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Les fake news, ou le procès en sorcellerie du XXIe siècle

Le Petit Journal (pardon, « Quotidien »), passé chez TF1, semble être agacé en ce début d’année par ce que d’aucuns appellent les fake news, c’est-à-dire les fausses informations. Voilà un passionnant sujet. Il faut savoir que la médiasphère considère ceux qui croient à ces fakes news comme membres de la « fachosphère ». Oui, mais c’est quoi les fakes news, autrement appelées « théories du complot »? Et c’est quoi, leur problème?

Selon bartez et ses invités sérieux qui reviendront sur le plateau, « 2017 sera l’année des fake news », alors commençons l’année avec un point sur ce phénomène qui a l’air terriblement dangereux.

Je signale tout d’abord que selon le journal subventionné L’Express, ce blog est « complotiste » et se trouve en 7e position dans leur classement des sites « à consulter avec précaution ». Et selon l’application du Monde sortie tout récemment, ce blog est gratifié d’un tampon rouge car il « diffuse régulièrement de fausses informations ou des articles trompeurs ».

Ce journal fait donc cette recommandation:  » Restez vigilant et cherchez d’autres sources plus fiables. Si possible, remontez à l’origine de l’information ». Je ne sais pas sur quels critères ils se basent, puisque aucun argument n’est avancé. Enfin bref, vous voilà avertis: si vous ne trouvez rien dans les médias commerciaux pour corroborrer ce que j’écris, c’est que ce blog dit n’importe quoi.

Quant à l’Express, s’il m’a classée dans son tableau, c’est parce qu’il a pris pour référence un site « anticomplotiste » qui prend pour argent comptant aboslument toutes les versions officielles y compris celle sur la mort de Kennedy [1] malgré la sortie de moult archives confirmant ce qui a été alors qualifié de « rumeur ».

Depuis quelques mois, la lutte contre les « fausses informations » semble être devenue une priorité: on voit les articles fleurir, les interviews de savants anticomplotistes se multiplier, de même que les titres ridicules des médias commerciaux, pour attaquer ces « Infaux » comme diraient nos amis de L’Express. Cette notion est même devenue centrale dans la réthorique de Trump et des médias qui le critiquent.

Le fait qu’une grande campagne de propagande ait été lancée, y compris en France, est pour moi une évidence, tant la grande majorité de ces médias (tous prônant l’ultralibéralisme, défendant la guerre en Syrie, après celles de Libye, d’Irak, d’Afghanistan et d’ailleurs, défendant systématiquement le point de vue américain, l’Europe, l’euro, les intérêts des accumulateurs de capitaux en tous genre etc.) a l’air de nous chanter son couplet en choeur. On devine même comme une certaine angoisse dans cette propagande aux relents de délire paranoïaque.

Le 5 janvier dans l’Obs: « FakeNews, l’engrenage infernal de la désinformation ». Les Echos, le même jour: « Ça se passe en Europe : les « fake news » ébranlent l’Allemagne »

Où l’on apprend même, par exemple, que « L’Italie veut créer des agences capables de bloquer les fausses informations sur le web », selon Numerama, ou encore que, selon RT, « L’Allemagne créerait un centre de la défense contre de fausses informations avant les législatives ». Le Monde nous explique de son côté que « Le Brexit et l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche annoncent, selon certains observateurs, l’entrée dans une « ère de la politique post-vérité » dans laquelle le vrai et le faux se valent quand ils se côtoient dans les timelines des réseaux sociaux ».

On voit même apparaître de nouvelles expressions, comme « post-vérité », qui serait un synonyme de « fausses informations » parce que les gens goberaient n’importe quoi sur internet [2].

De son côté, le gouvernement a lancé en février 2016 un site internet sobrement intitulé « On te manipule », doublé d’une campagne publicitaire du même nom, à la télé et sur Youtube notamment.

Outre le fait qu’elle est absolument ridicule, cette « campagne » n’a aucune chance de faire peur sur les théories dites du complot tant elle fait l’amalgamme entre des infos qui n’ont rien à voir.

Un comédien ventripotent y incarne deux personnages: l’un devant son ordinateur qui évoque des infos comme le 11 septembre, et l’autre dans son cannapé, qui lui explique que les sites genre « wikicomplot » c’est pas sérieux et qu’il faut vérifier ses infos. Mais pas sur les « sites complotistes », car ils reprennent tous leurs infos les uns des autres.

Bref, on comprend qu’en fait, si les médias commerciaux et/ou les autorités ne valident pas une info, c’est qu’il s’agit d’une fausse information ou d’une théorie du complot.

« Incapable de faire la démonstration rigoureuse de ce qu’elle avance, la théorie du complot accuse ceux qui la remettent en cause d’être les complices de ce groupe caché. Elle contribue à semer la confusion, la désinformation, et la haine contre les individus ou groupes d’individus qu’elle stigmatise », nous explique le site gouvernemental.

Puis, on nous donne les « 7 commandements de la théorie du complot », à savoir:

Derrière chaque événement un organisateur caché tu inventeras
Des signes du complot partout tu verras
L’esprit critique tu auras… mais pas pour tout
Le vrai et le faux tu mélangeras
La cohérence tu oublieras
Le « millefeuille argumentatif » tu pratiqueras
La charge de la preuve tu inverseras

Le principal problème avec cette liste à la Prévert, c’est que tous ceux qui sont qualifiés de complotistes ou de conspirationnistes ne rentrent pas dans ce cadre, loin de là. Beaucoup avancent des arguments, effectuent des recherches, critiquent les différentes sources, qu’elles soient officielles ou pas.

