Soufisme - Islam

L’accomplissement des désirs par Sharifa Goodenough

Murshida Sharifa Lucy Goodenough
Murshida Sharifa Lucy Goodenough

(La pensée Soufie. No59-60. 1979)

(3 Décembre 1933)

Certaines gens pensent que les désirs doivent toujours s’accomplir et que si ces désirs ne sont pas accomplis ils sont coupables envers eux-mêmes. D’autres pensent que très probablement il y a des milliers de chances contre une qu’une certaine chose ne s’accomplisse pas.

Les uns pensent que l’accomplissement des désirs dépend d’un évènement arrangé, disposé préalablement par une force telle que la Destinée ou Dieu. D’autres pensent qu’il existe dans l’homme le pouvoir d’arriver à la réalisation des désirs s’il y emploie sa volonté.

Le secret de l’accomplissement des désirs peut être découvert. Chaque désir trouve son accomplissement après un temps plus ou moins long sur la terre ou dans la suite des temps d’une manière ou d’une autre. Beaucoup de fables signifient que les désirs se réalisent.

Quelquefois le désir une fois accompli horrifie l’être qui a forme ce désir. Et ceci est psychologiquement compréhensible : certaines paroles que nous prononçons nous étonnent parfois. De même en est-il des souhaits.

Le souhait, le désir, d’où vient-il ?

Nait-il en nous ? Nous vient-il du dehors ? Dans quelle mesure sommes-nous responsables de son accomplissement ? Suffit-il d’avoir un désir, n’importe lequel, pour que l’accomplissement en soit souhaitable ? Sommes-nous peu responsables du désir en lui-même mais très responsables de son accomplissement ? Ou bien la destinée en décide-t-elle pour ou contre nos vœux ?

Hazrat Inayat Khan répond que si on comprenait la vie, si l’homme voyait ce qu’il y a derrière les apparences, il ne dirait pas : « ma volonté », mais : « Ta volonté »,  car tout est la volonté, le désir de Dieu.

Chaque impulsion de l’âme humaine est divine à son origine. De même en est-il de tous les profonds désirs. Si l’homme reconnait son désir, s’il fait tout ce qu’il peut pour l’accomplir, il fait tout ce qu’il peut pour l’accomplissement du désir de Dieu.

Il est sage d’éprouver son désir, de savoir s’il est souhaitable de l’accomplir, mais après l’avoir éprouvé il faut tout faire pour son accomplissement, en étant persuadé que la force du désir en amène l’accomplissement. Mais on dira : « Tant de grands souhaits ne se sont pas accomplis ! » Ils s’accomplissent dans la suite des temps réellement et non pas seulement dans le rêve, l’imagination.

La partie de sa vie dont l’homme est le plus responsable est ce qui concerne ses actes sur la terre.

L’homme doit construire un mécanisme pour aider à l’accomplissement de ses désirs. S’il ne construit pas ce mécanisme, son action n’a ni base ni équilibre, car rien n’existe dans ce monde sans certaines modalités ; pour l’accomplissement d’un désir, il faut parfois faire tout un échafaudage. Celui qui dit :  » J’ai confiance en Dieu, il me donnera ce que je désire  » commet une double erreur : s’il ne s’occupe pas des affaires en son pouvoir, s’il s’en remet à Dieu il doit être satisfait si Dieu donne ou s’il refuse ; ensuite s’il n’a pas concouru à la volonté de Dieu il a manqué à son devoir envers Dieu.

Pour permettre l’accomplissement du désir la première condition est de laisser le désir prendre racine, de fortifier ce désir par la concentration, l’attention que nous lui prêtons, de rêver à son accomplissement puis de tout faire pour amener sa réalisation. En outre, la persistance de l’effort est nécessaire. Il ne faut pas avoir de moments de pessimisme, ne pas se dire :  » Je n’ai pas de chance, cela n’arrivera pas ». Nous sommes ici pour arriver à quelque chose que nous désirons. Le contraire serait une contradiction en soi-même.

Évidemment l’anxiété, l’inquiétude nuisent à l’accomplissement du désir. Un effort fait avec optimisme avec espoir est sûr de nous amener au but tôt ou tard.

Certaines gens ont de la chance d’autres de la malchance. Les uns désirent la chance et ne peuvent la trouver ; d’autres sans la désirer la trouvent. Certaines gens ont la chance ; cela dépend de beaucoup de choses. Les uns pensent qu’elle est due à l’influence des étoiles : c’est une influence qui est grande. Il y a aussi les impressions de la toute première enfance qui ont une très grande influence et qui donnent la bonne chance ou la malchance.

On cite Un conte très intéressant à ce sujet. Au baptême d’un enfant furent conviés tous ses parents et aussi les-bonnes fées. La méchante fée qui seule ne fut pas invitée se vengea en proférant une malédiction. Et l’enfant, comblé de toute sorte de présents, à cause de l’unique malédiction de la mauvaise fée eut la mauvaise chance toute sa vie. Ce n’est qu’un conte de fées mais il est très sage. La malchance que peut causer une volonté mauvaise contre un être est très grande.

La bonne chance est très importante. Les orientaux s’en préoccupent beaucoup. Ils cherchent à recueillir de bons souhaits, même venant des mendiants qui passent, avec l’idée qu’un de ces mendiants pourrait avoir une grande puissance, pourrait cacher un être spirituel sous cette apparence.

Dans l’accomplissement du désir, quelle part revient à l’action de l’individu et quelle part à la Destinée ou à la volonté de Dieu ? Nous appelons la volonté de Dieu ce qui dépasse notre volonté, ce qui arrive sans que nous en saisissions la cause. Mais si nous coprésiderons plus profondément cette question nous verrons que la volonté de Dieu se manifeste aussi bien par les individus. Pour que la volonté de Dieu soit accomplie il faut que cette volonté développe une très grande force et soit comme un courant qui se forme dans la mer et entraîne avec lui les autres courants. De même en est-il du désir. Le désir d’un individu peut devenir le désir d’une nation. Un individu d’abord seul avec son idée opposée à celles de tous peut faire que son désir devienne le désir de Dieu, la volonté de Dieu.

Les désirs n’ont pas tous la même valeur. Si c’est un désir superficiel, il aura un petit accomplissement, une existence brève. Si c’est un désir profond son accomplissement sera peut-être long, il rencontrera beaucoup d’obstacles, d’oppositions, peut-être amènera-t-il la perte de la vie de celui qui a voulu réaliser ce désir. Mais sûrement, ce désir s’accomplira, aura une grande durée, une vaste influence une large étendue.

Il dépend de nous de fortifier nos désirs ou de les traiter sans importance. La confiance en notre désir, l’optimisme aideront à son accomplissement. Les doutes, les craintes lui sont nuisibles.

Ramener les choses profondes à l’état d’un souhait superficiel leur enlève la force d’accomplissement.

Si avec foi, confiance, optimisme, nous persistons dans notre désir, nous sommes sûrs de voir son accomplissement dans un temps proche ou éloigné, sûrement, ce désir s’accomplira.

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