos remords et vos tortures ! » – La légende de la femme au bûcher

1er chapitre : Introduction – Aux origines: La guerre des sexes
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2ème chapitre : Révolution religieuse en Egypte
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3ème chapitre : Les Aryas – Guerre des sexes chez les Perses et les Hindous
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3ème chapitre – 2ème partie

ORIGINE DE LA PHILOSOPHIE HINDOUE

L’évolution mentale avait amené un véritable chaos dans les esprits ; toutes les croyances primitives étaient dénaturées ou niées.

Et alors on vit apparaître des hommes qui prétendirent tout expliquer. Remettant en question toutes les lois de la Nature, Ils les adaptèrent à la mentalité masculine, mélangeant les vérités premières à des erreurs secondaires. C’est cela que les historiens appellent « la philosophie ».

Les Ecritures, une fois révisées définitivement, furent enseignées aux enfants qui passaient plusieurs années à les apprendre par cœur. C’était un devoir religieux, nul ne devait s’y soustraire sous peine de dégradation. Et il faut bien remarquer que c’est toujours quand la Vérité est altérée, cachée, quand l’erreur triomphe, qu’on en impose l’étude à la jeunesse.

L’INDE PREMIÈRE EPOQUE

La vie primitive aux Indes comme partout, représente le premier âge de l’humanité, l’enfance, l’adolescence, la première jeunesse.

Les enfants de cette grande famille humaine pratiquaient l’agriculture, ils avaient de nombreux troupeaux qu’ils faisaient paître dans de vastes plaines. C’était la grande vie, simple et naturelle. C’est là, sous un beau climat, au milieu d’une splendide végétation que se déroulèrent les premières scènes du drame humain.

On vit en s’aimant, la discorde n’est pas née. Les hommes sont des frères.

Ce qui commande, c’est la Loi éternelle qui avait appris que l’« Esprit » naît chez la Dêva (la Femme), pendant qu’elle avance dans son évolution. C’est pour cela que son nom signifie « Lumière ».

C’est pour expliquer les lois de la Nature, aperçues spontanément par l’Esprit de la Dêva, que fut composé le grand livre sacré de l’Inde, le Véda.

L’A-VESTA EST-IL ANTÉRIEUR AU VÉDA?

Depuis que nous avons trouvé la véritable histoire de l’A-Vesta, la signification de son titre, son origine septentrionale probable, les noms divers donnés à son auteur (Arduina, Ariadné, Âryane, Diane, Anaïta), nous avons pensé que l’Avesta a dû précéder le Véda.

Nous trouvons des rapprochements curieux à faire entre certains noms.

Ainsi Sara-Swatî, l’auteur du Véda, semble s’appeler Sara, surnommée Swatî ou Vastî qui serait une forme dénaturée de Vesta.

Et ce serait pour imiter le livre sacré des Iraniens, qui avait comme titre le nom de la grande Déesse Vesta, qui signifie la lumière de l’Esprit féminin, que le livre des Hindous aurait eu comme titre « La Dêva », signifiant également la lumière spirituelle vivante, mot composé des mêmes lettres que le mot Véda, mais placées autrement.

Mais qui nous empêche de croire que cette disposition des lettres n’a pas été introduite dans la période masculiniste pour cacher la signification première du mot qui servait de titre au Livre sacré, qui aurait été, non le Véda, mais la Dêva ? C’est d’autant plus probable que ce mot va changer plusieurs fois de signification ; il sera d’abord féminin, puis neutre, puis masculin.

Rien d’étonnant dans ces substitutions de noms. L’histoire des religions en est remplie.

On sait que les langues sacrées, lorsqu’elles furent au pouvoir des prêtres, furent transformées de manière à offrir un triple sens :

1° le positif ou vulgaire ;
2° le superlatif ou spirituel (c’est le sens ésotérique caché), et c’est le seul qui contienne la vérité.

C’est pour cacher la première vérité contenue dans ces Ecritures sacrées qu’on changea les langues, qu’on créa des grammaires et des subtilités de langage.

Mais tout cela est entouré d’obscurité. On a supprimé intentionnellement la chronologie, si bien que nous ne savons pas à quelle époque fut composé le premier Véda, le vrai, le seul sacré.

Mais certainement ce fut à une époque lointaine, puisqu’il fut la base d’une civilisation qui dura pendant le premier âge du monde : l’âge d’or. Et c’est alors que la société humaine se constitua, que se réalisèrent ses grandes inventions, ses grands travaux, et toutes ses grandeurs morales basées sur les lois sacrées de la Nature.

Dans une des incarnations de Vishnou, on raconte que le Véda fut enterré pendant le premier déluge, puis déterré, volé, puis restitué. Or ce premier déluge, c’est la grande persécution qui a bouleversé le monde plusieurs millénaires avant notre ère.

Certains auteurs nous disent que le Véda fut écrit 3.000 ans avant notre ère. C’est possible. Mais nous ne savons pas lequel parut le premier : l’A-Vesta ou le Véda.

LA RÉVOLUTION RELIGIEUSE AUX INDES

L’homme dominateur, ayant fait la conquête de l’Inde, y trouva des peuples primitifs, c’est-à-dire gynécocratiques, dont il fit ses esclaves ou qu’il chassa devant lui et dont, par la suite, il ne parla qu’avec dédain et mépris ; il en fit une race inférieure qu’il appela les Dasyous.

Cet homme conquérant, c’est Ahriman, le mauvais principe formant des hordes masculines qui vont envahir graduellement l’Inde, la Perse, l’Afrique, l’Europe, exterminant les populations qu’il rencontrait au point de faire naître dans les pays conquis un monde nouveau de sang mêlé.

Si bien qu’après avoir été longtemps errants, ils finirent par se cantonner dans les anciennes nations en y formant de nouveaux groupes ethniques qui prirent les noms d’Hindous, Perses, Grecs, Latins, Germains et Slaves.

Cette invasion des hommes forts a été surtout une révolution morale puisque ces conquérants ont voulu faire régner leurs idées et leur morale masculines qui renversent les idées et la morale féminines.

Ce fut le commencement de l’âge noir.

Cependant, cette race orgueilleuse allait se déclarer supérieure et se donner à elle-même toutes les qualités.

C’est vers l’an 1000 avant notre ère que se produisirent les grandes émigrations qui transportèrent des émigrés dans la vallée de Saraswatî.

Ceux qui restèrent maîtres du pays changèrent complètement l’esprit de la Religion, ils en modifièrent la base fondamentale, c’est-à-dire les questions fondées sur la loi des sexes. L’homme conquérant cherche toujours à imposer les lois de sa physiologie et de sa psychologie ; mais le changement ne pouvait pas se faire brutalement ; il y eut partout une période de transition.

Les traités théologiques de l’époque des Brahmanes sont remplis de raisonnements destinés à prouver que l’homme est l’égal de la Femme, que le Dieu doit être mis à côté de la Déesse.

Cette période de l’égalité des Dieux dure peu, la réaction contre le Prêtre ébranle cette nouvelle croyance, alors elle change encore, mais non dans le sens de la vérité, dans le sens d’une nouvelle erreur : le symbolisme a introduit les astres dans les choses terrestres, c’est une comparaison d’abord, cela devient une croyance aveugle ensuite.

L’homme s’est comparé au Soleil, il a grandi sa personnalité, l’a faite très haute et très vaste, plus qu’humaine, et cela pour atteindre l’altitude morale de la Déesse ; mais il dépasse la limite, ne sachant où s’arrêter ; le voilà plus qu’un homme, logé dans un Ciel surnaturel où il porte ses attributs mâles de générateur, il engendre d’en haut, en tirant le monde de sa propre substance, comme sur la Terre il tirait de lui le germe de vie.

Il devient « Pradjâpati », le « maître des créatures », c’est-à-dire des Femmes, puisque tous les hommes prennent leur part de maîtrise.

Et c’est de ce personnage nouveau que les Brahmanes vont faire un Dieu, bien plus, le Dieu unique, impersonnel il est vrai, c’est-à-dire embrassant la collectivité des hommes, mais divinisant le sexe mâle, qui devient le créateur universel.

Conception audacieuse qui sera copiée en Grèce par l’Apollon hellénique, mais qui tue la religion des Brahmanes en un temps très court, celui qu’il faut pour aller à l’excès, c’est-à-dire à l’athéisme du Bouddhisme, ou à la réaction féministe qui va se manifester dans le Vishnouïsme.

Brahma, qui régnait dans les cieux, était une force, une puissance cosmique, non un Dieu ; il ne devient Dieu que quand les Dêvâs montent au ciel et se confondent avec cette entité impersonnelle.

Il n’est d’abord ni féminin ni masculin, il est neutre, dans les plus anciens documents de l’Inde, on l’appelle Brahman (nominatif Brahma).

Quand les Prêtres prendront le sacerdoce, ils mettront le mot au masculin : Brahman (nominatif Brahma), qui désigne le prêtre conjurateur, puis celui des officiants qui est chargé de veiller à la pureté des rites et de « guérir », car les prêtres se font toujours guérisseurs.

Les deux sens donnés au mot Brahma persisteront longtemps.

Mais « Brahma est Dieu » deviendra la formule des Prêtres, qui enverront la Divinité terrestre se reposer au ciel. Seulement le mot sera, dès lors, écrit au masculin, il perdra sa neutralité primitive.

Brahma-Dieu, c’est l’anthropomorphisme créé ; mais l’Hindou ne s’y arrête pas, il revient à l’humanité ; ce n’est qu’un thème à spéculation métaphysique, non une religion. Le Brahma masculin, c’est Pradjâpati agrandi, l’homme fait immense, devenu l’être suprême, créateur de l’Univers. (Pendant qu’on y est, pourquoi ne pas lui donner une puissance sans limites ?)

Il est « Père des créatures », reste une personne, mais divine, incommensurable.

Il ne ressemble plus au primitif Brahma, neutre, sans sexe, sans forme et sans attributs humains.

Le peuple a toujours ignoré Brahma, et, maintenant encore, il ne le connaît que comme un nom vénéré derrière lequel il ne voit rien de compréhensible, il ne l’adore pas comme les Catholiques adorent Dieu le Père. Ces subtilités théologiques ne pénètrent jamais dans les masses, qui continuent à voir, sur la terre, des hommes et des femmes tels que la nature les fait, et cela parce que dans les masses il y a toujours à côté de l’homme la femme.

Les arguties des Brahmanes restèrent une doctrine d’initiés, propagée entre eux, comme dans les temps modernes tout ce qui se fait dans les milieux restreints où les femmes ne pénètrent pas.

Le surnaturel n’était pas dans les esprits. La Dêvâ était toujours la Déesse vivante, Vishnou, l’esprit féminin.

On ne comprenait pas encore cette glorification d’une ombre mise dans le ciel, d’un rêve imaginaire, représenté plus tard par des idoles étranges, presque toujours grotesques, étant données les conditions mentales et esthétiques de ceux qui les faisaient ; ce sera bientôt une explosion de folie traduite par le laid dans l’art comme par le faux dans les idées et par l’injuste dans l’ordre Social.

LES CASTES

La pierre fondamentale de l’ordre social dans l’Inde, c’est la division en castes.

La première origine des castes se trouve dans la primitive religion naturelle. Religion signifie relier, pour se relier, il faut observer les rapports mutuels des êtres différents : masculin et féminin ; violer cette loi en nivelant les sexes que la nature a faits dissemblables, c’est créer le désordre.

Primitivement, au-dessus des divisions masculines se trouvait le sexe féminin, sexe spirituel, sexe à part. C’est pour cela que l’on disait : les dêvas et les hommes, ce qui plus tard est devenu les dieux et les hommes.

