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Livres de Femmes, Livres de Vérités (3) Les Aryas – 1ère partie Guerre des sexes dans la Perse antique

« Des papillons sont amoureux d’une bougie et décident de l’approcher. Les timides reviennent déçus, n’ayant senti que l’odeur de la cire. Le plus passionné la serre de si près, dans ses ailes palpitantes qu’il s’enflamme, DEVIENT LA BOUGIE ELLE-MÊME.
Jamais plus le papillon ne reviendra de son aventure. » (Légende persane)

1er chapitre : Introduction – Aux origines: La guerre des sexes
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2ème chapitre : Révolution religieuse en Egypte
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3ème Chapitre – 1ère partie

« Un adolescent tourmenté par la connaissance de Dieu vint frapper à la porte de l’Aimé. Une voix de l’intérieur demanda : Qui est là ? Le jeune homme répondit : C’est moi. La voix dit alors : Cette maison ne peut abriter les deux ensemble. Et la porte resta close. Alors l’adorateur s’en alla dans la solitude, il jeûna et pria. Un an après, il revint et frappa de nouveau à la porte et la voix du Bien-Aimé demanda encore : Qui est là ? Et l’homme répondit : C’est toi ! Et la porte s’ouvrit. » (Apologue du Poète Jalalud’d Rumi

LES IRANIENS – RÉVOLUTION RELIGIEUSE EN PERSE

Un intérêt puissant s’attache à l’histoire des anciens Perses.

« Ancêtres de la race Aryenne, dont nous sommes les descendants, ils ont joué un rôle immense dans l’évolution religieuse de l’humanité. Les Ecritures saintes ont fait de leur pays, l’antique Iran, le berceau de l’humanité. »

Nous n’admettons pas ces fables, mais nous affirmons cependant que cette race a eu une influence considérable sur la première civilisation humaine. Nous avons à en chercher la source.

On nous parle beaucoup des migrations de la race Aryenne qui aurait envahi l’Ouest et le Sud-Est, peuplant une partie de l’Asie Occidentale, l’Europe presque entière, et atteignant jusqu’aux Iles Britanniques et à l’Irlande, dont le nom signifie : Terre des Ires ou Aryas.

Mais aujourd’hui que la grande rectification de l’Histoire est commencée, nous savons que ce n’est pas du Sud qu’est venue la lumière, c’est du Nord. Et nous savons aussi, comme l’explique l’Origine végétale (1), que les nations sont toutes autochtones, la terre ne s’est pas peuplée par des émigrations, il n’y a pas eu d’homme primitif créé par la volonté d’un Dieu Créateur dans un endroit donné, l’humanité est sortie de la terre végétale, par voie d’évolution, dans tous les pays en même temps.

Donc il faut abandonner la théorie des émigrations de peuples. Mais si les hommes ne se sont pas déplacés en masse, ce qui a circulé, c’est l’idée, c’est la pensée créatrice qui a fait naître des religions et des civilisations. C’est cela que nous avons à étudier, et nous allons encore ici trouver bien des surprises, c’est-à-dire des explications qui renversent totalement les vieux mensonges historiques auxquels on s’était habitué.

On raconte qu’à une époque reculée, dont on ne saurait fixer la date, mais que l’on place entre 3.000 et 2.500 ans avant notre ère, le pays d’où sort le fleuve Amou ou Djihoun (autrefois Oxus) était habité par des tribus Gynécocrates.

Il existait plusieurs groupes, qui, à des époques diverses, se répandirent dans deux directions opposées : un groupe s’en alla vers l’Est, descendant dans la vallée de l’Indus et plus tard dans celle du Gange, où il se mêla aux indigènes pour former le peuple Hindou ; l’autre groupe se répandit sur le plateau qui s’étend de l’Indus à la mer Caspienne et à la plaine de l’Euphrate et du Tigre.

Au VIème siècle avant notre-ère, les tribus de ce groupe avaient acquis l’hégémonie sur les autres et leur donnèrent son nom, d’où l’appellation d’Aryas qui désigne les Hindous et les Perses, dans les livres de l’Inde.

On dit Airyas dans les livres de la Perse. Il existait entre ces deux peuples une grande analogie de langue et de croyances.

Deux groupes de tribus se formèrent et devinrent le « nord-iranien » et le « sud-iranien ».

C’est du Nord-Iranien que vient l’A-Vesta.

Dans le système chronologique des Perses, on donne 3.000 ans de durée au régime gynécocratique, pendant lequel « le monde a demeuré en paix ».

En effet, tant que dura la théocratie féminine, aucune révolution politique ne se produisit, le calme régna partout, la vie était heureuse et occupée ; l’agitation commença avec l’ambition de l’homme, et c’est après les premiers schismes que l’on vit des aventuriers, mus par un orgueil funeste, secouer l’autorité morale de la Mère et se jeter dans la voie de la rébellion et du crime.

Ce fut environ 20 siècles avant notre ère que cette révolte commença avec Belochus à Babylone, Pradyota aux Indes.

(1) « L’Évolution de l’homme et des animaux, histoire positive du développement primitif démontrée par le développement embryonnaire. 1er fascicule » (1888)

LE LIVRE SACRÉ DES PERSES

Le Livre sacré des anciens Iraniens est l’Avesta, un ouvrage d’une importance capitale.

Il était totalement inconnu de l’Europe pendant le moyen âge.

C’est Anquetil-Duperron qui le fit connaître à la France. Il partit de Paris en 1755 et, après toutes sortes d’aventures, y revint en 1762 avec les manuscrits qu’il avait obtenus des Destours (docteurs) Darobs et Kaous.

Ce ne fut pas sans peine qu’il trouva les possesseurs des livres fameux qu’il cherchait.

Ce fut à grand peine qu’Anquetil-Duperron parvint à obtenir d’eux que les livres lui soient communiqués. Mais ils refusèrent de livrer les manuscrits et consentirent seulement à les dicter.

Ces anciens Mazdéens sont connus, aujourd’hui, sous le nom de Parsis ou Guèbres. Les livres qu’Anquetil a pu trouver et traduire sont :

1°. Le Yaçna le plus ancien.
C’est une collection de documents liturgiques composée d’invocations et de litanies, des prières accompagnées d’offrandes. On y trouve cinq Gâthâs ou hymnes. Le tout en 72 chapitres nommés Hâs.
(Les gâthâs sont rédigés dans un dialecte différent de celui des autres livres. Burnouf les considère comme les plus anciens morceaux de l’Avesta).
2°. Le Visperad, ou connaissance de tout.
C’est encore un recueil d’invocations et de litanies. Il est divisé en 27 kards ou portions. C’est le plus étendu des trois.
3°. Le Vendidad, qui veut dire « donné contre les dews », livre écrit dans la période de réaction contre les femmes.
Les Destours (Docteurs) récitent par coeur le Vendidad tout entier.

Il y avait aussi une collection de prières et de formules liturgiques de date plus récente : le Korda Avesta ou Petit Avesta.

La traduction d’Anquetil fut jugée mauvaise par William Jones et Eugène Burnouf.

Du reste, il avait été induit en erreur par le Destour parsi qui lui avait dicté le livre et n’y avait mis que ce qu’il avait voulu
Et puis, l’Avesta étant déjà une oeuvre altérée, il ne fallait donc plus s’attendre à y trouver « le livre primitif ».

La première traduction française de l’Avesta qui soit considérée comme authentique est due à Monseigneur de Harlez, professeur à l’Université de Louvain. Elle parut à Liège en 1875 et 1877 (trois volumes).
L’auteur en a publié, en 1881 une édition revue qui forme le tome V de la Bibliothèque Orientale.

L’histoire de l’A-Vesta est celle de tous les livres sacrés de l’antiquité ; tous ont eu le même sort parce que leur auteur était une femme, une Déesse qu’on a voulu cacher, et la science que ces livres contenaient exposait des Vérités dont on ne voulut plus quand la Direction de la Religion passa au pouvoir des Prêtres.

L’A-Vesta fut donc altéré dans la suite des temps.

Aussi, pour la clarté de ce qui va suivre, il est nécessaire d’expliquer le titre du livre et d’allumer la lumière sur son auteur, jusque-là, inconnu.

LE TITRE DU LIVRE

Anquetil avait traduit l’expression Zend-Avesta, qui sert de titre au Livre, par « Parole vivante », « Parole de vie ». Il croyait que Zend signifiait vivant, et Avesta parole.

Après lui, on a cru longtemps que Zend désignait la langue primitive.

D’après Burnouf, zend désigne non une langue, mais un livre. Il dérive de zan (connaître) et veut dire « explication, commentaire, paraphrase ». Il sert à désigner la traduction pehlvi de l’Avesta : Avistah va zend, qui signifie « la loi et son commentaire », la loi et sa traduction, pourrait-on dire.

Quant au mot Avesta, les Parsis le remplacent par Dîn (loi), en zend daîna d’après Burnouf. Le mot parole est Mathra. On dit « la parole d’Ormuzd ».

Les Parsis disent de la parole primitive « langue de Mathra », langue de l’Avesta, langue céleste, c’est-à-dire langue créée et parlée par la primitive Divinité.

Notre explication à nous est différente.

Nous remontons plus haut que les traducteurs et les interprètes pehlvis, et nous trouvons ce qu’ils ont ignoré ou ce qu’ils n’ont pas voulu dire. C’est que A-Vesta, d’abord, doit s’écrire en deux mots : A, article, Vesta, nom de la grande Déesse, qui représente l’Esprit symbolisé par le feu.

C’est parce que le titre du livre a cette signification que les prêtres parsis l’ont supprimé et remplacé par le mot Dîn.

Zend a-Vesta voudrait donc dire : Livre de la connaissance de l’Esprit de la Déesse Vesta ou de la Parole Divine.

L’AUTEUR DE L’A-VESTA

Les savants modernes nous disent tous qu’on n’est d’accord ni sur le lieu ni sur le temps où le Mazdéisme parut, ni même sur le nom du législateur sacré.

Il suffit de comparer sur ces divers points la doctrine de Spiegel, Eranische Alterthumskunde, et celle de James Darmesteter, Ormuzd et Ahriman et surtout l’introduction au Zend-Avesta (Annales du Musée Guimet, T. XXI).

Cela n’est pas étonnant. On a caché le nom de l’auteur comme on a caché le titre du livre. Mais nous pouvons facilement le retrouver.

La Perse fut appelée au début Airiana, dont on a fait Eran, puis Iran, l’ancien nom du pays.

Dans l’A-Vesta, on énumère 15 localités excellentes créées par Ahura-Mazda (le principe du Bien), et la première s’appelle Airyana Voeja (1).

C’est de ce mot Airiana que viendra, le nom Airyas, puis Aryas, donné aux Hindous et aux Perses.

Donc on trouve dans le premier Fargard du « Vendidad » l’énumération de « quinze lieux excellents » créés par Ahura- Mazda (la Divinité Femme).

Comment un Dieu cosmique aurait-il créé des tribus sur la Terre ?

Ces colonies sont :
1° Airyana Voeja ;
2° Sougdha,
3° Mourou ;
4° Bakhdhi ;
5° Niça, etc..

La plus occidentale est Varena au nord de la Médie, la plus orientale est Hapta Hendou.

Diodore de Sicile parle du législateur des Arianiens. Dans les anciens livres sanscrits, on les appelle Aryas ; dans ceux de la Perse, Airyas.
C’est du nom Airyana qu’est venu le mot Airya, qui désigne le peuple qui suit sa législation.

De tous ces faits nous concluons que l’auteur de l’A-Vesta, qui a donné au pays sa religion, sa législation et son nom, s’appelait Aryane.
Et nous retrouvons ce nom dans la mythologie grecque qui nous dira que, pour se conduire dans le dédale de la science, il faut « le fil d’Ariane », c’est-à-dire la connaissance de l’A-Vesta.

(1) L’endroit que, dans le Vendidad, on désigne sous le nom de Airyana Vaêjo et où naquit le législateur originel est appelé, dans la littérature Pourânique, Shvêta Dvîpa, Mont Mérou, demeure de Vishnou, etc., et dans la Doctrine secrète on l’appelle simplement la terre des Dêvas sous la Direction de leur chef, les Esprits de cette planète (Doc. Sec., t. III, p. 8).

LES LIVRES PERDUS

Les Perses assurent qu’avant Alexandre les livres sacrés étaient au nombre de vingt-et-un. Ils en conservent la liste détaillée.

Ces vingt-et-un « nosks » traitent de toutes les sciences théogoniques.

En voici les titres avec l’indication du sujet traité dans chacun :

1° Setoud-yesht (louange de la Divinité). Il traite de la nature de la Divinité et de celle des anges. « Culte de louange ». (Ne pas oublier que, dans les temps théogoniques, la Divinité, c’était la Femme vivante).
2° Setoud-gher (celui qui loue). De la prière, de la pureté, des œuvres, etc.. « Ce qui cause du profit ». (Le culte primitif rendu à la femme par l’homme.)
3° Vehesht-Mansré (la céleste parole). De la foi. « Loi excellente ». (Il s’agit de la Vérité révélée par la Femme, devant laquelle elle veut que l’homme s’incline sans discuter.)
4° Bagh (bonheur). Ce livre s’occupe de ce que renferme la loi et de son vrai sens donné par le Dieu (donc la Déesse) grand et saint (Bag veut dire Dieu). (Ceci nous fait savoir que, dans l’Avesta comme dans le Sépher, une Loi était formulée et on lui donnait déjà un sens altéré.)
5° Douazdah Hamast (les douze choses entières). Le sujet est le secours. Ce livre parle du peuple méchant, du monde supérieur, du monde inférieur, de tout ce que la Divinité a fait dans le Ciel (Domaine de l’Esprit), sur la terre, etc.. ; il traite encore de la résurrection, de la voie large, de la création (Dâmdâd).
6° Nader (l’excellent, le rare). C’est un traité d’astronomie.
7° Padfem (les animaux). Il est question des animaux qu’il est permis ou défendu de manger, de leur cuisson (Pâtchâm), etc..
8° Reteshtai (des militaires, des chefs ). Traité de l’autorité, de l’obéissance, des sujets, des juges, etc.. (Ratoushtâiti, souveraineté).
9° Beresht (exécution des ordres ou supériorité). Ce livre parle des juges, examine leurs actions, leurs volontés, etc.. (Barish, direction).
10° Kesesrob (l’agréable parole). C’est un traité de l’esprit, de la science, de l’intelligence.
11° Veshtasp-sah. C’est l’éloge du règne de Veshtasp. On y parle de sa conversion.
12° Khesht. Traité de la connaissance de la Divinité, de l’obéissance due aux rois, de la rémunération de la loi (Dâdâk).
13° Sefand (excellent). Roule (rouleau) sur la science nécessaire aux hommes saints (spent).
14° Djeresht (il fait). Fait connaître les causes de ce qui regarde l’homme et des divers états, ce qui est droit (Tchirast).
15° Baghan-yesht (l’Yesht du Bienheureux). Contient l’éloge du peuple des Dieux (donc des Déesses) et des anges, de l’homme qui s’approche de la Déesse et la remercie de ses bienfaits : c’est le culte des Divinités (Bagân-yast).
16° Nyarem (je ne cherche pas mon bien particulier). C’est un traité des biens et de la manière de les employer.
17° Asparom (le livre par excellence). Traite des œuvres extraordinaires produites par les Nereugs ; fait connaître l’homme de la loi, ordonne des pénitences pour que le Juste dans ce monde soit délivré.
18° Davaseroudjed (qui donne le dernier remède). Secours, connaissance de l’homme et des animaux, ce qu’on doit leur donner (médecine).
19° Askarem (je découvre, déclare). Traité des jugements, des ordres, de l’obligation d’apprendre la meilleure ordonnance des lois.
20° Vendidad (donné pour éloigner le dev). Apprend à l’homme à se garantir des œuvres mauvaises d’Ahriman, de l’impureté, etc.
21° Hâdokht (les Hâs puissants). De la manière de faire des œuvres pures, etc.

