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Livres de Femmes, Livres de Vérités (1) Aux origines: La guerre des sexes 2ème partie

INTRODUCTION – suite

ICI, IL N’EST PAS QUESTION DE CONVAINCRE, MAIS SIMPLEMENT D’INFORMER CEUX SUR QUI L’ILLUSION N’A PLUS DE PRISE

« La Vérité est simple.
C’est l’erreur qui est compliquée. »

LIRE LA 1ère PARTIE

LES PRIMITIVES DIVINITÉS

LA DIVINITÉ PRIMITIVE CHEZ LES HINDOUS

Si nous cherchons dans chaque pays comment fut représentée la Divinité dans le monde primitif, nous la trouvons toujours sous une forme qui symbolise la jeunesse féminine et l’esprit.

Les Femmes, dans l’ancien Véda, sont des sages qui travaillent à la formation du monde (monde matériel, monde spirituel). La Femme seule peut créer, elle seule enfante.

Un nom générique que toutes les mythologies ont conservé la désigne, c’est Hébé, qui se prononce aussi Hévé ou Héva.

Chez les Hindous, en ajoutant devant ce nom l’article démonstratif D, on fait Dêvâ ou Dèvî ou Diva ou Dêvani ; plus tard, ce nom deviendra Daïva ou Dieva.

C’est cet ancien nom, qui a traversé les siècles et plusieurs religions pour arriver jusqu’à nous, qui est l’origine du mot « Dieu ».

Longtemps il fut écrit Diev. C’est au moyen âge seulement que le V fut remplacé par un U et que l’on écrivit « Dieu ». Dêvâ a fait Dea, qui, masculinisé, est devenu Deo, Deus. Ce nom signifie au propre « la Dame », mais allégoriquement « la lumière », « l’esprit » (celle qui fait la lumière).

Dêvâ vient de Div (briller), c’est un être brillant, et longtemps on dira : « Dieu veut dire celui qui brille ». On mettait ce titre après les noms propres de femmes, on disait aussi Mahâ-Dêvî, grande Déesse.

Ce mot se retrouve dans certaines langues européennes ; ainsi, en russe, on appelle encore la jeune fille Diévâ. Mais il y a d’autres noms.

Dans les lois de Manou, on appelle les Femmes « Sâdhyas » ou parfaites.
– Aryâ : l’Aryenne, la noble.
– Çoumbhamathanî : la destructrice du démon Çoumbha.
– Dourgâ : difficilement abordable.
– Gaourî : la claire, la brillante.
– Içvarâ : la Maîtresse.
– Koumârî : la princesse.
– Mahâdêvî : la grande Déesse.
– Mahishamathanî : la destructrice du démon Mahisha.
– Mainâkrasvasri : sœur de la montagne (la grande).
– Niçoumbhamathanî : la destructrice du démon Niçoumbha.
– Parvatî : Déesse de la montagne.
– Sarvamangalâ : celle qui est riche en bénédictions.
– Satî : la bonne ou la chaste.
– Sati-Saras : femmes vertueuses.
– Sarasvatî : Déesse de l’ordre, de l’harmonie, de la poésie, de la parole, de l’éloquence, de la musique et des arts. Celle qui a inventé la langue et les caractères sanscrits. C’est elle qui inspire les poètes et a écrit le Véda. Nous retrouvons son nom « Sarah » dans la légende hébraïque, où Brahmâ deviendra Abraham.

LA DIVINITÉ PRIMITIVE CHEZ LES PERSES

Les souvenirs lointains de l’histoire de l’Iran nous disent qu’il y eut autrefois dans ce pays une race de créatures appelées Dives.

Cette race était regardée comme excellente et supérieure, puisque son nom, resté dans les langues, a servi à désigner l’Etre suprême et le don de l’Esprit le plus élevé. Ce nom renferme tout ce que, aujourd’hui encore, les hommes admirent et honorent le plus sur la Terre.

Les hauts faits des Dives, leurs qualités, les mettaient au-dessus des hommes (mais non au-dessus de la Femme).

Si on en a fait une espèce distincte, ce n’est pas parce qu’elles sont surnaturelles, c’est parce qu’elles sont surmasculines.

Quand l’homme a pris la première place dans le monde, son orgueil a tout embrouillé, il a mis alors dans l’espace ce qui le dépassait en sagesse et en esprit. C’est ainsi que les Dives sont devenues des Êtres surnaturels, mais aujourd’hui le surnaturel s’évanouit devant l’histoire réelle. Déjà un historien du XVIIIème siècle, d’Herbelot, déclare formellement « que les Dives avaient des corps et étaient soumis à la mort ».

Cette race primitive a laissé après elle une longue mémoire qui éveille une idée de force, de puissance, de lumière et d’ordre, c’est elle qui a fondé l’Astronomie, et en général la science, elle avait des monuments imposants et gouverna le monde pendant l’espace de sept mille ans.

Les Péris leur ont succédé et ont occupé la Terre pendant 2.000 ans (pendant l’époque de l’égalité des sexes), les Péris furent des demi-Dieux.

Les Dives étaient puissantes et fortes, les Péris furent plus faibles, c’est pour cela que les hommes les ont déclarées meilleures.

L’assemblée des sages s’appelait le Divan. Ce mot répond à celui de Conseil dans les temps modernes.

Le mot Divan signifie aussi un recueil d’ouvrages, de poésies, une source d’instruction donnée par les Dives. Les Arabes leur donnent le nom commun de Jin (racine du mot femme en grec, gyn, gun, gunè).

Le pays habité par ces Déesses était placé sous le plus beau ciel du monde ; il se nommait Ginnistan (selon les mages) ; c’était le séjour des fées. On voyait en elles des êtres puissants qui commandaient à la Nature, qui disposaient des éléments, qui créaient tout ce qui pouvait leur plaire. Les mages de la Perse placent ce lieu de délices au pied du mont Caucase et sur les bords de la mer Caspienne.

On représente la vie du Ginnistan s’écoulant sous les lambris de cèdre et d’or, au milieu des parfums sacrés, des chants majestueux, du son des lyres et des harpes : toutes les merveilles de l’âge d’or tellement amplifiées par l’imagination des hommes que les mages diront que la ville capitale du Ginnistan était entièrement bâtie de diamants, que d’un coup de baguette les diamants, les rubis, l’or, les marbres, les cristaux précieux, se taillaient, s’élevaient en portiques ; les eaux les plus limpides coulaient sur des gazons toujours frais, sous des ombrages toujours verts.

Mais toute cette félicité ne devait pas durer.

Quand l’homme prit la direction de la société et réduisit la femme en esclavage, dans les époques de persécution et d’angoisses, d’inconcevables douleurs s’abattirent sur le monde.

Le Ginnistan, l’ancien lieu de délices, devint le gynécée, la prison des femmes.

La jalousie de l’homme a dénaturé leur rôle ; la haine que leur supériorité a engendrée les a couvertes d’opprobres, elles furent poursuivies par la méchanceté. Malgré cette malédiction, la tradition de leur puissance et de leur savoir s’est conservée en faisant de leur nom le nom divin.

Elles furent attaquées et vaincues par Gian.

Nous trouvons encore dans la tradition sacrée de l’Iran un nom générique pour représenter la Femme-Esprit : « les Izeds », qui sont ce que sont ailleurs les Génies, les Fées, les Muses ; il y en a 28, elles président à chaque jour du mois. De là l’usage du calendrier.

EXEMPLE DE SOUVENIR DU PARADIS PRIMITIF CHEZ LES IRANIENS

Le Minokhired (Manigou-khard), qui signifie Intelligence céleste, ou sagesse céleste est un ouvrage qui appartient à la nouvelle période littéraire, mais qui a été composé avec les traditions anciennes. Il s’occupe des destinées de l’âme annonçant une justice inflexible après la mort, idée moderne, mais qui contient un haut enseignement moral. La forme en est gracieuse.

L’âme franchit le pont fatal et ses bonnes actions viennent à sa rencontre sous la forme d’une belle jeune fille. L’âme lui demande : « Qui es-tu, jeune fille plus belle et meilleure que tout ce que j’ai vu dans le monde ? »

Elle répond : « Je suis le bien que tu as fait. Vois en moi les bonnes pensées, les bonnes paroles, les bonnes actions que tu as pensées, dites et faites. Et si Je suis glorieuse, Je te rends plus glorieux encore ; si Je suis brillante, Je te rends plus brillant encore ». (D’après Spiegel.)

Dans ce même Livre, la Sagesse apparaît à un Parsi pieux et, répondant à ses questions, lui dit : « L’intelligence vaut mieux que tous les biens du monde. La sagesse est une chose dont on ne saurait jamais se rassasier. La science et la vertu sont les trésors qu’on peut le moins enlever à l’homme. Il faut que l’intelligence et la vertu marchent toujours de pair. L’intelligence séparée de la vertu n’est plus de l’intelligence. Le savoir appartient en propre à Ormuzd. Ormuzd doit désirer que les hommes apprennent à le connaître de plus en plus ; il en résulte alors, tout naturellement, qu’ils marchent de plus en plus selon sa volonté. Ahriman, au contraire, doit souhaiter que les hommes n’apprennent point à le connaître sous sa vraie forme. C’est alors seulement qu’ils font ce qu’il désire ».

J’espère que l’on a compris le sens de cette dernière phrase qui renferme la loi psychique des sexes.

L’être bon veut être connu. C’est le premier devoir qu’il impose à l’homme ; le « Connaître Dieu » des catéchismes modernes n’est que la traduction de l’ancienne prescription « Connaître la Déesse », savoir que sa nature est différente de celle de l’homme, connaître la polarité sexuelle qui engendre cette différence, afin que, connaissant « la Déesse », l’homme puisse s’unir à Elle.

L’homme doit savoir qu’il recueille les conséquences de ses propres actes ; les agissements qu’il croit secrets sont mis en évidence par le trouble de son esprit, par ses doutes, ses hésitations, son scepticisme, sa colère qui est la passion des insensés, et l’homme est insensé quand « sa cervelle a été rongée par le serpent de la luxure ».

La colère ne se rencontre pas chez l’homme sage.

Boehme, voulant expliquer la chute, c’est-à-dire le passage de la lumière de l’esprit aux ténèbres de l’erreur, dit : « Le serpent fit naître dans le cœur de l’homme l’amour de la créature, l’équilibre des pôles de la vie fut troublé, le principe de contraction s’engourdit peu à peu et celui de l’expansion devint chaotique ».

C’est le principe de contraction nerveuse dans le cerveau féminin qui s’engourdit.

C’est le principe masculin qui devint chaotique.

Et il ajoute, montrant qu’il est une voie de salut : « L’homme qui résiste absolument aux « moyens de retour » que lui offre la grâce est lancé pour jamais dans un orbite sans fin, hors du cercle de l’harmonie ».

C’est que, en effet, l’homme sans la Femme, seul en face de la Nature, dont il vient de violer les lois, qui régissent l’autre sexe, est saisi de terreur, il a peur de tout, de la solitude, de lui-même. Et, dans son inquiétude, il voit partout le châtiment.

Dans un premier mouvement de réaction et de remords, après le meurtre moral de la Femme, dont toutes les mythologies nous ont conservé le souvenir, il essaya bien de réparer son crime.

« Il y avait, dit Sanchoniaton, quelque chose de magique dans l’ardeur avec laquelle les hommes se mirent à faire la guerre à la Nature (féminine) pour la contraindre à reprendre sa précédente fécondité, pour remettre dans leur monde l’ « Etre qui les avait quittés », car depuis ce moment ils vivaient dans « la grande sécheresse » et cela jetait l’épouvante dans les esprits ». La femme revint, en effet, à la vie sociale, car les disputes ne sont pas éternelles. On fit la paix moyennant certaines conditions, et ce sont ces conditions qui furent la première « loi morale » ; les écritures qui la contiennent, les papyrus égyptiens, les olla indiennes, les carreaux assyriens, les rouleaux hébreux, racontent tous les luttes de sexes, d’une façon qui n’est pas favorable à l’homme, puisqu’il y est partout représenté comme le « père du mensonge », « le maudit », « le rejeté ».

Mais il restait dans le monde une espérance de salut ; l’homme pouvait rentrer dans la vie heureuse, dans la lumière de l’Esprit, par la Grâce que lui faisait la Déesse.

Si nous cherchons l’arrière-fond de la pensée des hommes sur cette théorie de la Grâce, vieille comme le monde, nous constatons que l’idée première est restée intacte, la substitution des mots seule a créé l’obscurité.

Si nous remettons le mot « Déesse » où les modernes ont mis le mot Dieu (Diev), nous allons comprendre ce qu’était la « Grâce », et aussi ce que signifiaient les livres tels que le Minokhired ou le Livre des morts égyptien, et qui tous demandaient à l’homme l’aveu de ses fautes comme condition de la « grâce ».

LA DIVINITÉ PRIMITIVE EN ARABIE

La Femme-Esprit, chez les anciens Arabes, c’est l’Almée, en arabe Almet, d’Alam (savoir).

L’Almée, c’est « celle qui sait ». Elle représente l’âme, c’est-à-dire la vie, que l’on appellera plus tard Alma, et dans certaines langues l’homme parlera encore à la femme en l’appelant Alma mia, mon âme.

Nous trouvons aussi la Femme appelée Almageste (la très grande), mot dérivé du premier et dont on fera en grec Mégistê au féminin et mégistos au masculin, superlatif de Mégas (grand). Inutile de faire remarquer que c’est de ce mot qu’on fera Majesté.

Après ce nom générique donné à la Femme, nous trouvons des désignations particulières telles que :
– Allah-Taola, Divinité suprême adorée au Hedjaz.
– Al-Lat, (l’Alilat d’Hérodote), dont le sanctuaire était à Tayt (Taïf), près de la Mecque.
– Monat (Manat ou Manah), adorée à Codayd (Qudayd).
– Al-Ouzza (Al-Uzza ou Al-Ozzâ), adorée à Makhla (Nakhlah).
– Sawâha, Déesse adorée à Rohat, dans le Tihâma.
– Shams, Déesse du Soleil (en hébreu Shemesh).

Dans toutes les formes de la grande religion de la Nature qui régna si longtemps, dans l’univers tout entier, nous voyons à l’aurore de tous les cultes : la Femme.

DIVINITÉ PRIMITIVE CHEZ LES ÉGYPTIENS

D’abord, le nom Noutir ou Nuter, force, puissance, représente très anciennement les Divinités. Ce nom signifiera, plus tard, « renouvellement », et on en fera le symbole astronomique du renouvellement du jour par le Soleil.

Mais avant que les religions deviennent astronomiques, elles furent terrestres et humaines, et alors Nuter signifiait : renouvellement de l’humanité par l’enfantement ; c’était la fonction maternelle. Il semble que c’est de Nuter qu’on a fait Nature.

Nous trouvons aussi Nout ou Nouit, qui signifie « Femme céleste, protectrice de l’homme », et Maut, « Mère du ciel ». Neith ou Neit est aussi une personnalité féminine que les Grecs assimilent à Minerve ; elle symbolise l’espace céleste, elle est appelée « Mère génératrice du Soleil ». C’est d’Elle qu’il est dit : « Je suis celle qui suis », Nuk-pu-Nuk.

D’autres noms semblent avoir eu primitivement une origine féminine : ainsi Ra, dont on fait Rhéa en Grèce, en changeant sa signification, représente d’abord le Soleil. On la retrouve dans Ra-taoni et dans la Ritha de Champollion. C’est la manifestation la plus éclatante de la Divinité. Ra veut dire « faire, disposer », allusion au rôle primitif de la Femme. La racine Ra a fait ratio (la raison droite, non déviée). Radiation a la même origine : « les Radiations, les recteurs de l’Univers ».

Dans les idiomes orientaux, rou indique le rayon visuel et rad tout mouvement qui se détermine sur une ligne droite. Le recht (allemand) et le right (anglais), Droit, en sont dérivés, ainsi que le rectum latin (ce qui est droit).

On donne à Ra une fille, Jou-s-ass, qui recevait le titre de « Régente d’Héliopolis » ; on traduit son nom par ces mots : « Venue de Sa Grandeur ».

Il faut nommer encore, parmi les primitives Divinités égyptiennes, Ma qui est la Déesse de la Vérité et de la Justice, elle semble être la Mahâ ou Mâyâ de l’Asie, la Mâyâ supérieure, celle que les Égyptiens, plus tard, figureront par une statue voilée de noir, avec cette inscription : « Je suis tout ce qui a été, tout ce qui est et sera, et nul mortel n’a pu lever mon voile » (ce qui indique que la nature est cachée à l’homme).

C’est la source d’où tout sort, la Mère mystérieuse de toute forme, lumineusement rayonnante, c’est elle que les hiérophantes d’Egypte nommeront « Isis », le principe du rayonnement de l’Esprit.

La Déesse Ma est coiffée de la plume d’autruche ; cette plume sert à écrire le mot « Vérité » et le mot « lumière », elle restera dans l’héraldique.

LA DIVINITÉ PRIMITIVE EN CHINE

Les historiens ne nous disent pas grand chose des temps primitifs de la Chine. Nous savons, cependant, qu’avant Confucius une religion a existé, qui avait été faite par des « Génies ». Inutile de dire que c’est le nom générique qui désignait les Femmes.

Les écritures sacrées qui nous restent et qui ont été revisées et altérées par Confucius, au profit de la cause masculine, nous laissent, cependant, apercevoir encore les idées primitives qu’elles renfermaient ; il faut seulement savoir les lire en tenant compte de l’intention qu’on a eue d’en supprimer les noms féminins.

Cette précaution prise, voici ce que nous trouvons :

Le principe divin, appelé Chang-ti, est considéré (avant le règne de l’homme) comme l’Esprit supérieur, qui s’élève vers le ciel, et par extension on finit par en faire le ciel même, appelé Thien. Quant au mot ti, il indique la souveraineté suprême et a la même signification que le thé des phéniciens (1)

« Thien est redoutable, mais il est propice à ceux qui ont le cœur droit ».

On croyait au Chang-ti comme à un être réel et vivant, et on le faisait intervenir dans les événements de ce monde.

Il représente l’action providentielle de la Femme, action collective et anonyme. On lui attribuait les plus hautes qualités qui se puissent concevoir. C’était pour les Chinois l’idéal de justice, de puissance, de sagesse, de perfection.

« Il est le maître du monde », dit le Chou-King.

« Lui seul est souverainement intelligent et éclairé, et l’homme parfait l’imite ».

Or, l’homme n’imite pas un principe abstrait qui est dans le ciel, il n’imite que l’être terrestre, réel, humain, et c’est cette imitation des qualités de la Femme qui fait progresser l’homme moralement.

Quoiqu’on donne à Thien des attributs humains, on ne le représente pas par des images ou des statues.

« Il observe les hommes et veut qu’ils ne fassent que ce qui est conforme à la raison et à la justice. Ce n’est pas lui qui perd les hommes, les hommes se perdent eux-mêmes en transgressant ses lois éternelles ».

Il y a en ceci une justification qui prouve que cette phrase a été écrite à une époque où la Femme était déjà accusée de perdre l’homme.
« Il reconnaît le bien et le mal que nous faisons ; nos actions, quelles qu’elles soient, sont inscrites dans son cœur comme dans un livre de comptes ».

C’est la Femme qui lit ainsi dans l’esprit de l’homme : « ceux qui font le bien, il les comble de toutes sortes de bonheur : ceux qui font le mal, au contraire, il les afflige de toutes sortes de maux ».

De qui l’homme tient-il le bonheur ? N’est-ce pas de la Femme, dispensatrice des joies ? Mais d’elle aussi viennent les maux pour le méchant qui craint ses reproches et ses jugements.

Dans le Chi-King, il est dit du Chang-ti, considéré comme la Divinité :
« Tout invisible qu’il est, il est près de nous ». C’est ainsi que la Divinité est devenue invisible, depuis qu’on n’a plus voulu la voir sur la terre, mais son action s’est toujours fait sentir.

Le Chang-ti, même pour les lettrés modernes, n’est pas une puissance céleste, c’est un Être, le premier des Êtres, l’auteur de tous les Êtres. Ils n’osent pas dire la « Mère » comme les disciples de Lao-tseu, plus près que les disciples de Confucius de la Vérité. C’est « le Suprême Seigneur qui gouverne le monde, qui perce dans le secret des cœurs, à qui rien n’est caché, qui élève ou abaisse ceux qu’il lui plaît, qu’on doit honorer ».

Tout cela est dit de la même façon dans toutes les religions théogoniques.

Les savants chinois enseignent que le mot Thien, qu’on traduit par « Ciel », n’est qu’une image employée en style noble et figuré, mais qu’il ne représente pas le ciel visible et matériel.

Le savant empereur Kang-hi (1662-1723), auquel les missionnaires jésuites demandaient des explications sur la Divinité adorée par les Chinois, répondit que par Thien les Chinois entendent, non le ciel matériel, mais le « Seigneur créateur de toutes choses », confondant dans son esprit l’action terrestre de la Femme, de la Mère qui crée l’enfant et organise la vie, avec l’action du principe cosmique, de la force radiante qui émane des astres incandescents et n’est pas un « Seigneur ».