Cette division si naturelle de l’humanité suivant les facultés de chacun avait donné tant de force à la primitive organisation sociale, qu’elle fut la base réelle du bonheur de tous, résumé dans ce beau titre : « l’âge d’or », et de la grande civilisation qui dura si longtemps et qui fut le fonds dans lequel toutes les nations ont puisé.

C’est la prétention à l’égalité qui germe dans le Cœur des envieux, des niveleurs, qui causa tous les désordres dont l’humanité eut à souffrir dans les temps d’erreurs et de despotisme.

« Le système des castes dura sans s’altérer pendant l’immense période de 50 siècles », dit Marius Fontane.

La première caste était celle des Dêvas.

Toute femme y participait, parce qu’elle représentait le privilège de la nature féminine, et non des facultés spéciales. Cependant, au sommet de la caste divine étaient les grandes Déesses, puis les Prêtresses qui dirigeaient la vie morale, qui instruisaient les enfants, qui étaient les éducatrices, celles qui dirigent et éclairent la vie humaine.

C’est après cette séparation des sexes que les hommes sont divisés en trois catégories, qui représentent les degrés de l’initiation dans les anciens Mystères.

Première caste
Les Kshatriyas (ou Kshatras). C’est la première caste masculine : les chevaliers qui protègent les Dêvas. C’est la force qui soutient l’esprit en le faisant respecter.
On a dit à tort que c’est la caste des Guerriers ; elle a pu le devenir parce que les hommes sont doués d’un instinct batailleur, mais leur formation en caste eut d’abord comme but de défendre les Femmes, les Mères, les sœurs ; ils furent leurs protecteurs, ce qui est toujours le rôle le plus noble pour les hommes dans les nations vraiment civilisées.

Deuxième caste
Les Vaiçyas (marchands, cultivateurs). Cette caste comprend les hommes dont les facultés mentales ne sont pas très développées, ceux qui ne lisent pas le Véda, mais donnent leur vie au trafic, laissant à d’autres les préoccupations de la vie intellectuelle.

Troisième caste
Celle des Coudras, qui sont des travailleurs qui font un travail manuel sans y employer d’intelligence ; ce sont des inférieurs qui ne peuvent qu’obéir et servir les autres, parce que les facultés supérieures de l’esprit leur manquent.

On considérait que, pour qu’il y ait de l’ordre dans la société, il faut que chacun reste dans sa caste. La caste féminine suppose l’Esprit divin, la science, la noblesse de sentiments, l’élévation des idées.

« On ne saura jamais combien les femmes constituent une aristocratie », dit Michelet.

On ne peut pas les mêler aux castes masculines.

La première division des hommes suppose l’action, la décision, mais la soumission à l’esprit divin dont on comprend l’étendue.

C’est cet homme-là qui lit le Véda. Nous le voyons ici rattaché à la Déesse par le cordon ombilical comme l’enfant est attaché à sa mère. La Déesse est sa Mère spirituelle, il a l’honneur de la servir, ce qui se reflète sur toute sa vie, qui est une manifestation chevaleresque de politesse, de prévenances et d’égards.

La deuxième division des hommes demandait, outre l’aptitude pour les affaires commerciales, la loyauté, la probité.

La troisième catégorie n’a besoin que de l’aptitude pour le travail.

Cette division sociale représente une loi réellement divine, c’est-à-dire érigée suivant la connaissance de la nature humaine.
C’est la science absolue, qui engendre la justice intégrale.

D’après cette loi, ce sont les Dêvas qui enseignent la science qu’Elles ont elles-mêmes déposée dans leurs Livres sacrés, Elles qui les expliquent, Elles seules qui exercent le sacerdoce. Elles pratiquent la médecine, Elles rendent la justice parce que la Femme supérieure, seule, sait où est le Bien et où est le Mal.

VIOLATION DES CASTES NATURELLES PAR LES BRAHMANES

Tant que les Etats ont été gouvernés par la hiérarchie naturelle, l’ordre a régné, mais le désordre a commencé quand des hommes ont pris les titres féminins et réclamé pour eux les honneurs et les prérogatives dus à la Dêvâ.

Le Brahmane va prendre sa place et imiter son autorité, à laquelle seulement il va ajouter la tyrannie et des formes inquisitoriales.
Il commande l’injustice et l’impose.

La jalousie de sexe a été le premier ferment de désordre et de discorde. Et avec l’homme-femme la mascarade sociale a commencé.

La première caste, étant composée des femmes divines, possédait le Droit inhérent au sexe féminin : le droit de l’esprit.
C’est ce que la tradition appelait le Droit divin.

Vishnou, la femme-Esprit, est la première incarnation du Droit divin. Elle se déclare Déesse, dans le but de combattre ceux qui sont les ennemis des Dêvas, c’est-à-dire des femmes et de leurs droits sacrés. C’est la lutte de la force contre la raison qui commence, la lutte de l’ignorance contre la science.

Le Véda affirme l’immutabilité du sexe et de ses droits. II dit : « Tout être qui a reçu dès la création une fonction, l’accomplit fatalement à chaque réapparition du même sexe.

« Les qualités qui lui ont été spécialement réparties, la bonté ou la cruauté, la douceur ou la barbarie, le culte de la Vérité ou l’hypocrisie, vertus ou vices, d’elles-mêmes s’emparent de lui chaque fois.

« Ainsi que les saisons reviennent périodiquement prendre leur cours, de même les êtres animés exercent toujours les fonctions qui sont de leur nature (sexuelle). »

Ceci explique que la femme, à chacune de ses apparitions dans un corps vivant, reprend les qualités féminines.

Toute femme est femme, donc toute femme est divine, toute femme possède le Droit divin, c’est-à-dire féminin.

Mais aucun homme n’est femme, aucun n’a le droit de s’affubler de ce qui est le privilège, de l’autre sexe. Tout homme naît homme et ne sortira jamais de son sexe, il sera toujours en communion de facultés et d’instincts avec les autres hommes. Il n’y a donc pas des hommes divins et des hommes humains. Il y a l’homme et c’est tout. Ceux qui ont voulu se donner les caractères sacrés féminins ont été des imposteurs.

Le Principe divin n’est pas un fluide qu’on incarne dans un individu mâle ou femelle, c’est le résultat mental du fonctionnement physiologique qui est inhérent à la polarité sexuelle, immuable et irrévocable dans tous les êtres créés.

En vertu de leur instinct d’imitation, certains hommes, qui vivaient près des femmes, se sont si bien assimilé les idées féminines, les ont tant répétées inconsciemment, comme si elles, venaient d’eux, qu’après avoir dit nous, en parlant à Elle et de Lui, ils ont fini par dire moi, et se sont attribué, à eux seuls, les idées, les facultés, la psychologie, les prérogatives, les droits de la Femme, et cela en gardant cependant leur psychologie masculine, dont ils ne pouvaient pas sortir ; cela créait dans leur vie une contradiction qui a engendré une hypocrisie. Ils ont voulu, pour soutenir leur rôle, sembler chastes comme une femme, alors que pour être cela il faut une organisation physiologique féminine.

Le droit féminin divin répondait à une idée éminemment scientifique, à une loi de nature, donc à une justice indéniable, il sanctionnait la suprématie de l’Esprit, qui ne peut pas descendre, mais au contraire tend à monter toujours.

Nous voyons déjà, à cette époque si reculée, une première tentative de transformation de l’idée-mère ; plus tard elle se compliquera de symbolisme, pendant qu’elle s’obscurcira et s’abâtardira. On adore toujours le Divin Féminin, mais à côté de l’être réel on va mettre un principe abstrait, parce qu’on perd là lucidité primitive qui avait permis de concevoir les réalités.

Cependant, la simplicité et la droiture de l’esprit populaire résistent à l’introduction d’un surnaturel incompréhensible, puis d’un Dieu-Homme, qui substitue une idée abstraite, métaphysique et fausse à la simple nature.

Les peuples, dans la première forme de leur croyance, mettaient la femme à part et au sommet ; les castes, alors, avaient une origine scientifique. Elles représentaient une idée de justice immanente.

Cependant, la justice devait être violée, et des hommes formant une caste à part, dite sacerdotale, allaient se déclarer supérieurs aux autres hommes parce qu’ils étaient les représentants de la Divinité.

On n’admettra pas les prétentions des prêtres, on en rabattra, mais il en restera toujours assez pour leur faire une auréole.

C’est ainsi que le Brahmane changea l’institution des castes, mettant la femme hors le monde, hors le droit, et se mettant à la place de celle qui était la Déesse.

Alors, c’est lui qui représente la première caste, et les Kshatriyas la seconde, les Vaiçyas la troisième et les Coudras la quatrième.

LA RÉVÉLATION PRIMITIVE CHEZ LES HINDOUS PAR LA DÉESSE SARASVATÎ

Le grand « Livre sacré » des Hindous, c’est le Véda. Il a pour auteur Sarasvatî, qui est dite Mère du Véda, Déesse de la sagesse et de la science.

Ce nom se décompose ainsi : Sara et Vâtch, ou Vish, qui est la racine du mot Vishnou, l’Esprit incarné dans la femme et dont la présence se manifeste, non seulement par la vie et les qualités du corps, mais aussi et surtout par celles de l’âme qui sont la pensée juste et l’action morale.

Vâk ou Vâtch (devenu en latin vox) signifie Logos ou Verbe. C’est la parole de Sarasvatî.

La Déesse qui écrivit le Véda est souvent appelée aussi Saraswata ; le mot swar, signifiant Ciel, lui donne une appellation céleste.

La pensée primitive dans l’Inde atteignit une splendeur incomparable. Longtemps vivante, longtemps féconde, elle a déposé, dans le cœur et dans l’esprit des générations successives, des idées qui furent l’origine de toutes les grandeurs de l’humanité, la source de l’atavisme de la jeunesse actuelle.

Sous l’ardent soleil de la vallée du Gange, au milieu des manifestations d’une végétation incomparable, la Nature dévoila ses lois, simples et éternelles, à la Déesse. La pénétration de son esprit comprit tout, la sincérité de sa parole communiqua à l’homme toute sa science.

Elle fut l’éternelle Mâyâ, c’est-à-dire l’éternelle révélatrice de la Nature (1).

Partout elle sonda les mystères du monde et de la vie et les révéla à ses dévots adorateurs.

« Leurs oreilles entendirent l’honneur de sa voix » (Ecclésiastique, XVII-II). Ils furent instruits par Elle de ce qu’ils devaient croire et faire, pour atteindre le but final de leur existence, le bonheur.

L’initiation primitive fut conservée intacte pendant des siècles ; elle constituait la smriti (la tradition), qui était transmise fidèlement à la postérité.

(1) Mâyâ Dourgâ signifie l’inaccessible, l’impossible à atteindre.

LE LIVRE SACRÉ

La science de l’Inde fut d’abord déposée dans le Véda, mot qui signifie « science suprême » (1).

Il fut plus tard divisé et forme aujourd’hui quatre livres :

1. Le Rig-Vèda.
2. Le Sâma-Véda.
3. Le Yadjour-Vèda.
4. L’Atharva-Véda.

Chaque partie est elle-même divisée en trois :

La Samhitâ (recueil).
Le Brâhmana (ce qui est relatif à la prière).
Le Soûtra (fil, lien, c’est-à-dire religion, union).

Les Védas sont composés de Çlokas, mot qui désigne la strophe de deux vers.
Ils sont écrits en sanscrit, idiome qui n’est plus parlé depuis XXII siècles, mais que l’on a conservé comme langue sacrée et qui a toujours été employé comme langue littéraire.

Au IIIème siècle avant notre ère, le sanscrit n’était déjà plus parlé. Le mot sanscrit veut dire bien formé, parfait (2).