ARYANE DANS LA MYTHOLOGIE

Quand les Grecs feront leur mythologie, qui a pour but de cacher le rôle de la femme, ils diront qu’Aryane était fille de Minos, que dans le Labyrinthe de Crète Thésée se serait égaré sans le fil d’Aryane (c’est-à-dire la Science).

Ce qui prouve bien que le Labyrinthe, c’est le symbole de l’erreur, de la parole de mensonge des imposteurs qui sont venus tout embrouiller en supprimant le rôle des femmes et en substituant des Dieux mâles aux antiques Déesses.

Dans les Mystères, la danse des jeunes Cretoises imitait les détours du Labyrinthe.

Dans l’Iliade (chant 17), nous lisons : « Vulcain sur l’armure qu’il prépare pour Achille a gravé des épisodes divers ». L’un représente « un chœur semblable à celui que, jadis, dans la vaste Cnosse Dédale forma pour Ariane, à la belle chevelure. Des jeunes gens et des vierges attrayantes se tenaient par la main, frappant du pied la terre, etc.. » ; ils forment des danses, des quadrilles, etc..

Une autre légende, non moins mythologique, dit que le héros Thésée avait abandonné Ariane, malgré sa promesse de la placer sur le trône d’Athènes, mais que Bacchus la consola en l’épousant et lui donna une couronne d’or qui devint, plus tard, une constellation.
Voilà des idées bien masculines…

A Rome, on donne le nom de Libera (celle qui libère) à Vénus, à Proserpine, et à Ariane. Et Bacchus, par imitation, se fait appeler Liber.
Le mot Liberté désignait une divinité féminine allégorique représentée par une femme vêtue de blanc, tenant d’une main un sceptre, et de l’autre un bonnet (qui devint le bonnet phrygien), et ayant près d’elle un joug rompu. Le nom Libertrites donné aux Muses semble bien indiquer que c’est par la science des grands Livres sacrés que la femme s’est libérée de la première domination de l’homme.

L’Aryane grecque serait la reine Arètès consacrée comme Déesse. Elle est citée par Bachofen qui dit qu’Eusthate considère son histoire comme une fable. Donc on la discute.

Au Vème siècle, les Mages (prêtres) font une revision de certaines parties de l’A-Vesta et racontent les luttes de sexes au point de vue masculiniste.

Cela s’appelle « le combat de Vistaçpa avec Areiat-Açpa ou Arjaçp ». Ce nom Areiat, donné à la femme, semble dériver d’Aryane avec la terminaison at ou et ou eth qui ridiculise les Déesses.

Aryane, selon la fable, chevauche le Léopard qui a sur elle le pouvoir de la suggestion. De tout cela, il est resté le « Lamento d’Aryane ».

DIANA SURNOM D’ARYANE

Les Parsis remplacent souvent le mot A-Vesta par le mot Dîn qui signifie Loi en zend (Dîn fait Dîna et Diana), et l’expression Daena A-Vesta serait synonyme de Diana.

Diana a donc signifié la Loi avant d’être le surnom d’une Déesse. (Comme la loi d’Israël, Ha-Thora, est devenue le surnom de la Déesse Hathor qui en fut l’auteur).

La Force d’Annulation, Secret du 13ème Son

La loi d’Ahoura, « l’esprit Lumière de Diana », paraît constituer le fond du Vendidad.

Diodore de Sicile assure que Diane était singulièrement honorée chez les Perses et que ces barbares célébraient encore de son temps, en son honneur, les mêmes mystères dont elle était l’objet chez les autres nations.

Déjà le nom d’Aryana signifiait jour, lumière ; si on le décompose, on trouve que la terminaison ana signifie ancien et que c’est pour cela qu’elle représente la « lumière ancienne », la science primitive.

Souvent le mot Aryane est remplacé par le mot Ariadné.
Pourquoi ?

J’ai dit que cette histoire allait nous réserver des surprises et que nous allions voir la lumière descendre du Nord. En effet, Ariadné est une corruption du nom de la Déesse celtique Arduina qui donna son nom aux Ardennes (1).

Sa statue retrouvée nous la représente avec sa biche et son chien, comme la Diane des bords du Tibre. Arduina était la patronne des chasseurs chez les Eburons (pays de Liège). Elle avait dans le voisinage du Hélion (la Meuse) une chapelle où chacun des affiliés apportait le tribut marqué pour chaque pièce de venaison (Cailleux, Orig. celt., p. 152).

Quand on a mis les Déesses dans le Ciel, Ariadné a été représentée par la Couronne boréale, appelée aussi couronne d’Ariadné.

On sait que Diane était adorée à Bubaste dont elle était la grande Déesse.

Et ceci prouverait que ce ne furent pas les Hindous d’abord qui furent Aryens, ce furent les Septentrionaux.

La grande Déesse Nehal-Ennia, qui joue un si grand rôle en Occident, est aussi appelée Diana.

La terre Occidentale était appelée le royaume de Nili, c’est-à-dire de Nehal.

D’autres noms ont été rapprochés de celui d’Aryane, notamment celui d’Arthémise.

M. Cailleux fait venir l’Arthémise persique de Herta-Misse, qui serait devenue Artaei. Et il ajoute: « Arthémis serait le nom de la Sibylle de Delphes, appelée aussi Daphné, nom donné aussi à Diane. Arthémis serait une variante du nom de la reine Arètès ».

On nous parle aussi de La fontaine d’Aréthuse où coulait la source sacrée, dans une île de la mer de Sicile (Ogygie). Ce serait encore le souvenir de la même Déesse.

(1) Les Bouddhistes ont dans la pagode de Jikâdzé (Petit Thibet) sept statues qui toutes s’appellent Erdeni (traduction de Arduina).

LA THÉOCRATIE FÉMININE DANS L’A-VESTA

L’Avesta nous fait reconnaître dans Ahoura-Mazda un principe d’antériorité sociale et de suprématie morale. Sa parole véridique, sa révélation, est l’honover (la vérité). Elle enseigna la première science. Plus tard, quand l’erreur, le mensonge entra dans le monde avec son ennemi Ahriman, elle le confondit par sa parole de Vérité.

Lorsqu’au commencement Ahoura-Mazda eut prononcé une fois ce saint, ce fort honover, les membres d’Ahriman furent brisés de frayeur ; elle le prononça deux fois, Ahriman tomba sur ses genoux ; elle le prononça vingt-et-une fois, Ahriman fut abattu et lié pour la durée du premier âge. (Ce sont les vingt-et-un livres dont se compose l’Avesta.)

L’honover se confond perpétuellement et s’identifie avec l’Arbre de la vie, « le hom qui éloigne la mort ».

Ahoura-Mazda est le principe de la vie et de la science. De ce nom, les Perses modernes ont fait Ormuzd.

Burnouf dit : « En Perse, on donnait le nom de Ahura non seulement à Ormuzd, mais aussi à tous les Amschaspands ou esprits-purs et même aux puissances d’un ordre inférieur (c’est-à-dire ayant la pureté constitutionnelle du sexe féminin).

« Ce mot Ahura vient de Ahu, la vie, et de la terminaison d’adjectif ra. Il signifie qui a ou qui donne la vie, celui qui est un principe de vie pour soi-même ou pour les autres (la Mère). C’est le mot védique Asura ; les Asuras sont devenus des diables cornus chez les Indiens. » (Burnouf, Science des Religions, p.170).

Nous savons, par les prières qu’on adresse à Ahura-Mazda, que cette Divinité ne peut être qu’une femme. Parmi les plus anciennes parties de l’A-Vesta se trouve la prière Airyana ichya.

C’est Ahoura-Mazda qui dit : « Je suis celle qui suis ». Les prêtres ont mis celui pour celle.

Le mot Ahoura ou Asura, qui veut dire « vivant d’une vie spirituelle », est un mot que l’on retrouve à chaque instant dans l’histoire de l’antiquité, d’abord comme un titre glorieux, puis comme une ironie, une expression railleuse, quand les hommes se révoltent contre l’esprit féminin.

« Asura » paraît avoir une origine sanscrite, c’est d’abord un titre de noblesse ; on l’écrit Ashoura ou Ahoura. Il semble se confondre à l’origine avec Aishah (la femme). En Assyrie, Ashur et Asherah en dérivent.

Ce nom servit à faire la désignation du grand continent asiatique : Asie, « Terre des Déesses ».

Chez les Iraniens, on mettait « Ahoura » devant les noms propres, comme aux Indes on mettait Dêvi ou Çri. Dans le persan moderne, nous trouvons que « Ahoura » est devenu « houri » ; en arabe, « houria ».

C’est du mot Asura que l’on fit Assyrie, puis Syrie.

Nous retrouvons, plus tard, le mot altéré devenu en grec « Seiren » dont on a fait sérénité, autre titre de noblesse, puis en latin Sirena, qui reste toujours un titre de supériorité féminine.

Et si nous continuons à suivre ces altérations, nous allons voir que Sirène est devenu Irène.

Le nom de Mazda (grande) est presque toujours précédé de « Ahoura ». On dit « Ahoura-Mazda » et par contraction Ahou-ramazda, qui dans la langue vulgaire devient Oromaze, lequel se transforme encore et finit par devenir Ormuzd.

LE CULTE DE VESTA

Le culte de Vesta, c’est la religion de l’Esprit symbolisée par le Feu Sacré, Et qu’est-ce que le Feu Sacré ? C’est l’Agni, le feu purificateur, l’amour sacré, source de la vie et de la pensée, qui confère à la femme la sagesse devant laquelle il faut s’incliner.

C’est cette connaissance qui est la base de l’unité religieuse des races aryennes, qui proclament hautement que toutes les vertus du sexe féminin se résument dans un mot : l’Amour.

Le foyer domestique en est le centre. C’est de la qu’ont rayonné les grandes religions de la terre. C’est pour cela qu’on représente le culte de Vesta comme une manifestation intime d’abord et réduite à une famille, dans laquelle une Mère, source de l’amour divin, est la manifestation vivante de l’esprit.

Burnouf dit : « Agni, le feu de l’amour, est omniscient, connaît les origines, les races divines, les hommes et leurs secrets ».

C’est cette connaissance des réalités qui fait de la Mère le temple sacré qu’on vénère. Mais le culte de Vesta franchira les limites de la primitive famille pendant que le premier groupe, s’élargissant, deviendra ce que, en Grèce, on appelait une phratrie, réunion de frères vivant en commun sous l’autorité spirituelle d’une Mère, qui sait et qui enseigne.

Ces petites sociétés devinrent des tribus ; les tribus devinrent des cités. Et en même temps que s’agrandissait le groupement, s’amplifiait le prestige du Feu sacré, c’est-à-dire de l’Esprit divin, qui n’a jamais cessé de rayonner partout où il y eut une Mère.

Chaque Cité avait sa Déesse-Mère et son foyer sacré (temple, collège, église), qui était regardé dans ces temps bienheureux comme la partie essentielle et vitale de la cité tout entière, celle dont la conservation importait principalement au salut de la collectivité.

A Rome, la tribu prend le nom de Curie et adopte le culte de Vesta à une époque que nous ne pouvons pas préciser, mais qui devait être fort antique, puisque la tradition donnait une Vestale pour mère à Romulus.

On trouve à Rome l’institution du collège des Vestales et plusieurs temples dédiés à Vesta dans des temps très reculés. De plus, on conserve dans ces temples ce qu’on appelle le Palladium, c’est-à-dire la science du Livre sacré, comme un dépôt qui doit être religieusement gardé et honoré.

Ainsi donc la famille primitive organisa la Société tout entière à son image ; partout elle introduisit ses institutions, elle pénétra tout de son esprit ; ce qui est une grande leçon sur la force des sentiments de la vraie famille, celle qui se groupe autour du foyer sacré de l’Esprit divin.

Burnouf dit encore : « Agni est conçu comme le sein maternel ».

Tant que les primitives idées religieuses conservèrent quelque force, la nécessité d’un foyer commun s’opposait à toute extension démesurée de la cité. C’est ainsi que la Grèce entière resta sous le régime maternel jusqu’à son asservissement.

En second lieu, de même que la famille reconnaît une autorité absolue dans la Mère, la cité conserva toujours dans son régime intérieur quelque chose de l’autorité morale de l’Esprit.

Mais le dualisme humain suivait sa double évolution. Il y eut des hommes qui considérèrent la science et surtout la morale comme tyrannique et oppressive de leur liberté. Et c’est ce qui introduisit dans la primitive famille un esprit de défiance et d’exclusion à l’égard de ceux qui perdaient la foi et le respect et qu’on considérait alors comme des étrangers. Aux yeux des fidèles, c’était un ennemi (hostis) ; ainsi l’appelle le plus vieux monument qui a été conservé de la tradition romaine : la loi des douze tables.

La religion du foyer, le culte de Vesta, a fait la force de la Société ancienne matriarcale, elle a été la source des institutions qui ont fait vivre l’humanité, elle a dicté une loi morale qui montrait la différence des deux natures masculine et féminine et établissait les lois sociales sur cette différence, donnant à la fille le foyer, c’est-à-dire le domaine où sa mission maternelle devait s’accomplir. Si bien que toute la constitution de la famille antique peut être rattachée au culte de Vesta.

C’est cette continuation du rayonnement de l’Esprit que représentera l’entretien du Feu sacré, qu’aucune femme ne doit laisser éteindre en elle.

De cette idée naîtra un enseignement donné par des femmes consacrées au culte de Vesta, les Vestales, qui doivent préserver l’Esprit de Vérité de toute contagion étrangère ; c’est pour cela qu’on leur défend de subir la suggestion mensongère des hommes qui suivent la voie de l’erreur.

Et ceci nous explique l’origine de l’idée de sainteté attachée à la Virginité.

Frédérica Brémer dit (Hertha, p. 19) :
« Dans les temps anciens, on croyait qu’il y avait quelque chose de grand et de profond dans la Femme, qui ne pouvait se développer qu’autant qu’elle restait seule. Alors les femmes étaient prêtresses. Cette croyance est maintenant perdue ».

SABEISME

Mais si les femmes rejettent la domination de l’erreur, elles veulent cependant l’obéissance aux lois de la nature, et la première loi qui s’impose à elles, c’est la maternité.

La réglementation des unions est un grand chapitre de la religion naturelle. Chez les Iraniens, comme dans toutes les autres contrées, une loi morale fixe la discipline des unions. Pour éviter les abus dont les femmes ont tant souffert dans la période antérieure, les unions ne seront permises qu’un jour par semaine, et s’effectueront dans un endroit consacré.

« La pureté de pensée, la pureté de parole, la pureté d’action sont indispensables pour rejoindre les Dêvas », disait l’ancien A-Vesta ; et il ajoutait : « Avoir le plus haut idéal devant soi et s’efforcer incessamment de s’y élever ».

Ce haut idéal, c’est la communion des esprits et des cœurs.

Nous avons vu plus haut qu’on recommande aux fidèles d’être purs de corps et d’âme, pour se présenter devant la Déesse.

Ils observaient la loi, qui semble avoir été générale, de la consécration hebdomadaire, c’est-à-dire l’abstinence pendant les six jours de la semaine, le septième étant donné à la Déesse.

C’est ce septième jour, appelé Sabbat, sabado ou sapta, qui donne son nom au culte des anciens Iraniens.

Les Sabéens avaient donc l’habitude de se purifier une fois par semaine pour se présenter à la Déesse, et les ablutions sont appelées sobba (abluo, laver, purifier).

De sobba on fera Sabéens, mot qui servira à désigner ceux qui observent cette coutume. C’est ainsi que le mot Sabéisme servira à désigner la religion de l’A-Vesta.

C’est de sobba qu’est venu le mot sabbat, jour consacré à la Divinité, et aussi sabado (samedi en espagnol).