Et il ajoutait : « C’est par respect qu’on n’ose pas l’appeler par son propre nom, et qu’on a coutume de l’invoquer sous le nom de ciel suprême, de ciel bienfaisant, etc. »

Or, le respect n’empêche pas du tout de prononcer un nom ; ce qui l’empêche, c’est l’orgueil, puis la conscience d’une mauvaise action, c’est le remords. Là est le vrai motif qui fait qu’on ne nomme plus la Divinité sous son vrai nom, son nom primitif qui était féminin. Ce fait s’est produit partout.

Nous le constatons ici chez un peuple qui, certainement, n’a eu aucun rapport, dans ces temps éloignés, avec le peuple hébreu, qui, lui aussi, n’osait plus prononcer le nom sacré de lahveh, la Femme, depuis qu’il l’avait renversée de sa suprématie morale.

Cette Divinité féminine, ce Thien des Chinois, supprimé du monde terrestre, est cependant resté gravé dans la conscience de l’homme qui n’a jamais cessé de sentir une « Providence » féminine agissant près de lui, l’éternel « Esprit féminin » toujours présent devant sa conscience, et qui le juge !

Les modernes Chinois ont fait de leur Chang-ti ce que tous les peuples ont fait de leur Divinité. La même évolution des idées s’est accomplie chez tous. Partis d’un même point de départ : la Femme, ils sont arrivés à la même idée : un Etre surnaturel.
C’est que, d’exagération en exagération, on lui a donné des proportions gigantesques, en même temps qu’on lui ôtait son sexe et sa réalité terrestre.

(1) La Déesse Dercéto, surnommée Istar ou Isthar chez les babyloniens, qui devient Astar chez les Phéniciens, a pour racine « Star » qui signifie astre ; on y ajoute la racine thé qui veut dire « parfait », et on fait Astar-thé la Reine des cieux, la Déesse des astres.

LA DIVINITÉ PRIMITIVE EN GRÈCE

Le premier âge de l’histoire des peuples est résumé dans cette phrase d’Hésiode : Les Dieux mènent le monde !

Mais personne ne comprendrait la signification de cette phrase, si on ne rendait pas au mot Dieu sa première signification, si on n’expliquait pas que l’entité divine est, d’abord, exclusivement féminine.

Le Dieu qui mène le monde, c’est la Déesse, c’est la Femme.

Et Hésiode nous dit encore en parlant de ces êtres divins : « Les dieux interviennent en tout, l’homme doit leur obéir, car il est petit auprès des dieux, il doit se préoccuper de leur volonté, écouter leurs oracles, respecter leur puissance. Obéir aux dieux, c’est obéir à la loi qui domine la destinée humaine. Et cette loi dit à l’homme : « Connais-toi toi-même, n’oublie pas ta misère, c’est la moïra, la loi de la vie ».

C’est parce que cette loi de la vie était à la base de la société, que la sagesse divine (Théosophie) fut le facteur de la grande civilisation qu’on a appelée l’Age d’or. Le sentiment religieux, si profond dans cette jeunesse humaine, répondait au besoin naturel d’adoration qui est dans le cœur de l’homme jeune.

Par la piété il s’efforçait de conformer ses actes aux désirs de la Femme Divine et de rendre à la Déesse ce qui lui est dû en respect, en soumission dévouée, en vénération. Par la foi l’homme s’abandonnait complètement aux décisions de la Déesse dont il reconnaissait la suprématie.

La religion était alors le lien moral qui unit l’homme à la femme sur le plan divin, c’est-à-dire spirituel. « Il existe sur la terre, dit Hésiode, trente millions d’immortelles chargées de veiller sur les hommes ».

Ces immortelles sont les Femmes, les Déesses vivantes, dont l’âme ne meurt pas dans leur longue existence féminine.

Elles sont aussi « les Muses » appelées d’abord Moeses, terme générique qui a la même signification que le mot « Fée ».

« Les Muses, dit Hésiode, chantent les lois de l’univers. » « Thétis donna le jour à ces Filles divines auxquelles les hommes sacrifiaient leur chevelure ».

Puis vient l’exagération symbolique et, pour dire que la mère enfante des filles et des garçons, on dit : « Theïa fut mère du Soleil immense, de la lune brillante et de l’aurore ».

La Grèce avait aussi des « Grâces » qui présidaient à la gaieté, à la joie, à tout ce qui épanouit l’âme. Eurynomie, mère des Kharites, symbolise la grâce dans la beauté. On est arrivé à réduire les Grâces à trois types : Aglaé (la brillante), Thalie (la verdoyante), Euphrosyne (celle qui réjouit l’âme).

On n’en adorait que deux à Sparte et à Athènes.

L’Iliade en mentionne quatre.

Elles sont couronnées de fleurs, elles chantent, elles dansent, auprès des sources. Puis après les noms collectifs qui indiquent « toutes les Femmes » viendront plus tard les grandes personnalités. Mais, d’abord, les noms divins sont génériques, si bien que Divin est synonyme de Féminin.

CHEZ LES ANCIENS PEUPLES ITALIQUES

Nous avons une multitude de documents sur ces temps primitifs, qui sont bien réellement l’histoire de la Femme ; l’homme y a un rôle secondaire. Il ne faut pas oublier que pendant le temps de cette adolescence humaine la jeune fille est beaucoup plus avancée dans son évolution que le jeune garçon, elle a sur lui une avance si incontestable que personne ne pense à la discuter, et c’est la suprématie intellectuelle et morale qu’elle possède alors qui lui donne son caractère sacré (divin), universellement reconnu.

L’humanité primitive ne connaissait pas encore le mensonge sexuel, elle vivait suivant les lois de la Nature, et ce sont ces lois qui étaient la base de la Vie sociale, personne ne songeait à les nier et c’est ce qui donna une force si grande au Droit naturel.

Il faut aussi avoir toujours présent à l’esprit que ce sont les temps de la jeunesse de l’humanité, dans lesquels régnait la grande poésie, qui résulte de l’amour idéal de la femme, non encore possédée par l’homme, non encore assujettie à ses passions, qui, du reste, ne sont pas nées alors. Puis ces primitifs vivaient au sein de la Grande Nature, ne connaissant encore rien des préoccupations mesquines, nées plus tard de la vie difficile des grandes agglomérations humaines.

Au début de l’histoire sacrée, nous trouvons surtout des collectivités féminines, dont les attributs semblent bien représenter le rôle social que les femmes remplissaient pendant ces époques bienheureuses :

Ainsi, voici les Dryades et les Hamadryades, nymphes des bois, qui gardaient les arbres et empêchaient de les couper. Evidemment elles connaissaient l’origine végétale, l’Arbre de vie, et étaient chargées de le garder comme on garde un enfant, et d’en expliquer le développement.

Après celles-là, voici toutes celles qui s’occupent des eaux, les Néréides, les Océanides, les Naïades. Puis celles qui s’occupent de la Terre, les Oréades, nymphes des montagnes, les Napées, nymphes des vallons, les Mélies, nymphes des prés.

Ces entités collectives représentent les femmes des champs, des campagnes, des rivages, mais combien poétisées si nous les comparons aux femmes modernes !

Les Génies représentent l’Esprit féminin s’ingéniant à faire le bonheur des hommes.

Ce sont les Divinités qui donnent l’être et le mouvement à tout. Chaque homme avait son génie tutélaire qui veillait sur lui. Il y avait dans chaque abri, dans chaque demeure, une Femme regardée comme le génie protecteur du groupe ; elles étaient considérées comme les auteurs de ce qui est agréable.

Par extension, les villes et les Etats auront aussi, plus tard, le leur, et c’est toujours sous la figure d’une Femme qu’il sera représenté.

Nous trouvons aussi dans ces temps reculés celles qui s’occupent de la nourriture et de la santé. On les appelle Sanitas, Hygie, on nous les représente comme des Déesses couronnées d’herbes médicinales. Eudémonie (Félicité) chez les anciens Latins tient une corne d’abondance, elle est assise sur un trône. Non moins importantes seront, un peu plus tard, celles qui s’occuperont des premiers échanges, des premières transactions commerciales. La plus grande fut Junon qui est surnommée Moneta (Juno-Moneta), parce que c’est elle qui inventa la monnaie, qui était frappée dans son temple.

Près d’elle nous trouvons Pécunia, Déesse de l’argent monnayé. J’arrête ici cette énumération, car il serait impossible de citer toutes les Déesses qui furent honorées sur cette terre d’Europe dont le nom est celui d’une femme.

Burnouf dit (Science des Religions, p. 17) : « La philologie comparée, qui remonte beaucoup plus haut que l’histoire dans le passé de l’humanité, prouve que la notion de Dieu se trouve représentée dans le langage le plus ancien par des termes vulgaires, compris de tout le monde, et, comme on dit en grammaire, par des noms communs, longtemps avant d’être exprimés par des noms propres. Athéna, etc., étaient des noms qui réveillaient dans la mémoire des Grecs le souvenir de certaines figures divines représentées dans les temples et auxquelles ils rattachaient certaines pensées religieuses. C’étaient pour eux des personnes divines, des noms propres ».

Il est certain que les noms des grandes Déesses qui ont surnagé lors de la défaite de la Théogonie, sont ceux des grandes femmes qui s’étaient particulièrement distinguées dans certaines localités et dans certaines familles.

Max Mûller dit aussi, à ce sujet, que les religions ont appartenu d’abord à des familles et à des sociétés extrêmement restreintes, c’est-à-dire que dans chaque famille on a gardé le souvenir et le culte des plus grandes, des plus aimées.

« Quelque grossière que soit l’idée qu’un homme se fait de son dieu, dit encore Burnouf (p. 23), chaque fois que sa pensée s’y arrête, il sent naître en son âme un mouvement de la sensibilité, qui ne se confond avec aucun autre ; ce sentiment réflexe, analysé avec tant de justesse par Spinoza, est double et se rapporte tout ensemble à l’idée qu’on a d’une puissance étrangère et surnaturelle et à celle de notre propre infériorité (c’est l’homme qui parle ainsi). Selon qu’on attribue à cette puissance la vertu de faire du Bien ou de faire du Mal, le sentiment qu’on éprouve à son égard est l’adoration ou la crainte (sentiment masculin vis-à-vis de la femme). Et comme les hommes attribuent toujours à leur dieu l’intelligence, leur adoration et leur crainte se transforment aussitôt en prières. La science n’a pas encore rencontré, jusqu’ici, une seule religion où la prière ne soit présentée comme un acte religieux essentiel ».

Relisons le magnifique chant de louanges adressé à Marie, dans les Litanies de la Sainte Vierge, et nous y verrons encore l’expression des premiers sentiments de l’âme masculine pour la Femme adorée et respectée.

Toute l’antiquité, avant le catholicisme, a célébré la Vierge vénérable, la Vierge très prudente, la Vierge célèbre, la Vierge puissante, la Vierge clémente, la Mère très pure, la Mère sans tache, la Mère aimable, la Mère admirable, etc. On a appelé la Femme « Miroir de la justice », « Cause de notre joie », « Vaisseau spirituel », « Vaisseau insigne de la dévotion » (1), « Tour d’ivoire », « Etoile du matin », « Consolatrice des affligés », etc., etc.

Les attributs que l’homme de cet âge donnait à la Femme nous sont restitués par les étymologies des noms féminins qui tous au début ont été des qualificatifs.
— Nous trouvons Zoé, de Zoon (vie) parce que partout elle représente la plus grande intensité vitale.
— Il y a Sophie, de Sophia, sagesse.
— Lucie, de Lux, lumière.
— Pulchérie, de pulchra, sans tache.
— Félicité, bonheur.
— Héloïse, de Hélios, soleil. De ce nom on fera Loïse, puis Louise, puis Elise, puis Lise, puis Elisabeth.
— Coelimena, de coeli, ciel, et mens, du sanscrit manas, esprit. De ce nom on fait les suivants : Coelinie, d’où Céline, de Coelini, fille du ciel.
— Virginie, Virgo, femme pure.
— Nathalie, de natalité, nativité, naissance.
— Claire, Clarisse, sans ombre.
— Blanche, sans tache (ce nom vient du teuton « Blank », la brillante).
— Rose, Reine des fleurs.
— Hélène, le nom de la Grèce.
— Olympe, le séjour des élus.
— Victoire, Victorine, celle qui triomphe.
— Catherine, de cathartique (Kathartikos), purifier, pure.
— Adèle, Adélaïde, Delphine, de Adelphie, l’amour des autres, l’altruisme.
— Angèle, Angélique, l’ange gardien, celle qui en a la douceur.
— Flore, Flora, Florine, Florentine, de fleur.
— Laure, louée (de lauréate).
— Constance.
— Clémente, Clémentine.
— Placide.
— Reine.
— Athénaïs, de Athéné, un des noms de Minerve, qui veut dire sagesse.
— Véra, Véronique, de vérité.
— Psyché, âme.
— Valérie, qui a de la valeur.
— Estelle, de Stella, étoile.
— Cécile, bonne maîtresse de maison.
— Nelly, qui séduit les hommes.
— Marthe, la provocante.
— Julie, jeunesse.
— Zélie, zélée.
— Pauline, petite.
— Mélanie, brune.
— Flavie, blonde.
— Hortense, de hortus, jardin.
— Eudoxie, de Eudokos, qui est priée (euchos, prière et logos, discours).
— Euphémie, qui parle bien (de eu, bien, et phêmi, parler).
— Eulalie, aimable causeuse.
— Léonie, Léa, Léopoldine, intrépide comme des lionnes.
— Magdeleine, de Magdœ, la grande, magnifique.
— Suzanne, lis.
— Maximilienne, la plus grande.
— Noémi, la belle.
— Alphonsine, toute flamme.
— Amélie (en wisigoth), puissante entre toutes.
— Jeanne (en breton, Yvonne, Yolande), de Juna, Junon, pleine de grâce.
— Emma, la gracieuse (en hébreu).

Toute l’antiquité a célébré la Femme.

Toutes ces figures, et bien d’autres, dont sont émaillés tous les livres sacrés de l’antiquité, étaient les louanges adressées aux femmes déifiées dans la première forme religieuse de l’humanité.

En même temps que l’homme adresse à la Femme sa prière, il lui offre des présents. L’amour le rend généreux, il est heureux de se dévouer pour celle qu’il aime et de lui offrir ce que la Nature produit de plus beau, des fleurs, des fruits ; et si, pour les atteindre, il doit faire un effort, accomplir un travail, cela n’aura que plus de prix.

A une époque où la culture de la terre et la domestication des animaux occupait surtout l’activité humaine, il est naturel que les offrandes faites à la Femme par l’homme aient été d’abord les fruits de la terre et les animaux capturés.

Suivant une tradition rapportée par Porphyre (Traité de l’Abst., L. II), les premiers hommes n’offraient sur les autels des dieux que des fleurs, des fruits et des touffes d’herbes.

La galanterie fut rustique au début, elle est toujours un peu pastorale, parce qu’elle rapproche l’homme de la Nature. C’est la générosité, le dévouement, l’abnégation de cette belle jeunesse primitive qui reparaît, par atavisme, dans le désintéressement de notre jeunesse actuelle, dans sa tendance vers l’idéal.

Ces beaux sentiments, antérieurs à l’invention de la monnaie, ont été altérés ou détruits par l’amour de l’argent qui a tari la source de la générosité primitive.

(1) Le mot dévotion, resté dans les religions, vient de Dévaïtê, qui vient de Dévâ. Dévotion voulait dire : « Culte pratiqué avec amour ». Les dévots étaient les fervents serviteurs et adorateurs de la Déesse. Le mot dévoué dérive de Dévaïté. Il est toujours employé par l’homme comme l’expression de son hommage.

Parmi les dérivés du mot « Dévaïté » se trouve vovere, d’où vouer, aveu, avouer, ex-voto, qui tous ont un peu, gardé leur signification primitive. En effet, vouer son amour, en faire l’aveu, avouer ses sentiments, ses désirs, les représenter par des objets (ex-voto), ce sont toujours là les phases diverses de l’adoration ; aussi le culte naturel est-il resté dans la vie de l’homme, son atavisme le lui restitue quand il traverse l’âge ontogénique, qui représente, dans sa vie actuelle, l’époque des temps primitifs.

LA COMMUNION

Ce chapitre de l’histoire des religions est celui dont on s’est le plus occupé et que l’on a le plus caché. Si on en parlait tant, c’est justement parce qu’on voulait en dénaturer la signification. On la connaissait mal du reste, cette signification ; elle est toujours restée pour l’homme le mystère des mystères.

Cette quatrième manifestation du culte, après l’Adoration, la Prière et l’Offrande, a eu deux interprétations dans l’évolution religieuse : La première féminine : elle signifiait l’union des Esprits. La seconde masculine : elle signifie alors l’union des sexes.

Pour la femme, la communion de pensée est le plus grand bonheur qui puisse exister, c’est cela qu’elle demande à l’homme parce que son opposition est ce qui la fait le plus souffrir.

Elle veut être aimée en Esprit et en Vérité.

Ceci demande une explication :

On ne sait pas assez qu’il existe deux amours : l’amour féminin et l’amour masculin, résultant de la psychologie inverse des sexes.

Ce qui aime en nous, c’est le système nerveux, qui contient notre principe de vie. Et l’amour est une manifestation de la vie.

Or, en vertu de la polarité sexuelle, ce Principe monte chez la Femme et descend chez l’homme.

Nous l’avons expliqué plus loin dans ce blog, mais nous voulons le considérer ici comme facteur de l’amour. C’est parce que ce facteur a deux directions différentes dans les sexes, qu’il y a conflit dans l’amour.

Mais la femme étant arrivée plus vite que l’homme à la plénitude de ses facultés, pendant l’adolescence de l’humanité, c’est elle qui impose à l’homme ses conditions psychiques, donc son amour.

L’union des sexes fut au début l’union des esprits.

L’amour masculin, n’étant pas encore arrivé à s’affirmer, ne pouvait pas encore avoir de désirs ou d’exigences à imposer.

C’est cet amour spirituel, cette communion des esprits, qu’on appellera plus tard l’amour sacré, qui restera le fond des religions, car, quoique le développement de la sexualité masculine le déviera ou l’obscurcira, il laissera cependant sa trace dans l’atavisme de l’homme, qui en aura toujours, dans la jeunesse au moins, un vague pressentiment, et quelquefois même c’est cet amour idéal qui s’imposera à lui et qui triomphera de son amour bestial.

Le premier hommage de l’homme à l’Esprit féminin, c’est la foi.

Car,si la Déesse accueille la prière de l’homme, elle lui demande, en échange, la foi. Elle veut qu’il croie à sa parole, à son Verbe qui est Vérité, et c’est Elle, sous le beau Ciel de cette époque heureuse, qui lui explique la Nature.

C’est elle qui fait la première science, par son intuition, pendant que l’homme institue le premier culte par son amour.
— La Femme est le Saint-Esprit qui ne peut pas errer.
— Elle est le Logos, celle qui parle, le Verbe Divin qui enseigne.
— Elle est Sophia, la sagesse (sagesse antique).
— Elle est le feu sacré, l’amour pur.

Burnouf dit : « Agni, le feu de l’amour, reçoit l’hommage de tous les êtres, il est omniscient, connaît les origines, les races divines, les hommes et leurs secrets ».

S’il existe au fond du coeur de l’homme une aspiration vague vers le mystère caché dans l’antique RELIGION NATURELLE, c’est que sa conscience cherche, par atavisme, à reprendre le chemin du bonheur primitif que la jeunesse phylogénique connut dans une époque lointaine.

C’est pendant cette époque que l’homme connut le bonheur intense que donne la lucidité de l’esprit, la connaissance acceptée, c’est-à-dire la foi, cimentée par le renoncement volontaire aux entraînements des mauvais instincts, le sacrifice de l’orgueil fait à la raison et à l’amour. Car la Religion naturelle, c’est un lien moral qui unit l’homme dans un amour pur à un être moralement supérieur à lui.

L’AMOUR

L’Amour, c’est ce que l’humanité a toujours cherché, il est le but de l’homme et le rêve idéal de la Femme, il est la grande force qui régit l’univers, il peut tout, le bien comme le mal, il domine les temps et les âges, il se trouve à la source de toutes les religions, il est la religion même dans son principe ; toutes les philosophies l’ont discuté, il règne dans l’histoire des rois et dans les légendes populaires, il a été, tour à tour, béni et maudit, permis jusqu’à la licence et défendu comme le plus grand des crimes. Il est la source de mille préjugés religieux ou sociaux qui, presque toujours, résultent du malentendu qui règne sur cette question entre les hommes et les femmes, acteurs indispensables de cette idylle, mais qui ne la comprennent pas de la même manière.

L’homme, malgré l’expérience de l’histoire, n’a pas encore compris que l’amour de la femme est un phénomène qui a une réaction spirituelle : c’est ce qui le sanctifie.

La femme, malgré les désillusions de ses aïeules, ne veut pas encore savoir que l’amour masculin est un phénomène qui a une réaction brutale : c’est ce qui le condamne.

Pendant que chez la femme le fluide d’amour aspire à monter, chez l’homme il aspire à descendre. C’est sur cette différence que fut basée la grande lutte de sexes dans l’antiquité ; elle dure encore.

