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LES QUATRE D : DISTANCIATION, DISCERNEMENT, DÉSIDENTIFICATION, DISCRIMINATION. – Vers l’État Conscient

 » Dieu ne joue pas seulement aux dés, il les lance là où on ne peut les apercevoir  » (Stephen Hawking)

Préambule

Ce livret est un mode d’emploi de vie et d’éveil, il a été rédigé de façon à ce que le lecteur s’interroge, sur lui même, sur ses motivations, sur ses mécanismes, sur sa vie. Les points essentiels mentionnés aux deuxième et troisième D sont plus énon¬cés que développés.

À partir de ces points, le lecteur aura tout intérêt à se laisser mener par ses interrogations, de façon à stimuler sa réflexion. Il existe deux conditions préalables pour que la lecture de ce petit livre soit profitable : Un vrai désir de progrès, La certitude que vous induisez tout ce qui vous arrive. Note liminaire : Les * renvoient au glossaire à la fin du texte.

Introduction

Les quatre D sont une méthode rapide de connaissance de soi. La connaissance de soi nous ouvre à nos talents, dégage nos capacités, sort le meilleur de nous-même.

Utilisée sous différentes formes dans différentes traditions, c’est une dé¬marche de compréhension qui débouche sur la connaissance. La connaissance est une ; elle jaillit, abrupte, au-delà des paires d’opposés ; elle ne peut pas être le résultat d’une recherche. Mais sans une recherche, elle est impossible.

Celui qui entame ce chemin peut le poursuivre jusqu’où il veut. Il s’apercevra dans un premier temps de la rapidité des résultats. Puis, le rythme ralentira, s’accélèrera à nouveau : les progrès dépendront de la volonté consciente de progresser, de la force de l’aspiration à une conscience plus vaste. Plus le lecteur intensifiera sa pratique, plus le proces¬sus s’accélèrera, plus il sera conscient, plus la vie lui répondra.

Si les quatre D s’appuient sur des citations de Maitres spirituels, c’est parce que ceux-ci sont des explorateurs de la conscience. Ce ne sont pas les  » religions  » dont ils sont issus ou dont ils sont à l’origine qui nous intéressent, car les religions sont des cadres, des systèmes de croyance.

La particularité de ces Maitres est de nous amener au-delà des cadres, au-delà des systèmes de croyance, au-delà de tout ce à quoi nous nous identifions. Vers ce fond de nous même que nous partageons avec toute l’Humanité, dans leurs démarches, ils ont bousculé les choses établies et ont souvent payé de leur vie pour cela : Jésus*, Hallâj*, Marguerite Porete*.

Mais n’est-il pas extraordinaire qu’à des milliers d’années d’écart, à des milliers de kilomètres de distance, des chrétiens comme, Eckhart*, Bôhme*, des Soufis* comme Hallâj*, Ibn Arabi*, des Védantins*, comme Shankara*, Ramana Maharshi*, des Taoïstes comme Lao Tseu*, des Maitres Tch’an*, comme Lin Tsi*, Houang Po*, et bien d’autres, nous tiennent le même langage, utili¬sent les mêmes concepts, pointant vers une liberté au-delà de nos condition¬nements.

N’est il pas extraordinaire que le Zohar*, Lao-Tseu*, Jésus*, nous disent la même chose quant à la nécessité d’équilibrer nos pôles féminin et masculin. Ce que la psychologie moderne redécouvre et met à la portée de tous, ils l’avaient énoncé il y a des siècles, des milliers d’années.

L’homme ne peut se libérer que s’il se connaît lui-même. Pour cela, il doit pénétrer son fondement, vaincre ses résistances, ses peurs. Les contes, les mythologies racontent tous la même histoire. Un chevalier, habillé de son armure (l’ego) pénètre dans la sombre forêt (l’inconscient) il doit vaincre les dragons, les démons (ses peurs, ses conflits) puis pénètre dans le château et embrasse la belle qui dort dans son cercueil de verre. Ce sont les noces de l’âme et de l’esprit. Il s’agit toujours de la même his¬toire, consciente ou inconsciente, vue par Platon* ou Walt Disney. C’est une histoire qui a pour cadre l’Homme. À l’intérieur de ce cadre, il y a tout notre potentiel, la totalité du manifesté, l’univers tout entier. D’un point de vue ludique, y a-t-il un jeu plus amusant que de se connaître soi-même et de découvrir notre créativité illimitée ?

Prologue

Avant toute chose, il faut bien comprendre l’interaction conscient-inconscient.

L’inconscient fonctionne à 3 niveaux : Au niveau le plus profond, il assure le principe de cohésion et de cohérence entre les différentes parties antinomiques le composant. Celles-ci sont nos différentes sous-personnalités. Nous les avons élaborées afin de protéger notre enfant intérieur qui est la connexion avec notre  » esprit « . L’enfant intérieur est, par essence, vulnérable. Au deuxième niveau, pour maintenir ce principe, l’inconscient choisit selon sa logique propre le moindre mal. Le moindre mal : peut-être la ruine, la réussite, un accident, un cancer généralisé, ou même  » la malchance « , la chance « , ou la santé. Au troisième niveau, à l’intersection conscient – inconscient, l’inconscient choisira toujours le plaisir et le bonheur.

Le troisième niveau est soumis au second et le second au premier. Le moindre mal sera toujours choisi par l’inconscient selon sa logique propre pour maintenir ce principe de cohésion et de cohérence. Pour parler de cette logique, utilisons le vocabulaire psychanalytique. Cette logique, ainsi que les sous-personnalités, s’est construite essentiel¬lement à travers 5 strates : La douleur de la naissance, puis le stade oral, le stade anal, le stade oedipien, le stade phallique. L’enfant dans le ventre de sa mère est en unité : il fait un avec son envi-ronnement, flottant, bienheureux, dans le liquide amniotique. Puis, soudain, il est projeté, écrasé dans le tunnel de l’utérus. Il traverse l’enfer pour venir au monde. Comme il n’est pas né au temps, pour lui, cet enfer dure éternellement. La naissance le dissocie de son milieu. De cette dissociation vient l’identification ; il y a lui et autre que lui, il y a lui et la douleur. De l’identification à cette première douleur vient l’identifi¬cation à la première culpabilité.

Il est sorti de l’unité bienheureuse, il est dans la dualité. Les religions judéo-chrétiennes l’ont bien exprimé par l’une des premières phrases de la Bible :  » Tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras tu mourras « . En d’autres termes : tu ne ren¬treras pas dans la dualité. Le concept de  » péché originel  » des religions judéo-chrétiennes correspond à l’identification à cette première douleur.

Ainsi naît la première culpabilité, liée à la douleur de la naissance ; sur cette culpabilité reposera tout l’édifice personnel. Ceci sera la base de notre système de cohésion et de cohérence. Dans notre contexte judéo-chré¬tien, cette culpabilité sera renforcée par la présence dans l’inconscient collectif d’un dieu personnel transcendant qui transmet à travers ses prophè¬tes des lois que tout le monde viole plus ou moins. À travers le stade oral apparaît le premier rapport avec le plaisir et la douleur : la satisfaction liée à la nourriture, la douleur de ne pas être satisfait. L’organe de préhension est la bouche. Un stade oral mal agencé donnera lieu à une compulsivité que l’on retrouvera dans le rapport avec la nourriture ou la cigarette.

Le stade anal se sera agencé en fonction des pressions exercées par l’envi¬ronnement pour rendre l’enfant propre. Cela peut induire une rétention qui amènera la peur de manquer et un comportement sexuel lié soit à la récompense et à la punition, soit à l’absence de punition. Cela peut provoquer une cul-pabilité plus ou moins importante liée à la sexualité ou à la possession. Un stade anal mal agencé peut induire trente ans après des dysfonctionnements sexuels ou une avarice récurrente. Le stade oedipien oriente sur la façon dont l’enfant va négocier le fait de laisser une place à son père ou/et à ses frères et soeurs auprès de sa mère. Cela finira d’induire son identité sexuelle ainsi que la base de ses compor-tements sociaux.

Le stade phallique est celui de la concrétisation, du positionnement actif dans le monde. Il peut ne jamais se manifester ou seulement partiellement cela dépendra de la façon dont les stades précédents ont été franchis. Il induira l’envie d’expérimenter sa puissance en la manifestant. Mal agencé, il produira la peur de ne pas être reconnu ou d’échouer.

Ainsi donc, à travers ces cinq strates et à travers la façon dont l’enfant se connecte à l’inconscient de sa famille, qu’il a absorbé comme une éponge, celui-ci va construire sa logique propre. Toute sa vie, il se servira de cette logique en fonction des situations traversées pour maintenir son prin¬cipe de cohésion et de cohérence. Vers trois ans, le programme commence à se fermer. Vers sept ans, c’est verrouillé. Au cours de cette période, se sont constituées les sous-personnalités majeu¬res qui vont protéger l’enfant vulnérable, ainsi que la logique du programme qui choisira le moindre mal permettant de maintenir la cohésion et la cohé¬rence de ces sous-personnalités. Ceci est la base de notre fonctionnement. Il faut le comprendre et l’intégrer. Le comprendre est simple. L’intégrer est une autre démarche.

Imaginons un amphithéâtre avec une scène et un micro, un amphithéâtre de mille places se répartissant ainsi : cinq places pour les stars, une ving¬taine pour les V.I.P., et 975 pour le vulgum pecus. Les cinq stars sont nos strates de base. À savoir : la douleur de la naissance, le stade oral, le stade anal, le stade oedipien, le stade phallique. Les V.I.P. sont nos compen¬sations de base, celles qui reviennent tout le temps. Par exemple : pour le stade oral, face à l’anxiété : la cigarette, le chewing-gum, la boulimie etc. Pour le stade anal : en comptant et recomptant l’argent disponible ou en vivant une sexualité figée dans les mêmes mécanis¬mes.

