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Les accords Sykes-Picot à la base des conflits du Moyen-Orient

En catimini, le 16 mai 1916, les accords Sykes-Picot sont signés entre Britanniques et Français, dépeçant l’Empire ottoman. Un siècle plus tard, la région est plongée dans un chaos total, posant la question d’une refonte des frontières devenues plus instables que jamais.

« Ils ont inventé une paix qui ressemble à la guerre »

Le 16 mai 1916, en pleine Première Guerre mondiale, après des mois d’échanges épistolaires entre Paul Cambon, ambassadeur de France à Londres, et Sir Edward Grey, secrétaire d’Etat au Foreign Office, l’orientaliste et conseiller pour le Moyen-Orient au Foreign Office Sir Mark Sykes et le diplomate français François Georges-Picot signent le document qui va redéfinir les frontières du Moyen-Orient.

Dans un bureau de Downing Street, Paris et Londres se répartissent les provinces arabes de l’Empire ottoman alors rallié à l’Allemagne.

Les accords Sykes-Picot sont tenus secrets avant d’être révélés en 1917 lors de la révolution d’Octobre en Russie, les bolchéviques découvrant une copie du texte dans les archives du ministère des Affaires étrangères.

Malgré les promesses d’indépendance faites aux Arabes, la France et la Grande-Bretagne découpent ainsi le Moyen-Orient : une zone rouge formée par la Mésopotamie est sous administration directe de la Grande-Bretagne tandis que la France s’approprie une zone bleue comprenant le Mont-Liban, la côte syrienne et la Cilicie. La Palestine est pour sa part internationalisée, Jérusalem étant une ville sainte pour les trois monothéismes.

Pour le reste, les Etats arabes indépendants gérés par les Hachémites sont partagés en deux zones d’influence et de tutelle : la zone A au nord revient à la France et la zone B, au sud, à la Grande-Bretagne.

Cent ans plus tard, à l’exception de la Palestine et de la Transjordanie devenue Jordanie (la déclaration Balfour de novembre 1917 prévoyant la création d’un Foyer national juif), les lignes créées par les accords Sykes-Picot sont toujours en place, tant bien que mal. « Ces découpages territoriaux ont été d’une importance capitale puisqu’ils ont déterminé arbitrairement pour chacun de ces Etats sa superficie, sa configuration géographique, la structure de sa population, ses potentialités économiques, ses possibilités d’accès à la mer, l’identité de ses voisins*. »

Carte du partage du Proche-Orient, version Sykes-Picot 1916

Des accords stratégiques

Les intérêts des Empires français et britannique à ces accords ne sont pas seulement énergétiques. Pour les Français, ils sont aussi culturels.

Bien avant 1916, la France a une influence scolaire et culturelle considérable en Syrie, certains parlant alors d’une « France du Levant ».

Pour les Britanniques, il s’agit d’intérêts stratégiques. Il leur faut absolument maîtriser le Moyen-Orient, passage obligé de la route des Indes.

« Il fallait bien que ces deux empires s’entendent, et pas seulement dans la région. Donc, il y avait nécessairement un compromis à trouver », explique Jean-Paul Chagnollaud, directeur de l’Institut de recherche et d’études Méditerranée-Moyen-Orient (Iremmo).

« La division du Moyen-Orient en plusieurs Etats n’était pas en soi condamnable : les Hachémites l’avaient envisagée dès le début en faveur des fils ainés de Hussein. Mais elle s’est opérée contre la volonté des populations », analyse l’un des plus grands spécialistes de la région Henry Laurens, professeur au Collège de France.

Parce que les accords Sykes-Picot ont imposé des frontières à des populations qui en voulaient d’autres et que les Arabes ont vécu ces accords comme une trahison et une injustice. « Les Arabes ont dû s’y plier, poursuit Jean-Paul Chagnollaud, mais certains ont su y résister. C’est le cas des Turcs. »

«Je veux aussi Jérusalem – Lloyd George»

La France voulait conserver son influence sur la côte syrienne tandis que Londres entendait surtout préserver son contrôle sur le canal de Suez. Jérusalem aurait pu constituer le seul pôle de friction entre les deux puissances coloniales, mais un accord fut trouvé.