Comme tout ce qui date des temps théogoniques, cette langue est d’origine féminine. Elle fut abandonnée comme langue vulgaire lorsque le pouvoir féminin disparut, lorsque la Femme perdit la direction intellectuelle et morale de la société. Alors la langue changea, en même temps que les idées ; l’esprit masculin qui domina, créa une autre langue appelée prâcrit, qui veut dire « mal formé », ce qui indique une lutte dans la forme du langage comme dans les idées.

« Le sanscrit, au dire de tous les écrivains anglais qui l’ont étudié, est la langue la plus parfaite que les hommes aient jamais parlé. Elle surpasse le grec et le latin en régularité comme en richesse, le persan et l’arabe en conceptions poétiques. Elle conserve avec nos langues européennes une analogie frappante, qu’elle tient surtout de la forme de ses caractères qui se tracent de gauche à droite, et ont servi, selon l’opinion de W. Jones, de type ou de prototype à tous ceux qui ont été et qui sont encore en usage en Asie, en Afrique et en Europe » (Leblois).

La langue sanscrite avait été créée en même temps que la science de la Déesse et pour l’exprimer. En perdant cette science, on perdit, en même temps, le sens des mots, on ne comprit plus les idées abstraites exprimées par cette langue, qui est par excellence la langue des Femmes. Elle garde quelque chose de la forme naïve du langage des enfants ; les A y sont multipliés. (L’énonciation des lettres se fait en ajoutant a au son de la consonne, ba, ca, da, etc., au lieu de bé, cé, dé).

Les Hindous actuels, qui apprennent par cœur tous leurs livres sacrés et peuvent réciter les 100.000 çlokas des Védas, avouent ne savoir de ces livres que les mots ou mantras, non l’esprit. Ils ont perdu le sens de leurs Écritures, parce qu’elles ne répondent pas aux idées issues de la mentalité masculine.

(1) La date des Védas est incertaine. Quelques auteurs, entre autres M. Jacobi, la placent 3.000 ans avant notre ère.

(2) Oscar Vignon, qui voit dans le Celte le langue-mère, dit : Sanscrit et Zend ne sont pas des langues, mais des titres d’ouvrages : « Cen-scrit », les cent écrits.

FALSIFICATION DU VÉDA

C’est de 1000 à 800 (avant notre ère) que les hymnes védiques furent réunis et révisés dans le but d’en éliminer ce qui n’était pas conforme aux nouvelles idées masculinistes qu’on voulait faire régner.

VYASA LE CLASSIFICATEUR

Vyâsa, le compilateur des Védas, est, comme Zôroastre en Perse, comme Confucius en Chine, le masculinisateur des écrits sacrés.
(Vyâsa est un mot qui signifie sage dans les langues occidentales).

L’extrait des Védas fait par Vyâsa se nomme Védânta (1). Il est défendu au vulgaire de le lire. Cette crainte vient de ce que le livre de

Sarasvatî fut alors complètement dénaturé.

Ce sont les Prêtres, les Brahmanes, qui furent les auteurs anonymes de cette révision qu’ils attribuèrent à un personnage légendaire, sans réalité historique, derrière lequel ils se cachèrent.

C’est de 860 à 800 que l’on peut dater l’origine du sacerdoce brahmanique aux Indes.

Dans la nouvelle rédaction des Védas se trouvent les « Lois de Manou », dans lesquelles on fait dire à cet antique législateur tout ce que les Brahmanes veulent qui soit dit pour établir leur sacerdoce et leur domination sur le peuple et sur la Femme. Ce système rétrospectif a été employé par tous les Prêtres, c’est le métachronisme, opération qui consiste à placer un événement dans un temps antérieur à celui où il est arrivé.

(1) Le mot Védas est un pluriel. Au singulier, on dit le Véda. L’ensemble des livres, c’est le Vedânta, mot qui signifie : Explication des Vérités.

L’INDE BRAHMANIQUE

C’est aux Indes que la réaction contre la Femme commença.

C’est là que pour la première fois on osa déclarer qu’elle ne doit jamais faire sa volonté, mais celle de l’homme. Loi barbare, venant contraster avec le mot sublime de l’homme jeune qui avait dit à la Femme divine : « Que ta volonté soit faite et non la mienne ». Cela jeta l’Indienne dans un océan de douleur.

Ce siècle est une date fatale dans l’humanité.

C’est le point de départ de la plus grande révolution qui se soit produite dans le monde, le premier pas vers l’abîme. Cette date marque l’ère de mensonge, de crime qui durera si longtemps et qui laissera dans les cerveaux humains une tare ineffaçable.

L’homme, en supprimant la direction morale de la femme, se crut libre de suivre toutes les impulsions de son instinct que la raison féminine entravait.

Ce fut le règne de la force.

Il donna libre cours à ses passions brutales, despotiques, sanguinaires. On vit partout se produire des actes de cruauté, de débauche justifiés par les cultes nouveaux, des tueries de tous genres, soit qu’on les appelle « des sacrifices » ou « des guerres ». En même temps commençait la terreur des faibles.

Ce fut le début de l’âge de fer.

INSTITUTION DES MYSTÈRES

Les lois de la nature expliquées sans détour par les Déesses, avec la naïveté d’une âme jeune éprise de vérité, avaient soulevé la colère des hommes.

La différence des sexes était, pour quelques-uns d’entre eux, une révélation terrible ; ils ne voulurent pas y croire et se révoltèrent contre la nature et contre la femme qui en dévoilait les lois.

Mais la vérité a tant de prix que, lorsqu’elle est connue, elle s’impose à l’esprit et le domine avec une telle force qu’on ne peut plus renoncer à la faire connaître. C’est pour assurer sa propagation que l’on continua, dans le secret, l’enseignement des doctrines que les Déesses avait enseignées ouvertement.

Ce sont ces doctrines initiales qui firent l’objet de l’initiation, qui est la connaissance de l’enseignement initial.

Et ce fut l’origine des Mystères qui se perpétuèrent depuis, qui devinrent universels, et servirent de base à toutes les religions en même temps qu’à toutes les sociétés secrètes de l’antiquité, que les sociétés modernes, maçonniques et autres, ont continuées.

Dans tous les Mystères on retrouve un fond commun d’idées, indiquant clairement une origine commune, ainsi qu’une grande pureté de doctrine cachée dans l’enseignement ésotérique des sages.

Cet enseignement renfermait d’une façon abstraite les vérités scientifiques que les femmes supérieures, les Déesses, avaient trouvées et formulées. Et c’est pour les préserver de l’oubli ou des altérations des hommes, qu’on créa les écoles secrètes.

Les hommes initiés étaient peu nombreux. C’étaient les élus, ceux dont la foi et la fidélité étaient à l’abri de la contagion du mauvais exemple.

Le sacerdoce féminin et les initiés formaient donc une société séparée dans le monde des ignorants. C’était une élite scrupuleusement choisie, une aristocratie de la science et de l’esprit qui se tenait éloignée des inférieurs, de ceux qui ne comprenaient pas et qui cherchaient incessamment à troubler la vie des femmes supérieures, à les entraver dans tout ce qu’elles voulaient entreprendre, à empêcher leurs travaux et leurs réunions par un langage qui révélait leur ignorance et leur grossièreté, ou simplement par une gaîté hors de propos.

Les rites étaient célébrés en secret, parce qu’il fallait se cacher des hommes dont on craignait les violences ou les railleries.

On avait, comme lieux de réunion, des cavernes souterraines, ou bien on se rendait dans de sombres forêts.

On ne livrait la vérité qu’à ceux qu’on en jugeait dignes, et c’est pour leur faire comprendre son importance qu’on les soumettait à des épreuves sévères.

Le lien que l’homme contractait avec ses initiatrices faisait de lui un homme-lige, l’homme lié par une alliance, il devenait un allié, était dit de bon aloi et entrait dans la légalité, dans le régime légitime.

Tous ces mots, liaison, lien, lige, aloi, loyal, obligation, obligeant, privi-lège, rallier et religion, viennent du vocabulaire de l’initié.

Cette obligation consentie par l’adepte, constituait le culte parfait. On ne lui imposait que trois choses : connaître, aimer, servir. « La nation des Justes, dit l’Ecriture, n’est qu’obéissance et amour ».

La naissance des religions fut, d’abord, cachée aux hommes, puisque c’était une société secrète, « un Mystère ». Elle était secrète parce qu’elle était persécutée, niée, entravée. Mais elle portait en elle le germe qui vivifie et qui tôt ou tard brille à tous les yeux, subjugue les esprits et devient tout-puissant !

*Les démonstrations qu’on nomme des cérémonies constituèrent le culte extérieur qu’on voulait communiquer à tous.

Il fallait des cérémonies pour aider à comprendre, pour obliger les hommes à se recueillir et à créer, en eux, le culte intérieur.

Ces cérémonies étaient fort belles ; elles se faisaient avec une mise en scène splendide. Les lumières, les chants, les processions des religions modernes n’en sont qu’une mesquine continuation.

« Les mystères des anciens, dit M. Cailleux, étaient représentés par des jeux, des figures mimiques. A chaque fête, des troupes spécialement exercées retraçaient ainsi, dramatiquement, le sujet qui rassemblait les croyants. Ces bandes héréditaires se transmettaient fidèlement, de génération en génération, le rite sacramentel de ces représentations ; mais, plus tard, quand les mystères passèrent du delta des fleuves dans des Temples de marbre, et que, la religion se spiritualisant, on sentit que pour approcher des Divinités, il fallait des ministres purs et choisis, ces troupes négligées se dispersèrent peu à peu, mais elles n’ont jamais entièrement disparu. Les scènes religieuses dont elles avaient établi l’usage dans la foule formaient la principale partie du culte des anciens » (Origine celtique île la civilisation, p. 127).

Parmi les cérémonies d’initiation, se trouvait la représentation du grand événement qui avait jeté le deuil dans le monde, la lutte contre la Femme et sa défaite, sa mort sociale, suivie de sa résurrection désirée.

CE QU’ON ENSEIGNAIT DANS LES MYSTÈRES

AGNI – LE FEU SACRÉ

Donc la femme enseignait.

Mais pour enseigner il fallait avoir le Feu sacré. Il est donc important de savoir ce que l’antiquité désignait par ces mots mystiques, car le plus grand de tous les mystères est symbolisé dans Agni, le feu sacré.

Pour comprendre la signification des lois secrètes, il faut la chercher dans le naturalisme qui régna partout avant les temps brahmaniques.

C’est la Nature même qui est le fond des croyances ; les premiers rites ne s’occupent que des réalités, que le symbolisme des prêtres est venu cacher et dénaturer. Mais avant le prêtre il y eut Maya, la Nature, et, comme elle est éternelle, nous pouvons à toutes les époques en retrouver les lois, elle ne périt pas, c’est le mensonge qu’on lui a substitué qui s’use et disparaît.

Agni représente le grand secret de la nature, féminine, il symbolise l’amour dans son acception sacrée et mystérieuse, il est la source de la vie universelle puisqu’il préside à l’ovulation, en même temps que la source de l’intelligence divine (féminine) qui résulte de l’œuvre sainte souvent appelée « le grand œuvre ».

Pour comprendre tout ceci, il faudrait dégager l’idée fondamentale, cachée dans le symbole.

C’est ce que nous avons essayé de faire à l’article du blog qui est consacré à la psychologie sexuelle, c’est-à-dire à l’amour différent dans les deux sexes.

Le tort des hommes, c’est de se prendre toujours comme sujet d’observation, au lieu de s’appliquer à comprendre les différences psychiques que la physiologie de l’autre sexe engendre.

