ARCHEOLOGIE

Les contacts trans-océaniques précolombiens

Photo : Navire commercial Phénicien

Symboles Précolombien
Les contacts trans-océaniques précolombiens désignent les rencontres entre les peuples indigènes d’Amérique et les navigateurs d’autres continents antérieures aux explorations de Christophe Colomb.

Le seul à être historiquement avéré est relaté dans deux sagas scandinaves, qui décrivent deux colonies au Groenland fondées vers l’an mil par Érik le Rouge.

Les vestiges matériels de ce contact ont également été retrouvés lors des fouilles de quelques sites scandinaves et indigènes au Groenland et dans l’Arctique canadien.

D’autres présumés contacts se basent sur des découvertes archéologiques controversées et sur des récits légendaires. Ils sont donc sujets à caution, et certains relèvent tout simplement du mythe. Les contacts précolombiens font depuis des siècles l’objet d’une certaine fascination, cherchant notamment à disputer à Colomb et à l’Espagne la découverte et exploration de l’Amérique.

Toutes les migrations humaines antérieures à l’Antiquité et correspondant à la période préhistorique sont regroupées dans les théories du premier peuplement de l’Amérique.

Antiquité

Égyptiens

La découverte de tabac dans le baume des momies égyptiennes a surpris les scientifiques et a soulevé la question de son origine. Cette découverte remonte à l’arrivée sur le sol français de la momie royale de Ramsès II à Paris en 1976 à l’initiative de l’historienne Christiane Desroches-Noblecourt.

L’étude botanique de la momie de Ramsès II est confiée à madame Michèle Lescot, taxinomiste et spécialiste en anatomie végétale du laboratoire de phanérogamie du Muséum d’histoire naturelle de Paris. La découverte de composants de Nicotiana, parmi les débris végétaux du baume viscéral, laisse la spécialiste perplexe… Le scepticisme de ses confrères accompagne sa première constatation, car la « Nicotiana L » est un élément constitutif du tabac américain.

Elle confie quelques échantillons à monsieur Steffan, spécialiste du laboratoire d’entomologie du Muséum et non seulement celui-ci confirme les recherches de sa confrère mais en plus y découvre la présence d’un coléoptère parasite du tabac américain.

Les éléments de Nicotiana L. observés au microscope, appartiennent aux solanacées, grande famille bien représentée sur le continent américain.

Cette présence de tabac peut s’expliquer par l’usage de solanacées africaines ou par la contamination des momies à l’époque contemporaine, le tabac ayant été utilisé, au XIXème siècle, comme insecticide.

Phéniciens

D’après Ezra Stiles, un chercheur amateur américain du XVIIIe siècle, le rocher de Dighton serait couvert de pétroglyphes phéniciens. La théorie est reprise par le Français Antoine Court de Gebelin en 1781. Elle n’est pas sérieusement retenue par les historiens contemporains.

précolombienUne autre théorie manquant de validation archéologique sérieuse est la gigantesque « sculpture » au sommet de la montagne de Pedra da Gavea surplombant la ville de Rio de Janeiro et semblant représenter un visage européen et barbu. Cette immense tête est visible à des kilomètres à la ronde.Au XIXe siècle furent découvertes de prétendus inscriptions phéniciennes sur le côté de la falaise de Pedra da Gavea (à la hauteur de la coiffe), face à la mer.

Précolombien Pedra_da_Gavea_procheElles indiqueraient la phrase suivante : « LAABHTEJBARRIZDABNAISINEOFRUZT ».

Comme toutes les langues sémitiques, le phénicien s’écrit de droite à gauche. L’inscription devient alors :

« TZUR FOENISIAN BADZIR RAB JETHBAAL » se traduisant ainsi : « Badezir, Phénicien de Tyr, Fils aîné de JethBaal ». Badezir ou Badezor ou encore Baal-Ezer II en phénicien fut un roi de Tyr et régna vers 850 avant J.-C.

Les Phéniciens ne s’appelant pas eux-mêmes par ce nom (« phénicien » est un terme grec), l’inscription est un faux. Son père fut également roi de Tyr et de Sidon de 896 à 863 avant J.-C. sous le nom de JethBaal ou EthBaal ou encore Ithobaal Ier. Baal-Ezer II eut une sœur : Jézabel que leur père Ithobaal Ier maria au roi d’Israël Achab. Elle devint reine d’Israël.

