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La malédiction islamiste au Moyen-Orient, par Hélios d’Alexandrie

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Nombreuses sont les personnes qui s’interrogent sur le sens des évènements qui ont cours dans le monde islamique en général et dans les pays arabes en particulier: la guerre civile en Syrie, les changements politiques en Égypte, le retour en force des jihadistes sunnites en Irak, l’autonomie politique acquise par les kurdes, la crise politique en Turquie, la désintégration de la Libye, l’impasse politique et l’avenir plus qu’incertain en Tunisie, les conflits internes au Yémen, le réalignement de la politique américaine au Moyen-Orient à la lueur du conflit multiséculaire entre sunnites et chiites, l’accès de l’Iran au statut de puissance nucléaire…

De toute évidence les affaires vont mal en terre d’islam, mais ce qui est encore plus frappant c’est qu’elles ne cessent de s’aggraver avec le passage du temps.

Avec le retroscope il nous est possible d’affirmer que la situation actuelle était prévisible mais qu’elle n’a pas été prévue. Les nuages ont commencé à s’accumuler dès la première crise pétrolière en 1973, en même temps que la guerre du Yom Kippur, déclenchée par l’Égypte et la Syrie contre Israël le 6 octobre de la même année. L’embargo pétrolier mis en place à cette occasion à l’encontre de l’Occident, a eu pour effet de tripler du jour au lendemain les prix du pétrole, entraînant un transfert massif de richesses, et par le fait même de leviers politiques, en faveur des pays arabes producteurs de pétrole.

À bien y penser, la Malédiction qui sévit sur le Moyen-Orient, repose sur deux piliers: l’islamisme et l’argent du pétrole.

Les monarchies pétrolières et à leur tête l’Arabie Saoudite avaient le choix entre le développement humain des peuples arabo-musulmans et l’islamisation, elles ont sans hésiter choisi la deuxième option, motivées par la peur de l’occidentalisation, et par le désir de faire triompher l’islam. Stratégie défensive par excellence, dont le but était de faire échec aux idées de liberté, de progrès et de démocratie, jugées dangereuses pour les régimes monarchiques en place. Des sommes colossales ont été consacrées pour atteindre ces objectifs, la propagande et l’endoctrinement islamiques ont atteint toutes les couches de la société, à travers l’enseignement scolaire, les médias, les mosquées et les centres culturels islamiques. Le « succès » a dépassé les attentes des plus optimistes. Deux résultats majeurs ont été atteints, voire dépassés: le premier, sur le chapitre de la haine de tout ce qui n’est pas musulman, le second sur celui de l’enfermement et du rejet de l’occident. Il a fallu à peu près vingt ans d’efforts soutenus pour atteindre une masse critique d’individus dûment islamisés, suite à quoi l’islamisation s’est poursuivie naturellement par le fait du mimétisme et de la pression sociale environnante.

L’absence de développement humain a eu paradoxalement l’effet d’ancrer davantage l’islamisation et de la consolider. Du moment que l’objet de la haine est bien identifié, il est aisé de le charger de tous les maux: sous-développement, pauvreté, maladie, chômage, échecs, défaites, oppression et humiliations de toutes sortes. Seule échappatoire possible: l’islam… Davantage d’islam et rien que l’islam… L’islam est la solution à tous les maux… Si ça va mal, c’est parce que les musulmans ne sont plus musulmans ou pas assez, ils se sont détournés d’Allah, du coran et de la charia. Pour s’en sortir, pour vaincre leurs ennemis, pour dominer l’humanité comme ils l’ont déjà fait il y a quatorze siècles, ils doivent retourner à l’islam des origines dans toute sa pureté et sa rigueur, c’est de cette façon qu’ils connaitront le succès et qu’ils obtiendront justice sur cette terre et dans l’au-delà. Du coup est désigné comme ennemi, tout ce qui n’est pas musulman ou tout ce qui détourne le musulman du vrai islam, tout ce qui entrave l’enfermement.

La stagnation et l’immobilisme ont pour longtemps accompagné l’enfermement et la haine. À l’intérieur des sociétés islamiques, l’augmentation lente mais continue de la tension est demeurée imperceptible, elle a été longtemps contenue par les régimes oppressifs en place. Ces mêmes régimes s’étaient d’ailleurs accommodés de l’islamisation qu’ils ont encouragée et instrumentalisée, récoltant au passage de généreux subsides que les monarchies pétrolières leur versaient régulièrement. Alliés indéfectibles de l’occident ils se sont quand même permis de le charger de la responsabilité de leur échec en maniant avec virtuosité le double discours.

