L'Hologramme Nouveau Monde

Comprendre le monde des énergies

par Gérard Méchoulam

gerard Méchoulam(Extrait de La mutation psychique 1978)

Nous sommes constitués d’une densité extrême d’énergies, de champ d’ondes dont les arrangements complexes déterminent notre forme organique.

A un niveau strictement physique, ces déterminants et ses composants changent de un milliardième de seconde à l’autre dans un ballet incessant où l’hérédité et tous les facteurs issus du passé et du milieu ambiant nous inclinent à réagir et à se comporter sans que nous l’ayons réellement voulu, sans que nous en soyons véritablement conscient.

Tout le travail du cerveau et du système nerveux, qui lui est afférent, va se charger de coordonner et d’équilibrer avec le maximum précision, les sollicitations émises par le monde physique, psychique et spirituel.

Rien n’est séparé ni isolé dans cette totalité UNE qu’est l’univers des profondeurs.

Le microcosme, monde de l’infiniment petit, nous montre l’arbitraire de toute limitation, c’est-à-dire des séparations élaborées par notre perception formelle. Nous vivons pourtant dans cet immense océan de vibrations et de tournoiements sans cesse sollicité par les énergies cosmiques et universelles, planétaires et terrestres, traversé par une multitude de souvenirs et d’expériences que le psychisme et le corps physique transmettent et communiquent.

Si notre vision du monde est réellement dynamique, le mouvement ainsi perçu révèlera une incroyable diversité de sollicitations, face auxquelles le cerveau doit effectuer un tri hallucinant par la rapidité d’exécution exigée et la qualité relationnelle nécessaire à tout échange entre le monde intérieur et le monde extérieur. Mais son action n’en sera que mieux appropriée aux émissions constantes de l’univers, si précisément la conscience est libre de ces écrans protecteurs qui lui sont autant d’obstacles et de conflits.

La transparence intérieure fait de la conscience un relais harmonieux et direct entre le Connu et l’Inconnu, un centre précis de coordination entre l’événement et le fait qui se présente et leur sélection.

Certes, d’autres systèmes, au niveau physiologique, effectuent ce rôle et assurent cet ordre, tel le système nerveux central dont la structure extraordinaire permet une quantité incroyable d’opérations d’une précision et d’une subtilité étonnantes. Cependant, quel que soit le degré de perfection de cet ensemble, il ne faut pas oublier que la pensée et le comportement qu’il engendre occupe une place essentielle tant au niveau de son équilibre que de son utilisation.

Nous sommes le résultat d’une monumentale élaboration biologique qui a emprunté le long chemin de l’adaptation et de l’effort mais aussi celui d’un choix permanent.

Une civilisation évolue grâce au pouvoir d’invention et à la créativité dont elle fait preuve. Mais si l’égoïsme et l’indifférence deviennent prépondérants, si les individus qui la composent n’expriment plus des énergies créatrices, apparaissent alors les premiers symptômes de son agonie. Nous attendons toujours que le paroxysme des crises actualise ce que nous n’avons pas su réaliser…, pour trouver des solutions ; et ceci parce que nous séparons l’intérieur de l’extérieur, l’individu de la communauté. Nous refusons de nous pencher à l’intérieur de nous-mêmes pour y réaliser cette jonction du monde du «Dedans» avec celui du «Dehors» où réside la véritable transformation.

De l’énergie cosmique à l’énergie vitale

Au cœur de chaque chose mouvante, miroitante dans sa fixité, s’exprime une puissance infiniment subtile dont le mouvement ne peut être altéré ni par le Temps, ni par l’Espace ni par la Pensée.

Elle s’anime dans le vide cosmique qui pulse et secrète l’énergie première dont le contenu diffère de celui qu’il nous est donné d’appréhender dans l’univers car elle est une forme dégradée du mouvement initial.

L’énergie est unique dans son essence, mais extrêmement variée dans ses tendances, ses aspects et ses manifestations.