Les sceptiques émettent l’idée que la forme de cette montagne n’est que le reflet d’un imaginaire ou bien encore que ce visage apparent (coiffe, front, yeux, nez, bouche, menton et barbe) n’est que le plus pur des hasards et que l’homme est étranger à cette forme humaine. La réalisation de nombreux faux phéniciens au Brésil à la fin du XIXème siècle est bien connu des spécialistes de la civilisation phénicienne, jusqu’à présent aucune trouvaille authentique n’est connue.

Romains

La tête de Tecaxic-Calixtlahuaca est une tête d’homme barbu portant une sorte de chapeau pointu, de style romain, probablement fragment d’une figurine en terre cuite, découverte en 1933 dans une tombe précolombienne de Tecaxic-Calixtlahuaca.

Elle est considérée comme un OOPArt et aucune hypothèse expliquant sa présence sur le site n’a encore été confirmée.

précolombien Tecaxic_calixtlahuaca_headEn 2001, Romeo Hristov de l’Université du Nouveau Mexique et Santiago Genovés de l’UNAM ont publié un article faisant le point sur la question.

Le site sur lequel la tête a été découverte semble bien dater d’avant la conquête espagnole – de peu, il est vrai : 1476-1510 – et être resté intact jusqu’aux fouilles des années trente. Un test de thermoluminescence effectué en 1995 par P. Schaaf et G.A.Wagner à l’unité d’archéométrie FS de l’Université d’Heidelberg indique que l’objet a été fabriqué entre le IXe siècle av. J.-C. et le milieu du XIIIe siècle apr. J.-C., donc avant la période coloniale. Bernard Andreae de l’Institut allemand d’archéologie de Rome a confirmé qu’il était de style romain et a proposé d’après l’aspect de la barbe et des cheveux le IIe siècle comme période de fabrication.

Selon les auteurs, aucune conclusion définitive ne peut être établie, mais trois possibilités sont envisageables :

  • Canular : une rumeur émanant de Paul Schmidt de l’UNAM prétend que la tête a été déposée sur le site en guise de canular par l’archéologue Hugo Moedano un jour que le directeur des fouilles, P. José Garcia-Payón, était absent ; Moedano aurait renoncé au dernier moment à révéler la vérité par peur des conséquences. Néanmoins, P. Schmidt, contacté par R. Hristov, a reconnu qu’il tenait ces informations de source indirecte, et le fils de Garcia-Payón affirme que son père a toujours déclaré avoir été présent sur le chantier le jour de la découverte. Les principaux protagonistes étant décédés, il est devenu impossible de poursuivre l’enquête plus avant.
  • Objet obtenu d’un visiteur venu d’Europe peu avant les conquistadors : les auteurs estiment peu probable qu’un contact avec des Européens ne soit pas mentionné dans la tradition historique en nahuatl, si l’on considère la rapidité avec laquelle s’est répandue la nouvelle de l’arrivée de Cortes sur le site de Veracruz.
  • Objet arrivé en Amérique à une époque ancienne à l’occasion d’une traversée occasionnelle ou sur une épave : un bateau aurait pu s’aventurer vers l’ouest à partir des Canaries où des restes d’amphores romaines datant d’entre le Ier et le IVe siècle ont été découverts sur l’île de Lanzarote.

En 1961, l’orientaliste et anthropologue autrichien Robert Heine-Geldern avait proposé que l’objet avait tout d’abord voyagé depuis le monde romain jusqu’en Extrême-Orient, avant de parvenir en Amérique à travers le Pacifique.

Pompéi : au cours de fouilles archéologiques dans la villa de l’éphèbe à Pompéi, une peinture murale est découverte représentant un fruit ayant l’aspect de l’ananas. Cette œuvre d’art est à présent conservée au sein du Musée archéologique de Naples. Certains fruits de l’Ancien Monde ont un aspect extrêmement proche de l’Ananas : cycas d’Afrique et sagoutier indien.

Moyen-Âge

Brendan de Clonfert ou Bréanainn de Clonfert est né vers 484 à Ciarraight Luachra en Irlande. Parti pour une quête de sept ans à la recherche du jardin d’Eden, Saint Brendan ou Brandan s’aventure sur l’océan Atlantique avec une petite embarcation (probablement un currach) et plusieurs moines, vers 530. Ils reviennent en Irlande en affirmant avoir découvert, vers l’Ouest, une île qu’ils assimilent au Paradis. Le récit rapidement propagé de leurs aventures attire de nombreux pèlerins à Aldfert, le village d’où Saint Brandan avait pris son départ avec ses compagnons. Saint Brendan continue de voyager dans les îles britanniques et en Bretagne pendant près de vingt-cinq ans. À l’estuaire de la Rance, il fonde un couvent à Aleth, puis retourne en Irlande où il meurt vers 577/578.

