L'Hologramme Le DOUBLE Magie - Alchimie - Guématrie

La magie du CHAOS : Une Magie Vénusienne

Qu’est-ce que la Magie du Chaos ?

Les Sigils, la magie du XXIème siècle

Extrait de la 4e de couverture :

« La magie des sceaux est probablement l’une des disciplines magiques les plus rapides et les plus faciles à apprendre. La plupart du temps, vous n’aurez besoin de rien d’autre que d’une feuille de papier et d’un crayon. Avec un peu d’expérience, vous aurez fini une opération entière, en comptant la “mise en route” et le bannissement final, en moins de cinq ou dix minutes. Impossible de faire plus vite — même magiquement ! » Frater U. D. — Practical Sigil Magic.

Les sigils (du latin sigillum, « signe ») dont il est question dans ce livre se rattachent aux sceaux et talismans classiques connus de tous les pratiquants de la magie. L’approche proposée ici est cependant inédite dans les pays francophones. Or il était grand temps de mettre à la portée du public une méthode considérée comme hautement efficace et facile à mettre en œuvre par ceux qui la pratiquent. Grâce aux techniques que nous proposons, le lecteur pourra créer ses propres talismans tout aussi opérants, voire davantage, que les compositions traditionnelles. Pour élaborer des sigils, il n’est en rien indispensable d’étudier la talismanie traditionnelle, puisqu’il s’agit simplement d’inscrire une intention magique dans un glyphe, un dessin ou un son, puis de l’activer et le laisser agir. Les sigils peuvent être mis en œuvre pour obtenir toutes sortes de résultats : trouver des solutions à des problèmes concrets, argent, amour, réussite professionnelle, mais également aider au développement personnel, entreprendre l’exploration de sa psyché, se débarrasser de mauvaises habitudes, déclencher des rêves prémonitoires… Les applications n’ont de limite que l’imagination du praticien.

La Sigilisation au sein de la Magie du Chaos

« Les moyens utilisés & la manière dont cela se déroule sont simples, l’inverse de la science. J’utilise une formule, créée par l’instinct & fabriquée arbitrairement, qui n’est pas rendue complexe par des hypothèses & des expérimentations. La loi de la sorcellerie est sa propre loi, utilisant les symboles sympathiques » – Austin Osman Spare

Les Sigils, ou Sceaux, sont une des techniques les plus utilisées dans la Magie du Chaos. Ses principes sont, à la base, très simples & permettent à tous magiciens de travailler avec & sur eux de manière rapide, efficace & amusante comme nous le souligne Frater Inkubus : « Je le répète une fois encore : la magie des sceaux est probablement l’une des disciplines magiques les plus rapides & les plus aisées à apprendre. La plupart du temps, vous n’aurez besoin de rien d’autre que d’une feuille de papier & d’un crayon. Avec un peu d’expérience, vous aurez fini une opération entière, en comptant la ’mise en route’ & le bannissement final, en moins de cinq ou dix minutes. Impossible de faire plus vite – même magiquement ! » (Frater Inkubus — La Magie des Sceaux, page 3). Nous allons donc essayer, en quelques lignes, de dégager l’essence de cette technique qui peut, selon nous, être un outil essentiel dans la pratique magique de ce 21e siècle.

Un Sigil est un glyphe ou un symbole qui possède une signification mystique ou magique. Les sigils, ou sceaux, sont construits sur base de lettres d’alphabets vulgaires, sacrés ou personnels, lettres qui sont combinées en un glyphes simplifié destiné à exprimer la volonté magique que l’on désire actionner.

Les sigils fonctionnent en utilisant directement l’inconscient, cette puissante matrice de la volonté magique.

Ainsi, le travail par les sigils permettrait au magicien de se connecter, par voies des symboles, à l’inconscient & de fonctionner de manière subliminale. Le fondement théorique de nature subliminale des sigils peut se retrouver dans les oeuvres de Jung & de Freud : la barrière entre le conscient & l’inconscient est supprimée & toutes les pensées & impressions non logiques peuvent alors remonter à la surface & aider le magicien dans la projection de sa volonté dans son travail magique.

