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L’Eveil au Retour à l’être intérieur

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Les Dix jours de Teshouva: entre Rosh-HaShaNah et Yom Kippour

Les Dix jours séparant Rosh-HaShaNah (Nouvel An) de Yom Kippour (Jour du Grand Pardon) sont, selon la Tradition juive, favorables à la Teshouva, au Retour intérieur, en ce sens où la conscience de l’homme pénètre au cœur même de la sphère immanente du divin:

«דִּרְשׁוּ יְהוָה בְּהִמָּצְאוֹ; קְרָאֻהוּ בִּהְיוֹתוֹ קָרוֹב. יַעֲזֹב רָשָׁע דַּרְכּוֹ וְאִישׁ אָוֶן מַחְשְׁבֹתָיו וְיָשֹׁב אֶל יְהוָה וִירַחֲמֵהוּ  וְאֶל אֱלֹהֵינוּ כִּי יַרְבֶּה לִסְלוֹחַ» (ישעיה נ”ה, ו’-ז’).

«Cherchez le Seigneur pendant qu’il est accessible! Appelez-le tandis qu’il est proche!  Que le pervers abandonne sa voie, et l’impie ses pensées iniques, qu’il revienne à l’Eternel, il aura pitié de lui, à notre Dieu, car il prodigue son pardon! » (Isaïe 55, 6-7)

Ce terme dont la racine  ש.ו.ב.  désigne le Retour de l’homme à la racine de son être intime (introspection) et invite ce dernier à réparer les erreurs et déviations du passé aussi bien dans les domaines religieux et moral.

Cet Eveil à la Teshouva concernent tous les hommes sans exception car comme l’écrit l’Ecclésiaste (7, 20):

«כִּי אָדָם  אֵין צַדִּיק בָּאָרֶץ אֲשֶׁר יַעֲשֶׂה-טּוֹב וְלֹא יֶחֱטָא» (קהלת ז’, כ’).

 «Il n’est pas d’homme juste sur terre qui fasse le bien sans jamais faillir» (Eccl. 7, 20).

Le terme ‘Het חֵטְא indique un manquement à la vocation qu’il incombe à chaque homme en ce monde de réaliser.

Il s’agit, littéralement,  d’un manquement à la cible. Faire Teshouva signifie donc recentrer chaque pensée, canaliser chaque parole et  orienter chaque action vers le but de notre vie. Ce chemin exigeant moralement et spirituellement n’est pas sans rappeler le méditant Zen (kyūdō) qui, concentrant toute son énergie intérieure, vise à orienter la flèche aiguisée de son arc vers  le centre de la  cible. Toute déviation d’esprit ou manque de concentration lui ferait manquer inévitablement la cible. Là réside le sens de l’adresse de Dieu à Caïn le priant de revenir sur son intention première, avant qu’il ne commette le terrible crime sur son frère Abel:

«הֲלוֹא אִם תֵּיטִיב שְׂאֵת וְאִם לֹא תֵיטִיב לַפֶּתַח חַטָּאת רֹבֵץ וְאֵלֶיךָ תְּשׁוּקָתוֹ וְאַתָּה תִּמְשָׁל בּוֹ«  (בראשית ד’, ז’);

«Si tu t’améliores, tu pourras te relever, sinon la déviation est tapie à ta porte: elle aspire à t’atteindre, mais toi, sache la dominer!” » (Gen. 4, 7)

L’homme détient le pouvoir que lui confère le libre-arbitre de pleinement maîtriser son être, de gouverner son esprit et de vaincre l’instinct du mal:

«טוֹב אֶרֶךְ אַפַּיִם מִגִּבּוֹר וּמֹשֵׁל בְּרוּחו  מִלֹּכֵד עִיר» (משלי ט”ז, ל”ב);

«Qui résiste à la colère l’emporte sur le héros; qui domine ses passions sur un preneur de villes» (Proverbes 16, 32)

Salomon, le Sage parmi les sages, enseigne que le véritable héros est loin d’être le guerrier victorieux au champ de bataille mais au contraire, il est celui qui domine les élans et les violentes passions de son être.