«Les Français administreront directement une zone allant du littoral syrien jusqu’à l’Anatolie ; la Palestine sera internationalisée (condominium franco-britannique de fait) ; la province irakienne de Basra et une enclave palestinienne autour de Haïfa seront placées sous administration directe des Britanniques ; les Etats arabes indépendants confiés aux Hachémites seront partagés en deux zones d’influence et de tutelle, l’une au Nord confiée aux Français, l’autre au Sud aux Britanniques. La ligne dite Sykes-Picot, qui divise le Proche-Orient, doit aussi permettre la construction d’un chemin de fer britannique de Bagdad à Haïfa», détaille l’historien Henry Laurens.

Les suites de la guerre obligeront les deux puissances à affiner leurs décisions.

C’est ainsi qu’après la fin de la guerre, raconte Henry Laurens citant un diplomate britannique, que les Anglais obtinrent Mossoul et Jérusalem à la suite d’une rencontre entre les leaders des deux pays: «Clemenceau dit : « Bien. De quoi devons-nous discuter? » « De la Mésopotamie et de la Palestine », répondit Lloyd George. « Dites-moi ce que vous voulez », demanda Clemenceau. « Je veux Mossoul », dit Lloyd George. « Vous l’aurez », a dit Clemenceau. « Rien d’autre? Si, je veux aussi Jérusalem », a continué Lloyd George. « Vous l’aurez », a dit Clemenceau.»

Les frontières seront fixées par les traités de Sèvres (août 1920) et le traité de Lausanne (1923), dans le cadre des mandats accordés aux deux grandes puissances par la Société des Nations pour gérer leur zone d’influence.

C’est là que naissent une partie des frontières actuelles. Le Liban, Israël émergeront plus tard tandis que la Turquie récupèrera une partie de son territoire perdu dans la région d’Alexandrette.

Dans le découpage, le pétrole n’est pas oublié et les Français qui ont lâché Mossoul et ses promesses de pétrole récupèreront environ un quart des droits d’exploitation… Quant aux indépendantistes arabes, ils devront se contenter de quelques miettes alors qu’en Syrie les Français materont toute velléité d’indépendance, loin des engagements de Lawrence d’Arabie…

Des frontières à l’épreuve du réel

Si les lignes tracées par les accords Sykes-Picot ont instauré des frontières artificielles, faisant fi des diversités ethniques et religieuses des populations, aucun événement n’est parvenu en un siècle à les ébranler, même pas le panarabisme de Gamal Abdel Nasser puisque la République arabe unie (RAU) ne vivra que trois ans (1958-1961).

« En tant que découpage territorial, le partage a duré, essentiellement parce que les nouvelles capitales et leurs classes dirigeantes ont su imposer leur autorité sur le nouveau pays (…) Quand le nationalisme arabe reviendra en force, il ne reconnaîtra pas la légitimité de ce découpage et appellera à la constitution d’un Etat unitaire, panacée à tous les maux de la région. Les Etats réels seront ainsi frappés d’illégitimité et durablement fragilisés. La constitution du Foyer national juif entraînera la région dans un cycle de conflits qui semble loin de se terminer », analyse Henry Laurens dans les colonnes du Monde diplomatique en 2003, année de l’invasion américaine en Irak qui a contribué à faire voler en éclat les frontières.

Il n’a y pas de frontières naturelles qui permettraient de séparer les Kurdes des Arabes, les chiites des sunnites… Alain Gresh

Mais aujourd’hui, les accords Sykes-Picot sont mis à l’épreuve des révolutions arabes, certains allant jusqu’à imaginer la création d’un Sunnistan, d’un Kurdistan et de plusieurs Chiistan. Une « balkanisation » du Moyen-Orient, en quelque sorte.

Pour le directeur de l’Iremmo, il faut prendre le problème à l’envers, sachant par exemple que beaucoup de chiites, de sunnites, se sentent d’abord Irakiens ou Syriens et que de nombreux nationalismes locaux se sont développés dans les Etats de la région. Les frontières ont ainsi pris de la consistance.

