Pédocriminalité

L’enfer des Amérindiens dans les pensionnats canadiens

par Serge-André Guay

Trois Amérindiens du Québec lèvent le voile sur les sévices subis par les enfants de leurs peuples dans les pensionniats canadiens où ils étaient placés de force par les gouvernements au cours des années 1950. Il aura donc fallu plus d’une cinquantaine d’années à ces trois Amérindiens pour dénoncer la situation passée. Pourquoi ? La honte, car il s’agit entres autres de sévices sexuels.

À titre d’éditeur de plusieurs auteurs européens, je reçois régulièrement des demandes d’information au sujet de l’histoire nord-américaine. L’un des sujets de prédilection demeure les Amérindiens. Pour certains, le sujet est folklorique, tout comme les « cabanes en bois rond » et les « grands espaces » canadiens.

Pour d’autres, le sujet est historique et souvent dramatique. Ils s’inquiètent avec raison du sort réservé aux peuples amérindiens sous la gouverne des blancs.

La télévision d’Etat, Radio-Canada, a levé le voile une fois de plus sur l’un des aspects les plus troublants de l’histoire récente des Amérindiens du Canada dans un reportage que l’on peut écouter en ligne ou en visitant le site internet des nouvelles télévisées. Les intéressés trouveront le reportage sont le titre : « Le secret du pensionnat d’Amos » (Amos étant le nom d’une ville de la région de l’Abitibi, la porte Nord-Ouest du Nord québécois).

Ce reportage fait état du sort réservé aux Amérindiens dans l’un des 300 pensionnats construits par le gouvernement canadien dans les années 1950 pour éduquer les peuples amérindiens partout au pays.

Les parents amérindiens étaient obligés d’envoyer leurs enfants dans ces pensionnats gérés majoritairement par l’Église catholique, à la demande même du gouvernement. Aujourd’hui, plus de cinquante ans plus tard, trois autochtones (amérindiens) acceptent de témoigner des sévices qu’ils ont subis dans le pensionnat où ils furent forcés d’aller, celui de la ville d’Amos.

Une expression relativement nouvelle est née pour désigner les enfants placés dans les pensionnats à cette époque : « les orphelins de Duplessis », du nom du Premier ministre d’alors, Maurice Duplessis, dont le règne s’étendra du 26 août 1936 au 8 novembre 1939 et du 30 août 1944 au 7 septembre 1959.

Dans les manuels scolaires d’histoire du Québec, on désigne cette période sous le nom : « La grande noirceur », en raison, entre autres, des actions du gouvernement Duplessis empêchant le Québec d’entrer dans la modernité.

Fait bien connu de cette époque, les pensionnats, où des milliers d’enfants furent « internés », étaient confiés à l’Église catholique qui faisait et défaisait les gouvernements en ce temps-là. On y retrouvait non seulement les enfants orphelins mais aussi des enfants nés hors mariage, des enfants handicapés, des enfants déficients intellectuels et… les enfants des Amérindiens. L’expression consacrée « Les orphelins de Duplessis » fait allusion à tous ces enfants abandonnés par la société de l’époque aux mains de gouvernements et des Eglises.

Dans le reportage, Radio-Canada présente des extraits de ses archives de l’époque, où les animateurs expliquent la grande opération d’éducation des Amérindiens par le gouvernement du Canada. Remarquez l’absence de sens critique ; la télévision d’Etat n’est alors qu’un écho du programme.

Autrement, Radio-Canada n’aurait pas manqué de souligner qu’elle avait alors dénoncé la situation. Mais il n’en est rien, la télévision d’Etat s’inscrit elle-même dans cette période de « grande noirceur » au Québec. Heureusement, les choses ont changé depuis, mais, comme on le dit, le mal est fait.

http://www.agoravox.fr/

enfer des amérindiens

Depuis trente ans au Canada, près de 1 200 femmes amérindiennes ou inuites ont été assassinées ou ont disparu : un chiffre incroyablement plus élevé que les crimes concernant les autres canadiennes durant la même période.

Grâce à la Commission Vérité et Réconciliation chargée d’enquêter sur la scolarisation forcée de dizaines de milliers d’Amérindiens et d’Inuits, de nombreux citoyens ont pris conscience du désastre causé par cet épisode douloureux qu’ont vécu les « autochtones ».

Depuis trente ans au Canada, près de 1 200 femmes amérindiennes ou inuites ont été assassinées ou ont disparu : un chiffre incroyablement plus élevé que les crimes concernant les autres canadiennes durant la même période. Une des recommandations de la Commission porte d’ailleurs sur la nécessité de mener une enquête nationale à propos de ces disparitions. Pour la première fois, un lien formel a été établi entre les mauvais traitements subis par les enfants autochtones, génération après génération, et leurs difficultés de vie actuelles. ( http://www.rfi.fr/)

Vous pouvez partager ce texte à condition d’en respecter l’intégralité et de citer la source et le site: http://www.elishean.fr/

Copyright les Hathor © Elishean/2009-2014/ Elishean mag



Print Friendly, PDF & Email
Articles similaires

Suivez nous sur les réseaux sociaux

Votre aide est importante…

MilenaVous appréciez mon travail et vous voulez soutenir ce site?

Vous pouvez contribuer à la continuité de ce site en faisant un don sécurisé sur PayPal.

Même une somme minime sera la bienvenue, car je gère seule tous les sites du réseau Elishean/ les Hathor. Avec toute ma gratitude, Miléna

 

Recherchez sur le réseau

Articles Phares