Mais on en fait dériver aussi le mot Sabaeus, encens, ce qui nous ramène à l’idée du culte.

Du reste, le caractère sacré de cette rencontre va être le fond même de la morale religieuse.

On donne le nom de Saba à une ville de l’Arabie Heureuse où les unions se faisaient, et nous trouvons une nation scythique d’origine iranienne appelée Saca. Là, la terminaison du mot est modifiée, et cela va nous servir à expliquer l’origine d’une expression devenue universelle ; c’est le mot sacré qui signifie à la fois caché et sanctifié.

« Pas de sacrifice sans prière et sans préparation spéciale », disait-on.

En effet, le jeune homme qui veut se rapprocher de la Déesse qu’il aime, se purifie d’abord, c’est-à-dire se livre à des soins corporels afin de paraître « plus agréable à la Divinité ».

Cette purification qui précède le « sacrifice » sera réglée par les rites qui expliquent avec grands détails les soins de propreté que les religions primitives imposaient. C’était la première condition pour s’approcher de la Divinité.

La seconde était un état de sainteté appelé qods ; ce qui veut dire que moralement il devait se rendre digne d’Elle. C’est cet état que les prêtres prétendent donner par la confession.

Après ces conditions remplies, l’homme implorait la charité divine. Et si nous cherchons l’origine de ce mot, nous la trouvons dans la racine ghar, un mot aryen, qui signifie Désir, amour, ce qui charme, ce qui brille, et aussi corps gras ou onctueux.

Voilà bien des significations dont on sent facilement l’enchaînement. Enfin, de cette même racine ghar, nous verrons, se former un verbe grec dont le sens est se réjouir et qui servira à faire le mot eucharistie.

Il y a donc une parenté étymologique entre charité et charistie (eu signifie bien), et tous deux expriment le désir, l’amour.

Le sacrifice, tel qu’il était compris dans les religions primitives, signifiait : « ce que l’homme et la femme sacrifient de leur être pour faire la vie de l’enfant ».

Le sacrifice masculin était donc différent du sacrifice féminin tant au point de vue physiologique et chimique qu’au point de vue moral.

Si nous remontons aux étymologies, nous voyons que le mot primitif qui désigne le sacrifice, hu, signifie projicere, libare. Il est dérivé de havis, homa, que l’on traduit par « beurre clarifié ». C’est la sécrétion masculine.

Plus tard, le homa deviendra hôtra, dont on fera hostia. On appelait le sacrificateur hôtar, celui qui verse. On appelait l’organe qui produit la sécrétion guhû, que dans le Dictionnaire de M. Pictet on traduit naïvement par cuiller qui sert aux libations. Enfin on appelait ahâva, vase pour verser, l’endroit où la libation était projetée. Dans le Rig-Véda, les offrandes liquides sont appelées havis, agya, sarpis, sôma, drapsa, etc..

On appelait aussi le sacrifice Adhvara, mot qui veut dire en sanscrit : « ce qui ne doit pas être troublé ou interrompu ».

La racine su, en zend hu, s’applique dans les Védas et l’Avesta à l’action d’extraire par la pression le suc de l’Asclépiade, pour en composer le sôma ou haôma, la liqueur sacrée offerte aux Déesses, et personnifiée elle-même (par les masculinistes) comme une Divinité.

Toute la symbolique antique est dissimulée derrière des mots à double entente qui, dans leur acception familière, se rapportent à la nourriture. Ainsi on dira: « Les humains (hommes) se nourrissent des fruits de la Terre, les Divins (femmes) ne mangent pas, leur nourriture est céleste ». Pour comprendre ceci, il faut savoir que manger signifie projicere. On nous dit aussi, à propos du mot libation, que c’est une cérémonie religieuse qui consiste à remplir un vase de vin ou de lait, qu’on répandait après y avoir goûté.

LA SCIENCE DE L’AVESTA

Justin parle des Iraniennes en les appelant « les Prêtresses du soleil », parce que la cosmologie faisait l’objet d’un enseignement donné dans leurs Mystères.

Dans leurs temples se trouvaient des sphères évidées composées de cercles d’or qui tournaient au lever du soleil.
On les voit encore à Oulam, où les Guèbres ont un temple (Rabbi Benjamin).

La traduction nous parle des huit principes attachés à chacune des sphères. L’A-Vesta les appelle des Amschaspands. Ce sont les principes de vie qui forment le septénaire, (les Elohim des Hébreux).

Les prêtres ignorants les ont appelés les sept cieux et ont dit que c’était sept manières de voir le ciel suivant les sept positions que la terre a occupées.

En réalité, ce sont les principes chimiques qui donnent leur couleur aux astres incandescents et forment autour des planètes des zones colorées que l’arc-en-ciel nous révèle. Il est bien évident que l’aspect du ciel change pour ceux qui l’observent suivant la place qu’ils occupent sur la terre, puisque dans l’hémisphère austral on voit des étoiles qu’on ne voit pas dans l’hémisphère boréal.

Dupuis, dans son Origine de tous les cultes, nous parle d’un temple de Ceylan dans lequel on représente les sept corps actifs de l’Univers. (Voir Dupuis, Origine de tous les cultes, p. 31).

Dans le même ouvrage, il est parlé des Arrakanas, qui ont un temple élevé à la Lumière, sous le nom de temple des atomes du soleil.

Donc, on savait que la radiation solaire est atomique. Bien plus, on connaissait ses propriétés chimiques, puisque dans l’A-Vesta il est dit : « Les astres qui sont germes de l’eau, germe de la terre, germe des astres ».
Tout cela est en concordance parfaite avec la science que nous reconstituons.

Mais, comme partout, la Cosmogonie fut confondue avec la vie psychique, quand les Prêtres cachèrent dans leurs Mystères la loi des sexes.

Alors on mêla, avec l’intention d’égarer les esprits, le Feu Sacré de la Déesse, la lumière de son Esprit, qui avait été symbolisée par le Soleil, avec le feu physique dont parlait la Cosmographie.
L

es Mages confondirent volontairement le symbole moral avec la représentation physique.

Cependant, quelques-uns disent qu’ils n’adorent pas le Soleil, mais qu’ils adorent celui dont la tente est dans le Soleil.

Le Soleil reste le symbole de l’Esprit, du feu sacré, pour les plus savants, mais celui qui sera ainsi représenté prendra le sexe masculin, naturellement.

C’est Persée qui masculinisa la Perse en y apportant la Magie noire. Alors, tout devint absurde et incohérent.

Qu’on en juge :

C’est M. Charma, dans un ouvrage intitulé La Perse (p. 478), qui va nous dire ceci :
« Le feu sacré sera soigneusement entretenu ; on ne manquera pas d’y verser des parfums a la dernière prière du jour, c’est-à-dire à minuit ; que jamais une goutte d’eau ne l’éteigne. Lorsqu’un incendie s’allume, les fidèles jettent dans les flammes des pierres, des tuiles, de la terre. Ils coupent la charpente des maisons, et obligent le feu à s’étouffer en quelque sorte lui-même sous les ruines dont il se couvre, mais ce n’est pas avec de l’eau qu’ils se permettraient de l’éteindre. Le souffle de l’homme est impur ; pour ne pas souiller le feu devant lequel on prie, on ne s’en approche jamais sans se couvrir les narines et la bouche d’un linge double de 6 à 7 pouces carrés, qu’on attache derrière la tête avec le cordon qui y tient. Le linge s’appelle Penom. On n’éteint pas sa lumière comme nous le faisons, en la frappant de son haleine, mais en agitant l’air avec sa main ou avec un éventail ».

D’autre part, Strabon nous dit :

« A quelque Dieu qu’un Perse sacrifiât, il commençait avant toutes choses par adresser des prières au feu sacré éternel, que les Mages entretenaient sur un autel près duquel ils prononçaient des paroles mystiques et entonnaient des chants sacrés ».
Parmi ces paroles mystiques, il y avait celle-ci : « Seigneur feu, nourris-toi » (formule conservée par Maxime de Tyr).
Mais cette grande religion qu’on appelle « Religion astrale », « Religion solaire ou héliaque » enseigne encore d’autres vérités, notamment ceci : Deux grandes causes règnent dans l’univers, Zervane et Akéréné.

Akéréné, l’espace sans limite, c’est l’Ether universel (sans limite) appelé par les Hindous Akâsha, d’où on a fait Akarana, état inactif de la substance universelle.

Nous l’appelons l’Ether-Azote, parce que les modernes ont appelé « azote » ce que l’antiquité appelait éther.
Quant au principe appelé Zervane, « le temps sans borne », c’est la force éternelle représentée par la radiation des astres incandescents. C’est la cause des causes, celle qui régit l’Univers, dirige toute la physique cosmique, et crée la vie en fécondant le principe passif, l’Akéréné, la présubstance primordiale.

On trouve dans le Sharistha que lorsque la puissance suprême (Zervane) organisa la matière de l’Univers, elle envoya sa volonté sous la forme d’une lumière éclatante, façon incompréhensible d’exprimer que la radiation, qui est la force, fait la lumière. (toute cette Science est expliquée, dans ce blog, dans l’article « COSMOGONIE ».)

Cette puissance cosmique engendre l’ « Etre absolu dans l’Excellence », la Divinité terrestre Ahura-Mazda, accompagnée d’autres types immortels, les Ferouers ou Fravashis, qui sont des Esprits incarnés dans des corps mortels. Ceci vient de l’altération des textes.

Il ne faut pas entendre par là que les esprits peuvent, être séparés des corps. L’esprit, en nous, est le résultat de la somme totale de notre influx nerveux. Quand on a dit qu’il était immortel, on a entendu par là que la somme de vie qu’il représente n’était pas diminuée par les actes sexuels. C’est pour cacher cette loi qu’on a inventé un Esprit immortel existant hors de nous.

D’altération en altération, les conceptions primitives arrivent à représenter des idées qui n’ont plus aucun rapport avec la Vérité simple qu’elles ont exprimée au début.

Ainsi, M. Hanway nous dit : « Le trône de Dieu est dans le Soleil, disent les Perses, de là leur vénération pour cet astre ».

Les Perses ne voulaient pas qu’on personnifiât les dieux depuis qu’on avait mis dans l’ombre le nom de la Grande Déesse Vesta. Alors on créait pour les remplacer toutes sortes de figures bizarres.

M. Charma nous dit : « Le temps sans borne et le temps limité nous sont parfois représentés par les livres saints sous la figure d’un oiseau ».

En général, on regardait les oiseaux comme les interprètes de la Divinité parce que, fendant les airs, ils paraissent monter de la terre au ciel, ou descendre du ciel sur la terre. A Babylone, les Mages en nourrissaient quelques-uns, qu’ils tenaient enfermés dans des cages d’or et qu’ils appelaient langues, ou même langue des Dieux (La Perse, p. 455).

C’est l’origine des langues de feu, parce que la langue a la forme de la flamme, ou parce que la radiation solaire parle à l’esprit en le vivifiant, comme la langue parle à l’oreille.

Et c’est ainsi qu’on arrive à confondre la puissance spirituelle de la Déesse vivante avec la puissance physique du Soleil. Comme en même temps on changeait les noms, on arriva à faire une mythologie sans fondement.

Ainsi on nous dit que : Ormuzd, l’Asura des temps primitifs, est le premier des Amschaspands.

Mais au-dessus de ce dieu personnel et vivant, agent suprême de la création (maternelle) et ordonnateur du monde (elle est dite : grand architecte), se trouve l’être absolu et impersonnel (le soleil) dans l’unité duquel tous les êtres vivants et Ormuzd même se résolvent.

Cette dernière phrase, qui indique une vérité, nous montre comment on a mêlé la vérité et l’erreur.

L’ORIGINE DES ÊTRES ORGANISÉS

La Genèse naturelle opérée par le Principe de Vie qui règne dans l’Univers, est racontée dans l’Avesta. Mais la rédaction que nous en avons date d’une époque relativement récente et à été révisée par des prêtres qui ont confondu Ormuzd avec Zervane, la Déesse avec la radiation solaire, parce que ces deux principes sont générateurs, mais de façons bien différentes.

Zervane, la force cosmique, crée le germe de la vie à la surface terrestre. Ormuzd, la Femme, la renouvelle, la perpétue. Elle est dite « le corps des corps » (le corps qui engendre les corps) ; mais comme elle est en même temps « la grande lumière, la grande intelligence », on la confond avec le Soleil, et comme l’organisation sociale émane d’Elle, on dit que « l’Univers est son émanation ».

Pour comprendre l’antiquité, il faut savoir faire la part de l’exagération et surtout de la confusion faite entre la Divinité terrestre et le principe cosmique.

Donc on attribue à Ormuzd ce qui vient du Soleil et on dit :

« En trente jours (30 époques), Ormuzd, secondé par les Amschaspands (1), produisit trente espèces d’arbres fruitiers qui crûrent sur la Terre comme le cheveu croît sur la tête de l’homme.

« En 80 jours, moi, Ormuzd, aidé des Amschaspands, j’ai bien travaillé, j’ai donné les animaux.

« Les premiers animaux passèrent, sans prendre aucune nourriture, mille jours et mille nuits (transition entre la vie végétale et la vie animale). Ce temps expiré, ils se mirent à boire de l’eau, ensuite ils mangèrent des plantes ».

Apparition de l’homme :

« En 75 jours, moi, Ormuzd, aidé des Amschaspands, j’ai bien travaillé, j’ai donné l’homme.

« Le premier homme, Kaïomortz, avait la peau blanche, le teint brillant, et des yeux avec lesquels il regardait en haut ».

Ceci indique la station renversée de l’arbre qui donne aux yeux la position uranoscope, que gardent certains animaux inférieurs, tels les céphalopodes.

La peau blanche et brillante, c’est l’écorce décortiquée.

« De sa semence, après 40 ans, sortit un arbre à 15 feuilles ».
C’est-à-dire 15 bourgeons axillaires, cinq pour chacun des trois centres végétatifs : la tige médiane et les deux ramifications latérales. C’était donc un arbre ramifié en quinconce (les botanistes appellent ainsi l’arbre qui do (voir l’article « NOS VÉRITABLES ORIGINES »)

« Cet arbre qui portait pour fruits 10 espèces d’hommes, figurait par chacun de ses fruits deux corps (mâle et femelle) disposés de manière que l’un avait la main dans l’oreille de l’autre. (C’est-à-dire tournés l’un vis-à-vis de l’autre, allusion grossière des prêtres).
« Ces corps étaient si étroitement liés qu’on ne voyait pas quel était le mâle, quelle était la femelle. Lorsque le premier de ces groupes eut quitté entièrement sa forme d’arbre pour prendre celle d’homme, l’âme, qui avait été créée avant le corps, s’y mêla ; Meschia et Meschiané naquirent. »

Il est impossible de trouver une affirmation plus catégorique de l’origine végétale.

L’origine aérienne est affirmée dans cette phrase :
« Hommage à la terre, la sainte femelle qui porte l’homme ».

Ailleurs et plus tard, nous voyons l’origine végétale affirmée d’une autre manière : on immole en l’honneur de Mithra un taureau ramifié comme l’embryon qui repasse par les formes végétales et dont la queue porte des fleurs et des fruits.

C’est ainsi qu’un grand nombre de monuments en gardent le souvenir dans des bas-reliefs qui représentent l’animal immolé.

Dans le Bundehesh, les sexes sont différenciés par leurs fonctions ;:

  • Le Féminin qui sécrète les ovules est « l’arbre de toutes les semences s’élevant dans le courant sacré de l’Océan ».
  • L’autre, le mâle, est « le blanc Haôma qui distille l’ambroisie ».

La restitution, des corps à la matière universelle, qui les remet en circulation, est ainsi annoncée, toujours dans le Bundehesh (Ch. XXXI : extrait ) :

« Par la volonté d’Ormuzd, les éléments rendront ce qu’ils ont repris au corps qu’ils avaient une première fois formé ; de la terre reviendront les os, de l’eau reviendra le sang, des arbres les poils et les cheveux, et la vie reviendra du feu comme à la création dès êtres.