En 1976, l’Irlandais Tim Severin construit une barque en peaux de bêtes tendues et en atteignant Terre-Neuve par les îles Féroé et l’Islande, prouve que le voyage de Brendan a pu lui faire découvrir l’Amérique avant les Vikings et Christophe Colomb.

Des spécialistes de littérature médiévale et de géographie historique s’accordent cependant à ne pas voir dans la navigation la retranscription exacte d’un authentique voyage et considèrent qu’il n’y a pas de preuves que Brendan ait pu dépasser l’Islande.

Vikings

Les Vikings sont sans doute la première civilisation de l’« ancien monde » à joindre l’Amérique. Vers l’an 1000, Leif Erikson navigue depuis le Groenland jusqu’à Terre-Neuve, qu’il appelle Vinland.

Longtemps restée au niveau des légendes, cette histoire reçoit confirmation en 1960 avec la découverte des restes archéologiques de l’Anse aux Meadows où Leif Erikson fonde une colonie et qui fait de lui le découvreur nord-européen de l’Amérique. Des relations orageuses avec les autochtones ne sont vraisemblablement pas étrangères à l’évacuation du village, quelques dizaines d’années plus tard.

Les Vikings ont nommé les terres américaines de noms nordiques :

  • Groenland = Terre verte = Groenland
  • Helluland = Terre des pierres plates = Terre de Baffin
  • Markland = Terre des forêts = Labrador, Québec et vallée du Saint Laurent
  • Vinland = Terre des vignes (localisation exacte incertaine

précolombien -Kensington-runestone_flom-1910Pierre runique de Kensington

Carte du Vinland et des îles de l’océan Atlantique

 précolombien Vinland_Map_HiRes

Cette célèbre carte marine montrant les côtes nord-américaines et les îles de l’Atlantique fut l’objet d’études multiples. D’aucuns y virent une carte authentique datant toutefois du début du XVesiècle d’après un portulan du XIIIesiècle, alors que d’autres y virent une supercherie du XXe siècle.

En 1995, des chercheurs de l’université d’Arizona et du Smithsonian Center se rendirent à Yale pour analyser ce parchemin avec un spectromètre accélérateur de masse. Le résultat donna une date assez précise de 1434 avec plus ou moins 11 années en plus ou en moins soit entre 1423 et 1445.

La carte indique précisément, en latin, le Vinland au nord-ouest de l’océan Atlantique ainsi que l’île de Saint Brandan au milieu de l’océan. Le continent nord-américain présente distinctement l’estuaire et le Golfe du Saint-Laurent (nord-est/sud-ouest), ainsi que la baie d’Hudson.

Madoc

Madoc était un prince gallois qui aurait découvert l’Amérique en 1170, soit trois cents ans avant Christophe Colomb. L’histoire raconte que Madoc aurait remonté les grands fleuves de l’Amérique du Nord et rencontré des tribus amicales et hostiles d’Indiens avant de s’installer quelque part sur les grandes plaines. Il aurait débarqué cent vingt hommes, et revint équiper en Europe une flottille de dix navires pour transporter dans ce nouvel établissement tous les éléments d’une colonie permanente. Selon la légende, des colons se seraient intégrés dans des tribus d’Indiens et leurs descendants seraient restés sur la frontière américaine pendant quelques siècles.

Le révérend Morgan Jones, capturé en 1669 par une tribu iroquoise (les Tuscaroras), fut le premier à rendre compte d’Indiens parlant gallois. Le chef l’aurait épargné en entendant que Jones parlait gallois, langue qu’il comprenait. Jones serait resté quelques mois dans la tribu à prêcher l’Évangile avant de retourner aux colonies anglaises où il raconta son aventure en 1686.

Frères Zeno

Aux alentours de 1390, trois hommes, le comte écossais, Henry Sinclair connu également sous le nom de Zichmni et les deux frères italiens explorateurs Niccolo et Antonio Zeno vont contribuer à l’exploration de la route de l’océan Nord-Atlantique.

Après l’exploration de l’Écosse, vers 1390 Niccolo Zeno est devenu officier de marine pour le compte d’Henry Sinclair. Niccolo entreprend de cartographier le littoral du Groenland afin de préparer un voyage vers des terres découvertes à l’ouest par différents marins. Niccolo décède en 1395 avant ce voyage. Antonio, arrivé en Écosse, va pouvoir prendre connaissance des écrits de son frère. Sinclair se serait rendu en 1398 en Amérique sur le territoire de ce qui sera plus tard Terre-Neuve et la côte Sud-Est du Canada.