Les 975 autres places sont constituées par notre mémoire, toutes nos identi-fications passées. Par exemple, vous conduisez votre voiture et voyez cette affiche avec une femme en robe rouge. Instantanément, le souvenir de cette jeune fille portant une robe rouge, qui a provoqué un de vos premiers émois il y a trente ans, va revenir à la surface et s’emparer du micro. Comme ce souvenir n’est pas très actuel et n’a pas beaucoup d’énergie, il ne va pas tenir le micro longtemps. Il sera remplacé par un autre souvenir, une autre perception liée à la même sous- personnalité ou à une autre et ainsi de suite.

En regardant notre amphithéâtre, nous comprenons vite qu’il est le lieu d’un conflit. Les mille personnages le composant sont en lutte constante afin de s’emparer du micro et de le garder le plus longtemps possible.

Nous comprenons ainsi que la nature de cet amphithéâtre est d’être un champ de bataille où tous les coups sont permis ; que des alliances se forment afin qu’un groupe ou un autre ait accès au micro ; que les trahisons sont constan¬tes ; que de ce magma se dégage un certain nombre de groupes plus puissants qui sont nos fameuses sous-personnalités.

Elles sont fluctuantes, changeantes. Ces différents moi qui nous composent varient en puissance mais leur noyau est toujours le même. Il est constitué d’émotions non intégrées. Une fois comprise la nature de ce terrain d’affrontement qui est nous-même, nous nous disons : oui, nous fonctionnons bien ainsi, apparemment l’incons¬cient décide, le conscient exécute, mais que faire ? Une vraie volonté, un vrai effort conscient nous conduisent au premier D

La distanciation

La première chose à faire est de dresser le 999ème petit personnage en haut de l’amphithéâtre à faire une chose pour laquelle il n’est absolument pas fait. C’est pour cela qu’il s’agit d’un dressage. Il doit être dressé à ne jamais se saisir du micro. Cela est la distancia-tion. Il doit occuper un point neutre en débrayage. Il doit apprendre à regarder les personnages de l’amphithéâtre se battre, s’allier, se trahir pour prendre le micro, sans juger, sans projeter, sans jamais conclure. S’il le faisait, il tiendrait lui-même le micro ; il ne verrait plus rien. Cette absence de jugements, de projections est la distanciation.

La distanciation a porté différents noms. Gurdjieff* l’appelle le rappel de soi, le Bouddha* l’instauration de l’attention, Jésus* dit  » Soyez passants « , Shantideva* parle de la garde de l’esprit, le Vedanta* de la position du témoin.

Sans cette position, il est absolument impossible d’aller plus loin dans la mise en ordre de soi-même. Le mental dans ses basses couches est constitué par la peur, le désir, l’an-xiété. La peur est refoulée, elle est compensée par le désir. Dès que l’objet du désir s’éloigne, vient l’anxiété. Le mouvement et l’agitation sont la na¬ture même du mental. Celui-ci est constitué des émotions non intégrées du passé ; pensées, sentiments, sensations, émotions se mêlent, s’entremêlent et s’interpénètrent jusqu’au coeur de la personne.

C’est uniquement par une observation totalement neutre que la mise en ordre peut commencer. La clé est de regarder ses pensées, ses émotions comme on regarderait les passants dans la rue. Le regard est neutre, non impliqué. Comme celui d’un vieil homme sage regar¬dant des enfants jouer dans une cour de récréation. Il y a des gentils, des intelligents, des brutes, des cruels. Il les regarde avec la même distance bienveillante. Il faut que mon esprit soit bien surveillé, bien gardé. Hormis l’exercice de la garde de l’esprit, Que valent tous les autres ? Shantideva* C’est un exercice subtil, mais avec un peu de pratique on y arrive très bien. Quand vous êtes noyé dans vos pensées, vous ne le savez pas. Mais lorsque vous n’êtes pas noyé dans vos pensées, vous le savez. Cela vous bascule instantanément dans une sensation corporelle. La clef est de faire durer ces moments-là, tout en laissant le mental fonc¬tionner. Au début, cela est comme si vous visionniez un film qui ne fonctionnerait que par arrêt sur image.

Avec un peu de persévérance, vous arriverez à garder le 999ème personnage en amont conscient. Vous ressentez comme il est attiré par le mouvement mental, c’est une force d’attraction. Ne résistez pas. Restez fluide. Ramenez-le doucement en arrière. Alors vous voyez le film se remettre en marche, l’image est un peu moins claire, le son est un peu moins fort. Mais néanmoins vous vous savez. La pensée défile devant vous. Vous avez réussi à diviser votre attention. Il ne reste qu’à pratiquer encore et encore.

L’attitude juste est de dresser une partie de soi à rester en amont dans un silence vigilant se sachant et de regarder l’agitation en aval. Ce dressage devient une attention qui n’entraine plus de réaction. Cette at¬tention devient alors le véhicule nous permettant de voyager à l’intérieur de nous-même, de nos conditionnements issus de notre passé.

L’important à ce stade n’est pas la durée où la distanciation s’est mainte¬nue, l’important c’est le nombre de fois par jour, par heure où vous vous souvenez de vous mettre en distanciation. Au début vous vous retrouvez dix, quinze fois par jour derrière vos pensées, vos émotions, puis petit à petit cette position se stabilise, elle offre un confort, une quiétude inconnue auparavant. Cette attention non réactive est la distanciation. Cette quiétude, ce confort, cette sécurité relative nous permettent de voir en nous-même des choses que nous n’aurions jamais accepté de voir autrement. Ainsi fonctionne le premier D : LA DISTANCIATION

La distanciation nous conduit au deuxième D.

Le discernement

La distanciation nous a permis de voir la nature de l’agitation mentale et souvent physique qui nous compose, comment tout le monde se bat pour avoir accès au micro. Car pour les occupants de l’amphithéâtre, la seule façon de se nourrir est d’avoir accès au micro. Nous comprenons mieux ce que sont ces sous-personnalités.

Par exemple : Il y a le dominant, le séducteur, le fils (ou la fille) rebelle ou soumis, le provocateur, le récupérateur, celui qui s’affiche bon et aidant, l’arriviste sans vergogne, celui qui est au-dessus de tout ça, le plaintif, le je-suis-sûr-que-tout-va-bien-aller, etc. Nous comprenons qu’elles sont capables de raisonner pour se maintenir au micro. Elles viennent, reviennent, régulant, maltraitant notre vie en s’associant. Par exemple : Le provocateur a enclenché une attitude dangereuse qui met en péril un projet important. Le régulateur légèrement en-dessous du niveau conscient va appeler le je-suis-sûr-que-tout-va-bien-aller pour nous re-sta¬biliser. Puis, le séducteur va intervenir pour récupérer la situation.

Nous réalisons que, pendant qu’une de ces sous-personnalités est au pouvoir, les autres continuent d’agir, mais, en dehors du plan conscient. Le discernement, petit à petit, nous montre la nature profonde des alliances et des guerres qui nous constituent ; comment nous nous mettons en risque majeur ; comment nous nous mettons en déséquilibre, comment nous répétons encore et encore les mêmes schémas.

Combien de fois va-t-il falloir recréer une situation similaire afin d’identifier les points d’ancrage empêchant le niveau de conscience de monter. Petit à petit, notre système de cohésion et de cohérence ainsi que les sous-personnalités sont mis à jour.

Nous entrevoyons notre enfant vulnérable. Il est la connexion avec notre être le plus profond. S’il arrive à transparaître à travers les masques que nous portons, il peut créer un rapport très intime avec l’Autre ; nous savons cela. Mais la plupart du temps, il se terre sous les strates protectrices que nous avons bâties. Petit à petit, nous voyons ce qui pour nous a été le moindre mal. Nous com¬mençons à comprendre nos motivations, contraires à celles que nous affichons.

Nous commençons à comprendre à quel point nous sommes mécaniques, à quel point nous n’avons aucun choix. En maintenant la distanciation puis le discernement, à un moment, nous nous voyons tel que nous sommes et nous ne pouvons qu’en être sincèrement conster¬nés. Nous voyons alors combien nous nous aimons peu, comment nous avons fait des choix afin de maintenir nos systèmes de souffrance qui sont le moindre mal pour entretenir notre culpabilité d’origine.

 » La seule façon de changer est de se voir tel que l’on est. Et d’en être profondément désolé.  » Nisargadatta Mahradj*

C’est uniquement si nous atteignons cette désolation, que nous pouvons com-mencer à changer. Car la désolation nous propulse en arrière comme un zoom qui reculerait brus-quement, découvrant un champ beaucoup plus large.

Les schémas de cohésion et de cohérence liant nos sous-personnalités sont alors VUS et momentanément brisés. L’énergie les constituant a surtout été utilisée pour maintenir en¬semble ces fragments épars. Leur totalité est notre ego. Cette énergie a aussi été utilisée par l’ego pour ne pas se trouver face à lui même afin de ne pas être consterné, car sa fonction première est d’aller vers l’agréable et d’éviter le désagréable.

Si nous sommes un peu disponible, nous la sentons circuler dans notre corps. Nous voyons alors que le mental et le corps sont énergétiquement liés. Le mental agit sur le corps, le corps répond au mental. Nous en déduisons que le mental a aussi une réalité physique, tout comme le corps, mais d’un autre ordre. Ces prises de conscience renforcent la pratique de la Distanciation, la ren¬dant plus lucide, plus stable, la connectant à une sensation corporelle, comme si cette attention neutre et vigilante se traduisait physiquement par une impression légèrement différente, ce qui permet au discernement d’agir à son tour plus profondément, pénétrant des niveaux dont nous n’étions pas conscient.

Nous comprenons que ces conditionnements ne sont pas seulement imprimés dans notre cerveau, mais également dans tout ce qui nous constitue, du système nerveux à la cellule. Ces conditionnements familiaux, communautaires, sont imprimés dans la totalité de nous-même.

