A la Une Islam Le Grand Secret de l'Islam

Le Grand Secret de l’Islam – Partie 1 Ce que l’Islam dit de lui-même

Illustration de couverture : sur fond d’un texte manuscrit de la Torah, quelques
étapes de la rédaction du coran selon la légende islamique, depuis son écriture sur
des omoplates de chameau jusqu’aux recueils calligraphiés– la dernière image
(premier plan) est celle de la première sourate du Coran, dite « l’Ouverture », ou « Al
Fatiha ».

Etrange chose que ce sentiment de malaise vis-à-vis de l’islam qui monte peu à peu parmi les non-musulmans.

Comme la presse s’en fait de plus en plus l’écho (et davantage encore sur internet), comme presque trois quarts des Français l’ont reconnu dans un sondage récent1, il y a quelque chose de perturbant dans l’islam.

  • Pourquoi ces terribles luttes fratricides entre musulmans n’en finissent-elles jamais?
  • Pourquoi cette intolérance doctrinale de l’islam envers les autres religions?
  • Pourquoi cette volonté de tout dominer?
  • Pourquoi les problèmes d’intégration au sein du monde moderne, si ce n’est de compatibilité avec lui?
  • Pourquoi certaines atteintes aux libertés, à la dignité humaine?
  • Pourquoi si peu de réaction de l’immense majorité des musulmans eux-mêmes devant tout cela?
  • Et en particulier, pourquoi si peu de réaction devant les violences qui ne cessent de se produire depuis que cette religion s’est imposée, voici environ 1 400 ans, et la formidable épopée de Mahomet, son prophète?
  • Mais surtout, pourquoi est-il si difficile, voire interdit aux musulmans d’aborder ces sujets, de poser ces questions et de se livrer à des interprétations critiques?
  • Qu’y a-t-il donc à cacher dans l’islam?

L’observateur peut certes tenter de caractériser certaines failles de l’islam, comme religion et comme système politique, ce qu’il est à la fois. Constater déjà que dans sa dimension normative et sociale, en tant que code et loi, il peine à bâtir la société idéale qu’il aspire à édifier sur toute la terre – cet échec se manifeste bien cruellement dans les régimes islamistes se réclamant de la loi d’Allah.

On peut alors tenter d’expliquer et de comprendre ces failles par la mise en avant de certaines contradictions intrinsèques à la doctrine, au dogme musulman, en exhibant ce qu’ils peuvent comporter d’injonctions paradoxales, de vérités révélées bien peu compatibles avec la nature humaine ou même avec le simple bon sens.

Mais au-delà, les clés de la compréhension de l’islam relèvent aussi du travail scientifique, du travail de recherche historique sur ses origines réelles. Car c’est dans l’établissement de la vérité sur ses origines, sans parti pris idéologique ni religieux, que l’on pourra comprendre ce qu’il est réellement, et donc la raison de ses défauts, de ses échecs, et aussi de ses qualités et succès.

C’est un travail commencé depuis très longtemps, mais qui se poursuit dans une indifférence relative, ignoré ou combattu par les musulmans, on le comprend volontiers, mais également par les médias, les journalistes, les scientifiques, les historiens, les enseignants, les autorités morales, voire par certaines autorités religieuses non musulmanes.

Et pour cause ! Ils reprennent presque tous sans le questionner ce que l’islam dit luimême de ses origines et de son histoire. Ils le reçoivent comme vérité historique, l’impriment dans les manuels, l’enseignent aux enfants, et ce faisant, ils le justifient.

C’est ainsi que l’histoire de l’islam et de sa révélation sont connues de la plupart. Une histoire des plus intéressantes tant elle divulgue déjà malgré elle, dans sa logique et ses ressorts apparents, un reliquat de la vérité historique sur ses origines et sur sa formation comme religion et comme système politique.

Car cette vérité n’est pas dite. L’histoire authentique est cachée, cryptée, secrète, interdite, taboue.

Aussi, pour tenter de remonter le cours de l’Histoire dans sa vérité, il faut, en préambule, prendre connaissance de cette histoire que raconte l’islam sur lui-même.

