Terrorisme

La stratégie de domination iranienne en Afrique

« La corruption en Iran a atteint des proportions inimaginables et elle est devenue systémique. Elle ne concerne plus certains secteurs particuliers, car elle est partout, dans tous les milieux politiques, l’exécutif, le judiciaire, le législatif, le militaire… » Mahmoud Sadeqi, membre du parlement ou « majlis »

Le milliardaire Babak Zanjani, aujourd’hui en prison, révèle qu’il a aidé la famille de Khomeini à acquérir 8 milliards $, cachés à Doubai. Selon l’ayatollah Hashemi Shahroudi, chef du Conseil des Opportunités, les mollahs et leurs services de sécurité ont investi 700 milliards $ à l’étranger…

Le budget militaire a crû de 145% en 2017 et la contribution au Hezbollah est passée de 300 millions $ à 800 millions $ en 8 ans. Les émeutes liées au chômage et à la faim ne se sont pas transformées en révolution pour les principales raisons suivantes : le pays est bien encadré par les Gardiens de la Révolution et les milices populaires basijis, les petits commerçants ou « bazarji » n’ont pas pris part aux émeutes, alors qu’ils avaient fait chuter le shah, une quarantaine d’années plus tôt, les nombreux organismes de charité des ayatollahs contrôlent le petit peuple religieux et les émeutiers n’ont pas encore trouvé un chef pour unifier l’opposition et renverser le régime des ayatollahs.(source)

Depuis l’avènement de la révolution islamique, l’Iran a affirmé sa présence sur le continent africain

Par Ali Rajab et Hind Hamed

Depuis l’avènement de la révolution islamique, l’Iran a fait du continent africain l’un des destinations de prédilection, pour étendre son influence politique et financière et contourner ainsi l’embargo économique dont il fait l’objet de la part des puissances occidentales et de ses voisins arabes.

L’Iran s’efforce d’être présent dans la plupart des pays africains stratégiques ou riches en ressources naturelles. Il est soutenu dans ses projets par des organisations gouvernementales et non gouvernementales, rassemblées dans un réseau que l’on appelle « le Réseau d’Actions Iraniennes » (AYAN). Ses membres créent et exécutent les éléments secrets, qui concourront à la réalisation de la politique étrangère iranienne.

AYAN est composé de trois organes puissants :

Le Bataillon des Gardiens de la révolution iranienne, appelé Faylaq AlQuds (le bataillon de Jérusalem) ;
Le ministère iranien de la Sécurité et des Renseignements ;
Le Hezbollah libanais.
Le ministère de la Sécurité et des Renseignements supervise et coordonne, en étroite collaboration avec Faylaq Al Quds, toutes les opérations de promotion et d’exportation internationale de la révolution.

Ils coopèrent étroitement avec le Hezbollah libanais, ainsi qu’avec un réseau de mandataires, et d’organisations accréditées à cet effet, comme les groupes affiliés des partisans chiites, les Frères musulmans et Al-Qaïda.

Ces plans et ces actions sont conçus par le « Collège international de la famille du Prophète » (Ahlu Al Bayti), présidé par le Guide suprême de la Révolution, Ayatollah Khamenei. Ils sont ensuite encadrés par les services de renseignement iraniens (Ittilaat), et suivis par les Gardiens de la Révolution par le biais de Faylaq Al-Quds. Cela démontre très clairement la nature de ces plans et la finalité de ces actions.

Dans ce contexte, les pays africains n’ont pas échappé à ces desseins expansionnistes, depuis que l’Iran s’est mis à répandre la version iranienne de l’idéologie chiite, comme ce fut le cas en Irak, en Syrie, au Liban, au Yémen et dans certains États du Golfe arabique.

L’expansion de l’Iran en Afrique répond, autant à sa volonté d’investissement et de coopération économique, qu’à sa volonté de domination et d’exploitation d’une partie des ressources naturelles africaines.

L’Afrique regorge de réserves en pétrole brut, en gaz, en charbons et en uranium. Ces ressources suscitent l’appétit de tout État ayant l’ambition de jouer un rôle sur la scène régionale et internationale.

Selon une étude effectuée récemment par deux centres de recherches, à savoir « Africa Investor » et « Africa Group », les richesses naturelles de l’Afrique s’évaluent à plus de 13 à 14.5 trillions de dollars, et à plus de 1.7 trillions dans d’autres secteurs comme l’eau, l’agriculture et le tourisme.