 » Un homme a en lui des peaux nombreuses recouvrant les profondeurs de son coeur. L’homme connaît tant de choses. Il ne se connaît pas lui-même. Ah ! Trente ou quarante peaux ou cuirs tout à fait semblables à ceux d’un boeuf ou d’un ours, recouvrent l’âme. Pénétrez donc dans votre fondement et apprenez-y à vous connaître.  » Maitre Eckhart* XIVème siècle

Nous sommes constitués de strates comme des couches de sédiments. Chaque cou-che protège la précédente.

Comme dans notre amphithéâtre où le public du rang de devant fait écran à celui de derrière. Ce sont nos défenses protégeant notre principe de cohésion et de cohérence. Quand celui-ci est en risque, nous nous servons de leurres. Ainsi apparaît la colère, parfois la rage ou le désespoir. Ou bien nous ve¬nons d’entendre une phrase, un mot capital mais comme cette phrase, ce mot met en risque notre système de cohésion, nous l’oublions instantanément. Alors, nous voyons à quel point et avec quelle intensité les leurres nous ont possédé ; à quelle profondeur nous nous court-circuitons. Ce sont de magnifi¬ques occasions de nous voir tel que nous sommes.

La seule façon de changer est de se voir tel que l’on est et d’accepter d’en être profondément consterné. Le coeur de l’expérience de la vie est l’accepta¬tion du moment présent. Le discernement est le début de la compréhension profonde de notre mécanicité. La découverte du mouvement mécanique et répétitif de la structure mentale est indispensable. Nous nous rendons compte que plus on s’éloigne de ce qui est automatique, structuré, sédimenté, plus cela nous connecte à notre vitalité.

À ce stade, il faut faire bien attention de maintenir la distancia¬tion car les ruses de la population de l’amphithéâtre sont sans fin. Les sous-personnalités ont leur intelligence mécanique propre et se protègent par un système de leurres en s’alliant entre elles. C’est seulement quand notre arrière-plan est totalement neutre, stabilisé dans un silence vigilant se sachant, que le travail peut se poursuivre et que les leurres n’adhèrent plus.

Entretenir cette attention vigilante doit être une préoccupation constante. Nous commençons à avoir conscience que cette chape de sommeil nous recouvrant peut être brisée. Le 999ème petit personnage est devenu trente personnes re-groupées en haut de notre amphithéâtre, plus lucide, plus fluide, plus sub¬til. Cela vaut bien un effort de tous les instants, continuons… Ainsi fonctionne le deuxième D LE DISCERNEMENT

‘La désidentification’

Première partie

Nous sommes toujours en identification. L’ceil s’identifie à la vision, l’oreille à l’audition, la langue au goût, la peau au toucher, le nez à l’odeur, le mental à la pensée. La pensée est la mémoire. Cela, nous devons apprendre à ne pas l’oublier. Tous les personnages qui sont au micro disent,  » je  » : il y a un court in¬tervalle entre le départ d’un personnage et la prise du micro par le suivant, mais généralement, l’identification nous lie au temps et cet intervalle échappe au conscient.

Il y a une illusion d’un  » je  » continu.

Par une pratique de plus en plus constante de la distanciation, du discerne-ment, puis de la désidentification, cette illusion petit à petit va disparaî¬tre. La désidentification est le début d’une certaine liberté au plan psychologi¬que. Un ego plus conscient, moins lié au temps commence à se former. Nous voyons plus clairement que nous intégrons les mêmes modules mentaux, répétant plus ou moins les mêmes scénarios. Alors par une connaissance plus profonde de la nature et de l’origine de nos conflits, nous nous désidentifions des mécanismes qui sont les mouvements automates de nos sous-personnalités. Une compréhension d’une autre nature commence à naître, cer¬tains agrégats ou parties de nous-même sont plus appropriés à telle ou telle situation, puis à la vie en général. Les interférences sont moins nombreuses. Nous commençons à être capable d’un début de vrai choix au lieu d’être choisi par ce qui n’est pas résolu en nous. Les conflits s’apaisent.

Nous avons compris que la pensée est exté¬rieure à nous et que nous sommes le jouet de ces projections identifications issues de notre passé qui mènent la danse.

Notre ego conscient commence à mieux se former. Il est silence, absence de jugement. Très souvent nous nous rendons compte qu’il n’y a rien à faire, juste à être présent et à laisser la partie adéquate de nous-même prendre le pouvoir pour régler telle ou telle situation.

La Vérité est la situation. Plus nous serons prêts à l’accepter , cela con-siste à dire oui à ce qui est, et aussi à ce qui va arriver, plus l’énergie disponible sera importante, alors notre créativité, notre pouvoir magnétique, nos différentes qualités, feront surface et seront renforcés.

Mais, nous voyons toujours la situation à travers nos prismes faits d’atti-rances et de répulsions, de j’aime et de je n’aime pas. Maintenir le conflit subconscient entre ce que nous sommes et ce que nous croyons être, entre no¬tre surface et notre fond nous aveugle, nous fait consommer une énorme quan¬tité d’énergie.

 » L’homme ‘sans affaire’ est celui qui a laissé fusionner la surface et le fond jusqu’à ce que ses affects s’épuisent dans une totale absence de points d’appui.  » Houang Po* IXème Siècle.

Nous réalisons qu’il y a une insatisfaction chronique qui nous fait projeter dans le futur en permanence. Nous réalisons que cette insatisfaction n’est produite que par des émotions, des affects anciens refoulés. Nous réalisons que cette insatisfaction, ces émotions, ces affects sont la base de notre ego.

Nous voyons comment l’incertitude, puis l’anxiété, stimulent le choix entre ce qui est positif et ce qui est négatif, le pour et le contre, l’amour et la haine. Nous réalisons alors un peu plus profondément comment nous alimentons ce pro¬cessus entretenant notre ego. La désidentification conduit à la prise de conscience profonde de cela, et au lâcher- prise qui en découle.

Alors, sachant qu’il convient d’agir selon des situations toujours changean¬tes, nous nous projetons de moins en moins. Chaque situation commence à devenir un jeu, une source de plaisir. C’est la situation qui nous modèle et non nous qui cherchons à modeler la situation. La vie devient plus facile. De temps en temps, les structures de peur, d’anxiété, réapparaissent. Mais elles sont de plus en plus vues pour ce qu’elles sont, c’est-à-dire de vieux schémas pour maintenir notre culpabilité d’origine.

Bien se rappeler : s’il y a peur, il y a, derrière, culpabilité. La peur est la partie émergée de l’iceberg apparaissant dans le conscient. La partie immergée dans l’inconscient est la culpabilité. La peur nourrit la culpabilité. La culpabilité lie la peur aux situations traversées. Souvenez-vous de la devise de Bayard, chevalier de François ter  » Sans peur et sans reproche.  » Autrement dit sans peurs et / parce que sans culpabilités. Comprenant cela, bien que la peur soit le principal ennemi de l’homme, nous voyons qu’elle est liée aux apparences.

Dans une certaine mesure, elle nous est utile car elle nous montre là où nous devons nous pardonner, là où nous devons nous aimer. Nous avons maintenant bien compris comment nos mécanismes de peur et de cul-pabilité attirent ce qui les renforcent. Cela est redoutable, souvent mortel.

 » Si tu es atteint d’une maladie mortelle, change de ville, change de nom. La Kabbale* (écrits chinoui mazl et chinoui makoum)

Si nous remontons vers les causes premières, si nous réussissons à les modi¬fier, en implantant un autre programme, tous les effets en découlant seront modifiés. (Voilà sans doute pourquoi les gens entrant en religion changent de nom). Ce sont nos vieilles identifications qui sont à l’origine de ce que nous ex-périmentons . C’est notre système de cohésion et de cohérence qui choisit le moindre mal pour se maintenir. La vie est au présent, le passé est mort, le futur en gestation.

La peur se conjugue au passé (décomposé), l’anxiété se conjugue au futur (projeté), la vraie vie se décline au présent. La vraie vie est en amont du mental. Souvenons-nous des Évangiles (Mathieu, 8-22). On demande à Jésus* :  » Permets-moi d’aller ensevelir mon père.  » Jésus répond :  » Suis moi, et laisse les morts ensevelir les morts.  »

Lecteur, êtes-vous vivant ? Un peu, beaucoup, passionnément, à la folie ou pas du tout ? Réfléchissez… posez-vous vraiment… la question. Si nous nous sommes vraiment posé la question, peut-être avons-nous quitté ce texte des yeux et regardons-nous le mur en face. Sur ce mur, il y a un tableau. Décrochons-le. Maintenant que voyez-vous ? Le mur ? Ou l’absence du tableau ? ! Si nous voyons l’absence du tableau, c’est que le mental est au pouvoir. Ou alors, rappelons-nous un lieu, un hôtel, une maison où nous avons vécu une histoire heureuse, malheureuse ! Quelque temps après, nous revenons dans ce lieu. Regardons comment notre ego enveloppe la situation se drapant des émotions insatisfaites du passé. Com¬ment il se surimpose à tout, comment il court-circuite le présent. Là n’est pas la vie, mais ce sont des occasions de comprendre un peu plus la mécanique mentale qui nous possède. Elle ne peut ni voir ni accepter ce qui est. Elle le rejette et projette autre chose.

La nature du mental est de fixer, de prendre des points d’appui.

Le mental est une non-entité qui cherche à renforcer son existence illusoire d’une fa¬çon permanente. Si nous arrivons à le mettre face à lui-même, il disparaît.

Parfois, nous connaissons cela face à un magnifique coucher de soleil, sous le coup d’une émotion tellement pure, devant une oeuvre d’art authentique, ou plongés dans une occupation qui nous absorbe entièrement. Alors, l’énergie de la vie traverse certaines de nos couches, et pour quel¬ques instants nous nous sentons en connexion avec … autre chose.

La désidentification est le processus plus ou moins rapide qui nous permet de passer du mécanique au dynamique. Nous commençons à être relativement vivant, mais pas tout à fait. Une partie de nous est neuve. L’autre n’a pas encore été transformée. Nous nous voyons de plus en plus tel que nous sommes, cela accélère notre évolution. Parfois, c’est très désagréable, car au lieu de lâcher nous nous défendons, mais cela ne dure jamais car la vie prend soin de nous, elle se cherche à travers nous. La vie s’aime, l’évolution en témoigne.