De cosmique dans son expression de base, elle devient tour à tour universelle, en se liant au phénomène spatio-temporel, puis terrestre et vitale, lorsque les pensées et le psychisme, l’inconscient collectif de l’humanité planétaire s’en empare pour l’utiliser.

Prise dans le filet de la durée, l’énergie engendre des «îlots» de matière, tandis que sa force limpide et régénérante se densifiera en se «dégradant» et en se refroidissant, devenant matière et forme, subordonnée aux lois arides et destructrices de l’entropie et de l’irréversibilité.

Cependant, nous ne pouvons assimiler l’énergie à cette impulsion initiale qui lui donne l’existence. Elle serait plutôt la conséquence dérivée d’une source plus mystérieuse encore, source de tout ce qui Est, moteur de l’énergie elle-même.

Qualitativement, elle révèle en son mouvement un amour inconditionnel où se joignent les contraires et où s’harmonisent les antagonismes, une intelligence vivante, une action pure et juste qui s’exprime au cœur de tout être, de toute chose. Quantitativement, elle permet l’éclosion des mondes et des univers, une richesse de manifestations, de processus de transformations et de phénomènes qui en sont les émanations plus ou moins lointaines.

Sur Terre, nous utilisons cette énergie, davantage dans son aspect physique et vital qui en est dérivé, une variante de son expression globale. A chaque niveau de notre être, comme à chaque plan de manifestation, elle apparaît selon des aspects extraordinairement variés, des formes changeantes et différentes dont la diversité correspond à notre façon d’être et de se comporter.

La connaissance intérieure permet la découverte vécue de la substance même de ces dérivés multiples de l’énergie. Néanmoins, si une compréhension intellectuelle peut parfois être une aide précieuse, elle devient rapidement un obstacle si elle ne laisse pas la place à une compréhension directe et vécue.

C’est pourquoi, nous devons faire l’expérience d’une investigation vivante qui découvre les choses de l’intérieur et évite les tristes compromis de la spéculation et de l’analyse. Toute découverte intérieure permet la réception de son contenu en tant que fruit d’une expérimentation précise et personnelle que ne corrompt ni la pensée, ni l’imagination ni aucune connaissance issue de l’intellect.

Afin de percevoir la nature véritable de cette manifestation de l’énergie cosmique dans la sphère de notre vécu, nous devons intensifier cette écoute intérieure, cette transparence qui nous donne une compréhension immédiate.

Mais quels sont ces intermédiaires qui jalonnent son parcours et que l’énergie vitale investit entre les profondeurs et le superficiel ?

Prise dans les automatismes du passé, l’énergie vitale nourrit la puissance des instincts et des mécanismes ancestraux et réciproquement, ceux-ci tirent d’elle leur subsistance liant indissolublement l’instinct de vie à l’instinct de mort. Les instincts sommeillent profondément en nous, ou s’extériorisent par le biais de compensations, d’impulsions, et même de projections mentales. Ils assument le rôle difficile de canaliser et de répartir en un certain équilibre, la somme des injonctions dispensée par l’énergie vitale.

A ce niveau – là, se présentent déjà les premières difficultés, les premières résistances. En effet, nous sommes constitués d’une matière dont les arrangements subtils déterminent notre forme. Les composants de cette matière agissent et surtout réagissent en fonction de nécessités mécaniques et associatives qui lui sont spécifiques. Toutefois, la matière en général, et notre corps physique plus particulièrement sont soumis à une programmation phénoménale par sa précision et sa perfection : Les cellules, les molécules et les organes récepteurs effectuent et coordonnent un échange minutieux entre l’ensemble et le particulier.