« La vraie question est la suivante : quels sont les peuples qui aujourd’hui veulent un toit politique et qui n’en ont pas ? Ceux qui réclament un territoire sur lequel ils pourront être maîtres de leur destin. Et actuellement il y a deux peuples qui le veulent : les Palestiniens et une partie des Kurdes (ceux du nord de l’Irak puisque les Kurdes de Turquie savent eux qu’il n’en est pas question et réclament plutôt un fédéralisme, comme revendiquent depuis peu les Kurdes syriens). »

Daech bouleverse les accords

En juin 2014, le mur de sable qui marquait la frontière des accords Sykes-Picot entre la Syrie et l’Irak est détruit par le groupe Etat islamique. Tout un symbole. Les jihadistes du groupe EI, comme en leur temps ceux d’al-Qaïda, balaient dès leur arrivée les accords, voulant établir un califat au Moyen-Orient et en finir avec ce qu’ils nomment « le complot occidental ».

Les tentatives de panarabisme ayant échoué, l’islam est pour Daech l’élément fédérateur des peuples de la région face à la « domination étrangère ».

Lors de la proclamation de leur califat, les jihadistes publient une vidéo intitulée La Fin de Sykes-Picot.

« Cette progression bénie ne s’arrêtera pas avant d’avoir fini de clouer le cercueil de la conspiration Sykes-Picot », y clame Abu Bakr Al Baghdadi après avoir envahi une partie de l’Irak et de la Syrie et gommé les frontières.

Pour le groupe EI, les musulmans sont aliénés par l’Occident. « Daech a transformé les accords secrets signés voilà un siècle en une question politique brûlante et contemporaine », note Rashid Khalidi, historien à l’université Columbia et titulaire de la chaire créée pour Edward Saïd en études arabes modernes. Et l’historien de poursuivre : « Les gens qui dirigent l’organisation Etat islamique sont d’anciens cadres de l’Irak de Saddam Hussein que l’idiotie des décisions américaines, après l’intervention de 2003, a jeté dans les bras des extrémistes. Ces gens savent parfaitement gérer un Etat, avec férocité et brutalité, mais aussi avec efficacité. Ils sont donc soucieux des frontières, même s’ils sont également
pris dans des rhétoriques religieuses, voire apocalyptiques. »

La ligne de partage avait-elle une logique?

« – Pas vraiment. C’était, comme le dit le titre de mon livre, « Une ligne dans le sable ». En revanche, il y avait une logique politique : c’était, pour les Anglais, d’éviter que les Français puissent accéder aux cités sacrées, Médine et La Mecque.

L’Angleterre, alors, se considérait comme la plus grande puissance du monde musulman. Il y avait plus de musulmans dans l’Empire Britannique que n’importe où ailleurs, si on prenait en considération l’Égypte, le Soudan, l’Inde.

Les Français, eux aussi, avaient une importante population musulmane et étaient vaguement convaincus de pouvoir contrôler leurs territoires en ayant Damas dans leur escarcelle. » James Barr, professeur d’Histoire à Oxford

La conférence de San Remo

Le destin des provinces arabes de l’Empire Ottoman a surtout été scellé à la conférence de San Remo en 1920.

Elle a accordé à la France un mandat sur le Liban et la Syrie. Et la Grande-Bretagne sur la Mésopotamie (dont Mossoul), la Transjordanie et la Palestine. Ces dispositions ne furent pas changées par la suite, dans les traités de Sèvres (1920) et de Lausanne (1923) qui fixèrent les statuts et les frontières des territoires issus de l’empire ottoman.

La situation avant les accords

A la veille de la Première Guerre mondiale, toute l’Eurasie était dominée par les puissances impériales.

La Russie avait acquis ce qu’on appelle aujourd’hui l’Asie centrale (Kazakhstan, Turkestan, les Khanates de Khiva, Boukhara, Tachkent, Merv, Samarkand), englobant la moitié de la Perse dans sa zone d’influence.

La Grande-Bretagne détenait un autre morceau de la Perse, en vertu de l’accord anglo-russe de 1907, et contrôlait des émirats arabes dans la région du golfe Persique ; elle administrait l’Egypte, Chypre et Aden sur la mer Rouge, et l’Afghanistan se trouvait dans sa sphère d’influence.

Le reste (sauf le désert arabe) faisait partie de l’Empire ottoman, dont le Sultan régnait sur diverses populations ethniques : Slaves, Arabes, Grecs, Arméniens et Juifs.

Chez les puissances impériales, la Russie orthodoxe revendiquait son droit de protéger les peuples orthodoxes, présents dans les Balkans et au Proche-Orient, tandis que les Français étaient les protecteurs des catholiques, notamment des chrétiens maronites dans les provinces syriennes.