Elle nous permettra de voir et de comprendre par la suite quel est donc ce grand secret que l’islam s’emploie si bien à cacher, ce secret que dévoile peu à peu la recherche historique, et dont nous allons voir en dernière partie qu’on en trouve les traces dans les textes musulmans eux-mêmes

QUE DIT L’ISLAM DE LUI-MÊME ? … ou l’histoire sainte de l’islam selon l’historiographie musulmane

MAHOMET

Il y aurait eu dans l’Arabie du 6e siècle après Jésus Christ, dans le Hedjaz (le sud-ouest de l’actuelle Arabie Saoudite, sa partie riveraine de la Mer Rouge) un peuple de nomades, de commerçants et de guerriers, les Arabes. Ils auraient été les descendants d’Abraham (l’Abraham de la Bible) par son fils Ismaël, qu’Abraham eut dans des temps immémoriaux avec sa servante Agar. Selon l’histoire musulmane, ils vivaient selon un système de clans et de tribus, avaient pour religion une sorte de polythéisme mal connu, des cultes païens anciens, et obéissaient à des coutumes rustiques – par exemple, ils maltraitaient leurs femmes2 et il se raconte même qu’ils enterraient vives leurs petites filles3.

De plus, la région était en proie à l’anarchie, à de nombreuses guerres entre clans plus ou moins régies par ces coutumes religieuses troubles. C’était le temps de la jahiliya, de l’ignorance, de l’obscurantisme propre aux temps païens.

Dans ce contexte serait né Mahomet, en 570, à La Mecque, petite ville caravanière de cette région, au sein de la tribu des Qoréchites. Orphelin très tôt, il est recueilli par son grand père, puis par son oncle, les chefs de la tribu. Vers l’âge de 9 ans, alors qu’il accompagne son oncle lors d’une expédition caravanière en Syrie, un moine chrétien, Bahira, reconnaît en lui un futur prophète.

En attendant qu’il le devienne, Mahomet doit subvenir à ses besoins. Il trouve à s’embaucher comme caravanier et sillonne l’Arabie et le Moyen Orient. Il épouse sa patronne Khadija, une riche veuve. Il aura d’elle quatre filles.

Vers 610, alors qu’il s’était retiré pour méditer dans une grotte à l’écart, une voix se fait entendre, l’ange Gabriel apparaît4. Il lui révèle la parole d’Allah, c’est-à-dire quelques versets du Coran qu’il lui enjoint de réciter (les premiers versets de la sourate 96).

Gabriel est le messager d’Allah (« le dieu », c’est-à-dire Dieu), le dieu unique, le créateur du monde et du premier homme Adam. Il s’était révélé par la suite à Abraham et à toute une série de prophètes – Noé, Moïse, Jésus pour les principaux…

Mais ceux qui avaient écouté ces prophètes prêcher la parole divine, c’est-à-dire les Juifs et les chrétiens, s’étaient égarés.

Ils avaient reçu de leurs prophètes des livres sacrés (la Torah et l’Evangile5), et auraient dû suivre leurs commandements. Toutefois, ils s’étaient dévoyés et avaient falsifié leurs écritures. D’où la nécessité pour Allah de parachever sa révélation en envoyant un dernier prophète pour rappeler le monde à l’ordre et fonder à nouveau la vraie religion. Celle qui corrige toutes les révélations précédentes dévoyées, judaïsme et christianisme, en donnant aux nouveaux croyants les justes et ultimes commandements pour vivre selon le plan d’Allah.

Et dans ce plan figure notamment la mission de convertir la terre entière pour que lui, Allah, soit enfin satisfait de voir toute l’humanité se soumettre et se conformer à sa divine volonté, lui obéir en tout, du lever au coucher, entre époux et entre amis, dans la paix et dans la guerre, dans tous les actes de la vie quotidienne.

Mahomet s’en ouvre à sa femme. Celle-ci le présentera à son cousin Waraqa, un prêtre présenté comme chrétien, et tous deux conforteront Mahomet dans la validité de sa révélation.

Convaincu de la nécessité de la proclamer –illettré comme la plupart de ses contemporains, il ne pouvait pas l’écrire6 – il devient prédicateur. Il prêche alors le dieu unique aux polythéistes de La Mecque. Il parvient non seulement à se faire comprendre d’eux, mais aussi à se faire reconnaître comme prophète. Il rassemble ainsi autour de lui ses premiers fidèles, par son discours et par des signes divins de sa prophétie.