Les échanges économiques entre l’Afrique et l’Iran ont atteint la valeur d’un milliard de dollars américains.

Cette somme ne paraît pas énorme, mais elle permet aux Iraniens de réaliser d’autres objectifs, qui ne se font qu’à travers les investissements financiers et la coopération commerciale.

L’Iran a ouvert plus de trente ambassades sur le continent noir. Cette présence diplomatique lui a accordé un rôle d’Observateur au sein de l’Union africaine. La plupart de ces ambassadeurs sont des dirigeants des Gardiens de la révolution, et œuvrent à la propagation du chiisme iranien en Afrique.

Leur démarche pour l’extension du chiisme iranien s’appuie sur trois éléments principaux :

Le recrutement d’étudiants africains de culture arabo-musulmane, et leur inscription dans des écoles et des instituts iraniens créés dans ces pays à cet effet. On compte, par exemple, 25 lycées affiliés à des institutions iraniennes dans quatre provinces du Nord du Nigéria. Ces écoles accueillent chaque année plus de 10.000 étudiants et étudiantes.

Les bourses accordées à des jeunes africains pour les former au chiisme iranien, au Liban ou en Iran, afin d’en faire des prédicateurs de la doctrine chiite, une fois rentrés dans leurs pays.

La concentration sur les activités caritatives et d’aide aux sinistrés. Plusieurs opérations de bienfaisance dans les régions pauvres sont accomplies par des associations caritatives, dissimulant leur objectif de propagation du chiisme en Afrique.

Le principal pays, à ce propos, est le Nigéria, l’un des plus peuplé d’Afrique. Il dispose d’une situation stratégique avantageuse et possède d’importantes richesses naturelles, en particulier le pétrole.

Ainsi Téhéran possède une radio, et bénéficie d’amitiés politiques qu’elle sait parfaitement exploiter pour favoriser la présence chiite iranienne au Nigéria, et pour faciliter le ralliement aux projets du Guide suprême iranien.

L’Iran a fortement soutenu le Cheikh Ibrahim Yaqoub Al-Zakzaky, chef des chiites nigérians. Celui-ci obéit à la « Section 7000 –Faylaq Ifriqya » (le bataillon de l’Afrique), dirigé par Sayyid Ali Akbar Tabatabâ’i, officier des Gardiens de la révolution, qui détient un passeport au nom de Taha Massabî.

Des observateurs ont remarqué qu’en soutenant Al Zakzaky et son groupe, l’Iran tente de créer une milice, comme celle du Hezbollah au Liban. Cette milice sera utilisée comme moyen de pression sur les autorités nigérianes, en faveur des objectifs iraniens sur le continent africain en général, et au Nigéria en particulier, vu son importance économique et stratégique.

D’autres observateurs ajoutent que les Iraniens envisagent la création d’un parti politique, dont le but principal sera d’accéder au pouvoir, ou d’être à la tête des institutions étatiques, ou de participer au pouvoir exécutif. Ou alors faire en sorte que ce parti soit le plus grand parti d’opposition. De cette manière, l’Iran imposera, d’une manière ou d’une autre, sa propre politique au Nigéria.

Le Nigéria est aussi l’un des plus grands pays musulmans, situé au centre et à l’ouest du continent africain. Il représente un point stratégique favorable aux interventions iraniennes sur le continent noir.

Le soutien économique, l’action sociale et les services sociaux sont les principaux moyens qui ont permis à l’Iran de s’implanter au Nigéria. Les familles pauvres n’hésitent pas à envoyer leurs enfants dans les écoles subventionnées par l’Iran. La confession chiite est alors inculquée aux enfants les plus jeunes. Dans plusieurs écoles, l’enseignement se fait en langue persane.

En mai 2009, l’attaché culturel iranien a organisé un congrès à l’Université de Lagos, sous le titre « À quels défis est confronté l’apprentissage de la langue et de la culture persanes dans la société nigériane ? ».

Le Nigéria dispose d’une importante communauté libanaise, dont les Iraniens utilisent la présence pour mieux s’imposer sur la scène politique.

Dans son rapport de janvier 2002, le journal « Al Akhbar » évalue le nombre de Libanais chiites installés au Nigéria à 30.000 environ. Ils sont dispersés dans tout le pays, y compris dans la ville de Kano, où vivent plus de trois mille personnes qui travaillent dans le commerce du textile, du plastique et du cuir.