Limités à la sphère physique, les instincts constituent des leviers puissants dont l’action souterraine oriente notre comportement. Leur pulsion assure ce passage délicat qui conduit de l’inanimé au vivant, du figé au mobile. Les instincts mettent en action ces mécanismes qui portent toutes les victoires du mouvement sur l’inerte et nous donne une possibilité dynamique. Ils tracent les lignes directionnelles que l’énergie vitale devra emprunter, depuis les automatismes qui lui donnent son architecture jusqu’aux sommets de l’intelligence et de la perfection de l’amour. Mais le parcours est sinueux, les embûches nombreuses et très souvent les pulsions qui émergent de leur force aveugle, emportent l’homme qui s’identifie à elles.

En nous, s’anime un univers de paroxysmes et de violence, le résultat de millions de défaites et d’affranchissements, il est donc indispensable de vivre une intégration harmonieuse de ce formidable potentiel de forces instinctuelles afin de les distribuer de la façon la plus saine et la plus naturelle. Néanmoins, aucune discipline ne pourra nous y aider, car la discipline est aussi dangereuse que puisse être l’identification aux instincts. Toute chose doit être à sa place, celle qui lui est due et nous devons faciliter cette réintégration en mettant en action les moyens les plus aptes à la réaliser, tant au niveau physique que psychique.

Une remise en question totale de tous les mécanismes – de l’habitude, de la pensée – permet de trouver un équilibre réel des forces vitales.

En effet, un point leur est essentiel : l’élan vers l’autre dont l’énergie dans sa forme vitale est aussi l’instigatrice : en outre, elle permet d’humaniser toute intervention cosmique.

Nous vivons dans un faisceau de contradictions permanentes et constamment, nous devons leur trouver des solutions.

Telles sont les nécessités de l’existence planétaire. La vie dans sa forme biologique comporte bien sûr maintes exigences qui ne doivent pas fortifier les dépendances psychologiques. L’exigence doit être comblée dans sa juste mesure afin que nous puissions investir l’énergie disponible dans des champs d’action tout autre nettement plus affranchis des programmations de la matière. L’énergie vitale ne doit pas servir de tremplin à un acte possessif et dominateur qui tente de coloniser ou d’opprimer l’univers et l’homme, mais au contraire, se mettre au service d’une découverte qui s’épanouit dans l’amour et l’intelligence.

L’énergie sexuelle

Les diverses sollicitations qui parviennent à notre psychisme, qu’elles s’expriment de façon directe ou indirecte, sont utilisées généralement en fonction d’un désir inhérent à la constitution même du «Moi». En elles se cristallise le besoin impérieux et vital, non seulement d’assurer notre survie, mais de constater sa continuité, tout en l’éprouvant, grâce à une variété de sensations dont la gamme s’étend des plus subtiles aux plus grossières.

Parce que l’anéantissement du «Moi» de surface représente un facteur constant d’angoisse face à l’univers, à la vie et à la mort, nous cherchons presque instinctivement à nous prolonger à travers toute chose. C’est pourquoi, nous adhérons à tout ce qui se présente et semblons assurer la continuité de notre personnalité transitoire. Ainsi, l’être cherche-t-il éperdument à éprouver pour retirer de sa sensation – quelle qu’elle soit : douleur, joie, souffrance, plaisir – l’excitation et la substance utiles à la survivance de cet ensemble de peurs et de désirs qui détermine l’illusion d’un centre de conscience.

Mais, quel est réellement ce centre, où se situe-t-il, quelles sont ses dimensions, ses fonctions ? Sa nature exacte correspond à l’énergie qui l’alimente. Ce puissant catalyseur qu’est l’énergie vitale, transmuée pour les besoins de la cause en énergie sexuelle, se révèle comme son agent essentiel de manifestation.

Néanmoins, l’utilisation de cette énergie mise au service d’un désir de se prolonger dans le monde extérieur ou de s’identifier à tout ce qui nous entoure, nous lie aux lois de la dégradation, du vieillissement et de l’irréversibilité. Ce désir édifié en projection rend en charge l’émergence, l’existence, puis le déclin de la sensation qu’il recherche, pour disparaître avec elle, lorsque s’épuise l’énergie qu’elle stimule.