Le monde extérieur nous donne l’occasion de nous voir, de nous observer. Le monde extérieur nous donne une chance de nous interroger. Le monde extérieur nous donne une opportunité de nous transformer. Nous commençons à nous rendre compte que les situations que nous traversons sont les plus appropriées pour accélérer notre évolution, que les conflits que nous vivons à l’extérieur sont les reflets de nos déséquilibres intéri¬eurs.

Les relations de couple, les relations affectives sont un miroir qui nous renvoie à notre masculinité, à notre féminité. C’est pour nous l’occasion d’harmoniser nos côtés masculin et féminin (animus/anima). Si nous sommes un être humain masculin, nous devons dévelop¬per et équilibrer notre féminité qui se met au service de notre entité mascu¬line.

 » Il convient qu’un homme soit mâle et femelle toujours, afin que sa foi demeure stable et pour que la présence ne le quitte jamais. Le Zohar* 1

1 Lao Tseu, Jésus, nous disent la même chose. (cf. glossaire )

Une femme n’a pas autant de problèmes sur ce plan, car elle n’est pas née du ventre d’un homme. Les interférences entre ces deux pôles, s’ils ne sont pas à leur place, sont sans nombre aussi bien dans la construction, que dans la défense de l’image de nous-même ainsi que dans les relations que nous entretenons avec le sexe opposé.

La vie sur le plan des relations est un miroir. Nul n’est attiré par un autre si cet autre ne porte en lui une partie de nous-même (de nos sous-personnali¬tés). Ces parties sont généralement enfouies parce que non acceptées. L’autre est alors le moyen de leur expression.

Comprenant cela, nous cessons de reprocher à l’autre des caractéristiques qui sont les nôtres.

 » L’amour conscient éveille le même en réponse L’amour émotionnel provoque le contraire L’amour physique dépend du type et de la polarité Gurdjieff*

Tomber amoureux consiste souvent à projeter une partie de nos sous-personna¬lités inconscientes sur l’autre, puis après un temps, quand l’énergie de ces sous-personnalités s’est exprimée, apparaît la vulnérabilité refoulée, ce qui stimule les ancrages inconscients (père / fils ou fille // mère / fille ou fils), la relation alors évolue généralement dans une zone de conflits qui nous renvoie à ce qui émotionnellement n’est pas réglé. Désamorçant nos anciens conflits, nous évitons la souffrance occasionnée par la répétition d’un scénario qui se reproduira inévitablement si les causes premières l’ayant créé ne sont pas intégrées.

Nos progrès s’accélèrent, nous comprenons mieux l’effet miroir de notre envi-ronnement.

 » Ote d’abord la poutre de ton oeil et alors tu y verras pour ôter la paille de l’ oeil de ton frère.  » J.C.(Matt, 7.3)*

Nous voyons que si quelqu’un à qui nous reprochons quelque chose de particu¬lier, mensonge, malhonnêteté, inconsistance, etc. reste dans notre entourage, c’est que nous portons toujours ces structures enterrées quelque part en nous-même. Le réalisant, nous élevons notre niveau de conscience, nous ressentons l’énergie bouger, notre corps s’alléger. Souvent ensuite, spontanément, notre environnement change, se modifie.

LA DÉSIDENTIFICATION

Deuxième partie

Nous ne sommes plus chenille, pas encore papillon, l’état de chrysalide est parfois inconfortable, mais nécessaire. Nous sentons une autre qualité de vie commencer à naître, nous voyons qu’à force de nous tenir en amont de notre mental, nous cristallisons une énergie nouvelle qui nous rend plus vivant, qui augmente notre champ d’action. Nous nous ouvrons consciemment à la vie psychique. Cela peut être un accès à une autre qualité de vie, à d’autres dimensions.

Nous sommes à présent conscient que les limites que nous rencontrons dans le monde sont celles que nous avons créées dans notre mental, dans nos systèmes de croyance. Notre mémoire les entretient par l’habitude.

 » Pour faire cette traversée il faut tout d’abord renoncer à tout ce qui en cette vie nous parait une bénédiction mais qui est en réalité habitude. Gurdjieff*

A travers les différents lâcher-prise que nous avons vécus, nous avons vu que la conscience et le physique sont énergétiquement liés. Nous ressentons la conscience comme une énergie. La physique moderne a démontré que la matière se transforme en énergie.

 » La matière et l’énergie sont identiques.  » Albert Einstein*

Les dieux, les puissances invisibles, les mythes de nos ancêtres paraissent correspondre aujourd’hui à une infinité de champs : magnétique, électromagné¬tique, électrochimique etc. On peut penser que les « miracles « , ou phénomènes physiques non expliqués correspondent à un ordre naturel ou s’interpénètrent d’autres étages, d’autres dimensions.

La conscience, dans un premier temps, est l’échelle re¬liant ces étages, ces dimensions, puis elle les englobe.

L’attitude juste dans la vie n’est-elle pas d’être comme un scientifique dans son laboratoire ? Nous avons tous un laboratoire portable physique et mental, expérimentons donc. Nous ne pouvons avancer qu’à la lumière de notre propre expérience. Pour cela la stabilité et l’indépendance économique sont les bases indispen¬sables sur lesquelles nous devons construire notre vie, si ces bases ne sont pas stables, c’est que nos systèmes de culpabilité sont encore actifs. C’est l’occasion de nous réaligner et de nous poser la question ? Qu’est-ce que je veux vraiment ?

Pour réussir notre vie, il est nécessaire que nous définissions clairement nos objectifs. Sans but, rien n’est possible. À ce stade, nous avons déjà intégré une grande partie de nos mécanismes. Nous avons compris que ce n’est pas l’inconscient qui décide et le conscient qui exécute, ça ne l’a jamais été. Le micro est le point d’où partent les ordres. L’inconscient les exécute comme il peut. Nous avons compris que la pensée est une énergie. Cela peut être une énergie créatrice consciemment contrôlée. Le conscient décide, l’inconscient exécute, il nous suffit d’être aligné.

Exemple: Vous êtes à A, vous voulez aller à Z. Gardez Z à l’esprit, visualisez-le, gardez-le au présent. Vous passerez peut-être par C, E, Y, w, revenant par G, vous ne savez pas. C’est souvent la peur et l’anxiété qui tracent un itiné¬raire. Gardez Z à l’esprit, gardez-le au présent, lâchez prise, laissez faire, il n’y a rien à faire, sauf si cela vous est imposé, si ça ne vous est pas donné, ne faites rien, attendez que ça vienne, restez aligné. Garder Z au présent le matérialise. La foi n’est rien d’autre que  » la conviction absolue  » de la réalité des choses dont on a pas l’évidence manifestée.

L’action de nous aligner consciemment  » est la foi « .

 » La foi consciente est liberté. La foi émotionnelle est esclavage. La foi mécanique est stupidité. Gurdjieff*

Les choses existent d’abord sur un plan virtuel, puis potentiel, enfin mani¬festé.

Exemple : Vous avez un désir de conscience. Vous voulez acheter un ouvrage sur le su¬jet. Vous avez acheté LES QUATRE D « , il est maintenant dans votre main, il est manifesté dans votre main. Chez les éditeurs, il y a des milliers de textes sur la conscience et le travail sur soi. Ce livret dans votre main (était alors ; est) virtuel. Chez le libraire, il y a trente ouvrages sur le sujet. Celui-ci (était alors, est) potentiel. Dans votre main, il est manifesté. Toute l’astuce pour réaliser quoi que ce soit consiste à amener la chose du virtuel au potentiel puis au manifesté, sans les interférences de la peur et de l’anxiété. Cela se passe au présent.

Plus vous êtes conscient, plus vous êtes unifié, plus votre pouvoir de mani¬festation est fort. L’attitude juste déterminant la désidentification est toujours de pratiquer la distanciation, le discernement, c’est-à-dire de se maintenir à l’arrière-plan du mental, puis de laisser les différentes sous-personnalités ou les agrégats constitués de nos différents moi, bouger librement comme des bulles d’air remontant lentement vers la surface. Le conscient a fait un travail de discernement. Vous savez à quelle sous-personnalité chaque pensée, chaque sentiment ou presque se rattache. Tout cela défile devant vous sans interven¬tion. Cela ne vous attrape plus automatiquement.

Ayant compris que la clef est de vous aimer là où vous ne vous aimez pas, de vous pardonner là où vous ne vous pardonnez pas, vous ne refoulez plus les différents agrégats, ce qui les renforce. Votre ego de conscience, de mieux en mieux formé, ne compensant plus, attire dans l’instant, sans votre intervention, l’agrégat ou la sous-personnalité adéquate en fonction de la situation traversée. Votre vie commence à se connecter à la vie, sur un plan pratique, elle est plus heureuse, elle vous répond.

Votre amour est moins émotionnel, son ressenti est celui d’une meilleure union avec vous-même, avec les autres. Vous n’êtes plus aveuglé par vos pris¬mes ; alors, naturellement, voyant la situation telle qu’elle est, vos objec¬tifs relatifs sont atteints plus facilement, vous ne vous sabordez plus vous-même. Votre mental devient un outil de plus en plus performant. Vous créez votre vie. Vous n’êtes plus en projection-identification, c’est- à-dire, pro¬jeté dans un futur lié à une pelote inextricable d’émotions stratifiées du passé.

Vous savez que la pensée est la mémoire. Vous savez que la mémoire n’est pas la vie. Sachant que la vie est au présent, vous commencez à intégrer que :  » C’est par le non-agir que tout se fait.  » Lao Tseu* Morceau par morceau, fil par fil, molécule par molécule, une petite moitié de votre amphithéâtre a muté. Les personnages sont devenus plus fluides, plus translucides, plus subtils. Ils sont là avec les autres, mais les autres ne les voient presque plus. Ils sont moins attrapables, ils se sont connectés à une autre qualité d’existence, à un autre niveau de conscience. Ils ont perdu leur voile et très naturellement se sont unifiés. Ils sont le résultat d’une vraie volonté, d’un vrai effort conscient qui les a cristalli¬sés. Vous vous êtes fabriqué un ego de conscience, un moi directionnel, une âme.