Le site du gouvernement renvoie vers quelques articles issus de sites « anti complotistes » dont les arguments m’épatent par leur pauvreté. Ainsi, dans un article intitulé « Attaques du 13 novembre : les ressorts fragiles des théories du complot », on tente de démonter les arguments les plus stupides sur les attentats du 13 novembre, sans apporter un seul argument factuel. Pourtant, il devrait y en avoir, si tout est aussi clair qu’on nous le dit dans ces attentats.

On peut considérer que la charge de cavalerie est lancée contre les fameuses « théories du complot ».

Je dirais qu’en réalité cela a vraiment commencé il y a un an ou deux, mais les choses semblent s’être accélérées depuis que la guerre en Syrie tourne clairement au désavantage des US et de leurs amis, il y a six mois environ, et depuis que la Turquie est quasiment passée en dictature, s’opposant de plus en plus à Washington. Quand plein d’infos ont commencé à arriver jusque chez nous depuis des médias Russes et proches de la Russie, aussi.

En face, Beppe Grillio, le leader du parti italien « 5 étoiles » (détesté par nos médias officiels), « propose des jurys populaires pour lutter contre les « fake news » des médias de masse ». Les initiatives sont ouvertes afin de poser le débat sur ce qu’est une « fake news », débat qui promet d’être riche et animé…

Contre-offensive et écrans de fumée

Hillary Clinton demandait à ce que les Facebook & Co contrôlent la diffusion des « fausses informations » pas plus tard qu’il y a un mois, et quelle chance: FB vient d’exaucer son voeu.

Même chez nous, pendant la primaire à droite, Juppé a accusé Fillon d’être aidé par des Russes pour diffuser de fausses infos contre lui via les réseaux sociaux.

Le 23 janvier, France 24 nous apprend que « des scientifiques planchent sur un « vaccin » » contre les « fausses informations » [3 – je vous invite à lire cette note de bas de page!].

Le 25, Le Monde « lance une offensive contre les fausses informations sur internet », avec un moteur de recherche qui s’appelle Decodex et qui dit si un site ou blog est fiable ou pas. Il est cependant dommage qu’ils ne visent qu’internet, car on serait ravis que la traque s’étende aux infos véhiculées sur les supports papier, télé et radio également.

Cette application du Monde est la suite logique de la liste de l’Express, et vise les mêmes sites et blogs. Le quotidien dit « de référence » (mdr) cherche aussi à redéfinir la notion de « fausse information ». Selon eux, il ne « faut plus parler de fake news » car il s’agit d’une expression « fourre-tout » (on ne leur fait pas dire).

Le 27 janvier, on apprend que c’est Google qui « bloque 200 sites diffusant de fausses informations ». Que faut-il comprendre?

Selon Bartez, le présentateur du Petit Journal [4], il faudrait « tuer dans l’œuf » lesdites fake news, ce qui, comme par hasard, est aussi la priorité de la mère Clinton, qui a rebondi suite à l’affaire dite du « Pizzagate », sur laquelle j’ai tenté de faire un point en expliquant par ailleurs qu’elle risquait d’être un prétexte pour censurer le web et les réseaux sociaux dès lors qu’une parole dissidente considérée comme menaçante y est diffusée.

L’histoire du « pizzagate », c’est que des gens ont pisté et dénoncé sur Internet le patron d’une pizzéria de Washington, qui est proche du parti démocrate. Le truc a moussé sur les réseaux sociaux, car des éléments assez inquiétants souvent assez orientés pédophilie, ont été été trouvés par ces internautes, il faut bien le dire.

Lesdits internautes sont à l’origine des fans de Trump, cela doit être précisé. Et leur véhémence dans la manière dont ils attaquent le clan démocrate ne les sert pas.

Le « pizzagate » est cité en exemple par une journaliste sur le plateau de l’émission de Bartes, comme l’archétype de la fake news qui finit par avoir des conséquences dans la vie réelle, comme l’avait dit la mère Clinton, car en effet un type s’est pointé armé dans la pizzeria incriminée afin d’y libérer les enfants qu’il pensait y être retenus.

La journaliste présente l’affaire de telle manière qu’on ne peut pas la prendre au sérieux une seule seconde : « Le directeur de campagne d’Hillary Clinton serait le grand manitou d’un réseau pédophile basé dans la cave de cette pizzeria de Washington », dit-elle en montrant des images de ladite pizzeria.

Mais dans cette affaire, qui vise les puissants en général et le clan démocrate en particulier, on a aussi des emails assez spéciaux du conseiller de Clinton, John Podesta, qui ont l’air d’être codés et eux aussi orientés pédophilie.

Le tout avec un arrière fond où on sent des références satanistes, voire des imitations de cannibalisme au cours de soirées de tarés. Bref, le temps de démêler les infos vérifiées comme celles que je viens de donner, et les centaines d’infos à vérifier plus ou moins hallucinantes et aberrantes, il y en a pour un bon moment.

En tout cas, tous les sites anticomplotistes se sont bien amusés à prendre cette histoire à la dérision. Moi je maintiens qu’il y a une part de vérité dans ce que disent les internautes, et que celle-ci devrait être démontée, si jamais elle devait l’être, avec des arguments de raison et pas d’autorité, du genre « c’est faux ». Ou alors, les gens peuvent se rassurer car selon TF1 « tout est faux » dans cette histoire.