Notamment par le miracle du « voyage nocturne », l’isra et le miraj (« le voyage et la montée ») qui le fera se transporter en une nuit de La Mecque à Jérusalem, aller et retour, au dos de Buraq, son cheval ailé. Au passage, s’envolant depuis Jérusalem (prenant appui sur le rocher du Dôme du Rocher), il visite peut-être l’enfer (les traditions divergent sur ce point), puis traverse les sept cieux jusqu’à s’élever à « une portée de flèche » d’Allah.

Le Coran céleste lui est révélé, aperçu entre les mains divines. C’est la « Mère des Ecritures », le modèle divin qui authentifie la révélation terrestre qu’en fait Mahomet.

En dépit de ces signes, il s’attire les mauvaises grâces des autorités de La Mecque et de ses puissants, importunés par le prophète dans leurs affaires et leur polythéisme. Lorsque sa femme et ses protecteurs viennent à mourir, les persécutions envers Mahomet et les premiers musulmans empirent. Certains croyants seraient même allés jusqu’à traverser la Mer Rouge pour se réfugier en Abyssinie chrétienne.

Et Mahomet finira par être chassé de La Mecque.

Accompagné de ses adeptes, il trouve refuge à Yathrib, une cité prospère établie dans une oasis du désert à 400 km environ au nord de La Mecque, peuplée de tribus juives et arabes. Ainsi prend fin la période mecquoise de la vie de Mahomet. La date de sa fuite est retenue pour le début du calendrier musulman: l’année 622 sera le début de l’ère de l’Hégire (l’exil, l’émigration), la première année des nouveaux temps islamiques.

Sa nouvelle ville d’accueil sera rebaptisée par la suite Médine. S’y ouvre donc la période médinoise de la vie de Mahomet.

Il conclut un pacte avec ses hôtes arabes et juifs (appelé « Constitution de Médine »), et s’entend bien avec eux, comme le montre leur conduite bienveillante initiale à son égard. Il continue de prêcher en divulguant verset après verset la révélation d’Allah, parole qui l’établit alors comme chef politique.

Durant tout ce temps, l’ange Gabriel continue en effet de se manifester régulièrement à lui.  C’est ainsi qu’il est amené à s’éloigner des pratiques originelles très semblables aux coutumes juives que mettaient en avant ses premiers prêches – comme l’observance de certains jeûnes, rites et prières, ou encore l’obligation de prier en direction de Jérusalem. Plus tard, il l’aurait modifiée, l’orientant vers La Mecque. Il s’y serait trouvé un ancien sanctuaire, la Kaaba, dont la construction est attribuée à Abraham lui-même, dit-on. Mais les polythéistes mecquois l’auraient ensuite dévoyée et encombrée des idoles païennes de leurs cultes.

Pour subvenir aux besoins de la communauté et face à l’hostilité des Mecquois et des sceptiques, Mahomet, le prophète pacifique devenu maître religieux de Médine, se mue désormais en chef de guerre : malgré ses premières réticences, la révélation de nouvelles sourates lui enjoint d’user de toutes les violences, de prôner la guerre sainte, et de faire mener expédition sur expédition contre les caravanes de La Mecque (des razzias). Il élimine ses adversaires politiques, ses contradicteurs et ses caricaturistes.

Médine vit cependant l’âge d’or de l’islam, Mahomet édicte les règles d’une juste paix, libérant par exemple la femme du statut indigne dans lequel les polythéistes sont supposés l’avoir confinée. Il mène une vie humble malgré ses épouses nombreuses (avec selon les traditions au moins 13 femmes7, sans compter les esclaves et prises de guerre).

Il continue de dévoiler à l’appui de ses actions des versets nouveaux de la révélation. Il recrute ainsi toujours plus de fidèles, et combat les oppositions des croyants sceptiques, les munafiqun. Face aux trahisons de ses hôtes juifs de Médine qui n’auraient plus respecté le pacte initial, il finit par en expulser deux de leurs tribus, et fait massacrer et réduire en esclavage la troisième en 627 (la tribu des Banu Qurayza)8
.
S’étant ainsi renforcé, Mahomet peut s’emparer de La Mecque. Il y entre en 629 à l’occasion de la trêve d’Hudaybayyiah, puis prend définitivement la ville en 630. La Kaaba est nettoyée des idoles païennes et devient ce cube vide orné de cette pierre noire que nous voyons encore aujourd’hui9.