Mais l’occident n’était pas en reste, faisant fi de l’histoire et de la réalité, il favorisa volontairement l’islamisation par tous les moyens, en commençant par ceux qui exigent le moins d’effort: se fermer les yeux, se boucher les oreilles et faire mea culpa. Mais il ne s’est pas contenté de ne rien voir et de ne rien entendre, il a réduit au silence tous ceux qui voyaient venir le danger et qui osaient sonner l’alarme. Pour plaire aux monarchies du pétrole et récolter de juteux contrats, il a déroulé le tapis rouge à l’islam et à l’islamisation. Du coup le virus qui se répandait en terre d’islam ne s’est pas fait prier pour débarquer et élire domicile en occident. Profitant de l’État de droit et des libertés, il a réussi à se répandre rapidement, au point que les islamistes les plus virulents, menacés d’arrestation dans leurs pays d’origine, ont préféré collectivement s’installer, ou pour être plus précis conquérir « pacifiquement » l’objet de leur haine.

Ceux qui ont nourri le monstre et qui lui ont permis de faire des petits, ont cru longtemps pouvoir le maintenir sagement enfermé dans sa cage. Il ne leur est pas venu à l’esprit qu’un jour il échappera à leur contrôle, semant la destruction et répandant le sang partout où il se trouvera. Jusqu’à présent potentats arabes et dirigeants occidentaux croient pouvoir utiliser ou manipuler le monstre à leur profit, on voit ce que cela donne comme résultats en Syrie, en Irak, en Égypte, en Libye, en Somalie et au Mali.

Les peuples musulmans ont ingurgité des doses toxiques d’islam. L’argent que versent les occidentaux en échange du pétrole, a servi à ancrer les peuples musulmans dans la haine et l’obscurantisme. Ils étaient sous-développés et faibles il y a quarante ans, ils le sont davantage aujourd’hui mais avec considérablement plus de ressentiment et de violence. Ils avaient un peu d’espoir de pouvoir s’en sortir il y a quarante ans, mais aujourd’hui ils ne savent même pas s’ils réussiront à survivre. Ils ont tout perdu y compris la possibilité de rebrousser chemin, la coupe de l’islam ils devront la boire jusqu’à la lie, jusqu’à ce que l’islam s’autodétruise.

Rien ne permet d’entrevoir aujourd’hui la fin de la guerre civile en Syrie. Au contraire, son expansion en direction de l’Irak et du Liban est bien engagée, elle prend de plus en plus la forme d’une guerre de religion entre d’un bord l’Iran chiite et de l’autre l’Arabie saoudite et les principautés du Golfe sunnites. Une guerre par procuration où des populations entières sont forcées de fuir et où les morts se comptent par centaines de milliers. L’islam est retourné à ses vieux démons, sunnites et chiites rejouent la Grande Fitna d’il y a 1400 ans. La guerre Iran-Irak qui s’est terminée il y a 25 ans, n’était à bien y penser qu’un prélude à la guerre actuelle. Les combattants sont recrutés dans le monde entier, mais la guerre finira par impliquer les commanditaires eux mêmes, soit les arabes et les perses; le choc entre les deux principaux foyers de la haine islamique, l’Iran et l’Arabie, semble inévitable.

L’Arabie est minée de l’intérieur, la décomposition est cachée sous le vernis de la richesse pétrolière. Chômage et inégalités sociales criantes, aliénation et même persécution de la minorité chiite, tensions extrêmes entre une majorité islamiste et une minorité qui rejette l’islam, non sans violence. Avec le décès prochain du monarque actuel une crise de succession est à prévoir, elle rendra plus visibles les tensions et les lignes de fracture dans la société.

Mais l’Iran ne s’en porte pas mieux, on y rencontre les mêmes lignes de fracture. Comme en Arabie, le calme apparent est dû à la répression qui prend bien souvent la forme d’exécutions publiques. Les opposants cependant ne désarment pas, comme en Arabie les apostats de l’islam sont de plus en plus nombreux et ils ne rêvent qu’à une seule chose, se débarrasser des mollahs et de leurs sbires.