Faire luire sur cette question la lumière définitive de la science, c’est donner à l’humanité le moyen de sortir de l’état de malaise général que le malentendu sexuel a causé dans le monde. Il faut, une bonne fois, que chaque sexe sache comment l’autre aime et pense, afin d’éviter les heurts qui blessent l’amour-propre et finissent toujours par faire de deux amoureux deux ennemis irréconciliables.

PRÉLIMINAIRES

La Femme était la Déesse de l’homme jeune, la puissance supérieure devant laquelle il s’inclinait : c’est son image qui se gravait dans son cœur, elle était son idole.

C’est pendant la période qui sépare le prélude de l’amour de sa satisfaction charnelle que l’amant a divinisé la Femme et, dans la vie actuelle, son atavisme lui rend le souvenir vague des impressions premières ressenties par ses ancêtres ; un regard, une parole douce ou tendre, une main qui touche la sienne, le silence de la nuit, sont empreints de mystérieuses saintetés qui pénètrent son âme sans qu’il en comprenne le secret.

C’est que la Nature fut le cadre des premières amours, des premiers dévouements, des enthousiasmes de la jeunesse phylogénique, et tout cela se réveille chez le jeune homme quand le lieu, l’heure, le milieu, lui rendent les conditions physiques qui accompagnèrent ses impressions premières. C’est ce qui crée le mystère, et rien ne captive comme les choses mystérieuses.

L’homme voit toujours dans l’amour un phénomène religieux ; la Femme qu’il aime est toujours Divine, les métaphores qu’il emploie pour parler d’Elle lui rendent tous les attributs de la primitive Divinité ; Elle est pour lui le Ciel, ses yeux sont des étoiles, ses dents des perles, ses joues des roses. L’hommage qu’il lui rend est un culte, c’est devant Elle qu’il se prosterne, à Elle qu’il adresse ses prières, qu’il apporte ses offrandes ; il est son dévoué, son fidèle serviteur.

Si, dans les discussions pour et contre la Religion, on a pu dire que le sentiment religieux est naturel à l’homme, c’est qu’on sous-entendait inconsciemment le sentiment que nous venons de décrire, mais on ne le définissait pas. Ceux qui le niaient ne considéraient pas le sentiment qui émane de la nature et ne voyaient dans les religions que l’adhésion réclamée par les ministres de tous les cultes pour les doctrines surnaturelles qu’ils enseignent.

Le sentiment naturel à l’homme (jeune surtout), c’est le sens de la vénération qu’il possède et veut exercer en adorant, en respectant toutes les perfections dans une Femme. On avait donné à ces perfections sept formes manifestées dans les Déesses primitives : la Justice, la Miséricorde, la Science, la Beauté, la Sagesse, l’Amour et la Force morale (le courage). Une multitude de noms de femmes sont restés attachés à ces attributs. L’histoire de la Religion naturelle, c’est-à-dire du culte rendu par l’homme à la Femme, c’est l’histoire de la vie morale de l’humanité.

C’est pour cela que la Religion est universelle, elle règne partout où les deux sexes se trouvent en présence.

Aussi elle sera, éternelle et réapparaîtra toujours dans tous les lieux où l’humanité jeune recommencera l’évolution humaine, dans une vie ontogénique.

Est-ce pour cette raison qu’on a dit que la Religion n’a pas d’histoire ?

Est-ce pour cela aussi qu’on en a fait la base de la civilisation ?

Peut-être, car sans le lien qui attache l’homme à quelque chose qui lui est moralement supérieur, qui lui crée un idéal à atteindre, un but à poursuivre, que resterait-il pour lui dans le désert des sociétés masculines ? La discorde, la jalousie, le néant, la mort !…

Les croyances primitives, dans leur sincérité naïve, ne connaissaient pas encore les subtilités des prêtres. Le sentiment religieux qui pénétrait l’âme masculine, en présence des émanations divines, c’est-à-dire féminines, était un mélange de respect et de crainte, mais aussi de confiance et d’amour. Par la Foi, l’homme s’abandonnait complètement aux décisions de l’Esprit féminin, dont il reconnaissait la supériorité ; par la piété, il s’efforçait de conformer ses actions aux désirs de la Femme Divine aimée, et de rendre à la Déesse ce qui lui est dû en vénération et en soumission.

La « foi » est le secret de toutes les grandes choses, a-t-on dit, répétant cette espèce de dicton qui s’appliquait à la foi primitive ; c’est qu’en effet la première adhésion de l’homme à la parole de la Déesse a été le facteur des grandes civilisations de la haute antiquité. La foi a fait le monde parce que, lorsque l’homme a agi suivant la sage inspiration de la Femme, il a réalisé des prodiges.

Chaque civilisation a été fille d’une religion théogonique donnant une impulsion sans cesse renouvelée à l’esprit humain.

« Ayez une âme d’enfant et la nature vous dira ses secrets ».

En effet, la foi absolue n’existe que dans l’enfance.

« L’enfant a des yeux de voyant ». Quand il devient homme, sa mentalité change, le doute l’envahit, s’impose, et il est, dés lors, partagé entre le désir et l’impuissance de croire. Triste état qui va lui donner des poussées de révolte et des heures de remords, qui va étonner la Femme et l’affliger, Elle dont l’esprit est inaltérable. Tant qu’il a aimé la Femme, il a été, le demi-dieu, la moitié de la Déesse ; quand il commence à changer, évoluant vers la révolte, il devient envieux et peu à peu naît en lui la haine qui lui inspire le mépris, mépris simulé, pour faire croire que la femme a moins de valeur que lui.

Mé-priser, de mé, préfixe péjoratif, et priser, c’est-à-dire qu’il la prise moins, ne lui donne plus sa valeur réelle, et ce qu’il lui reprend en estime, il se l’attribue à lui ; c’est une balance dont il commence à renverser les plateaux, c’est pour cela que la Justice devient boiteuse.
L’impression de la Femme en face de ce mensonge manifesté fut terrible.

Mais le besoin d’aimer la Femme le reprend par moments, alors il se radoucit, recommence à adorer et à prier, sachant qu’il sera écouté parce qu’il sait assez que la Femme l’aime toujours.

Le Rig-Véda dit : « La prière domine les Dévas ». « La Déva, souveraine du Ciel, Indra, tremblait devant la redoutable piété du grand ascète Vishwamitra. » Voilà donc la Déesse qui a peur de l’homme, devenu une puissance adverse.

Dès ce jour, deux principes régnent dans le Monde : la Puissance du Bien qu’Elle représentera ; Puissance du Mal ou de la domination que l’homme va personnifier.

A l’âge poétique des religions, succède celui de la prose. L’homme n’aime pas, il raisonne, ou plutôt il déraisonne, fait des commentaires, des traités, invente une technique qui va remplacer la simple logique. Il arrête les règles des cérémonies qu’il va substituer aux libres impulsions de la Nature. Les anciennes vérités vont devenir des mystères sacrés ; on ne les enseignera plus, mais à leur place va s’élever le surnaturel, touffu, exubérant, envahissant et tenace.

Le Prêtre se perd en explications de ce qu’il ignore ou en justifications de ses fautes ; il se fait craindre, mais ne se fait pas aimer.

La Femme, près d’un tel homme, se laisse intimider. Elle a perdu l’audace de l’enfance, la confiance de la première jeunesse. Elle commence à connaître le Mal et à le redouter ; cela trouble sa vie et lui fait perdre l’expression franche de bonheur que possédait la jeune fille. Elle devient triste, abattue, craintive, et découragée. Cela l’enlaidit presque.

LA TRADITION ORALE

C’est la Tradition orale qui contient la véritable histoire de l’humanité.

On peut détruire les livres, on ne détruira pas les traditions. C’est ainsi que l’histoire primitive est arrivée jusqu’à nous.

La tradition contient deux séries parallèles de faits :

1° Les faits du monde gynécocratique primitif qui forment la légende sacrée des premiers temps. Elle contient l’origine des langues, des sciences des croyances, de la vie morale, et de la vie sociale.

2° Les faits du monde androcratique qui constituent la légende profane. C’est, dans cette partie de la tradition que se trouve l’histoire des passions des hommes, de leurs luttes pour le pouvoir. C’est l’histoire des vices humains, elle commence à la luxure, passe par l’orgueil et l’égoïsme pour arriver au despotisme et au crime légitime qu’on appelle la guerre.

C’est cette seconde partie qui a été soigneusement conservée pour être donnée comme sujet d’études et d’édification aux jeunes générations. Quant à l’autre, on a employé tous les moyens possibles pour la faire disparaître.

Cependant, on n’y a pas réussi. La femme qui avait fait cette histoire là n’a jamais cessé de la raconter à l’enfant. Elle en a fait une collection de petits contes. Ils font toujours les délices des enfants ; c’est l’antique enseignement maternel, tenace comme une habitude religieuse. La Femme des premiers temps, c’est la fée qui peut tout.

Voici « La Belle au Bois dormant », où l’on retrouve un épisode du roman de Perce-Forest. Ce conte nous montre la femme endormie, c’est-à-dire hors la vie active, hors le monde pendant mille ans, l’âge de fer, mais réveillée par le Prince charmant, l’homme régénéré, qui lui rend sa place après ce long sommeil, avec le baiser de paix.

« La Belle et la Bête » représente l’histoire des luttes de l’homme et de la femme, Ormuzd et Ahriman, Vishnou et Civa, Isis et Osiris.
Dans le « Petit Poucet », nous voyons l’être petit (la femme est souvent représentée par un nain) poursuivi par l’être grand. C’est le souvenir des émigrations.

Dans « Le Petit Chaperon rouge », on nous montre l’enfant qui, rentrant au logis, trouve l’ogre (le Père) occupant la place de la Bonne Mère et, terrifié de cette substitution, exprime au géant son étonnement de le voir si grand.

« L’Oiseau bleu » est aussi une ancienne légende, car les Tagals, dont le Dieu Créateur est Bathala, adorent un oiseau bleu qui porte le même nom que la Divinité.

En général, l’oiseau est l’emblème de l’Esprit qui vole, de la radiation solaire qui fend l’espace.

« Barbe-Bleue » et « Riquet à la houppe » viennent de l’Orient.

Dans le « Chat Botté », on retrouve la « Chatte de Constantin le Fortuné » que Straparole avait empruntée du Pentanerone napolitain.
« Cendrillon », c’est la femme supérieure avilie, sa grandeur intellectuelle est cachée et employée à d’obscures besognes domestiques, tandis que ses sœurs, qui ne la valent pas, la méprisent, l’humilient (ce sont les femmes faibles et coquettes qui ont suivi les hommes dans leur vie de plaisir). Cependant, le jour vient où sa valeur morale est appréciée, sa nature supérieure reconnue, alors elle est rendue à sa vraie destinée, elle devient la Reine.

C’est la vieille histoire de la Vierge sage et des Vierges folles qui perdent l’homme. C’est une réminiscence de l’aventure de Rhodopis qui, pour avoir perdu l’un de ses petits souliers, épouse un roi d’Egypte.

« Peau d’âne », enfin, que la Fontaine entendait conter avec un plaisir extrême, seize ans avant les contes de Perrault, se reconnaît dans les vers latins de Godfried, qui pouvait en devoir l’idée moins à Apulée qu’aux fables indiennes dont il circulait en Europe des traduction latines depuis le XIème siècle. (Voyez Victor Lecler, Histoire littéraire de la France, t. I, XXIV).

Les contes de Fées ne sont pas des histoires sans signification, écrites pour amuser les paresseux, elles renferment en elles la religion de nos ancêtres.

Mythe veut dire une histoire fabuleuse exprimant une vérité importante, l’histoire de quelque personnage extraordinaire, à la biographie duquel l’imagination populaire a donné un développement excessif, grâce à la vénération d’une série de générations. Avec le temps, l’enseignement archaïque dévient moins clair, les nations perdent plus ou moins de vue le Principe supérieur, « la Déesse », et commencent à transférer ses attributs à son adversaire.

La Déesse, l’unique divinité, devient alors l’incompréhensible. Chez tous les peuples on trouve une tradition orale passant de Mère en Fille et perpétuant les idées primitives.

On a trouvé une tradition de ce genre dans les îles de la Mer du sud, sous forme d’anecdotes rimées servant à conserver le souvenir des événements et leur date. L’humanité jeune parla et chanta avant d’écrire. (Voir Ellis, Polynesian Researches, Londres, 1831).

ANTAGONIE

C’est dans la première période humaine que naquit la Théogonie, les Divinités féminines, et que se constitua la science primitive.
Loti appelle cette époque lointaine « la pure grandeur de la précoce civilisation ».

C’était l’Age d’Or. Mais il ne devait pas durer.

Ovide dit : « L’Age d’argent succède à l’Age d’or. A ces deux Ages succède l’Age d’airain : l’homme, plus féroce, est plus prompt à prendre les armes qui sèment l’effroi ».

C’est l’époque du Polythéisme qui commence. Nous allons y voir régner des Déesses et des dieux se disputant le pouvoir.

C’est le commencement de l’Anta-gonie : la lutte de sexes.

Antagonie vient de anta-gonismos, de anti (contre) et gonos ou gonia (la femme), donc : contre la Femme.

Nous allons, dans la suite de ce blog, montrer des siècles de luttes du prêtre contre la Femme.

Les grands Livres sacrés avaient jeté un tel éclat sur l’esprit féminin que cela avait fait naître un sentiment de jalousie terrible contre les grandes Déesses qui en étaient les auteurs. Une caste sacerdotale va s’en emparer, les altérer, les masculiniser ou les détruire. C’est l’origine du mensonge religieux que nous allons voir se dérouler. C’est toute l’histoire que l’on a cherché à nous cacher derrière la Fable.
Partout la femme va être cachée ou plagiée. Lui prendre ses idées, porter sa robe, va être la principale occupation de ses envieux.

AGE VIRIL DE L’HUMANITÉ

Nous sommes en pleine vie humaine. Toutes les, passions sont déchaînées. À l’amour va succéder la haine, l’envie s’est emparée du cœur de l’homme et va lui dicter l’injustice ; les crimes et les forfaits vont se multiplier. L’histoire va nous les raconter, car ceux qui auraient dû les cacher en ont eux-mêmes écrit le récit.

Les caractères physiques de l’humanité se modifient peu à peu ; le ravage des passions va creuser son empreinte sur le visage de l’homme. Sa physionomie va révéler son état mental. Les modifications de son caractère sont profondes, la prédominance de sa personnalité s’accentue de plus en plus, son orgueil grandit et lui donne une confiance en lui-même qui lui dicte les résolutions les plus hardies et les plus irraisonnées ; il devient impulsif.

C’est l’époque des grands emportements, de la confiance en soi et des affirmations aventureuses. Sa sensibilité primitive est en décroissance. L’assimilation morale et intellectuelle qu’il possédait dans les âges précédents s’émousse ; il devient entêté et affirmatif pendant que son cerveau engendre l’erreur.

ORIGINE DE L’ANDROCRATIE

LE ROI

C’est par la révolte contre le pouvoir gynécocratique et divin que commença l’anarchie ; mais la guerre commencée contre les femmes continua entre les hommes.

Après avoir vaincu la Déesse, méconnu la Soffet, outragé la Sophia, l’homme fort écrasa l’homme faible, l’intellectuel, il nivela l’humanité en prenant pour étalon la bête humaine.

C’est ce que nous enseigne la légende de Procuste qui raccourcit les étrangers pour les faire entrer dans son lit de fer.

« La force déchaînée écrasa partout l’esprit et institua le règne des tyrans. La Grèce se hérisse de Républiques, les Celtes marchent de divisions en divisions ; une démocratie brutale monte et force toutes les intellectualités à se démettre. Ce sont les masses incultes qui veulent dominer. Toutes les lignes de démarcation disparaissent. On ne distingue plus, parmi les peuples, que des hommes libres et des esclaves selon qu’ils sont vainqueurs ou vaincus. Il semble que l’espèce humaine, emportée par un mouvement général de folie orgueilleuse, venait de perdre tout ce qui avait existé en elle de raison.

« Tous voulaient, commander, aucun ne voulait obéir ; chaque fraction voulait le pouvoir, l’anarchie était partout. Les noms qu’ils se donnaient exprimaient leur désir d’indépendance : c’étaient les Alains ou All-ans, les égaux en souveraineté ; les Allemands, égaux en virilité ; les Vandales, ceux qui s’éloignent de tous ; les Free-sons (Frisons), les fils libérés ; les Cimbres, les ténébreux ; les Swabes, les hautains ; les Allobroges, les briseurs de tous liens ; les Scandinaves, ceux qui errent sur leurs navires ; les Saxons, les enfants de la Nature, etc., etc.. » (Fabre d’Olivet).

C’est que, le joug de la Femme brisé, il n’en restait pas d’autre.

L’homme avait bien pu se soumettre à celle qu’il aimait, ou à celle qui avait été sa Mère, mais pourquoi se serait-il soumis à un autre homme ?

La première autorité qu’il voulut prendre est celle que représente l’Etat. La Religion appartenait encore à la Femme. Par sa révolte, il créa la séparation des pouvoirs, il inaugura la séparation du trône et de l’autel. La révolution masculine amena une corruption générale qui, bientôt, fit des progrès effrayants dans toutes les classes de la Société.

Du haut des trônes de l’Asie qu’elle avait d’abord envahis, elle se glissait dans les sanctuaires. La réaction des Femmes ne pouvait plus contenir le mouvement désorganisateur ; elles cherchaient néanmoins à en ralentir le progrès.

L’esprit de l’homme errait dans les ténèbres qu’il s’était créées lui-même ; il cherchait à étouffer ses doutes, ses terreurs ou ses remords dans la jouissance à outrance et, au lieu d’un remède, il y trouvait une cause d’aggravation de son mal.

Enfin l’instinct triompha… et l’homme alors se servit de sa puissance pour s’affranchir de tous devoirs et pour affermir sa volonté, à laquelle il prétendit soumettre les autres.

Les mœurs qui résultèrent de cet état de choses furent caractérisées par une débauche à outrance et une guerre désordonnée, dans laquelle on cherchait, autant que des victoires, des satisfactions de l’instinct batailleur de l’homme. C’est que, lorsque sa force musculaire augmente, il a besoin de l’exercer, et c’est ce besoin qui le pousse au pugilat, à la lutte, à tous les exercices violents. C’est alors qu’il fit de la force une supériorité ; singulière logique, car avoir une chose en plus que les autres n’est pas un avantage si cette chose n’est pas une qualité qui élève. Si la force se développe aux dépens de l’intelligence, c’est une qualité négative, c’est-à-dire menant à un mal, non à un bien.

Se glorifier d’avoir plus de force qu’un autre est aussi logique que si l’on se glorifiait d’avoir plus de laideur que les autres. Il y a des superlatifs qui infériorisent.

Néanmoins la Force fut glorifiée ; les plus forts furent les plus honorés et les plus faibles furent méprisés.

Chez les Grecs, l’homme bon, Agathos, c’est l’homme fort à la guerre ; Arïstoï, les meilleurs, ce sont les plus forts, les plus aptes à combattre. On se rappelle que les Lacédémoniens allaient jusqu’à jeter au barathre (sans le consentement des mères) les enfants mal venus. Chez les Romains, le mot Virtus signifie la force par excellence (vir).

Ces nouvelles idées servaient de prétexte pour avilir la Femme, pour l’asservir et la réduire en captivité ; tous ses droits furent violés, on ne lui en laissa qu’un : plaire à l’homme.

Mais cela ne fut pas sans de formidables luttes entre les partisans de la force et ceux de la Justice.

Comme on demandait à Agésilas qui l’emportait de la Justice ou de la vaillance, il répondit : « Si tous les hommes étaient justes, ils n’auraient pas besoin d’être vaillants »,réponse hypocrite qui faisait croire que la vaillance servait à défendre la Justice, premier sophisme d’où sortit tout le système moderne, ce régime qui a fait dire à Schiller : « En attendant que la philosophie sache régir le système du monde, le mécanisme de l’Univers se maintient par la faim et par l’Amour ».

Les hommes s’étaient libérés du lien qui les attachait à la Femme, mais ce ne fut que pour tomber sous un autre joug : celui de la domination des hommes sur les hommes, c’est-à-dire l’exercice de la tyrannie de quelques-uns au préjudice de tous les autres.

Ceux qui avaient le plus d’audace, le plus de résolution, le plus de cynisme, instituèrent la puissance du Mal, en prenant la direction des nations. Et les foules s’inclinèrent devant « la Force », et la « Force » se fit « autorité », et cette autorité devint la main de fer qui étrangla l’humanité.

Il faut à l’homme un esclavage. Aussitôt qu’on lui supprime son esclavage naturel, celui qui l’asservit à la raison, il s’en, procure un autre.

C’est dans le millénaire qui précéda le Christianisme que l’homme fit des lois.

Mais ces lois n’avaient pour but que de comprimer les esprits ou d’empêcher les révoltes, afin d’assurer aux chefs le libre exercice de leurs passions. Entre hommes, cela se supportait par réaction contre la Femme, par solidarité de sexe, mais à la longue, le joug devenait trop lourd ; alors on changeait de chef, c’est-à-dire de tyrannie.

Et les rois n’étaient guère plus heureux que leurs sujets, vivant dans une crainte continuelle et de la Femme qui cherchait toujours à reprendre ses droits, et des autres hommes dans lesquels ils ne voyaient que des rivaux cherchant à prendre la place qu’ils occupaient.