Ainsi notre vie est-elle un rappel constant de possessions dont le «Moi» se nourrit, de symboles auxquels ils s’accrochent et lui voilent la réalité. Ceci explique en grande partie l’orientation prise par la société actuelle et la place occupée par la sexualité. Si l’énergie sexuelle est censée exprimer l’élan vers l’autre, établir un échange, elle a perdu de nos jours, dans bien des cas, sa fonction équilibrante et harmonieuse.

Les rapports sociaux étant complètement faussés, la communication entre les êtres s’avérant complètement inexistante, l’énergie sexuelle a été réellement usurpée de son rôle initial pour n’exprimer que des compensations souvent brutales et violentes. La distorsion de l’énergie vitale contribue à établir un vampirisme réciproque qui caractérise de nos jours tous les rapports humains, familiaux, sociaux et autres que la violence, l’ambition et les instincts orchestrent et conditionnent.

Or, nous confondons toujours les exigences biologiques avec les dépendances et accoutumances psychologiques. Très vite, le besoin biologique crée le désir psychologique et inversement. L’engrenage se met ainsi en action, nous entraînant aux pires excès.

Nous ne procèderons pas ici à une énumération de tous les penchants ou attitudes auxquelles nous inclinent les pulsions sexuelles mais accordons tout notre intérêt à la nécessité de les intégrer harmonieusement dans la globalité de l’être. Trouver la place naturelle et adéquate d’un instinct ou d’une pulsion sexuelle, c’est reconnaître sa cause, son effet et accepter de se débarrasser de tout conditionnement mental que constituent nos jugements, nos condamnations, nos préjugés. C’est voir si l’instinct est vraiment une exigence formulée par notre biologie et dans quelle mesure il est coloré d’une signification qui nous donne l’illusion d’aimer, de posséder ou de haïr. Voir tout cela, consiste à déceler s’il s’agit d’une attirance sincère et généreuse vers l’autre ou d’un désir égocentrique de l’utiliser.

Vouloir parfaire notre relation avec l’autre, vouloir l’aimer, c’est aussi refuser toute illusion et ces fausses espérances qui cherchent en l’autre une excitation – qui nous est nécessaire pour nous éprouver.

Il est indispensable de remettre en question tout «élan» non pas pour le détruire, mais afin de le purifier de tout mensonge, mensonge qui est d’autant plus grave qu’il trompe douloureusement l’être qui est prêt à aimer, à écouter.

L’énergie sexuelle donne la possibilité d’unir deux êtres qui se perçoivent comme séparés et cette rencontre stimule en chacun d’eux le sentiment d’une communication, peut-être d’une communion.

Mais elle ne doit pas justifier l’expression outrancière des instincts sous leur forme la plus possessive et la a plus dominatrice. Il ne faut certainement pas nier ou refuser cette manifestation de l’énergie vitale ; tenter de la refouler ou de la maîtriser par la rigueur d’une discipline telle que l’ascèse ou une fausse sublimation, c’est la rendre plus puissante encore. D’autre part, le silence intérieur est une aide précieuse qui parce qu’il met directement en contact avec l’essentiel donne à cette énergie sa place véritable.

Il est important d’harmoniser les expressions diverses des instincts, de les équilibrer en fonctions multiples et variées. Alors seulement, un épanouissement sain et véritable pourra faire découvrir à l’être qui le vit la «mesure» réelle de ses impulsions, de ses actions, de ses comportements.

La pensée, en tant que réponse à une stimulation, à un désir, une peur, pollue de son atmosphère le champ pur et limpide où s’épanouit la sexualité. C’est pourquoi une relation qui se veut profonde, sincère doit nécessairement savoir reconnaître à la fois l’emprise de l’instinct et l’influence de la pensée. Alors, la communication peut s’établir, riche, sincère, intense, expression fidèle de l’Amour.

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