« Les Sceaux sont un moyen permettant de guider et unir la croyance partiellement libre à un désir organique, d’assurer son maintien et sa mémoire jusqu’à ce qu’elle remplisse sa fonction dans le moi subconscient, et son moyen de réincarnation dans l’Ego. Toute pensée peut être exprimée par une forme présentant une véritable relation. Les sceaux sont des monogrammes de la pensée, servant au gouvernement de l’énergie (toute l’héraldique, les armoiries, les monogrammes, sont des Sceaux et les Karmas qu’ils régissent), renvoyant aux Karmas ; un moyen mathématique de symboliser le désir et de lui donner une forme qui ait la vertu d’empêcher toute pensée sur, ou association à, ce désir particulier (durant le temps magique), échappant aux recherches de l’Ego, de sorte que ce dernier n’attache ou ne restreint pas tel désir à ses propres représentations transitoires, souvenirs et tracas, mais permet son libre accès au subconscient » — AO Spare, Le Livre du Plaisir.

Les sceaux sont ainsi ce que l’on pourrait qualifier de ’programmes’ que nous envoyons à notre inconscient afin de transformer nos croyances & modes d’action afin de les rendre actives dans le monde sensible.

Dans son texte « Pop Magick ! », Grant Morrison explique le processus de création & d’activation des sigils : « Le sigil prend un désir ou une intention magique – disons « c’est mon désir de visiter le Rwanda » & il le transforme en créant un symbole hautement chargé. Le désir est alors oublié. Seul le symbole reste & peut ensuite être chargé en puissance lorsque le magicien le désire. Charger & lancer votre sigil est la partie amusante du processus ».

La construction des sigils est très simple & ne demande aucune culture ésotérique particulière, ce qui explique sans doute pourquoi on la retrouve dans le courant de la Magie du Chaos. On utilise simplement les lettres de l’alphabet courant — ou de tout autre alphabet —, ainsi qu’une bonne dose d’intuition & de finesse esthétique afin de le rendre agréable & artistiquement, occultement parlant.

Un exemple de création de sigil (repris du « Livre du Plaisir » de Spare)

Disons que notre volonté ou désir magique soit d’avoir une force accrue afin de faire face à de l’adversité ou pour tout autre but. Nous pourrions alors écrire notre intention sous cette forme :

C’EST MON SOUHAIT QUE D’OBTENIR LA FORCE D’UN TIGRE.

Cette phrase doit être écrite en lettres majuscules. Ensuite, l’on biffe toutes les lettres qui se répètent. Ce qui nous donne :

C’EST MON UHAI Q DBR L F G

Dans le cas de la citation d’origine en langue anglaise, il nous resterait les lettres T, H, I, S, M, Y, W, O, B, A, N, E, R, G, F.

Le sceau est créé à partir de ces lettres.

Il est possible de considérer telle lettre, mettons le M, comme un W à l’envers, ou comme un E vu de côté. Et donc ces trois lettres ne doivent pas nécessairement apparaître trois fois distinctes dans le sceau mais peuvent se fondre en un seul glyphe. Il existe bien sûr de nombreuses possibilités de représentation & de stylisation. Ce sigil peut alors être reproduit sur n’importe quel support que le magicien choisira ou préférera (feuille de papier, bois, parchemin, glaise, mur, …)

Voici ce que donne le désir d’acquérir la force d’un tigre, comme le résume graphiquement Spare dans son exemple

Une autre technique pour charger les sigils.

En aparté ici, certains magiciens pensent que l’acte lui-même de création du sigil donne la puissance, non la charge que l’on tente d’insuffler par la suite. Ainsi, une technique différente de sigilisation est basée sur la création ou la génération continue & spontanée du sigil. Il s’agit alors de fabriquer un sigil que l’on reproduira ensuite sur toutes les surfaces, dans tous les lieux possibles & aussi souvent que possible. Lors de la création de chaque copie du sigil, on se concentre uniquement sur lui. Dans cette optique, il importe peut de bannir ou non le sigil puisque l’on va le reproduire ensuite de toute manière. Cette technique de sigilisation s’apparente presque au graph ou tagging de nos cités urbaines…

Méthodologie générale des sigils.

Maintenant que nous avons dressé notre sceau dans cet exemple, il est bon de se pencher sur la méthode globale de son utilisation et de la projection de la volonté magique en ce sigil.