« Les plantes, en sortant des mains d’Ormuzd, n’avaient ni peau ni épines ; la liqueur que l’homme en exprimait était toujours salutaire. Depuis l’arrivée de l’ennemi, une foule d’arbres ont couvert leur tissu d’une épaisse enveloppe ; ils blessent par des pointes aiguës, dont leur écorce est armée, le doigt qui les approche, et mille sucs mortels découlent de leur sein.

« Aux plantes vénéneuses et épineuses se joignirent les bêtes malfaisantes, les Khasfesters. Voici venir, entre autres : le scorpion, le crapaud, la couleuvre, le loup, la mouche, la sauterelle, la fourmi, le lézard. Ces animaux ne nuisent pas seulement pendant leur vie, ils sont funestes même après leur mort. (Ils laissent dans le monde des venins. Tout ceci est symbolique ; les hommes méchants étaient comparés aux animaux nuisibles parce qu’ils causaient la même horreur.)

« L’homme avait été mis dans ce monde pour être le « roi du temps » et combattre les Dews. Cette sainte mission fut d’abord fidèlement remplie. Cependant, les deux premiers âges du monde, mesurés par l’agneau, le taureau, les gémeaux, le cancer, le lion et l’épi, s’étaient écoulés. La balance paraît, Péétiarch se lève. Meschia, le père du genre humain, cède, aux artifices du serpent infernal. »

C’est l’homme qui est tenté par la passion funeste symbolisée par le Serpent.

Si l’homme était resté dans la vie végétale, il aurait été le puisque la vie végétale, dans des conditions favorables, n’a pas de bornes ; c’est la synthèse organique indéfiniment prolongée. Mais il devait arriver au mouvement qui donne les caractères de l’animalité et plus tard à la reproduction qui divise l’âme de l’homme et la rend mortelle, faisant entrer dans le monde le principe du mal.

(1) Les sept Amschaspands ont été à l’origine les sept forces cosmiques qui régissaient l’univers, les principes chimiques générateurs des couleurs et des vies formant un septénaire. Dans la deuxième période religieuse, celle du magisme des Prêtres, on en a fait des intelligences célestes, sept archanges, qui personnifient les sept vertus de la Divinité, qui la rendent sainte. Leur nom Ameshâ-çpenta signifie saint, immortel.

Ces vertus sont souvent citées dans l’A-Vesta. Ce sont :
– Vohou-mano…Le Bon Esprit
– Acha…La Sainteté
– Kchatra…La Puissance
– Armaïti…La Sagesse
– Haourvatât…L’Intégrité
– Ameretât…L’Immortalité
– Sraosha…Le guide, le protecteur

LES MONTAGNES DE CAF

C’est dans les montagnes de CAF que se réfugièrent les femmes poursuivies et persécutées ; elles ont une histoire légendaire. Ces montagnes, célèbres dans l’antiquité, appelées montagnes de CAF ou de DAMAVEND, sont devenues le Caucase même, elles s’étendent de la Mer Noire à la Mer Caspienne.

C’est dans les défilés de ces montagnes qu’eurent lieu les batailles des Amazones.

Toutes les guerres avec les Dives ont leur théâtre près de ces montagnes, sur les rives de la Mer Noire, c’est là que se trouve le Thermodon.
Quand les faits primitifs furent dénaturés pour justifier le règne de l’homme, on cacha l’histoire réelle sous des fables, et voici ce qu’on raconta pour remplacer la tradition des premiers Perses :

« Surkage, fameux Dive, du temps d’Adam, rêgnait sur les montagnes de CAF ; il défendit à ses sujets de molester les enfants de Seth (ce sont, semble-t-il, les Péris), et ce dernier leur donna Rucail son frère, versé dans toutes les sciences, pour l’éclairer et gouverner ses Etats ».

On voit clairement que cette légende a été faite par la caste sacerdotale pour justifier l’usurpation de l’homme et sa prétention d’enseigner les sciences et de régner, mais il règne d’abord comme un frère à côté d’une soeur qui vient lui prêter son appui.

Une autre légende bien connue est celle de Prométhée (l’homme) qui déroba le feu du Ciel et qui, suivant Hésiode, le conserva dans la tige d’une plante nommée férule dont la moelle se consume lentement et où le feu couve et brûle sans endommager l’écorce. Symbolisme transparent du feu des passions. Faut-il faire remarquer que cette tige appelée férule est le linga des Hindous ?

Prométhée vécut aux environs de cette montagne du Caucase, résidence des femmes (la mère de Prométhée s’appelait Airia), et c’est là qu’il est enchaîné (par les passions). C’est que le pays des Fées, des Dives ou des Péris est appelé Schadukian, nom qui veut dire plaisir ou désir (BAILLY, Lettre sur l’Atlantide p. 170).

On y avait mis le paradis terrestre des Perses. Pour les Orientaux, les Montagnes de Caf devinrent le pivot du monde ; la légende dit qu’elles sont posées sur une pierre et que, quand on l’agite, cela fait trembler la Terre. Cette pierre est une émeraude et les rayons qu’elle réfléchit font la couleur azurée du Ciel. Des débris de ce pivot du monde viennent toutes les richesses (toutes les sciences).

Plusieurs dictons sont restés dans les langues orientales, tels ceux-ci :

« Lorsque le soleil parut sur les Montagnes de Caf ».

Ce soleil qui parut, c’est évidemment l’Esprit féminin ; j’en conclus que c’est là qu’étaient réfugiées les femmes qui enseignaient l’Avesta.

On dit aussi « depuis Caf jusqu’à Caf », ce qui veut dire d’une extrémité de la Terre à l’autre. Autrement dit, Caf résume tout. Dans le langage symbolique de l’époque intermédiaire (1), on dira qu’il faut passer, pour y arriver, un très grand espace de pays ténébreux où le soleil ne porte point la lumière (c’est le monde des conquérants masculins ).

Nul homme n’y peut aborder s’il n’est conduit par une intelligence supérieure, par quelque Fée ou Génie ; et l’on ajoute perfidement : « c’est là que les Dives ont été reléguées lorsque l’homme fut créé par Dieu pour prendre l’empire du monde ». (Herbelot, pp. 230 et 231 ).

Ces montagnes restèrent longtemps l’objet du respect des hommes, et le lieu où l’on rendait un culte à l’Etre suprême.

Les Chinois, les Indiens vénéraient les montagnes de Caf et y faisaient des pèlerinages, suivant le témoignage de M. Dauville.

Nous trouvons encore une autre tradition concernant le Caucase, c’est celle qui nous le représente comme étant le rempart de Gog et de Magog.

Or, Gog, c’est l’homme ; Magog, c’est la Femme (2).

Mais, à cette époque de lutte, l’homme est d’un côté de la montagne, la femme de l’autre. Et la montagne qui les sépare est si haute qu’il fallait 17 jours pour faire parvenir, à dos de chèvres, les denrées nécessaires à la subsistance des Dives, c’est-à-dire pour monter au sommet de la montagne et descendre sur le versant opposé où était le pays de Magog.

Diodore de Sicile nous raconte aussi le combat des Dives contre les hommes ; il nous les montre combattant Jupiter (c’est-à-dire ses partisans) de leur citadelle du Caucase et lançant sur Jupiter des rochers pour le tuer. Hercule vint au secours de Jupiter qui, en reconnaissance de ses services, lui donna le nom d’Olympien (Diodore, T. II, p. 35). Ce sont les guerres de Moïsasor et celles de Briarée contre Jupiter. (Se rappeler que le mot Moïsa signifie Muse dans le dialecte éolien).

Nous voyons dans ceci un fait à constater : c’est que le premier ennemi de La femme, c’est L’usurpateur de son droit maternel, qui veut mettre Jupiter à la place de Déméter, c’est le prêtre, et l’homme qu’il appelle à lui pour l’aider et dont il se fait un allié, c’est l’homme fort, le guerrier, Hercule.

(1) On en dira autant du Mont Mérou. Sur le Mont Mérou le soleil ne se couche pas.

Ceux qui ignorent que le Soleil est ici le symbole de l’Esprit ont cru que le Mont Mérou était situé au pôle puisque le Soleil ne s’y couche pas.

(2) Gog et Magog, Gin et Magin, Tchin et Matchin, sont des dénominations du couple humain.

C’est de ce Tchin qu’on a fait le nom de la Chine ; mais le nom de la race Mongole vient de Magog.

On assure que la particule Ma signifie en deçà, et on conclut que cela voulait dire en deçà des montagnes, alors qu’il s’agit d’une idée morale. Ma signifie Mère, en celtique il indiquait d’abord « ce qui dépasse », au delà ; c’est par opposition masculiniste qu’on dira en deçà.

Magog a formé les mots Mage, Majesté, Magister, Magistrat, Magda (grande), que nous retrouvons dans Matmat (les grands). Magda a fait Magnitude, Magnificence, Magnanimité.

La défaite du pouvoir féminin par le peuple fut appelée démagogie.

LES AMAZONES

La mythologie nous dit qu’Euristée imposa pour neuvième travail à Hercule de lui apporter le baudrier de L’Amazone Hippolyte. Le héros traversa le Pont Euxin et alla chercher les Amazones dans un lieu nommé Témiscite (Thémis-Cité) sur les bords du Thermodon ou de la mer Caspienne ; c’est là, dans les pays qui séparaient la Perse du Caucase, qu’habitaient les Amazones.

Diodore nous renseigne sur ces femmes guerrières, habitantes des rives du Thermodon, et nous parle de leur souveraine, la Reine Orythrie (Orythie ou Orythya), célèbre par sa valeur et sa vertu.

« Sa gloire était grande, dit-il, elle soumettait les peuples les uns après les autres, faisait des hommes captifs des esclaves et les employait aux travaux les plus bas ».

Ceci semble une appréciation partiale.

Elle voulut venger ses soeurs qui avaient été insultées par Hercule et par Thésée.

Les Amazones de Scythie n’étaient pas moins célèbres. Diodore de Sicile nous parle aussi des Amazones d’Afrique et nous dit qu’elles étaient plus anciennes que celles d’Asie qui subsistaient encore au temps du Siège de Troie.

Ces anciennes Amazones régnaient dans une île appelée Hespérie, parce qu’elle est située au couchant du lac Tritonide. Ce lac était voisin de la montagne d’Atlas.

Diodore de Sicile nous dit (ou on lui fait dire; T. I, p. 435) que les Amazones attaquèrent les Atlantides et les soumirent, et qu’elles furent aussi en guerre avec les Gorgones dont Méduse fut la reine ; ce qui est invraisemblable. Malgré cela, suivons-le :

« Toutes ces femmes guerrières habitaient l’Afrique. Myrine, la reine des Amazones, partit avec son armée de femmes, elle traversa l’Afrique, alla en Egypte, s’en alla attaquer les Arabes, soumettre la Syrie, et ensuite s’avança vers le Taurus ou le Caucase où se trouvaient ses sœurs, les Amazones d’Asie. »

Le même historien nous les montre revenant en Afrique, et c’est là que sont vaincues, par Hercule, les Gorgones et les Amazones (1). (C’est la lutte des Oies contre les Pygmées. L’oie était le symbole masculin, les Pygmées représentaient, les petites femmes.)

Pour terminer cette histoire des Dives, il faut, faire remarquer que lorsqu’elles ont disparu comme peuple, elles n’ont plus existé que dans les vieilles légendes qui en ont fait des êtres surnaturels, mais cela n’empêche pas qu’elles eurent une réalité historique.

Bailly le constate dans ses lettres sur l’Atlantide, il dit :

« Les , Dives, les Péris, Les Fées, furent une race humaine, mais une race séparée par un long intervalle de temps, une race vue à travers un voile et dont l’idée, longtemps vivante dans Le souvenir, a été exagérée ou par la crainte, ou par l’amour.
« Les Fées et les Génies sont restés dans l’ordre des choses naturelles. Aujourd’hui la raison nous éclaire ».

Plus tard, les fées furent vaincues et leur action supprimée du monde ; mais l’homme qui s’était habitué à leur appui voulait encore chercher leur esprit dans les souvenirs du passé ; il les chercha dans l’invisible, et alors on créa les esprits errants dans le monde.

L’homme vainqueur, sentant sa faiblesse, sa dépendance, s’apercevait que le monde est gouverné par quelque chose de meilleur que lui ; ce sentiment intérieur est à la base des religions, il a dirigé l’imagination des hommes, qui ont donné naissance à différents êtres, à différentes espèces d’esprits, suivant qu’ils étaient plus grossiers ou plus éclairés, et finalement en ont fait des âmes libérées des corps, des âmes immortelles, dans le sens qu’ils donnèrent à ce mot ; ce furent des esprits voltigeant autour d’eux, des lutins, des lémures.

Chez les Romains, on appelait larves les âmes des méchants, celles des bons étaient des lares qui gardaient, dans cette existence surnaturelle, les qualités de la fée réelle ; elles restaient les gardiennes, les protectrices, les génies bienfaisants ; il fallait les consulter, les invoquer, les prier, quand on sentait le besoin d’une vie meilleure que celle que L’homme conquérant, brutal et inintelligent, avait instaurée.

(1) Cuna en Amérique et en Europe signifie « femme » ; Cuna (en guarani, en Scandinave) devient en grec Gyne ; de Gore-cuna on a fait Gorgone.

LE PAYS DES AMAZONES

Lors de la grande émigration de la colonie voyageuse des féministes, dans les contrées vierges où elles allaient dresser leurs tentes, ces femmes emportèrent les sciences et les arts sauvés du naufrage (c’est ce qui, dans la légende du déluge, est représenté, c’est-à-dire remplacé, par des animaux vivants).

Et ceci explique que dans la grande révolution contre les femmes, alors que les hommes parcouraient toute l’Europe pour détruire leurs villes, ils trouvèrent seulement à l’Orient de la Baltique une nation imprenable, une invincible résistance. La Déesse des Esthoniens avait là ses fidèles dévoués, établis pour pousser en avant la propagande féministe contre l’ennemi, dit Tacite. « Ils portaient l’image du sanglier pendue à leur cou, c’est pourquoi du mot sus ils furent appelés Suiones, et du mot boar (sanglier) ils reçurent plus tard le nom de Borusses dont nous avons fait Prusse. »

Le nom Amazone que prirent ces femmes était une altération de Ahura-Mazda, qui devint d’abord Oromaze, puis Ormuzd.

C’est d’Oromaze qu’on a fait Amazone, mot qui signifiait « Sectatrice d’Ahura-Mazda ». Leur pays s’appelait « Pont Axin » ; il devint « Pont Euxin ».

Les hommes en firent la Mer Noire parce que c’était le rivage féminin. C’est parce que les Amazones ont conservé « la science » que l’on nous dit que la Bactriane a été le centre de la primitive religion.

ZOROASTRE

C’est donc le premier Zoroastre (Zarathustra) qui fut le promoteur de la révolution religieuse chez les Iraniens et le fondateur du sacerdoce masculin.

A moins, cependant, que des Prêtres obscurs n’aient créé la légende de Zoroastre pour donner à leur nouvelle institution un fondateur entouré d’un prestige presque divin.

En effet, l’existence de Zoroastre (ce personnage qui a quatorze apparitions destinées sans doute à copier les incarnations de Vishnou) est légendaire aucun fait historique ne l’a jamais confirmée, elle est restée enveloppée d’obscurité, quoiqu’il soit devenu un des prophètes les plus célèbres parmi ceux qui ont attaché leur nom à une religion.

Aussi les auteurs de l’antiquité et les orientalistes modernes n’ont jamais pu fixer l’époque à laquelle il avait vécu.