On a à peine le temps de suivre, que voilà un autre dossier dans le genre du pizzagate, là une histoire commence sur à se répandre sur le net, mais celle-ci est encore plus énorme que celle du pizzagate. Tapez le dièse (ou hastag pour les anglophones) #OccupyTheGetty sur Twitter pour voir.

La suite de l’émission de Bartes est à l’avenant: on nous explique que ces fakes news, en France, sont le fait de « la fachosphère » (comprendre: ceux qui pensent de travers), et on nous montre l’exemple d’un site d’extrême droite qui a donné une info un peu trop résumée sur Vincent Peillon. Puis vient la question cruciale: « comment reconnaître une fake news ? ».

Quand l’ « anticomplotisme » confine au ridicule

La manière dont sont généralement présentés les arguments des complotistes pose question: nous prend-on pour des débiles, ou bien la pensée de ces orthodoxes est-elle réellement aussi limitée?

Par exemple, dans son schéma (que j’ai mis plus bas) « détecteur de la théorie du complot », le gouvernement nous dit qu’afin de savoir si une théorie est une théorie du complot, nous devons répondre par oui ou par non à des questions sans aucune subtilité, comme « l’hypothèse du complot repose-t-elle sur une conspiration mondiale impliquant l’intégralité des membres d’une communauté religieuse ou nationale ».

Ceux qui suivent ce blog savent que l’explication est plus complexe qu’un « complot » mondial.

Personnellement, et comme beaucoup, je suis encore incapable de déterminer précisément d’où vient l’impulsion des politiques mondiales et nationales désastreuses que nous subissons, même si j’ai une idée assez claire du processus et des intérêts qui sont défendus.

Bref, on caricature le discours soi-disant complotiste afin de le rendre le moins crédible possible.

Mais on n’argumente toujours pas sur le fond.

Qu’on nous explique pourquoi toutes les poltiques des pays passés au libéralisme « ultra », et dont on constate depuis 30 ans l’inefficacité, vont dans le même sens qui est celui de l’intérêt des plus riches, de ceux qui accumulent la richesse dans des proportions dangereuses pour la stabilité mondiale, que ce soit sur le plan économique, mais aussi politique, social, environnemental.

Il serait intéressant d’ouvrir le débat, argumenté et sourcé, sur cette problématique.

On pourrait aussi parler de la franc-maçonnerie, par exemple, du Bilderberg, de l’OTAN, de l’euro, du financement des islamistes un peu partout au Moyen-Orient.

Qu’on nous réponde sur les faits précis, et qu’on nous donne des faits, pas des arguments d’ordre idéologique.

A ce sujet, il est amusant de constater aussi que les infos diffusées par des médias russes dérangent aussi nos amis des médias traditionnels et probablement ceux qui les possèdent.

Ils ne vont pas jusqu’à dire qu’il s’agit de « fake news », mais on rappelle toujours que ces médias sont « proches du Kremlin » c’est-à-dire de Poutine, comme si l’AFP n’était plus la voix de l’Elysée, surtout en matière de politique internationale.

J’aime aussi beaucoup l’argumentaire utilisé pour cette propagande. Devinez pourquoi les fakes news/théories du complot sont fausses ? Eh bien parce qu’elles sont fausses. Et vous avez intérêt à vous en satisfaire, car vous n’entendrez ou ne lirez aucun argument de fond.

Justement, le but est de ne pas ouvrir le débat, d’occulter les questions posées, et pour cela il faut des écrans de fumée et une contre propagande efficace.

C’est tellement gros que cela en devient ridicule.

Selon Le Monde, le meilleur moyen de ne pas tomber dans le piège des fausses informations est: « Fiez-vous plutôt aux médias reconnus, aux journalistes identifiés et connus. Et ne considérez pas non plus que cela suffit à rendre leurs informations vraies. Dans des situations de crise comme celle-ci, l’information circule très vite, et peut souvent se révéler par la suite erronée. Il vaut mieux attendre que plusieurs médias donnent un même fait pour le considérer comme établi ».

Donc, en gros, on ne doit se fier qu’aux médias ayant pignon sur rue. Autant dire que ces gens n’ont pas compris l’ampleur de la défiance qu’ils inspirent. Et je connais beaucoup de journalistes et d’anciens journalistes qui connaissent les travers du système médiatique et ont conscience que les mensonges par omission deviennent flagrants dans ces mêmes médias traditionnels.

« Bienvenue dans l’ère de la post-vérité, où les convictions ont plus de poids que les faits objectifs », explique savamment « L’Obs ».

Voilà un concept absolument stupide, qui n’a de sens pour aucun philosophe.  Objectif par rapport à quoi, pourrions-nous demander.

Est-ce que Le Figaro, qui sert à son propriétaire Dassault à faire « passer des idées saines », est « objectif »?

On peut clairement en douter, d’autant plus que son positionnement est ultra libéral et conservateur.

L’objectivité journalistique est un leurre pour étudiants de première année, et pour les naïfs. Parce qu’il est clair que n’importe quel régime dictatorial estime être objectif. D’ailleurs le fait même de se revendiquer « objectif », qu’on soit journaliste ou pas, peut être considéré comme relativement inquiétant.