 » Heureux celui qui a une âme Heureux celui qui n’en a pas Malheur et souffrance à celui qui n’en a que le germe Gurdjieff*2

2 Jésus nous dit la même chose (évangile de Thomas)

À celui qui a dans sa main, on donnera et à celui qui n’a pas, même le peu qu’il a, on le prendra. Matthieu 25/14 à 30 : la parabole des talents Luc 19/12.26 : la parabole des mines, nous disent la même chose

Ainsi fonctionne le troisième D :

LA désidentification

NOTE AUX TROIS PREMIERS D

La pratique soutenue des trois premiers D va cristalliser l’être psychique. Cela peut développer des siddhis (pouvoirs psychiques). Stimulation de l’intuition, vision de l’aura et des plans énergétiques. Sortie de corps et action sur les plans subtils : le potentiel, le virtuel. Monter dans la lumière des plans supérieurs. Connexion à d’autres espaces-temps : le domaine des idées de Platon*. Accès au monde des symboles, de l’imaginal, des archétypes de Jung*. Cela est une ouverture sur des mondes bien réels, à la limite du  » manifesté  » et du  » non manifesté « .

Si les siddhis sont un signe de progrès, ne pas oublier que souvent les Maî-tres considèrent les siddhis comme des obstacles sur la voie. Ils apparais-sent car l’ego a muté, il est devenu plus poreux, plus subtil. Il a changé de niveau de conscience. Si la motivation de l’aspirant n’est pas pure, s’il a oublié que les siddhis appartiennent au monde mental et qu’il s’identifie à eux, les mettant à son service sans discernement, il risque de retomber dans une identification plus opaque encore, et peut induire des déséquilibres psychologiques et même par¬fois physiologiques importants. S’il ne se met pas en canal de la réalité à laquelle il aspire, il aura alors le plus grand mal à progresser vers son but, la liberté, la conscience uni¬fiée, le nirvana, le royaume des Cieux. La distanciation, le discernement puis … la désidentification nous conduisent au quatrième D :

La discrimination

La pratique de la distanciation et du discernement est maintenant une chose établie. Nous utilisons la désidentification, la plupart de nos conflits ex-térieurs sont résolus, la vie commence à être plus agréable, nous sommes plus en adéquation avec elle. Nous arrivons maintenant au quatrième D, le plus important, car c’est lui la clé de la liberté : la discrimination.

Nous vivons toujours dans la division, dans la dualité Nous sommes toujours dans un rapport de sujet et d’objet. Moi et ma vision, moi et mon audition, moi et mes pensées. Nous ne connaissons que le Deux, dans l’état de veille ou dans l’état de rêve.

Les philosophes, les sages, les saints ont tous énoncé le Un, la Vérité, l’Absolu, la Réalité, Dieu, comme l’Unité ultime. Le Un est l’étage supérieur de la conscience de la vie. Les idées, les con-cepts, tout ce que nous connaissons, l’amphithéâtre, sont de l’étage du Deux. Notre problème est de passer du Deux au Un.

Les hindous ont élaboré un système appelé la discrimination. Depuis cinq mil-lénaires, il se sont spécialisés sur la question. Ils ont inventé un concept qu’ils appellent la lilâ. La Lilâ est un jeu, un jeu de cache-cache cosmique : Le Un ne peut pas se connaître. Pour qu’il y ait connaissance, il faut un sujet, il faut un objet.

À un moment, là où naît l’univers, il se fragmente le Un devient deux, quatre, huit seize. Trente-deux (comme les cellules de l’embryon). Dès cet instant le Deux aspirera à retrouver l’Unité. Cet absolu devient minéral, végétal, animal, humain.

Humain : l’intelligence.

L’intelligence : la faculté d’abstraction.

La faculté d’abstraction : l’interrogation métaphysique.

Dans cette interrogation, si l’homme est unifié, autrement dit si sa cons¬cience n’a plus la possibilité de s’identifier à aucun de ses fragments, il passe à l’étage au-dessus, Dieu, l’Absolu, la Vie, la Conscience, le Un … (au choix) naît en lui. À cet instant, l’homme meurt à lui-même et renaît à la vie. Ce n’est plus lui qui vit sa vie, c’est la vie qui vit en lui.

En cet instant, tout, absolument tout, est différent. Il fait un avec la vie. La peur, l’anxiété sont définitivement mortes. En d’autres termes, nous ne pouvons pas saisir ce que nous sommes : La Vé¬rité, l’Unité, Dieu, l’Absolu … (au choix), mais nous pouvons saisir ce que nous ne sommes pas : nos pensées, notre corps, ce qui s’inscrit sur l’écran du mental. Cela est comme un oignon dont on enlève peau après peau. À la fin, il n’y a pas de noyau, juste une dernière peau. Voici donc ce qu’est la discrimination.

Vous ne pouvez pas saisir ce que vous êtes (l’unité), mais vous pouvez saisir ce que vous n’êtes pas (la dualité).

Quand tout ce que vous n’êtes pas a été « saisi « , reste ce que vous êtes.

La question à se poser, pratiquant toujours les trois premiers D, est : qui dit cela, qui pense cela, qui perçoit cela…, ? etc. Tout d’abord, la forme est perçue, et c’est l’œil qui perçoit, – à son tour, l’œil est perçu Le mental est maintenant le sujet percevant. Le mental et ses modifications passent enfin dans la catégorie des objets perçus C’est le spectateur qui en dernier ressort perçoit réellement et ce specta¬teur nul ne saurait le percevoir. Sankara* XIème siècle

Vous avez bien compris que si l’ego, la personne dans ses couches supérieu¬res, recherche l’agréable et fuit le désagréable, dans ses couches les plus profondes, elle n’est que  » volonté de se maintenir « . Pour cela, le conflit, la dépression, la grande souffrance, la maladie font aussi bien l’affaire que l’excitation liée à une expérience nouvelle, stimulante et enrichissante. L’identification à ce qui est lui suffit. Son centre est un magma de vieilles douleurs. Ce centre est intelligent, il est en recherche permanente de sécu-rité. Pour exister, il se surimpose aux événements présents, les voyant sou¬vent comme ennuyeux ou pénibles alors qu’ils ne le sont nullement.

L’ego n’est qu’un désir permanent d’être. Au fond de lui-même il sent qu’il peut être détruit. Il ne veut pas être reconnu comme étant différent de vous. Pour cela il cherche en permanence à distraire votre vigilance. Presque toujours il y parvient en vous faisant penser. Interrogeons-le, puis traquons-le de l’intérieur avec un intellect de plus en plus acéré. Ramenons-le avec détermination comme un chien berger regroupe les moutons, face à lui-même, là où il n’est pas. Qui est-il ? Qui est-il vraiment ? Qui est ce JE ? Qui est vraiment ce JE ? Quelle est sa nature ? Comment s’entretient-il ? Sur quoi s’appuie-t-il ? Ce sont toujours les mêmes questions, mais plus elles percent les couches, plus leur intensité a un parfum de nouveauté, plus nous nous sentons pénétré par l’interrogation. Elles tournent toujours à l’intérieur… de JE… et de ses points d’appui…

Le corps et le mental n’ont pas la connaissance directe de la vie. Ils lui sont extérieurs, le JE ne la connaît qu’à travers les concepts et les formes perçues par les sens. Les personnages les plus grossiers qui n’ont pas muté dans l’amphithéâtre, s’introduisent violemment de force dans le présent. Vous voyez alors que le présent n’est jamais vraiment vécu.

Cela vous renvoie à cette interrogation Qui est ce JE ? Que vit-il ou ne vit-il pas ? Que perçoit-il ou ne perçoit-il pas ? Maintenant, vous sentez que plus de la moitié de la population a muté. Par¬fois, l’interrogation fait bouger la structure même de l’amphithéâtre. Vous pressentez que la mutation des personnages peut atteindre un point de masse décisive où tout bascule.

Ainsi fonctionne le quatrième D : la discrimination

L’éveil

Rien ne conduit à l’éveil si ce n’est… le cinquième D : la dissolution.

Si les trois premiers D ont été suffisamment pratiqués, la gangue personnelle est fissurée, fragmentée ; alors seulement la discrimination opère.

La chose importante est la question. Peu importe la réponse, c’est la question qui est levier, elle tournera inva-riablement autour de : Qui suis-je ? Qui perçoit ? Quelle est la nature du perçu ? D’où vient cet univers ? Qu’est-ce qui est réel ?

La pratique du travail sur soi, une crise psychologique, un moment vacant, rassembleront votre être. Cela ne peut marcher que si votre être est totale¬ment rassemblé. La pratique induira la bonne question, au bon moment. L’énergie de la question ne pouvant se cristalliser sur une réponse revient vers le questionneur et le dissout. C’est ainsi que se produit l’éveil.

À un moment, un moment de grâce vous allez vraiment, mais vraiment, vous po¬ser la bonne question. Vous pratiquez la distanciation, le discernement, la désidentification. Un aspect de vous-même va apparaître et vous allez vous poser la question : Cela, c’est quoi ? Maintenant vous discriminez Moi ? mais, moi qu’est-ce que c’est moi ? Mais alors qui perçoit ? Alors, vous vous retrouvez sans aucun point d’appui ! Rien ! le vide !

Le travail préliminaire aura usé les ruses de l’ego. À cette seconde, lâchant prise, vous intégrez : l’absence de vous-même, le vide (l’extinction des soufis *, la vacuité des bouddhistes *).

En cette se¬conde, Tout, absolument Tout, est différent. Ce n’est plus vous qui vivez votre vie, c’est la vie qui vit en vous et se reconnaît. En cette seconde votre amphithéâtre est  » vide « . La conscience – réflexe à disparu. Vous êtes un avec toutes choses. Vous êtes l’amphithéâtre de la vie.