LA MORALE DE ZARATHUSTRA

Toute la morale de Zoroastre est basée sur le système hypocrite qui consiste à prendre dans l’ancienne religion les idées féminines et à les donner comme des idées nouvelles émanées de l’esprit de l’homme, tant qu’il s’agit d’idées générales. Mais lorsqu’il s’agit des questions morales, c’est-à-dire des relations de l’homme et de la femme, la préoccupation constante de l’instinct masculin apparaît ; l’idée dominante qui vient de lui et qu’il met dans sa loi, c’est d’obliger la Femme à se livrer à lui.

Ainsi, « une des fautes les plus graves dont une fille peut se rendre coupable, c’est de rester volontairement vierge.

« Lorsqu’une fille est nubile, elle est en droit de se présenter devant son père, son frère, ou celui qui est chargé d’elle, et de lui demander un mari. Si ses parents repoussent obstinément sa prière, ils commettent un crime dont ils auront longtemps à se repentir ».

Je prends cette citation dans la Philosophie orientale de M. Charma (p. 482), et elle me suggère des réflexions qu’on pourrait adresser à tous les traducteurs modernes : c’est que, d’abord, la femme ne dépend pas encore d’un homme, père ou frère, puisque les anciennes coutumes de la Gynécocratie ne sont pas encore détruites, mais seulement attaquées ; il faudra des siècles pour les remplacer.

Ensuite, le « mariage » et par conséquent le « mari », c’est-à-dire l’union exclusive avec un seul homme, ne peuvent pas encore, à cette époque, être légalisés ; c’est le système que l’on tend à introduire, mais qui n’est pas encore accepté et ne le sera qu’avec le Droit romain et le Catholicisme.

LE CULTE DE LA NOUVELLE RELIGION

LA MAGIE

L’histoire nous dit que c’est le second Zoroastre qui créa la magie ; ce qui semble vouloir dire que c’est à une seconde génération de prêtres que l’on doit cette création.

Les Mages sont des hommes qui prétendent faire des choses extraordinaires ; ils s’entourent de mystères, créent un surnaturel exubérant qui, une fois les limites de la Nature franchies, s’égare dans toutes les aberrations ; ils cherchent à étonner les esprits simples, qui aiment le merveilleux, et se prétendent doués du pouvoir de faire agir des forces occultes ; ils invoquent les morts, les font parler ; ils prétendent commander aux éléments ; ils veulent conjurer les tempêtes, faire pleuvoir, suspendre la marche des maladies ; ils vont jusqu’à prétendre transformer, pour un temps, l’homme en animal. Ils ont avec eux toute la gamme des fous et s’adonnent à toute la variété des miracles.

Cette manifestation de la mentalité masculine, qui a existé dans tous les temps, répond à une loi psychique : Quand l’âme de l’homme descend par suite des appels de la vie sexuelle, quand son esprit devient inquiet et instable, ne comprend plus la valeur des actes à accomplir, au lieu de prendre une décision, il imite les autres.

Quand il prend la place de la Femme, il imite la Femme. C’est ce que, dans les temps modernes, nous avons appelé la réflexion sexuelle ; dans l’antiquité, cela s’appelait « spéculation », de spéculum (miroir).

Mais, ne comprenant pas ce qui émane de la pensée féminine, ne connaissant pas la limite de cette pensée, qui lui semble infinie, son imitation est maladroite, elle est outrée, il va au delà, s’égare parce qu’il se met dans le domaine des choses qu’il ne peut pas comprendre.

L’enseignement des Magiciennes reposait sur la puissance de leur esprit qui leur faisait connaître les lois de la Nature sans s’égarer dans un sens ou dans l’autre. Cela s’appelait « la Magie blanche ».

Le Mage qui veut l’imiter tombe tout de suite dans le miracle, en cherchant à sortir de sa nature pour s’élever jusqu’à celle de la Femme ; il dépasse les bornes de la puissance humaine. Cela s’appelle « la Magie noire ».

« La Magie véritable, dit Plotin, c’est l’amour avec la haine, son contraire.

« Maya (la Femme) est la pensée de L’homme, tendant au dehors, s’y dirigeant ; c’est L’effort de cette même pensée pour acquérir une forme extérieure, une réalité, c’est l’intensité du désir ».

Dans la traduction latine de la Bhagavad-Gîtâ, G. Schlegel, quand il a à reproduire le terme sanscrit « Maya », l’accompagne toujours, entre parenthèses, du mot Magia (Mage ou Maje vient de Maya).

La Maya, la Femme-Mage, a le pouvoir de diriger la pensée masculine qui rayonne sur elle, dans l’amour et même en dehors de l’amour.

Mais la Magie noire ne fut longtemps considérée que comme une manifestation du mauvais Esprit.

Dans le chapitre XIX du Vendidad, Angrô-Maïnyous (Ahriman) dit à Zoroastre : « Maudis la loi sainte et tu obtiendras le bonheur ».

Ahriman dispute les hommes à Ormuzd et parvient à en gagner beaucoup. C’est alors que la Femme dit : « Moi qui suis Ormuzd, qui suis le juste juge, je marchais dans ma grandeur ; la couleuvre m’aperçut : alors cette couleuvre, cet Ahriman plein de mort, produisit contre moi neuf, neuf fois neuf, neuf cents, neuf mille, quatre-vingt-dix mille ennemis ».

Quelquefois on donne à ce chef des mauvais génies une figure humaine, un serpent est enroulé autour de son corps, portant la tête en avant. Nous le soyons aussi personnifié par une mouche. Sous cette forme, l’esprit du Mal court à travers les productions d’Ormuzd, « il brise entièrement le monde vers le midi ».

Pour peindre aux regards l’auteur de la « mauvaise loi », l’esprit de trouble et de désordre, les anciens livres de la Perse renversaient les lettres dont se compose son nom ; on ne pouvait rendre plus sensible la différence qu’on voulait rétablir entre Ormuzd et Ahriman, l’esprit du Bien qui élève, l’esprit du mal qui abaisse.

Ce renversement était déjà dans le triangle symbolique qui représente les deux sexes. Il est aussi dans les cartes du Tarot (imitées par nos cartes à jouer) où deux individus Sont juxtaposés l’un la tête en haut, l’autre la tête en bas.

La Franc-Maçonnerie a gardé ce symbole.

Comme le monde spirituel, le monde matériel est pur ou impur selon qu’il vient d’Ormuzd ou d’Ahriman, de la Femme ou de l’Homme.

La religion des Mages renverse toutes les idées reçues, toute la science acquise.

Les Dèvas ne sont plus du Ciel, mais de la Terre. Elles deviennent les Dews ou Darvanda et les Péris dont on fait des démons, des agents du mal, les ministres d’Ahriman, ses attributs. Elles sont maintenant en opposition avec les bons esprits personnifiés par les Amschaspands, les Izeds et les Fervers, qui sont les ministres d’Ormuzd ou ses attributs.

Les inquiétudes, les ennuis, les vaines terreurs et tous les petits maux de la vie proviennent des Péris, Les petits Dieux du mal, car Le mot Dieu (de Dêva) ne désigne plus le bien, mais le mal.

Les Dews inférieurs sont appelés Daroudis.

Il existe sept grands Dews, grands Dieux ou grands Démons.
Mais, si le nom change, les attributs restent ceux de l’ancien esprit du mal, tels qu’ils étaient définis dans la primitive religion. Ce sont :

ESCHEM. Le Dew de la colère et de l’envie, le plus puissant des Dieux impurs, l’auteur de la mauvaise loi. On l’oppose à Serosch.
ASCHMOGH. Qui connaît la loi pure et refuse de la pratiquer.
APEVESCH. Qui s’efforce d’enchaîner dans les airs la rosée bienfaisante (ce qui primitivement voulait dire : qui veut empêcher l’exercice de la sexualité féminine).
VAZIRESCH. Qui obsède les corps morts (les vampires).
NESSOSCH. Qui s’en empare.
DAVESCH. Le Dew de l’erreur et de la séduction.
DJÉ. Celui de l’impureté qui souille le monde et corrompt tous les germes que la terre porte dans son sein.
On représente encore le mal par d’autres Divinités :
ADER. L’impur, qui divise les hommes.
SAVEL. Le violent.
NEKAËL ou NÂOUGHES. Le Dew qui anéantit, le destructeur.
TARIK et ZARETH. Le corrupteur.

Les Mages, pour se donner de l’autorité, avaient besoin de s’appuyer sur les Rois. Aussi les Perses, comme tous les peuples, mêlèrent la politique à la religion. Pour parodier les Reines-Mages, ils eurent des Rois-Mages.

C’est ainsi que les hommes faisaient servir la puissance sacerdotale qu’ils se donnaient à l’établissement du pouvoir qu’ils prenaient et dont ils se servaient contre l’ancien régime gynécocratique.

M. Charma, dans son livre intitulé La Perse, nous dit : « La première personne de l’Etat, dans l’ancienne Perse, c’était le Roi. Le Roi tient son pouvoir d’Ormuzd ou des Izeds, ses ministres. Un feu particulier l’anime, il est sur la terre ce que Brahman est au Ciel. Le bon Roi protège et nourrit le pauvre. Le Roi lumineux et heureux est celui à qui sont données l’action et la parole, deux grandes choses par lesquelles les mortels deviennent grands. La loi de Zoroastre sera la règle constante de sa conduite, l’âme de ses conseils. Puisse l’union être plus étroite encore entre la province et son chef qu’entre l’époux et l’épouse, le frère et le frère,le père et le fils.»

La royauté était héréditaire. Dieu seul, à ce qu’il semble, retire aux monarques l’autorité que seul il leur a conférée. Avant que le Roi ne montât sur le trône, les Mages, qui avaient présidé à son éducation, l’admettaient dans leurs rangs, peut-être même le plaçaient-ils à leur tête. Darius se nomme leur chef.

Le premier soin des Prêtres, quand ils triomphent, est d’écrire l’histoire. C’est par eux que nous savons que Ninus fut le premier conquérant de la Perse, celui qui détruisit la dynastie appelée Mahabad, « la grande Sagesse », et, pour donner une sanction à cette conquête, ils nous disent que Sémiramis fut avec lui, que, trahissant la sainte cause du régime Théogonique, elle fut une zélée sectatrice du gouvernement mâle, qu’elle se fit appeler Sémi-ramis, qui signifie « l’éclat de Ram », ce Ram qui fut l’usurpateur hindou de la puissance féminine ; ils disent aussi qu’elle prit pour insigne une colombe blanche (le blanc étant le symbole du masculinisme).

Nous n’en croyons rien, nous savons assez comment on met de son côté ceux qui ont joué un grand rôle dans le monde, pour donner du prestige à la cause que l’on défend. Ce système a toujours existé, il dure encore, et il est impossible de rien comprendre à l’histoire si on n’en tient pas compte.

LES SOUFIS

Parmi les sociétés secrètes gardant la tradition sacrée de l’Avesta (livre sacré des anciens iraniens), nous trouvons les Soufis, ordre célèbre et vénérable.

La doctrine des Soufis affirme la psychologie divine, l’Unité de la Réalité, l’omniprésence et l’immanence de l’unique (unique Divinité féminine qui est partout où il y a des hommes, puisqu’elle est la Mère).

Cette doctrine proclame qu’on peut atteindre sa connaissance par l’amour et la dévotion. Elle recommande la méditation.

Mais en attendant, les frères Soufis, comme Empédocle, répètent des phrases prononcées par les Prêtresses qui disaient : « Je suis la Déesse elle-même ».

Eux disent : « Je suis Dieu lui-même ». C’est toujours la confusion des sexes.

D’après le professeur Inayat-Khan, le mot soufi viendrait du mot arabe « saaf » qui signifie pur. Nous croyons qu’il vient plutôt du mot Soffet qui signifie sage.

Les Soufis prêchent le renoncement aux vanités de ce monde, ils tuent en eux tous désirs se rapportant aux passions, comme les Cathares du moyen âge. Ils allient leur philosophie à la poésie et à la musique.

La plupart des grands poètes arabes ou persans appartiennent à leur ordre. L’un d’eux, Saâdi, qui fut prisonnier des Croisés, est l’auteur du Gulistan (Jardin des Roses).

Avicenne fut affilié à l’ordre, Averroès aussi, et nous faisons remarquer que leurs deux noms commencent par Avé, nom divin chez les Israélites.

Ce détail a dû être remarqué car, par réaction, on a fait de Avi-cenne – Ïbn-Sina ; de Ave-rroès – Ibn-Roschd.

ORIGINE DU SOUFISME

On trouve l’origine de cet ordre dans la « Loge Blanche » ou Agartha de l’Asie Centrale.

En 1922, il a été découvert un mouvement moderne de résurrection de la science de l’Avesta.

Le promoteur de ce mouvement est un Persan, le Dr Hanish, qui habitait les Etats-Unis et y propagea la doctrine régénérée sous le nom de Mazdaznan. Une revue était publiée sous ce titre en France. Nous pouvions y lire les lignes suivantes (n° de juillet août 1922) :

« Il y a plus de neuf mille ans, la race blanche reçut ses dons divins par la personne d’Aïnyahita (Ardvi Soura Sevista Anahita d’après l’Avesta).

« Environ deux mille ans plus tard, Zoroastre (Zarathoustra), recueillit les perles dispersées d’Aïnyahita, et les rendit à son peuple sous une forme nouvelle. Après lui, de nombreux hérauts proclamèrent la vérité et transmirent la lumière divine de génération en génération.

« Des Perses, la doctrine passa aux Grecs ; Aristote, Pline, Hermippos et d’autres historiens de l’antiquité confirment que le plus précieux de la philosophie de Pythagore, etc., provenait de Zoroastre qui avait vécu, selon eux, plus de cinq mille ans avant Socrate.

« Plutarque identifia l’Aïnyahita de la philosophie de Mazda avec l’Anaïtis de la mythologie persane et grecque et la Diane des Romains. Dans les différentes mythologies, Aïnyahita était représentée sous divers noms, comme la Déesse de la régénération, de la chasteté, de la pureté ; comme la protectrice de l’innocence, la Déesse immaculée et puissante, dispensatrice de santé, endurance, force, vie et jeunesse éternelles. Elle est considérée comme la mère de la race blanche, l’incarnation de l’Amour et de la Sagesse, l’active promotrice de la culture aryenne.

« L’apparition en Europe d’une traduction de l’Avesta, le livre sacré des anciens Perses, provoqua un tourbillon de controverses et de calomnies, dont le résultat fut, tout simplement, que les cercles- instruits l’étudièrent avec d’autant plus d’attention.
Malgré tous les efforts contraires, l’Avesta ne put être étouffé, mais renaquit de l’oubli, au milieu de tant de difficultés, il est vrai, que de lui aussi on peut dire : « Il n’y avait point de place dans l’auberge ». Mais la « crèche » de la science nourrit le nouveau-né et le bon esprit d’Aïnyahita veilla sur lui. De même que tous les grands chefs, sages, prophètes et rédempteurs, continuent à vivre et à agir en esprit parmi nous, de même que leurs écrits et leurs testaments nous rappellent sans cesse le lien spirituel qui nous unit à eux, de même l’Avesta survivra à toutes les forces de ténèbres. Malgré tous les efforts contraires tendant à étouffer la doctrine Mazdayasnienne, point n’est besoin de craindre pour elle, car la Religion suprême est la Vérité.

« Bientôt le soleil de Mazdaznan se lèvera dans toute sa splendeur. »

TRANSFORMATION DU SYMBOLISME

LE FEU SACRÉ DE L’ESPRIT DEVIENT LE FEU PHYSIQUE

Le symbole le plus naturel et le plus ancien de la Divinité, c’est le feu, parce qu’il représente la lumière de l’Esprit.

Dans l’A-Vesta, il est dit : « Il y a un feu sacré qui donne la connaissance de l’avenir, la science et la facilité d’élocution. » C’est par ce feu qu’on explique l’éloquence extraordinaire de la Sibylle, sa parole inspirée, « logos ».

