Gnostiques et Rose-Croix Les Celtes Livres de Femmes Livres de Vérités

Livres de Femmes, Livres de Vérités (11) Conséquence de l’invasion romaine (2/2) La délivrance viendra de France

En tant que représentant de l’autorité, je vous nomme druidesse, devineresse, prophétesse. Diocles

1er chapitre : Introduction – Aux origines: La guerre des sexes
LIRE LA 1ère PARTIE – 2ème PARTIE
2ème chapitre : Révolution religieuse en Egypte
LIRE LA 1ère PARTIE – 2ème PARTIE
3ème chapitre : Les Aryas – Guerre des sexes chez les Perses et les Hindous
LIRE LA 1ère PARTIE – 2ème PARTIE
4ème chapitre : La guerre des sexes dans la Chine antique
5ème chapitre : La guerre des sexes dans la Grèce antique
LIRE LA 1ère PARTIE – 2ème PARTIE
6ème chapitre : De l’Israélisme au Judaisme
LIRE LA 1ère PARTIE – 2ème PARTIE – 3ème PARTIE – 4ème PARTIE
7ème chapitre : Origine et histoire du christianisme
LIRE LA 1ère PARTIE – 2ème PARTIE – 3ème PARTIE – 4ème PARTIE
8ème chapitre : Vierge Marie et mystère de l’Immaculée Conception
9ème chapitre : Faits et temps oubliés
LIRE LA 1ère PARTIE – 2ème PARTIE
10ème chapitre : Celtes et latins
LIRE LA 1ère PARTIE – 2ème PARTIE 3ème PARTIE
11ème chapitre : Conséquence de l’invasion romaine – La délivrance viendra de France
LIRE LA 1ère PARTIE

Chapitre 11 (suite)

L’ORDRE DES ROSE-CROIX

Vers cette époque, de 240 à 270, un événement important se produisit en Orient. Un Perse, Curbicus, surnommé Manès, ressuscitait les Principes de l’ancienne religion naturelle tels qu’ils avaient été formulés dans l’Avesta.

Il en fit, du reste, un ordre fermé que nous retrouverons plus tard sous le nom de Rose-Croix lorsque les modernes le restaureront.

C’est pour protester contre la profanation du culte de Vénus dans l’empire romain que ce mouvement se produisit.

La rose était consacrée à Vénus.

Elle est, par excellence, l’emblème de la Femme. Les vrais fidèles sont dits sub rosa (sous la Rose).

Mais la femme a été avilie dans son sexe, elle a souffert à cause des péchés de l’homme ; c’est sa couronne d’épines, elle représente une vallée de larmes, alors que jadis elle portait sur la tête une couronne murale appelée en, latin Vallaris Corona.

On va la réhabiliter en l’appelant Vénérable, mot qui rappellera son nom divin Vénus, et qui restera dans les ordres secrets.

C’est elle, Vénus-Uranie ou Vénus-Lucifer, qui portait le flambeau de l’Esprit avant la grande profanation ; on en fera sainte Lucie, mais on fera aussi de Lucifer un ange déchu.

Cette nouvelle doctrine, qui se propagera sous le nom de Manichéisme, va surtout protester contre la prétention de ceux qui veulent donner à l’homme les facultés divines de la Déesse.

L’homme est un demi-dieu parce qu’il se dédouble en deux principes qui se combattent de toute éternité : l’esprit, qui représente le Bon Principe, et le corps de l’homme, qui contient le mauvais principe. Donc on doit honorer l’esprit et haïr le corps.

Mais, si l’homme est un demi-dieu, il n’y a pas de demi-Déesse ; la divinité féminine est totale, intégrale.

La doctrine secrète des Manichéens a servi à faire la légende masculiniste de ceux qui renversèrent le premier Christianisme.

Ils l’ont copiée en mettant au masculin ce qui était au féminin.

L’ordre des Rose-Croix a été repris et intercalé dans la Franc-Maçonnerie par les modernes.

Dans les Sociétés secrètes modernes, on en a fait le 18ème degré.

Symbolisme secret des Rose-Croix

Tout le monde sait que la religion catholique se compose de deux doctrines :
L’une cachée, l’Esotérisme ; l’autre enseignée ouvertement, l’Exotérisme.

Mais ce que l’on ne sait pas assez, c’est, que les deux doctrines se contredisent ; c’est aussi que l’Esotérisme, si bien caché par l’Eglise, était la doctrine enseignée par le premier Christianisme et que son culte a été conservé dans les Sociétés secrètes.

C’est, dans la Franc-Maçonnerie actuelle, le grade de Rose-Croix qui perpétue l’Esotérisme, c’est-à-dire la doctrine des premiers Chrétiens.

Cet Ordre de chevalerie fut fondé au 3ème siècle par ceux qu’on allait appeler « les Manichéens ».

Le grade de Rose-Croix est le 18ème dans les Mystères. Son but est surtout de protester contre la profanation du culte de Vénus à l’époque romaine.

La rose était consacrée à cette Déesse. Vénus Uranie, ou Vénus Lucifer, porte le flambeau de l’Esprit qui dirige et organise, elle est parmi les Grands Architectes de l’Univers.

De son nom vient le mot Vénérable.

Elle porte sur la tête une couronne murale, appelée en latin Vallaris corona. De ce mot on a fait Vallum (retranchement, rampart, défense, protection), d’où le mot vallée, resté dans le grade.

Certains auteurs croient qu’il a été institué contre la Kabbale juive pour rétablir Lucifer détrôné par Adonaï, ce qui veut dire la Déesse vaincue par le Dieu, quel que soit le nom qu’on lui donne.

Le nom de ce Mystère vient de ce qu’il est symbolisé par une croix de bois sur laquelle est clouée une rose, emblème de Vénus.

Ce grade va s’occuper des deux Principes, c’est-à-dire des deux sexes. Ce qui explique ce discours conservé dans les rituels :

« Tout a été renversé, de profondes ténèbres enveloppent la Terre, elles y ont semé le désordre et le deuil, la force règne partout en souveraine maîtresse. La parole, autrefois si puissante, ne peut plus convaincre les hommes ; ils sont devenus rebelles à la Raison, à la Justice, à la Vérité ; ils n’écoutent plus que la voix de leurs passions et de leurs appétits…

« Dans ce fatal cataclysme, les travaux (les Mystères) ont été troublés, les ouvriers (les initiés) ne se reconnaissent plus, les colonnes de la Maçonnerie sont brisées, les outils sont dispersés, le voile du Temple est déchiré, la lumière qui nous éclaire est éteinte… Hélas ! trois fois hélas ! La parole est perdue ! que pouvons-nous attendre ?…

« Nous fuyons les contrées misérables où l’erreur a détruit la Vérité, où toutes les notions de la Justice sont éteintes, où l’homme dépérit sous le souffle de l’égoïsme et de l’ambition. Nous cherchons une patrie favorisée pour accomplir notre destinée terrestre, le mal ne peut plus régner partout !… »

Le président, appelé « Très-Sage », ouvre la séance en disant :

D. — Pourquoi sommes-nous ici ?
R. — Nous cherchons la parole perdue.
« Mes Frères, travaillons à retrouver la parole perdue, afin que, ensemble, tous pour chacun et chacun pour tous, nous parvenions à la recouvrer. »
Suit une exclamation : Hoscheah, qui se dit aussi Houché, et qui signifie Sauveur (1). « Que la Foi, la Charité (l’Amour) et l’Espérance nous sanctifient ! »

Les travaux des Rose-Croix commencent au moment où la lumière s’obscurcit par la destruction du Temple. Ils finissent au moment où la lumière reparaît (époque de Johana).

Le temple est éclairé par 33 bougies, pour rappeler que David a régné 33 ans à Jérusalem.

L’initiation se fait dans trois chambres :

La Chambre noire (le passé) ;
La Chambre infernale (le présent, époque romaine) ;
La Chambre rouge (l’avenir, c’est l’espérance).

LA CHAMBRE NOIRE (le passé)

Là se trouvent trois colonnes sur lesquelles sont inscrits les mots Foi, Espérance, Charité.

— La Foi, c’est l’adhésion à la lumière que le Grand Architecte (la Déesse) a fait briller en notre esprit et qui lui sert de phare en ses plus sublimes conceptions pour le préserver des fausses doctrines de la fausse science. C’est le levier au moyen duquel l’homme renverse par sa puissance intellectuelle tous les obstacles de la matière.

— La Charité (l’Amour), c’est le sentiment de bienveillance mutuelle qui établit un lien entre l’homme et la femme. De ce sentiment découlent toutes les vertus qui élèvent l’homme et lui donnent la force d’accomplir tous les actes de dévouement, de sacrifice et d’abnégation. L’amour a des baumes pour toutes les blessures, des consolations pour tous les chagrins, des larmes pour tous les malheurs, il relève, encourage le pauvre, défend l’opprimé. Marchons donc dans sa voie, elle conduit à la lumière et à la vie.

— L’Espérance est le résultat de la Foi et de l’Amour et a pour but la Justice. La Foi et l’Amour sont éteints, mais l’Espérance nous éclaire toujours, avec elle nous rallumons la Foi et l’Amour. C’est le cri d’espérance de la Femme. (Spes en latin.)

LA CHAMBRE INFERNALE (le présent)

C’est l’enfer pour les femmes, dans le monde romain, qui a tout renversé, qui a supprimé la Vérité et nié la gloire des Grandes Déesses.

Tout cela est représenté par un transparent lumineux, car la salle n’est pas éclairée.