Du reste, ils avaient presque tous une triste fin, la preuve en est donnée par la statistique qui est aussi implacable qu’effrayante par ses constatations ; celle-ci par exemple : Jusqu’en 1886, il y a eu sur la Terre 2.550 empereurs et rois, qui ont gouverné 74 peuples. Il n’est question, bien entendu, que des vrais monarques ayant eu des royaumes de réelle importance. Voici quelle a été leur destinée : 300 ont été chassés du trône ; 64 ont été obligés d’abdiquer ; 28 se sont suicidés ; 23 sont devenus fous ; 100 ont été tués à la guerre ; 123 ont été capturés ; 25 ont été torturés ; 151 ont été assassinés ; 108 ont été condamnés à mort et exécutés.

Pour justifier son pouvoir, l’homme prétendait qu’il avait toujours existé.

C’est la réponse que faisaient les femmes quand on les attaquait. Les hommes se l’appropriaient, la répétaient en l’appliquant à leur règne, mais comme c’était un mensonge, ils ne pouvaient le justifier que par d’autres mensonges.

C’est ainsi que plusieurs peuples anciens, pour prouver la haute antiquité de leur origine masculine, montraient des listes interminables de rois dont les règnes, ajoutés ensemble, formaient des milliers d’années, et toujours le premier de cette série était Hélios (le soleil) (en Egypte, en Colchide, à Rhodes, à Cusco).

La science historique des hommes a accepté ces listes, n’a pas discuté ces monuments ; elle en a fait la base de l’enseignement classique.

D’autres hommes, les prêtres, les mages, se prolongeaient dans le passé par des documents de fabrication aussi facile.

La révolution masculine, née de la révolte contre le pouvoir gynécocratique, basa sa puissance sur la force, sur la conquête.

C’est le conquérant qui se déclara roi.Ce n’est donc pas le meilleur, c’est le plus fort. C’est ce qui fait que le monde masculin fut représenté comme le chaos aux cent têtes, aux cent bras, bataillant, rivalisant, gesticulant. Période de désordre et de discorde, où l’Etat devint l’image de la famille sans femme. Les rois assassinés étaient remplacés par des hommes de la plus basse extraction. Partout régnait la terreur, partout, on voyait le meurtre, le crime et la débauche.

Au milieu de ces luttes formidables, le parti gynécocratique essayait de sauver le pouvoir de la Femme qui s’effondrait et allait bientôt sombrer dans le Droit romain, dans la Loi de l’homme.

Au milieu de ce chaos, on ne pouvait faire qu’une chose : essayer de conserver le dépôt des traditions antiques et le principe des sciences en les cachant dans le secret.

Une aristocratie mâle gouvernait partout des troupeaux d’esclaves, de femmes et d’enfants. A la fois propriétaires, prêtres et juges, les chefs de la nouvelle famille allaient exercer un pouvoir sans limité sur le bétail humain qu’ils exploitaient et décimaient à merci. Et tout cela, ils le justifiaient en disant : Les dieux l’ont voulu.

L’Androcratie devait être une époque de terreur et de misère, car l’homme qui règne, c’est l’homme qui prend, alors que le règne de la Mère avait été la Providence qui donne.

La femme avait régné par l’Amour, l’homme va régner par la terreur.

Partout, du reste, le pouvoir despotique donne de tristes résultats.

Dans Athènes, un oracle avait forcé Codrus, son dernier roi, à se dévouer à la mort ; à Lacédémone, Lycurgue abdiqua la royauté et forma le projet de régulariser le mouvement anarchique en faisant de Sparte un couvent de soldats. Il avait institué sur un seul point de la Grèce une sorte de congrégation guerrière, mélange de despotisme et de démocratie, en apparence consacrée à la liberté, mais destinée, au fond, à combattre ceux qui ne se soumettaient pas au pouvoir nouveau. Cette formidable institution renversa la supériorité intellectuelle à Athènes et prépara le triomphe d’Alexandre.

Ce législateur guerrier était un esprit peu élevé (il tira sa doctrine et ses lois d’un philosophe nommé Talétès). Ce n’est plus du Temple de la Sagesse que sortent les lois, c’est du Prytanée, édifice où résidaient les Prytanes ou Sénateurs chargés de l’administration de la République.

Le régime militaire renverse le règne de l’Esprit.

Corinthe chasse ses rois. Ceux qui résistent au torrent de l’opinion déchaînée contre eux sont obligés d’employer des moyens tyranniques pour se maintenir. Ils sont appelés des Tyrans.

En Perse, en 228 ans, depuis Cyrus qui monte sur le trône en 559 jusqu’à la mort de Darius détrôné par Alexandre en 331, quatorze rois, presque tous assassins ou assassinés, se succèdent sur le trône.

Et cependant tous ces hommes se donnent des titres magnifiques : tel Çyaxare (Kai-Assar), suprême monarque ; Xercès (Shir-Shah), le vaillant roi, le roi Lion ; Cyrus (Kai-Kosrai), qui prend le surnom de Théos (Dieu).

Cependant Khan, titre de l’autorité masculine, en Tartarie, est l’origine du nom de Caïn.

On représenta par les deux serpents du caducée les deux aspects du pouvoir de l’homme : le Roi, le Prêtre. Ensemble, mêlant la force à la ruse, ils vont torturer l’humanité.

L’Empire d’Assyrie, qui dura près de sept siècles, de 1314 à 625, nous donne une idée de ce que fut le régime de terreur que la royauté avait inauguré.

Adra-melech fut l’idole des Assyriens.

On croyait l’honorer en exposant aux flammes et en faisant brûler des enfants sur ses autels.

« Les rois d’Assur ne calculaient leur puissance que par le nombre des villes ennemies qu’ils avaient incendiées et par celui des guerriers qu’ils avaient cruellement égorgés après la bataille.

« Le monarque, le sceptre en main et la tiare sur la tête, se plaisait à contempler les ruines fumantes des forteresses prises d’assaut, les prisonniers garrottés, les cadavres des ennemis décapités.
« On le voyait, après la victoire, debout sur son char de guerre, insulter aux vaincus.

« Aucun peuple dans l’antiquité n’apporta dans ses cérémonies du culte des pratiques aussi cruelles. Leurs dieux mâles semblaient avoir soif de sang humain.

« Les jours de fêtes principales, au pied de la statue de Baal, on allumait un grand bûcher. Les parents venaient alors, portant au cou un de leurs enfants nouveau-nés. On plaçait la pauvre petite créâture sur les mains étendues du dieu, puis les bras, qui étaient mobiles, s’abaissaient lentement, au moyen d’un mécanisme, et l’enfant tombait au milieu du brasier »

La cruauté était le résultat des passions masculines déchaînées, d’un débordement de débauches, qui devait en même temps obscurcir l’esprit de ces hommes.

C’est pourquoi Midas, roi d’Assyrie, est représenté avec des oreilles d’âne.

A propos de Cyrus, Hérodote dit que les Perses avaient pour roi un mulet. Tel est le régime qu’on allait opposer à la Gynécocratie.

Nous allons dans ce blog passer en revue les grands événements qui s’accomplirent dans le millénaire précédant l’ère actuelle, dans l’Inde, la Perse, l’Egypte, la Chine, la Grèce et Rome, et nous allons montrer que partout une profonde révolution religieuse changea l’orientation du monde.

LE PRÊTRE

Comment la Prêtrise exercée par l’homme commençât-elle ? Quelle est l’origine du sacerdoce ? Quelles furent les premières phases de son évolution ?

L’histoire réelle nous montre que les premiers hommes investis de ces fonctions, dans l’antique Théogonie, sont des officiants mis au service de la Déesse et qui portaient le nom de « Prêtres domestiques ».

Renan,dans Le Peuple d’Israël, dit (p. 149) : « Le clergé est d’origine égyptienne. Les Israélites eurent probablement de ces sortes de ministres que chaque famille nourrissait pour les services qu’ils rendaient ; c’est ce qu’on appelait un adhérent, un aubain, un adjoint à la tribu ».

Et il explique que le mot ministre (en latin minister) veut dire serviteur ; il vient de minor (moindre), et c’est de là qu’est venu le nom minime donné à des ordres religieux.

Dans la Bible (Juges, 17, 9), nous voyons Milca dire à un jeune homme lévite (passage interpolé puisqu’il n’y a pas de lévites du temps des Juges et masculinisé puisque de Milca on fait un homme) :
— D’où viens-tu ?
— Je suis lévite et je voyage pour chercher une demeure.
— Reste avec moi, tu me serviras de Prêtre et je te donnerai dix sicles d’argent par année et des vêtements pour ton entretien.
Et Milca consacra le lévite.

Mais les Prêtres ne se contentèrent pas de ce salaire et de cette position dépendante, ils voulurent prendre près de la Déesse une situation de plus en plus prépondérante et c’est ce qui amena la discorde.

D’abord la Déesse et le prêtre ne s’excluaient pas, ils se confondaient en une sorte de couple, tel Hermès et Aphrodite dont on fera le mot « hermaphrodite ».

Aux Indes, le Brahmane apparaît à côté de la Brahmine.

En Perse, le Mage s’élève à côté de la Magicienne ; le Druide à côté de la Druidesse qui régnait chez les Celtes depuis une haute antiquité et qui avait fondé partout des centres d’enseignement qu’on appelait « Collèges de Druidesses ».

Le Druide ne fut pas longtemps un collaborateur utile, puisqu’on le compare au gui, plante parasite, pour indiquer qu’il vit aux dépens des autres.

Le Prêtre est un homme mis en dehors du régime familial, un homme qui a quitté le domaine de sa Mère, qui est sorti de sa tribu, c’est pour cela que l’ordre lévitique chez les Israélites est appelé « Gerson » (étranger en tous lieux) (1).

C’est parce que le prêtre n’a été qu’un serviteur au début que l’on dit encore : « Le prêtre n’est qu’un serviteur des âmes ».

C’est par une grande déviation qu’ils ont substitué l’idée de puissance à celle de service.

La place toujours plus grande qu’ils prirent, alluma contre eux des colères. La prophétesse Hulda déclare impie le Grand-Prêtre Helkya.

En quoi consiste leur impiété ? Elle vient de ce que le Prêtre veut intervenir dans l’enseignement donné, il oppose à sa Maîtresse des doutes outrageants, des négations aventureuses, discute ce qu’il ignore, avec des affirmations audacieuses, parle sans connaissances et sans raisonnements des choses sacrées, commence à la tromper, emploie la ruse pour dominer, le mensonge pour se justifier.

Le résultat de cette conduite, c’est qu’il fut mis hors du Temple, éloigné des choses sacrées parce qu’il les avait profanées.
(Le mot profanati voulut dire en latin mis hors du Temple parce que les Prêtres renvoyés s’installaient en face du sanctuaire ; de là on fit le mot profanum : pro, devant, fanum, Temple).

C’est alors qu’animé d’un désir de vengeance, il employa le sarcasme pour ridiculiser, avilir, salir tout ce qu’Elle faisait. En face des anciens temples il éleva des autels et y érigea des dieux nouveaux qu’il fit à son image.

Mais cette parodie ne fut pas prise au sérieux d’abord ; il fallut du temps, des siècles avant qu’on acceptât cette idée nouvelle : l’homme devenu Dieu comme la Déesse. C’est lentement que le Prêtre escalada les échelons du Panthéon pour y prendre une place que la conscience publique lui refusait.

(1) En celtique, l’homme qui entre dans une famille à titre d’allié est appelé Eedom, c’est un enfant d’adoption ; Eedom devient Eydom, Eedhem, qui veut dire gendre (Darsy, Dict. Flammarion).

LA PROFANATION

Le Prêtre va être le destructeur de la Religion. II va remplacer la Foi (la bonne foi) par la mauvaise foi.

La Religion primitive, la Théogonie, était un ensemble de doctrines et de pratiques résumant les rapports de l’homme avec la Divinité qu’il adorait et à laquelle il rendait un culte. Cette Divinité, la Déesse, exigeait de lui la foi, c’est-à-dire l’adhésion à la Vérité absolue qui émanait de son esprit droit, la croyance aux lois de la Nature et la soumission à la loi morale. Tout cela constituait « la Religion », c’est-à-dire le lien moral qui devait relier l’homme à l’Esprit Féminin.

La communion de pensée est, pour la Femme, le plus grand bonheur qui puisse exister ; c’est pour cela que c’est la première condition qu’elle demande à l’homme lorsqu’il s’approche d’elle pour lui demander ses faveurs.

Mais, par une sorte d’ironie de la Nature, l’amour qu’elle lui inspire peut créer la perversion mentale de celui qu’elle aime.

Cependant, tant qu’il lui reste attaché, il garde sa foi, mais aussitôt que le lien se relâche, le désaccord surgit, il manifeste sa pensée renversée qui est la contradiction de celle de la Femme. En face d’Elle il garde l’apparence du serviteur fidèle, mais ses paroles prennent une expression nouvelle, c’est l’ironie, le sarcasme, il semble toujours affirmer sa foi, mais le ton qu’il y met est un démenti donné à ses paroles, c’est la mauvaise foi qui commence ; elle est d’abord cachée dans la ruse, plus tard elle deviendra cynique dans le mensonge.

Alors, tout, pour lui, prend un caractère nouveau, il dénature les idées spirituelles et en fait des idées sexuelles ; c’est un langage spécial qu’il crée en changeant la signification des mots qu’il ne comprend plus comme la femme les comprend.

Et à cette impulsion se mêle un peu d’envie et beaucoup d’ignorance, il veut croire que la femme descend comme lui dans les abîmes du sexe où, s’il ne le croit pas, il feint de le penser. C’est ainsi que les langues se transforment et qu’un nouveau langage apparaît.

Le Prêtre donne aux mots une interprétation nouvelle dans laquelle il sous-entend que ce qui était spirituel est sexuel.

C’est ainsi que des mots qui servaient à désigner l’Esprit Féminin deviennent la racine de mots qui désignent le sexe de la Femme et ce qui en dérive.

Théogénie deviendra Theogonia (gonia, gaine, allusion au vagin).

Les noms des Déesses tant glorifiées par l’homme adolescent dévinrent des noms ridiculisés, on en changeait la terminaison en les retournant : Théà devint aeth par le retournement des lettres et Astar-thée devint Astaraeth ou Astaroth, et Istaroth, la grande Déesse Istar, va devenir une femme guerrière et voluptueuse.

La Vénus Uranie qui porte le flambeau de l’Esprit : Lucifer, devient la Vénus Callipyge, la femme-sexe.

Le mot Euménide voulait dire propice. Quand vint l’heure de la réaction, on représenta, par antithèse, les Euménides comme des furies.
L’étymologie des mots nous rend compte des idées primitives, elle nous fait retrouver le sens propre qui précéda le sens caché et le sens malpropre.

Ainsi le Bien et le Mal étaient représentés dans les sanctuaires par les emblèmes de la lumière et des ténèbres. On y donnait à l’initié le spectacle formidable du combat de ces deux principes opposés, et, après plusieurs scènes de terreur, on faisait insensiblement succéder à la nuit la plus obscure le jour le plus brillant et le plus pur. Mais ce symbolisme devait être, comme tant d’autres, détourné de sa signification, et de la lumiére, c’est-à-dire du feu de l’Esprit, on fit le feu de l’amour, plaçant en bas ce que la femme plaçait en haut, et Agni, l’amour sacré, devint Ignis, le feu.

De tout cela devait résulter une profonde confusion. C’est pour cela que cette époque fut appelée l’âge Kali (4ème du monde), âge de ténèbres et de souillure, âge noir et fatal, âge des causes et des effets sinistres.

De ce mot Kali on fit en latin Caligo et en français Gali ; on y ajoutait le mot mathias (discours), ce qui voulait dire : discours ténébreux. C’est ainsi qu’on désignait la parole des esprits enténébrés s’agitant dans l’ombre des erreurs et du mal.

Les choses sexuelles prenant, dès lors, la place des choses spirituelles, le prêtre créa un culte nouveau, obscène.

Pour lui, la femme est un organe. Cet organe devient la coupe du plaisir ; il est représenté par le calice de la fleur qui devient le vase sacré des Mystères.

C’est alors que les femmes outragées rappellent les hommes à la vérité et les somment de parler proprement, c’est-à-dire suivant le sens réel des mots ; et ces expressions « à proprement parler », « employer l’expression propre », sont restées dans les langues et sont opposées au langage malpropre et figuré qui avait été inventé pour vexer les femmes.

Ce ne fut d’abord qu’une taquinerie, cela devint une habitude, puis cela devint un dogme, celui qui est à la base de toutes les religions modernes.

LE PRÊTRE CRÉE LE DIEU

Ce sont ces pro-fanes, mis hors du Temple, qui s’en vont créer ailleurs un autre culte et de nouveaux dieux.

Le rôle du Prêtre fut double. Il fut le destructeur de la première religion, la Vraie, et le créateur des faux dieux. Car les divinités qu’il va instaurer, ce sont les types masculins qui avaient été considérés jusque là comme personnifiant le principe du Mal, ceux que la Femme combattait et appelait « les dieux étrangers ».

Nous étudierons dans les différents pays cette nouvelle forme de la religion.

Rappelons seulement avec quelle ardeur on combattait le Bel des Babyloniens, qui devint le Baal des Phéniciens et dont les multiples aspects représentaient l’horreur qu’il inspirait.

Le nom de Baal (ou Bel) reste dans l’histoire associé à des qualificatifs infamants :
Baal-Berith (la honte) ; c’était l’idole phénicienne. Les défenseurs de l’androcratie en feront le « défenseur de l’alliance » ;
Baal-Gad (jouissance). On en fera le dieu du bonheur ;
Baal-Péor (le pire) ;
Baal-Ram ;
Baal-Phégor, ou Bel-phégor : divinité infâme des Moabites. C’est le Priape des latins ;
Baal-Samin ;
Baal-Tsephon (dieu sentinelle), celui qui surveille les femmes ;
Baal-Moloch (le destructeur). Les magiciens d’Egypte avaient mis cette idole dans le désert comme une barrière qui devait arrêter les Israélites et les empêcher de fuir ;
Baal-Zebi, dit Belzebut ; Zebi signifie renard ;
Baal-Itan, etc., etc.

A côté de lui se trouvait Ophim, l’homme serpent, qu’on appelait par corruption surnubel, serpent de Baal.

Mais ces révoltes, quoique troublant profondément l’ordre ancien, n’étaient pas acceptées par les masses ; c’étaient des tentatives, qu’il fallait longtemps recommencer avant que les générations nouvelles arrivassent à s’y rallier.

C’est lentement que le Prêtre imposa son dieu, puis pour le consacrer créa un dogmatisme dont il prit la garde et qu’il scella de sa propre consécration, déplaçant ainsi l’autorité morale en créant l’erreur ; puis il donna à sa caste la mission de la propager et de la conserver afin d’arriver à posséder la maîtrise universelle.

Pour faire accepter les Dieux, on en faisait une imitation de la Déesse dont les noms furent masculinisés (Baal Tammouz, Baal Thomar).
Mais ils se multiplièrent, grandirent, devinrent immenses en puissance et en mérites. Nés de l’imagination des Prêtres, on pouvait les amplifier sans limites. C’est ainsi que, parti de l’humanité vivante, l’on arriva à créer une Divinité infinie régnant dans l’univers insondable, et plus l’idée devenait absurde, plus on exigeait pour elle de vénération de la part des peuples crédules.

Tous les instincts de l’homme apparaissaient dans cette forme nouvelle de la religion ; aussi les dieux sont souvent des hommes vulgaires.

L’homme est orgueilleux, il met son sexe le premier dans le panthéon qu’il crée, même dans le couple divin : Hermès- Aphrodite ; il est dominateur, il arrive à faire de sa nouvelle divinité le « Maître des Dieux et des hommes », il dépasse considérablement la puissance accordée aux Déesses qui étaient toujours restées limitées à la vie morale, aux choses terrestres ; elles avaient des attributs divers, mais n’étaient pas confondues avec les forces de la Nature qui les avaient elles-mêmes créées comme elles avaient créé l’homme à côté d’elles.

Le Panthéon antique avait des degrés et ce ne fut que lorsque l’homme en escalada les échelons, pour prendre la première place, qu’il se fit si grand que l’on vit des Divinités telles que Jupiter accaparer toute la puissance céleste et terrestre et la résumer tout entière dans la personne de l’homme.

Deux causes ont déterminé cette amplification extrême : la puissance de son imagination, qui le porte à exagérer toutes choses ; le besoin de se justifier. Jupiter, le Père, avait pris la place de Déméter, la Mère ; il fallait exagérer sa grandeur pour justifier son usurpation et intimider les faibles et les récalcitrants par la terreur.

Mais c’est une erreur de croire que la terreur a été au début des religions, elle n’apparaît qu’avec la décadence du premier culte. Si la bonne Déesse est devenue un objet de crainte morale, c’est parce qu’on l’avait tant outragée qu’on redoutait sa vengeance.

ORIGINE DES DOGMES

Les Déesses et les Prêtresses qui s’étaient adonnées surtout à l’étude de la science, avaient su arriver à soumettre la pratique de la vie aux lois qui découlaient de leurs admirables conceptions de l’harmonie du monde.