Evidemment, il s’agit d’une faculté de l’Esprit.

Mais comme elle est spéciale au sexe féminin, cela excita la jalousie des hommes inférieurs, et, quand ils prirent la direction de la religion, ils changèrent la signification du symbolisme.

Nous lisons dans le livre de M. Charma, La Perse (p. 457), ceci : « On figurait le feu originel, la lumière primordiale, par la flamme des Atesch-Gâhs, par le feu qui brûlait sans jamais s’éteindre dans toutes les maisons, sur toutes les montagnes.
« Un jour de bataille, le feu, qu’on appelait éternel et sacré, était porté devant L’armée sur des autels d’argent ; des Mages suivaient, chantant l’hymne national.

« Le feu était le véritable symbole de la puissance divine. Le Soleil étant le feu le plus parfait, Dieu semblait y avoir établi son trône. Aussi adorait-on la Divinité le visage tourné vers l’Orient. Le soleil que le Zend-Avesta appelle souvent un vigoureux coursier, monte quelquefois un cheval. Le plus ordinairement, il est emporté dans l’espace sur un char attelé soit de quatre chevaux, soit de deux chevaux, soit même d’un cheval unique ».

C’est donc, d’abord, une représentation symbolique d’une manifestation de l’Esprit divin féminin, du feu mystique, Agni, le feu purificateur.

Et quoique toute femme le découvre en elle-même, on lui donne cependant un auteur, c’est Atharvan (d’où l’Athirsata des Rose-Croix), dont le nom indique le feu lui-même.

Le culte du feu avait été le centre d’une métaphysique savante et le point de ralliement des plus hautes conceptions de la vie et de la morale. Mais on avait dû le cacher dans les Mystères, ce qui fait dire à Mme Blavatsky dans Isis dévoilée :

« Le feu sacré de Zoroastre, ou l’Atash Behram des Parsis, le Feu Hermès, le Feu Elonès des anciens Germains, l’Eclair de Cybèle, la Torche flamboyante d’Apollon, la Flamme sur l’autel de Pan, le Feu inextinguible du Temple de l’Acropole et celui de Vesta, les Etincelles brillantes des coiffures des Dioscures et de la tête de Gorgone, du casque de Pallas et du bâton de Mercure, le Ptah-Ra des Egyptiens, le Zeus Cataïbate grec (celui qui descend) de Pausanias, les langues de feu de la Pentecôte, le Buisson ardent de Moïse, la colonne de feu de l’Exode et la lampe brûlante d’Abraham, le Feu éternel de « l’Abîme sans fond », les Vapeurs de l’oracle de Delphes, la Lumière sidérale des Rose-Croix, l’Akâsha des adeptes hindous, la Lumière astrale d’Eliphas Lévi, l’Aura nerveuse et Le fluide des magnétiseurs, l’od de Reichenbach, les forces Psychodes et Ecténiques de Tury, la Force psychique de Sergeant Cox et le magnétisme de quelques naturalistes, tout cela n’est que la terminologie variée des multiples manifestations ou des effets de la même cause mystérieuse et omni-pénétrante, l’Archée grecque ».

Voilà une énumération qui n’explique rien, aussi on se demande si Mme Blavatsky connaissait la science sacrée des anciennes Déesses.

IMITATION

LE FEU SACRÉ MIS DANS L’HOMME

Les « Filles du feu », les Vestales, devaient être imitées ; on en fait les « Fils du feu ».

Et du reste, à Rome, d’Agni, le feu sacré, on fait Agna (ascendance mâle).

Dans les ouvrages de Kabbale, qui sont des parodies des écrits féminins, comme le Zôhar, on décrit le « feu blanc caché dans la Risha Havurah », comme la Tête Blanche dont la volonté est cause que le Fluide ardent coule en 370 courants (quotidiens) dans toutes les directions de l’Univers. II ne fait qu’un avec « le serpent qui court en faisant 370 sauts », le serpent qui devient trois esprits lorsque l’homme divin habite dans l’homme animal ».

Déjà les Hindous obscènes ont dit : « Agni reçoit l’onction du soma ».

Le symbolisme primitif ayant été perdu, on continua à s’enfoncer dans des idées concrètes, et c’est ainsi que le feu de l’Esprit devint le feu physique obtenu par l’arani, instrument de bois d’où le feu se tire par frottement.

Et le public ignorant dira : « les Mazdéens sont les adorateurs du feu », et on lira des explications ridicules comme celle-ci :

« Sous la 3ème »dynastie pischdadienne, la doctrine des Mages et le culte du feu s’établirent dans la Perse. Un des princes de cette dynastie, Huscheng, ayant vu jaillir de deux cailloux L’étincelle sacrée, s’écria : « C’est la lumière de Dieu ; que le monde l’adore » (Charma, La Perse).

Et la grande religion des Iraniens, le culte de la Déesse Vesta et la connaissance de la Science suprême va devenir une religion astrale, une religion solaire ou héliaque, qui cherchera à remplacer la croyance première qui avait été répandue chez les Arabes, les Kaldéens, les Assyriens, les Hyperboréens, et jusque chez les Incas du Pérou. A Taïti existe une corporation mystique appelée Aréïoïs, qui forme sept classes et qui a gardé les croyances des Aryaniens.

LA MAGIE DE ZOROASTRE

Les masculinistes modernes enseignent que la Magie se composait originairement des connaissances que Zoroastre avait acquises, soit par ses études, soit par ses voyages et surtout par le séjour qu’il fit dans les Indes, où il s’instruisit à l’école des Brahmines.

C’est le thème habituel de tous les romans de ce genre. De retour en Perse, Zoroastre aurait commencé à donner un enseignement à ses adeptes, disciples comme lui du culte du feu, symbole de l’Etre suprême.

Quant à la grande science de la Déesse Vesta, elle est réduite à des opérations appelées Magie, tenues secrètes et que l’on ne communique pas au vulgaire, parce que les femmes protesteraient.

En effet, elles avaient appelé Magie blanche la vraie science qui ne produit que de bons effets ; elles appelaient, dès lors, Magie noire ou goétie, celle des prêtres qui ne servait qu’à faire du mal.

LA PERSE AU IIIème SIÈCLE DE NOTRE ÈRE

Un certain Vologèse (1), descendant d’Arsace, avait ordonné de faire des recherches pour rassembler les fragments de l’Avesta échappés à la destruction et aux ravages d’Alexandre et des soldats romains, dans les contrées de l’Iran.

Ardéchir, premier Sassanide qui fonda le second empire Perse et régna de 226 à 240, chargea le destour (docteur) Tôsar de transporter dans sa résidence (Ctésiphon) tous les livres sacrés disséminés et prescrivit de n’accepter comme expression de La « connaissance » (la Gnose perse) et de la « sagesse » que les livres apportés par Tôsâr et de rejeter ceux qui en différaient.

Quelle confiance pouvons-nous avoir dans le choix de cet homme ? Quelle était La valeur morale et intellectuelle sur laquelle il s’appuyait pour se poser ainsi en Maître ? Sa vie va nous le dire. Ardéchir avait tué les derniers des Arsacides, ses prédécesseurs ; il prenait le titre de « Roi des Rois » ; dans ses inscriptions, il s’intitule « le Divin Artakchatra (Artaxercès), de race divine, fils du Divin Roi Pâpak (Bâbek) » (2).

Il se donne pour grand-père un prêtre Mazdéen ; il est zélé Mazdéen lui-même et accroît le pouvoir des Prêtres de Zoroastre. Les Arsacides, qu’il avait vaincus, furent traités avec mépris jusqu’à l’époque musulmane. On les appelait Moulouk al-théwaï (rois des tribus). Or les tribus représentaient l’ancien régime.

Le fils d’Ardéchir, Schah-pauhar ou Sapor 1er (240-271), fit faire un nouveau recueil des livres sacrés beaucoup plus étendu, embrassant les livres de Médecine, d’Astronomie, de Chronologie, etc.., disséminés dans divers pays. Il est bien évident que c’est dans ces remaniements que l’on effaçait les noms des femmes et mettait leurs œuvres sous un nom masculin. Sapor ordonna de réunir tout ce qui avait été trouvé de l’Avesta et de faire de tout une copie correcte que l’on déposa dans les archives de la capitale. Il fit traduire ces livres du dialecte nord-iranien au pehlvi.

Les Mages, encouragés par ce roi, achevèrent de transformer le culte primitif basé sur les lois de la Nature et en firent une Religion (au sens moderne du mot), dans laquelle de nombreuses cérémonies enchaînaient la liberté humaine.

Il n’était pas un acte important dans la vie dont le Magisme ne se fût emparé et qu’il n’eût marqué de son empreinte. La naissance, le mariage, sous ses différentes formes, les soins de la sépulture, tout était réglementé. Le Magisme eut même la confession, qui devint la parodie de l’ancien aveu fait par l’homme à la femme. Elle se faisait devant les purs (ceux qui imitaient la pureté féminine) ou simplement devant un ministre du culte, et servait déjà à asservir les femmes qui voulaient bien se laisser dominer.

Les Parsis modernes et les Mithracos anciens, qui ne sont qu’une seule et même chose, ont tous les sacrements que nous verrons, plus tard, passer dans la religion chrétienne, jusqu’au soufflet de la confirmation. « Le prêtre de Mithra, dit Tertullien, (De Proescriptione, c. 40) promet le pardon des péchés, au moyen de la déclaration ou confession, et du baptême ; et, si je me rappelle bien, Mithra marque ses soldats au front (avec le chrême ou Kouphi égyptien), célèbre l’oblâtion du pain, image de la résurrection. »

Les personnages qui interviennent dans les mystères, de Mithra portaient les noms des animaux des constellations, et la messe n’est autre chose que la célébration de ces mystères et de ceux d’Eleusis.

Le Dominus vobiscum est à la lettre la formule de la réception : Chonk, am, pak. Toutes ces cérémonies sont des parodies du culte primitif, celui que l’homme rendait à la Femme.

(1) Il y eut cinq Vologèse. Il est probable qu’il s’agit du premier.

(2) Cette inscription en pehlvi et en grec se trouve à Nakchi Roustnai. Elle fait partie d’un bas-relief qui représente le roi à cheval recevant un anneau (alliance) de la main d’un autre cavalier qui est le Dieu Ormuzd (voir la Perse de Dubeux, planche 6).

LA PERSE AU IVème SIÈCLE

Ce n’est pas seulement en Europe, c’est aussi en Asie que nous voyons le commencement de la folie se manifester.

Les Perses s’occupent de réviser leurs livres, afin d’y introduire les croyances nouvelles qui envahissent toutes les nations. Sapor II, qui se dit fils d’Ormuzd, fit faire une nouvelle collection des « Livres » réunis de toutes les parties de la terre. Ce travail, commencé en 309, dura jusqu’en 380. C’est le destour Aberdad Mârspendân qui fut chargé de « purifier » les paroles de Zoroastre, après les avoir comparées aux différentes croyances. C’est alors que les livres sacrés, furent divisés en 21 nosks.

Cette récension de l’Avesta fut en même temps sa transcription de l’original en écriture dite Zend, nouvellement adaptée à la langue sacrée.
Cet Aberdad était premier ministre de Sapor II. Son nom signifie : « protégé par le feu » (en pehlvi ôtarô pad ou ôtarô pâto). Ce surnom vient d’une légende.

Aberdad, qui faisait des miracles, voulut prouver la vérité de sa foi et pour cela fit verser sur sa poitrine du cuivre fondu sans en éprouver, le moindre mal. C’est dans le livre du Saint Vîraf (Ardaï Vîraf Nâmeh) qu’on lit cette légende.

C’est à ce même Aberdad qu’on attribue la composition du Khorda-Avesta, livre servant aux besoins religieux des laïques (comme nos livres de messe). On pouvait réciter les prières qu’il contenait, sans recourir au prêtre.

Dans cette nouvelle revision de l’Avesta, on trouve des idées modernes comme celle-ci : « Ahoura-Mazda déclare à Zarathoustra : Je me révèle à toi marié plutôt qu’au célibataire… Le père de famille est préférable à celui qui n’a pas d’enfants ». (Vendidad, IV, 138.140).

L’Ardai Vîraf qui écrivit l’histoire place une période de décadence après Aberdad et Sapor II, et un relèvement dû à lui-même, qui se fait appeler le Saint Vîraf. Partout les hommes emploient les mêmes stratagèmes. Ceux qui viennent embrouiller l’ancienne religion en y introduisant leurs idées fausses, prétendent être venus la réformer. Ardaï Vîraf modifia les cérémonies du culte, ce qui est toujours pour le prêtre la grande affaire.

On a confondu Vîraf avec Aberdad, à tort ; ce sont, paraît-il, deux imposteurs différents.

C’est par les sources parsies que nous connaissons ces faits (Voir Leblois, Les Bibles, Livre IV, p. 756).

LE MITHRIACISME

Qu’est-ce donc que le Mithriacisme ?

Une antique représentation du passage de la Déesse au Dieu Mithra, l’homme jeune à figure de femme, c’est la Déesse faite mâle, dans les premiers essais de substitution de sexe.

On n’ose pas encore faire un Dieu barbu, un anthropomorphe adulte ; on le prend jeune parce qu’il ressemble à la femme à cette période de la vie.

Mais ce n’en est pas moins un symbole de révolte, et son culte en atteste : le chien, le corbeau, le serpent sont près de lui dans les compositions artistiques qui lui sont consacrées.

On lui fait accomplir la grande oeuvre de la Femme, l’immolation du taureau (symbole de l’homme fort, l’adversaire de la Femme).

Dans les monuments Mithriaques, le taureau immolé par Mithra est celui des légendes Zoroastriennes, celui qui entre dans la représentation des luttes de sexes de cette époque.

On y mêle le symbolisme astronomique de la Chaldée, représentant les 12 signes du zodiaque.

Déjà aux Indes, où Çiva représentait cependant le mauvais esprit, il s’était trouvé un parti masculiniste qui avait osé soutenir que c’était lui qui, pour racheter l’humanité, avait bu le calice jusqu’à la lie, après quoi il était descendu aux enfers où il était resté trois mois, au bout desquels il ressuscitait.

C’est ainsi qu’on arriva peu à peu à créer des dieux masculins auxquels on donnait toutes les perfections morales des Déesses dont ils prenaient le rôle et dont on cachait les noms, ne laissant subsister que le rayonnement brillant qui avait ébloui les peuples et qui désormais allait entourer la figure d’un homme.

Ces audacieuses substitutions se sont souvent produites, nous en sommes encore souvent les témoins.

Nous voyons, parmi nous, certaines personnalités qui s’élèvent par un côté, ou qu’une coterie d’amis élève, au-dessus du vulgaire. Le fanatisme dont ils deviennent l’objet les revêt de toutes les perfections et en fait des héros ; la foule, sur la parole de quelques admirateurs, souvent intéressés, rend son tribut d’admiration, sans cependant avoir rien vu, et l’histoire enregistre un héros ou un grand savant de plus.
Les Romains, qui ne connaissent pas les origines, appellent indifféremment Mithra perse ou chaldéen. Ils sont très ignorants de l’histoire des religions et acceptent facilement toutes les légendes. Aussi combien leurs renseignements sont peu sûrs !