Parmi ces Libanais, certains sont ralliés au Hezbollah et au mouvement islamiste dirigé par Al-Zakzaky, ce qui prouve la synchronisation entre les deux organisations.

Les Gardiens de la révolution islamique ont été à l’origine de la création du mouvement islamiste d’Ibrahim Al-Zakzaky. Ils le soutiennent financièrement et médiatiquement à travers les médias chiites en général, et ceux qui sont liés aux Iraniens en particulier. Ils le présentent, sur la scène médiatique nigériane, comme le symbole de la lutte pour la cause palestinienne et contre l’invasion occidentale.

L’Union islamique des étudiants africains en Iran a joué un grand rôle dans le recrutement des jeunes nigérians et africains. Elle les envoie en Iran pour faire des études supérieures. Le journal « Al Ittihad » souligne sur sa page Facebook que « cette page est dédiée à tous les Africains diplômés ou qui préparent leurs diplômes dans la République islamique en Iran »

L’Iran subventionne plusieurs centres de diffusion de la pensée chiite, parmi lesquels le Centre Haydar-Nigéria, qui se présente comme « L’un des Instituts les plus importants dans le domaine de la réflexion pour le développement de la doctrine d’Ahlu Al-Bayti (la famille du Prophète), que la paix de Dieu soit sur eux »

Le sunnite Daoud Imran, Secrétaire général de la « Djama’a islamiya », a déclaré que les combattants que l’Iran envoie en Syrie, ont été bien entraînés par l’ambassade iranienne à Abuja et par le consulat iranien à Lagos. Il a demandé, à plusieurs reprises, au gouvernement de son pays de lutter contre ces mouvements dont l’activité dans le pays est illégitime, qui défient l’État et portent atteinte à la souveraineté nigériane.

En février 2013, les services de renseignement nigérians ont annoncé avoir découvert une cellule militaire secrète, liée à des éléments iraniens, qui préparaient des attentats contre des cibles israéliennes et occidentales au Nigéria.

Le porte-parole des services de renseignement, Marlène O’garr, a déclaré que ce réseau projetait l’assassinat de l’ancien président de la junte militaire nigériane, Ibrahim Babangida.

L’agence Reuters a annoncé, en mai de la même année, la découverte d’armes cachées par des Libanais, dans une maison dans la ville de Kano, en prévision d’attaques contre les intérêts israéliens et occidentaux.

Le chef de la sécurité de la ville de Kano a déclaré que la maison abritait une cellule terroriste, liée au Hezbollah libanais. Un autre communiqué de l’armée a aussi précisé que les armes trouvées dans cette maison comprenaient des missiles et des mines antichars et antipersonnel.

Plus tard, les enquêtes ont révélé l’existence d’un projet d’assassinat de l’ambassadeur saoudien au Nigéria. Lors de son procès à Abuja, Ahmad Rawda, un des accusés, a avoué l’avoir planifié.

En décembre 2010, des sources diplomatiques occidentales ont déclaré qu’un cargo intercepté, chargé de munitions iraniennes, se dirigeait vers le Nigéria. Il contenait 13 containers chargés de matières de construction, qui cachaient des armes et des canons envoyés par les Gardiens de la révolution, Faylaq AlQuds. Les autorités nigérianes ont arraisonné ce cargo dans le port d’Ababa à Lagos.

Ils soupçonnent que ces munitions étaient destinées à des milices locales, comme l’organisation « Hesba », qui impose la Charia dans la province de Kano, au nord du pays ; « Boko Haram », très active aussi au nord ; et le « Mouvement de libération du delta du Niger », qui menace les installations pétrolières au nord du pays.

Les mêmes sources indiquent qu’une partie de la livraison était destinée au Sénégal, plus précisément au mouvement des Forces démocratiques de la Casamance, très actif dans cette région de rébellion, au sud du Sénégal et de la Gambie.

Et de souligner : « Cette livraison faisait partie de la stratégie iranienne, qui vise à renforcer sa présence dans le continent africain, mission dont fut chargé le groupe africain de Faylaq Al-Quds. Deux officiers des Gardiens de la révolution, Azim Aghajani et Tabatabâ’i, étaient responsables de cette mission. Après la découverte des munitions, ils ont pris la fuite et se sont réfugiés à l’ambassade iranienne à Abuja.

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