La Teshouva – le Retour à l’être– constitue généralement le fruit d’un long et fastidieux processus de travail intérieur menant l’homme au perfectionnement intérieur par la sublimation du mal en bien. Le mal ne peut être tranché de sa racine divine mais doit être canalisé, réorienté vers la voie du bien et du bon.

Dieu se révèle au Patriarche Avraham  à travers cette incessante marche intérieure visant à l’élévation de notre moi  intérieur :

«לֶךְ לְך «(בראשית י”ב, א’).

«Vas vers toi » (Gen. 12, 1);  ( Le’kh Le’kha; «Marche pour toi, pour ton bonheur»)

L’homme doit revenir vers-lui-même et reconstruire son monde intérieur.

«וַהֲשֵׁבֹתָ אֶל לְבָבֶךָ» (דברים ד’, ל”ט);

«Et tu reviendras vers ton cœur» (Deut. 4, 39)

L’homme devient responsable de sa propre personne.

Celui-ci doit s’efforcer de surmonter et dominer son Yetser HaRa, son penchant du mal.  En ce combat titanique opposant le courant du mal à celui du bien, l’homme est assisté par Dieu. Dieu, selon la vision biblique, aspire ardemment à la Teshouva de Sa créature et ne désire en rien la châtier:

«טוֹב וְיָשָׁר יְהוָה עַל כֵּן יוֹרֶה חַטָּאִים בַּדָּרֶךְ»

«L’Eternel est bon et droit, aussi enseigne-t-il aux égarés  le  Chemin » [du Retour].

Proche et accessible aux hommes qui le cherchent de tout cœur, l’Eternel, selon  un des enseignements des Sages d’Israël (Talmud Babel, Traité Pessa’him 54, a) fit précéder la création de la  Teshouva avant même celle de la Création. Quelle est la portée d’un tel enseignement? Les Sages visent à montrer que l’intention primordiale de la Création, créée imparfaite, fut la Teshouva. En effet, celle-ci constitue le remède cosmique – le Tiqqoun HaOlam- aux manquements de l’humanité: l’épisode du déluge relate l’échec tragique des hommes qui, refusant d’emprunter la voie royale de la Teshouva disparurent à tout jamais contrairement aux habitants de Ninive qui acceptèrent de reconnaître leurs égarements en choisissant la Teshouva. (Jonas 3, 4-10).

«וּלְבָבוֹ יָבִין וָשָׁב וְרָפָא לו  « (ישעיה ו’, י’

«…Que son cœur comprenne, qu’il s’amende et alors il  sera soigné [sauvé] ! » (Isaïe 6, 10)

Ce n’est donc pas tant la faute qui est cause de l’anéantissement de l’homme  mais son obstination à ne pas marcher sur la voie réparatrice, salvatrice de la Teshouva: Dieu donne toujours l’espoir d’un retour vers lui et ne ferme à aucun instant les portes de la repentance.

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Les Dix jours de Teshouva: Le pouvoir du Retour vers Dieu

Nombre de figures bibliques célèbres tombent et finissent par la force de leur propre  volonté à se relever de leur dégradation spirituelle et de leur dépravation éthique. L’on peut dire que la vision biblique présente les héros bibliques comme des hommes et des femmes qui dans leurs faiblesses humaines semblent plus proches de chacun d’entre nous.

Même les plus grands personnages bibliques connaissent l’erreur et ne sont pas exempts de fautes.

La source biblique ne nous le cache jamais. Les Sages d’Israël [1] font remarquer que quatre figures bibliques, Benyamin, le fils du Patriarche Yaakov, Amram, le père de Moïse, Yishaï, le père de David et Khilav, le fils de David, ne manquent à aucun moment ni à la Parole de Dieu ni à leur devoir respectif.