Un autre tort est de nier ce qui n’est pas en eux, c’est de s’exaspérer si dans le sexe féminin on leur montre les privilèges de l’injuste Nature, et c’est pour cela qu’on leur a caché la vérité.

Agni représente, en effet, un privilège formidable ; aussi la loi qu’il cachait, et qui était conservée dans le secret des sanctuaires, n’était révélée dans les « mystères » qu’aux initiés qui avaient subi une longue préparation pour la comprendre. C’était la doctrine fondamentale des Religions.

Si Agni a semblé divin, c’est parce qu’il désigne un attribut spécial aux Dêvâs. C’est le feu de l’amour dans son acception sacrée, l’amour qui élève et vient rayonner dans l’Esprit.

Ce symbole a eu deux interprétations, comme tous les symboles.

La première est celle qui représente sa signification originelle, la seconde celle que lui donnèrent les hommes par ignorance de la loi qu’il cache.

Dans la première interprétation, il n’est question que de la Femme. Dans la seconde, on y mêle l’Homme, mais c’est toujours un symbole sexuel et c’est une erreur des modernes de croire qu’Agni représente le feu matériel.

Burnouf trouve Agni dans toutes les significations, figurées : le feu de l’amour, le feu de l’Esprit, le feu sacré, le foyer domestique, le feu sur l’autel, la vie et la pensée, et il dit : « Sa naissance est mystique ».

Nous ne L’expliquerons pas davantage, nous en avons déjà trop dit ; ajoutons seulement que ce mystère est symbolisé par le Swastika.

SYMBOLISME – LE LOTUS

Le symbolisme nous a conservé le Lotus, ou Lotos, comme symbole du sexe des Déesses. Il est souvent appelé le « Nymphéa Lotus », que l’on décrit en disant que « c’est la fleur qui produit un fruit délicieux ».

La fleur de lys joue le même rôle en Occident, elle est aussi la fleur sacrée.

Mme Blavatsky, dans la Doctrine secrète, T. II, p, 96, dit :

« Il n’y a pas de symbole ancien auquel ne soit attachée une signification profonde et philosophique dont l’importance et le sens augmentent en raison de leur antiquité. Tel est le Lotus.

C’est la fleur consacrée à la nature et aux Dèvâs. Elle est l’emblème de la reproduction spirituelle et physique. Dès la plus haute antiquité, elle était considérée comme sacrée par les Hindous Aryens, les Egyptiens, et après eux les bouddhistes. Elle a été vénérée en Chine et au Japon et adoptée comme emblème chrétien par les Eglises grecque et latine, qui en firent un messager, comme le font maintenant les Chrétiens qui l’ont remplacée par le Lys.

« Dans tout tableau de l’Annonciation de la religion chrétienne, l’archange apparaît à la Vierge Marie tenant à la main une branche de Lys. Cette branche, représentant l’idée de création et de génération, symbolise précisément la même idée que le Lotus que tient dans la main le Bodhisattwa qui annonce à Mahâ-Mâyâ, mère de Gautama, la naissance de Bouddha ».

Plus tard, les hommes prirent pour eux les symboles féminins dont ils ne comprenaient pas le sens, et l’on verra Osiris représenté avec la fleur de Lotus, comme le Saint Joseph des Chrétiens portera la fleur de lys quand on lui mettra dans les bras l’enfant Jésus, pour faire de lui l’image d’une, femme.

Le Lotus a une signification mystique identique chez toutes les nations de la terre ; il est le symbole de la terre prolifique et le symbole du mont Mérou.

A propos du Lotus, Mme Blavatsky cite un manuscrit, qui dit :

« Le Lotus poussant dans les eaux du Nil avait la même Signification, son mode de croissance le rendait particulièrement propre à servir de symbole aux activités génératrices. La fleur du Lotus qui porte la semence pour la reproduction, après sa maturité, est rattachée, par son lien en forme de placenta, à la terre nourricière, ou bien les flancs d’Isis sont reliés, à travers l’eau des entrailles, c’est-à-dire à travers le Nil, par la longue tige en forme de corde, sorte de cordon ombilical. Rien ne saurait être plus clair que ce symbole, et, pour le rendre parfait au point de vue de la signification qui lui est donnée, on représente quelquefois un enfant assis dans la fleur ou en sortant.
(Origine du symbole représentant l’enfant sortant d’une rose).

C’est ainsi qu’Osiris et Isis, enfants de Kronos, ou du Temps sans fin, dans le développement de leurs forces naturelles, deviennent dans ce tableau les parents de l’homme, sous le nom d’Horus.

« Nous ne pouvons trop nous appesantir sur l’usage de cette fonction génératrice comme base d’un langage symbolique et en guise de langue scientifique artificielle. En réfléchissant à cette idée, on est amené de suite à méditer sur le sujet de la cause créatrice. On remarque que la nature, dans ses travaux, a façonné un merveilleux mécanisme vivant, gouverné de plus par une âme vivante dont le développement vital et l’histoire passée, présente et future, dépassent tous les efforts de l’intelligence humaine ».

Le même auteur (non cité) :

« C’est pourquoi l’emplacement des entrailles doit être considéré comme le lieu le plus sacré, le sanctum sanctorum et le vrai temple du Dieu vivant (la Déesse). Chez l’homme, le fait de posséder une femme a toujours été considéré comme une partie essentielle de lui-même, pour fondre deux êtres en un, et a été jalousement gardé comme sacré.

La partie même de l’habitation ou de la maison habituellement réservée à la femme, était appelée penetralia (Le symbole antique a été perpétué dans les cérémonies des Catholiques, qui ont dans la messe l’Introït, le Saint des Saints, la Secrète, etc.), la partie secrète du sacrée, et c’est ce qui donna naissance à la métaphore du Saint des Saints et aux constructions sacrées inspirées par l’idée de sainteté des organes de la génération.

La métaphore, poussant la description jusqu’à l’extrême, décrit cette partie de la maison, dans les Livres sacrés, comme se trouvant « entre les cuisses de la maison », et quelquefois l’idée est développée au point de vue architectural dans la grande ouverture des portes d’églises placées en retrait entre deux arcs-boutants ».

Si à ces organes, comme symbole d’agents créateurs, on peut attacher l’idée de l’origine des mesures, aussi bien que des périodes de temps, il est alors vrai que dans la construction des temples comme demeures de la Divinité, ou de Iehvah, la partie appelée le saint des saints, ou l’endroit le plus saint, empruntait son nom à la sainteté reconnue des organes générateurs considérés comme symbole de mesure (menstrues), aussi bien que la cause créatrice.

Chez les anciens sages, il n’existait ni nom, ni idée, ni symbole se rapportant à une cause première en dehors de l’humanité.

« La création est le fait de la Déesse humaine, vivante (1) ».

(1) Burnouf a publié, dans un livre intitulé « Le Vase sacré », l’histoire des légendes religieuses relatives au saint sacrifice.

LA SCIENCE PRIMITIVE CACHÉE DANS LES MYSTÈRES

L’Inde de cette époque nous a laissé une cosmogonie grandiose, la plus hardie des théories philosophiques, et qui a survécu, mais qui est en si grande opposition avec les conceptions mesquines de la science moderne, que peu de personnes la comprennent.

Nous y trouvons d’abord l’Espace qui n’est pas contenu, mais contient tout. C’est l’extension sans bornes.

Dans cet Espace est une substance primordiale, universelle, celle qui a servi de thème aux dissertations philosophiques de toutes les époques, dont l’alchimie parlait comme d’une chose mystérieuse. Elle est le fond de la Nature manifestée et, cependant, cette substance qui est tout, n’est rien pour nos sens.

On en parle sous divers noms dans toutes les cosmologies, on y fait allusion dans toutes les philosophies, c’est le Protée de la Nature, toujours fuyant et toujours présent. Nous la touchons sans nous en douter, nous la regardons sans la voir, nous la respirons sans en avoir conscience, nous l’entendons et la sentons sans avoir la moindre notion de sa présence, car elle se trouve dans chaque molécule ; en un mot, c’est le véhicule de tous les phénomènes.

On appelle cette substance « Akâsha » en sanscrit.

C’est l’Azote (AEther-Azote), substance qui n’est pas seulement dans notre atmosphère, mais au-delà, mais partout, mais dans l’univers entier, sous des états de condensation ou de raréfaction qui dépendent du milieu dans lequel elle s’épand. Elle est dans les corps organisés et constitue le fond matériel de la substance vivante (Voir pour ses changements les articles du blog intitulés « COSMOGONIE » et « LA VIE »).

Au sein de cette substance s’agite et rayonne l’Upâdhi, l’élément-force, qui fait la vie, qui anime et féconde le grand souffle « source vivante de la vie », cause sans cause.

C’est la radiation des astres incandescents, l’atome radiant émané des soleils et projeté, dans tous les sens, dans l’espace immense ; c’est l’Oxygène radiant que notre Soleil projette parce qu’il est son élément comburant.

Mais d’autres étoiles projettent d’autres éléments actifs comme lui.

Cette force est septuple dans les doctrines primitives. C’est-à-dire qu’il n’y a pas un seul élément radiant, l’oxygène, il y en a sept autres de couleurs différentes.

Les sept radiations colorées sont les « sept gouverneurs », les « sept constructeurs », les esprits, c’est-à-dire les forces qui guident les opérations de la Nature et dont les atomes animés se répandent partout (Ces éléments colorés, qui possèdent les mêmes propriétés que l’oxygène, sont : le soufre, le fluor, le chlore, le brome, l’iode, le tellure, et le sélénium.).

L’Oxygène solaire, Esprit de lumière, dont l’énergie est emmagasinée dans le soleil, est une force immense dont le pouvoir se manifeste par des phénomènes multiples et éternels.

Milton semble l’apercevoir quand il dit : « Radieuse effluence de radieuse essence incréée ».

Il n’y a, dans la Nature, ni repos ni cessation de mouvement.

Ce qui paraît du repos n’est que le changement d’une forme en une autre, et le changement d’état de la substance se fait en même temps que le changement physique.

La substance universelle « Akâsha » (l’azote), appelée dans l’antiquité AEther, et la radiation-force Upâdhi, sont l’alpha et l’oméga de l’Etre, les deux sources de l’existence absolue de la vie.

Platon dit de ces Principes : « ce qui compose et décompose les corps organisés ».

La matière se manifeste sous quatre états : solide, liquide, gazeux, radiant, représentés par la terre (solide), l’eau (liquide), l’air (gazeux), le feu (radiant).

De ces quatre états, l’ignorance des prêtres fera, plus tard, quatre éléments, et l’on arrivera même à les confondre avec les corps simples. Le même système de confusion se produira partout ; alors la radiation, au lieu d’être une force aveugle, deviendra une « pensée Divine », une « idéation ».

L’antiquité sacerdotale ou philosophique, qui altéra toutes les idées du monde primitif, appellera la substance impondérable l’Ether de l’espace et en fera l’attribut d’un Dieu ; cela deviendra le Pater AEther des Grecs et des Latins.

Virgile disait de Jupiter « Pater omnipotens AEther » et « Grand AEther » (Géorgiques, L. II, 325) pour dire qu’il est tout, qu’il occupe tout l’espace à lui tout seul.

Ces comparaisons de la puissance de l’homme avec les forces cosmiques devinrent des erreurs régnantes et firent perdre de vue la primitive explication des lois qui régissent la Nature.

L’homme était plus préoccupé d’affirmer sa puissance que de chercher ces lois.

Le Principe actif qui émane du soleil, l’Oxygène à l’état radiant, l’afflux spirituel, puisqu’il nous donne la vie et l’intelligence, pénètre le voile de la matière cosmique (de l’azote qui nous entoure) et tombe sur la terre comme une force radiante qu’un obstacle arrête.