Sur ce transparent, on voit Hiram (Myriam-Hathor dont on a fait Moïse) tenant sa branche d’acacia comme la palme du martyre et recevant une couronne d’or d’Eblis, l’ange de lumière.

A droite et à gauche de cette chambre se trouve un squelette ; chacun, un arc tendu à la main, lance une flèche. Ce sont les deux puissances qui ont renversé la Femme : le Prêtre, le Roi.

LA CHAMBRE ROUGE (l’avenir)

Dans le fond de la salle, un autel élevé de trois marches. Sur cet autel, un tableau représentant trois croix ; celle du milieu, ayant au centre une rose entourée d’une couronne d’épines, représente le sexe féminin ; les deux autres ont au centre une tête de mort au-dessus de tibias entrecroisés.

Ces croix, avec leur tête de mort, représentent les ennemis de la Femme, le Prêtre, le Roi, qui étaient représentés par des squelettes dans la chambre infernale.

Au pied de la croix du milieu, qui représente la Femme, est un globe entouré d’un serpent qui se mord la queue, symbole qui représente l’éternité du mal. On le remplace souvent par un pélican nourrissant ses petits en se perçant les flancs, ce qui rappelle la légende de Prométhée.

La rose est l’emblème du sexe féminin, elle est clouée sur la croix (d’infamie), condamnée par l’homme, d’où la couronne d’épines.

Les néo-chrétiens copient ce symbolisme. Ils donneront à leur Christ le sexe masculin, et c’est lui qui portera la couronne d’épines de la Femme qui a souffert pour les péchés de l’homme. Quand il sera crucifié, comme la Femme, on le mettra entre deux larrons pour imiter les deux ennemis de la Femme, qui lui ont pris sa puissance religieuse, et sociale.

Au côté nord de la salle se trouve une pancarte sur laquelle on lit en grosses lettres : « L’étude de la Nature, faite par la raison, nous révèle tout ce qui doit constituer notre Foi, et son infinité nous inspire l’Espérance certaine de l’immortalité de l’humanité, parce que l’Amour en assure la régénération constante au moyen de la génération universelle. »

C’est là que les Chevaliers d’Orient et d’Occident vont être initiés au grade de Rose-Croix. On les annonce en disant : « Ils ont cherché la parole et croient l’avoir retrouvée. »

Pour cela, ils se sont dépouillés de tout ce qui leur restait d’impur et ils ont brisé les chaînes des passions, des préjugés et de la fausse science. On les interroge.

D. — Chevaliers, d’où venez-vous ?
R. — Nous avons parcouru l’Orient et l’Occident, le Septentrion et le Midi, pour chercher la parole perdue. Malgré les ténèbres qui nous enveloppaient, malgré les entraides que l’erreur et l’ignorance semaient sur nos pas, nous croyons l’avoir retrouvée.
D. — Comment ? Par quel moyen ?

La réponse est un discours symbolique.

R. — Un jour, notre course nous ayant épuisés, nos genoux fléchissaient sous le poids de notre corps, notre vue n’apercevait aucun terme à la route dans laquelle nous nous étions engagés ; notre oreille ne percevait plus aucun son et la parole expirait sur nos lèvres. Semblables au voyageur égaré dans le désert, nous tombâmes accablés, découragés, haletants. C’était l’anéantissement, l’agonie, la mort… Oui, la mort qui se levait devant nous menaçante et terrible. Quelle fut la durée de cette défaillance (le temps de la persécution juive) ? Nous l’ignorons. Tout ce que nous pouvons dire, c’est que notre retour à la vie fut marqué par un événement extraordinaire… A peine nos sens commençaient-ils à se rouvrir aux sensations, qu’une voix mystérieuse (celle de Johana, la voix cachée) s’éleva au fond de notre coeur et nous fit entendre ces mots : « Depuis que le soleil s’est éclipsé, que les ténèbres se sont répandues sur la Terre, que les outils ont été brisés et que l’Etoile flamboyante a disparu, les ouvriers se sont dispersés et la parole a été perdue. Dès lors la misère a accablé la Maçonnerie. A la place des jours de gloire qui marquèrent et suivirent son avènement, elle n’a eu que des jours néfastes ; ses ouvriers attendent dans les larmes et le deuil qu’un de leurs Frères retrouve la parole qui seule doit faire renaître son antique splendeur. Vous êtes dévoués à cette mission difficile et la Foi vous manque. Prenez courage, apôtres de la Vérité ! Le flambeau de l’Espérance vous éclaire et la Charité (l’Amour) vous montre le chemin. Encore quelques efforts et vous atteindrez le but. Ignorez-vous qu’une foi ardente soulèverait des montagnes ? Courage donc, hommes de bonne volonté, vos Frères vous attendent ! »

« Ainsi parla la voix, et nous sentîmes comme un souffle qui nous pénétrait au moment où elle murmura, en s’éloignant, une parole qui fut pour nous la révélation d’une lumière nouvelle… Alors, nous nous levâmes en promettant de ne prononcer cette parole qu’après avoir été consacrés par vous. Puis, l’ayant burinée en caractères ineffaçables, nous la renfermâmes dans un coffre en métal le plus pur. Depuis lors, notre âme reprit sa sérénité. La douce espérance marchait avec nous, et nous sommes accourus pour déposer en vos mains ce coffre qui doit renfermer l’objet de tous nos voeux… Le voici. »

Cette boîte est remise au Très-Sage. Elle est fermée par un ruban rouge qui forme la croix latine ; elle est scellée de cire rouge. Le Très-Sage rompt le cachet, ouvre la boîte et en tire un papier qu’il lit en épelant lettre par lettre :

I… N… R… I.

A ce moment, on retire le rideau dont est couvert le transparent (le voile du Temple) qui cache l’autel, et il faut comprendre la relation qui existe entre ce mot et l’autel du sacrifice sacré.

Puis une prière à la Déesse :

« Toi qui as la toute-puissance pour sceptre, l’éternité pour règne, bénis nos travaux dont le seul but est d’étudier tes lois qui se résument dans ces mots : Harmonie, Justice, Amour.

« Lorsqu’un jour la doctrine maçonnique sera devenue celle de tous les peuples et qu’ils ne formeront plus qu’une seule et même famille de Frères et de Soeurs unis par l’amour, la science et le travail, alors, plus dignes de toi, ils jouiront de l’éternelle harmonie que tu imprimes à toute la Nature. Daigne, ô Grand Architecte de l’Univers, nous rendre dignes de voir de si beaux jours. Amen. »

Puis un discours du Très-Sage dans lequel nous trouvons ceci :

« Nous, Chevaliers Rose-Croix, nous interprétons le monogramme IN RI par ces mots :

IGNÉ NATURA REGENERATUR INTEGRA

C’est-à-dire : La Nature est régénérée entièrement par le Feu.

Aux profanes nous donnons un sens littéral, nous leur disons que la Nature engourdie par le froid est régénérée par le soleil au retour du solstice.

Mais à ceux qui sont dignes de recevoir la communication des hautes sciences et des mystères sublimes, iis quibus datum est noscere mysierium, à ceux-là nous donnons la véritable interprétation de ces mots : Toute la Nature est renouvelée par le Feu… (1) En effet, que nous dit le Verbe ?… Il nous dit : « De même que l’or est purifié dans la fournaise, ainsi le Juste (la Femme) sera purifié par le Feu (l’amour) » ; le Feu est le principe de vie qui anime tous les êtres.

« Mais ce n’est pas au Feu matériel qui sert à satisfaire une partie de nos besoins que se rapportent les allégories de ce grade. Non ! c’est au Feu principe, à ce Feu conservateur et vivifiant qui pénètre et embrase toute la Nature, c’est à ce Feu sacré, que se rattachent tous nos mystérieux symboles. Au rayonnement de ce Feu sacré qui forme la parole, la Femme a reconquis tous les droits de sa primitive origine. » (Il est des modernes qui, partout, mettront le mot Homme à la place du mot Femme.)

Après ce discours, les nouveaux Chevaliers Rose-Croix prêtent le serment du silence, puis on leur donne le cordon du grade en disant :

« Mes Frères, la couleur de ce cordon est rouge ; c’est la couleur du soleil ou de la lumière à son foyer, c’est aussi la couleur de l’amour. (C’était la couleur qui symbolisait le sexe féminin dans l’antiquité.)

« La Rose était le secret de la fécondité dans les Mystères égyptiens, elle était l’emblème d’Isis, la Femme féconde par excellence. Donc, la croix ayant une Rose dans l’intersection de ses bras figure l’humanité se renouvelant sans cesse ; ce symbolisme mystique contient le secret qui rend la Femme immortelle.

« Quant au Pélican (qui se perce des flancs pour nourrir ses enfants), il est l’emblème de la mort morale du Père par l’acte de la génération.

« Vous voilà parvenus, mes Frères, au grade de Chevaliers Rose- Croix. Un horizon plus vaste doit s’ouvrir à votre esprit devant les devoirs nouveaux que vous aurez à remplir. Le but que se proposent les Chevaliers Rose-Croix, c’est de former des Maçons qui se dévoueront fermement et activement à la propagande. C’est là, mes Frères, une tâche difficile et périlleuse, car les ennemis de la Vérité sont innombrables. Mais leurs efforts pourraient-ils étonner notre courage ?… Nous combattons avec les armes de la Foi qu’aucune passion humaine ne saurait émouvoir ; nous instruisons par la Charité (l’amour), cette rosée céleste tombée sur l’homme pour assurer sa réhabilitation ; et, dans notre oeuvre féconde, nous sommes éclairés par l’Espérance… Qui pourrait donc nous arrêter ? Rien si nous restons sincèrement unis, tous pour chacun et chacun pour tous, nous abritant sous l’égide de la solidarité et de la fraternité universelle. »

Le Chevalier d’éloquence prononce un discours sur la réception qui vient d’avoir lieu. Il rappelle aux néophytes les diverses phases de leur initiation. Il parle du soleil qui est l’emblème d’Hiram (Maria) et du Christ (la Déesse), explique l’éternité des forces cosmiques et la substance universelle.