A force de voir le monde par le petit bout de la lorgnette, ces médias qui sont quasiment tous détenus par quelques banquiers et industriels (notamment dans l’armement), ont perdu la crédibilité qu’ils avaient. Cela, c’est grâce à la concurrence des médias alternatifs. Où l’on trouve tout et son contraire, des choses sérieuses et d’autres pas, et cela les gens le savent parfaitement.

Ce qui les gêne, c’est que cette Pravda capitaliste a désormais de la concurrence. Alors on jette le bébé avec l’eau du bain: on met en exergue des infos aberrantes pour critiquer l’ensemble des informations dissidentes, non orthodoxes, donc forcément pas « sérieuses ».

Hélas pour eux, la censure aura bien du mal à passer, même après ce labourrage de l’opinion publique. Car aujourd’hui, tout le monde sait que nos gouvernants passent leur temps à nous mentir, les exemples ne manquent pas, depuis l’inversion des courbes du chômage jusqua’aux dénégations de Cahuzac, en passant par les mensonges de flamby sur l’implication de la france en Syrie, l’augmentation de la croissance et du pouvoir d’achat, son soutien au TAFTA… Et encore, ce ne sont que les mensonges dont nos médias traditionnels ont parlé.

De l’obscur concept des « fake news »…

« Il est extrêmement intéressant, en cette période de crise systémique, de réfléchir sur la stratégie des classes dirigeantes. Mais, comme vous le savez, aujourd’hui, réfléchir sur la stratégie des classes dirigeantes c’est déjà entrer dans l’obscène, pratiquement. Puisque analyser les stratégies des classes dirigeantes, serait céder à ce qu’on appelle la théorie du complot », expliquait l’historienne Annie Lacroix-Riz lors d’une conférence en 2010 [5].

De fait, désormais, s’interroger sur certains processus, certains faits, certains discours, peut nous valoir d’être doublement estampillés « fachosphère » et « conspirationniste ». Ce qui est très mal.

Il serait en tout cas temps de définir précisément ces deux termes, dont usent et abusent nos amis journalistes, souvent soumis à des conditions de travail aberrantes, mais qui agissent souvent en chiens de garde du système.

Le fond de tout ce débat est cependant très intéressant car finalement on peut le résumer en une seule question : « Qu’est-ce qu’une « fausse information ? « 

Aujourd’hui, par exemple, nos médias n’utilisent même plus le conditionnel lorsqu’ils attribuent le piratage des élections US aux Russes, alors qu’aucune preuve n’a jamais été fournie, et que nombre de sources pointent un ou plusieurs services de renseignement US.

Peut-on considérer qu’il s’agit d’une « fake news », sachant que ces sources officielles ont été capables de nous annoncer prématurément le décès d’un grand patron, de nous dire que le nuage de Tchernobyl s’est arrêté à la frontière, ou de nous cacher l’existence de Mazarine Pingeot et de sa mère, protégées aux frais de la république, pendant 25 ans- pour ne citer que ces exemples?

On doit s’interroger: pourquoi une telle réaction des autorités et des médias classiques face à ces « théories du complot »?

Ariane Bilheran, auteure de « Psychopathologie de la paranoïa », expliquait dans le numéro de Nexus de cet été que nous sommes face à une réaction d’ordre paranoïaque de la part de ceux qui détiennent l’autorité. Tout simplement parce que ces gens qui détiennent l’autorité se sentent menacés: d’une manière générale car les populations sont gavées par la dérive oligarchique du système, et également en raison de ces « théories du complot » qui sont loin d’être toutes des aberrations, et qui ont au moins le mérite d’amener les gens à se poser davantage de questions et à prendre du recul.

Selon Ariane Bilheran, plus le pouvoir est arbitraire, plus cette crainte augmente, et plus on va chercher à dénoncer les « théories du complot » et à mettre au pilori ceux qui les répandent.

D’ailleurs, ceux-ci se font vite désigner à la vindicte générale, traités par exemple d’anti patriotes dans certains pays, d’anarcho autonomes, d’extrémistes, cela dépend des lieux et des circonstances. Dans ces conditions, on en arrive vite à une sorte de « harcèlement du peuple » dès lors qu’il ne marche plus au pas, bien droit sur le chemin qu’on lui a tracé.

« La paranoïa porte en elle un projet de mort, et pour cela, elle utilise la terreur, le totalitarisme de la pensée unique, celui de l’interchangeabilité humaine, cemio di contrôle absolu. La parole dominante est une propagande, dans laquelle les victimes de la terreur sont désignées comme coupables, et les résistants à la soumission comme des traîtres », a expliqué Ariane Bilheran cette interview de la revue Nexus que je recommande à tous de lire.

En tout cas, ce qui va être progressivement demandé, à force d’articles paranoïaques, justement, sera tout simplement une censure sous quelque forme qu’elle soit: un filtre des informations, et si possible une censure a priori, c’est-à-dire avant la diffusion des « fausses informations » qui font si peur.

Bien qu’on ne voie aucune discussion dans les médias que je suis régulièrement au sujet de cette étrange notion de « fake news », on dirait qu’une amorce de débat semble s’être enclanchée.

En effet, la contre attaque des médias ultraconservateurs US semble avoir commencé, avec notamment Breitbart, qui évoquait un « label fake news » attribué par « les maîtres de l’univers », et même aussi chez nous, où le concept de « fausse information » laisse malgré tout à réfléchir à certains journalistes.