La peur est morte. L’anxiété est morte. Vous utilisez la mémoire mais la mé¬moire ne peut plus vous utiliser. Vous pensez seulement si c’est nécessaire. La vie est devenue intensément goûteuse,… jouissive… Plus jamais vous ne pourrez dire : Je pense donc je suis. Peut-être, vous pourrez dire je pense donc je ne suis pas, Donc je suis.

Le sujet et l’objet se sont perdus. Il n’y a plus d’objet perçu et de sujet percevant, les deux ont disparu dans la perception et cette perception est infiniment, pleine…, joyeuse…, dynamique…. Vous êtes né à nouveau (le Bouddhisme parle des deux fois nés).

Vous avez retrouvé la spontanéité de l’enfant, il ne sera jamais plus vulné¬rable. (Pour entrer dans le royaume, redevenez des enfants J.C.)

Il sait qu’il ne peut plus rien lui arriver, il se sait être la conscience de la vie. Seule cette conscience peut vraiment Aimer. Car sa nature est Amour. Cela est à la portée de tout le monde. Il suffit de pratiquer.

Appendice à l’éveil

D’un sourire disons, que : parfois les dieux jalousent les hommes car les hommes ont le potentiel d’aller au-delà du domaine des dieux. D’un clin d’oeil, illustrons cela. Revenons en arrière, relisons page 79.

Tout est dans le passage de  » À cette seconde à En cette seconde « . Là, l’illusion s’écroule, l’ego se dissout. Si vous voyez dans la Lumière l’Archange ou Dieu, sous quelque forme que ce soit, rappelez-vous bien la phrase de Lin-Chi* vieux maître du Tch’an* : Si tu rencontres le Bouddha, tue-le !

En d’autres termes, lâchant prise totalement, votre ego dans une ultime ten¬tative d’expansion, cherchera une dernière identification pour se maintenir dans la relation  » sujet, objet « . Une forme lumineuse, le diable, une divi¬nité, le bouddha. C’est le dernier piège, la dernière illusion d’où la phrase du vieux maître du Tch’an*.

Epilogue

Une interrogation métaphysique pour un peu de pratique, revenons à notre su¬jet et à notre objet. Le sujet c’est par l’objet, qu’il est sujet l’objet, c’est par le sujet qu’il est objet. Les deux sont absolument interdépendants. Ils ne peuvent exister l’un sans l’autre. Le sujet, dès qu’il est conçu comme sujet, de par cette conception même… devient objet. De qui …? De celui qui le conçoit. Le fait de concevoir le sujet l’objective instantanément. Donc, le sujet ne peut être conçu… car sa conception même en fait un objet. Si le sujet ne peut jamais être conçu.

Où donc est l’objet ?

Conclusion

Maintenant, essayons d’en finir une bonne fois pour toutes, prenons la phrase de Houang-Po* : malaxons-la, triturons-la, pénétrons-la. Transformons-la en un bâton de dynamite et allumons la mèche :  » Laissez-moi vous rappeler que le perçu ne peut percevoir.  » À propos, connaissez vous autre chose que le perçu ? … Si cela n’a pas suffi, méditez cette injonction. Ne réponds pas au perçu.

 » La forme n’est que vide. Le vide n’est que forme. Le Sutra du Coeur*

GLOSSAIRE ET MORCEAUX CHOISIES

Le Bouddhisme :

Fondé par Shakyamuni, né en 563 ay. J-C, en réponse à la souffrance. La cause de la souffrance est la croyance en un ego, dont le principe est de perpétuer notre individualité par le désir. Cela vient de l’ignorance. Nous courons après un désir puis un autre… L’illusion de la durée est due à un jeu de l’esprit causé par l’attachement. Par la méditation vient l’intégra¬tion de cela qui aboutit à l’illumination.

Paroles du Bouddha

 » Vous êtes votre propre refuge. Il n’y en a pas d’autre. Ce refuge est dif-ficile à réaliser. Le JE est notre maître. Il n’y en pas d’autre. Ce maître est difficile à libérer. Vous ne pouvez sauver un autre. Vous ne pouvez sau¬ver que vous-même. Si vous commettez l’acte mauvais, vous récolterez le fruit amer. Si vous ne le commettez pas, votre JE sera purifié.  »  » L’extinction de la cupidité, l’extinction de la colère, l’extinction de l’illusion, c’est cela qui s’appelle Nirvana. »

 » La haine ne cesse pas par la haine, la haine ne cesse que par l’amour.  »

 » Le but de la vie n’est pas d’acquérir de la réputation, ni de devenir mora-lement impeccable, de se concentrer ou de devenir savant. C’est l’inébranla¬ble délivrance du coeur. C’est cela l’objet de la vie sainte. C’est son es¬sence, sa fin.  »

La Kabbale :

Le mot Kabbalah dont est issu le mot français kabbale signifie en hébreu tra¬dition. Le texte kabbalistique le plus connu est le Zohar. La Kabbale est une voie sacrée, magique, métaphysique par laquelle s’expriment les vues les plus profondes de la mystique juive.

Le Soufisme :

Apparu au XIème siècle en réaction à la vision traditionnelle islamique, le soufisme est une connaissance qui libère et ouvre au divin. L’homme y est vu comme exilé. Sa vie consiste à prendre conscience de son exil et à trouver en lui les moyens de son retour. Par l’amour d’Allah (Rabia) Par l’union à Allah, car identique à lui.  » Je suis Dieu  » (Hallaj). Par une approche non dualiste menant à une conscience unitive (Ibn Arabi). Par l’abstraction où le concept suivant élimine le précédent (Niffari). Al Junayd :  » le soufisme, c’est que Dieu te fasse mourir à toi-même afin de te ressusciter en Lui « . Ce mourir à soi-même est  » fana: « , l’extinction.

Le Sutra du coeur :

L’un des quarante sutras formant la Prajnaparamitra-sutra. Ce sutra a une grande importance dans le Zen car il énonce la formulation de la vacuité. Sutra : littéralement veut dire fil conducteur. Les sermons du Bouddha ont été transcrits sous forme de sutras, généralement des phrases courtes et in¬cisives.

Le Tch’an ou Zen :

Introduit d’Inde en Chine par Bodhidharma (470-543). Existe de nos jours au Japon sous le nom de Zen. Se résume à quatre principes : Une transmission spéciale en dehors des Ecritures ; aucune dépendance à l’égard des mots et des lettres ; se diriger directement vers l’âme de l’homme et réaliser que c’est la nature d’un Bouddha, nous l’intégrons quand nous comprenons qu’en tant qu’être divisé nous ne sommes absolument pas. Alors… tout est. Cette prise de conscience subite est l’éveil.

Le Vedanta :

De tous les systèmes de la pensée hindoue, la philosophie du Vedanta est la plus étroitement liée à la religion indienne. L’Advaïta-Vedanta (non dua¬lisme) est le courant majeur issu du Vedanta. Pour le Védanta les phénomènes matériels ou mentaux n’existent qu’en fonction de la réalité ultime, la pure conscience.. Elle est indestructible et auto¬nome. Quand un individu perçoit un phénomène du point de vue  » de lui-même ce phénomène entretient son ego. Quand un individu perçoit un phénomène du point de vue  » de la réalité « , la réalité relative du phénomène disparaît ainsi que l’ego sous-tendu par cette perception. L’exemple classique du Védanta est celui du serpent et de la corde. Dans une pièce sombre un homme voit un serpent. Peur, panique, adrénaline, fuite… Soudain, il réalise que ce qu’il avait pris pour un serpent n’est qu’une corde.La projection mentale qui nourrissait son ego s’écroule et si l’homme est mûr, son ego avec.

Le Zohar :

Date de l’empire romain, fut compilé par Moïse Léon au XIVème siècle. Le Zohar est le livre le plus important de la Kabbale. Pour le Zohar, toute chose n’existe que dans la mesure où elle participe au non divin.

Jacob Bôhme : 1575. Cordonnier de village, s’éveille à l’esprit à l’âge de 25 ans, puis écrit malgré l’interdiction qui lui en est faite. Il est dans la lignée de Maitre Eckart et des mystiques rhénans.  » Mais comment puis-je le saisir sans la mort de ma volonté ? – Si tu veux le saisir, alors il te fuit. Mais si tu te remets totalement à lui, alors tu es mort à toi-même selon ta volonté et il devient la vie de ta nature. Il ne te fait pas mourir, mais au contraire il te rend vivant selon sa vie. Tu vis alors non point par ta volonté, mais par la sienne, car ta volonté devient la sienne. Ainsi tu es mort à toi-même, mais tu es vivant à Dieu.  »  » Toute réflexion et toute recherche sur la volonté de Dieu est une chose vaine sans transformation de l’esprit.  » Pour en savoir plus : De la vie au-delà des sens de Jacob Bôhme.

Maitre ECKHART : 1260-1327. dominicain, Maitre de la mystique rhénane. Il énonce la nécessité de sortir de soi pour pénétrer dans l’éternité et devenir un. Là peut s’exé-cuter le dessein de Dieu.  » Plus haut une âme s’élève au-dessus d’elle-même, plus elle est pure et claire, et plus parfaitement Dieu accomplit en elle son oeuvre selon sa res-semblance.  »  » L’Amour à son niveau le plus pur et le plus désintéressé n’est rien d’autre que Dieu.  »

 » Quand vous arrivez à un point où vous ne pouvez plus sentir la douleur ou l’anxiété au sujet de rien, et où la peine n’est plus la peine pour vous, et où toutes choses sont une espèce de pure paix pour vous, alors il y a vrai¬ment naissance.  »  » L’âme doit reposer en Dieu. Son oeuvre divine, Dieu ne peut l’accomplir dans l’âme quand tout ce qui y pénètre est circonscrit par des mesures. Mesure est ce qui renferme les choses par le dedans et le dehors.  » Pour en savoir plus : Traités et Sermons de Maitre Eckhart.