En 1558, un descendant des frères Zeno, publiera un livre sur le récit de leurs voyages avec une carte devenue aussi célèbre que controversée, la carte Zeno.

Zheng He

D’après l’auteur britannique Gavin Menzies, la flotte chinoise de l’amiral Zheng He aurait atteint les Antilles depuis l’Afrique, et la côte ouest de l’Amérique via de détroit de Magellan ainsi que l’Australie.

Cette thèse fut élaborée à partir de l’étude d’anciennes cartes maritimes italiennes et portugaises antérieures aux voyages de Christophe Colomb et montrant des îles et territoires inconnus des Européens à cette époque, interprétés généralement par les historiens comme des îles imaginaires.

précolombien zhenghemapReproduction d’une carte attribuée par certains aux expéditions de Zheng He et réalisée en 1418.

Portulans, cartes marines et mappemondes du XIVe et XVe siècles

L’étude des Mappemondes anciennes, notamment celles de la seconde moitié du XIVe siècle et de l’ensemble du XVe siècle, indiquent que les connaissances sur la cartographie marine de l’Océan Atlantique étaient relativement développées parmi les marins européens.

Dès le XIVe siècle, des cartes marines et autres portulans circulent parmi les navigateurs européens. Des îles sont clairement indiquées à l’Ouest de l’Océan Atlantique ; île d’Antilia, île de Brasil, île de Bacalao, île de Santanaxia, île de Saint-Brandan, îles des Sept cités, etc.

La bibliothèque de Charles V de France (XIVe siècle)

En plein XIVe siècle, le roi de France Charles V de France agrandit les limites de Paris. Il fait édifier le château de Vincennes au dehors des limites de la ville afin de pouvoir échapper aux éventuelles révoltes des bourgeois de Paris, comme ce fut le cas, avant son règne, avec leur représentant, le prévôt des marchands Étienne Marcel.

Il fait construire de nouvelles enceintes au Palais du Louvre. De nouvelles salles princières et royales sont édifiées, notamment la fameuse bibliothèque de Charles V, la plus importante de toute l’Europe (grand érudit et amateur de livres et d’incunables) dont l’intérieur est réalisé avec un bois rare et exotique de couleur rouge, qui proviendrait du Brésil selon les travaux de recherches de l’Université Montpellier III.

Dés la seconde moitié du XVe siècle, des navigateurs français et européens se seraient rendus au Brésil pour rapporter le fameux bois couleur de braise :

* les sceptiques émettent l’hypothèse que ce bois rouge ne proviendrait pas du Brésil mais du Levant et pourrait être le fameux cèdre du Liban ;
* Alexandre de Humboldt émet l’hypothèse que ce bois rouge pourrait provenir des Indes ou de plus loin encore, de Malabar et de Malaisie, dont le commerce était fleurissant au Moyen-Âge, notamment grâce aux commerçants arabes. Humboldt précise, dans son livre « Examen critique de l’Histoire et Géographie du nouveau continent aux XVe et XVIe siècles », qu’un bois rouge propre à la teinture était connu en Italie et en Espagne trois siècles avant le voyage de Vasco de Gama vers Goa et Calicut ;
* selon le scientifique américain Edward Bancroft (XVIIIe siècle), dès le XIIe siècle, les termes « Brasile » et « Braxilis », indiquant un bois rouge, viendrait du mot italien « bragio » : braise.

Indication d’une île de Brasil sur les cartes marines dès le XIVe siècle

* Alexandre de Humboldt rappelle, dans son livre « Examen critique de l’Histoire et Géographie du nouveau continent aux XVe et XVIe siècles », que de nombreuses cartes marines, portulans et mappemondes représentent depuis le XIVe siècle, une île plus ou moins étendue et située le plus souvent au sud-ouest de l’Océan Atlantique, sous des appellations différentes mais relativement proches : Brasile, Bracie, Bresily, Bersil, Brazilæ, Bresilji, Braxilis, Branzilæ. ;
* la carte marine d’Angellinus Dalorto de Gènes datant de 1325 serait la premère carte indiquant l’île de Brasil ;
* le portulan de Dulcert réalisé en 1339 indique au large de l’Irlande une île de Brasil ainsi qu’une île de Saint Brandan plus au Sud ;
* la carte de Pizigano datant de 1367 indique les îles de Brasil, d’Antilia et de Saint Brandan ;
* la carte de Abraham Cresques réalisée en 1375 indique également une île de Brasil située au sud-ouest de l’Irlande ;
* la carte du Vinland (1434) indique l' »île de Branzilæ », situé juste au sud d’une autre île nommée Antilia ;
* la carte d’Andrea Bianco (1436) indique une île du nom d' »Isola de Bersil ».

