A la Une Le Mystère JESUS Les Celtes Peuples de la BIBLE

Le christianisme est-il né en Palestine ou dans la diaspora?

par Emile Mourey

Suite de l’origine cananéenne des Celtes :

La civilisation des Celtes. Son origine cananéenne

Si l’on prend à la lettre les évangiles, il ne fait pas de doute que nous nous trouvons face à un récit cohérent, mais ce récit cohérent, c’est Luc qui nous le donne « après s’être informé pour en faire un exposé suivi » (Luc 1, 3 – 4). Il précise même : « depuis le commencement », alors que les autres évangiles sont beaucoup plus discrets sur ce commencement.

Il s’ensuit qu’on peut se demander si Luc n’aurait pas voulu clarifier un commencement qui faisait alors controverse.

En effet, il existe au pied de Mont-Saint-Vincent, là où je situe Bibracte, dans l’église de Gourdon, une fresque montrant un officiant faisant l’offrande des prépuces ainsi que d’autres qu’on ne peut dater, selon moi, que d’avant J.C., notamment une nativité prophétisée.

Je précise que ma démarche n’est guère différente de celle d’un archéologue. Je pars de documents peints ou inscrits dans la pierre que tout un chacun peut lire et déchiffrer et je confirme mon interprétation en m’appuyant sur les écrits des auteurs antiques. On ne peut pas faire mieux.

Première curiosité : Une naissance prophétisée au pied de Bibracte/Mont-Saint-Vincent.

photo Eduard van Boxtel, site http://mydas.ath.cx/bourgogneromane/EDIFICES/gourdon.htm

Les fresques de Gourdon parlent d’elles-mêmes et, si cela ne suffit pas, il y a, en plus, les inscriptions (non visibles sur la photo).

Voici Joseph, tribu perdue d’Israël, qui se retrouve ici, en exilé.

Voici sa colonie qui a pris le nom de Marie.

Voici l’espérance de la naissance du sauveur au nom encore inconnu.

Espérance, car seul son esprit est descendu dans le symbole de sa tête mais pas encore son corps qui n’est représenté qu’en pointillés.

Nous sommes, à l’évidence, dans l’ambiance des dernières grandes prophéties que la Bible a rassemblées sous le nom de Zacharie ; des prophéties qui, manifestement, contribuaient à renforcer le lien des Juifs de Palestine avec ceux de la diaspora, en évoquant notamment, en termes enflammés, la naissance d’un sauveur et le retour glorieux des émigrés en terre promise.

En introduction à son évangile, Luc nous a conservé l’une de ces prophéties, non répertoriée.

Nous avons là le nom du sauveur. Il s’agit de Jean, celui qui est appelé à ouvrir la voie au Seigneur. Je précise bien pour qu’il n’y ait pas de malentendu : il s’agit de Jean.

Alors un ange du Seigneur apparut à Zacharie, et se tint debout à droite de l’autel des parfums. Zacharie fut troublé en le voyant, et la frayeur s’empara de lui. Mais l’ange lui dit : Ne crains point, Zacharie, car ta prière a été exaucée. Ta femme Élisabeth t’enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jean… il ramènera plusieurs des fils d’Israël au Seigneur, leur Dieu… Le huitième jour, ils vinrent pour circoncire l’enfant, et ils l’appelaient Zacharie, du nom de son père. Mais sa mère prit la parole, et dit : Non, il sera appelé Jean… Zacharie demanda des tablettes, et il écrivit : Jean est son nom. Et tous furent dans l’étonnement. Au même instant, sa bouche s’ouvrit, sa langue se délia, et il parlait, bénissant Dieu…Tous gardaient cela dans leur coeur, en disant : Que sera donc cet enfant ?… Zacharie, son père, rempli de l’Esprit saint, prophétisa en ces mots : Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, de ce qu’il a visité et racheté son peuple. Il nous a suscité un puissant Sauveur dans la maison de David, son serviteur »... (Luc 1.13-69).

Ce puissant sauveur, c’est Jean

Dans la maison de David, oui, mais est-ce en Palestine, ou est-ce en Gaule ?  D’abord en Gaule et ensuite en Palestine ? Ou d’abord en Palestine et ensuite en Gaule ?

Autrement dit : Luc a t-il réécrit la prophétie pour la situer en Palestine, ou est-ce la diaspora, en Gaule, qui a voulu se l’attribuer ? Voyez la fresque de Gourdon montrant le roi sortant du tombeau – tombeau toujours existant en pierre massive, en entrant dans l’église, à gauche – et celle montrant la mule de Salomon grimpant une pente pour y aller chercher un successeur.

Deuxième curiosité : Vézelay évoque la scène en la plaçant manifestement dans un temple éduen.

Dans l’un des petits tympans, le sculpteur a représenté un temple avec une haute tour et une abside. On dirait une composition de Gourdon, de Mont-Saint-Vincent et de la tour de Taisey.