Albert EINSTEIN :

1879-1955, Physicien. A certainement appréhendé l’unité fondamentale de toute chose en ayant lié la matière et l’énergie par une loi.  » La vraie valeur d’un homme se détermine en examinant dans quelle mesure il est parvenu à se libérer du moi.  »  » L’être éprouve le néant des souhaits et volontés humaines, découvre l’ordre et la perfection là où le monde de la nature correspond au monde de la pen¬sée. L’être ressent alors son existence individuelle comme une sorte de pri¬son et désire éprouver la totalité de l’Étant, un tout parfaitement intelli¬gible.  » Pour en savoir plus : Comment je vois le monde d’Einstein.

GURDJIEFF :

1877-1949, maître spirituel. Voit l’homme en état d’hypnose ou de sommeil comme une machine animée par des automatismes. Pour Gurdjieff, le subcons¬cient englobe les facultés supérieures, c’est le vrai conscient.  » Un des meilleurs moyens d’éveiller le désir, de travailler sur soi-même est de prendre conscience que l’on peut mourir d’un moment à l’autre et cela il faut apprendre à ne pas l’oublier.  »  » Tous les prophètes envoyés d’en haut parlaient de la mort qui pourrait se produire dans cette vie, c’est-à-dire la mort de ce  » tyran  » d’où nous vient cet esclavage dans cette vie, une mort dont dépend la première et la princi¬pale libération de l’homme « .  » La première demande, la première condition, le premier test, pour celui qui désire travailler sur lui-même est de changer son appréciation de lui-même, il doit non pas s’imaginer, non pas simplement croire ou penser, mais voir des choses en lui-même qu’il n’avait pas vues auparavant, les voir réelle¬ment. Jamais son appréciation ne pourra changer tant qu’il ne verra rien en lui-même. Et pour qu’il voie, il faut qu’il apprenne à voir. C’est la pre¬mière initiation de l’homme à la connaissance de soi.  »  » C’est très important pour un homme qui travaille sur lui-même de comprendre que le changement ne peut avoir lieu en lui que s’il change son attitude vis à vis du monde extérieur.  » Pour en savoir plus : Fragments d’un enseignement inconnu d’Ouspenski.

HALLÂJ :

857-922. Il vit une union d’amour brûlant où la vie même se consume. Pour Hallâj, le but c’est l’union trans-substantielle avec Dieu. La personnalité humaine s’anéantissant afin d’être envahi par lui. On l’accuse de blasphème, pour avoir déclaré  » je suis la vérité, mon JE, c’est Dieu.  » Il fut torturé, mis au gibet et décapité le 26 mars 922 à Bagdad pour cela.  » Quand Dieu prend un coeur, il le vide de ce qui n’est pas Lui.  » Sache que l’homme qui proclame l’unicité de Dieu, s’affirme lui-même.  » J’ai médité sur les diverses religions en m’efforçant de les comprendre et j’ai trouvé qu’elles relevaient d’un principe unique à ramifications nombreu¬ses. Ne demande pas à un homme d’adopter telle religion car cela l’écarterait du principe fondamental, c’est ce principe lui même qui doit venir le cher¬cher  » Pour en savoir plus : Le Diwan de Hallâj

Stephen HAWKING :

1942 – . Physicien cosmologiste, s’est rendu célèbre pour ses travaux sur l’origine de l’univers.  » Cependant si nous découvrons une théorie complète, elle devrait un jour être compréhensible dans ses grandes lignes pour tout le monde et non par une poignée de scientifiques. Alors, nous tous, philosophes, scientifiques et même gens de la rue, serons capables de prendre part à la discussion sur la question de savoir pourquoi l’univers et nous existons. Si nous trouvons la réponse à cette question, ce sera le triomphe ultime de la raison humaine – à ce moment, nous connaîtrons la pensée de Dieu.  » Pour en savoir plus : Une brève histoire du temps de Stephen Hawking.

HOUANG-PO :

IXème siècle. Maitre Tch’an en tant que Maitre de Lin-chi, il apparaît comme l’un des précurseurs de l’école Rinzai toujours vivante au Japon. Les paroles et sermons de Maitre Houang-Po sont parmi les écrits les plus profonds du T’chan. Il est mort en 850.  » Le profane s’attache aux objets, le chercheur s’attache à l’esprit, oubliez à la fois les objets et l’esprit, voilà la vraie loi. Il est facile d’oublier les objets mais très difficile d’oublier l’esprit. L’homme n’ose pas oublier l’esprit, il craint de tomber dans un vide où il n’aurait plus rien à quoi s’accrocher. C’est qu’il ne sait pas que le vide fondamentalement, n’est pas le vide. Mais il en est ainsi que dans la Loi.  »  » L’éveil n’est pas localisable. Le Bouddha n’a pas plus atteint l’éveil que les êtres vivants ne l’ont perdu. On ne peut pas l’atteindre avec le corps ni le chercher avec l’esprit. L’éveil n’est pas quelque chose que l’on trouve. Il vous suffit de produire l’esprit de ce qui est introuvable et quand vous ne trouverez absolument rien, ce sera l’esprit d’éveil. L’éveil ne se fixe nulle part, c’est pour cette raison que nul ne peut le trouver.  »  » L’erreur n’a pas de substance, c’est entièrement le produit de notre pen-sée, si vous pouviez empêcher tout mouvement conceptuel de la pensée et arrê¬ter votre processus mental naturellement il n’y aurait plus d’erreur pour vous.  » Pour en savoir plus : Entretiens de Houang-po.

IBN ARABÎ :

1165-1240. Il passe sa vie à voyager et bouleverse le monde musulman. Il écrit plus de 300 ouvrages. Pour connaître, l’homme doit d’abord se connaître lui-même en son essence spirituelle. Il ne peut se connaître soi-même qu’en Dieu et par Lui. La formulation d’Ibn Arabi est paradoxale. Il empêche l’es¬prit du lecteur de se fixer. Il l’amène au  » lâcher prise  » en le déséquili¬brant par rapport au plan rationnel.  » L’existence des choses créées est l’existence même du créateur.  »  » Dieu est donc le miroir dans lequel tu le vois toi-même comme tu es son miroir dans lequel il contemple ses noms.  »  » Si tu penses que Dieu est transcendant, commence donc à penser qu’il est immanent Si tu penses que Dieu est immanent commence donc à penser qu’il est transcendant.  » Pour en savoir plus : La sagesse des prophètes, Le traité de l’unité de Ibn Arabi.

JÉSUS :

Pour les chrétiens, Jésus est le fils de Dieu incarné pour sauver les hommes, la base de son enseignement est l’Amour. Pour les musulmans il est dans la lignée des prophètes,  » Heureux les pauvres en esprit car le Royaume des Cieux est à eux.  » (Matt, 5.3)  » Je vous le dis, celui qui ne recevra pas le Royaume de Dieu comme un petit enfant n’y rentrera pas.  » (Marc, 10.15)  » Alors que notre homme extérieur se consume, notre homme intérieur, lui, se renouvelle de jour en jour. (Paul II. Cor, 4.15)  » Mon Père et moi sommes Un.  » (Jean, 10.30) L’Évangile de Thomas :  » Jésus dit : Si tu exprimes ce qui est en toi, ce que tu exprimes te sau-vera. Si tu n’exprimes pas ce qui est en toi, ce que tu n’exprimes pas te détruira.  »  » Jésus dit : Lorsque vous faites le deux Un et faites l’intérieur comme l’extérieur et l’extérieur comme l’intérieur et le supérieur comme l’infé-rieur afin de faire le mâle et la femelle une seule et même chose, alors vous entrerez au Royaume.  »  » Jésus dit : Celui qui cherche ne doit pas cesser de chercher jusqu’à ce qu’il trouve, et quand il trouvera, il sera stupéfié, et étant stupéfié, il sera émerveillé et il règnera sur tout.  »

JUNG :

1875-1961. Collaborateur de Freud, se sépare de lui et crée sa doctrine (la psychologie complexe) en particulier : Son concept d’inconscient collectif qui se manifeste sous forme d’archétype (ex : Animus Anima) aux inconscients personnels, les nourrissant. Son concept de synchronicité : un événement sans cause directe mais hautement signifiant induisant une unité sous-jacente aux phénomènes. Pour lui l’homme ne peut s’accomplir que s’il a une connaissance consentie de sa vie inconsciente. Son approche psychologique se rapproche de l’hindouisme et du bouddhisme. À la fin de sa vie il cherchera confirmation de ses thèses chez les mystiques.  » Rien n’a été fait tant que l’individu dans son particulier ne s’est pas transformé.  »  » La réalité de l’âme, voilà mon hypothèse de travail, ma principale activité consiste à rassembler, à décrire et à expliquer des faits qui sont non mani¬festés.  » Pour en savoir plus : Ma vie de Jung.

LAO TSEU

570-490 AV J.C. Auteur du Tao To King, ce qui signifie livre de la voie et de la vertu.  » Tao  » désigne le principe originel inactif.  » To  » est l’énergie spirituelle et magique qu’il déploie. Par lui-même, le Tao est indéfinissa¬ble. Le Tao est vide mais il est inépuisable.  » Le Tao lui-même n’agit pas et pourtant tout se fait par lui. Le Tao est le fond commun de tous les êtres  »  » La vertu suprême ignore la vertu : c’est pourquoi elle est toujours la vertu. La vertu secondaire cultive la vertu : c’est pourquoi elle n’est pas la vertu. La vertu suprême n’agit pas et n’a pas de raison d’agir « .  » Étant inondé de lumière de tous côtés, pouvoir être ignorant, donner la vie, l’entretenir, produire sans s’approprier, agir sans rien escompter, di¬riger sans asservir.  »  » Celui qui se reconnaît comme mâle mais se comporte comme une femelle, il est le ravin du monde, la vertu constante ne le quitte jamais, il redevient petit enfant.  » Pour en savoir plus : Tao To King de Lao Tseu.