Puis il montre que sur terre, la génération est tout, que la création n’est que l’induction de la génération. C’est la génération qui assure l’immortalité de l’homme comme espèce, l’immortalité de la famille humaine, grâce à la succession des générations que rien ne saurait interrompre, et aussi l’immortalité mystique que le symbolisme représente (celle de la Femme) et que le Principe du Feu explique.

Il ne reste plus qu’à suspendre les travaux et à passer à la cérémonie finale, la Cène.

Le Très-Sage, s’adressant au premier Grand Gardien, dit :

D. — Quel est le but que se proposent les Chevaliers Rose-Croix ?
R. — Combattre l’orgueil, l’égoïsme et l’ambition, pour faire régner à leur place le dévouement, la charité et la vérité.
D. — Qui vous a reçus ?
R. — Le plus humble de tous.
D. — Pourquoi le plus humble ?
R. — Parce que c’était le plus éclairé et qu’il savait que toute science vient d’en haut (c’est-à-dire des esprits supérieurs formant la première caste).

(1) C’est cette formule qui est résumée dans les mots Immaculée Conception. Quand Auguste Comte a aperçu cette Vérité, il a fondé la Religion de l’Humanité sur ce qu’il a appelé « l’utopie de la Vierge-Mère ».

LA CÈNE

Après cette cérémonie de réception a lieu la célébration de la Cène, symbolisme d’une importance capitale qui a pour but de rappeler comment s’accomplissait l’union de l’homme et de la femme dans le régime théogonique.

Cet acte était considéré comme la base même de l’ordre social ; c’était un rite religieux entouré de prescriptions et de consécrations. Dans le langage de l’Eglise, on l’appellera le sacrifice ; c’est la principale cérémonie de toutes les religions ; elle a une haute signification psychologique. Elle remonte à l’époque où la Femme qui dirigeait le culte considérait l’amour comme une élévation spirituelle, alors que, depuis, le même mot amour, profané, a désigné un abaissement sexuel.

La différence de leurs natures est tout entière manifestée dans cette divergence de vues.

La Théogonie avait glorifié la Femme dans sa sexualité qui engendre la spiritualité ; les religions masculines voulurent l’imiter, rendre un culte au sexe mâle, et il en résulta une anarchie morale qui mène à la démence. Là est la cause du mal social.

Voici comment, dans les Ordres secrets, la Cène est résumée :

On fait apporter une table recouverte d’une nappe blanche bordée de rouge, sur laquelle se trouvent du pain, du vin, deux grandes coupes et deux serviettes. Le Très-Sage dit : « Avant de nous quitter, nous allons rompre ensemble le même pain et boire dans la même coupe. Nous cimenterons ainsi davantage les liens qui nous unissent et nous nous aimerons mieux… Approchons-nous, mes Frères, de la table fraternelle. »

Quand tous sont placés, le Très-Sage dit : « Grand Architecte de l’Univers (Déesse-Mère), toi qui pourvois aux besoins de tes enfants, bénis la nourriture que nous allons prendre ; qu’elle soit pour ta plus grande gloire et pour notre satisfaction. »

Prenant le pain et l’élevant : « Que ce pain nous maintienne en force et en santé. »

Prenant les coupes qu’il remplit et les élevant : « Que ce vin, symbole de l’intelligence, élève notre esprit. »

Il rompt le pain en deux parties égales, puis sur ce pain il fait le signe du grade, ce qui équivaut à une bénédiction. Le Chevalier d’éloquence, qui est à la gauche du Très-Sage, exécute sur le pain le contre-signe. Le Très-Sage alors donne les deux morceaux de pain à ses voisins, après y avoir mordu, en disant : « Prenez et mangez. Donnez à manger à ceux qui ont faim. » Après cela, il prend les deux coupes et fait le signe sur le vin, puis il fait passer les deux coupes après y avoir bu quelques gouttes, en disant : « Prenez et buvez. Donnez à boire à ceux qui ont soif. »

Le pain et le vin circulent, chacun y goûtant. Après cela, on fait la chaîne d’union et l’on se donne le baiser fraternel.

La cérémonie de la Cène a lieu obligatoirement après les séances de réception et quelquefois après les tenues solennelles.

LES AGAPES

Les agapes des Rose-Croix ont lieu une fois par an, dans la nuit du Jeudi Saint au Vendredi Saint.

C’est la fête de Pâques. On pourrait dire la fête de la fécondation, qui, dans les temps anciens, n’avait lieu qu’une fois par an pour assurer la reproduction. C’est ce qui est symbolisé par la Pierre cubique, c’est-à-dire le rapprochement des deux triangles qui, unis, font un cube. Ils sont dédoublés toute l’année, c’est-à-dire séparés ; une fois par an seulement, on les réunit dans une grande cérémonie religieuse.

Tout le symbolisme des agapes se rapporte à l’idée d’union. La cérémonie a lieu après la célébration de la Cène.

Au fond de la salle se trouve la Croix portant la Rose. Les verres sont des calices (le vase sacré). On les place sur une ligne tracée par deux rangées de rubans rouges (symbolisant le sang de la Femme). Les noms des objets sont très symboliques :

La table s’appelle autel.
La nappe, tapis.
Les serviettes, écharpes.
Les verres, calices.
Les bouteilles et carafes, amphores.
Boire, c’est vider le calice.

On comprend que tout cela couvre le naturalisme sexuel.

On ne met sur la table qu’un pain pour deux couverts, qui, primitivement, devaient être pris par un homme et une femme. Celle devant laquelle il était placé devait le partager avec le frère qui était à sa droite en le lui présentant afin de le rompre ensemble.

Quand on porte des santés, ce qui s’appelle exécuter des libations, on met sa serviette sur son cou, comme les Juifs, dans leurs synagogues, mettent encore le taleth. C’est l’image du lien d’union, représenté par le poêle qu’on tenait sur la tête des mariés pendant la bénédiction nuptiale. En latin, cette serviette’s’appelle pallium (manteau).

Ce nom de poêle est donné au drap mortuaire dont on couvre le cercueil dans les sacrifices masculins.

Nous n’avons pas parlé du 17ème degré qui le précédait : Chevalier d’Orient et d’Occident, parce qu’il se rattache complètement à l’histoire que nous allons développer dans la suite du livre.

Si nous mentionnons ici les Rose-Croix, c’est parce que, cette doctrine s’étant répandue en Gaule, nous allons voir les Druidesses instituer de nouveaux Mystères sous l’influence des vérités que ce mouvement rapportait.

Déjà, plusieurs peuples avaient fait alliance et constitué parmi les Chevaliers d’Orient et d’Occident un grand conseil dit des Chevaliers Rose-Croix, qu’ils chargèrent de juger toutes les difficultés qui pourraient désormais surgir entre eux.

On allait aussi instituer un enseignement pour montrer aux peuples comment les empires s’écroulent et comment les nations se relèvent.

Ce grand conseil fut une forme rénovée des Aréopages, qui sont des assemblées délibérantes que les Catholiques copieront en faisant des conciles.

(1) Dans le monde supérieur, le rédempteur qu’on attend n’est pas désigné par le mot « oint », mais par le mot « Soter » (sauveur). Le Soter, c’est la Sota, l’ancienne reine en Egypte.

NOUVEAU MYSTÈRE EN GAULE

Au moment où la suprême autorité morale de la Mère, est menacée par le Droit romain et par les doctrines fausses qui envahissent le monde, on va rappeler que c’est à elle seule que cette autorité appartient.

Ce nouveau grade sera intitulé : LA GRANDE SOUVERAINE (MATRICE) DE LA JÉRUSALEM CÉLESTE

Il aura pour objet de rappeler que l’enseignement de la Vérité avait créé l’Age d’or et l’Eden, dira-t-on symboliquement, c’est-à-dire la vie heureuse.

Les allégories et les symboles de ce grade sont empruntés à l’Apocalypse. On fait chercher à l’aspirant la route qui conduit à la Jérusalem Céleste, le chemin de la Vérité. On y trouve les quatre portes de l’Arbre central aux 12 feuilles, point de départ de toute science.

La Franc-Maçonnerie moderne en a fait le 19ème degré.

Il est utile, pour reconstituer les Mystères antiques, de s’inspirer de la forme qu’ils ont prise dans le monde masculin, car il n’y a généralement de changé que le sexe des personnages ; les rituels ont dû être respectés, car ils se rattachent d’une façon précise aux événements de chaque époque.

C’est ainsi, que nous trouvons dans le discours de l’orateur du 19ème degré ces phrases :

« Il n’y a pas d’autre Vérité que celle qui est enseignée par la raison. L’éducation des masses, par l’enseignement, ramènera seule les beaux jours de l’Eden où vivaient, le premier homme et la première femme. (On aurait dû dire, au pluriel, les premiers hommes et les premières femmes.)

« Le vrai paradis, c’est l’Eden (l’âge d’or perdu depuis que la Femme a été renversée de son trône et réduite en esclavage)

L’humanité s’y nourrissait des fruits de l’arbre de la science, et, pour posséder de nouveau le Paradis, il faut que l’interdiction faite par Adonaï (Dieu masculin représenté par le Prêtre) de toucher à cet arbre n’ait plus aucun effet.