Quand viendra la censure

Il y a quelques années, on m’avait dit qu’à terme, nous irions vers un web à 3 niveaux, suivant le degré de sensibilité des infos qui y sont véhiculées:

> un premier niveau, pas vraiment contrôlé, auquel on aura accès avec un abonnement à prix raisonnable, et sur lequel on trouvera la masse du divertissement et des informations autorisées;

> un second niveau plus contrôlé, un peu plus cher, avec des informations, des études, du savoir qui peut être sensible et qui peut donner aux gens les clés pour comprendre le monde; et enfin

> un dernier niveau très contrôlé, auquel l’accès sera beaucoup plus cher, où seraient cantonnées les informations clairement dissidentes et qu’il faudrait censurer.

Je ne sais pas si le mode de censure qui sera retenu au final ressemblera à cela, mais il est clair depuis un moment que le contrôle de l’information est un enjeu crucial, puisque le risque de voir surgir une rébellion de masse est important.

Car les mobilisations citoyennes, à travers le monde et pour des causes diverses et variées, portent souvent leurs fruits. Elles permettent de retarder des décisions qui devaient être prises en coulisses, d’entraîner un débat et au final de modifier l’orientation des projets, traités ou lois qui auraient du être imposés sans concertation.

L’efficacité de ces mobilisations passe par la capacité à communiquer rapidement, que ce soit de manière ciblée ou à grande échelle, selon les situations.

D’un autre côté, la pression exercée par le pouvoir pour rester en place, tout en faisant passer des lois de plus en plus inéquitables, ne cessera pas de s’accroître car il est essentiel de contrôler la population et donc de contrôler les flux d’information.

Parallèllement, les moyens de rétorsion se développent aussi: aujourd’hui, les « forces de l’ordre » ont des armes de plus en plus dangereuses pour écraser les manifestations.

Les lois liberticides se multiplient, que ce soit pour pouvoir contrôler l’ensemble de nos communications ou même pour s’assurer qu’un opposant qu’on juge trop agité soit hors d’état de nuire. L’arsenal législatif permet de progresser dans ce sens, et il n’y aura probablement pas de limite au flicage généralisé de la population [6].

Vous allez constater au fil des semaines que diverses mesures seront prises, a priori d’abord par les entreprises comme Facebook ou Twitter, qu’on somme de réguler le flot de « fake news », mais ensuite on peut s’attendre à ce que ces mesures soient direcement prises par les gouvernements. La phobie des « fausses informations » sur les réseaux sociaux a même gagné le Cameroun.

D’ailleurs, Facebook « étend sa lutte contre les fausses informations à l’Europe », nous a-t-on annoncé le 17 janvier. Le premier pays qui aura la joie de tester ce nouvel « outil de signalement des fausses informations » sera l’Allemagne, où les internautes seront donc appelés à « signaler » les fausses informations.

Bon, si c’est aussi efficace que le signalement des pages pédophiles, on ne risque pas de voir beaucoup de changement. Toutefois, ce sujet a l’air de tenir très à coeur à nos dirigeants.

Ainsi, « Si ces derniers [les internautes] repèrent un article qui leur semble erroné ou faux, ils ont la possibilité de la signaler au réseau social via un bouton dédié. Des journalistes « issus de médias indépendants » sont alors chargés de vérifier le contenu de ces articles. Un système automatique est aussi chargé de détecter les articles inexacts et de les soumettre à la vigilance des journalistes travaillant avec Facebook.

Lorsqu’un article est jugé faux ou erroné par l’équipe de journalistes, ce dernier est déclassé dans le fil d’actualité des internautes. Autrement dit, le lien s’affiche plus bas dans la timeline des utilisateurs. L’article est également accompagné d’un message d’avertissement prévenant l’utilisateur que son information est fausse. Un internaute souhaitant le partager voit également le même message apparaître ».

Quelques théories du complot officielles qui se sont avérées fausses

En temps de guerre, la propagande a tendance à s’intensifier. Le but est de montrer à l’opinion publique que l’ennemi est très très méchant, et que nous sommes les gentils. Evidemment, les deux camps procèdent ainsi.

Il est donc très simple de relever diverses théories du complot balancées en pâture dans ces périodes de tension internationale. Pas besoin de preuve: les médias prennent pour acquises la quasi totalité des informations estampillées officielles.

Et si d’aventure, un citoyen s’avisait de mettre en doute l’un des points-clés de la propagande, il serait considéré comme un traitre. Par exemple, si quelqu’un pense que nous avons armé et financé les islamistes en Syrie et en Irak, cette personne est considérée comme un suppôt d’Assad.

Reprenons donc quelques-unes de ces « théories du complot officielles », qu’aucune preuve ne vient corroborrer, et quand il y en a elles sont fabriquées de toutes pièces.

> Commençons par l’un des plus célèbres mensonges officiels, communément admis par tous aujourd’hui: quand en 2003, à l’ONU, Colin Powell a sorti une soi-disant fiole d’anthrax afin d’accuser Saddam d’avoir développé des « weapons of mass destruction », des armes de destruction massive (l’expression était à la mode à ce moment). Malgré la destruction du pays, aucune de ces armes n’a été retrouvée. Je trouve cela étonnant car les américains avaient eux-même vendu divers virus à Saddam dans les années 90, mais passons. Quand à la france, on lui a construit une centrale nucléaire capable de produire du plutonium. Toutes les « preuves » présentées par Bush junior et son équipe ont été reprises en choeur dans les médias qui n’ont mené aucune contre-enquête, et toutes se sont révélées être des mensonges.

