Sri Aurobindo et MERE

L’Être de Transition

sriaurobindo « L’homme, dit Sri Aurobindo, n’est pas le dernier terme de l’évolution, c’est un être de transition… »

Nous parlons de l’évolution de la Vie dans la Matière, de l’évolution du Mental dans la Matière, mais l’évolution est un mot qui énonce le phénomène seulement, sans l’expliquer. Car il semble n’y avoir aucune raison pour que la Vie dût sortir des éléments matériels ou le Mental des formes vivantes, à moins que nous n’admettions… que la Vie soit déjà involuée dans la Matière, et le Mental dans la Vie car, essentiellement, la Matière est une forme voilée de la Vie, la Vie une forme voilée de la Conscience.

Et il semble que rien n’empêche de faire un pas de plus dans la série et d’admettre que la conscience mentale elle-même soit seulement une forme voilée d’états plus hauts qui sont au-delà du Mental.

En ce cas, l’impulsion irrésistible qui pousse l’homme vers Dieu, vers la Lumière, la Béatitude, la Liberté, l’Immortalité, trouve sa place exacte dans la chaîne : c’est simplement la poussée impérieuse par laquelle la Nature cherche à évoluer au-delà du Mental, et elle semble aussi naturelle, aussi vraie et aussi juste que la poussée vers la Vie que la Nature a plantée dans certaines formes de la Matière, ou la poussée vers le Mental qu’elle a plantée dans certaines formes de la Vie…

L’animal est un laboratoire vivant, où la Nature, dit-on, a élaboré l’homme. Il se pourrait bien que l’homme lui-même soit un laboratoire vivant et pensant où elle veut, avec sa collaboration consciente, élaborer le surhomme, le dieu – ou plutôt, ne devrait-on pas dire : manifester Dieu? »

« Nous sommes arrivés, dit Sri Aurobindo, à une nouvelle crise de transformation, aussi cruciale que dut l’être la crise qui a marqué l’apparition de la Vie dans la Matière, ou la crise qui a marqué l’apparition du Mental dans la Vie. Et notre choix est crucial aussi, car, cette fois, au lieu de laisser la Nature opérer ses transmutations sans grand souci des contingences vivantes, nous pouvons être les « collaborateurs conscients de notre propre évolution », accepter le défi, ou, comme dit Sri Aurobindo, nous laisser dépasser. »

On peut douter que l’Esprit, lorsqu’il se manifestera dans une conscience supramentale, se satisfasse d’un corps soumis à nos lois physiques de désintégration et de pesanteur et qu’il accepte pour tout moyen d’expression, les possibilités limitées du langage mental, du stylographe, du burin et du pinceau.

En d’autres termes, la Matière devra changer.

C’est l’objet de la « Transformation ». Et tout d’abord notre première matière, le corps : « La tradition spirituelle a généralement considéré le corps comme un obstacle, incapable de spiritualisation et de transmutation, un poids lourd qui retient l’âme dans la nature terrestre et l’empêche de monter vers son accomplissement spirituel ou la dissolution de son être individuel dans le Suprême.

Cette façon de comprendre le rôle du corps dans notre destinée convient peut-être aux disciplines qui considèrent la terre comme un monde d’ignorance et la vie terrestre comme une préparation au salut… mais elle est insuffisante pour une discipline qui conçoit une vie divine sur la terre et la libération de la nature terrestre elle-même, comme une partie intégrante du dessein total de l’incarnation de l’Esprit ici-bas. Si une transformation totale de l’être est notre but, la transformation du corps, nécessairement, en est une partie indispensable; sans elle, aucune vie divine complète n’est possible sur la terre. » 

Selon Sri Aurobindo, la caractéristique essentielle de la Matière supramentalisée est la réceptivité; elle sera capable d’obéir à la volonté consciente et de se modeler à ses ordres, comme l’argile obéit aux doigts de l’artisan.

La Matière, délivrée du pouvoir spirituel qu’elle contient involué et devenue ouvertement consciente, sera capable de répondre aux vibrations correspondantes de la conscience supramentale, tout comme nous répondons à une vibration de colère par la colère, ou à une vibration d’amour par une chaleur du cœur. »

Sri Aurobindo ne considérait la valeur de la Conscience de Lumière que dans la Vie, dans la Matière, et non seulement dans des retraites mystiques solitaires… 

En visionnaire, il voyait cela possible, parce que nécessaire, à un proche moment de l’évolution.

Il préconisait la nouvelle Conscience dans la Vie même – et non plus à des initiés retirés dans l’ascèse solitaire – voyait ce changement de conscience comme le fait majeur de la Transformation évolutive prochaine – dans laquelle la conscience, par sa propre mutation, imposera et opérera les mutations nécessaires au corps…

Sri Aurobindo ou L’aventure de la conscience   –  Satprem        p.317  p.321  p.322-323

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