C’est pourquoi, sous la conduite de l’Ange de lumière (la Femme), les descendants de Myriam (Hiram) monteront à l’assaut de la Jérusalem céleste pour réduire à l’impuissance Adonaï, principe du mal.

« L’Eden reconquis, l’Ange de lumière régnant et Adonaï déchu de son pouvoir néfaste, tel est le but de notre Fraternité. »

Faut-il faire remarquer que le Principe du Mal a pris bien d’autres noms depuis cette époque ?

Les assistants, vêtus d’une robe blanche, ont le titre de fidèles et vrais frères, parce que, depuis la grande apostasie romaine, il y a des infidèles et des faux frères. Ils portent autour du front un bandeau de satin bleu, avec douze étoiles brodées en or, pour représenter les douze livres de la nouvelle science annoncée dans l’Apocalypse et qui doivent rapporter la Vérité dans le monde à venir.

A propos des 12 étoiles représentant les 12 livres de la science restituée, on dit :

« Notre vision ne pouvant embrasser qu’une portion infinitésimale du grand tout harmonique de la Nature, notre intelligence étant essentiellement finie, en présence de l’infini, nous n’avons pas à préjuger le moment où la Vérité, l’Honneur et la Fraternité écraseront définitivement le mensonge, la bassesse et l’intolérance, les trois têtes de l’hydre du mal. Notre devoir est d’attendre ce moment béni avec patience et confiance. »

C’est depuis lors que les Celtes attendaient une régénération morale, une nouvelle épiphanie de la Déesse.

Celle qui devait venir l’accomplir devait naître le jour de Noël, suivant l’ancien calendrier, c’est-à-dire douze jours après la Noël actuelle. La nuit qui devait la voir naître était appelée d’avance « nuit mère » (nodra nect).

Dans ce grade, il n’y a qu’un seul surveillant (épiscope) au lieu de deux à l’ouest (côté des hommes), pour faire comprendre que la moitié des hommes a passé dans le parti des traîtres, des faux frères. Ce surveillant unique tient en main une étoile d’or, pour signifier que c’est lui, resté fidèle, qui possède la vérité.

Ce grade n’est pas seulement un degré à ajouter aux autres, c’est une réorganisation complète à faire, une division nouvelle à créer, une troisième partie à annexer aux anciennes Fraternités.

Les modernes l’appelleront la Maçonnerie noire.

Il s’agissait de faire comprendre qu’un grand malheur public s’abattait sur le monde, à cause des doctrines fausses du nouveau masculinisme qui commençait à se répandre partout.

La question du vêtement a une grande importance dans les Mystères masculins ; aussi on décrit toujours le costume avant d’expliquer les principes qu’on va enseigner. Dans le grade dont nous nous occupons, la Mère-Vénérable porte une robe de satin blanc. Il est probable que ceux qui ont remplacé la Mère par le Père l’ont aussi habillé de satin blanc. Nous l’ignorons, mais nous avons un document curieux qui nous renseigne sur cette question du costume ; c’est la description que fait M. Monceau d’une initiation antique d’après Apulée. Il dit ceci :

« Il s’arrête devant les hiéroglyphes entrevus dans les temples des dieux orientaux. Au milieu de ses escapades dévotes, il regarde curieusement le gros livre que le Grand-Prêtre tire du plus profond de son sanctuaire. C’est un affreux grimoire qui se dérobe aux indiscrets. On y distingue des figures d’animaux qui résument à elles seules de longs sermons, puis ce sont des dessins qui s’enchevêtrent en nœuds, s’arrondissent en roues, ou se contournent en spirales comme les vrilles d’une vigne. Tout cela, dit Apulée, pour se défendre contre la curiosité des profanes. Malgré sa dévotion, ces hiéroglyphes lui ont causé bien des distractions à l’époque où il se faisait admettre aux Mystères ; pendant qu’on lui lisait les formules consacrées, il regardait anxieusement dans le gros livre par-dessus l’épaule du prêtre. Au milieu même de la cérémonie d’initiation, il étudie du coin de l’œil le costume dont on l’a affublé. Il s’avance couvert de douze robes sacerdotales. On le fait asseoir au milieu du temple, en face de la statue de la Déesse, sur une estrade de bois. Sur sa robe de dessus, la douzième, couverte de dessins à fleurs, on pose encore une grande chlamyde qui, de ses épaules, tombe jusqu’à ses talons.

« De tous les côtés, dit-il, je me présentais chamarré de figures d’animaux de toutes les couleurs. C’étaient des dragons de l’Inde, des griffons hyperboréens, ailés comme des oiseaux, produit d’un autre monde. En liturgie, on appelle ce vêtement la robe olympienne. De ma main droite je tenais un cierge allumé. Mon front était ceint d’une belle couronne de palmiers blancs, dont les feuilles semblaient des rayons lumineux. Immobile comme une statue, j’avais l’air du soleil. On tire les rideaux et le peuple m’admire, bouches béantes. »

« Tout en marmottant ses prières, il avait l’œil sur les hiéroglyphes, sur la foule, sur son estrade et sur ses treize robes. » (Monceau, Apulée)

LES DRUIDESSES VAINCUES ET DISPERSÉES

Quand la religion de l’homme devint sanguinaire et intolérante, quand la femme fut persécutée, elle fit ce que nous lui avons vu faire partout, elle s’éloigna de l’homme, cherchant le repos et le calme dans la solitude, et c’est ainsi que les Druidesses, cachées dans les forêts, enseignaient les lois de la Nature.

Mais là-même elles n’étaient pas en sécurité ; alors elles s’isolaient sur des bateaux. Enfin nous les retrouvons dans une île de l’Océan Atlantique, l’ile de Sein, où elles continuent à enseigner la science dans un dernier « Collège de Druidesses » qui a longtemps existé.

« Avec Jules César sonne la dernière heure des Mystères par le sac de la célèbre Alésia (Alise Sainte-Reine) tombeau de l’initiation, de la religion des Druides et de la liberté de la Gaule.

« Bibracte, son Sacré Collège et ses Ecoles recevant 40.000 élèves et où s’étudiaient toutes les sciences, son amphithéâtre pouvant recevoir 100.000 spectateurs, un Capitole, des temples, de somptueux édifices, une naumachie gigantesque, un champ de Mars, etc., etc., et des fortifications datant des époques héroïques ; toute cette grande et célèbre cité fut anéantie et, avec elle, périrent les secrets des grands mystères de la Nature (1). » (F. d’Olivet.)

Un sénatusconsulte du temps de Tibère supprima les Druides devenus des espèces de devins et de médecins. Claude abolit complètement la religion druidique, si effroyablement cruelle ; déjà, sous Auguste, elle avait été interdite aux citoyens romains.

Dans cette condamnation des Druides on comprend les Druidesses qui, cependant, n’étaient pas leurs complices, mais, au contraire, leurs victimes.
Du reste, depuis longtemps on les laissait au second plan, on parlait peu d’elles, et, si nous consultons les auteurs latins et grecs, nous ne saurons presque rien sur la place qu’elles occupaient dans les Gaules.

Le géographe romain Pomponius Mêla, parlant des prêtresses de l’île de Sein, en face des rivages des Orsismi, dit : « On les appelle Gallizenae », et M. Dottin ajoute : « Les gallicanas dryades de Vopiscus. » Le nom de Druidesse n’y est pas prononcé.

On trouve encore au 3ème siècle, en Gaule, des prophétesses appelées Dryades ; ceux qui en parlent tendent à les inférioriser.

L’une aurait prédit à Alexandre Sévère (208-235) sa fin prochaine.

L’empereur Aurélien (270-275) avait consulté les prophétesses gauloises, gallicanas dryades, sur l’avenir de sa postérité.

« Une de ces femmes aurait promis l’empire à Dioclétien ; cette dernière était une aubergiste de Tongres. » (Dottin.)

On croit que la prophétesse tongrienne, Tongria Virgo, s’appelait Pou-hon. C’est elle qui aurait donné son nom à la fontaine minérale de Spa.
Henri Martin les assimile aux religieuses. « Il existait, dit-il, des communautés de femmes consacrées à la Divinité ; on les nommait Druidesses. Elles vivaient retirées dans les îles de la mer et des fleuves, et le peuple les croyait douées du pouvoir de soulever et d’apaiser les vents et les flots, de prendre à volonté toutes sortes de formes d’animaux et d’oiseaux, et de prédire l’avenir. Dans la mémoire des peuples, leur souvenir se confond avec les contes de fées. »

Le nom qui a surnagé, dans ce naufrage des Druidesses, est celui de Velléda, et cela parce que Chateaubriand l’a fait revivre dans ses Martyrs.

Il lui fait dire, dans un discours qu’elle adresse aux Gaulois: « Est-ce là le reste de cette nation qui donnait des lois au monde ? Où sont ces Etats florissants de la Gaule, ce conseil des Femmes auquel se soumit le grand Annibal ? »

Velléda aurait été une Druidesse des Germains. Son père, qui s’appelait Segenax, fut le premier magistrat des Rhédons.

Dans le Dictionnaire de Décembre-Allonnier, nous lisons ces lignes :

« Velléda ou Véléda, nom générique donné par les Germains à leurs prophétesses, et dont les Romains ont fait un nom propre.

La plus célèbre est celle qui prit part à la révolte de Civilis et des Bataves contre Vespasien en 90. Elle était de la nation des Bructères et engagea les Germains à reconnaître l’Empire gaulois qu’elle fut ensuite la première à abandonner, pour traiter avec Céréalis. Après le départ des troupes romaines, elle essaya de faire insurger de nouveau le pays. Mais elle tomba entre les mains du proconsul Rutilius Gallicus, qui l’emmena prisonnière à Rome. »

Izoulet voit la grandeur de la Celtide dans le Conseil qui se tenait tous les ans, et dont nous avons expliqué l’origine.