La Mecque gagne définitivement son statut de ville sainte.

Les conquêtes continuent dans le Hedjaz, de nouveaux territoires sont gagnés, des populations se convertissent à cette nouvelle
religion, l’islam, Juifs et chrétiens conservant cependant une certaine liberté de culte. L’Arabie s’unifie dans une même langue, une même religion et s’identifie peu à peu à l’oumma, la communauté des croyants musulmans.

La conquête et les conversions continuent ainsi de s’étendre jusqu’au Proche Orient.

En 632, Mahomet réalise son dernier pèlerinage à La Mecque, islamisant ainsi la coutume ancienne qu’observaient également les polythéistes, et l’établissant comme pilier de la nouvelle foi. Il meurt peu après, le 8 juin 632, à Médine, et y sera enterré.

L’ISLAM APRÈS MAHOMET … toujours selon l’historiographie musulmane

A sa suite, Abu Bakr, un de ses compagnons, devient calife, c’est-à-dire « successeur » (de Mahomet), et donc chef religieux, politique et militaire de l’oumma.

Il s’agit alors d’un califat électif, doté d’un conseil califal consultatif, le « mushawara » (la consultation), composé de compagnons de Mahomet, parmi lesquels nous retrouvons notamment trois futurs califes (Omar, Otman et Ali), Ubay, et Zayd.

Zayd fut le secrétaire personnel du prophète, auquel fut naturellement confiée une première compilation de la révélation coranique, transcrite par les compagnons de Mahomet.

Abu Bakr poursuit les conquêtes, combat certaines tribus musulmanes refusant de voir en lui le successeur du prophète (ce sont les guerres de « ridda » ou guerres d’apostasie) et meurt à Médine, en 634, confiant son pouvoir à Omar.

Celui-ci, deuxième calife fut un très grand conquérant.

Il étend l’empire aux confins de la Tunisie actuelle, en passant par l’Egypte, tout le Moyen Orient, l’Irak, et jusqu’aux extrémités de l’Iran d’aujourd’hui. Il prend Damas (634). Les Arabes entrent à Jérusalem vers 637- 638, qui sort donc du giron de l’Empire Romain d’Orient (Byzance). Omar y fait construire un sanctuaire, la « mosquée d’Omar » sur l’actuelle esplanade des mosquées, à l’emplacement supposé de l’ancien temple des Juifs.  Le calife Abd Al-Malik la remplacera par la suite par le Dôme du Rocher, construit vers la fin du 7e siècle.

Pendant ce temps, les témoins de Mahomet, ses compagnons, ses scribes, son secrétaire, auraient continué d’apprendre par cœur, de réciter, de transcrire et de diffuser sa révélation, la parole d’Allah, le Coran. Ils auraient continué aussi de se remémorer l’exemple de sa vie. Mais de fil en aiguille, le risque de compromettre la révélation se serait accru avec la mort des témoins et l’apparition de divergences au sein de l’oumma.

Le travail de collecte des fragments coraniques éparpillés parmi les musulmans, initié sous Abu Bakr, poursuivi sous Omar, toujours grâce à Zayd, ne suffit pas.

Après l’assassinat d’Omar à Médine en 644, c’est Otman, son successeur, le troisième calife, qui fera finalement compiler entre 647 et 653 une version unique et officielle, la version canonique du Coran, classifiant et ordonnant les sourates de la plus longue à la plus courte.

*Otman aurait fait alors détruire l’ensemble des recueils et fragments antérieurs dans tout le califat. Il y diffuse la véritable version du Coran, sous la forme de cinq exemplaires de référence, à Médine, Damas, Koufa et Bassora (dans l’actuel Irak), et à La Mecque.

C’est cette version que l’édition de 1923 du Caire a théoriquement avalisée. Elle fait toujours référence pour tous les musulmans.

Après l’assassinat d’Otman en 656 lui succèdera Ali, cousin, gendre, disciple et compagnon historique de Mahomet. Il fera face à une très grave guerre civile au sein de l’oumma, la première fitna.

Ali sera assassiné en 661, mettant fin au califat des « rachidun » (« bien guidés »), ces premiers successeurs de Mahomet que l’islam sunnite reconnait comme des dirigeants modèles et divinement inspirés.