Et qui protégeait les juifs ? Personne…

Suite aux guerres des Balkans de 1912-1913, une guerre générale éclata, opposant l’Entente entre la France, la Russie et la Grande-Bretagne à l’Allemagne, l’Empire ottoman (à l’époque dirigé par le parti des Jeunes Turcs) et l’Empire austro-hongrois.

La revendication hachémite pour service rendu

Dans une lettre au Haut Commissaire britannique, datée du 4 juillet 1915, Hussein ibn Ali, émir et « chérif » de La Mecque, pose ses conditions, qui contiennent des revendications formulées dans le Protocole de Damas, un document préparé par les forces arabes en Syrie :

« En échange de sa coopération qui doit le conduire à contrôler toute la péninsule arabique, la Mésopotamie, la Syrie, la Palestine et une partie de la Cilicie, le Chérif Hussein formule les demandes suivantes :

« 1. L’indépendance des Arabes limitée dans un territoire comprenant au Nord Mersine, Adana et limité ensuite par le 37ème parallèle jusqu’à la frontière persane : la limite Est devrait être la frontière persane jusqu’au Golfe de Bassorah ; au Sud, le territoire devait border l’océan Indien, tout en laissant de côté Aden ; à l’Ouest enfin, il devait y avoir pour limite la Mer Rouge et la Méditerranée jusqu’à Mersine.

« 2. La Grande Bretagne devait reconnaître l’établissement d’un califat arabe et l’abolition des capitulations. En contrepartie, le Chérif se déclarait prêt à accorder une préférence dans toute entreprise économique des pays arabes à la Grande Bretagne, pourvu que les autres circonstances fussent égales.

« 3. Une alliance défensive militaire devait être conclue. Dans le cas où l’une des parties contractantes entreprendrait une guerre offensive, l’autre devrait garder une stricte neutralité.

Le Haut Commissaire en Egypte, Sir Henry McMahon, répondit aux demandes d’Hussein. Dans une note jointe à sa lettre datée du 24 octobre 1915, McMahon écrit :

« Les districts de Mersina et d’Alexandrette, et les parties de la Syrie situées à l’Ouest des districts de Damas, Homs, Hamah et Alep ne peuvent être considérés comme purement arabes et doivent être exclus des limites et frontières envisagées. Avec les modifications ci-dessus et sans préjudice de nos traités actuels avec les chefs arabes, nous acceptons ces limites et frontières ; et en ce qui concerne, à l’intérieur de ces limites, les parties de territoires où la Grande Bretagne est libre d’agir sans porter atteinte aux intérêts de son alliée, la France, je suis autorisé par le gouvernement britannique à vous donner les assurances suivantes et à faire la réponse suivante à votre lettre :

« Sous réserve des modifications ci-dessus, la Grande Bretagne est disposée à reconnaître et à soutenir l’indépendance des Arabes à l’intérieur des territoires compris dans les limites et frontières proposées par le Chérif de la Mecque.

« La Grande Bretagne garantira les Lieux Saints contre toute agression externe et reconnaîtra leur individualité. Si la situation le permet, la Grande Bretagne mettra à la disposition des Arabes ses conseils et les aidera à l’établissement de la forme de gouvernement qui semble le plus convenable pour ces différents territoires.

D’un autre coté, il est entendu que les Arabes ont décidé de chercher les conseils et l’aide de la Grande Bretagne seulement, et que les conseillers et fonctionnaires européens, dont ils pourraient avoir besoin pour la formation d’une administration stable, seront des Anglais. En ce qui concerne les vilayets de Bagdad et de Bassorah, les Arabes reconnaîtront que la situation et les intérêts de l’Angleterre nécessitent des mesures spéciales de contrôle administratif afin de sauvegarder ces territoires d’une agression étrangère et de pourvoir au bien-être de la population locale, ainsi que de sauvegarder nos intérêts économiques mutuels. »*

Hussein obtient donc de vagues assurances mais pas d’engagement explicite en faveur de l’indépendance du royaume arabe qu’il appelle de ses voeux.

Le sort de la Palestine

Drapeau de la Palestine selon le Nouveau Petit Larousse Illustré (1924)

Au cours des marchandages, la Palestine, revendiquée par la Grande-Bretagne, était censée devenir indépendante à terme. Cette question est la plus compliquée de toute l’histoire de la région.