Elles avaient dirigé, avec leur esprit clairvoyant et leur sagesse, les institutions sociales. Tout leur gouvernement découlait de leur science de la vie. Les Prêtres voulurent changer tout cela. Ne comprenant pas les lois qui avaient dicté le savant échafaudage Théosophique, moral et social, et ne cherchant dans le pouvoir que l’intérêt immédiat et personnel, ils ne s’occupèrent que des choses concrètes, ils accommodèrent leurs croyances et leurs institutions, non plus à la Vérité, mais à leurs besoins ou à leurs caprices, et de la science primitive firent « la Théologie », pendant que de la savante organisation matriarcale, les rois faisaient « la Politique ».

Les Femmes avaient fait une Doctrine (de docere, instruire, enseigner) ; les hommes firent des dogmes (de dokein, sembler).

Triste transformation qui amena la chute de la paisible et féconde Gynécocratie, détruite par le mensonge du prêtre et par la fougue guerrière du conquérant portant partout la dévastation.

Ce fut un effroyable malheur pour la Terre tout entière, puisque ce fut le commencement de l’ère de cruauté, de servitude, de barbarie, qui devait durer aussi longtemps que l’anthropocratie.

Les Femmes faisaient tout venir de la Vérité, de la Justice, du Droit.

Le verbe aryen Vasa (racine du mot Vérité) signifiait établir, fixer, on reconnaissait que c’est la Vérité qui crée la fixité, la solidité. La Théogonie (règne du génie) avait engendré la Théodicée (règne de la Justice, de Dikê, Justice), et la Théosophie, la sagesse qui préside à la vie sociale.

Les hommes firent tout venir de leurs instincts, de leurs sentiments, ou de leurs caprices, ils rapportèrent tout à eux.

De là les deux formes de l’autorité : la forme féminine, la première exercée, qui créa des pouvoirs sociaux correspondant aux pouvoirs naturels, et la forme masculine qui vint créer une religion qui appropriait des Dieux aux intérêts des hommes et cachait dans des mystères les Vérités devenues gênantes.

C’est toute cette antique splendeur du règne de la Femme que le régime nouveau vint abattre, quand l’homme, se présentant en face d’Elle, en conquérant, en vainqueur, s’empara de tout ce qui venait d’Elle ou de son influence et le dénatura. Il sut cependant donner, au monde qu’il fit, une apparence de grandeur qui a pu tromper les esprits, mais qui n’avait pas de fondements durables.

L’homme ajoute à l’oeuvre de la Femme des choses matérielles, des pierres, de l’or, du marbre, il construit de somptueux temples, mais la Vérité n’y est pas manifestée, l’idée y est amoindrie, et c’est l’idée qui fait vivre les nations.

On peut mesurer la valeur morale des peuples à leur architecture. Quand des monuments magnifiques sont édifiés pour loger une pensée qui s’égare, la décadence n’est pas loin.

Les nations primitives étaient parvenues au plus haut degré de l’état social, leur empire avait embrassé la terre entière, mais, après avoir jeté leur plus grand éclat, les lumières commençaient à s’obscurcir.

Cependant le gouvernement Théogonique et Gynécocratique florissait encore, grâce à la forte impulsion qu’il avait reçue des lois naturelles dont il était l’expression, mais son calme primitif avait été troublé et les principes de vie qui l’animaient ne se réparaient plus dans leur intégrité, la crainte du danger devenait une préoccupation nouvelle, la fatigue arrivait, quelquefois l’abattement succédait à la première ardeur de la lutte.

Tel était l’état des esprits quand le Prêtre, usurpant les fonctions de la Prêtresse, introduisit dans le monde les Dieux mâles qu’il mit dans des temples édifiés en face ou à côté de ceux des Déesses.

L’ancien système avait eu ses fondements dans la nature des choses, dans ce que nous appelons aujourd’hui « la science » ; le nouveau système allait violer les lois naturelles.

La domination sociale et sacerdotale de l’homme, qui commençait, est regardée par les Brahmanes comme étant le quatrième âge du monde. Ils en font un grand éloge, puisque c’est de cette époque que date leur puissance.

Cependant l’homme sentait qu’il n’était pas à sa place, chargé des honneurs dus à l’autre sexe ; il se faisait craindre, ne sachant pas se faire respecter ; la vérité qu’il voulait enseigner lui échappait.

Il ne comprenait plus la science des premiers temps, il voyait tout à rebours, mettant ses impulsions sexuelles où la Femme avait mis ses vues spirituelles. Il rapetissait l’Univers, l’abaissait, créait le monde d’en bas alors qu’Elle avait créé le monde d’en haut.

Cependant le Prêtre, qui s’était assimilé ce qu’il avait pu des connaissances acquises, faisait valoir les idées reçues, se les appropriait, si bien qu’on a pu, dans la suite des âges de l’humanité, le donner comme étant l’auteur de toute la grande œuvre féminine des premiers temps. Mais lui ne créait rien, que l’erreur, il faisait seulement valoir le capital intellectuel de la Femme révélatrice ; mais il y mettait une ardeur extraordinaire, pour se grandir en même temps que pour justifier son usurpation des fonctions sacerdotales. Si les reproches lui arrivaient, il niait le passé, déjà lointain, faisait de la tradition une légende, cachait ce qui le gênait, amoindrissait ce qui glorifiait la Femme, grandissait sa personnalité et celle de ses Dieux.

C’est ainsi que le Prêtre arriva à jeter un voile épais sur toutes les origines, à briser le système primitif et à faire déchoir l’humanité de sa grandeur originelle.

Il voulut désormais tout faire par lui-même, sans le concours des « génies », essaya de créer un monde sans l’esprit féminin, et n’aboutit qu’à la discorde, soufflant partout le vent de la destruction, renversant ce que la femme primitive avait édifié.

Et c’est sur ces ruines de l’ancienne religion qu’il aspirait à établir son pouvoir sacerdotal alors discuté. C’est au milieu de ces luttes que de prétendus réformateurs qui n’étaient que des despotes ambitieux surgissaient, prétendant gouverner pour améliorer une situation qu’ils ne faisaient qu’empirer.

Les hommes allaient secouer le joug moral de la Femme, si doux cependant à porter ; ils voulaient marcher sans elle, croire qu’elle n’existait plus, la faire disparaître du monde !… Vains efforts, elle était là, toujours là, comme une Providence cachée cherchant sans cesse à réparer le mal, à remettre partout la vérité, l’ordre et la paix.

Mais les hommes voulaient un maître au lieu d’une maîtresse, des Dieux au lieu des Déesses. Ils eurent des Papes et des Césars.

Alors, repentis, ils les tuèrent. Mais c’en était fait : l’Eglise, et le Césarisme étaient fondés, ils devaient durer et briser la vie humaine.

LA MYTHOLOGIE

Le Prêtre, de cette première révolte religieuse, allait donc créer un système nouveau d’enseignement fait d’allégories, de paraboles, de symboles, de métaphores. Il allait créer des images, des comparaisons qui signifient autre chose que ce qu’elles expriment.

Le feu fut mis pour l’esprit et pour l’amour, l’eau pour l’ignorance et l’erreur, le ciel pour le bonheur, etc., etc.

Tout cela devint le vaste système qu’on appela la Mythologie.

C’est un tissu d’imagination bizarre, un amas confus de faits destinés à cacher, en les embrouillant, les vérités de l’époque antérieure.

Comme tout ce qui est fait par l’homme dans un but de justification, il y règne le plus grand désordre, on n’y trouve aucune chronologie, souvent le même fait est présenté sous différents noms. Dans son ensemble, c’est un assemblage de contes misérables, presque toujours destitué de vraisemblance et digne de mépris. C’est ainsi que les anciennes croyances se perdirent dans les fables du polythéisme.
Cependant on sait que sous le voile de l’allégorie quelque chose est caché. Ainsi il faut connaître la science primitive pour comprendre le symbole représentant un aigle à tête d’homme ou armé d’une faulx. Pour comprendre aussi le symbole représentant une femme avec un croissant ou une tour sur la tête.

La Religion qui avait élevé les hommes, purifié les cœurs, nourri les intelligences, ne servit plus qu’à donner à ses ministres une arme de despotisme, une occasion de mensonge.

Ce sont les premiers pontifes de la Religion, ainsi transformée, qui prirent le nom de « Hermès », mot qui signifie « cacher ». Le Prêtre cacha, c’est-à-dire voila ce que la Prêtresse avait dévoilé. Il revoila, et c’est de ce mot que, par antithèse, on fit révéler. Les Hermès cachèrent la vérité sous des paraboles et des allégories : c’est ce qu’on appela la « Fable ».

Mais cette histoire faite par l’homme ne fut jamais considérée comme la réalité.

La Mythologie fit de la Fable elle-même une divinité allégorique, fille du sommeil et de la nuit. On dit qu’elle épousa le mensonge et qu’elle s’occupait continuellement à contrefaire l’histoire. On la représente avec un masque sur le visage et magnifiquement habillée.
En même temps, on représentait la Fraude avec une tête d’homme à physionomie agréable, et avec un corps de serpent et la queue d’un scorpion.

On fit de tout cela une science : l’Homologie, qui est l’art de représenter les êtres de raison par des emblèmes, ou par des figures allégoriques. Cette science s’étend à l’explication des images et des monuments antiques.

Les Prêtres ne veulent plus entendre parler des lois de la Nature que les Femmes ne cessent d’invoquer.
Ils déclarent que la Nature, c’est le rêve. Maya, qui la représente, qui l’explique, va devenir le symbole de l’illusion. Ce qui est naturel est déjà condamné, le surnaturel va apparaître.

Le Prêtre va expliquer la Nature par différents systèmes :
– Le système astronomique qui mettait tout dans le ciel ;
– Le système psychique qui mettait l’âme hors du corps et la faisait agir immatériellement ;
– Le système anthropologique qui mettait le féminin dans le masculin, confondant les deux sexes.

Et tout cela fut entouré de mystères parce que ces dogmes nouveaux soulevaient des protestations.

Deux partis étaient en lutte : des philogones et les antigones, c’est-à-dire les féministes et les antiféministes.

Les Hiérophantes (prêtres) faisaient du phallicisme une science secrète qui leur appartenait exclusivement.
C’est cette science qui était le fruit de leurs études et sanctionnait leurs erreurs.

Quant à l’antique science théogonique, elle était si adroitement et si audacieusement dénaturée qu’il fallut la cacher pour en sauver les principes. Son idéal était trop haut pour ces hommes. Du reste, peu nombreux étaient ceux qui en découvraient la signification.

La plupart n’arrivaient pas à comprendre la nature de la Femme, si différente de la leur ; ils ne savaient pas démêler le féminin du masculin et, mêlant le tout, ils en faisaient une dangereuse Anthropogonie.

Les mystères cosmogoniques des Prêtres ne furent qu’une série d’absurdités et n’ont été inventés que pour voiler la science primitive, surtout les mystères de la vie sexuelle et les luttes de sexes qui faisaient le fond de l’enseignement des Déesses.

Dans la Cosmologie masculine, l’homme devint l’Ether ou le Soleil, la Femme fut la Lune.

La science réelle, devenue occulte il est vrai, a survécu ; elle est éternelle, et les cosmogonies des Prêtres ont sombré dans le ridicule.

Aussi il ne faut pas prendre les superstitions de cette cosmolâtrie pour les origines des religions, mais pour le point de départ de leur décadence.

Quand le Prêtre, d’abord serviteur du Temple, voulut intervenir dans l’enseignement pour le dévier de la voie droite, pour contredire, opposer des doutes outrageants, des négations audacieuses, il fut mis hors du Temple parce qu’il profanait les choses saintes. Alors il se vengea en conspirant, mot qui fut composé de cum, préfixe, et spirare, souffler (souffler la discorde, l’erreur, dicter l’opinion contre la Vérité).

Le Prêtre fut le destructeur de la Religion, puisque c’est lui qui vint rompre le lien qui unissait l’homme à la femme.

Et ceci nous explique pourquoi on nous parle si souvent de la vengeance divine. Il ne s’agit pas de l’intervention capricieuse de dieux offensés, il s’agit de la violation des droits naturels de la Femme Divine, des outrages faits au sexe féminin.

Combien cette histoire est claire quand on l’explique en termes clairs, en termes propres, combien elle est obscure si on change la signification des mots, si on change le sexe des personnages en cause…

Quand on vous parle de la Femme Divine qui est offensée, vous comprenez très bien, mais si le Prêtre met le mot Dieu à la place de Déesse et vous parle d’un Dieu offensé, vous ne comprenez plus rien.

Dans la lutte des Déesses contre l’orgueil de l’homme les prêtres sont comparés aux corbeaux, on les appelle ironiquement Hiérocoraces, c’est-à-dire corbeaux sacrés. C’est ainsi que sont appelés les ministres du culte de Mithra.
Ils se justifieront en disant que c’est à cause de la couleur de leurs habits. Non, c’est parce que l’erreur et l’ignorance sont représentées par la couleur noire.

Chez les Grecs, le prêtre est appelé Iereus (de Ureus, serpent).

Augure, le nom des prêtres romains, vient d’une racine qui signifie vautour (geier en celtique, agur en hébreu, guira en garamis).

Les emblèmes des fleuves qui versent de l’eau, des jarres qui déversent, symbolisent de mille façons le Prêtre qui cache.

Les Pontifes des Mongols s’appellent Lama, mot qui signifie Mer dans la langue de ce peuple.
Pontifex vient du Celte (de Pond, mer).

Enfin, les Prêtres n’ont jamais été que des sous-prophètes, des Hypophètes (interprètes-messagers), ceux qui annoncent au peuple la parole des vrais prophètes.

Quand au lieu d’être des interprètes ils veulent parler par eux-mêmes, ils imitent la Divinité intuitive (pour connaître la volonté des dieux, disent-ils) et du Divin féminin font le Devin masculin.

Les eubages sont des prêtres divinateurs, des devins, ceux qui devinent pour imiter la Divine, « celle qui sait ».
Si bien que la mystique des femmes devient la mystification des hommes.

Le nom des Prêtres, en latin calx, vient du sanscrit Kalki qui signifie ruade de cheval (le coup de pied de l’âne).
En espagnol, on dira coz. Cela signifie reflux chez les Celtes.

En celtique, nous trouvons Schalk que les Prêtres feront signifier Divin et que les poèmes homériques écrivent Calchas.
Le cheval qui rue est aussi appelé Nizeien, Comme nous l’apprend Hérodote.

On sait que l’Inde a prédit que Vishnou, l’Esprit féminin, reviendra sur Kalki, le cheval blanc, comme dernier Avatar, au milieu du feu de l’Esprit, pour rétablir la connaissance.

LA LOI MORALE ÉCRITE

Nous sommes au seuil de l’histoire, non pas de l’histoire connue, mais au contraire de celle qu’on nous a cachée…

Dans cette période qui commence, ce ne sont plus les mythes que nous allons consulter, ce sont des documents historiques. On va écrire des Livres, des œuvres géniales, : le Sèpher, l’Avesta, les Védas, les Poèmes Homériques. Nous allons pouvoir donner des dates, sinon fixes, du moins approximatives.

À la suite des nombreuses révoltes contre le pouvoir gynécocratique qui parsèment l’histoire antique et engendrent d’immenses désordres, et pour en éviter le retour, on va formuler la Loi Morale et l’imposer comme base de la vie sociale.

Cette époque a une importance considérable dans l’histoire. La création, c’est-à-dire l’organisation sociale des premiers temps, menacée, attaquée, détruite par des agitateurs inconscients, va renaître, c’est une re-création que nous allons voir se produire ; elle déterminera une réconciliation, un repos, une vie nouvelle : de là, le mot récréation.

Les Livres que nous allons voir apparaître nous rendront les idées que la tradition orale propageait, celles qui avaient surgi dans l’esprit de la Dêvâ, au sein de la vie calme et contemplative des premiers jours, lorsque, émerveillée des splendeurs de la Nature, elle en avait chanté les lois, elle avait exhalé son âme dans des hymnes qui furent les premiers vagissements de l’esprit humain, et le jeune homme lui avait répondu par son premier chant d’amour. Les chants de la Déesse avaient été l’expression de sa pensée spontanée, primitive, simple, féminine, la libre expansion de son esprit, dans cette vie pure, sans guides qui entravent, sans parents qui réprimandent, sans antécédents qui intimident, sans atavisme qui trouble.

La jeune Femme qui avait ainsi chanté n’avait pas écrit ses hymnes ; Elle les récitait et les transmettait par la parole. Ainsi s’était créée la tradition orale, la plus sûre, celle qui se grave le mieux dans le cerveau, celle que nulle altération ne peut atteindre, cette espèce de photographie de la pensée des ancêtres laissée dans les cellules cérébrales de la descendance qui en garde fidèlement le secret, procédé immuable, indestructible comme le cerveau humain, sans cesse reproduit dans sa forme et ses fonctions, procédé qui rectifie les erreurs écrites, et c’est ce qui fait que, quoi que fasse l’homme pour altérer le fond de vérités primitives, elles reparaissent toujours, et toujours nous rendent des vérités simples, qui se mettent en contradiction avec les erreurs régnantes. C’est par la tradition orale que se sont perpétuées les idées, malgré la destruction des Livres qui, plus tard, en contenaient le dépôt. Et c’est par l’intuition des Femmes de toutes les époques que les vérités primitives nous sont rendues ; c’est par elles seulement que l’antiquité se dévoile au philologue dans toute sa beauté et dans toute sa vérité. Ce sont leurs aperceptions si lucides qui faisaient prévoir l’avenir, non parce qu’un Dieu surnaturel le révélait (ce sont elles qui sont les Déesses), mais parce que l’évolution humaine devait répondre à un enchaînement logique de faits que ces primitives inspirées apercevaient très clairement.

Les Livres qui vont surgir vont expliquer l’Univers et ses lois, la création de l’homme et son évolution, la différence des sexes et sa cause, puis, entrant dans l’histoire, ils vont raconter les premières luttes de l’humanité.

« Les Muses, dit Hésiode, chantent les lois de la Nature ». Mais elles chantent aussi le triomphe de Zeus (l’esprit) sur les Titans (l’homme fort), et c’est cette partie de leurs chants qui va allumer de nouvelles colères, provoquer de nouvelles luttes. Aussi, quand, plus tard, le Prêtre triomphera, il changera tout cela, rectifiera toute cette histoire primitive et refera le récit de ces temps lointains dans des Mythologies grossières (officiellement enseignées), qui portent la marque de son esprit obscurci et des idées régnantes de son temps.

Prenons comme exemple la Grèce, qui, dans ces récits classiques, nous rend les Muses. Ces primitives inspirées deviennent les filles de Mnémosyne (la mémoire). Elles ne sont plus des créatrices, Elles transmettent des idées acquises. Elles sont neuf parce que sur certain monument on trouve neuf Femmes, les neuf Déesses qui écrivirent les neuf grands Livres sacrés. Mais ceux qui rappellent leur histoire à l’époque de la décadence de la religion grecque leur donnent, comme attributs, les préoccupations de leur temps, le théâtre, les formes alors régnantes de la littérature.

Mais les Muses sont antérieures à Hésiode qui chante leurs louanges et le théâtre ne vient qu’après lui. Il y a donc à rectifier tout cela, en même temps qu’il y a à dénoncer le système de ces singuliers historiens.

Les Muses sont représentées sur un sarcophage du Louvre, dans des attitudes qui indiquent, pour quelques-unes, d’autres attributs que ceux qui sont classiques. On y voit :

-CLIO, qui lit un manuscrit (on en fait la personnification de l’histoire et cela peut être).
-THALIE, qui tient un masque et un bâton de Pasteur. Le bâton représente l’autorité morale, le masque la nécessité de se cacher pour éviter les persécutions. On en fait la comédie et la poésie pastorale. C’est bien si l’on entend par là la comédie sociale, celle qui se joue dans le monde, non sur la scène.
-ERATO n’a pas d’attributs, alors on en fait la Muse de la poésie erotique. Pourquoi ?
-EUTERPE tient une flûte ; on en fait la Muse de la poésie lyrique, alors que c’est évidemment de la musique qu’il s’agit.
-POLYMNIE a une attitude méditative ; elle s’appuie sur un rocher, le menton posé sur son bras nu (on en a fait la Muse des Hymnes).
-CALLIOPE tient un style et des tablettes : c’est l’écriture. On en fait la poésie lyrique.
-TERPSYCHORE tient une lyre et un plectrum, elle est ceinte de lauriers, elle chante la victoire. On en fait la Muse des chœurs, quelquefois de la danse.
-URANIE, armée d’une baguette, suit sur un globe la course des astres. C’est l’astronomie.
-MELPÔMÈNE, chaussée de cothurnes, vêtue d’une longue robe, médite comme Polymnie. On en fait la Muse de la Tragédie, alors que c’est bien plutôt la royauté, l’autorité morale qu’elle représente.

Donc, on donne à toutes les Muses des attributs qui représentent l’état intellectuel de la Grèce du VIème au IVème siècle. Voilà une date et une lumière.

Que cela nous serve de clef pour comprendre ce que nous allons avoir à dire des Livres écrits dans les divers pays et de leurs auteurs.

On ne pourrait trop prémunir le lecteur contre l’enseignement classique qui ne nous donne jamais que la dernière forme des ouvrages antiques, celle qui a été la plus défigurée par les altérations successives.