Mithra se place au rang des Izeds (les génies féminins). On l’identifie avec le soleil, il est l’exagération de la puissance et de l’éclat de la Déesse, on le fait plus éclatant qu’elle, pour mieux l’imposer. Cependant, ce n’est pas d’emblée qu’on l’invente, il évolue lentement, son origine est humble. Il a été créé par Ormuzd qui l’a fait aussi grand que lui, c’est le Dieu-Fils égal au Père (Ormuzd, c’est Ahura-Mazda qui a changé de sexe). Il s’avance au-dessus de la montagne de Hara, précédant la course du soleil et survivant le soir à sa disparition ; il est à la fois l’aurore et le crépuscule, le jour et la nuit, l’homme et la femme. Il est « le Seigneur des vastes pâturages du ciel », depuis que la Déesse est comparée à la vache ; il distribue la richesse et la fécondité, imitant le rôle des grandes Déesses, Cérès et Déméter, qu’il prétend résumer. Comme elles, il combat les ténèbres et les œuvres de ténèbres (les erreurs). Quelle ironie ! Exagérant la faculté intuitive de la femme, sa voyance, on lui donne mille yeux et mille oreilles ; il sait, dit-on, le chemin des plus secrètes pensées.

Donc il a la science de la Déesse qui sait les secrets des hommes. Il découvre comme elle et déteste le mensonge ; il est le Dieu de la vérité. Il garde les contrats et il est le garant de la parole divine ; il préside aux relations sociales, aux liens qui unissent les hommes et assurent la stabilité du foyer. Il est l’ami et le consolateur (1).

« Le pauvre, pratiquant la doctrine de Vérité, privé de ses droits (c’est la femme qui est ce pauvre-là), l’invoque à son secours, lui dont la voix, quand il se plaint, s’élève et atteint les astres.

« Il ramène à l’étable la vache emmenée captive (c’est encore de la femme qu’il s’agit) qui l’appelle à grands cris, comme le mâle chef du troupeau. Il est médiateur entre les hommes et médiateur entre les créatures et le créateur. Il préside aux sacrifices, comme le prêtre, et offre le premier (!) le hôma dans un mortier émaillé d’étoiles. (Telle est la transparente obscénité de ce culte). Après la mort, enfin, c’est lui qui aide les âmes à passer le pont fatal et pèse leurs actions dans les plateaux de sa justice. (Il écrit l’histoire à sa manière). II est le triple Mithra, Dieu du Ciel, de la Terre et de la Mort. »

(1) Nous empruntons une partie de cette relation à M. Gasquet, Le Culte de Mithra (Revue des Deux Mondes, avril 1899).

LES ÉTAPES DU CULTE DE MITHRA

Avant d’être un Dieu-mâle, un seul Dieu, Mithra a été un hermaphrodite. Accouplé à Anahita, il forme avec elle un couple divin, comme Hermès et Aphrodite, comme Istar et Mardouk, le Démiurge babylonien.

Artaxercès affecta d’immenses revenus à leurs temples et attacha au service de la Déesse des milliers d’Hiérodules des deux sexes, voués aux prostitutions sacrées.

Mais la folie qui met l’homme sur l’autel à côté de la Femme ne s’arrête pas là. S’étant habitué à se considérer comme la moitié de la Déesse, le « Demi-Dieu », il amplifie de jour en jour son rôle, si bien qu’à la fin il la rejette tout à fait, se croit un Dieu entier. Alors c’est la folie complète, il se donne tous les attributs de la femme, sa pureté, sa grandeur, et de cette usurpation se fait une sainteté.

Ecoutez ce que dit M. Gasquet à ce sujet : « Si donc, plus tard, dans les mystères de l’Occident, Mithra nous apparaît dégagé de toute promiscuité féminine, le plus austère dans son culte, et dans ses symboles de tous les dieux de l’antiquité, nous sommes conduits à conclure à une séparation violente du Dieu Perse d’avec sa conjointe, à une sorte de réforme puritaine qui ramène Mithra à la pureté des conceptions avestéennes. Cette réforme, nous n’en connaissons ni le temps ni le lieu ; elle s’opéra probablement sous la domination des successeurs d’Alexandre, au sein d’une de ces sectes qui, comme les Zervanistes unitaires (qui ne veulent plus qu’un Dieu), naquirent de la ruine du magisme ».

Anahita seule et sans son acolyte, après ce divorce des Dieux resta la Déesse-Nature, adorée surtout en Arménie, en Cappadôce, dans le Pont et la Cornagène.

Les inscriptions achéménides montrent Ormuzd qui plane dans les cieux, tantôt associé à Mithra (le Dieu-mâle), tantôt à Anahita (la Déesse). Mais dès lors il commence à s’effacer sans cependant disparaître, quoique Mithra soit de plus en plus identifié avec Le soleil par la foule.

Mithra se,répand en Phrygie, il emprunte à Attis son costume sous lequel il figure sur les monuments, les braies flottantes serrées aux chevilles, la blouse et le bonnet phrygien. Il se confond avec Sabazius, le Dieu solaire « berger du troupeau céleste », divin berger qu’on retrouve dans tous les « divins-pasteurs » faisant un métier de femme pour imiter la Pastourelle.

Dans la catacombe de Prétextat, un prêtre de Mithra et un pontife de Sabazius dorment unis fraternellement dans la tombe. C’est la solidarité des révoltés. Au IVème siècle, on voit la même union de Mithra avec le Dieu Men ou Lunus, qui ressemble de si près au Sin des Chaldéens, le Dieu-mâle de la lune.

Le pin, emblème d’immortalité, parce qu’il garde sa verdure en hiver, passe des vraies Immortelles à Mithra. On le voit figurer dans les accessoires du sacrifice Mithriaque.

Ce Dieu, cher aux hommes, devient la Divinité principale des pirates de la Méditerranée, que Pompée poursuivait dans leur retraite de Cilicie. C’est par eux qu’il se propagea. Les légions le rapportèrent de Tarse. Ce sont ces légions qui l’introduisirent à Rome. Le premier monument qui le signale est une inscription de Naples du temps de Tibère. Néron demanda à ses mystères l’expiation de ses parricides.

C’était donc de l’époque assignée à Jésus.

Les religions masculines sont toujours sanguinaires au début.

Le Mithriacisme, florissant sous Trajan, fut interdit par Hadrien à cause de la réputation de cruauté qu’avaient ses cérémonies. Commode se fit initier et commit un meurtre au cours des épreuves. Mais c’est surtout d’Aurélien que date l’extension, l’immense popularité de Mithra.

Né en Pannonie d’une prêtresse du Soleil, élevé dans le temple, Aurélien est envoyé comme ambassadeur en Perse. Il lit dans le relief d’une coupe consacrée à Mithra, la promesse de son élévation future. Plus tard empereur, vainqueur de Zénobie, il transporte à Rome le Dieu solaire de la cité palmyrienne. Pour la première fois on lit sur les médailles avec l’emblème de l’Invictus « Sol Dominus Imperii Romani ». Sol et Mithra ne sont plus désormais qu’une même Divinité. C’est celle de Dioclétien et de Constance Chlore, celle aussi de Constantin, qui longtemps hésita entre Mithra et Jésus. C’est surtout le Dieu de Julien, voué dès sa jeunesse à Mithra, dont il fait le conseiller et le gardien de son âme.

LES GROTTES

C’est dans des grottes que l’on se cache pour célébrer ce culte mâle.

Toutes les religions masculines commencent ainsi. Porphyre dit : « L’initiation mithriaque était donnée dans des grottes naturelles ou artificielles, semblables à celles que Zoroastre, le premier, consacra à l’honneur de Mithra, créateur et père de toutes choses (1) ».

Or Zoroastre, qui, du reste, n’a jamais existé, est bien antérieur à l’introduction de la légende de Mithra.

L’objet de ces mystères est un ésotérisme qu’on ne divulgue pas.

Ce qu’on raconte, c’est le voile dont on couvre ce qu’on veut cacher. On dit que l’initiation secrètement donnée avait pour objet d’expliquer aux hommes le sens de la vie (lequel ?), de calmer les appréhensions de la mort (de l’âme par le péché), de rassurer l’âme sur les destinées d’outre-tombe. Les hommes avaient donc été terrorisés à ce sujet.

Enfin, on prétend l’affranchir de la fatalité de la génération par la purification du péché, casuistique qui embrouille à dessein l’antique vérité. Tout cela prépare le Catholicisme.

(1) Le professeur Westphal, de Montauban, s’est demandé, à propos d’une cave mithriaque des environs de Montpellier, si le culte de Mithra a disparu du folk-lore.

LES SYMBOLES

Comment est représenté Mithra ? On nous dit que :

« Il porte le glaive du Bélier, signe de Mars, et il est porté par le taureau, signe de Vénus ».

Quel galimatias ! Vénus ayant pour signe le taureau, qui est le symbole de l’homme fort ! Mithra est debout sur le taureau dans le monument de la villa Alfieri, et Macrobe dit : « Le taureau porte le soleil ». Cet auteur avait oublié que le taureau était le symbole qui servait à représenter l’homme fort, mais inintelligent, dans toutes les religions antiques. D’abord symbole de force et de brutalité, il finit par représenter le Dieu solaire. Alors il féconde les vaches (les anciennes Déesses), devenues les nuées. Tous les grands Dieux mâles ont été symbolisés par le taureau : Jupiter, Bacchus, etc.

LA CHUTE DE L’AME MASCULINE

La loi de la chute qui entraîne l’homme dans la vie sexuelle et par là dans le néant, est ainsi racontée :

« L’âme, essence divine, libre de toute contagion matérielle, descend ou tombe d’elle-même, par l’appétence des corps, par un désir latent de volupté et par le poids seul de sa pensée terrestre, enivrée de miel, qui lui verse l’oubli de la lumière éternelle. Mais ce n’est pas d’un coup et brusquement qu’elle arrive à revêtir un corps de boue périssable.

La chute est graduée. Celse la figurait par une échelle ou un escalier avec sept points d’arrêts où s’ouvrent autant de portes. Ces portes sont celles des planètes. A mesure que l’âme descend de l’une à l’autre, elle perd de sa pureté primitive et ressent des altérations de sa perfection première, elle éprouve autant de morts qu’elle traverse de mondes jusqu’à ce qu’enfin, de chute en chute, elle parvienne à celui qu’on appelle « le monde de la vie » (ce qu’exprime l’expression vulgaire « faire la vie », c’est-à-dire procréer). »

Cela s’appelle le dogme Mithriaque de la catabase, c’est l’histoire de l’évolution masculine. L’évolution féminine est racontée dans le dogme de l’anabase, qui montre l’âme suivant une route inverse et, de planète en planète, s’allégeant de la substance prêtée par chacune d’elles, se dépouillant successivement de tous les éléments de sa corporalité jusqu’à redevenir semblable à ce qu’elle était dans sa condition primitive et spirituelle.

PARODIE DU SACRIFICE DE L’AGNEAU

Le sang de l’agneau (de la Femme, pris symboliquement pour représenter sa vie sexuelle) sauve le monde.

On parodie cette idée et l’on dit : « Le sang du taureau (symbole de l’homme) sauve, et purifie. » Et l’on institue une cérémonie bizarre, l’usage du taurobole, baptême sanglant qui se recevait dans une fosse, à peine recouverte de poutrelles à jour. De la plaie de l’animal égorgé, la pluie rouge tombait, souillait le pénitent qui lui présentait son front, ses yeux, sa bouche, toute sa personne. On sortait de là renouvelé pour l’éternité, in aeternum renatus, et dans l’état de pureté première.

Mais cette folle interprétation d’un symbole renversé ne convainquait pas tout le monde. Firmicus Maternus (nom qui doit être un pseudonyme) dit à propos du taurobole : « Ce sang ne rachète pas, il souille qui le reçoit ».

ÉVOLUTION DE LA PRIÈRE

M. Gasquet dit : « Les sacrements des mystères supposent toujours une intervention magique. Il est des mots, des rites, des formules qui ont la faculté d’agir directement sur les dieux et de contraindre leur volonté (la prière des hommes contraignant la volonté des femmes). Peu importe que l’homme n’en connaisse ni le sens ni la raison. Les symboles font d’eux-mêmes leur oeuvre propre, et les dieux vers qui ces symboles s’élèvent y reconnaissent d’eux-mêmes leurs images, sans avoir besoin de nous. C’est pourquoi il faut conserver les formes des prières antiques, n’y rien supprimer, n’y rien ajouter, car elles sont en connexité avec la nature des choses ».

Des choses naturelles, oui, mais des rêves surnaturels, non. La prière avait sa raison d’être au début de l’évolution religieuse, alors que la Divinité était la Femme vivante, mais, lorsque tout est embrouillé par le changement de sexe des dieux, la prière n’a plus de signification, puisque L’être à qui elle doit être adressée n’est plus là pour l’écouter.

LES LUSTRATIONS ET LEUR ÉVOLUTION

Tous les rites ont évolué dans le même sens.

On sait que toute l’antiquité a connu et pratiqué les lustrations. Elles étaient partout le prélude de l’« initiation ».

La première journée des fêtes d’Éleusis leur était consacrée et un prêtre spécial y présidait. Apulée nous parle, dans sa description des mystères d’Isis, du bain de l’initié. Comme celui d’Éleusis, c’était un bain rituel destiné à procurer la pureté rituelle. Cette coutume avait sa raison d’être quand la communion était l’Union des sexes, mais elle n’a plus de sens quand on la supprime et la remplace par une initiation verbale.

Les Mithriaques pratiquaient les purifications par l’eau, par le feu, par le miel. Chacun de ces mots est un symbole.

Le miel, pour eux, est le symbole de la mort, et on l’oppose à celui de fiel, symbole de la vie.

En effet, le miel (le hôma), c’est l’amour qui est doux, mais qui tue l’homme. Sa réaction, c’est le fiel, la vie amère.

ÉVOLUTION DE LA PÉNITENCE

Tout ce que l’homme coupable pouvait dire à la Femme pour obtenir son pardon, il le dit maintenant à Dieu. L’aveu soulage la faute et allège le remords, mais rien ne peut l’effacer que le repentir parfait. Celui-ci suppose le sentiment intime de l’indignité du coupable, en présence de la puissance morale et de la bonté féminine.

Faites de la Déesse un Dieu, que signifie la Pénitence ? C’est au Dieu surnaturel que l’homme dit maintenant : « Mes péchés sont nombreux, le Seigneur dans la colère de son cœur m’a frappé, dans le ressentiment de son cœur le Dieu m’a abandonné. Je m’effraye, je succombe au chagrin, je suis accablé et ne puis plus lever la tête. Vers mon Dieu miséricordieux je me tourne et je gémis. Seigneur, ne rejette pas ton serviteur »,etc.

Chez les Persans, la confession est une cérémonie religieuse qui s’adresse aux âmes des purs (les anciennes Déesses). Elle ne s’adresse pas encore au Dieu suprême et unique qui régnera dans les religions modernes.

ÉVOLUTION DE LA COMMUNION

Le Yaçna, qui nous explique longuement les péripéties de l’office mazdéen nous dit de la communion que sa partie principale réside dans la préparation et la consécration du hôma. On ne peut pas être plus obscène. « Ce hôma guérit tous les maux et procure aux femmes la fécondité ».

Cet office se termine par un repas, mais souvent le repas précède.

« Ce n’est pas, dit Plutarque, la qualité des vins ni l’abondance des viandes qui est l’essentiel dans ces fêtes et en constitue le bienfait, c’est la bonne espérance et la persuasion de la présence d’un Dieu favorable (une Déesse), qui répand sur nous ses grâces ». « Ce repas en commun établit un lien entre les participants et la Divinité au nom de qui il est offert ; c’est par là qu’il est un acte essentiellement religieux », dit M. Gasquet.

Quand on voulut cacher la signification de cet acte, l’onction faite avec le hôma changea de place. Ce ne fut plus dans le vase sacré qu’elle fut faite, mais sur le front. Le banquet fut remplacé par la sainte table.

« Nous savons par saint Justin que la communion mithriaque consistait dans l’oblation du pain et de l’eau, sur lesquels le Père prononçait quelques paroles. Elle devait ressembler aux agapes sacrées de la plupart des mystères, au breuvage du Cycéon à Eleusis, aux repas religieux des Esséniens ».