Les Hindous l’appellent « Brahm », qui vient de « brih », qui veut dire mouvoir avec effort, épandre, croître, fructifier.

C’est l’énergie solaire que ce mot résume dans une onomatopée ; car il y a dans le mot « Brahm », prononcé avec force, une image de la puissance de la radiation solaire qui arrive, frappe et s’arrête.

Dans Brahma est personnifié le principe de vie : « Paramâtman », l’Etre, l’âme universelle qui pénètre tout, et dévoile un aspect de lui-même.

Brahma est le principe-Force émané des astres incandescents ; il fut connu depuis les premiers jours et expliqué sous une forme simple, mais sûre.

« Tout ce qui existe est émané de Brahma ; comme le fil sort de l’araignée, l’arbre de la semence, le feu du charbon, la rivière de la source, la vague de la mer, ainsi l’univers (les êtres) sort de Brahma qui a déployé sa splendeur ».

Brahma est une idée abstraite, non une figure, c’est pour cela qu’il n’a ni temple ni autel.

Le temple est fait pour s’abriter, se cacher, se réunir à l’autel pour déposer ou se reposer. Ce-sont les objets du culte humain.

Brahma, la grande force qui émane du grand soleil, règne dans l’espace ; le ciel est son temple ; toute la terre, sur laquelle il se pose, est son autel.

Le peuple illettré ne le connaît pas aux Indes, il ne connaît que les Divinités humaines.

Voici quelques-uns des noms donnés à Brahma :

Adja : le non-né, l’Etre incréé.
Atmâbhoû : Qui est issu de lui-même.
Bhavântakrit : Qui fait la fin du monde.
Çambhoû : Le bienfaisant.
Çatadhriti : Ayant une solidité centuple.
Dhartri : Le créateur.
Dhrouva : Le ferme, le constant.
Djagatkartri : Le créateur du monde.
Droughana : Celui qui foudroie les arbres.
Hiranyagarbha : L’embryon d’or.
Lôkêçà : Le maître du monde.
Pradjâpati : Le seigneur des naissances.
Swayambhoû : Celui qui est issu de lui-même.
Viçwarêtas : La semence de tout.
Vidhâtri : L’ordonnateur.
Vidhi : L’ordre, le Destin.

Mais les soleils évoluent, ils s’allument et s’éteignent ; dans ces mutations, leur force radiante perd sa puissance, quoique l’élément comburant, actif, ne soit pas détruit, mais dispersé, incorporé dans de nouveaux composés chimiques. Cette loi de l’évolution des astres est représentée par les périodes d’activité et de repos de l’élément radiant, appelées les jours et les nuits de Brahma, les inspirations et les expirations du principe créateur.

On appelle « Manvantaras » les périodes actives de l’élément cosmique, qui féconde et anime la terre, et « Pralayas » ses périodes, de repos. La vie d’une planète est appelée un Pralaya solaire.

Des milliards d’années s’écoulent entre ce réveil d’un soleil et son inaction dans l’extinction, après laquelle doit survenir, pour nous, la grande nuit cosmique.

Le terme « Roue » est l’expression symbolique qui désigne un monde ou un globe. Les femmes primitives savaient que la terre est un globe tournant.

KRISHNA

Krishna est une des premières illustrations de l’histoire.

Comme tout ce qui est très lointain, elle est entourée de nébulosités créées par les historiens des différentes époques ; mais, à travers toutes les fables, toutes les excentricités mêlées à ses légendes, nous apercevons une personnalité réelle qui a joué un grand rôle dans l’histoire de l’Inde, comme, du reste, dans l’instauration de la religion universelle, puisque toutes les religions postérieures copièrent, plus ou moins, celle des Hindous.

Nous allons donc chercher à dégager cette personnalité réelle des voiles dont on l’a entourée pour la cacher.

LES DOCUMENTS

Deux espèces de documents nous font connaître Krishna :

1° Le livre qui émane de cette personne elle-même ;
2° Ceux qui lui ont été consacrés à différentes époques par une multitude d’auteurs.

Il est bien évident que le plus intéressant des documents, c’est celui qui renferme la parole même de cette Divinité. Celui-là, c’est le dialogue que nous avons sous le titre de Bhagavad-gitâ, entre Krishna et son disciple Arjouna, qu’elle instruit.

Ce dialogue est intercalé dans le Mahâbhârata qui contient l’histoire des luttes de sexes entre les fils des Kourous (masculinistes), qui sont 100 et ont un chef aveugle (symboliquement), et les fils des Pândous (féministes), qui sont cinq, parmi lesquels Arjouna.

Les fils des Pândous, par les artifices de Douryodana, furent bannis de la capitale de l’Hindoustan. Les exilés, après une suite d’aventures, reviennent avec une puissante armée pour venger l’affront qu’ils avaient reçu et soutenir leurs droits à l’Empire, basé sur la prérogative de la Mère, de la Femme qui, quoique venue à la vie humaine après l’homme (c’est-à-dire étant la plus jeune des deux frères primordiaux), avait régné jusque là à cause de l’incapacité de l’homme, personnifié par Dhritarâshtra.

C’est à ce moment du récit que se place l’épisode relaté dans la Bhagavad-gîtâ.

Le nom de Bhagavat, donné à Krishna, vient de Bhagavatî (celle qui possède toutes les perfections divines). Arjouna est son favori en même temps que son disciple.

LE LIVRE CACHÉ PAR LES BRAHMANES

Les Brahmanes prétendent que la Bhagavad-gîtâ contient tous les grands mystères de leur religion.

Mais ce livre fut longtemps tenu soigneusement caché par eux, parce que, disaient-ils, ils ne voulaient communiquer les mystères de leur doctrine à aucun étranger, jusqu’au jour où M. Hastings, gouverneur général des établissements anglais dans le Bengale, devint possesseur du Code des Indiens, en corrompant quelques Brahmanes, en même temps qu’il ridiculisait leur mystérieuse réserve. C’est alors qu’une traduction en anglais fut faite par M. Charles Wilkins, laquelle, peu de temps après (en 1787), fut traduite en français par M. Parraud.

Ch. Wilkins se mit en rapport avec les Brahmanes, auxquels il était arrivé à inspirer confiance, et qui lui donnèrent sur la Bhagavad-gîtâ des renseignements aussi faux qu’intéressés.

Le livre ayant été altéré dans le passé par des hommes qui y avaient mis ce qui les intéressait, les Brahmanes expliquèrent au traducteur que le principal but de ces dialogues était de renverser tous les cultes qui avaient régné jadis afin d’établir la dernière doctrine prêchée par les Brahmanes, c’est-à-dire que, suivant le système de tous les prêtres, ils voulaient voir dans ce livre la confirmation de leur enseignement.

Un peu de réflexion montre la fausseté de ce raisonnement. D’abord Krishna, qu’ils font remonter à 4 ou 5.000 ans, n’aurait pas pu renverser les différentes doctrines religieuses, puisque, à cette époque reculée, il n’en existait aucune ; elle n’aurait pas, non plus, fait triompher le Brahmanisme, puisqu’il ne devait naître que bien des siècles après (vers 800 avant notre ère), et c’est lui qui allait renverser la religion naturelle que Krishna avait instituée.

Donc, tous les renseignements donnés par les Brahmanes sur la Bhagavad-gîtâ sont faux.

C’est pour cela qu’on a tant discuté autour de ce petit livre, dont on a supprimé les passages les plus importants, en les remplaçant par des interpolations brahmaniques, ce qui a créé cette obscurité qui règne dans tous les livres altérés, où les interpolations apparaissent comme des plaques de couleur sombre sur un fond d’or.

Le traducteur anglais, qui a compris cela, dit : « Le lecteur voudra bien excuser l’obscurité de quelques passages et la confusion des pensées qu’il trouvera dans l’ouvrage, tel qu’il est présenté. C’était au traducteur à écarter cette obscurité et cette confusion ; c’est ce que j’ai tâché de faire dans les notes, mais, comme je n’ignore pas qu’elles ne suffisent pas encore pour lever entièrement le voile du mystère, je prie le lecteur de me permettre de faire remarquer, pour ma justification, que le texte même n’est qu’imparfaitement entendu par les plus savants Brahmanes d’aujourd’hui et que, quelque petit que soit l’ouvrage, il a eu plus de commentaires que nos livres saints. Je ne les ai pas totalement négligés, mais, comme ils sont souvent plus obscurs que le texte qu’ils prétendent éclaircir, j’ai cru qu’il valait mieux laisser ces passages difficiles à la sagacité des lecteurs ». (Préface du traducteur anglais, reproduite dans la traduction française de M. Parraud, page 22).

Maintenant, ouvrons le livre, dans la traduction faite sur la traduction anglaise, bien entendu, la première parue en Europe et la plus exacte.

(Nous rectifions seulement l’ortographe des noms sanscrits.)

BHAGAVAD-GÎTÂ

Ce petit livre contient 18 lectures. Etudions-les :

Dans la première, intitulée « Affliction d’Arjouna », nous voyons le chef du parti masculiniste, Dhritarâshtra, demander à Sanjaya ce que font les deux armées rassemblées dans les plaines de Kouroukshetra
pour le combat.

Sanjaya répond en énumérant ceux qui forment la puissante armée des Pândous (féministes), il cite les noms de vaillants princes et de grands guerriers, « et l’audacieux Outtamaujas et les enfants de Krishna, fille de Droupada, tous grands guerriers ».

Donc, voici un renseignement intéressant sur Krishna. Cette personnalité n’est pas parmi les hommes qui combattent, mais elle est la mère de fils qui sont des guerriers.

On parle ensuite des préparatifs du combat qui va avoir lieu.

« Krishna et Arjouna étaient debout sur un char magnifique, ils sonnèrent de leurs conques qui étaient d’une forme céleste. Le prince de Kaçi, à l’arc redoutable, Çikandi, Drishtadhyumna, Virâta, Sâtyaki au bras invincible, Droupada et le fils de sa royale fille Krishna, avec les autres chefs et nobles, firent aussi retentir leurs conques. »

Donc, voici un fait acquis. Krishna est la « fille royale de Droupada. » Elle a des fils qui combattent à ses côtés, elle a près d’elle un disciple favori, Arjouna ; ils sont sur un char en vue des deux armées, et Arjouna, regardant les adversaires en présence, ne voit de tous côtés qu’aïeuls, oncles, cousins, précepteurs, fils, frères, proches parents et amis intimes. « Quand j’aurai détruit mes parents, pourrai-je encore prétendre au bonheur ? Oh ! Krishna, de quel plaisir pourrons-nous jouir si nous les détruisons, quoiqu’ils soient de vrais tyrans ? Le désir de régner va nous faire exterminer notre propre sang » (1).

Lecture II — Dans cette deuxième lecture, Krishna explique à Arjouna que le devoir de l’homme est de combattre pour la bonne cause, que sa faiblesse folle est indigne d’un homme, qu’elle est honteuse, contraire au devoir, et la source du déshonneur.
Arjouna toujours indécis répond :

« Dis-moi sincèrement ce qu’il faut que je fasse. Je suis ton disciple, instruis-moi de mon devoir, puisque je suis sous ton inspiration ».

Cette phrase nous montre la dépendance morale de l’homme avant l’âge de la révolte.

Dans la réponse de Krishna, les Brahmanes ont interpolé leurs doctrines philosophiques modernes sur l’immortalité de l’âme, ce qui est choquant, dans un paragraphe qui commence par ces mots : « J’ai toujours été (ce qui veut dire : j’ai toujours été ce que je suis, la Maîtresse), ainsi que les Princes de la terre (les Déesses), et nous ne cesserons jamais d’être ».