LA RÉVÉLATION

Toutes les traditions nous disent que les Livres sacrés ont été écrits « du doigt de Dieu ». Donc, Dieu écrivait avant l’homme, mais « Dieu », c’est la Déesse d’abord ; c’est donc à la Femme primitive qu’il faut faire remonter la composition des premiers poèmes qui expliquaient la Nature.

Diodore de Sicile dit : « Les Muses ont reçu le don de l’invention des lettres ».

Chaque peuple a vu dans ses Écritures Sacrées le rayonnement de la pensée divine. Par la Femme Déesse, la Vérité se répandit sur la Terre. L’Ecriture Divine, c’est l’Ecriture féminine.

C’est par le voile jeté sur toutes les manifestations de l’Esprit féminin qu’on a obscurci l’intelligence des religions.

Comment comprendre ce que fut la « Révélation » (1), si on nie ou méconnaît le révélateur?

Les sectateurs de toutes les religions sont convaincus que la leur est absolue et remonte à la jeunesse de l’humanité ; ils n’y mêlent pas l’idée d’évolution, de tâtonnement, de perfectionnement. C’est la « Vérité » simple et entière, dite « une fois ». Et ils accordent une confiance absolue à la parole qu’a manifestée « l’Esprit féminin », exempt d’erreurs ; donc, celui qui y croit est exempt de doute.

C’est du cœur de l’homme qu’est sorti le sentiment religieux, et c’est de l’Esprit de la Femme que sont sorties les Écritures sacrées, comme en sont sorties toutes les institutions primitives.

La Femme, c’est la « réalité suprême », l’être ignoré, mais certain, compris seulement par les hommes d’un esprit élevé, pressenti par le vulgaire, nié par les sceptiques qui sont des inférieurs, outragé par les fous.

Nous possédons aujourd’hui les « Livres » de toutes les religions (tout au moins, ce qu’il en reste) ; nous connaissons la loi morale formulée par les Femmes des diverses nations, mais non écrite d’abord.

Et si nous cherchons à nous rendre compte de la forme de la littérature orale du monde primitif, qui s’interpose entre la création de la langue et l’origine des livres écrits, nous reconnaissons qu’il y règne une simplicité grandiose, en même temps qu’une science surprenante.

Le mythe est l’histoire des temps antérieurs à l’écriture, celle que la tradition orale a roulée à travers les âges.

« On peut dire que la littérature non écrite de chaque race est ce qu’elle a produit de plus parfait ; les compositions réfléchies et littéraires (postérieures) n’égalent jamais les éclosions littéraires spontanées et anonymes ». (Renan, Le peuple d’Israël, livre I, page 305).

Les religions nous parlent toutes de la « première Révélation ».

Cette affirmation a été l’origine d’interminables discussions, qui durent encore, et ne pourront cesser que lorsque l’histoire de l’évolution de l’idée divine sera connue et bien comprise.

Comment, en effet, comprendre la Révélation, cette parole de vérité donnée par « une voix » à l’homme, si l’on confond la divinité toujours humaine et vivante au milieu des hommes, à l’origine des sociétés, avec le Dieu moderne fondu dans le Principe cosmique qui règne dans l’Univers et n’a jamais parlé à qui que ce soit ?

Pour discuter la possibilité de la Révélation, il faut d’abord connaître la personne divine qui donna aux hommes cet enseignement primitif des lois de la Nature ; il faut ensuite savoir en quoi consistait cet enseignement. Quand ces deux questions seront bien comprises, on verra qu’il n’y avait rien de contraire à l’ordre général de la Nature dans la Révélation à laquelle croyaient les anciens, qu’il n’y avait, au contraire, que l’expression d’une loi psychique : la Pensée féminine communiquée à l’homme.

A la Femme revient l’honneur d’avoir formé nos idées primitives, nos croyances fondamentales.

Révélatrice des lois de la Nature dont la connaissance s’imposa à son esprit, Elle fut, par cela même, la fondatrice de la première science humaine, base de la Religion naturelle, première, unique et éternelle, car rien ne l’a remplacée.

La Révélation primitive est la parole de la Femme donnée à l’homme.

La Vérité révélée par Elle est la lumière qui éclaire, élève, vivifie, qui crée le sentiment religieux ; c’est le splendide soleil qui illumine le désert de la vie masculine, car l’esprit de l’homme n’a pas d’initiative, c’est une terre fertilisable, mais sur laquelle pèsent d’éternelles ténèbres s’il est laissé à lui-même. Si cette terre est fécondée par l’Esprit féminin, elle peut voir germer une magnifique moisson de sublimes pensées, de sentiments profonds, de louables actions, mais l’homme laissé à sa solitude est néant.

Lamennais, de Bonald, Eckstein, Fréd. de Schlegel, la plupart de ceux qui ont écrit sur la Religion, affirment la nécessité d’une révélation primitive, parce qu’ils trouvent que ce n’est pas dans l’homme qu’est la lumière, et ils la cherchent en dehors du monde ; ils créent un Dieu qu’ils mettent au-dessus d’eux pour avoir un Etre à qui ils puissent rendre hommage sans s’humilier, car ces religieux sont de grands orgueilleux, un Etre qu’ils font mâle pour ne pas avouer que c’est la Femme qui mérite le culte et les hommages qu’on lui rend, que c’est Elle qui s’éleva si haut au-dessus de l’homme. Et une fois enfoncés dans ce système, ils ne peuvent plus en sortir. Comment définir cette révélation divine ? comment l’expliquer ? C’est alors que naissent les discussions, les chicanes d’hommes à hommes ; les uns l’affirment dans son expression la plus ridicule, la plus grossière, les autres la nient, d’autres l’expliquent, mais pas un ne signale la cause du malentendu : l’orgueil de l’homme.

Toutes ces luttes, toutes ces chicanes, toutes ces injures qui ont rempli la vie des théologiens et des savants, sont la juste punition que se sont infligée à eux-mêmes ceux qui n’ont pas voulu reconnaître le vrai rôle de la Femme, la grandeur de son inspiration, et lui ont refusé ce premier hommage que la Religion naturelle impose : la Foi.

La foi, c’est la confiance dans le décret de l’Esprit féminin ; la mauvaise foi, c’est l’affirmation du décret opposé à cet Esprit.

Pas de vie sociale et morale sans la foi en la parole de Vérité !

La révélation ne fut pas une clarté brève, passagère ; ce fut la lumière de toute la jeunesse humaine, qui l’illumina pendant toute sa vie, qui donna un sens à ses actes, une direction à ses pensées. L’amour fut, pour l’homme jeune, l’initiation à la connaissance de l’Univers et de ses lois, « son union sublime avec la sublime essence ».

La Vérité ainsi dévoilée reste intacte tant que règne la divinité féminine, mais, lorsque arrive la persécution et la dispersion des féministes, l’enseignement ne peut plus être donné. Alors, chaque tribu, chaque famille, chaque femme emporte avec elle la Vérité proscrite. Et alors, sous des influences diverses, ces vérités ne tardent pas à s’altérer. Cependant, malgré les travestissements plus ou moins grotesques de cette primitive révélation, on la retrouve chez tous les peuples, même chez les plus sauvages ; les dogmes primitifs ont partout laissé leur empreinte. Et leur altération a fait naître dans tous les pays l’espoir d’une renaissance scientifique, la venue d’une nouvelle Dêvâ libérant le genre humain de ses erreurs…

(1) Le mot révélation, bien qu’impropre ici, est utilisé parce que c’est le mot consacré par les religions, mais ce mot a une signification contraire à celle qu’on suppose. En effet, il veut dire re-voiler et n’a été employé que par les Hermès (voir article sur l’Égypte) qui ont caché la science, qui l’ont voilée, puis re-voilée sous de nouveaux symboles, et c’est alors qu’ils l’ont imposée au peuple. Le mot propre, que nous devrions employer, est dévoiler, ainsi que le font les Théosophes qui disent « la Science dévoilée », « Isis dévoilée », mais alors le public habitué aux luttes théologiques ne nous comprendrait plus.

RÉACTION : LA RÉVÉLATION SUIVANT BÉROSE

Le prêtre Bérose (1), en voulant expliquer les Origines, c’est-à-dire les conceptions de l’Esprit féminin, qu’il ne comprenait pas, leur donna une forme absurde. De ce qui était expliqué naturellement, il fit un surnaturel fantastique. Du reste, il fait de la Femme une sorte de monstre, pendant qu’il met sur le trône de la Divinité Bel, le Dieu de la guerre.

C’est dire que cette histoire fut écrite pendant les luttes de sexes, en pleine décadence de la religion primitive, et par un prêtre qui cherchait surtout à flatter Alexandre qui voulait renverser le vieux monde.

Nous ne reproduirons pas sa version de la Genèse ; elle est grotesque, mais voici, comme document curieux, ce qu’il dit de la Révélation primitive. Pour en comprendre le sens, il faut savoir que c’est la Femme qui est cette révélatrice dont il va parler :

« Dans la première année du monde apparut, sortant de la mer Erythrée, un animal doué de raison, qu’on appelle Oannès ; ce monstre avait tout le corps d’un poisson, une seconde tête qui était celle d’un homme, des pieds d’homme sortant de sa queue, et une parole humaine. L’animal en question passait toute la journée au milieu des hommes, sans prendre aucune nourriture, leur enseignait les lettres, les sciences et les principes de tous les arts, les règles de la fondation des villes, de la construction des temples, de la mesure et de la délimitation des terres, les semailles, les moissons, enfin l’ensemble de ce qui adoucit les moeurs et constitue la civilisation, de telle façon que, depuis lors, personne n’a plus rien inventé de nouveau. Puis, au coucher du soleil, ce monstrueux Oannès rentrait dans la mer et passait la nuit au milieu de l’immensité des flots, car il était amphibie. Par la suite, il parut encore d’autres animaux semblables (2).

« Oannès écrivit sur l’origine des choses et les règles de la civilisation un livre qu’il remit aux hommes ».

Oannès devint le terrible Aun, puis Ana, puis Anne, nom qui reste comme étant celui de la Mère primitive.

Bérose donne une énumération des rois antérieurs au déluge tout aussi fantaisiste ; ce qui le prouve, c’est la durée de leur règne. Il y en a un, Alorus, qui règne 36.000 ans.

(M. Oppert a montré que ces chiffres ne signifient pas ce qu’on leur attribue.)

Si nous mentionnons cette énumération, c’est parce que sous un de ces rois apparaît un second Oannès, une seconde Femme monstre, c’est-à-dire expliquant les Lois de la nature. C’est sous le roi Amménon de Pantibilla. Sous le règne de son successeur Davonus, on vit encore sur la terre quatre êtres de ce genre, le genre monstre, la Femme-Esprit.

Sous le monarque suivant, Edoranchus, en apparaît encore un. Tous ces Êtres, dit Apollodore qui reproduit les fragments de Bérose, exposèrent en détail et chapitre à chapitre les choses qu’Oannès avait révélées sommairement. Il y eut donc six manifestations, ou Théophanies, de l’Esprit féminin.

Des noms leur ont été donnés par deux auteurs ; l’un est Apollodore, l’autre Abydène. Apollodore a appelé les sept premières révélatrices :
Annédota 1ère, 2ème, etc.. et la septième Odakos (3)

Abydène les appelle :
1. Oannès.
2. (Point de nom spécial).
3. Eudokos.
4. Eneuganos.
5. Eneuboulos.
6. Anementos.
7. Anodaphos.

Le déluge a été représenté par « la descente d’Istar aux Enfers », c’est-à-dire dans le monde de la douleur.

Les eaux du déluge symbolisent l’Enfer sous une autre forme. C’est pour cela qu’on fait de la Déesse un être amphibie, passant la moitié de sa vie dans l’Enfer, ou dans l’eau, et l’autre moitié sur la Terre.

Le déluge tient une grande place dans les traditions phéniciennes. Un déluge, c’est, dans le symbolisme, une persécution, parce que l’eau (symbole de l’ignorance) éteint le feu de l’esprit.

Ce sont les prêtres de Bal qui ont déchaîné le déluge phénicien, c’est-à-dire la grande persécution contre la science de la Déesse.

C’est pendant cette époque que Dercéto est ridiculisée sous le nom d’Astaroth, que l’on trouve à chaque instant dans la Bible, car l’histoire des Phéniciens et celle des Hébreux sont souvent mêlées.

Les Phéniciens parlaient la même langue que les Sémites et, comme eux, vivaient sous un gouvernement gynécocratique.

C’est à cause de la couleur phénicienne appelée ponceau, que la pourpre a été l’emblème de la souveraineté féminine. Un oiseau rouge, le Phénix, du nom même des Phéniciens, était l’emblème du parti gynécocratique (4). En même temps, la Yoni prenait la forme de la fleur de violette et était consacrée à Junon.

« Les Phéniciens, adorateurs de la faculté féminine, dit Fabre d’Olivet, étaient appelés les rouges, par opposition aux sectateurs masculins qui étaient les blancs, tels les Argiens, les Albains ».

C’est à la faveur de ces noms traduits dans diverses langues, dans les temps anciens, qu’on peut se rendre compte de la lutte des féministes et des masculinistes dans les diverses contrées de l’Asie et de l’Europe. Les Phéniciens furent, plus tard, divisés en un grand nombre de sectes. Ils sont souvent appelés Philistins ou Pharusiens, nom d’une de leurs sectes.

Tous ces noms sont utiles à connaître pour se faire une idée exacte des luttes qui remplissent toute l’antiquité et qui n’ont jamais d’autre motif que le déplacement de la Femme par l’homme qui usurpe son trône et ses fonctions.

(1) F. Lenormand, Essai de Commentaires des Fragments de Bérose.

(2) M. Leblois fait remarquer que le terme que Lenormand traduit par animal signifie proprement être vivant.

(3) La racine Ana, en grec, vient du phénicien et signifie origine, ce qui vient du temps éloigné et s’est étendu (la Mère).

Anagnostès (de ana et gnômai) voulait dire connaître. Anagogia, Anagogikès (d’ana, préfixe, et agein, conduire) indiquait le gouvernement féminin, la gynécocratie.

Anagramma était celle qui, la première, a écrit (de ana et gramma, lettre).

Du nom de la première révélatrice Annédota, on a fait le mot Anekdotos (histoire non écrite) (an, privatif, et ek, de, didomi, donner).
Plus tard, de ces apparitions de femmes qui venaient donner la parole de vie, sont venus les mots date, data, pluriel neutre de datus, participe passé passif de dare (choses données à époques fixées).

Les choses données étaient l’Histoire sacrée, Hiéros (sacré). De ces deux mots réunis, Hièra data, choses sacrées données, l’on fit par la suite un nom, Hérodote.

(4) On a vainement cherché le mollusque appelé Murex qui, disait-on, produisait la pourpre de Phénicie. C’est qu’on avait fait une légende, confondant l’emblème moral avec le produit de teinture qui aurait été spécial au pays.

LES GRANDS LIVRES SACRÉS DE L’ANTIQUITÉ ÉCRITS PAR DES FEMMES

Les Livres sacrés sont les grands monuments scientifiques et historiques de l’antiquité.

Les hommes qui ont écrit l’histoire des religions ont toujours fait remonter les connaissances primitives à une puissance surhumaine, c’est-à-dire au-dessus de leur nature masculine.

Cette puissance révélatrice que les théologiens, plus tard, attribueront à la parole d’un Dieu mystérieux, c’est l’Esprit féminin incarné dans les Grandes Déesses qui ont érigé le monument grandiose de la pensée divine qu’on appelle la science primitive.

Par la Déesse, la Vérité brilla et se répandit sur la terre ; longtemps vivante, longtemps féconde, elle déposa dans le cœur et dans l’esprit des générations successives les connaissances qui furent l’origine de toutes les grandeurs de l’humanité.

La pensée primitive de la Grande Déesse atteignit une splendeur incomparable ; elle sonda les mystères de l’Univers, de la vie, des évolutions, et celui, si important, des sexes.

Ce qui prouve la féminité des antiques révélations, c’est que la science des premiers temps n’est pas analytique comme celle des savants modernes, elle est synthétique comme celle qui émane de l’Esprit féminin ; elle établit des lois, donne des idées générales trouvées par l’intuition (qui est la faculté divine) et les formule avec la précision et l’audace de la certitude.

Les procédés de l’Esprit féminin sont si différents de ceux de l’esprit masculin que les hommes n’ont pu expliquer la science primitive qu’en y introduisant le surnaturel.

LES SIBYLLES

Les grandes femmes qui avaient écrit les Livres sacrés étaient considérées comme les hypostases ou incarnations divines (C’est de cela qu’on a fait les incarnations de Vishnou) ; Elles étaient douées du « Verbe Divin », le Logos (la raison divine manifestée par le discours).

De la « Hadad » des Phéniciens, on avait fait « Hagios ». qui veut dire saint et, en y ajoutant « logos » (legein), on fit Hagio-logie, expression de la raison pure.

Ces femmes étaient considérées comme ayant la divina notio (notion divine), d’où le mot « divination », qui change de signification quand leurs facultés intuitives deviennent, pour les hommes, un état merveilleux qui dépasse les limites de leur propre mentalité.

La science des grandes Déesses était enseignée par les Sibylles, qui y ajoutaient leurs commentaires.

« La Sibylle prophétisait par une vertu qui lui était propre, et l’oracle s’exhalait du sein de la Pythie comme l’odeur s’échappe de la plante » dit M. Baissac. Mais, pour comprendre ceci, il faut savoir que le mot « pharaï » (parler), dont on fait prophète (celui qui parle), a la même signification que le mot logos. Ce sont les discours et les sentences des Sibylles qui sont désignés par le mot logos.

Ce sont elles qui représentent la raison et l’intelligence, elles qui chantent la Nature dont elles expliquent les phénomènes.

Ce sont elles aussi qui, dans les moments de luttes et de désordre, osèrent élever la voix pour raconter les méfaits des hommes, flétrir leurs vices et leur despotisme, combattre leurs erreurs et réclamer la justice.

On les considérait comme de grandes inspirées parce qu’elles parlaient suivant l’inspiration de leur intuition féminine. C’étaient de vraies femmes, des femmes fortes ne craignant ni la raillerie, ni la colère des hommes. Elles avaient une grande autorité dans le monde grec ; leurs prédications étaient écoutées avec le plus grand respect, leurs livres considérés comme sacrés.

La plupart des noms de ces grandes femmes ne sont pas arrivés jusqu’à nous. Les unes ont été tout à fait livrées à l’oubli, d’autres nous sont présentées sous une forme allégorique, beaucoup ont été masculinisées quand les historiens ont écrit l’histoire pour glorifier leur sexe.

Parmi les noms qui couvrent des symboles (lesquels avaient eux-mêmes couvert d’anciennes femmes), Fabre d’Olivet cite le poète Linus, qu’on regardait comme l’auteur de tous les chants mélancoliques du monde ancien, et qui n’est autre chose que la poésie lunaire (quand la lune devient le symbole de la Femme), détachée de la doctrine d’OEtolinos. Après cela, on comprend l’histoire qui nous raconte que Linus est tué par Hercule.

Le poète Amphion, dont les chants étaient puissants, dit Fabre d’Olivet, n’est autre chose que la poésie orthodoxe solaire (quand le soleil représente encore l’esprit féminin). Le nom d’Amphion signifie la croix orthodoxe ou nationale de la Grèce, (du phénicien am, une nation Mère, une métropole, une bouche, une voix, et yon, un des noms de la Grèce, l’Ionie ; de Yoni, emblème féminin). C’est de là que les Grecs ont tiré « une voix mère », c’est-à-dire légale, sur laquelle tout doit se régler (la voix de la Mère).

Thamyris est aussi un nom symbolique ; il signifie « la lumière jumelle des Dieux », du phénicien tham, jumelle, aur, lumière, et ish, être.

Fabricius porte à 70 le nombre des poètes allégoriques qui ont précédé Homère.

Nous avons tout lieu de croire que ces noms, devenus des allégories, représentaient les premières Sibylles.

Les oracles, paroles divines, furent donc, au début, spécialement féminins ; mais les hommes plus tard voulurent les imiter. Ils commencèrent d’abord par se faire l’écho des paroles sibyllines, le porte-parole de la Femme.

Le législateur de Sparte puise sa force, dit-on, dans la parole d’une Sibylle ; celui de Rome est inspiré par la nymphe Egérie.

Si nous supprimons la Femme et son influence des sociétés antiques, nous supprimons tout ce qu’elles avaient d’intellectuel, nous supprimons surtout la hardiesse de l’initiative des choses de l’Esprit, car c’est timidement que l’homme s’en mêle ; il se méfie de lui, il n’ose pas d’abord. L’audace lui viendra avec l’inconscience de ses actes.

Les prêtres catholiques, pour donner plus de force à leurs affirmations, firent prédire leur doctrine et la légende de leur fondateur par les Sibylles de l’antiquité.

Dans un livre intitulé Chronologie Collée, on nous représente les portraits de douze Sibylles tirés de médailles antiques, avec l’abrégé des prédictions qu’on met dans leur bouche pour donner de l’autorité à ce qu’avançaient les hommes.