Malgré leur droiture exemplaire et la perfection de leur être, ils ne sont que très rarement mentionnés dans le TaNa”Kh. La faute et sa reconnaissance possèdent une valeur éducatrice intrinsèque enseignant à l’homme qu’il lui est toujours et à tout instant possible de réparer les erreurs du passé:

Caïn, le premier criminel de l’humanité, non seulement reconnaît la gravité du fratricide mais en regrette les conséquences irréparables:

« וַיֹּאמֶר קַיִן אֶל יְהוָה גָּדוֹל עֲו‍ֹנִי מִנְּשֹׂא»

«Caïn dit à l’Éternel: “Mon crime est trop grand pour qu’on me supporte» (Gen. 4, 13)

L’on pourrait aussi traduire: «pour que je puisse le supporter».  Je ne puis supporter seul mon crime impardonnable, d’où la nécessité d’un signe pour «protéger» Caïn.

Une troisième traduction possible serait: Caïn dit à l’Éternel: «Ma faute est trop grande pour être pardonnée» (Gen. 4, 13)

Les commentateurs Na’hmanide et Cassouto, préférant cette dernière interprétation à la première, se fondent sur le verset Exode 34, 7 où le verbe Nasso (racine נ. ש. א./ N. S. A) signifie «pardonner».

«…נֹשֵׂא עָו‍ֹן וָפֶשַׁע וְחַטָּאָה…»

«…Il pardonne [supporte le poids du crime…]  le crime, la rébellion, la faute…»

Dieu «consent à porter» la faute et à libérer d’une certaine manière la conscience du transgresseur.

Le roi David échoue gravement lorsqu’attiré par le charme de Bat-Sheva, il fait assassiner Ouria le Héthéen, son époux  (II Sam. 11, 2-17).

«לְךָ לְבַדְּךָ  חָטָאתִי וְהָרַע בְּעֵינֶיךָ עָשִׂיתִי»

«Contre toi seul j’ai failli, j’ai fait ce qui est mal à tes yeux » (Ps. 51, 6)

« חַטָּאתִי אוֹדִיעֲךָ וַעֲו‍ֹנִי לֹא כִסִּיתִי אָמַרְתִּי אוֹדֶה עֲלֵי פְשָׁעַי לַיהוָה וְאַתָּה נָשָׂאתָ עֲו‍ֹן חַטָּאתִי סֶלָה »

«[Maintenant] J’ai  dévié et te fais l’aveu de ma déviation, et je ne dissimule pas mon iniquité. J’ai dit: “Je confesserai mes transgressions au Seigneur”, et toi, tu fais disparaître la gravité de ma faute. Sélah! » (Psaume 32, 5)

« אֲלַמְּדָה פֹשְׁעִים דְּרָכֶיךָ וְחַטָּאִים אֵלֶיךָ יָשׁוּבוּ »

«Je voudrais enseigner tes voies aux pécheurs, afin que les coupables reviennent [racine Sh.Ou. V. ש.ו.ב/] à toi» (Ps. 51, 15)

Le Roi David par son expiation, son aveu et sa volonté de Retour à Dieu sert de modèle  aux générations futures.

Ces trois  derniers versets décrivent les trois  étapes nécessaires au processus de Teshouva:

1- La reconnaissance de la faute,

2-La confession ou l’aveu des fautes (Vidouï),

3- le renoncement total à poursuivre le  mal.

Le principe biblique qui a force de loi est que celui qui reconnaît,  avoue et abandonne sa faute devient digne du pardon divin:

 » מְכַסֶּה פְשָׁעָיו לֹא יַצְלִיחַ  וּמוֹדֶה וְעֹזֵב יְרֻחָם«

«Celui qui dissimule ses péchés ne connaîtra pas la réussite; qui les confesse et y renonce obtient miséricorde» (Prov. 28, 13).

L’homme s’inspirant de l’exemple de David a la faculté de revenir à la Source de pureté, l’Eternel.

La vision du TaNaKh invite l’homme à la transformation intérieure d’où naîtra le Tiqqoun HaOlam.

La Teshouva constitue la plus grande des forces réparatrices dépassant les limites de notre univers.

Ces Dix Jours d’introspection invitent chacun d’entre nous à user de ses propres facultés spirituelles pour le bien de l’humanité.

Kol Nidrei interprété par le cantor  israélien Shay Abramson

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Haïm Ouizemann

Haimo@eteachergroup.com

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