> Les charniers de Ceaucescu en Roumanie (voir affaire Timisoara)

> Les troupes de Saddam qui massacrent des bébés dans les couveuses de maternités koweïtiennes.

> L‘enlèvement en Syrie en 2013 du journaliste américain James Foley: tous les médias ont plus ou moins directement accusé Assad d’avoir fait enlever ce journaliste.

Ce fut le cas de l’AFP notamment, reprise en choeur par les médias commerciaux.

L’agence de presse nationale avait affirmé que Foley était aux mains des « services de renseignements » syriens et qu’il avait été « enelevé par un groupe de miliciens pro régime ». Mais finalement ce sont bien les terroristes qui l’ont décapité, ceux que nous avons armés et qui d’un coup ont décidé de se radicalier pour dégager Assad et prendre le pouvoir.

Les attentats terroristes sanglants qui ont été systématiquement, à grand renfort de discours et de propagande, attribués aux communistes et groupes d’extrême gauche dans les années 70 et 80, en Italie notamment, et qui étaient en réalité commis par une frange d’extrême droite de militaires ou d’ex militaires, proches de l’OTAN.

Voir : Le réseau Gladio – Quand la CIA fabriquait le terrorisme en Europe avec les nazis

Des enquêtes parlementaires ont eu lieu dans les années 90 au sujet de ces barbouzeries, qui avaient pour but de renforcer la sécurité en Europe, donc la présence de l’OTAN, et d’éliminer la gauche du paysage politique européen.

> Je termine par le plus célèbre mensonge d’Etat français, celui auquel l’ensemble de la population a assisté mais qui n’est pas une théorie du complot: le délire du nuage radioactif de Tchernobyl qui se serait arrêté à la frontière française, à l’est comme au nord. Les belges en rient encore, car les français étaient censés croire qu’à 2 kilomètres près de part et de l’autre de la frontière, le risque passait de nul à total (en Belgique des mesures ont été prises immédiatement, il était interdit d’utiliser l’eau des sources ou de ramasser des champignons, par exemple). Cependant, beaucoup de français ont cru à ce mensonge, avec les conséquences sanitaires que cela implique.

Quelques théories du complot non officielles qui se sont avérées vraies:

> La création de l’Europe par des marionnettes des Etats-Unis.

L’existence du programme militaire MK Ultra (et d’autres) axé sur le contrômle mental, dans le but d’obtenir un soldat parfait, 100% manipulable et hyper opérationnel en toutes circonstances.

Voir : Les « BLACK PROGRAM »: le projet MK ULTRA/MONARCH – la Grande Préparation au nouveau monde nazi

Le transfert de centaines de scientifiques nazis aux USA dès la fin de la guerre (operaton Paperclip)

Voir : Les « BLACK PROGRAM »: le projet PAPERCLIP et l’établissement d’un 4ème Reich

> Le financement d’Hitler par Wall Street.

> Le trafic d’organes pendant la guerre au Kosovo, qui a été très vite dénoncé, ce qui a valu des ennuis aux lanceurs d’alerte comme Carla DelPonte, l’ex procureur du TPIY, avant d’être établi 15 ans plus tard. Accessoirement, le nettoyage ethnique des serbes par les albanais du Kosovo, sous la direction des chefs de guerre qui sont aujpurd’hui encore au gouvernement du pays, commence à être révélé lui aussi. Je rappelle qu’à l’époque, on a surtout pointé le massacre des albanais par les serbes, qui représentaient moins de 20 % de la population kosovoare avant la guerre, et en sont quasi absents aujourd’hui. Récemment, des médecins ont été condamnés pour un trafic d’organes plus récent au Kosovo, mais en lien avec ce qui s’est produit durant la guerre.

> Les coups d’Etats organisés par la CIA dans divers pays tels que l’Iran, le Guatemala, ou le Chili, afin d’éjecter des leaders démocratiquement élus pour les remplacer par des juntes militaires et autres dictateurs.

> L’armement des rebelles syriens devenus Daesh par l’Occident. Même Flamby a fini par l’admettre. Puis il a dit qu’il financerait des rebelles modérés pour lutter contre les rebelles modérés qu’il avait financés mais qui otn eu la mauvaise idée de se radicaliser et de mettre la zone dans le pays. Fin décembre c’est Erdogan qui a déclaré avoir les preuves du fiancement de Daesh par l’Occident.

> Le meurtre de Robert Boulin. Même si l’enquête, qui n’aboutit pas depuis le 30 octobre 1979, date du « suicide » officiel, n’a pas conclu à un meurtre à l’heure actuelle, de nombreux témoins ont parlé, des éléments concrets sont dans le dossier, et il est en tout cas parfaitement clair que l’Etat a dissimulé diverses preuves et fait en sorte que l’enquête n’avance pas.

> Le rôle de la france dans le génocide au Rwanda en 1994. Même si le sujet reste tabou en france, les éléments de preuves sont suffisamment nombreux pour lever tout doute sur l’implication de la france.