Et le même ouvrage, publié en 1622, ajoute : « Les Sibylles qui n’ont pas prophétisé sur le Messie sont :
Colophonie, nommée Lampusia.
Cassandra, fille de Priam.
Epirotique, fille de Thesprotie.
Manta, fille de Tirésias.
Carmenta, mère d’Evandre.
Fauna, sœur de Faunus.
Elissa. »
Voilà des noms que nous enregistrons.

LES RÉVÉLATRICES

La tradition antique personnifia toujours la science et les lettres par neuf femmes qui furent les neuf grandes Révélatrices. Les sociétés secrètes, qui continuent les Mystères antiques, ont gardé fidèlement le souvenir de ces grandes Déesses qu’elles symbolisent par neuf sœurs.

Quelles étaient en réalité ces neuf Déesses? Les voici :

1- TOTH en Egypte, auteure des 42 livres sacrés.
2- SARASVATI aux Indes, auteure du Véda.
3- YAO en Chine, auteure des King.
4- La VOLUSPA chez les Celtes, auteure de l’Edda.
5- DERCÉTO, surnommée ISTAR ou ASTARTHÉ, en Phénicie, auteure de la Cosmogonie Phénicienne.
6- L’auteure anonyme de l’Avesta en Perse, probablement appelée ARIANE ou ARIADNE.
7- KRISHNA aux Indes, auteure de la Bhagavad Gitâ.
8- HEMOERA en Grèce, auteure des livres attribués à Homère.
9- MYRIAM HATHOR en Egypte, auteure du Sépher qui servit à faire le premier livre du Pentateuque, la Genèse biblique.

Nous allons, tout au long des articles de ce blog, passer en revue l’oeuvre de ces grandes femmes dont plusieurs ont été supprimées de l’Histoire ou ont été masculinisées.

L’EXEMPLE DE LA RÉVÉLATION EN ÉGYPTE PAR LA DÉESSE TOATH (THOT)

Les Egyptiens font remonter leurs saintes Ecritures à un « Révélateur » considéré comme un être divin, surnaturel, c’est- à-dire au-dessus de la nature masculine.

Ce Révélateur égyptien est appelé Toath (ou Thoth ou thot). Il est dit « l’écrivain de la Vérité », « le Seigneur (1) des paroles divines », « le Seigneur des Ecrits sacrés » ; on l’appelle « Trois fois grand ».

Dans les hiéroglyphes, TOATH est désigné par les mots Nuter Aa Heonet, qu’on traduit mal à propos par Dieu trois fois grand, parce que le mot Nuter (Nouter ou Noutir) ne signifie pas Dieu il signifie Nature ou « Renouvellement » (par la maternité), donc, ici, il désigne la Divine Mère.

TOATH est la Déesse des lettres, celle qui a créé le langage articulé et donné des noms à tous les objets, ce qui est bien le rôle d’une Mère qui dirige et instruit ses enfants.

Elle invente l’écriture, elle fonde la science et la médecine « qui a mis en fuite les ténèbres de l’ignorance ; elle chasse la nuit de l’âme, l’erreur et les mauvais principes émanés de l’homme ». (Livre des Morts, chap. XLIV).

C’est TOATH qui établit la religion (Théogonie) et créa les cérémonies du Culte ; elle fit connaître aux hommes l’astronomie et la science des nombres, la géométrie, l’usage des poids et mesures.

Un des livres sacrés de Toath comprenait une description de la Terre, un autre était spécialement consacré à la description de l’Egypte. (Voir Clément d’Alexandrie, Stromates, Livre VI.)

Elle se servit de la lune pour mesurer le temps, elle inventa la musique et fabriqua la lyre.

Les idées de TOATH sont exposées dans le Poemander et l’Asclepius.

Ce qui prouve bien qu’il s’agit de « l’Esprit féminin », c’est que, sous une autre de ses formes divines, Ma (dont le sexe n’est pas discuté), elle est la Déesse qui représente la Vérité. Ma est tout ce qui est conforme à la règle, c’est-à-dire à la loi naturelle, c’est l’identité du Vrai et du Bien.

Ma signifie Mère en Celtique, langue primitive qui a formé toutes les autres. Son diminutif est Mena, dont les hommes feront Menés.

La légende dit que TOATH a conseillé HORUS (l’enfant), dans sa lutte contre l’esprit du mal.

TOATH (l’esprit féminin) maintient pure l’oeuvre qu’elle a organisée de « l’harmonie universelle », c’est-à-dire du triomphe de l’ordre par la Vérité qui vient d’Elle. Elle est le Prophète de la Vérité. TOATH personnifie donc l’intelligence divine qui a présidé à l’organisation sociale primitive, qui fut la gynécocratie ; elle est le sage qui pèse et délibère (2).

En Egypte, comme partout, le régime féminin a précédé le régime masculin, et il a dû avoir une longue durée de prospérité et de paix, puisque, au moment où commence l’histoire, c’est-à-dire le règne de l’homme, le pays possède déjà une langue bien formée, l’écriture et des institutions sociales qui serviront de base à l’organisation future des sociétés, enfin, une religion, un culte, une haute morale. Tout cela réalisé avant les temps historiques.

« L’Egypte est la terre classique de la Gynécocratie, dit Bachofen, sa civilisation repose sur ses principes, sur la préférence d’Isis à Osiris. »

TOATH est représentée par la tête d’Ibis, et cet oiseau lui est consacré (3).

L’Ibis est un oiseau sacré parce que sa spécialité est de faire la chasse au serpent qui personnifie l’esprit du mal, le mensonge, la fausseté et la ruse.

(1) On a traduit par un mot masculin, Seigneur, un titre qui, dans l’antiquité, était toujours féminin ; c’est le Çrî (sanscrit), qui devint en grec Kyria.

(2) Sage est encore un mot traduit du masculin qui, primitivement, avait une signification féminine ; en grec, c’est Sophia, qui vient de l’égyptien Sofet.

(3) Tôt ou Thoth signifie en égyptien le Verbe, la parole (Bunsen). Toath est le Verbe divin, le Médiateur entre tous les êtres. Son nom s’écrit avec la première lettre hiéroglyphique Tho, qui veut dire monde. Tho-the, monde divin, devient Tho-oth quand on change la terminaison des noms féminins.

DES TABLETTES DÉCHIFFRÉES

M. Stephen Langdon, qui était professeur d’Assyriologie à l’Université d’Oxford, et peut-être le plus expert des lecteurs de textes religieux sumériens à l’époque, a édité et expliqué, dans l’ouvrage intitulé Sumerian Epics, etc., une tablette importante ramassée autrefois dans les fouilles de Niffer, nommée également Nippur, Nippour ou Niffar (le P n’existant pas en arabe) et conservée précieusement au Musée de Philadelphie.

Il ne s’agit en effet de rien moins que d’un résumé, selon la tradition de Niffer, de l’histoire du premier âge de l’homme : gains considérables de notions, qui viennent s’ajouter à celles que nous avions déjà par le fait de précédentes découvertes sumer-accadiennes.

Comparé avec les traditions hébraïques, le nouveau document présente une variante des plus curieuses, celle d’une autre ordonnance des faits. Le document est intitulé : Le relèvement de l’homme déchu

Le relèvement de l’homme déchu

Sous le sceptre de la Déesse Nin-ella (qui est certainement la Nehal-Ennia des Celtes), les hommes coulent les jours les plus heureux. (Description de l’âge d’or.)

La Déesse Nin-Tud, qui avait créé notre race, est avertie de la chute de l’homme (dans le péché), qui va être suivie d’un cataclysme, un déluge (ce qui signifie révolte et persécution).

Une fatalité s’attache à la plante Kasû ; sur l’heure, l’homme y porte la main. La Déesse s’écrie éplorée : Il ne verra plus la face de la vie jusqu’à ce qu’il meure, c’est-à-dire il ne connaîtra plus le bien-être jusqu’à sa mort. La déchéance de l’homme, par le fait matériel d’avoir consommé le fruit fatal, est réparable seulement par l’intervention des Divinités Créatrices.

La Déesse Nin-Harsag se lamente amèrement sur ces événements ; elle s’écrie : Quel profit pour moi d’avoir créé des enfants ?

Les Déesses se concertent pour remédier au triste état de choses, non qu’elles puissent ramener la nature humaine à son premier état, mais parce qu’elles veulent en adoucir les épreuves par le secours d’êtres supérieurs. La Déesse semble consoler l’homme et s’excuser elle-même de l’avoir fait si défectueux : « Mon frère, en quoi souffres-tu ? » dit-elle.

Et il répond, énumérant huit souffrances qui vont accabler l’homme. Ce sont autant de maux physiques qui réclament autant de remèdes, qui sont présentés par la Déesse Nin-Harsag (1).

Et alors on institue huit Déesses pour veiller sur lui :
1. Abu, règne sur les pâturages ;
2. Nin-tulla ;
3. Nin-ka-utud ;
4. Nin-Ka ;
5. Nazid ;
6. Dazima ;
7. Nin-til, la Dame des mois ;
8. Ensagné.

Ce document, abrègé ici, a été lu à l’Académie des Inscriptions, par le P. Scheil, le 24 décembre 1915. Le compte rendu en a été publié dans le Bulletin.

(1) Nin fera Nina dans les langues modernes. Les masculinistes en feront Ninus. Chez les Celtes, la grande Déesse s’appelle Nehal-Ennia.

L’HISTOIRE DE « L’AGE D’OR » INSCRITE DANS LES TEMPLES

Les palais et les temples de l’ancien régime (gynécocratie) étaient évidemment construits à la gloire des Déesses. C’est là qu’on inscrivait les actes de ces grandes Femmes, les Aïeules (ou, plus exactement, les anciennes), leur gloire, leurs luttes, leurs triomphes, leurs légendes rendues sacrées par de longs souvenirs.

C’est l’origine du culte des ancêtres.

En Amérique, tous les grands monuments avaient été faits par les anciens Toltèques, et la gloire des anciennes héroïnes se lisait en hiéroglyphes sur les murs des temples.

Diodore de Sicile dit qu’Isis fit construire des temples tout en or, et que Sémiramis fit construire les merveilleux palais de Babylone.
L’histoire fabuleuse d’Isis que nous raconte Hérodote était copiée des temples.

Dans les temples Kaldéens, comme dans tous les temples du monde, les légendes inscrites étaient celles des âges primitifs et les mystères de Babylone étaient ceux des autres nations.

Toute l’histoire de Sémiramis a été trouvée sur des inscriptions.

C’est ainsi que nous savons que c’est elle qui a fait construire Babylone.

Alexandre trouva chez les Scythes son nom sur une inscription qui rappelait ses grands travaux.

De la Syrie à Babylone, on trouve une chaîne de noms divins féminins, qui dénotent une même Religion naturelle. On trouve d’abord la ville syrienne de Bambyce, avec la Déesse Atergatis (Derceto), (que les masculinistes représenteront avec une queue de poisson comme Sémiramis) ; puis Charroe, que l’on adorait à Méni. Puis Mygdonie (Myg-don, de Magd-bourg). Cette Déeses est appelée Anthémusie par les Grecs.

Dans l’Inde, tout ce qui avait été fait de merveilleux dans la vie des primitives familles féministes était inscrit sur les murs des temples : les sources qu’elles avaient fait jaillir, les rochers qu’elles avaient fendus, portent des inscriptions qui attestent cette origine matriarcale.

Chez les Grecs, Phidias a écrit sur les marbres du Parthénon toute l’histoire de Minerve qui, dans des temps fort reculés, avait fondé Athènes.

Cette coutume devait être copiée par des hommes qui, plus tard, s’attribueraient les mérites des femmes.

C’est ainsi que nous savons qu’on mit à la gloire de l’homme,, représenté par Osiris, tous les exploits de Seth.

Diodore de Sicile a copié sur les murs des temples égyptiens l’inscription suivante : « Je suis Osiris, roi ; j’ai parcouru tout l’univers jusqu’aux extrémités des déserts de l’Inde,et ensuite d’autres parties du monde, jusqu’à l’Océan, jusqu’aux sources de l’Ister (1), j’ai visité toutes les nations pour leur apprendre tout ce dont je suis l’inventeur ».

(1) L’Ister est au pays des Celtes, d’après Hérodote

COSMOGONIE PHENICIENNE

PAR LA DÉESSE DERCÉTO, SURNOMMÉE ISTAR OU ASTARTHÉ

Jusqu’au moment où on a entrepris des fouilles en Asie pendant le XIXème siècle, on ne connaissait guère la Cosmogonie phénicienne que par les absurdités que Bérose, prêtre de Bel, en avait rapportées au IIème siècle avant notre ère, donnant à son auteur Oannès la forme ridicule d’un homme à queue de poisson.

Mais depuis on a signalé d’autres sources. Ainsi, l’historien Josèphe a identifié la Déesse Dercéto avec Oannès. D’autre part, on sait que c’est cette Déesse qui est surnommée Istar ou Astarthé.

Salomon Reinach dit (Orphéus, p. 63) :

« La Déesse syrienne d’Hiérapolis, nommée Atergatis, ou Dercéto, est digne d’attention à cause de la description détaillée que le Grec Lucien, au IIème siècle, nous a laissée de son culte.

« La statue de la Déesse était couronnée d’une colombe, animal sacré en Syrie. Dercéto était à la fois poisson (Oannès) et colombe.
«

Le culte était célébré par des hommes habillés en femmes, qui voulaient ainsi s’assimiler à la Déesse. Cette assimilation est le but principal des cultes primitifs. Si les légendes humanisent les dieux, les rites tendent à diviniser les hommes. »

Plus loin, il dit encore (p. 63) :

« À Ascalon, en Philistide, Atergatis (Dercéto) était honorée sous la forme d’une femme à queue de poisson ; son époux, Dagon, était figuré de même. Ces dieux poissons rappellent l’Oannès Babylonien et la légende de Jonas.

« L’Istar Babylonienne devient l’Astarthé des Grecs (1).

« C’est l’Aphrodite Ourania (céleste), particulièrement honorée à Carthage, où les Romains l’appellent Virgo Coelestis. La « Tanit » de Carthage a été assimilée à l’Arthémis grecque. »

Cette entrée en matière nous a permis de pousser plus loin les recherches, et nous avons trouvé que Dercéto était la mère de Sémiramis et que c’est cette reine qui lui fit élever un temple magnifique à Ascalon.

Nous avons trouvé aussi que c’est le Livre Sacré qu’elle écrivit, la Cosmogonie Phénicienne, qui fut l’origine de la grande science des Chaldéens.

Le surnom de cette Déesse, Istar ou Isthar, qui devient Astar chez les Phéniciens, a pour racine « Star » qui signifie astre ; on y ajoute la racine thé qui veut dire « parfait », et on fait Astar-thé la Reine des cieux, la Déesse des astres. Par abréviation et par corruption, on fera d’Astar-thé « Tannith », qu’on appelle à Carthage « Notre-Dame Tanit ».

Enfin, de Astar-thé, on fera aussi Ar-Thémis, la Vierge Mère, la Mère Divine. Eschyle appelle Arthémis « Aien-Admeta », Vierge non domptée par l’amour.

De Tannith, nous remontons à Tammouz, fille de la Vie, nom pro-chaldéen de la beauté et du génie créateur.

Nous avons vu que les Grecs appellent Hiérapolis (ville sacrée) la ville où réside Dercéto. Mais ce ne serait là qu’une copie de ce qu’avaient fait avant eux les Celtes.

Fabre d’Olivet nous dit :
« De Isthar, on fait Istha-Kar, qui devrait être écrit Isdhan-Khair et veut dire « ville divine ». Isdhan signifie « divinité » ou « génie » dans l’ancienne langue de l’Iran, comme encore en « hongrois ».

Ce mot Kar, dans Istha-Kar, qui signifie la primitive demeure, la maison ou la ville divine, se retrouve chez les Celtes. Les Bretons disent encore « Maria-Ker ». Il est probable que le nom du mont Carmel, montagne sacrée de la Phénicie, s’écrivait primitivement Kar-Mel.
Théophile Cailleux, qui nous a montré que la première religion eut pour berceau les bords du Hélion (la Meuse) et fut l’oeuvre d’une femme qu’il appelle Nehal-Ennia, voit dans le mot Oannès, employé par Bérose, une altération de Ennia. C’est plutôt une masculinisation, « O » étant l’article masculin en grec, et l’S final étant la terminaison masculine que les Grecs mettaient aux noms féminins.

Il y aurait donc eu communication entre les anciens Celtes et les Phéniciens, ce qui est certain, et communauté de doctrine.

Les Assyriens et les Kaldéens, au moment où l’histoire nous les montre comme de grands peuples, avaient déjà une « histoire ancienne » ; ils avaient hérité d’une civilisation acquise avant eux et qui leur avait été léguée par les générations qui les avaient précédés. C’était un peuple gynécocrate qui avait fondé de sages institutions en même temps qu’il avait fait des découvertes importantes, telles les lois de l’astronomie.

Les Kaldéens parlaient une langue antérieure à l’assyrien et avaient créé l’écriture cunéiforme. Un certain nombre d’ouvrages, découverts dans la bibliothèque d’Assourbanipal, étaient écrits dans cette langue et avaient été traduits en assyrien. Tantôt l’original et la traduction ont été trouvés ensemble, tantôt l’original est resté seul. Ceci est de la plus haute importance, car il est bien certain que c’est dans le passage de ce monde primitif au régime postérieur que se firent les altérations des croyances et des mythes. C’est parce que tout fut altéré par la suite qu’on ne sait plus aujourd’hui que c’est à leur Déesse Dercéto que les Phéniciens et les Assyriens doivent la plupart de leurs connaissances mathématiques et surtout leur science des astres, appelée Asataro, mot que les Grecs traduiront par Astrologie.

Callisthène, au temps d’Alexandre, trouva à Babylone des observations astronomiques remontant à 1.900 ans. Entre autres découvertes, on doit à la grande Déesse Astarthé la chronologie, c’est-à-dire l’année de 365 jours 6 heures 11 minutes, et le système duodécimal dont nous avons reçu la division de l’année en 12 mois et celle du jour en 24 heures.

Voilà plus de cent dix ans que Boeckh et Brandis ont démontré que toutes les mesures de grandeur, de poids et de capacité dont se sont servis les anciens doivent être rapportées à une même échelle et qu’on retrouve partout le système duodécimal des Babyloniens.

L’Astronomie, dès une antiquité prodigieuse, apparaît comme une science déjà constituée en Kaldée, alors que les Grecs en savaient bien peu de chose avant les conquêtes d’Alexandre. Aristote parle des observations des Kaldéens, mais ce n’est que plus d’un siècle après la conquête de Babylone que les fameuses tablettes archéologiques furent utilisées par Hipparque.

Hérodote parle de la Tour de Bélus qu’il a vue à Babylone, monument composé de sept étages couronnés par une plate-forme régulière, d’où l’on faisait des observations astronomiques.

Cette tour était un monument symbolique. Pour en comprendre la signification, il faut connaître la cosmogonie phénicienne. Un résumé rapide se situe à l’article du blog intitulé « COSMOGONIE ». Il est suivi par un long développement sur la Nouvelle Science.

(1) Aphrodite, dont la légende est asiatique, c’est Istar. Homère l’appelle « Cypris », ce qui lui donne une origine chypriote. Elle était adorée à Paphos et à Amathonte, villes bâties par les Phéniciens.

Ses attributs sont la colombe qui représente l’Esprit saint, le Myrte et la Rose qui symbolisent l’amour et la beauté. Elle est représentée riante sur une conque marine, sur un char traîné par des colombes ou sur une tortue.

ORIGINE DU SEPTÉNAIRE : LES ÉLOHIM

Les sept fluides subtils, qui constituent les radiations des multiples soleils de l’espace, s’arrêtent à la surface des planètes et là se superposent en formant des octaves de couleurs comme les sons se superposent en formant des octaves musicaux.

Cette superposition de zones colorées, mais invisibles pour nous, parce que la lumière blanche du soleil nous empêche de les voir, forme le cercle primordial qui existe autour des planètes et de leurs satellites.

C’est ce que la science moderne appelle les rayons chimiques. Ils sont visibles dans les halos et dans l’arc-en-ciel.

LE SYMBOLISME PRIMITIF

Comme les idées abstraites pénètrent difficilement dans l’esprit des peuples, on en fit des représentations matérielles : c’est l’origine du symbolisme.

Nous trouvons le septénaire symbolisé de mille manières.

En Chaldée et en Assyrie, les temples avaient la forme d’une immense tour carrée à sept étages. Chaque étage superposé était moins large que celui qui le précédait, si bien que ces tours ressemblaient de loin à d’énormes pyramides. Un chemin montait en spirale autour du monument.

Chaque étage était consacré à l’étude d’un des Elohim, une des sept lumières qui éclairent le monde, et étaient peints d’une des couleurs de ces lumières, de manière à ce que l’ensemble figurât l’arc-en-ciel.

Au sommet se trouvait le sanctuaire de la Déesse Istar (Astarthé/Dercéto), l’auteure de cette science cosmogonique.

Le chandelier à sept branches des synagogues est destiné à perpétuer cette science perdue.

Cette science primitive fut appelée la Magie blanche.

Une autre science faite par les Prêtres-Mages s’éleva en face de celle-ci, ce fut la Magie noire.

La science féminine avait fait descendre le Ciel sur la Terre, la radiation solaire dans la plante, dans l’homme ; la Magie noire va faire monter l’homme dans le Ciel.