Tout en promettant au Hachémite Hussein et à ses fils un royaume arabe et l’indépendance, les Anglais promettaient simultanément aux Juifs un foyer en Palestine. Dans la Déclaration de Balfour du 2 novembre 1917 (du nom d’Arthur Balfour, à l’époque ministre des Affaires étrangères), il est dit :

« Le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif, et emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif, étant clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte ni aux droits civils et religieux des collectivités non juives existant en Palestine, ni aux droits et statuts politiques dont jouissent les Juifs dans tout autre pays. »

En vertu de l’accord Sykes-Picot, les Lieux Saints en Palestine devaient être placés sous mandat international.

Cependant, l’administration des Lieux Saints ne fut jamais qu’une affaire administrative.

Depuis au moins l’époque des Croisades, les puissances européennes ont tenté d’établir leur influence politique à Jérusalem par le biais de leurs institutions religieuses, tout comme les Russes avec les sites de l’Eglise orthodoxe russe, de même que les Arméniens et, bien entendu, les habitants de la région, chrétiens, musulmans et juifs.

Les Français, qui avaient leurs propres visées sur la Palestine, craignaient que le soutien britannique au sionisme se traduise par l’emprise de la Grande-Bretagne sur la région.

Les Anglais disaient aux Arabes qu’ils n’avaient pas l’intention de favoriser la création d’un Etat juif, tout en affirmant aux représentants sionistes que telle était bien leur intention.

Les affrontements judéo-arabes qui éclatèrent en 1919 avaient été programmés par les Anglais pour empêcher Arabes et Juifs d’unir leurs forces.

Le 24 juillet 1922, la Société des Nations accorda à la Grande-Bretagne le mandat sur la Palestine.

L’attitude des dirigeants politiques britanniques était parfaitement cynique, sachant que même les plus « pro-sionistes » d’entre eux étaient antisémites.

Il semble que Sykes était anti-juif à l’extrême, mais qu’il détestait encore plus les Arméniens : « Même les Juifs ont leur bon côté, alors que les Arméniens n’en ont aucun », écrivait-il.

Sykes n’était pas pour autant pro arabe. Il aurait écrit que les Arabes urbains étaient « couards », « insolents et méprisables », « vicieux au point que le leur permettent leurs corps affaiblis », tandis que les Arabes bédouins étaient « des animaux (…) rapaces, cupides ».

La Palestine reste la victime du conflit israélo-arabe que les grandes puissances n’ont pas voulu résoudre.

La création de la Jordanie

L’histoire de la Jordanie indépendante commence le 22 mars 1946. Les Israéliens d’un certain âge se souviennent tous que les Juifs, étaient appelés « Palestiniens » avant 1948…

En réalité, l’aire du foyer national juif n’exclut les territoires à l’Est du Jourdain qu’à partir de 1921.

Au moment de la déclaration Balfour, les territoires qui allaient devenir la Jordanie, faisaient partie du Foyer National Juif.

Il s’est passé qu’en dépit des promesses faites aux Hachémites par la Grande-Bretagne, la possibilité de créer un royaume arabe ne leur est pas accordée.

En 1920, des mandats sont attribués lors de la conférence de San Remo à la France sur la Syrie et le Liban et à la Grande-Bretagne sur la Palestine, la Transjordanie et l’Irak. Mécontents, les Hachémites menacent d’attaquer leurs anciens alliés.

Pour éviter cela, il est décidé de créer un « émirat » sous contrôle britannique.

Après la guerre, en 1946, « l’émirat » est alors transformé en royaume de Transjordanie et Abdallah est couronné roi. De 1946 à 1948, l’histoire de la Jordanie est liée à l’évolution politique de ses voisins : la fin du mandat britannique en Palestine et la création de l’Etat d’Israël.

Ainsi, naît de la division de la Palestine qui était sous mandat britannique, un nouvel état qu’on appellera la Transjordanie qui va alors annexer les territoires de Judée Samarie lors de la création de l’état d’Israël en 1948, et nommer ces territoires : la Cisjordanie et ainsi déclarer la totalité : Royaume de Jordanie.

Sources :

http://www.rfi.fr/
http://tempsreel.nouvelobs.com
http://www.la-croix.com/
http://www.agora-erasmus.be/

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