La phrase ainsi comprise est logique dans un livre comme le Mahâbhârata qui s’occupe d’une lutte de sexes. Ce sont ces mots : J’ai toujours été, que les Prêtres font servir à la confirmation de leur théorie de l’immortalité de l’âme.

Mais Krishna ajoute : « Jette seulement les yeux sur les devoirs de la tribu ». Il s’agit évidemment de la tribu matriarcale (il n’y en a pas d’autre à cette époque), et la tribu d’Arjouna, c’est celle dont la royale Krishna est la Mère. On a aussi altéré ce passage, entendant par tribu les quatre castes sociales qui furent créées plus tard par les Brahmanes ; mais les interpolateurs sont si maladroits que, pour qu’on n’ignore pas la supercherie, l’interpolateur a ajouté : « Ton jugement est fondé sur les doctrines spéculatives du Sânkhya-Çâstra », doctrine bien postérieure à Krishna.

Après cela reparaissent les principes de sagesse éternelle contre les jouissances passagères, mondaines ou charnelles que l’homme cherche, et Krishna rappelle à son disciple la science divine exposée dans le Véda ; elle lui dit : « Que personne n’ait pour motif de l’action l’espérance d’une récompense.

« Cherche un asile dans la sagesse seule ; quand ta raison aura surmonté l’indigne faiblesse de ton cœur, alors tu parviendras à toute la science qui a été, ou qui est, digne d’être connue. Tu acquerras cette égalité d’âme qu’on appelle Yoga (2). Quand par une étude assidue ton entendement sera fixé immuablement dans la contemplation (l’étude de la Nature), c’est alors que tu obtiendras la vraie sagesse ».

Et Arjouna répond :

« A quelle marque, ô Krishna, distingue-t-on un homme sage et ferme qui est fixé dans la contemplation ? » (La raison supérieure).

Réponse de Krishna :

« Celui-là est vraiment confirmé dans la sagesse qui écarte tous désirs qui entrent dans son cœur, qui est content de lui-même, et qui est heureux en lui-même. Il est étranger à l’inquiétude, à la crainte et à la colère. Sa sagesse est confirmée lorsque, semblable à la tortue, il peut retirer tous ses membres (3) et les détourner de leurs fonctions accoutumées. L’homme affamé perd tout autre objet, excepté celui de ses désirs. Les passions tumultueuses entraînent avec violence le cœur même de l’homme sage qui fait effort pour les réprimer.

« L’homme inspiré, qui met en moi sa confiance, peut les dompter et devenir heureux. L’homme qui a soumis ses passions est en possession de la vraie sagesse. L’homme qui se livre à ses passions sensuelles éprouve un grand trouble ; de ce trouble naît une violente agitation ; de cette agitation naît la colère ; de la colère vient la folie, la perte de la mémoire ; de la perte de la mémoire la perte de la raison, enfin de la perte de la raison la perte de tout (4).

« L’homme d’un esprit docile qui jouit des objets des sens, en soumettant à sa volonté toutes ses facultés, et en se gardant libre d’orgueil et de méchanceté, obtient le bonheur suprême. Dans ce bonheur, il trouve l’exemption de toute inquiétude, et, son esprit étant ainsi dans le calme, la sagesse se présente à lui de tous côtés. L’homme qui néglige ces vérités n’a point la sagesse ou le pouvoir de la contemplation. Celui qui est incapable de penser n’a point de repos. De quel bonheur peut jouir celui qui n’a point de repos ? Le cœur qui suit l’impulsion des passions entraîne la raison comme les vagues emportent la barque au milieu de l’Océan en furie. Celui-là donc qui peut réprimer toutes ses passions dans leurs mouvements déréglés, est doué de la vraie sagesse. Celui qui, réprimant toute concupiscence de la chair, marche sans désirs déréglés, modeste et libre d’orgueil, obtient le bonheur. C’est là la divine dépendance.

« L’homme qui met ainsi sa confiance dans l’Etre suprême (5) ne peut errer. »

Lecture III. — Dans ce chapitre, Krishna explique à Arjouna la suprématie de l’esprit sur les sens, et lui montre que l’exercice de l’entendement est supérieur aux autres. Elle dit : « Dans ce monde, il y a deux doctrines : celle du Sânkhya ou science abstraite, qui est l’exercice de la raison en contemplation, et celle de la pratique ou exercice des devoirs moraux et religieux ».

Ces deux doctrines répondent aux facultés des deux sexes.

La femme est contemplative, l’homme est actif. De là est venue cette idée altérée : la femme passive, l’homme actif. On la comprendrait mieux si l’on disait : la femme pense, l’homme agit.

Ensuite, Krishna aborde la question de la multiplication (génération), et donne à Arjouna des conseils sur le culte que l’homme doit rendre à la Femme. Elle dit :

« Souvenez-vous des Dêvis, afin que les Dêvis se souviennent de vous. Aidez-vous l’un l’autre, et vous parviendrez à la souveraine félicité.

Les Dêvis, étant honorées dans votre culte, vous accorderont la jouissance de vos désirs. Celui qui jouit de ce qui lui est accordé par les Dêvis et ne leur en offre pas une partie est semblable au voleur ; celui qui ne mange que ce qui reste des offrandes sera purifié de tous ses péchés.

« Celui qui ne prépare des aliments que pour lui, mange le pain du péché ».

Tout ceci est exprimé par un symbolisme obscur pour les non initiés, mais renferme une leçon donnée aux hommes par une femme pour assurer l’harmonie et la réciprocité de leur union.

Or, ces préceptes sont plus importants qu’on ne croit et ont toujours constitué un chapitre du Code des lois morales dans les anciennes religions. Et Krishna ajoute : « Ceux qui, avec une ferme croyance et libres de péchés, suivront constamment ma doctrine, seront sauvés même par les œuvres ; et sache que ceux qui, la méprisant, ne suivent pas mes conseils, s’écartent de toute sagesse et sont privés de raison. »

Et Arjouna répond :

« Par qui, ô Krishna, l’homme est-il porté à commettre de mauvaises actions ? Il semble qu’il est poussé, contre sa volonté, par quelque force secrète ».

Krishna dit :

« Apprends qu’il y a une concupiscence ou une passion ennemie (de l’homme), fille du principe charnel, sans cesse agissante et pleine de péchés, par laquelle le monde est enveloppé comme la flamme est enveloppée par la fumée, le fer, par la rouille, le fœtus par ses membranes. L’entendement de l’homme est obscurci par cet ennemi irréconciliable, sous la forme de désir, lequel porte avec lui le ravage comme un feu dévorant et se laisse difficilement apaiser ; c’est dans les sens, dans le cœur et dans l’entendement qu’il se plaît surtout à commander. Par leur moyen, il obscurcit la raison et assoupit l’âme. Tu dois donc, avant tout, vaincre tes passions et soumettre ce dangereux destructeur de la sagesse et de la science.

« On admire les organes, mais l’Esprit est bien plus admirable. L’entendement est au-dessus de l’esprit, et qui est au-dessus de l’entendement ? C’est l’Etre ».

Tout ceci est de la psychologie féminine et, en l’absence d’autres preuves, suffirait pour révéler le sexe de Krishna.

J’arrête ici ces citations qui me semblent suffisantes pour faire comprendre la loi morale de cette Déesse donnée à l’homme dans la Bhagavad-gîtâ.

HISTOIRE ET LÉGENDES CONCERNANT KRISHNA

Pour établir l’histoire de Krishna, nous avons quelques faits qui nous ont été conservés dans ses légendes. Mais ce qui est intéressant, c’est le grand mouvement suscité par cette femme remarquable et qui fit le fond d’une multitude de légendes que les vieilles Ecritures nous ont conservées en leur donnant une forme altérée.

Les faits historiques se résument en ceci :

Elle vécut vers l’an 3.000 avant notre ère ; quelques-uns croient qu’elle était venue du pays des Celtes ; les Brahmanes disent qu’elle naquit à Madoura, dans le sud de l’Hindoustan, 4.800 ans avant notre ère.

Si on antidate sa naissance, c’est parce que les Brahmanes employèrent cette supercherie pour se donner à eux-mêmes une haute antiquité, puisqu’ils ont introduit leur doctrine et mentionné leur existence sacerdotale dans le dialogue de Krishna et d’Arjouna.

Cette Déesse, qu’on appelait Iça-Krishna, et aussi Çri-Krishna (6), fut persécutée et mourut en croix. Sur les murs du temple de Madoura, on voyait une peinture qui représentait Krishna crucifiée.

D’après les Pourânas (livre masculinisé), elle était vénérée sous le nom de Bon Pasteur et de Dieu sauveur.

Angada, l’homme méchant qui a fait crucifier Krishna, est maudit par la divinité et condamné à parcourir le monde comme une ombre errante, tel le Juif errant, maudit par la Femme chez les Israélites.

C’est cet événement qui donna naissance à la vieille tradition de Caïn et Abel (Habel la femme, Caïn l’homme), parce que son sacrifice a plus de valeur que le sien. (Ceci est un symbole.)

Et c’est justement la doctrine de Krishna exposée dans la Bhagavad-Gîtâ qui contient cette histoire du sacrifice différent dans l’homme et dans la femme, par suite de la polarité inverse des sexes.

C’est donc bien l’enseignement de Krishna qui suscita la jalousie sexuelle de Caïn.

Le nom de Krishna voulait dire « entier », « complet » ; on lui donna la même signification que l’Ecole Pythagoricienne donnera au mot individu (qui n’est pas divisé par la vie sexuelle).

C’est sur cette loi du sexe féminin qu’on appuya le dogme de l’unité divine : « Dieu est un », parce que la Déesse garde l’être en soi, ne le divise pas, pour le donner à la génération.

Un poème épique, le Mahâbhârata, chante les exploits de Krishna contre les parties méridionales de l’Inde et la conquête de l’île de Ceylan. Il parle aussi de son ennemi Hanoumat, être moitié dieu et moitié singe, ainsi que de son armée composée de la même espèce de créatures.

Il est bien évident que ce sont des hommes qui sont ainsi désignés par les femmes, et qui garderont plus tard le nom d’humanité dérivé de celui de leur chef Hanoumat. Avant cette époque, la race dont nous faisons partie s’appelait « la race divine », de Dêvâ, la femme.

Krishna était considérée comme un sage infaillible, comme la vraie Divinité. Sa révélation donnée dans la Bhagavad- Gîtâ est regardée comme l’évangile de l’Orient. On appelle « un chant divin » cet enseignement donné par une femme qui explique à son disciple le néant du monde et des hommes, le néant de tout ce qui n’est pas l’Etre en soi, l’Etre suprême, la Femme-Esprit, c’est-à-dire elle-même, puisque c’est en elle qu’elle a contemplé la grande loi de la Nature qui régit les sexes.

Au lieu du Linga et de la Yoni qui avaient servi d’emblèmes jusque là aux partis masculiniste et féministe, Krishna prit pour emblème l’ombilic, cicatrice du cordon ombilical qui relie l’enfant à la Mère, dont elle fit le symbole d’un lien moral. Ensuite, se plaçant sur le plan spirituel et non plus sur le plan sexuel, elle renonce aux couleurs blanche et rouge que les deux partis arboraient, et qui étaient les couleurs sexuelles, et prend pour drapeau le bleu, couleur du ciel, qui va désormais représenter l’Esprit.

Et le nom de Krishna signifiera « bleu céleste ». C’est l’origine des draperies bleues dont on habillera les Déesses, jusques et y compris la Vierge Marie.

On donne aussi à Krishna le nom de Coeruleus, qui veut dire « bleu foncé ». Plus tard, mêlant le rouge sexuel et le bleu spirituel, on en fera le violet qui restera la couleur du sacerdoce.