LIN-TCHI :

Maitre Tch’an, fondateur de l’école portant son nom ( » Rinzai « , Japon) qui durant des siècles allait devenir la plus importante des écoles du Tch’an, est connu pour son enseignement abrupt. Mort en 866.  » C’est parce que vous n’avez pas confiance en vous-même que vous vous em-pressez tous à courir après ce qui vous est extérieur vous laissant détourner par ces dix mille objets et que vous ne trouvez pas l’indépendance. Sachez mettre en repos cet esprit de recherche qui vous fait courir de pensées en pensées et vous ne différerez plus d’un Bouddha.  »

 » Pour qui comprend le sans appui, l’état du Bouddha n’est pas à obtenir.  » Pour en savoir plus : Entretiens de Lin-chi.

Nisargadatta MAHRADJ :

1897-1981. Modeste commerçant indien. Sa quête l’amène auprès de son maître qui lui dit : –  » Tu n’es pas ce que tu crois être, trouve ce que tu es, observe le sens de JE SUIS « , découvre ton véritable soi.  » –  » J’ai fait ce qu’il m’a dit de faire. Tout le temps gagné, je le consa¬crais à m’observer en silence. Cela opéra en moi un changement rapide et pro¬fond. Il ne me fallut pas plus de trois années pour réaliser ma véritable nature.  »  » Regardez vos pensées comme vous regarderiez le trafic de la rue. Les gens vont et viennent ; vous enregistrez, mais sans réponses. Au début ce n’est pas facile mais, avec de la pratique, vous vous apercevrez que votre mental peut fonctionner sur plusieurs plans à la fois et que vous pouvez être cons-cient de tout. Ce n’est que quand vous portez un intérêt particulier à un plan précis que votre attention s’y laisse prendre et que les autres plans sont obscurcis. Mais même alors ses autres plans continuent à fonctionner mais hors du champ de conscience « .  » Vous ne faites qu’une erreur : vous prenez l’intérieur pour l’extérieur et vice versa. Vous croyez que ce qui est en vous vous est extérieur, et que ce qui est extérieur se trouve en vous. Le mental et les sensations sont exter¬nes mais vous les croyez intimement vôtres. Vous croyez le monde objectif alors qu’il n’est qu’une projection de votre psyché. Voilà la confusion fondamentale. Vous devez vous penser en dehors. Il n’y a pas d’autre voie.  »  » Qu’est-ce après tout que la libération ? C’est savoir que vous êtes au-delà de la naissance et de la mort. En oubliant qui vous êtes et en vous imaginant une créature mortelle, vous créez tant de misère pour vous-même, qu’il vous faut vous réveiller d’un mauvais rêve.  »  » Vous êtes toujours à la recherche du plaisir à vouloir éviter la souf-france, toujours à la poursuite de la paix et du bonheur. Ne voyez-vous pas que c’est la quête même du bonheur qui vous rend misérable ?  »  » Tout le monde est heureux d’exister mais peu en savent la plénitude. Vous parviendrez à la connaître en demeurant dans le mental, dans le  » Je suis, je sais, j’aime « , avec la volonté de pénétrer le sens le plus profond de ces mots.  »  » Les désirs ne sont que des vagues dans l’esprit. Je ne me sens aucunement poussé à les satisfaire, je ne sens pas le besoin de passer à l’acte , être libre de ses désirs signifie que la compulsion qui pousse à les satisfaire est absente.  » Pour en savoir plus : Je suis de Nirsagadatta Mahradj.

Marguerite PORETE :

1250-1310. Béguine du Nord de la France. Trace un itinéraire spirituel sous la forme d’un enseignement donné à la raison par l’amour. Son livre,  » Le miroir des âmes simples et anéanties  » fut d’abord interdit puis son auteur fut brûlé à Paris en place de grève le ter juin 1310.

 » Cette connaissance est si claire qu’elle se voit néant en Dieu et voit Dieu néant en elle.  » Pour en savoir plus : Le miroir des âmes simples et anéanties de Marguerite Porete

RAMANA MAHARSHI :

1879-1950. S’éveille à 17 ans lors d’une introspection sur la mort. Vit pen¬dant des années en ascète dans une grotte. Puis des disciples attirés par sa présence lui construisent un ashram. Son enseignement est l’Advaita Védanta. Il ramène l’élève en permanence à l’origine du JE, jusqu’à ce que, par l’in¬trospection, ce JE réalise son identité au SOI.  » L’homme considère qu’il est limité, c’est la source de ses ennuis.  »  » Les faits ont seulement la réalité de celui qui les voit, peines et plai¬sirs ne se rapportent pas à des faits, mais à des conceptions mentales.  » Pour en savoir plus : L’enseignement de Ramana Maharshi

PLATON :

428-347 AV J.C. Disciple de Socrate, sa doctrine des  » idées  » permet de pas¬ser de l’existence à l’essence. Chacun de nous possède une connaissance anté¬rieure perçue avant la naissance. Ce sont les idées. Elles sont à l’origine de tout ce qui est concevable par l’esprit.  » C’est de la pensée pure que nous devons faire usage pour atteindre la vé¬rité absolue.  » Pour en savoir plus : Le Banquet de Platon

SHANKARA :

Maitre spirituel, VIIIème siècle. Il fut le restaurateur de l’hindouisme. Il n’admet qu’un seul principe (le Brahmane), les Dieux n’en sont que des mani-festations partielles. Il parcourut l’Inde enseignant l’Advaïta-Védanta. Il fonda un ordre monasti¬que qui existe encore de nos jours.  » Confondre le soi et le non-soi. Voilà en quoi consiste toute la servitude humaine ; c’est de cette méprise, fille de l’ignorance, que découlent les calamités de la naissance et de la mort car l’homme considère comme réel ce corps grossier dont les jours sont comptés. Il s’identifie avec lui. ( … ) Ce faisant, il s’attache à ce corps aussi étroitement que la chenille à son co-con.  »  » La réalisation s’effectue dès que l’aspirant réussit à discerner à coup sûr le soi du non-soi. Exerce-toi donc à reconnaître l’âme particularisée et le Soi Éternel !  »  » L’eau, chargée d’impureté, reprend sa limpidité originelle dès que les ma-tières qu’elle contenait en suspension, ont été éliminées ; l’Atman se révèle dans toute sa splendeur, dès qu’on a écarté tout ce qui paraissait le souiller.  »  » Quand l’irréel cesse d’exister, on réalise qu’en définitive, cette âme par-ticularisée est, elle-même, le Soi Éternel. Il est par conséquent de ton de-voir de dégager le Soi Éternel de toutes ces surimpositions telles que le sens de l’ego, etc.  »

Pour en savoir plus : Le plus beau fleuron de la discrimination, comment dis¬criminer le spectateur du spectacle de Shankara.

SHANTIDEVA :

Né au VIIème siècle, fils de roi renonce au trône et devient moine. Il par-court l’Inde, sauve de la famine des milliers de personnes en multipliant la nourriture et accomplit de nombreux  » miracles « . Son traité  » La marche vers l’éveil  » est un précis de réalisation spirituelle.  » Celui qui veut garder la règle doit garder soigneusement son esprit. La règle est impossible à garder pour qui ne maîtrise pas l’esprit volage.  »  » Lorsque l’attention se tient à la porte de l’esprit pour la garder, la vi¬gilance vient et même si elle s’éloigne, revient.  »  » Il me faut tout d’abord connaître mon état d’esprit. Et quand je suis en faute demeurer imperturbable comme une souche.  »  » Quand ni la réalité ni la non réalité ne se présentent plus à l’esprit, alors en l’absence de toute démarche possible, l’esprit libéré des concepts s’apaise.  » Pour en savoir plus : La marche vers l’éveil de Shantideva.

Bibliographie

BOHME,  » De la vie au-delà des sens « , éd. Arfuyen, 1997. BROSSE Jacques,

 » Les Maitres Spirituels éd. Bordas, 1988. Maitre ECKHART,
 » Telle était soeur Katreï éd. Cahier du Sud, 1954.
 » Traités et Sermons éd. du Seuil, 1971.
EINSTEIN Albert,  » Comment je vois le Monde « . éd. Flammarion, 1979.
GABOURY Placide,  » Un torrent de silence éd. De Mortagne, 1985.
GURDJIEFF,  » Gurdjeff parle à ses élèves éd. Du Rocher,
1985 HALLÂJ, Le Diwan  » traduit par Louis Massignon, éd. Seuil, 1981.
 » Poèmes mystiques éd. Sindbad, 1985. HAWKING Stephen,
 » Une brève histoire du temps éd. Flammarion 1989 HOUANG-P0,
 » Entretiens de Houang-Po Patrick Carré, éd. Les deux océans, 1985.
HUXLEY Aldous,  » La philosophie éternelle éd. du Seuil, 1977.
IBN ARABI,  » Le traité de l’unité éd. Michel Allard, 1977.
LAO-TSEU,  » Tao To King « , éd. Desclée de Brouwer, 1994.
LIN-CHI,  » Entretiens de Lin-chi « , Paul Demieville, éd. Fayard 1972.
MAHRADJ Nirsagadata, Je suis « , éd. Les deux océans, 1982.
OUSPENSKI,  » Fragments d’un enseignement inconnu « , éd. Stock,
1974. PORETE Marguerite,  » Le miroir des âmes simples et anéanties  » éd. Albin Michel, 1984.
RAMANA MAHARSHI,  » L’enseignement de Ramana Maharshi « , éd. Albin Michel
L’homme de lumière  » Patrick Lebail, éd. Le Mail, 1991.
 » Immortelle conscience  » éd. Les deux océans, 1989. SANKARA
 » Le plus beau fleuron de la discrimination « , éd. Adrien Maisonneuve, 1946.  » Comment discriminer le spectateur du spectacle éd. Adrien Maisonneuve, 1946.
SANTIDEVA,  » Marche vers l’éveil  » éd. Padmakara, 1992.
TCH’AN-ZEN,  » Hermès « , éd. Les deux océans, 1985
THOMAS (L’Évangile selon), éd. Devey, 1994.

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