L’assassinat d’Ali amplifiera encore la guerre civile avec la querelle de sa succession, portant tant sur la nature de l’héritage de Mahomet que sur l’affrontement des ambitions politiques déjà observé précédemment.

Elle finira par séparer irrémédiablement les musulmans entre sunnites, chiites et autres branches dissidentes : pour schématiser, les sunnites se révèleront partisans d’une succession politique à Ali via Hasan, son fils, qui prend sa suite en 661 pour moins d’une année, et surtout via Muawiya, le gouverneur de Syrie qui s’impose très rapidement face à Hasan par la force.

Les chiites veulent une légitimité religieuse au successeur de Mahomet, un imam davantage qu’un chef militaire, et qui plus est, un imam descendant du prophète.

Ils ont reconnu Hasan, fils d’Ali et petit fils de Mahomet, comme leur chef. A la mort d’Hasan en 670 (on dit qu’il aurait été empoisonné par sa propre femme sur ordre de Muawiya, neuf ans après son éviction par ce dernier), ils se porteront vers son frère Hussein (le troisième imam des chiites, après son frère Hasan et son père Ali). Ils s’opposent donc à Muawiya, l’éternel adversaire d’Ali et de ses fils, devenu calife (le premier calife omeyade).

Il faut savoir par ailleurs que les vicissitudes de l’opposition de Muawiya à Ali avaient déclenché la scission d’une troisième branche de musulmans parmi les partisans d’Ali, les Kharidjites. Ce sont eux qui avaient assassiné Ali en 661.

Retenons que Muawiya s’imposa donc comme calife, transférant la capitale de Médine à Damas. Il en terminera avec le califat électif en choisissant son fils Yazid pour lui succéder à sa mort, en 680, fondant ainsi la dynastie des Omeyades.

Yazid fera assassiner Hussein, et les Omeyades règneront alors jusque 750 sur fond de deuxième fitna et d’interminables guerres
religieuses et politiques.

Pendant tout ce temps se poursuit également la guerre sainte d’expansion de l’oumma contre les infidèles : Perses, Byzantins, Berbères et autres Nord-Africains, Wisigoths d’Espagne. La conquête s’étend même jusqu’aux Francs et à l’Asie Centrale.

Les luttes intestines n’en finissent pas pour autant, puisqu’au terme d’une nouvelle guerre civile, les Omeyades sont vaincus à la bataille du grand Zab (750) par As-Saffah. Il devient calife et établit alors sa nouvelle dynastie, les Abbassides pour gouverner l’oumma depuis sa nouvelle capitale, Bagdad, marquant ainsi la montée de l’influence perse dans l’empire. Après quoi s’imposeront les Mongols au 13e siècle, puis les Ottomans au 14e siècle.

L’histoire des premiers temps de l’islam se révèle ainsi bien tourmentée : trois califes assassinés sur les quatre premiers, assassinats d’Hasan et Hussein, guerres civiles récurrentes dans l’oumma, guerre sainte de conquête menée contre les incroyants, sans parler de la brutalité avec laquelle les califes ont exercé leur autorité absolue.

La nouvelle religion de paix10 ne portait pas alors à l’apaisement.

Néanmoins, la parole d’Allah fut conservée miraculeusement intacte, ainsi que la mémoire des faits et gestes de son prophète. Celle-ci constitue la tradition (la sunna), issue du colportage des hadiths, ces témoignages rapportés dans des chaînes de transmission orale plus ou moins solides depuis les compagnons de Mahomet. On en compte jusqu’à un million et demi selon les
compilations des siècles qui suivirent.

C’est ainsi que fut rapportée l’histoire des premiers temps de l’islam par les musulmans : on ne possède en effet aucun récit historique musulman contemporain des événements ici racontés. La sîra, la biographie du prophète qui fait référence, n’a été écrite qu’au 9e siècle par Ibn Hicham, qui s’inspirait d’une biographie disparue, écrite par Ibn Ishaq un siècle plus tôt.

En associant Coran, sîra et hadiths complémentaires, les musulmans discernent le message divin, la révélation toute entière contenue dès le départ en la personne de Mahomet. Il constitue en effet une révélation par lui-même, par sa propre parole (lorsqu’il dicte le Coran révélé par Gabriel) mais aussi par son comportement de « beau modèle », d’exemple parfait et normatif en tout ce qu’il aurait fait ou n’aurait pas fait.