Il dit : « Chaque année, les Druides tenaient au centre de la Gaule, dans le pays de Chartres, de véritables assises pour tous les procès publics et privés, avec, au besoin, de redoutables sentences d’excommunication.

« Cette domination du Clergé a frappé beaucoup tous les écrivains anciens qui se sont occupés de la Gaule. Il n’y avait, en ce moment, rien de semblable dans le monde grec et romain. L’Orient seul offrait, en Egypte et en Chaldée, une caste sacerdotale aussi puissante que celle des Druides.

« Chaque année, les Druides des cités, c’est-à-dire leurs représentants auprès des puissances divines (les Déesses-Mères), se réunissaient en assises solennelles dans le pays Carnute. »

Et il ajoute : « C’étaient les Druides qui présidaient le plus souvent à ces pensées et à ces relations communes. »

Donc ils ne remplaçaient pas toujours les Déesses-Mères qui en étaient les présidentes naturelles.

« Leur assemblée annuelle chez les Carnutes, les DIEUX qu’ils adoraient, leur organisation en Églises, leur obéissance à un pontife souverain (Matrice), les leçons qu’ils donnaient sur les origines de la nation, tout faisait d’eux les représentants traditionnels et les gardiens de l’unité celtique. » (La Rentrée de Dieu, p. 141.)

Les assises solennelles dans le pays Carnute ont laissé un souvenir ineffaçable dans l’esprit des peuples anciens. C’est pour cela que les Catholiques ont édifié une cathédrale à l’endroit sanctifié par la tradition sacrée.

Aujourd’hui, une vieille croyance de la ville de Chartres fait remonter aux Druides l’existence de la superbe église à laquelle la cité des Carnutes doit justement sa célébrité. Des historiens fort sérieux ont écrit que, trois ou quatre cents ans avant la naissance de la Vierge, les prêtres païens avaient voué un autel et une statue Virgini parituroe, à la Vierge qui doit enfanter.

On n’a donc pas pu faire autrement que de remettre une simili-Déesse dans ce lieu consacré aux anciennes Déesses celtiques.

Cet enfantement attendu, c’est l’attente de la restitution de la science antique par une nouvelle Déesse, prédite et espérée, qui viendrait remettre les choses comme elles étaient pendant les temps bienheureux de l’âge d’or.

Izoulet nous dit encore, dans le livre déjà cité (p. 138) :

« Depuis plus de 2000 ans, la Gaule-France est Avouée à la recherche, à la poursuite, à la reconquête de sa primitive Religion naturelle, à savoir le Dieu druidique.

« Les Druides ne se bornaient pas à conserver les survivances religieuses de cette unité, ils préparaient pour l’avenir des générations capables de comprendre, d’aimer et de défendre le nom gaulois.

« Les Druides, dont l’enseignement s’adressait à tous les nobles, enseignaient le passé divin de la race ; ils les excitaient à combattre ou mourir.

« Ces éducateurs de la jeunesse se trouvaient être ceux qui maniaient le plus les idées générales, et c’est grâce à ces hommes, sans doute, que, malgré les querelles des peuples, elles reprenaient vigueur à chacune des générations qu’ils formaient. »

Mais la Gaule fut conquise par les Romains, et les Romains n’ont pas manqué de laisser lentement s’éteindre ou d’aider sourdement à s’éteindre le Druidisme et la corporation des Druides, ces fervents mainteneurs de la sainte Matrie.

Camille Julian dit : « Ils supprimèrent ou laissèrent se dissoudre la corporation des Druides dont ils redoutaient, avec raison, la puissance politique et l’influence populaire. Le Druidisme subsista jusqu’au 4ème siècle, mais ne forma plus que des devins ou des sorciers. Et, pour justifier leur suppression, les Romains les accusaient de toutes sortes de crimes qu’ils n’ont, sans doute, jamais commis. »

La conquête romaine est sévèrement jugée par Camille Jullian.

Il dit : « Si Rome n’avait pas étendu son empire sur la Gaule, il eût fallu, pour la transformer, compter par siècles et non point par années.

« … Pour l’avoir empêchée de rester une et forte, de se gouverner et de s’éduquer à sa guise, nous ne saurions trop détester l’impérialisme romain. Il a arrêté l’œuvre à laquelle tant de siècles avaient déjà travaillé.

« … Si Domitius et César n’étaient point venus, une grande patrie aurait achevé de se former sur la terre et elle y aurait pris une noble figure. Il n’en fut pas ainsi…

« Les épopées des Druides, les hymnes des Bardes, sont sortis de la mémoire des hommes…

« … Les poèmes sacrés se sont tus pour toujours, plus rien ne nous les rendra.

« Et Rome, après avoir privé la Gaule de son existence nationale, a aboli jusqu’aux œuvres et aux souvenirs de son histoire.

« Elle l’a frappée dans son présent, elle l’a frappée dans son passé, elle l’a retardée dans ses destins naturels. »

En effet, les Grecs et les Romains ont détruit les annales des Celtes pour effacer leur histoire et ne laisser subsister à la place que les mensonges dont ils l’avaient recouverte.

De là l’abaissement du niveau spirituel des hommes par les Humanités, qui sont l’évangile masculiniste et misogyne perpétué par l’enseignement de la littérature grecque et latine.

(1) Sur l’emplacement d’Alésia (à Alise Sainte-Reine, Côte d’Or) était l’oppidum de Bibracte qui semble avoir été abandonné peu de temps après la conquête romaine.

L’ÎLE DE SEIN

Pour protester contre l’invasion romaine, en même temps que pour garantir leur sécurité, les anciennes Druidesses s’étaient réfugiées dans l’île de Sein, appelée alors Enez Sizun.

Actuellement, c’est une île française séparée de la côte du Finistère par le Raz de Sein.

C’est un endroit d’une sauvage grandeur. A l’extrémité du vieux continent, de hautes falaises se dressent, les vagues y livrent aux rocs gigantesques, sur lesquels elles se ruent, le combat titanique des éléments. Au sein des nuits d’hiver, le roulement des blocs entrechoqués se fait entendre à plus de six lieues à l’intérieur des terres. Cela provoque dans les esprits timorés une crainte superstitieuse. C’est que, à peu de distance de cette côte sauvage, s’étend une île parsemée de bosquets d’arbres sous lesquels s’élèvent encore des autels de pierre.

C’est l’antique refuge des dernières Druidesses, « sanctuaire sacré que le pied de l’homme ne souillait jamais », dira-t-on.

Cette île est, depuis longtemps, entourée d’une mystérieuse légende.

Pomponius Mêla, dans sa Description du Monde au 1er siècle de notre ère, dit de ce séjour caché par les brumes de la mer :

« L’île de Sena, située dans la mer Britannique, en face les rivages, des Osismiens, est célèbre par les oracles qu’y rend une Divinité gauloise ; les prêtresses consacrées, qui doivent garder une éternelle virginité, sont au nombre de neuf. Les Gaulois les appellent Sènes et pensent qu’inspirées par un génie particulier, elles peuvent, au moyen de leurs incantations, déchaîner les vents et les flots, se métamorphoser en tel animal qu’il leur plaît, guérir les maladies réputées incurables, savoir et prédire les choses qui seront. Mais, pour connaître et user de leur science, il faut s’embarquer et les venir consulter dans leur île même. »

M. Paul Gruyère, qui fait cette citation dans son article L’île de Sein, ajoute :

« Il paraît évident que c’est bien de l’île de Sein qu’il s’agit là, le nom français étant une traduction naturelle du nom latin ; nul doute non plus que les prêtresses, les prophétesses en question, ne fussent des initiées du culte druidique qui a laissé dans toute l’Armorique tant de vestiges, et dans l’île de Sein elle-même des traces suffisantes.

« Quant à Strabon et à Denys le Périégète, dans son poème géographique en vers grecs, ils parlent également d’une île située à peu près dans ces parages, où étaient célébrés de soi-disant Mystères de Bacchus. Strabon la place plus bas, vers la Loire, mais il est coutumier d’erreurs plus graves. »

C’est ainsi que les auteurs grecs et latins rapportaient tout aux usages de leur pays, de leur religion et de leurs coutumes !

Dans César, nous lisons (Livre II) : « L’île de Sein (Sena) fameuse par son oracle, connu dans la Gaule et dans tout l’Occident. Neuf Druidesses y étaient attachées. »

Ajoutons qu’à Carnac (25 ou 30 lieues de l’île de Sein) était une chaire pour l’enseignement de la science antique.

LES DERNIERS MYSTÈRES DRUIDIQUES

La grande perturbation apportée dans la vie sociale par l’occupation romaine qui avait introduit en Gaule un culte nouveau, avait donné de l’audace à ceux que, dans les anciens Mystères, on appelait des épiscopes (surveillants). Enhardis par le règne du masculinisme, ils voulurent prendre une autorité morale qui, jusque-là, n’avait appartenu qu’à la Femme.

Pour protester contre toutes ces profanations, les Prêtresses gauloises fondent un nouveau Mystère qui devait être intitulé : LA GRANDE MATRICE (ou Matriarche) Vénérable Maîtresse ad Vitam.

On va montrer que, la Femme seule ayant fait la science, elle seule peut représenter l’autorité spirituelle et diriger l’enseignement dans les collèges sacerdotaux. On va rappeler les neuf Révélatrices, auteurs des grands Livres sacrés. Pour cela, le chiffre neuf va reparaître. Les grandes Déesses de l’antiquité vont être représentées par les neuf Druidesses de l’île de Sein.