La « Marie » éduenne des fresques de Gourdon est entrée dans le temple du Seigneur pour annoncer qu’elle est enceinte de ses oeuvres ! Le nouveau Zacharie s’apprête à sortir du chœur par la haute porte pour annoncer la Bonne Nouvelle. Le miracle s’est de nouveau réalisé : un nouveau sauveur est annoncé. Et en effet, voici que l’ange amène sur les nuées l’enfant sauveur. Cet enfant sauveur, c’est l’empereur Julien (j’ai expliqué tout cela dans mes ouvrages). Ô joie ! ô liesse ! jouez, hautbois, résonnez musettes ! Bergers, rassemblez-vous ! Et vous, troupeau, hommes du peuple, venez adorer et prier. La vierge éduenne a de nouveau accouché sous le ciel éduen.

Troisième curiosité : Notre-Dame du Port évoque la scène en la plaçant à Gergovie

Face 1 : Marie, patronne de Gergovie, vêtue d’un riche vêtement brodé, est représentée devant la hauteur fortifiée du Crest. Les deux hautes tours sont à l’image de celle qui subsiste à la pointe du rocher. On les devine dans la haute enceinte dessinée par Guillaume Revel. L’ange venu du ciel dit à Marie : « Ave, Maria ! » Je te salue, Marie ! » Et Marie, le regard pur, ouvrant une main, la droite, accepte que Dieu descende dans son sein.

Face 2 : Devant la porte de l’oppidum (ou du palais du Crest) qu’un toit de tuiles recouvre et qu’enserrent deux tours, voici Marie à qui Elisabeth vient annoncer que le miracle est possible. Les yeux tournés vers le ciel dans l’attente du rayon divin, Marie ouvre les deux mains.

Face 3 : Voici l’oppidum de Gergovie. Le mur extérieur de l’enceinte est représenté sous forme de piédestal. Au-dessus, une tour de la haute muraille s’est fendue par le milieu dans le sens de la hauteur. Elle s’ouvre sur une porte d’oppidum et laisse apercevoir l’autel mystérieux que recouvre le linge sacré. Surmontant la voûte, l’artiste a sculpté le temple du Crest, avec les trois ouvertures caractéristiques de son chœur. Le prêtre a pour nom Zacharie. L’ange, porteur d’une banderole, lui dit ceci : « Ne timeas Zacaria h(o)c (ou hic) » ; ne sois pas effrayé, Zacharie, de ce qui va se passer ici ! Au-dessus du chapiteau, on peut lire ces mots : « Exaudita est oratio tua » ; ta prière a été exaucée.Zacharie, de la main gauche, élève une tablette qui déborde sur la face voisine où se tiennent Marie et Elisabeth. Et sur la tablette est écrit ceci : « Joanes est nomen ejus » ; Jean est son nom.

Face 4 : Joseph est perplexe. Il s’est rendu compte de l’état de Marie et il est bien placé pour savoir qu’il n’y est pour rien. « Josep(h), écrit le sculpteur, voluit oc(culte) dimittere eam » : Joseph voulut la renvoyer en secret. Pour sortir Joseph de son affreux doute, un ange du ciel vient lui tirer la barbe et, par ce geste familier, il lui révèle l’intervention divine.

Et le sculpteur, tout fier de son œuvre, termine par ces mots : « R(o)t b(e)rtus me fecit », c’est Robert qui m’a fait. Tout cela se retrouve dans la prophétie de Zacharie que Luc a reprise dans son évangile.

Que conclure sinon que Bibracte et Gergovie se disputent la naissance du Jean de la prophétie de Zacharie.

Une naissance présentée comme un accomplissement de la prophétie de Gourdon. En pays éduen, le sauveur qui arrive est Constantin dans les chapiteaux d’Autun, c’est Magnence dans ceux de Saulieu, c’est Julien dans ceux de Vézelay. En pays arverne, importante nuance, c’est Marie enceinte de l’esprit du Seigneur qu’on glorifie, une Marie dont on attend qu’elle donne son fruit mais qui ne l’a toujours pas donné. Or, il est manifeste que Marie est ici fille de Gergovie.

Dans cette affaire, il n’y a donc rien qui ne soit contraire au bon sens. C’est un style d’écriture auquel nous ne sommes plus habitués et dont nous ne percevons plus le sens symbolique.

Quant à y voir la représentation d’un Jésus déjà descendu, rien n’est moins sûr ! Pour ma part, je ne vois qu’une évocation virtuelle du Seigneur qui est dans le ciel et qui, parfois, se fait voir.

Bref, si toutes ces fresques et sculptures ne situent pas l’accomplissement de la prophétie de Zacharie en Palestine, cela signifie qu’il y a doute et contestation possible. Si Bibracte et Gergovie situent l’événement chez eux, cela peut se comprendre de deux façons, à mon sens. Ou bien, ils en revendiquent l’origine, ou bien, ils se contentent de le renouveler.

Ceci étant dit, reste la question du messie. Quel messie ?

Le Cléopas de la fresque de Gourdon ou Jésus de Nazareth, le Galiléen ?

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