Ne comprenant plus la doctrine cosmogonique, ne l’ayant jamais bien comprise du reste, elle n’en retint que le symbolisme concret, qui lui avait montré des zones colorées superposées.

Le Prêtre en fit sept cieux. Puis, comme le sanctuaire de la Déesse couronnait l’édifice, il mit au-dessus des sept zones colorées sa propre image dont il fit un Dieu mâle. Non seulement voilà l’Homme divinisé, mais le voilà projeté dans le ciel où il va devenir aussi grand que son orgueil, c’est-à-dire grand comme l’Univers.

Puis il avait retenu qu’un cercle coloré existe autour des planètes et de leurs satellites ; mais, ne comprenant plus la science cosmique, il crut que c’étaient les Planètes qui avaient un pouvoir mystérieux, qui s’exerçait sur la vie terrestre, et fit un nouveau septénaire, composé des six planètes connues dans l’antiquité et de la lune, ce qui est absurde, puisque les planètes sont des astres obscurs qui n’émettent pas de radiations.

Le septénaire est appelé l’Heptagone en Grèce. Il a été consacré par toutes les sociétés secrètes.

La Franc-Maçonnerie lui a consacré un grade intitulé Chevalier d’Orient et d’Occident.

C’est le 17ème degré du rite écossais.

La haute culture des Kaldéens faisait d’eux une race supérieure qui remplissait dans le monde une sorte de sacerdoce scientifique. Ils ont laissé une riche littérature. Aussi ils sont restés longtemps considérés comme le phare qui éclaira et guida l’esprit, et leur langue est restée la langue de la religion et du savoir.

NOS ORIGINES

L’immense essor que l’étude des sciences naturelles a pris semble n’avoir qu’un but : découvrir l’histoire positive de l’évolution de l’homme et des animaux.

Il est dans l’esprit de tous que la solution de cet immense problème ouvrira de nouveaux horizons à la science, que l’histoire définitive du développement primitif sera le premier mot d’une ère scientifique nouvelle. Cette idée règne depuis longtemps dans l’esprit humain. Elle a été formulée par Socrate lorsqu’il disait aux philosophes qui cherchaient à pénétrer les secrets de la Nature : Avant tout connais-toi toi-même.

L’histoire de l’évolution n’est plus, aujourd’hui, une question philosophique ; elle ne peut plus être traitée autrement que sur le terrain des sciences positives. Les hypothèses n’ont plus de place dans la science. Pour avoir le droit d’appeler l’attention des savants sur une nouvelle doctrine il faut apporter des faits et des preuves ; il est donc indispensable de suivre une méthode rigoureusement scientifique, l’importance de la question ne permet pas qu’il en soit autrement.

Pour que l’histoire de l’évolution soit complète il faut la diviser en trois parties :

  • La première doit comprendre l’Évolution anatomique, c’est-à-dire l’histologie et la morphologie qui en est la conséquence.
  • La seconde comprend l’Évolution physiologique, elle s’occupe de l’apparition et du développement des fonctions organiques.
  • La troisième comprend l’Évolution chimique ; c’est la plus difficile à faire. Pour y arriver il faut suivre pas à pas les combinaisons diverses qui se forment dans le corps vivant aux dépens du protoplasma originaire.

Deux méthodes seulement ont été considérées jusqu’ici comme pouvant être employées pour arriver à faire l’histoire de l’Évolution : l’Embryologie et la Paléontologie.

Comme la Vérité est une, il faut forcément que les mêmes données historiques résultent de ces deux ordres de recherches, il faut que l’Évolution, dans ces trois divisions, aboutisse aux mêmes conclusions par la paléontologie et par l’embryologie. Si, cependant, nous nous trouvions en face de contradictions apparentes, quelle est, de ces deux sciences, celle à laquelle nous devrions accorder le plus de confiance ?

C’est, sans aucun doute, l’Embryologie. Le développement de l’ovule est continu et sans lacunes, les données fournies par la paléontologie sont incomplètes. Il faut donc, en dernier lieu, recourir à la méthode infaillible. De larges extraits consacrés à cette nouvelle théorie de l’Évolution de l’homme et des mammifères démontrée par le développement embryonnaire se trouve à l’article « NOS VÉRITABLES ORIGINES ».

Il est conseillé à ceux qui, en général, liront cette nouvelle doctrine d’une grande hardiesse parce qu’elle est d’une grande simplicité, et à ceux qui se livrent à l’étude, si intéressante, de notre origine, de mettre en pratique, dans cette occasion, la méthode de Descartes, de faire table rase, dans leur entendement, de toutes théories existantes, de se mettre dans la situation d’esprit d’un homme qui n’aurait aucune notion des hypothèses émises sur ce sujet et d’examiner, avec cette liberté d’esprit, les diverses phases traversées par l’embryon pour devenir soit un homme soit un animal quelconque, c’est-à-dire de regarder la Nature telle qu’elle est.

QUELQUES MOTS SUR L’ORIGINE DES CONSTRUCTIONS

Les premiers essais de construction de la jeune humanité ont été retrouvés partout.

Ce sont les Dolmens (chambres de pierre) et les Menhirs, monolithes enfoncés en terre isolément, en allées ou en cercles, de dimensions parfois colossales.

La destination des Dolmens et des Menhirs de l’époque néolithique a beaucoup préoccupé les savants, qui cherchent toujours dans l’humanité jeune des causes semblables à celles qui font agir l’humanité vieille. Pour retrouver la signification des choses matérielles, comme pour comprendre le sens des symboles, il faut apprendre à contempler le monde avec la naïveté de l’enfance et l’esprit de la jeunesse.

On comprendra alors que les dolmens n’ont aucun rapport avec les sépultures, attendu que la jeunesse pense à la vie, non à la mort qui était un phénomène nouveau pour cette jeunesse primitive.

Si les dolmens sont enfoncés dans le sol, ce ne fut pas pour y cacher les défunts, comme le font les modernes, c’est parce que la terre s’est élevée depuis qu’ils ont été construits ; ils étaient d’abord sur le sol, et non sous le sol, et les tumulus qui les recouvrent sont d’origine postérieure. La profondeur de leur enfouissement peut donner des indications sur la date de leur édification si l’on arrive à calculer de combien la terre s’élève dans un temps donné.

On dit que le Men-hir druidique vient de Man-herr (homme seigneur) et le Dolmen de Doll-man (homme Seigneuresse), indication précieuse qui nous fait comprendre que les uns étaient destinés aux hommes et les autres aux femmes (1).

En effet, les dolmens qui sont composés d’une ou de plusieurs chambres, généralement précédées d’un vestibule ou d’un couloir d’accès, sont la première ébauche des maisons et ont certainement été édifiés pour abriter la première famille, la Femme et l’enfant. C’est le premier nid de l’humanité, le nid de pierre, le Mégalithe. Sur les parois intérieures, on a trouvé de naïfs et bizarres dessins.

Non seulement la femme s’abrite, et abrite avec elle ses petits, mais elle cherche à les protéger contre les dangers du dehors. C’est pour cela que souvent les dolmens sont précédés d’une allée couverte, une sorte de galerie d’une certaine étendue.

Le dolmen de Mané-Croch, près du village de Cracuno, en Bretagne, avait quatre chambres.

Dans le même village de Cracuno se trouve un superbe dolmen dont l’une des pierres supérieures a six mètres de long sur cinq de large et un mètre cinquante d’épaisseur au centre ; cette pierre repose sur onze dalles debout et la hauteur sous voûte est d’un mètre quatre-vingts centimètres. Le tumulus de Rondossée contient trois dolmens avec leurs allées couvertes. L’un d’eux contient une petite chambre supplémentaire. Quant aux menhirs destinés aux hommes, ce n’est qu’une pierre levée derrière laquelle ils s’abritaient ou se cachaient, c’est là que se pratiquait l’eummaïra. Dans les menhirs perforés de l’île de Chypre, on avait pratiqué des ouvertures par lesquelles on voyait venir de loin les témoins gênants. L’un d’eux avait deux mètres dix centimètres de hauteur sur 70 centimètres de largeur.

On en a trouvé sur lesquels était représentée une main, ce qui les faisait appeler iad, et, au lieu d’y voir une indécente représentation qui joue un grand rôle dans le symbolisme antique, les savants modernes aussi naïfs que prudes, ont vu dans les pierres un cippe dressé à la mémoire d’un fait.

Les menhirs sont tantôt isolés, tantôt réunis en nombre plus ou moins considérable. Ce qui indique bien l’instinct de l’homme qui, d’abord, fait sa vie seul, puis peu à peu se réunit à ses frères en humanité pour évoluer ensemble vers un avenir confus.

On a trouvé aussi des cromlechs, qui sont des enceintes composées de blocs décrivant des figures variées, des cercles, des ovales, des carrés, des rectangles, circonscrivant des espaces enclavés dans ces espèces de barrières, qui semblent être les terrains que les hommes ou les femmes se réservaient et dans lesquels sans doute ils ne laissaient pas pénétrer l’autre sexe. Les deux sexes ont eu dès la jeunesse une tendance à se séparer.

Cependant, les impulsions sentimentales les réunissaient. Alors ils se cherchaient, erraient ensemble loin des autres et finalement allaient s’abriter dans des lieux écartés. Ce sont ces endroits qui furent plus tard appelés des « Lieux secrets » ou « Lieux saints ».

On a trouvé des Mounds, tertres élevés que l’on suppose avoir été destinés aux « sacrifices » (Unions).

C’était l’époque où de magnifiques adolescents cherchaient à dépenser le trop-plein de leur force. Mais ils avaient encore la franchise, la spontanéité, la confiance que donnent l’inexpérience et l’amour naissant.

(1) Menhir a formé minaret.
_________

LE RESPECT DE LA FEMME

Un changement social est attendu par les habitants de la Terre tout entière.

Partout on cherche une orientation nouvelle de la pensée, une Direction Spirituelle qui sorte l’humanité du cauchemar que le vieux régime du mensonge, de l’erreur et de la ruse a créé.

On attend une résurrection de la vie de l’esprit, qui refasse à l’homme désorienté une nouvelle vie morale, et on aperçoit clairement que la reconstitution mondiale ne peut se faire par la politique et la diplomatie.

L’immense crise des besoins humains a pour point de départ le besoin de vérité.

Avant de pouvoir dire : Voilà ce qu’il faut, il faut pouvoir dire : Voilà ce qui est.
Il y a donc une science à faire, la science des réalités.

Barbusse a dit :
« Nous avons besoin des Maîtres qui savent tout ce que nous ne savons pas. »
« Mon éducation m’a rempli, comme les autres, de siècle d’ombre, d’humiliation et de captivité. »
« Nous avons tous eu une jeunesse qui a été un temps perdu pour notre progrès moral, le temps pendant lequel nous aurions pu tout et nous n’avons rien fait parce que nous ne savions pas. »

L’époque à laquelle nous sommes arrivés est, de l’avis de tous ceux qui comprennent la signification des événements, une ère de révision générale.

On remet en discussion toutes les questions qui ont été agitées par l’esprit humain depuis les temps les plus reculés, avec l’espoir que, de cet examen, sortira la vérité sur laquelle on posera les bases d’un régime nouveau qui donnera à tous une vie meilleure.

Or, la base de toute réforme sociale c’est la reconstitution de la vie morale, c’est à dire des mœurs.
Pour rétablir les relations de l’homme et de la femme il faut, d’abord, remettre les deux sexes à leur place, les faire rentrer dans le rôle que la nature leur a assigné, respecter les facultés de chacun et assurer leur plein développement.

Si les bonnes relations de l’homme et de la femme ont été rompues, c’est parce que chacun d’eux n’occupe pas sa vraie place dans la société, ne vit pas suivant ses facultés.

La femme est un être avili, placé dans la vie sociale à un rang inférieur à celui que la nature lui a assigné. Son autorité est nulle, sa parole n’est pas écoutée, ses œuvres ne sont pas estimées à leur réelle valeur, tout ce qui vient d’elle est déprécié.

Or, le féminisme doit avoir pour but, avant tout, de remettre la femme à la place qui lui est due, dans la vie sociale et dans la vie familiale.
Pour y arriver il faut diriger l’opinion de façon à ce que justice lui soit rendue devant l’esprit public.

Pour que les droits sacrés de la femme soient reconnus, il faut d’abord les formuler.

Et pour cela il faut commencer par étudier les conditions qui déterminent la valeur réelle des êtres et leur assigne une place dans la hiérarchie humaine.

Ce n’est pas avec des formules vaines, répétées au hasard, avec des mots vides de sens qu’on résoudra cette grave question. Ce n’est pas non plus par vanité de sexe que la femme doit parler d’elle (ainsi que les hommes l’en accusent, supposant qu’elle se met, comme eux sur le terrain de l’intérêt personnel), c’est dans un esprit de suprême justice que la femme, laissant de côté toute modestie imposée et trop facilement acceptée doit étudier les conditions qui différencient les deux sexes, au point de vue anatomique, physiologique, psychologique et moral.

C’est à elle qu’incombe la tâche de faire connaître la valeur de l’être humain qu’elle représente et l’étendue des facultés dont elle est douée.
Tant qu’elle n’entrera pas résolument dans cette voie, définissant elle-même les différences qui existent entre les deux sexes, l’ignorance qui règne en ces questions perpétuera les conflits, prolongera les luttes.

Le grand devoir de la femme est de sortir de sa passivité docile, de faire acte d’indépendance intellectuelle en commençant par étudier sa réelle nature. Elle serait coupable si elle continuait à accepter les enseignements et les conclusions humiliantes des hommes qui l’infériorisent et à s’incliner devant eux comme devant des maîtres.

C’est à cette condition seulement qu’elle saura diriger sa vie, faire l’éducation morale de ses enfants, jouer un rôle utile dans la société.
Mais cette science acquise lui impose de grands devoirs, car alors elle comprend que son intervention est nécessaire pour éclairer les autres.

Quand la femme saura quelle est sa propre valeur, c’est elle qui rétablira « LE RESPECT DE LA FEMME » et en imposera, à l’homme, le devoir.

Pour se faire respecter, il faut, avant tout, se respecter soi-même.

Cet auto-respect, c’est la dignité, sentiment qui consiste à se mettre soi-même à sa vraie place afin que les autres reconnaissent notre valeur.

Et comme la valeur intellectuelle et morale de la femme, généralisée, doit s’étendre à tout le sexe féminin, il faut que les femmes les plus éclairées, les premières initiées à cette science nouvelle, fassent respecter les autres femmes ignorantes des lois psychiques de leur féminité afin que les hommes comprennent enfin les devoirs qu’ils ont à remplir vis-à-vis de l’autre sexe, c’est aux Femmes de leur dicter l’attitude qu’ils ont à prendre envers Elles.

La femme est l’éducatrice de l’homme, et son premier devoir, pour remplir cette mission, c’est de diriger l’opinion, qui est la reine du monde, de manière à rétablir « le respect » qui disparaît de toutes les nations où la femme ne sait pas se mettre elle-même à sa vraie place.

C’est l’opinion qui règne dans le milieu ambiant qui fait le respect ou l’irrespect. Elle est mal dirigée presque partout. C’est pour cela qu’on a pu dire : « L’opinion, c’est l’erreur du plus grand nombre. » Pourquoi les femmes qui sont le nombre, et même le plus grand nombre, ne réagissent-elles pas, chacune dans sa sphère, contre tout ce qui avilit la femme : les affiches indécentes, la littérature scandaleuse, les publications pornographiques, le théâtre démoralisant, les propos malveillants tenus sur chacune pour diviser le féminisme?

Pourquoi permettent-elles que « l’opinion » soit la sanction de tous les mensonges, la force de toutes les erreurs, la ressource de tous les fourbes ?

Je ne sais pas ce qu’il y a de plus dangereux pour notre avenir moral : les hommes qui inventent les erreurs ou les femmes qui les propagent ?

Il faut s’appliquer à changer l’opinion, à la diriger dans le sens de la vérité et de la justice, et tout le reste viendra sans efforts.

Et il n’y a pas seulement à faire l’opinion dans la vie présente.

Pour rétablir « le respect de la femme », il est nécessaire de remonter dans le passé, pour chercher dans l’histoire (ou à côté de l’histoire) comment elle a été avilie, quelles furent les phases de Cette évolution lente qui la firent descendre de la Déesse antique à la prostituée moderne.

C’est toute l’évolution des passions de l’homme et des faiblesses de la femme.

En fouillant dans le passé nous trouvons que la femme a été discréditée de générations en générations, par le mensonge :

  • On a caché ses œuvres ;
  • On les a mises à l’avoir des hommes ;
  • On a mis des noms masculins sur des personnalités féminines ;
  • Des époques toutes entières ont été effacées de l’histoire pour cacher sa gloire ;
  • On a calomnié les grandes femmes en leur faisant une légende avilissante.
  • Et si des hommes consciencieux cherchent eux-mêmes à rectifier l’histoire et à leur rendre l’auréole de gloire qu’elles avaient méritée, des femmes ignorantes continuent à discréditer leur propre sexe en propageant les récits mensongers.
  • Elles se font injustes elles-mêmes pour les femmes calomniées.
  • Elles se montrent sévères pour celles qui veulent les réhabiliter, comme si elles craignaient de se faire complices des vices que des imposteurs ont attribués aux grandes femmes jalousées.
  • Elles ne savent pas que c’est leur premier devoir de s’instruire afin de ne plus jamais permettre la flétrissure de leur sexe.

 

Nous savons aujourd’hui que les grands mensonges historiques ont été inventés pour nous cacher l’ancienne puissance de la femme, sa position suprême dans la religion, son grand rôle dans la société, son droit maternel, base de la primitive famille.

Dès qu’elle fut vaincue dans les héroïques luttes de sexes de l’antiquité, on s’appliqua à justifier la domination de l’homme en donnant au sexe mâle toutes les supériorités et en affectant de croire à l’incapacité de la femme.

Ce système a prévalu, il règne encore.

Nos savants modernes s’occupent surtout de la femme pour lui chercher des tares afin de la déclarer inférieure et de dérouter ainsi ceux qui cherchent à définir, par la science, sa véritable nature. Et dans cet ordre de choses nous voyons encore des femmes faibles s’unir aux hommes fourbes et propager leurs allégations intéressées, sans aucune vérification, avec la même foi aveugle de celles qui ont propagé les mensonges de l’histoire.

Or, nous devons avoir le respect de la vérité si nous voulons arriver au respect de la femme.

Tant que le mensonge ne sera pas extirpé de la société, la justice n’y pénétrera pas.

Ce travail est fait. Et c’est cette grande rectification de l’histoire, en remontant aux sources les plus anciennes et les plus sûres, en comparant les différentes altérations des textes qui est reproduite dans ce blog. Il est une complète réhabilitation de la femme, en même temps qu’il fait connaître les luttes de sexes dans toutes leurs manifestations, leurs origines et leur évolution dans toutes les nations.

  • L’humanité est arrivée à une phase de son évolution où de grandes choses vont se décider.
  • Les hommes, actuellement, sont encore indécis sur le parti à prendre vis-à-vis de la femme.
  • Il dépend des femmes de les amener à faire, avec elles, la brillante rénovation dont elles ont rêvé, et de conjurer la crise morale qui s’accentue de jour en jour, en marchant avec franchise et résolution dans le Bien, en ayant toutes les audaces contre le Mal.
  • L’ère des concessions est passée, elles ont fait sombrer l’humanité dans la dégénérescence des peuples.
  • Il faut maintenant, aux femmes, un effort de volonté pour remonter la pente descendue par leurs aïeules ; il faut qu’elles renoncent aux anciens systèmes qu’employaient les femmes faibles, qu’elles renoncent aux petites ruses, aux obliques détours, aux équivoques.
  • Il n’est plus temps de tergiverser, il faut aller droit au but, sans hésitations et sans défaillances.
  • Et ce but c’est : la vérité absolue et la justice intégrale.

Ainsi, sera réalisé ce que Victor Hugo, ce grand poète, a annoncé quand il a dit :

Temps futurs ! Vision sublime !
Les peuples sont hors de l’abîme.
Le désert morne est traversé,
Après les sables la pelouse ;
Et la terre est comme une épouse,
Et L’homme est comme un fiancé.
Dès a présent l’œil qui s’élève
Voit distinctement ce beau rêve
Qui sera le réel un jour,
Car la femme dénouera toute chaîne,
Car le passé se nomme haine
Et l’avenir s’appelle amour

L’histoire, qu’elle soit enseignée par des Prêtres ou par des laïques, n’est qu’un tissu de mensonges. C’est ce que Michelet a compris quand il a dit : « L’Histoire tombera et se brisera en atomes dans le courant du XXe siècle, dévorée jusque dans ses fondements par ceux qui rédigent ses annales. »

Dans son ouvrage intitulé « Origines gauloises » (1797), Théophile-Malo de La Tour d’Auvergne a écrit :

« L’histoire n’est que les ruines d’un grand édifice que chaque génération d’hommes a cherché à détruire, en le masquant sous des mensonges, entassant des décombres sur des décombres, des ruines sur des ruines ».

Par conséquent, tentons de faire toute la Lumière sur notre passé, et réveillons notre mémoire, en déblayant, une à une, décombres et ruines.

Aller vers : Chapitre (2) Révolution religieuse en Egypte 1ère partie

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