Les attentats commis en Italie et en Allemagne, notamment, par l’extrême droite, dans les années 70 et 80. A l’époque, les politiques et les médias ont accusé des groupes gauchistes d’avoir commis ces attentats, les gauchistes ont nié et dénoncé l’extrême droite, d’ailleurs aujourd’hui il est clair dans nombre de ces dossiers qu’il s’agissait d’actes commis par des cellules d’extrême droite, plus ou moins liées à l’armée et à l’OTAN, comme on l’a vu plus haut.

Voir : Le réseau Gladio – Quand la CIA fabriquait le terrorisme en Europe avec les nazis

Ces réseaux « Gladio » étaient d’ailleurs mis en place à la demande des US par un nazi, Reihardt Ghelen, qui a aussi permis l’exfiltration d’un certain nombre de ses congénères.

Voir : Les « BLACK PROGRAM »: le projet TP AJAX pour renverser la démocratie laïque en Iran en 1953

> Les camps de concentration et les chambres à gaz utilisés par hitler et les nazis pendant la 2e guerre: certains, notamment du côté du parti communiste, avaient dénoncé dès la fin des années 30 l’existence des camps de concentration en Allemagne. Quant aux chambres à gaz, la « rumeur » de leur existence a commencé à courir bien avant la fin de la guerre.

Du rôle de la propagande

Pour terminer cette « réflexion » sur le dossier « fausses informations », il faut évoquer le rôle de la propagande dans nos sociétés ultra libéralisées économiquement mais incroyablement rétrogrades sur les plans social et politique.

Je conseille à ce propos la lecture d’un livre qui fut censuré en 1939, deux mois avant la guerre, par les autorités françaises car dans ce livre, les passages concernant Hitler et Mussolini n’avaient pas plu: « Le viol des foules par la propagande politique ». On ne parle pas là de campagne électorale mais de la gestion des masses. En 1940, lorsque l’auteur tenta une nouvelle édition, les livres ont été brûlés. Comme au bon vieux temps.

L’auteur, Tchakhotine, explique que la propagande est similaire à un conditionnement, destiné à nous faire avoir des réflexes que nous n’aurions pas eus naturellement.

Il fait même un parallèle, justifié à mon sens, entre l’éducation, la propagande et la publicité (on pourrait ajouter la religion), « car l’une et l’autre cherchent à agir sur les mêmes mécanismes essentiels de l’homme, et à former des réflexes conditionnés appropriés. La différence en est seulement que les buts auxquels aspire l’éducation sont de nature durable : elle cherche à former l’individu, tandis que la propagande et la publicité recherchent un effet ad hoc, il leur importe « de créer, de transformer ou de confirmer des opinions » ».

Tchakhotine analyse méticuleusement le mécanisme de sujétion mentale à la propagande, qui est forcément répétititve. Si on se souvient des discours d’Hitler, généralement en grande pompe, avec une foule galvanisée et une mise en scène au millimètre, on reconnait ce sens du spectacle propre aux adeptes du culte de la personnalité.

« La publicité commerciale, mais aussi la propagande politique, qui s’adressent aux masses, se rendent bien compte du fait psychologique que le niveau intellectuel c’est-à-dire la faculté critique, est bien basse dans la masse, et elles utilisent en conséquence deux principes importants : par la répétition incessante et massive de mêmes formes, slogans, etc., et en les accompagnant surtout des excitations lumineuses, en couleurs criardes, des sonorités rythmées obsédantes, elles créent un état de fatigue mentale, qui est propice à l’assujettissement à la volonté de celui qui exerce cette publicité tapageuse.

L’autre principe consiste en ce que les hommes, surtout dans les masses, sont enclins à croire aux choses qu’ils souhaitent voir réalisées, même si celles-ci ne sont appuyées que par des arguments peu fondés, mais du type émotionnel ».

Tchakotine n’avait pas encore la télé mais il nous décrit les tunnels de publicité que subissent les téléspectateurs, dont « le temps de cerveau disponible » vaut pas mal d’euros, et aussi les JT, ces fameux journaux télévisés aux infos clips de plus en plus courts, insipides et manichéens, qui nous mettent le cerveau dans un état de veille, comme on l’apprend quand on est étudiant en journalisme.

Ces fameux JT qui pour beaucoup sont l’alpha et l’omega de l’information, et qui nous passent en boucle des clips sur la Syrie, martelant qu’Assad est un sale dictateur sanguinaire à la tête d’un « régime », et oubliant systématiquement de rappeler que si Daesh est si puissant, c’est parce que nous l’occident avons décidé de financer et armer des « rebelles modérés » pour le renverser.

Ces JT qui enchainent un clip sur la Syrie avec un clip sur comment choisir ses pneus neige. Qui donnent à chaque fois des bribes d’infos, si bien que peu de gens parviennent à avoir une vision globale des événements. Et quand on a droit à une « analyse », on se colletine les éditorialistes les plus idéologues, comme Nathalie St Cricq de France 2 qui voulait « traquer » ceux qui « ne sont pas Charlie », ou François Langlet qui répète sa doxa ultra libérale, pour ni citer que des cas de France 2.

Au fil des JT, des « Unes » tapageuses, c’est bien la peur qu’on distille dans l’esprit des gens. Et une population qui a peur est bien plus facile à manipuler, surtout si elle ignore les desseins de ceux qui la dirigent.

Noam Chomski, dans son livre « La fabrication du consentement », explique cette manière « soft » et moderne de contraindre les populations, en les tenant à l’écart des débats de société, ou en manipulant l’opinion pour qu’elle consente « d’elle-même » à des réformes qui vont contre son intérêt. C’est d’autant plus facile à faire que l’extrême concentration des médias entre les mains de grands capitalistes facilite la convergence des messages.