Le trône sur lequel la Grande-Maîtresse sera assise s’appelle en gaulois Gador (chaise) ; c’est le Saint-Siège. Il a neuf marches. Devant lui sera un autel sur lequel se trouve le Sépher, le Livre de Myriam que les hommes ont dénaturé.

Neuf grandes Matrices composent l’atelier.

L’Orient se nomme le sanctuaire.

Entre le sanctuaire et l’autel est placé le chandelier à neuf branches rappelant les neuf grandes Muses qui ont apporté la lumière au monde.

Ce chandelier reste toujours allumé pour montrer qu’on garde leur science et qu’on n’admet pas les dogmes sacrilèges que des hommes ont inventés pour la renverser.

Les surveillants (épiscopes) sont au nombre de deux, ce qui indique qu’on a reconstitué le personnel des Fraternités et remplacé les transfuges par des frères nouveaux.

La tradition qui s’attache à l’île de Sein dit que jamais homme n’y pénétra, excepté le plus ancien des Druides. Ceci vient de ce que le radical « sen » veut dire vieux en celtique (d’où senex, vieillard, en latin).

Les femmes qui exerçaient le sacerdoce n’étaient certainement pas jeunes ; c’étaient les anciennes (vénérables), et leur assemblée, « le sénat », se tenait dans le sénaculum (d’où cénacle).

Et c’est pour cela sans doute que l’île qui leur sert de refuge a pris le nom de Sein. Les initiés aux Mystères sont les Senanisi, philosophes gaulois qui succédèrent aux Druides et qui devinrent les bardes et les devins versés dans les sciences sacrées.

L’enseignement donné expliquait la substitution des personnes chez les Juifs, commencement de tout le mal. On rappelait le temps de Zorobabel apportant la confusion dans l’histoire ancienne pour supprimer le grand rôle de la Femme.

La lumière de l’esprit féminin est représentée par une étoile qu’on encense neuf fois en souvenir des neuf grandes Révélatrices.

On l’appelle l’Etoile du Matin, c’est elle qui va monter dans le ciel pour éclairer de nouveau la Terre, car cette espérance n’a jamais été abandonnée.

On rappelle l’histoire de la science antique, des sages de la Chaldée, des Prêtresses chargées d’enseigner la vérité et dont le mot d’ordre était : « Allez porter la lumière, déracinez l’obscurantisme. »

On insiste sur la nécessité de maintenir à outrance, et par tous les moyens possibles, les droits sacrés de la Femme, on demande l’équité, ce qui veut dire alors la chevalerie (équité vient d’eques, d’où équitation), on réclame sa place dans la société près de l’homme et on proclame que rien ne peut l’empêcher de jouir de tous ses droits naturels.

On condamne l’outrage qui lui est-fait par la nouvelle religion romaine qui l’infériorise dans son sexe et l’humilie. « Les filles, dit Cambry, ne sont jamais coupables contre l’honneur. »

Chateaubriand, dans ses Martyrs, rend un bel hommage à ces grandes femmes. Il dit des Muses (Livre II) :  « C’est vous qui avez tout enseigné aux hommes, vous êtes l’unique consolation de la vie, l’homme n’a reçu du ciel qu’un talent, la divine poésie, et c’est vous qui lui avez fait ce présent. »

Oui, sans une autorité enseignante, il serait plongé dans le chaos ; car l’homme vit suivant l’enseignement qu’il reçoit.

La Franc-Maçonnerie a fait de ce Mystère druidique son 20ème degré.

Puis l’Eglise, qui copiait tout, lui prit le chiffre neuf et en fit les neuf chœurs des Anges, puis les neuf ordres de la hiérarchie céleste. C’est de là aussi que vient l’usage de faire des neuvaines.

LA BAIE DES TRÉPASSÉES

A côté de la légende druidique, une autre légende est venue par la suite, se rattachant encore à l’île de Sein. Elle explique autrement son nom breton : « Enez Sizun ». Enez voudrait dire île et Sizun serait une contraction de seiz sun, qui signifie sept sommeils.

L’île de Sein s’est donc appelée l’île du sommeil, parce que les Prêtresses qui s’y étaient réfugiées n’avaient plus aucun rôle actif dans la société des hommes qui, partout, avaient pris leur place ; et cette expression être en sommeil restera dans les ordres secrets.

Un certain nombre de villages de la presqu’île du Raz ont à la suite de leur nom ce mot Sizun. On trouve dans cette région la baie des Trépassés, ce qui semble signifier « de celles qui sont passées ». Dans cette région se trouve l’ancienne ville d’Is (racine du mot Isis). En réaction contre les femmes, les Catholiques nous diront que, au 5ème siècle, la ville d’Is fut engloutie par les flots pour punir les péchés de Dahut, fille du roi Grallon.

Maintenant, on comprendra pourquoi l’île de refuge des Fées dans l’Océan Atlantique, près de l’île de Sein, s’appelle la baie des Trépassés. Ce qui est mort, en effet, c’est l’ancien prestige des Fées.

C’est la commémoration de ces morts que l’on célèbre le 2 novembre. C’est une fête gauloise. Ce sont les Druidesses, les Prêtresses, les Déesses, qui sont bien réellement les Trépassées.

LES FIDÈLES DE L’ANCIEN RÉGIME

Les peuples de l’ancien régime étaient tenaces dans leur croyance. Ils gardaient les connaissances de la science sacrée dans toutes ses branches. Les Mères continuaient la tradition des anciennes Déesses-Mères, elles étaient toujours l’autorité respectée, le juge suprême qui assure l’harmonie entre les enfants.

En elles réside la Justice qu’on ne discute pas.

Ces peuples connaissaient toutes les lois de l’ancienne cosmogonie, savaient que tous les phénomènes terrestres se rattachent aux forces cosmiques. Ils n’ignoraient rien de la biologie, et dans tous les pays on trouve encore des paysans qui ont des notions de culture puisées dans des traditions qu’aucune science moderne ne connaît.

Ces anciens fidèles ont reçu des noms divers :

– Les Anglais les appellent Gypsies ou Egyptiens.

– En France, on dit surtout des Bohémiens.

– Dans l’Inde, on les appelle Zangani, du mot ibérique zanganear (errer).

– En Italie, ce sont des Zingarelli.

– Aux bouches du Bétis, on trouve les Gitanos, et la ville où ils célébraient leurs jeux, Spel, en prit le nom d’Hispalis, devenu Espagne (is-spalis). Au temps de Martial et de Pline, les Gitanos étaient déjà fameux à Rome par leurs danses symboliques.

– Aux bouches du Rhône, les Gypsies célébraient les Floralies de Marseille.

– Aux bouches de l’Oder, on trouvait les Suèves, et, parmi eux, Tacite appelle Semmones ceux qui pratiquaient le culte de Herta (l’antique Déesse Arduina). Or ces Semmones se retrouvent par toute l’Asie sous le nom de Shamanes.

– Aux bouches du Danube étaient les Zigaunes (nommés par Hérodote). Leurs Mystères se célébraient à Histopolis, ce qui les fit appeler Histrions par les Tyrrhènes.

Au temps d’Hérodote, les Zigaunes du Danube étaient connus des Grecs ; ces peuples errants propageaient l’antique religion, cachée dans les Mystères. Il naquit de là une science nouvelle qui consistait à conserver le sens des Mystères et à savoir les expliquer.

Dans les Principautés danubiennes, on les appelle Tziganes.

C’est dans ces derniers pays qu’on les retrouve en plus grand nombre. Ils ont reculé vers l’Orient devant les envahissements de la civilisation masculine, pour laquelle ils n’ont que de la répugnance et du mépris. Retirés dans les montagnes ou cachés au fond des forêts, vivant en plein air ou s’abritant sous des huttes grossières, ils entendent garder leur indépendance. Ils ont des cabanes qui reçoivent le jour par la porte et par une petite ouverture vitrée de la largeur de la main.

Ce sont les habitations que les auteurs décrivent comme étant celles des anciens Celtes. Ils ne possèdent aucun objet inutile, aucun livre, rien que l’indispensable, rejetant toutes les inutilités de l’industrie des modernes, auxquelles ils préfèrent le grand air, l’espace, le ciel bleu, le soleil et la liberté. Ils possèdent, en général, la beauté physique des premières races et les caractères psychiques que donne la connaissance du vrai. On leur trouve un regard étrange, plein de lueurs qui vous éblouissent ou d’une dédaigneuse fixité qui vous glace. Ils ont un langage figuré, symbolique, conservé dans l’armorial de tous les peuples, ce livre qui contient les armoiries de l’antique noblesse. S’ils méprisent le régime masculin, on leur rend, au centuple, leur mépris ; on les a réduits en esclavage dans certains pays où leur nom est une flétrissure.

Tzigane est, en Roumanie, le synonyme d’animal immonde.

Ils ont une noblesse de rois dépossédés.

Leur science contraste avec l’ignorance des peuples qui ont été dominés par le régime masculin basé sur la conquête.

L’ignorance fut générale pendant les périodes guerrières.

Jusqu’au 9ème siècle, les hommes ne savaient même pas écrire.

Pour signer, ils mettaient un signe, d’où le mot signature.

Alfred le Grand se plaignait que de son temps il n’y avait pas un seul prêtre dans ses Etats qui entendît la liturgie. On ignorait totalement l’histoire. Quant à la science, elle n’existait pas.