Cependant, certaines écoles masculinistes appelleront Krishna « le noir », par vengeance, parce que Ràma, le principe mâle, était appelé le noir par les féministes.

KRISNA, HUITIÈME INCARNATION DE VISHNOU

Krishna. était considérée comme une des plus brillantes incarnations de Vishnou (l’Esprit féminin).

On lui éleva partout des temples, dans l’Inde, et elle était surtout vénérée par les femmes.

La légende dit qu’un envoyé céleste avait annoncé à Dêvakî, sa mère, qui était fille d’un Râja de Madoura, que, tout en restant vierge, elle mettrait au monde un enfant qui serait grand parmi les hommes. Kansa, roi de Madoura, tyran cruel et jaloux, voulut faire mourir la jeune fille. Celle-ci se réfugia chez un vieux serviteur de la famille, Nanda, gardien en chef de nombreux troupeaux, qui la tint cachée dans une grotte. C’est là que naquit Krishna, l’enfant divin, environné d’une lueur soudaine et salué par le choeur des anges. Pour se débarrasser de cet enfant, le tyran fit tuer tous les nouveau-nés du pays.

C’est cette fable qui a été copiée dans la légende de l’enfance de Jésus, qu’on fait naître dans une étable parmi des boeufs et des bergers, au milieu de prodiges à peu près semblables, sans oublier la méchanceté d’Hérode qui ordonne le massacre des innocents.

Et la légende ajoute :

Krishna porte sur le front la marque de la secte de Vishnou.

Brahmâ et Çiva le reconnaissent pour maître, Indra (une autre Déesse), son rival même, se prosterne devant lui.

Ceux qui ont entouré, plus tard, son nom de ces légendes, ont cru la grandir en lui attribuant des miracles : Krishna étudie les livres sacrés, ressuscite les morts, redresse les bossus, tue les démons, etc., etc. (Voir Krishna et sa doctrine, par Théodore Pavie, Paris, 1852). Or, ce personnage était tout simplement une grande femme, auteure d’un livre qui expliquait une grande loi de la Nature.

Ce que nous savons de son livre, la Bhagavad-Gîtâ, prouve qu’elle pensait et parlait en femme.

C’est parce qu’elle s’est attardée à expliquer la loi des sexes, montrant l’éternelle pureté féminine, l’intensité spirituelle de la Femme qui augmente au lieu de décroître, dans son amour toujours pur, qu’on l’appelle Agni, le feu purificateur, et que les esprits malins qui prennent tout à rebours profitent de ce qu’elle parle de la loi qui régit la vie sexuelle pour la représenter comme recevant l’onction du soma (symbolisme outrageant).

KRISHNA DANS LES POURÂNAS

Les Pourânas, poème sacré des Hindous, chantent la gloire de Krishna et relatent son histoire, mais avec l’exaltation et l’inexactitude de ce genre d’écrits. On en fait un Dieu. Cependant, au chapitre VII, Krishna est une mère dont on a tué les enfants et, dans sa douleur, elle dit à Arjouna, son favori, d’aller la venger. Ce n’est pas ainsi qu’un Dieu agirait, surtout à une époque où l’enfant n’appartient qu’à sa mère et où le père est inconnu.

Les Pourânas sont au nombre de 18. Chaque Pourâna contient cinq parties :

1° La création ;
2° La destruction ;
3° Le renouvellement ;
4° Les avatars ;
5° La généalogie et l’histoire.

On dit dans ce livre : « Krishna dont la gloire est aimable ». Ailleurs, on parle du « Lotus des pieds de Kari ». (Kari est le petit nom de Krishna.)

(1) On raconte que, dès que les Hindous s’aperçurent de l’indiscrétion du traducteur anglais qui avait fait connaître le sexe de Krishna, ils envoyèrent en Europe une mission chargée de rechercher les volumes imprimés de cette traduction et de la traduction française et de les détruire. Il faut croire que tous n’ont pas été trouvés.

(2) Yoga Le sens propre de ce mot est fonction ou union (avec l’esprit féminin, Dêvî). Il est aussi employé pour signifier une application de corps et d’esprit ; mais dans cet ouvrage il est ordinairement employé pour exprimer l’application de l’esprit aux choses spirituelles.
Le mot Yogi, qui signifie « homme dévot », est un de ses dérivés. Le mot dévotion, pris seulement pour la pratique des devoirs religieux et la contemplation de la Divinité (la Déesse), rendra le sens de l’original et les mots dévots et dévoués, ses dérivés.

(3) La tortue est représentée, dans le symbolisme antique, comme ce qui soutient le monde. On ne comprendrait pas ce symbole sans cette explication donnée par Krishna, qui nous montre qu’on en fait l’image de la chasteté parce qu’elle sait retirer ses membres.

(4) Note du traducteur français à propos de la folie générée par les excès sexuels de l’homme :

« A la remarque de M. Wilkins sur ce mot (folie), nous allons joindre celle de M. Halhed, traducteur anglais du Code des Gentoux, qui en fera mieux sentir la vraie signification :

« La folie dont il est question ici ne doit pas se prendre dans le sens que ce mot présente dans notre langue, comme une qualité négative, ou un manque total de sens, mais comme une espèce de léthargie, de stupidité, ou une absence d’esprit, dans laquelle la volonté n’est pas entièrement passive. Il semble que ce soit une maladie particulière à l’Asie, car nous ne trouvons pas de terme pour en exprimer l’idée précise dans les langues de l’Europe. Elle opère quelquefois comme un violent accès de crainte, pendant lequel l’homme qui en est attaqué parle d’une manière absolument disparate et contraire à ses opinions, à sa connaissance et à sa croyance, et l’on peut même ajouter à son intention ».

(5) Suprématie se rend par çrî qui se met devant le nom des Déesses.

(6) Du celtique Kyrie, où les Déesses sont appelées Val-Kyries.

VISHNOU

Rédemptrice de l’humanité

D’après le système du Brahmanisme, il y a pour le monde des époques de destruction et de renouvellement. A ces époques qui, dans le passé, sont au nombre de 9, il faut l’intervention d’une Déesse pour sauver l’Univers. Or ce monde a dû son salut à Vishnou, qui a fait son apparition sur la terre 9 fois ; ce sont les incarnations de Vishnou.

LES AVATARS OU INCARNATIONS DE VISHNOU

Les incarnations de l’Esprit féminin, Vishnou, étaient appelées des avatars. Ces apparitions venues de temps à autre rapporter au monde « la Vérité absolue », ce sont les apparitions sur la Terre des grandes Déesses, auteurs des Livres sacrés.

Elles étaient attendues dans les temps de trouble, désirées dans les époques d’injustice.

Ces apparitions n’étaient pas des Esprits incarnés comme l’entendent les spirites, mais des natures féminines mieux douées que les autres, des femmes plus grandes que la généralité, dans lesquelles la mesure commune de l’intelligence était dépassée.

Il a été énuméré les 9 révélatrices dans notre introduction.

Ce qu’il faut ajouter, c’est que leurs noms et leurs multiples surnoms servent à désigner des personnages mythologiques, telles, les grandes Déesses qui furent les grandes femmes des temps primitifs, celles qui avaient révélé les lois de la Nature et organisé la vie sociale.

« Un avatâra au sens le plus élevé et le plus complet, dit M. A. Barth, n’est pas une apparition passagère de la Divinité, encore moins la procréation, par l’union d’un Dieu et d’une mortelle, d’un être en quelque sorte intermédiaire ; c’est la présence mystique et en même temps réelle de l’Etre suprême dans un individu humain, qui est à la fois vraiment Dieu et vraiment homme ». (Les religions de l’Inde, pp. 101-102.)

Si, au lieu du mot « homme », nous disons « Femme », nous sommes dans la réalité absolue.

Mais les hommes, ayant mis leur orgueil à supprimer la Femme, nous ont caché les grandes personnalités féminines qui se sont manifestées et les ont remplacées par des êtres surnaturels ou par tous les imposteurs qui se sont donnés comme des dieux (1).

L’antiquité savait que l’esprit de l’homme s’éloigne en vieillissant de la vérité et se met en opposition avec l’esprit féminin qui suit une autre orientation.

C’est cette divergence, qui amène l’homme à nier tout ce qui émane de la pensée abstraite du cerveau féminin, et c’est son audace dans la négation qui arrive à intimider la Femme.

Alors le monde tombe dans l’obscurité, la lumière disparaît, et l’homme, sans guide spirituel, devient de plus en plus le jouet de son imagination ; si bien que si la femme ne venait de temps en temps lui rendre la Vérité, elle disparaîtrait à jamais du monde. On croyait donc à la nécessité de l’intervention personnelle et directe de la Divinité, la Dêvâ, pour rétablir le Bien.

On dit que Vishnou s’est incarnée 500 fois, et cela paraît impossible ou miraculeux aux auteurs qui voient dans Vishnou un Dieu suivant la conception moderne ; mais, quand on sait que Vishnou est le symbole de l’esprit féminin, on comprend très bien qu’il peut y avoir eu un grand nombre de femmes supérieures venues à différentes époques restituer la Vérité.

Ce fait si simple a été raconté de mille manières extravagantes par des auteurs qui ne voulaient plus comprendre ce qu’était la Dêvâ. Pour eux, Vishnou devient d’abord un homme (puisqu’ils sont hommes et jugent tout d’après eux), mais un homme surnaturel. L’explication de ses incarnations devient alors grotesque et absurde, d’autant plus que l’on prend à la lettre les anciens symboles dont on ne comprend plus le sens.

(1) Pour les Bouddhistes, les incarnations de Vishnou sont des hommes, sur leurs temples on trouve dix hommes alignés pour les représenter, les 9 connues plus une nouvelle (attendue), représentée par Brahma devenu un homme !!!

LA 10ème INCARNATION DE VISHNOU

La dixième et dernière incarnation de Vishnou aura lieu à la fin de l’âge présent. Il fera son apparition montée sur un cheval blanc, et armé d’un cimeterre étincelant pour la punition éternelle des méchants.

Ce dixième avatar est l’incarnation de Kalki (Kalkinavatâra).

On lit dans le Vishnou-Pourâna (IV, XXIV) :

« Lorsque les pratiques et les institutions enseignées par les Védas auront cessé et que l’âge Kali sera près de sa fin, une portion de l’être divin descendra sur la terre. Il naîtra sous la forme de Kalki, doué de huit facultés surnaturelles. Par son irrésistible puissance, il détruira tous les Dasyous (brigands) et tous les hommes iniques. Il rétablira la justice sur la terre.

L’esprit de ceux qui auront vécu à la fin de l’âge Kali sera réveillé et deviendra aussi transparent que le cristal.

Les hommes transformés par les vertus de cet âge seront comme la semence d’une humanité nouvelle et engendreront une race qui obéira aux lois du Krita-Youga.

Ce temps viendra lorsque le soleil et la lune se rencontreront avec la planète Brihaspati dans la constellation Tishya (littéralement « heureux », de bon augure) ».

C’est le nom donné à une station lunaire.

Le Bhâgavata-Pourâna dit simplement : « Lorsque, vers le crépuscule de ce Youga (l’âge Kali), les rois ne seront plus que des brigands (Dasyous), le maître du monde (nom donné autrefois à la Femme, Içwara), naîtra de Vishnou-Yaças, sous le nom de Kalki (Gloire de Vishnou).