Mais, cela ne marche pas toujours: on l’a vu avec le « non » à la pseudo constitution européenne, ou plus récemment avec le Brexit, qui ont été à l’encontre des injonctions médiatiques et politiques.

« N’oublions pas comment s’impose toujours une idéologie. Pour dominer, la violence ne suffit pas, il faut une justification d’une autre nature. Ainsi, lorsqu’une personne exerce son pouvoir sur une autre – que ce soit un dictateur, un colon, un bureaucrate, un mari ou un patron –, elle a besoin d’une idéologie justificatrice, toujours la même : cette domination est faite « pour le bien » du dominé. En d’autres termes, le pouvoir se présente toujours comme altruiste, désintéressé, généreux », expliquait-Chomsky en 2007 au Monde Diplomatique.

En effet, si on a fait l’Europe, si on a privatisé à qui mieux-mieux, si on veut aujourd’hui détruire ce qu’il reste de sécurité sociale et de système de retraite, c’est pour notre bien. Si on a interdit aux femmes de voter pendant si longtemps, c’était pour le bien de la société, si on nous impose le traité transatlantique (TAFTA) c’est juste pour avoir un peu plus de croissance, pour le bien de tous évidemment…

Sauf qu’une analyse, même rapide, des résultats de ces politiques, montre qu’il n’en est rien. Et les gens se rendent compte que les promesses de plein emploi, de croissance, etc. n’engagent que ceux qui les croient.

Que ce soit en temps de guerre et donc de propagande paroxystique, ou en temps normal quand on est dans la « fabrication du consentement », les médias commerciaux répètent sans se poser de questions la parole officielle, comme si jamais nos gouvernements ne mentaient, comme s’ils ne pouvaient pas mentir et que cette parole officielle n’avait pas à être remise en cause.

De fait, les sources officielles sont considérées comme véridiques « a priori », tandis que la parole non orthodoxe est considérée comme mensongère « a priori »…

 

Notes

[1] L’auteur dudit site a même déstalbilisé Caroline Fourest, qui l’interviewait à la radio, quand il a maintenu qu’il n’y avait rien de troublant dans la VO.

[2] En référence au concept d’ « ère post factuelle » inventé en 2004 aux USA, quand il a été clair que la polémique sur le 11 septembre n’allait pas cesser. Ce concept sert à définir une norme en termes d’information en soulignant une nouveau style de communication politique qui consiste à ne pas argumenter mais à faire appel aux émotions du public. Cela se répercute à fond sur les réseaux sociaux, qui seraient dans l’émotion alors que les vrais médias ne le seraient pas.

[3] D’ailleurs, la solution préconisée pour ce vaccin ne manque pas de piquant: «  »Le principe est similaire au monde médical : nous inoculons une petite dose de fausse information afin que l’individu, c’est-à-dire l’internaute, développe des anticorps », explique Sander van der Linden, chercheur en psychologie à Cambridge et auteur principal de l’étude, contacté par France 24″. Ils ont testé la méthode sur les arguments des climatosceptiques, en désignant comme faux un seul élément (en l’occurrence quelques signatures fantaisistes sur une pétition « climatosceptique ») pour que des cobayes prennent pour fausses l’nesemble des informations diffusées par un site « climatosceptique » fait par eux-mêmes, avec des arguments qu’il serait intéressant de connaitre dans le détail. « Et avant de leur montrer le site climatosceptique, ils leur ont prouvé que certaines informations qui s’y trouvent sont fantaisistes. En l’occurrence, les scientifiques ont isolé une pétition sur le site controversé dont certaines signatures étaient clairement farfelues comme celles de Charles Darwin ou des membres des Spices Girls. Résultats concluants : non seulement, les internautes ont été moins receptifs à ce site, mais en plus ils se sont montrés beaucoup moins perméables aux autres messages climatosceptiques ailleurs sur le Net ». J’en conclus qu’on peut s’attendre, même si à mon avis cela a déjà commencé, à avoir une diffusion d’infos bidons destinées à décrédibiliser les propos des « dissidents ».

[4] Je recommande à tous de regarder la 1ère partie de « Quotidien » du 3 janvier, c’est assez interpellant. Barthez, qui s’est spécialisé dans l’interview de rebelles anti Assad à Alep Est, nous gratifie de tous les poncifs en matière de « théorie du complot ».

[5] Il s’agissait d’une conférence sur son ouvrage « Le choix de la défaite. Les élites françaises dans les années 1930 », une somme que je conseille, un véritable travail d’historien, qui porte sur la proximité de la classe dirigeante française avec les idées nazies et fascistes, et que ceux-ci se sont arrangés pour que la france perde sur le plan militaire et économique.

[6] Cela, pour plusieurs raisons parmi lesquelles le business du flicage à grande échelle qui se développe à vitesse grand « V » et mène un lobbying intensif pour développer les politiques publiques dans ce domaine. Les raisons de ce flicages tiennent aussi au caractère de plus en plus illégitime du pouvoir, qui fait que le gouvernement ne représente plus personne ou presque, et que dans ce cas la population est à surveiller comme du lait sur le feu. Et puis parce que cet Etat est un « Etat paranoïaque ».

http://dondevamos.canalblog.com/archives/2017/01/04/34765235.html

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