L’IRLANDE

Il est des peuples tout entiers que leur fidélité à l’ancien régime a condamnés à vivre en dehors des conventions du monde moderne et qui, dans leur lutte suprême, agonisent lentement. L’Irlande est de ceux-là ; elle est restée attachée à sa primitive religion et en garde les traditions inconsciemment.

Lorsque le culte commença à déchoir dans la Gaule, c’est en Albion, mise au rang des îles saintes, que les Indiens, que les Druides mêmes, allaient l’étudier. (Voir les Commentaires de César.)

L’ancien peuple irlandais était divisé en tribus pastorales vivant sur une terre commune.

Chaque membre de la famille maternelle possédait un lot de superficie variable. La distribution en était faite par les soins du brehon et du chef appelé Thanist, lequel, en échange de ses services dans le conseil, jouissait d’immunités et de redevances particulières.

A l’origine de toute société se retrouve pareille forme collective de la propriété du sol, à laquelle s’est substituée la forme féodale qui a constitué l’État moderne et s’est transformée en propriété individuelle. Mais, dans la lointaine île hyperboréenne, cette organisation particulière, que les Irlandais affirment avoir été un âge d’or, s’est maintenue beaucoup plus tard qu’en aucune autre contrée d’Europe, plus tard même que l’invasion anglo-normande, dont les efforts brutaux pour y établir la coutume féodale n’avaient pas encore complètement abouti au temps du roi Charles 1er.

Plus les vainqueurs mettaient d’obstination à l’abolir par des procédés féroces, plus les vaincus apportaient d’acharnement à s’y cramponner. De ce malentendu séculaire est née la terrible question agraire, plaie toujours saignante dont l’Irlande agonise et dont, par contrecoup, l’Angleterre se trouve fort incommodée.

Au 17ème siècle, ce territoire fut confié aux anciennes familles par lord Stafford, qui a eu une fin tragique, sous prétexte que ces familles ne pouvaient produire de titres de propriété écrits pour les biens dont elles jouissaient sans conteste de temps immémorial.

On s’expliquera comment chaque O’Byrne et chaque O’Toole, fût-il le plus pauvre des paysans, se considère comme le légitime propriétaire de la glèbe qui appartenait jadis à la Tribu dont il porte le nom. Ils furent dépossédés par des tyrans étrangers tels que Lord Monch et Lord Powerscourt, les deux grands Land-lords des environs de Brey.

Quelques-uns ont échappé aux mailles du filet, et l’on cite dans le comté limitrophe les Kavanagh de Boris qui vivent encore en simples cultivateurs sur le domaine de leurs pères.

On nous dira même qu’ils descendent du Celte Bratha qui a colonisé Erin l’an 1400 avant notre ère. (D’après Anne de Bovet, L’Irlande)

PAÏEN

Parmi les termes de mépris qui accablent les anciens peuples, en voici un dont l’incompréhension semble générale. Il est donc utile de remonter à son origine pour en faire comprendre la signification.

Les nations réunies formaient de vastes confédérations, des petites républiques. Ces confédérations se subdivisaient en peuplades ou tribus, et celles-ci en clans ou parentés, c’est-à-dire en familles. Le territoire du clan était désigné par les Romains sous le nom de pagus, ses habitants étaient donc des pagani.

Pour humilier les partisans de l’ancien régime féministe et pour les diminuer socialement, de ce mot on fit paysan (le lexique latin dit : paganus, habitant des villes et des villages, opposé à soldat).

Plutarque nous dit qu’il y avait trois cents pagi (tribus maternelles) dans toute la Gaule. D’autres nous disent qu’il y en avait cinq cents (1).

Les clans avaient pour origine la parenté utérine, ce qui veut dire que la parenté n’existait que dans la lignée maternelle.

Ce sont les pagani qui furent appelés les gentils, et longtemps le mot gentilhomme désigna ceux qui étaient restés fidèles à l’ancienne doctrine matriarcale.

Le mot pays est dérivé de l’ancien mot pagus ; c’est ce qui va nous expliquer pourquoi on appelle Ethnique ce qui appartient au paganisme et Ethnarque celui qui commandait une province.

On dira aussi Éthologie pour désigner un discours ou un traité sur « les mœurs et les manières », c’est-à-dire telle que la Déesse la donnait, et le mot Ethopée signifiera « peinture des mœurs et des passions humaines ». Mais toutes ces sciences morales ont été abandonnées par les hommes, et aujourd’hui l’Ethnographie n’est plus qu’une sèche étude des races.

Une curieuse polémique a été soutenue entre l’abbé Roca et Mme Blavatsky dans le Lotus de 1888, au sujet du mot païen.

Dans une discussion d’un grand intérêt sur le Christianisme ésotérique, Mme Blavatsky eut l’occasion de parler de la doctrine théogonique ou théosophique, antérieure au Catholicisme, et qui fut renversée par l’Eglise après avoir été avilie, dépréciée et méprisée, comme le sont toujours par les masculinistes les institutions féministes, et elle donne à cette doctrine son vrai nom, « Paganisme », se disant elle-même païenne.

L’abbé Roca, que ce mot offusque, dit : « Un seul mot me gêne plus à lui seul que tous les précédents ; Mme Blavatsky s’est donnée, elle et les Mahâtmâs, comme païens. Il y a là une équivoque. J’ai idée que rien au monde n’est moins païen que les conceptions des « Frères » et de leurs adeptes. »

Mme Blavatsky répond :
« Les Frères et les adeptes n’étant ni chrétiens, ni juifs, ni musulmans, sont nécessairement comme moi des païens, des gentils, pour tous les Chrétiens, comme ces derniers, surtout les Catholiques romains, sont des idolâtres pur-sang pour les « Frères ».
Est-ce assez clair ? Le Christianisme de M. l’abbé Roca ayant dit (Matthieu, X, 5) : « N’allez pas vers les gentils, et n’entrez dans aucune ville des Samaritains » (qui sont les féministes), je m’étonne de tromper un abbé chrétien faisant si peu de cas de l’ordre de son maître. »

Roca répond :
« Vous rendez-vous bien compte du sens que revêt le mot de païen dans l’intellect européen et d’après tous les lexiques ? Les païens, en latin pagani, de pagus, bourgade ou village, étaient les pago-dediti, les confinés au bourg, les campagnards, les ignorants idolâtres qui prenaient les signes sacrés, les symboles religieux, pour des réalités divines. Comment croire que Mme Blavatsky et les Mahâtmâs sont de ces gens-là ? »

Réponse de Mme Blavatsky : « Les pagani ou paysans pouvaient être des ignares aux yeux de plus ignorants qu’eux, de ceux qui avaient accepté, pour argent comptant, l’âne de Balaam, la baleine de Jonas et le serpent se promenant sur sa queue, ils n’en étaient pas plus ignorants pour cela. Une fois que les livres les plus sérieux parlent de Platon, d’Homère, de Pythagore, de Virgile, etc., etc., sous le nom de philosophes et poètes « païens », les adeptes se trouvent en bonne compagnie. Je suis païenne pour les Chrétiens et j’en suis fière, J’aime mieux être païenne avec Homère et Pythagore que chrétienne avec les Papes. »

Alors Roca dit à Mme Blavatsky qu’elle lui a ouvert les yeux sur le paganisme, mais, croyant toujours qu’il y a dans ce mot une offense, il ajoute : « Le mot est grave, mais c’est elle qui l’a prononcé la première, et qui me force à le répéter. »

Elle répond : « Je ne m’en dédis nullement. N’étant ni chrétienne, ni juive, ni musulmane, je dois être nécessairement païenne, si l’étymologie scientifique du mot vaut quelque chose » ; et, insistant sur l’ignorance de Roca, elle ajoute : « On dirait qu’il cherche à faire croire aux lecteurs que ce n’était qu’un lapsus ; mais pas du tout ; quelle est l’origine du mot païen ? Paganus voulait dire, dans les premiers siècles, un habitant des villages, un paysan si l’on veut, c’est-à-dire celui qui, vivant trop éloigné des centres du nouveau prosélytisme (masculin), était resté, fort heureusement pour lui, dans la croyance de ses pères. Tout ce qui n’est pas perverti à la théologie sacerdotale est païen, idolâtre, et vient du diable selon l’Eglise latine. »

Donc, la Théogonie des païens, c’est la religion naturelle, la religion scientifique des féministes.

D’après Tacite, on appelle Centum Pagi (les Cent familles) les Suèves qui pratiquent le culte de Herta (surnommée Diane).

C’est un peuple voyageur, appelé Ases (d’où Cent). Ce sont eux qui ont propagé dans le monde entier la Religion scientifique des Païens qui était la base de la grande civilisation celtique.

(1) Les provinces gauloises, depuis l’organisation du pays par Auguste, se subdivisèrent en cités (civitas), au nombre de 120, dont le territoire était presque partout le même que celui des anciennes peuplades gauloises, et les cités se subdivisèrent en pagi (pays ou cantons). Le Catholicisme établit des évêques dans la plupart des cités ; les diocèses épiscopaux avant 1789 représentaient les métropoles ou chefs-lieux de province de l’ancienne matrie. Pagi minores par opposition à pagi majores qui, là où il en existait, représentaient en général le territoire même des cités.

ÉPILOGUE EN GUISE DE TRANSITION ENTRE LA GAULE CELTIQUE QUI FINIT ET LA GAULE ROMAINE QUI VIENT

Il est des endroits qui semblent avoir une destinée pressentie d’avance.

C’est ainsi que le sol sur lequel la grande Vérité a été trouvée et enseignée jadis, l’ancienne Celtide, a gardé à travers les âges le germe d’une flamme intérieure que le temps ne devait pas éteindre, et qui est destinée à rendre à l’Univers sa première splendeur.