Puis on perd de vue la signification de l’onction et nous voyons dans l’Avesta qu’après que l’enfant nouveau-né (l’initié assimilé à un enfant qui renaît) est lavé avec soin, on approche de sa bouche le hôma terrestre, qui est le symbole d’immortalité, puisqu’il transmet la vie de génération en génération.

LE CLERGÉ

Les Mithriaques avaient des prêtres qui constituaient le clergé. On leur donnait les noms d’éperviers et d’aigles. Porphyre distingue parmi eux trois degrés de prêtrise :

– Les Pères,
– Les Pères du culte (Patres sacrorum),
– Le Père des Pères (Pater patrum), qui était le chef suprême de la religion.

LES MYSTÈRES DE MITHRA

Le Mehardjan ou le jour de Mithra, du mois Mithra, n’était d’abord qu’une fête qui se distinguait à peine entre les autres. Plus tard le Mehardjan, on ne sait trop comment, devint le point de ralliement autour duquel se rangèrent les doctrines et les croyances auparavant éparses.

Les mystères de Mithra, avec leurs 12 épreuves qui ne duraient pas moins de 80 jours, et dont quelques-unes pouvaient compromettre la vie, avec leur sept degrés d’initiation, avec leurs cérémonies symboliques, avec leurs dogmes, leur liturgie, leur morale, en étaient venus à organiser une société, à constituer un monde. C’était tout un culte, toute une religion.

On appelait les initiés au 1er degré Corbeaux, au 2ème Griffons, au 3ème Soldats, au 4ème Lions, au 5ème Perses, au 6ème Héliodromes, au 7ème Pères.

Dans le Mehardjan, fête en l’honneur de Mithra, mais devenue tout un culte, on trouve en toutes lettres la confirmation et l’Eucharistie.
Les lignes de saint Justin sur ce dernier emblème ont été souvent citées :

« Nam Apostoli in commentariis suis quae vocantur Evangelia ita sibi mandasse Jesum tradiderunt . Hic est sanguis meus, ipsisque solis tradidisse ; atque id quidem et in Mithrae mysteriis ut fieret pravi daemones imitati docuerunt. »(Saint Justin Martyr, Apol. Quid est Eucharistia ? cap. 16).

Parmi les cérémonies usitées dans les Mystères Mythriaques, on en remarque trois principales :

1° Les ablutions qui précèdent les exercices du culte. Elles consistent en aspersions d’eau sainte que l’on répandait sur les initiés, comme le prêtre répand l’eau bénite sur les Catholiques, avant de commencer la messe. Ces ablutions paraissent, du reste, avoir été communes à tous les Mystères.

Donc, pour être admis à célébrer les fêtes de Mithra, on devait se régénérer par le baptême de l’eau, dans laquelle on se plongeait tout entier.

2° On se purifiait ensuite par le feu en traversant nu des brasiers enflammés. On devait ensuite se retirer dans le désert et s’y livrer à un jeûne rigoureux de cinquante jours. Venait après la flagellation qui durait deux jours.

3° En dernier lieu on faisait la cène, qui consistait en pain et en vin consacrés par les cérémonies saintes et qu’on distribuait ensuite aux assistants.

Les Daroums sont des petits pains non levés de la forme et du diamètre d’un écu de six livres et d’une ligne ou deux d’épaisseur. On en présente 2 ou 4 selon l’office qu’on célèbre ; le Daroum sur lequel on met un peu de viande cuite s’appelle Daroum frosesté, c’est-à-dire pain du vœu. On offrait aussi au Dieu des fleurs, des fruits, des graines odoriférantes, des parfums, de l’huile, du lait, des branches de hom et surtout le jus de cet arbuste, le Père hom (l’homme).

On accusa les disciples de Mithra de sacrifices humains.

L’INITIATION DE L’ENFANT

Jusqu’à cinq ans l’enfant vit avec les femmes, il n’est pas livré à l’homme. A cinq ans on le montre au père. De cinq à dix ans on fait son éducation physique, il monte à cheval, apprend à lancer une flèche. Mais on fait aussi son éducation morale, on lui apprend à dire la Vérité.

Vers dix ans l’enfant, fille ou garçon, revêtait le Kasti et entrait dans la société religieuse.

Vers 15 ans, lorsqu’il avait déjà fait le grand Gueti-Kherid, c’est-à-dire lorsqu’un prêtre avait pendant cinq ou huit jours célébré en son nom l’Izeschné, il était déclaré adorateur d’Ormuzd, Mazdeïesman. C’était la confirmation.

Les Parsis ont gardé l’ancien culte de la religion de Mithra. Voici ce que l’un d’eux nous dit lui-même : « Le Parsi n’est pas baptisé, mais de sept à dix ans a lieu une cérémonie correspondant à la première communion des autres religions, qu’on appelle « Navejot ». L’enfant est consacré Parsi ; il revêt pour la première fois la petite chemise de fine mousseline qu’on appelle « Sadra » et le cordon sacré qu’on appelle « Kasti » et qu’il devra porter toute sa vie. »

Le Mithriacisme, dans les dernières années de l’empire romain, se propagea avec rapidité et lutta d’influence avec le Christianisme. Même il s’en fallut de peu que ce fût cette doctrine qui obtînt la sanction officielle.

Des circonstances particulières ont fait changer le nom du dieu nouveau, mais, si la personne fut autre, la doctrine resta la même. C’est aux traditions de la Perse qu’on prit tout le fond de la nouvelle religion romaine qui n’eut rien d’original.

Déjà on célébrait la naissance de Mithra le 25 décembre, au fond d’une grotte solitaire, en compagnie d’un boeuf et d’un âne.

Chalcidius, philosophe de l’an 350, mentionne la venue des Mages vers un enfant qu’on disait Dieu ; il donne le récit de l’étoile des Mages à titre de poetique tradition. il dit : « Il y a une autre histoire, plus digne de notre vénération religieuse, qui publie l’apparition d’une étoile, etc. ». Et Burnouf va plus loin, il énumère les emprunts faits par le culte nouveau à l’ancienne tradition ; il dit :

« Le Zend-Avesta renferme explicitement toute la doctrine des Chrétiens : L’unité de Dieu (de la Déesse). Le Dieu vivant, l’Esprit, le Verbe, le Médiateur, le Père principe de vie pour le corps, qui engendre le fils. La théorie de la chute, celle de la Rédemption par la Grâce (féminine). La coexistence initiale de l’Esprit infini avec Dieu (la Déesse). La doctrine de la Révélation, de la foi, celle des bons et des mauvais anges, les Amschaspands (les bons), les Darvands (les mauvais) ; la désobéissance au Verbe divin présent en nous (c’est la femme qui dit cela). La nécessité du salut (pour l’homme) ».

Et, page 120, il dit encore :
« Le Christianisme est une doctrine aryenne (copiée de l’A-Vesta) et il n’a, comme religion, presque rien à démêler avec le Judaïsme (il en est l’opposé), il a même été institué malgré les Juifs et contre eux. C’est ainsi que l’entendaient les premiers Chrétiens qui l’ont défendu au prix de leur repos et parfois même de leur vie ».

Page 180, il dit : « Les dogmes chrétiens existaient avant l’époque de Jésus, incomplètement ou en secret chez les peuples juifs (Israélites), pleinement et ostensiblement chez les Perses.»

Page 217: « C’est dans les hymnes du Véda et non dans la Bible que nous devons chercher la science primordiale de notre religion ».
Et le Véda, pour Burnouf, se rattache à l’A-Vesta primitif. (Burnouf, La Science des religions, p. 118).

L’A-VESTA PERSÉCUTE, DÉNATURÉ, ALTÉRÉ

L’A-Vesta tomba aux mains de ses adversaires. Ils en firent des versions qui en altérèrent l’esprit.

C’est pour cela que l’on croit que le livre a été fait en plusieurs fois ; il contient des parties plus anciennes les unes que les autres.

Au XIIIème siècle avant notre ère, on introduisit dans l’Iran les caractères cunéiformes syllabiques, et peut-être aussi l’écriture sémitique cursive, alors que commençait l’influence, sémitique.

Au VIIIème siècle (avant notre ère), le véritable A-Vesta existait oralement. C’est toujours ce qu’on dit des livres supprimés. On ajoute qu’il fut mis par écrit au Vème siècle, mais on avoue qu’on ne sait pas s’il avait été déjà écrit avant cette époque. Il est probable que la première rédaction avait été détruite ou cachée.

On transcrivit un grand nombre de « Livres sacrés » dans la période des Achéménides ou du premier empire Perse, et, bien que l’écriture employée à cet usage soit inconnue, on croit qu’elle fut d’origine assyrienne.

Du temps des Sassanides, on trouve une traduction de ce livre en langue huzvâresch, qui rend le texte primitif obscur, d’autant plus que les traducteurs ne semblent pas posséder le zend très sûrement.

Quoique cette version soit loin d’être fidèle au sens donné, on la modifie encore par la suite.

Au IIIème siècle avant notre ère, les Grecs connaissaient des textes de l’A-Vesta d’une très grande étendue ; ils l’attribuaient à Zoroastre.

Burnouf dit : « Une traduction grecque du Zend A-Vesta courait de main en main plus de deux siècles avant Jésus ».

Darius fit faire deux copies de l’A-Vesta et les fit déposer, l’une dans le Trésor, l’autre dans les Archives de Persépolis.

La conquête d’Alexandre, puis les guerres des Romains et des Byzantins contre les princes de l’Iran, entraînèrent la destruction et la dispersion d’une quantité de manuscrits. Sous les Arsacides déjà, l’on commença à recueillir les fragments épars.

Donc on voulait faire disparaître tout ce qui racontait la gloire des temps gynécocratiques.

« La langue Zend, dans laquelle les livres de l’A-Vesta étaient composés, s’étant éteinte déjà vers le premier siècle de notre ère, on sentit le besoin d’une traduction dans l’idiome nouveau dit pehlvi, qui s’était constitué dans l’intervalle. Mais après cette traduction, dont l’époque précise est inconnue, les manuscrits originaux de l’A-Vesta furent transcrits dans un nouvel alphabet (vulgairement le Zend), dérivé de l’écriture dite pelhvi » (Leblois, Les Bibles, L. IV, p. 767).

Au IVème siècle de notre ère, Aberdad Mârspendân restaura l’A-Vesta, suivant les idées de son époque, évidemment.

Au VIIème siècle, les Arabes firent de nouveaux ravages dans la littérature sacrée des Perses. Ceux-ci se réfugièrent dans l’Inde, en emportant leurs manuscrits. Mais, à la fin du XIVème siècle, tous les manuscrits du Vendidad, Le seul qui restait de leurs livres sacrés, étaient perdus, ce qui obligea un de leurs Destours, nommé Ardeschir, de retourner en Perse pour s’en procurer un nouveau qu’il rapporta de Sistan, et c’est de ce dernier manuscrit que sortent toutes les copies actuelles du Vendidad existant dans l’Inde.

Ce livre, le seul conservé, faisait partie d’une collection qui en comprenait 21. On croit qu’il a dû sa conservation à ce qu’il renfermait les, principes, de la législation que les hommes avaient faite et qu’ils avaient intérêt à conserver ; c’est pour cela qu’il aurait été copié plus souvent que les autres (1).

Un auteur arabe, Masoudi, qui vivait au milieu du Xème siècle, prétend que les 21 livres remplissaient 12.000 peaux de vache.
Ce chiffre est évidemment très exagéré.

L’A-Vesta traduit par Anquetil ne renferme peut-être que la dizième partie de l’ouvrage tel qu’il existait au IIIème siècle avant notre ère.

Dans sa forme actuelle, il a été compilé et fixé sous la dynastie des Sassanides, au IVème siècle de notre ère, avec les débris de L’ancien A-Vesta, perdu ou détruit sous les successeurs d’Alexandre. Il n’en subsiste que des fragments, dont quelques-uns remontent à une époque très ancienne. Il est écrit en langue Zend, qui est celle des inscriptions Achéménides, alors que du temps des Sassanides la langue usuelle était le pehlvi.

Burnouf s’aperçut bien vite que la traduction d’Anquetil était remplie d’erreurs, donc qu’elle ne pouvait pas servir à donner une idée du texte original. C’est alors qu’il entreprit de la refaire en se servant d’autres méthodes, qu’il expose dans son Commentaire sur le Yaçna, après avoir rendu hommage aux travaux et à la probité d’Anquetil qui, dit-il, « a eu le mérite d’avoir osé commencer une si grande entreprise et d’avoir donné à ses successeurs le moyen de relever quelques-unes de ses fautes, gloire immense qui doit être d’autant moins contestée par celui qui vient le second, que lui-même n’aura vraisemblablement, aux yeux de ceux qui, plus tard, s’occuperont du même sujet, que le seul mérite de les avoir précédés ».

Burnouf explique que la version d’Anquetil n’a été, faite que sur une traduction, que la connaissance du pehlvi ou huzvâresch disparut rapidement de chez les Parsis du Guzerate, et que, par conséquent, leurs traductions ne sont pas sûres. Mais, ajoute-t-il, il existe pour la critique deux sortes de moyens pour rectifier l’interprétation d’Anquetil, c’est-à-dire l’interprétation que les Parsis, avaient donnée à Anquetil : « le premier de ces moyens, c’est la tradition des Parsis eux-mêmes, puisée à une source plus ancienne que l’explication des maîtres d’Anquetil ».

Le second de ces moyens, c’est l’analyse approfondie du texte Zend « appuyée sur la comparaison de cet ancien idiome avec Les langues auxquelles il est le plus intimement uni ». Le sanscrit étant la langue qui possède le plus d’affinité avec le Zend, Burnouf se servit donc de la version sanscrite du Yaçna faite par Neriosengh. Cette traduction avait été faite sur la vieille traduction huzvâresch, qui avait elle-même altéré l’esprit de l’A-Vesta.

Or, nous savons aujourd’hui dans quel sens les altérations étaient faites, puisque c’est un fait général qui se produisit partout. On donne le sexe masculin à la Déesse primitive Ahura-Mazda ; on relègue cette Divinité devenue surnaturelle dans un Ciel imaginaire ; on cache le nom de l’auteur primitif de l’A-Vesta ; on essaye, mais en vain, d’attribuer la gloire de cette oeuvre à un homme : Zoroastre, et on montre la femme comme asservie à l’homme dès L’origine du monde. En même temps, on cache soigneusement ce qui peut rester des anciennes Ecritures.

« Si L’on interroge les anciens auteurs sur les Ecritures sacrées du Mazdéisme, dit M. Leblois, il est fort possible que ce qu’ils nous en disent se rapporte à d’autres ouvrages qu’à ceux que nous possédons. »

Il est généralement admis que l’ensemble des anciens textes de l’A-Vesta était rythmé et que la plupart des vieux livres Zend étaient composés en vers. Ce poème, dans quelques passages, rappelle l’Iliade. Cependant, on n’a pu restituer tous les textes de l’A-Vesta en vers. Pour les Gâthâs seulement, ce travail a pu être fait, et Westphal, Roth, Mayr, sont arrivés à rétablir la métrique de ces cantiques.

Les manuscrits de l’A-Vesta actuellement connus en Europe sont conservés à Londres, Paris, Oxford et Copenhague.

(1) Le Vendidad énumère les localités excellentes créées par Ahura-Mazda. Leurs noms prouvent qu’elles remontent à une époque antérieure aux Perses et aux Mèdes.

En Perse, à la fin du XVIème siècle, on rédigea le « Zerdousht-Nameh » ou « Livre de Zoroastre ». Les Perses de l’Inde ayant perdu le manuscrit du Vendidad qu’ils avaient emporté (perdu ou détruit), un destour du nom. d’Ardeshir leur apporta un manuscrit nouveau ; c’est de ce livre récent que procèdent tous ceux qui se trouvent aujourd’hui dans l’Inde.

En 1325, on fit une copie du Yaçna, le plus ancien manuscrit zend. Elle est conservée à Copenhague.

A suivre …

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