De là est instituée la loi divine, la charia, rédigée dans sa forme quasi définitive autour du 10e siècle.

Elle interprète, explicite et codifie ce message aux musulmans pour vivre dans la voie voulue par Allah pour eux et pour toute
la terre. L’ensemble des éléments de l’islam et de sa vision du monde sont alors fixés et écrits. En voici une synthèse.

L’ESSENTIEL DU DOGME MUSULMAN

1. Un dieu unique, Allah, créateur et maître absolu de toute chose, de toute vie et de tout instant : la nature, l’écoulement du temps, les phénomènes étudiés par la science, les fortunes et infortunes des musulmans comme des infidèles n’existent que parce qu’Allah en décide ainsi et les fait advenir à chaque moment.

2. Une révélation de la parole d’Allah au premier croyant et premier prophète d’Allah, Abraham ; puis une révélation de cette parole à une humanité rebelle réalisée par des prophètes venus successivement la rappeler à l’ordre divin pour la corriger de ses dérives dans son application. Ces rappels réguliers à la même parole d’Allah exigent des hommes qu’ils se soumettent entièrement à leur créateur, selon la loi qu’il leur impose. Les grandes religions monothéistes que l’islam appelle les « religions du livre » sont issues des trois principaux de ces prophètes (Moïse, Jésus, Mahomet), qui se sont chacun adressés respectivement à certaines communautés :

‐ Au peuple juif, descendant d’Abraham, prophète d’Allah, à qui Moïse, prophète d’Allah, aurait donné un livre saint, la Torah, contenant la révélation d’Allah ; ce livre annoncerait la venue de Jésus, prophète d’Allah, et contiendrait les commandements selon lesquels les Juifs seraient censés vivre. Mais les Juifs auraient falsifié leurs écritures et rejeté les commandements d’Allah donnés par Moïse.

‐ Aux chrétiens, communauté issue des Juifs, donc d’Abraham, à qui Jésus, prophète d’Allah, aurait donné un livre saint, l’Evangile (au singulier), contenant la révélation d’Allah supérieure à la Torah ; ce livre annoncerait la venue de Mahomet, prophète d’Allah, et contiendrait les commandements selon lesquels les chrétiens seraient censés vivre. Mais les chrétiens auraient falsifié leurs écritures et rejeté les commandements d’Allah donnés par Jésus. Ce dernier tient un rôle particulier parmi les prophètes de l’islam, puisqu’il est reconnu comme messie, qu’il n’est pas mort sur la croix mais a été enlevé in extremis par Allah et gardé en réserve au ciel en vue de la fin des temps.

‐ Les Arabes, peuple choisi ultimement par Allah, descendant d’Abraham, prophète d’Allah, et par extension, les musulmans, communauté issue des Arabes par leur conversion, à qui Mahomet, prophète d’Allah, aurait donné un livre saint, le Coran, contenant la révélation d’Allah supérieure à la Torah et à l’Evangile, révélation qui clôt toutes les révélations, et livre contenant les commandements selon lesquels les musulmans seraient censés vivre. Les musulmans auraient quant à eux conservé intactes leurs écritures et observeraient les commandements d’Allah donnés par Mahomet et explicités par la tradition.

3. Le commandement absolu donné aux musulmans, en tant que dépositaires légitimes de l’ultime parole d’Allah conservée dans toute son intégrité, de soumettre la terre entière à la loi d’Allah, à commencer par eux-mêmes (loi comprenant les cinq piliers de l’islam : profession de foi, prière, obligations du ramadan, aumône et pèlerinage à la Mecque). Il s’agit de se placer dans un rapport de sujétion absolue à la volonté d’Allah, de s’en remettre entièrement à lui et à sa loi, selon sa volonté révélée. L’application de sa loi serait la clé du bonheur terrestre et du paradis céleste après la mort – sa non-application menant alors à l’enfer, voire au châtiment terrestre tel que le définit la charia. Et cette loi commande de libérer le monde des infidèles, des incroyants (les « koufar ») qui sont une offense à Allah, à son plan divin, et donc à l’islam.