L’Europe découvre au début du XVe siècle, grâce au commerce portugais, un nouveau poisson : la morue. C’est une source de protéines animales nouvelle que de nombreux bateaux cherchent désormais à exploiter au cours de pêches hauturières.

En France même, des navigateurs bretons de Paimpol et de Saint Malo, des marins normands de Barfleur et de Dieppe, enfin d’autres de La Rochelle et du Pays basque partent pêcher la morue au large des côtes canadiennes et dans le golfe du Saint Laurent. Tous ces équipages se retrouvent au large d’une grande île qui pourrait être celle de Terre-Neuve, nommée sur les cartes marines de cette époque « île de Bacalaos » (« Iles des morues » en portugais) en compagnie d’autres navigateurs portugais, irlandais, anglais, vénitiens et hollandais. La Ligue hanséatique contrôle le marché européen de la morue, et s’enrichit avec ce commerce fleurissant en tenant fermement les ports de l’Europe centrale (mer du Nord, mer Baltique). En France, dès le début du XVe siècle les marins-pêcheurs français payent la dîme au roi de France sur « les Pescheries des terres neufves » Il en est de même pour les pêcheurs morutiers bretons qui paient la dîme sur la vente de la morue depuis le milieu du XVe siècle. Cette redevance est consignée notamment dans les actes de transactions établis entre les moines de l’abbaye de Beauport à Paimpol et les habitants de l’île de Bréhat.

La pêche à la baleine était également pratiquée par les marins basques. Le légiste bordelais, Cleirac, indique dans son livre Us et coutumes de la mer, que cent ans avant Christophe Colomb, les Basques chassaient déjà la baleine, pratiquaient la pêche à la morue. Cleirac précise que les marins basques découvrirent même le grand et le petit banc des morues au large de Terre-Neuve et reconnurent les côtes et rivages du golfe du Saint-Laurent.

Île d’Antilia

Charles Giraud, Ministre de l’Instruction publique en 1851, indique dans son livre « Journal des savants » de l’ Institut de France » , que le terme Antilia apparaît sur les cartes marines et mappemondes dès le XIVesiècle. L’île d’Antilia est indiquée notamment sur le globe de Martin Behaim (1491-1493), sur la carte de Paolo Toscanelli (1468), ainsi que sur l’Atlas d’Andrea Bianco (1436).

La carte du Vinland (1434) indique une île nommée « Antilia » située au sud d’une autre île nommée « île de Branzilæ ».

La carte marine de Pizzigano (1424) indique également une île de couleur rouge nommée « Antilia ».

João Vaz Corte-Real

En 1472, l’explorateur portugais João Vaz Corte-Real se rend sur l’île de Bacalao sur laquelle les marins-pêcheurs portugais pêchent la morue depuis une longue période avec leurs homologues français. Terra Nova do Bacalhau (littéralement, Terre-Neuve des morues). Cette île, qui n’a jamais été identifiée avec certitude, pourrait être Terre-Neuve.

Thomas Croft et John Jay de Bristol

Dès le début du XVe siècle et surtout après la fin de la Guerre de cent ans, des marins anglais de Bristol auraient mis le cap vers l’île de Brasil. Dès 1480, les navigateurs Thomas Croft et John Jay seraient partis de Bristol sur deux navires, le « Trinity » et le « George », vers l’île de Brasil pour y rapporter non pas le fameux bois de brasil, mais de la morue dont le commerce avait été monopolisé par la Ligue hanséatique au détriment de nombreux ports dont Bristol.

Jean Cousin le navigateur dieppois

En 1488, Le capitaine dieppois Jean Cousin, part vers l’Afrique de l’ouest puis les îles des Açores. En route vers cet archipel, son navire est drossé par la tempête et les courants vers l’ Amérique du Sud. Il aurait alors accosté au Brésil au cap San Rogue. Selon certains auteurs il aurait remonté un large fleuve qu’il nomma « Maragnon » (nommé depuis Amazone) puis rentra à Dieppe en 1489.

Son second s’appelle Vincent Pinzon, futur commandant de La Niña et son frère Martin Pinzon celui de la Pinta, deux des trois bateaux qui s’élancèrent à conquête du Nouveau Monde quatre ans plus tard sous les ordres de Christophe Colomb.

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