L’Égypte pourra-t-elle échapper au conflit? Cela semble de moins en moins probable, d’ores et déjà les troupes égyptiennes combattent les jihadistes dans le Sinaï et à moindre degré dans le désert non loin des frontières avec la Libye. Mais l’Égypte est à la fois dépendante et en quelque sorte garante de l’Arabie. L’économie de l’Égypte est en lambeaux, le peuple égyptien survit grâce aux dons octroyés par l’Arabie et les émirats du Golfe, l’Égypte est sunnite et observe avec angoisse les progrès de l’Iran chiite tant en Irak qu’en Syrie, elle ne restera pas neutre en cas de conflit ouvert entre l’Iran et les monarchies du pétrole, l’armée égyptienne ne pourra faire autrement que prêter main-forte aux forces armées saoudiennes et émiraties.

L’Égypte n’en a pas fini avec les Frères musulmans et de leur côté les salafistes semblent attendre leur heure. Les attentats commandités par les islamistes se poursuivent entretenant ainsi le climat d’insécurité. Mais le peuple égyptien, en mettant les Frères musulmans à la porte, ou plus précisément dans les prisons, ne s’est pas pour autant débarrassé du démon islamique, il s’est simplement affranchi de ses créatures terrestres. Le démon islamique n’abandonne pas facilement sa proie et nul ne sait comment l’exorciser. L’avenir est des plus incertain, les islamistes de l’intérieur n’ont pas dit leur dernier mot, et les impacts d’une guerre ouverte entre l’Iran et l’Arabie sont à craindre, les Égyptiens n’ont pas fini de souffrir.

L’administration américaine a changé d’avis au sujet de la Syrie et de l’Iran. Sa priorité à présent est de faire échec aux jihadistes sunnites qui se battent en Syrie et en Irak et que l’Arabie Saoudite et le Qatar financent généreusement. Le danger qu’ils représentent semble actuellement plus grand que celui d’une éventuelle arme nucléaire iranienne. Il s’agit d’un renversement d’alliance dicté par les nouvelles réalités sur le terrain, et dont l’Arabie Saoudite et le Qatar font les frais. La nouvelle politique américaine constitue un encouragement à l’Iran dont l’intrusion en Irak, en Syrie et au Liban ne fera qu’augmenter.

À mesure que les conflits se développent et se ramifient, les peuples musulmans se divisent et se morcèlent. Les appartenances nationales de naguère cèdent la place aux multiples appartenances d’ordre confessionnel, ethnique et tribal. Les kurdes ont déjà entrepris de créer leur propre état aux dépens de l’Irak et de la Syrie, les alaouites syriens possèdent déjà leur territoire, les libanais sont divisés plus que jamais, les tribus irakiennes sunnites n’accepteront jamais l’hégémonie des chiites. Pris entre plusieurs feux les chrétiens fuient par milliers.

L’effondrement du monde islamique se poursuit sous nos yeux. En accéléré comme en Syrie, en Irak et en Libye, ou au ralenti comme en Égypte et en Tunisie. Il y a quarante ans les musulmans, forts de leur richesse nouvelle, ont tout misé sur l’islam, les occidentaux par lâcheté, cupidité et bêtise leur ont facilité la tâche. Les musulmans auraient pu miser sur le développement humain, sur les lumières et sur le progrès, les trillions de dollars auraient servi à tirer les peuples islamiques de l’ignorance et du sous-développement, mais il aurait fallu pour cela que les musulmans, tant chiites que sunnites reconnaissent, et la vacuité et les dangers de l’islamisation. Il est à présent trop tard, les toxines de l’islam ont sérieusement détraqué l’esprit des musulmans, le mal est sans remède et nul n’est en mesure d’interrompre son cours.

Peut-on entrevoir une lueur d’espoir? Pas tant que l’argent du pétrole coulera à flot et que l’occident y trouvera son profit immédiat. L’islamisme se nourrit d’argent et ne semble pas devoir en manquer. À bien y penser, la Malédiction qui sévit sur le Moyen-Orient, repose sur deux piliers: l’islamisme et l’argent du pétrole.

Lire aussi :

La chute du monde islamique (entretien avec Hamed Abd el Samad) (Partie 1)

La chute du monde islamique (entretien avec Hamed Abd el Samad) (Partie 2)

Réflexions sur la «chute du monde islamique» (Hélios d’Alexandrie)

Source :

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