4. L’attente de la fin des temps où se produira le « Jour du Jugement », la venue du Mahdi et le retour du « Messie Jésus » (pour les sunnites), ou celui du 12e imam (pour la plupart des chiites), qui combattront les forces du mal, l’éradiqueront de la terre, soumettront tous les infidèles et établiront l’islam à jamais, pour tous.

Voilà dans les grandes lignes ce que l’islam dit de lui-même, de ses origines et de ses grands principes.

Il s’agit d’un système assez cohérent, qui présente en tous cas une implacable logique interne. Les événements historiques s’y imbriquent les uns dans les autres selon les mêmes déterminants et obéissent aux mêmes injonctions que ceux et celles de l’islam
d’aujourd’hui.

Il s’agit d’une vision globale du monde qui l’ordonne en mettant toute chose à sa juste place :

Cette vision du monde l’explicite d’autant mieux qu’on ne la questionne pas. Il est donc rigoureusement interdit de le faire en islam.

Nous vous proposons malgré cela de questionner cette vision, ce discours, ce système, en racontant une autre histoire, celle que les musulmans d’aujourd’hui ignorent, celle que les musulmans des premiers siècles ont escamotée : l’histoire du grand secret de l’islam.

Allez vers la 2ème partie

Notes :

1 – Sondage Ipsos-Le Monde de janvier 2013 : « 74% des personnes interrogées par Ipsos estiment que l’islam est une religion « intolérante », incompatible avec les valeurs de la société française ».
2 – L’islam affirme avoir libéré la femme de la condition indigne dans laquelle elle était tenue avant sa révélation.
Davantage de détails sur le site suivant : http://www.islamfrance.com/femmeislam3.html
3 – C’est ainsi que sont interprétés les passages s16, 58-59 et s81,8-9 du Coran par les commentateurs actuels.
4 – Episode étonnamment comparable aux apparitions d’un « ange » que Mani, le fondateur du manichéisme, aurait revendiquées au 3e siècle, en Mésopotamie.
5 – L’Islam ne mentionne pas les quatre évangiles mais « l’Evangile », au singulier.
6 – S7,158 : « Croyez donc en Allah, en son messager, le prophète illettré qui croit en Allah et en ses paroles. »
7 – 13 femmes selon Ibn Hicham (historien musulman du 9e siècle, biographe de Mahomet), jusqu’à 28 selon Ibn Kathir
(juriste et historien musulman du 14e siècle), Mahomet bénéficiant en cela d’une permission spéciale d’Allah qui l’a libéré de la limite fixée à 4 femmes en islam. Pour tous les musulmans s’applique s4,3 : « Prenez des épouses par deux, trois, quatre parmi les femmes qui vous plaisent. ». Allah a spécialement statué sur le harem de Mahomet par la révélation de s33,50 : « Ô Prophète! Nous t’avons rendu licites tes épouses à qui tu as donné leur dot, ce que tu as possédé légalement parmi les esclaves qu’Allah t’a destinées, les filles de ton oncle paternel, les filles de tes tantes paternelles, les filles de ton oncle maternel, et les filles de tes tantes maternelles, – celles qui avaient émigré en ta compagnie, – ainsi que toute femme croyante si elle fait don de sa personne au Prophète, pourvu que le Prophète consente à se marier avec elle: c’est là un privilège pour toi, à l’exclusion des autres croyants. »). Malgré la taille de son harem et sa vigueur légendaire, Mahomet n’en eut qu’un seul fils, mort en bas âge (selon les historiens musulmans). Il n’eut ainsi qu’un seul enfant à lui survivre, sa fille Fatima, issue de son mariage avec Khadija, mariée au futur calife Ali
8 – Rapporté par Ibn Hicham.
9 – La Kaaba connut cependant quelques mésaventures après cela, notamment l’inondation de 1620 qui en emporta une partie des murs – le sultan Mourad IV la fit alors reconstruire plus solidement vers 1631.
10 – Les apologistes de l’islam veulent aujourd’hui traduire le mot « d’islam » par « paix »

Livre écrit par Olaf

Le Grand secret de l’islam est également proposé comme livre, spécialement édité et mis en page pour une lecture confortable en format « roman ». Se renseigner via le site http://legrandsecretdelislam.com pour sa disponibilité en librairies et sur les sites de vente en ligne.

L’auteur est joignable à l’adresse odon.lafontaine@gmail.com

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