« Les auteurs des Pourânas, dit Lassen, espéraient que l’âge d’or serait rétabli par un fils de Brahmane, dont le nom « gloire de Vishnou » est significatif, puisqu’il indique que ce rétablissement glorifiera cette Divinité (la Déesse). On représente Kalki portant en main une épée terrifiante (la flambe de l’archange Michel, symbole de la parole qui perce), et suivi du cheval blanc (que l’on retrouve dans l’Apocalypse). Les Brahmanes disent que lorsqu’il frappera la terre de sa jambe droite, la période actuelle sera close. »

ÇIVAÏSME

Nous assistons à la substitution des dieux mâles aux Dêvâs par le peuple qui se laisse entraîner par les instincts les plus bas de la nature humaine. Cela divise le pays en Vishnouïtes (fidèles de la Déesse), et en Çivaïtes (adorateurs du sexe mâle).

Le Çivaïsme a ses temples. C’est la pagode hindoue, constructions gigantesques qui affirment la puissance de l’idée religieuse pervertie. Elles sont couronnées par le dieu-mâle (plus tard le Bouddha), cette caricature de la Divinité, qui, immobile, les mains jointes, les yeux fermés comme pour mieux méditer, parodie la Déesse.

Nous avons des chants qui révèlent les luttes ardentes entre les Visnouites et les Çivaïtes, annonçant définitivement la défaite des faibles.

Les vainqueurs sont appelés Ek-wander (peuple égaré, peuple errant, tourbillon). Leur chef s’appelle Scander. On l’appelle souvent le Scander aux deux cornes. Nous avons vu que, en ajoutant l’article arabe al au mot Scander, on à l’ origine du nom Al-exandre.

BOUDDHISME

Au milieu des luttes philosophiques, un mouvement social se produisit, qui ne fut d’abord qu’une révolte contre le pouvoir Brahmanique et contre la division sociale établie par les prêtres à leur profit.

Ceux qui furent les premiers auteurs de ce mouvement appartenaient aux castes inférieures et, comme tels, mettaient dans leur révolte plus de passion, plus de violence que n’en avaient mis les Brahmanes, dont l’usurpation avait plutôt été basée sur la ruse, les raisonnements faux.

Ce furent, pour l’Inde, des temps troublés tout à fait comparables à ceux de la décadence romaine. Ils se produisirent du reste à l’époque où la décadence commençait partout.

LA DOCTRINE BOUDDHIQUE

Le Bouddhisme n’a rien inventé, il s’est contenté de prendre la doctrine Védique et de la dénaturer.

Le Bouddhisme est caractérisé par sa négation de « Dêva », et cela parce que Dêva, c’est la femme.

Or la religion, c’est le lien moral qui unit l’homme à la femme. C’est pour cela que le Bouddhisme n’a pas la prétention d’être une religion, mais seulement une philosophie.

Le Bouddhisme se divisa en 2 Eglises : celle du Nord où l’on introduisit les conjurations et les mystères magiques des sectateurs de Çiva.

C’est le culte mâle qui s’affirme, c’est la haine de la femme devenue dogme. Elle fut gouvernée monarchiquement. Elle avait un pape absolu, chef unique et infaillible : le Dalaï-Lama.

L’Eglise bouddhique du Sud garda le système fédéraliste des Métropolitains. En Asie il fut représenté par les Grands-Prêtres, indépendants les uns des autres.

LES DEUX ÉGLISES

Ce qui caractérise l’erreur, c’est la division des croyances.

Ce qui caractérise la Vérité, c’est l’Unité, Il n’y a qu’une Nature, donc il n’y a qu’une Vérité, mais il y a une multitude de façons d’exprimer le surnaturel, il prend toutes les formes que l’on veut c’est pourquoi les religions fausses sont toujours hérissées de systèmes qui sont souvent contradictoires.

Au lieu de demander ce qu’enseigne le Bouddhisme sur une question donnée, il faut demander ce qu’enseigne là-dessus telle Église, telle école bouddhique.

Chacune argutie, à sa manière.

A peine né, le Bouddhisme se divisa en deux Églises : celle du Nord et celle du Sud.

L’Eglise bouddhique du Sud garda le système fédéraliste des Métropolitains. En Asie il fut représenté par les Grands-Prêtres, indépendants les uns des autres.

L’Eglise bouddhique du Nord fut gouvernée monarchiquement.

Elle avait un pape absolu, chef unique et infaillible : le Dalaï-Lama, ou Talé-Lama.

Le Lamaïsme emprunta tous les éléments du Çivaïsme, tels que la croyance aux esprits, la réincarnation, l’exorcisme, la Magie ; puis aussi le chapelet de 108 grains (chapelets de crânes dans le Çivaïsme).

Il garde la formule de six syllabes :

Om mani padmê hoûm
(Béni soit le joyau dans le lotus)

L’ESPRIT DU BOUDDHISME

L’histoire de la littérature sacrée du Bouddhisme est un chapitre de l’histoire de l’évolution mentale du Prêtre. Parti de ce commencement d’aberration qui caractérise le mauvais sentiment qu’on appelle la Misogynie, ce ne fut, d’abord, qu’une expression de révolte, une manifestation d’orgueil, c’est-à-dire un renversement des sexes et, de là, un renversement de la morale.

Le but du Bouddhisme, d’après eux, était de « transporter tous les êtres de l’océan de douleur et de mort à l’autre rive, à la délivrance, au Nirvana (1) ».

(1) Ce mot veut dire délivrance. Les femmes l’avaient adopté pour désigner la délivrance du pouvoir oppressif de l’homme

LE NIRVANA

Le mot Nirvana veut dire « délivrance », salut.

C’est la paix désirée par la femme souffrante, c’est son espérance, son aspiration continuelle. Faisant de son désir une réalité, elle annonce que bientôt viendra « le Messie », qui rendra à la société troublée la paix des premiers jours.

Mais les prêtres, qui s’assimilent toutes les idées féminines en les masculinisant, font de ce Messie un homme, et c’est ainsi que le Bouddha (caricature de la Divinité, parodie de la Déesse) est représenté apportant au monde « la délivrance »

Dans la légende de Poûrna, on fait dire à Bouddha : « Va, Poûrna, délivré, délivre ; arrivé sur l’autre rive, fais-y arriver les autres ; consolé, console ; parvenu au Nirvana complet, fais que les autres y parviennent comme toi ».

De quoi donc est-il venu délivrer la femme, ce Bouddha ? Est-ce de la tyrannie et des caprices de l’homme ?

Mais c’est, au contraire, à partir de ce moment que la Femme n’est plus rien, que l’homme est tout, car le but principal du Bouddhisme est de supprimer son action de la société, de soustraire l’homme à son influence, de briser le lien qui l’attachait à elle.

C’est pour cela que les Bouddhistes durent chercher une autre signification au mot Nirvana. Pour eux, cela devint : « L’affranchissement de la douleur par l’expérience, ou la voie, c’est-à-dire les moyens donnés par le Bouddha pour affranchir l’humanité ». Des mots ! des mots !… mais pas d’idées.

Quoi qu’il en soit, dans toutes ces religions se retrouve la prétention de faire mieux que les femmes, d’être plus vrais, plus savants, plus légitimes, et tout cela appuyé sur le despotisme qui impose la foi, cette autre caricature de l’adhésion que la femme demandait à la vérité qu’elle enseignait, mais sans l’imposer. Aucun régime féministe n’a créé une inquisition.

C’est dans les religions les plus antiféministes que le sacerdoce masculin s’est constitué de la façon la plus solide. C’est le système de défense des hommes.

Burnouf dit (Science des religions, p. 68) : « Il n’y a pas de système social où l’ordre des Prêtres ait été constitué suivant une hiérarchie plus solide que dans les trois religions modernes, le Mahométisme, le Catholicisme et le Bouddhisme ».

L’INDE AU TROISIÈME SIÈCLE

Le Bouddhisme révolutionnaire et démocratique commençait à s’imposer.

Un homme d’origine plébéienne, Andracottos selon Plutarque, Sandracottos, suivant d’autres (en sanscrit, Chandragoupta), l’aïeul du grand Açoka, dont nous allons parler, était parvenu au trône malgré l’hostilité des classes élevées et s’était fait reconnaître comme roi de Pataliputra, la moderne Patna.

Le roi Açoka, issu de cette révolte, envoya des missionnaires voyager dans toutes les contrées ; ils allèrent partout et c’est ainsi que se répandit l’idée démocratique qui, alors, était le drapeau de la révolte contre l’ancien régime, c’est-à-dire contre l’autorité légitime de la Femme. Il était, en même temps, le symbole de la religion nouvelle qui introduisait dans le monde le surnaturel (les foules aiment le mystère), la haine de la Déesse et la révolte contre la science qu’elle avait enseignée. C’est cette Révolution qui créa aux Indes le grand mouvement de la séparation sociale des sexes. Il eut comme résultat la création, partout, de couvents où les hommes vivaient entre eux et qui furent bientôt suivis de la création de couvents où les femmes vivaient entre elles.

Açoka, vers 250, fit graver des inscriptions, et on nous dira que ce sont les premiers documents écrits de l’Inde. Ces inscriptions nous laissent un témoignage de l’orgueil de l’homme.

Aucune des grandes femmes qui avaient régné ayant cette époque n’eut l’idée de faire écrire sur la pierre son histoire glorieuse, aussi toutes restent-elles cachées dans l’ombre des temps primitifs de l’Inde.

Sous le roi Açoka, le Bouddhisme devint la religion régnante, et le Bouddhisme, c’est le règne de l’homme, la religion renversée.

Aussi, à ce moment, il se fait dans la société hindoue une révolution littéraire. L’ancienne littérature, qui avait gardé l’empreinte de l’esprit féminin, fut abandonnée et remplacée par une littérature nouvelle qui était l’expression de la pensée masculine.

L’usage de l’écriture ne s’établit qu’avec le Bouddhisme et pour le propager. La littérature féminine avait été orale ; celle des hommes (les Védas furent d’abord des hymnes non écrits) fut écrite, ce qui assura sa propagation. On dirait qu’ils avaient peur que leurs idées et leurs erreurs n’arrivassent à se perdre ; du reste, s’ils mirent tant de précautions à les propager, c’est qu’elles étaient surtout « leur justification », puisqu’ils avaient pris tous les pouvoirs de la femme. Ils considéraient aussi leurs livres comme la glorification de leur sexe, alors que c’était au contraire la mise en évidence de leurs idées troublées, de leurs erreurs, et de leurs fausses interprétations des vérités primitivement révélées par les Dêvâs.

Mais le peuple, moins savamment hypocrite que les Brahmanes, garda plus longtemps ses croyances ; il resta fidèle à ses « Dêvâs ». Il fallut bien longtemps pour qu’il consentît à changer leur sexe.

L’INDE AU COMMENCEMENT DE NOTRE ÈRE

A peu près 80 ans avant notre ère, le parti Bouddhiste fut entièrement vaincu et l’ascendant des Brahmanes tout à fait rétabli. Mais ce parti avait la vie dure, il revint au monde quoique mutilé.

Vers l’an 100 de notre ère, après le concile convoqué par Kanishka, la doctrine bouddhiste du Nord entra dans une ère nouvelle. A cette époque, le célèbre religieux Nâgârdjouna fonda l’école du Grand Véhicule qui embrassa de nouveaux domaines.

Les religieux Bouddhistes portaient le nom d’ascètes ou de Bhikshous (mendiants) ; ils vivaient réunis en communautés (Sanghas), dont chacune avait le droit de confesser, d’absoudre, d’ordonner, etc. Les présidents de ces communautés étaient appelés « anciens ». Burnouf dit de la littérature que l’on vit surgir alors : « Les ouvrages de la nouvelle Ecole portent le caractère d’une grande décadence intellectuelle et morale. Ils forment la dernière partie, et non la moins étendue, du code sacré du Nord » (Burnouf, Science des religions).

C’est au IIème siècle que Pânini composa sa célèbre grammaire connue sous le nom de Pâniniya. Elle passait pour avoir été inspirée par Çiva.

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