L’enseignement druidique qui avait rayonné sur toute la terre gauloise avait été la base d’un ordre social sur lequel s’appuyaient des institutions conformes à la Vérité, des lois qui sanctionnaient la stricte justice.

Il a fallu vingt siècles d’oppression et de servitude latine pour faire oublier les traditions glorieuses de la Celtide.

La Gaule s’est divisée parce que les races qui l’ont occupée avaient des atavismes divers.

A côté des anciens Celtes, restés féministes, et dont l’esprit planait au-dessus des préoccupations mesquines de la foule, des Latins ont arrêté l’essor de la pensée en maintenant les esprits dans un asservissement tyrannique à des idées fausses.

Mais tôt ou tard la vérité prend sa revanche, on a beau manœuvrer dans l’ombre, on n’empêche pas la lumière de luire.

L’éternelle lutte de la science contre l’ignorance est le suprême effort des temps présents.

C’est notre génération qui doit vaincre le mauvais esprit que la dégénérescence des peuples latins a introduit dans les anciennes nations celtiques, c’est le devoir de la France, c’est sa mission.

Paris est la ville prédestinée de laquelle on attend la lumière nouvelle qui recommencera une civilisation.

Sa destinée sera glorieuse, on comprendra que l’idéal celtique a survécu, et toute la gloire de l’ancienne race reviendra à la France quand elle sortira de son asservissement.

Alors, la grande victoire spirituelle, incarnée dans la femme future fera renaître la tradition historique du génie druidique et rendra au territoire que nous occupons sa glorieuse suprématie ; elle fera cesser à tout jamais la lutte des sexes, elle purifiera la Terre de l’imposture qui en a été le point de départ. Et cet événement providentiel s’accomplira le jour marqué par la destinée suprême des Etats. C’est fatal.

Ce sera la plus grande révolution morale qui se sera produite depuis trente siècles. En ramenant les esprits vers la grande vérité traditionnelle, on rétablira le seul idéal qui puisse régénérer le monde : le bonheur dans la Vérité.

Quand nous parlons de l’ancienne Gaule, la Belgique y est comprise. Elle semble même avoir un rôle important dans cette occurrence. Nous avons eu souvent l’occasion de citer des auteurs belges dans ce blog. Ce sont eux, en effet, qui ont le mieux conservé l’atavisme de la grande race celtique.

« A côté de la France, écrit en 1860 l’auteur de l’Ame belge, nous avons la Belgique qui puise dans la force et l’épanouissement du parti libéral sa grande influence morale. L’esprit libéral qui y règne et qui donne une si grande impulsion à toutes les idées de progrès est le cachet de sa nationalité, son côté lumineux dans l’histoire et la meilleure sauvegarde de son indépendance. Si ce petit pays ne brille pas par ses exploits militaires, ses conquêtes, ses flottes, ses armées, il possède en revanche la sève qui fait la vie des peuples, qui honore l’humanité : l’Esprit libéral.

« Elle entretient, pour l’exemple de l’Europe et pour sa propre gloire, le feu sacré que le parti latin a étouffé dans d’autres pays ; mais sa force morale serait plus grande encore, elle serait plus radieuse si les réactions ne venaient point énerver le génie de ses enfants et souvent éteindre la flamme de leur enthousiasme.

Cependant, on y sent germer une semence féconde qui n’a besoin pour grandir que du soleil de la liberté et qui porte ses fruits à mesure qu’elle dissipe le brouillard malsain de la politique. »

Et cet auteur ajoute : « La Belgique, par son évolution à travers les âges, s’affirme comme une nécessité mystérieuse. Je crois en cela comme en une foi. »

Puis voici Cailleux qui dit ceci (Orig. Celt., p. 287) :

« Tandis qu’autour de nous les nations autrefois puissantes s’éteignaient dans le servilisme et la volupté, les Celtes obéissaient à des instincts plus nobles. Seuls de tous les peuples, ils séparaient la Terre du Ciel, adressaient aux rois leurs respects et à la Divinité leurs adorations ; soit qu’ils élussent un chef, soit qu’ils acceptassent son hérédité, ils ne voyaient en lui qu’un homme ; la foi qu’ils lui juraient, libre dans son principe, leur laissait toute leur fierté ; ils étaient grands, parce qu’ils mettaient eux-mêmes le frein à leur indépendance. L’homme, le Celte, le roi de la Terre ne connaissait donc pas, à l’époque où il nous apparaît pour la première fois, cette dépendance servile qui, aujourd’hui encore, après bien des siècles, abat tant d’autres nations et les met à nos pieds.

« Si nous descendons dans l’intérieur de la famille, là où s’élabore tout l’avenir d’un peuple, le spectacle est tout différent.

« Le Celte, qui ne souffre point de maître, a pourtant trouvé là un pouvoir qui le subjugue, la femme. Une épouse vertueuse qu’il a prise pour partager son cœur et sa fortune paraît être la SEULE PUISSANCE qu’il reconnaisse sur la Terre ; lorsque, partout ailleurs, les rois, les grands, refoulaient à l’écart celle que la nature avait faite pour être leur amie, nos aïeux lui donnaient la première place ; aussi les autres nations, dans leur existence incomplète, n’ont-elles pour histoire qu’une longue décadence, tandis que les hommes de nos contrées se sont rehaussés de tous les avantages que la nature a départis à leur noble compagne. »

La femme est la cause efficiente des religions.

Sans elle, il n’y aurait jamais eu de manifestations religieuses sur la Terre.

C’est l’imitation de ce qu’elle a fait dans les temps primitifs qui a guidé les hommes. Elle a été le modèle, ils ont été les ouvriers ; ils ont bâti des temples, dressé des autels, institué des cérémonies, offert des sacrifices, composé des prières qu’ils ont récitées au milieu des peuples assemblés, mais, dans tout cela, l’homme n’a été que l’interprète de la pensée féminine, ou plutôt son déformateur.

Après avoir montré la cause de la supériorité des races celtiques dans l’attitude des hommes vis-à-vis des femmes, Cailleux conclut ainsi :

« Telle est la loi invariable qui règle le classement des peuples. Des bords de la Manche et du Rhin, centre de la vie et du mouvement, nous avons descendu, de nation en nation, toute l’échelle de l’humanité, depuis le Celte jusqu’à l’Australien, depuis l’homme jusqu’à la brute.

« Comme nous l’avons vu, la force intelligente va toujours en décroissant, dans une proportion régulière, du pays celte aux extrémités du monde, et cette dégradation suit invariablement son cours sans être troublée par les influences variables qu’elle rencontre.

« L’homme s’approche de la haute raison s’il s’approche du berceau de toute civilisation ; sa capacité intellectuelle baisse à mesure qu’il tend vers l’autre point du globe.

« C’est à ces deux pôles rationnels du monde que nous trouvons le Celte et l’Océanien.

« Le Celte, dans son attitude, semble dédaigner la Terre ; son corps se déploie avec aisance dans toute sa grandeur ; son front, que la pensée rehausse, se porte par un noble instinct vers les régions de l’espace.

« Si les nations brillent et s’éteignent, montent et descendent, si les empires apparus avec orgueil sont retombés avec fracas, tous ces coups de branle sont mesurés par une main secrète et toute-puissante pour pousser en avant le mouvement initial et consommer dans l’avenir le règne intellectuel de l’homme.

« Par l’impulsion irrésistible imprimée à sa nature dès l’origine, le Celte marche en tête du genre humain à la conquête de vérités nouvelles.

« Les nations celtiques, après avoir poussé en avant, dans les temps anciens, l’œuvre civilisatrice du monde, après un repos temporaire, sont remontées au faîte de la puissance pour donner au mouvement intellectuel un nouveau coup d’impulsion. »
Victor Hugo a écrit, dans une lettre datée du 2 janvier 1862, une phrase que quelques-uns considèrent comme prophétique, à propos de l’âme belge. « Il serait beau, dit-il, que ce petit peuple fit la leçon aux grands et, par ce seul fait, fût plus grand qu’eux. Il serait beau qu’en présence de la barbarie recrudescente, la Belgique, prenant le rôle de grande puissance en civilisation, donnât tout à coup, au genre humain, l’éblouissement de la vraie lumière. »

Au moment où ces lignes sont écrites (1926), le dernier acte du drame terrible commence. Nous allons en avoir bientôt le dénouement. L’humanité est en détresse, la France est en péril.

De partout, les yeux fixés sur Paris, on attend la pensée nouvelle qui va surgir et remettre l’humanité dans la voie de la Vérité et du bonheur, et on annonce cet événement comme étant la mission transcendantale de la Femme.

C’est Elle qui, s’élevant dans toute la majesté de sa gloire et de son deuil, doit réaliser ce que les Bardes ont résumé dans cette phrase :

Y gwir yn erbyn y byd.

La Vérité à la face du monde.

Aller au chapitre 12 : la Gaulle romaine

https://livresdefemmeslivresdeverites.blogspot.com/

Vous pouvez partager ce texte à condition d’en respecter l’intégralité et de citer la source et le site: http://www.elishean.fr/

Copyright les Hathor © Elishean/2009-2018/ Elishean mag



Print Friendly, PDF & Email
Articles similaires

Suivez nous sur les réseaux sociaux

Votre aide est importante…

MilenaVous appréciez mon travail et vous voulez soutenir ce site?

Vous pouvez contribuer à la continuité de ce site en faisant un don sécurisé sur PayPal.

Même une somme minime sera la bienvenue, car je gère seule tous les sites du réseau Elishean/ les Hathor. Avec toute ma gratitude, Miléna

 

Recherchez sur le réseau

Articles Phares