1. L’énoncé de l’intention magique ou du désir doit être formulé & transcrit en lettres majuscules. Puisque la Magie des Sceaux a pour but d’obtenir des résultats tangibles, essayez de construire une phrase d’intention magique qui soient concrètes, explicites & claires. Évitez tant que faire se peut, toute ambiguïté dans l’énoncé. En outre, pour des raisons évidentes, essayez d’éviter l’emploi d’intentions négatives utilisant les mot « pas, ne…pas, ni, … ». Il est également utile de disposer une bordure autour des sigils que l’on construit, que ce soit sous la forme d’un carré, d’un triangle, d’un cercle…

2. Les lettres en double doivent être supprimées de sorte que chaque lettre ne soit présente qu’une seule fois.

3. Les diverses parties de la phrase sont sigillisées afin de donner plusieurs sceaux simples OU toutes les lettres de la phrase tout entière sont combinées dans un sceau général.

4. Tous les sceaux sont alors combinés de manière à fournir un sceau général OU BIEN le sceau général construit est simplifié et stylisé.

5. Le sceau est intériorisé/activé. Lorsque le sigil est terminé, il existe diverses manière d’activer celui-ci. Un manière rapide est d’aller au lit avec lui, de se masturber et, durant l’orgasme, de se concentrer sur le sigil. Avec une imagination bien entraînée, l’on peut même en un seul moment visualiser le sigil au lieu de le regarder physiquement. Surtout, ne pensez pas, n’intellectualisez pas le contenu de votre sigil ou de la phrase d’intention ou de désir au moment de le charger !

Un autre moyen de charger le sigil, plus longue et plus rituelle, est donnée par Spare dans son « Livre du Plaisir » est celle de la posture de la mort : « Étendu paresseusement sur le dos, le corps exprimant l’émotion du bâillement, soupirant tout en concevant par le sourire, telle est l’idée de la posture. Oubliant le temps, avec ces choses qui étaient essentielles reflétant leur insignifiance, le moment est au-delà du temps et sa vertu est arrivée ». Cette posture est censée apporter un abandon du flux de la pensée & permettre un contact entre conscient & inconscient. Il existe diverses manière d’adopter & d’utiliser la posture de la mort, nous allons nous contenter d’en décrire une seule qui peut être utilisée debout ou assis. Après avoir pris une profonde inspiration, fermez les yeux, bouchez-vous les oreilles, fermez votre bouche et votre nez, à l’aide de tous vos doigts. Il faut alors vous concentrer sur la tension interne de votre corps avec comme souci principal de ne pas penser au sigil & à votre intention magique. Retenez votre souffle jusqu’à ce que vous ne soyez plus capable de vous empêcher de respirer. Juste avant de vous sentir défaillir, ouvrez grands vos yeux et fixez le sigil & reprenez votre respiration. À ce moment, vous serez en état de transe magique & en position d’activité non mentale permettant une ouverture de l’inconscient.

6. Le sceau est banni et oublié. L’un des moyens les plus puissants du bannissement en Magie du Chaos est le RIRE. Éclatez donc de rire afin de bannir votre sigil &, tout de suite après, passez à une activité totalement différente.

Avec de la pratique, vous deviendrez être capable de combiner les étapes 3 et 4 en une seule opération.

Essayez de fabriquer des sigils qui soient beaux & agréables à l’oeil, mais, comme le signale avec justesse Frater Inkubus, « le talent artistique n’est pas un critère de réussite dans la Magie des Sceaux ! LE POINT LE PLUS IMPORTANT, C’EST DE CREER LES SCEAUX POUR VOUS-MÊME ».

Si vous désirez garder, & cela est même conseillé, une trace de vos travaux sigilesques alors je vous conseille de tenir un journal magique, mais essayez d’éviter de revenir sur eux par la suite. N’oubliez-pas d’oublier vos sigils !

Les Sigils mantriques.

La méthode consistant à faire dériver le sigil d’une suite de lettres est identique. Mais, ensuite, les lettres sont réarrangées de manière totalement fortuite, l’idée étant d’obtenir une série de mots sans aucun sens.

Ainsi, avec notre exemple ci-dessus, les lettres « C’EST MON UHAI Q DBR L F G » peuvent devenir : « STAQ DEBGR CLON FOUIM ». Ces mots sont notre mantra sigilisé !

Le sigil doit, ici encore, être chargé par les méthodes données ci-dessus. Mais, au lieu de regarder ou de visualiser le sigil, on le chante, on le scande comme un mantra. Bien sûr, on peut combiner le sigil pictural & le sigil mantra afin d’obtenir plus d’efficacité dans la réalisation de l’intention magique.

Par Spartakus FreeMann, Nadir de Libertalia, septembre 2006 e.v.

Une introduction à la Magie du Chaos

Cet article s’inspire d’une conférence donnée par Zahrim le 11 juillet 1997 à « #Ancients, the Home of Esoteric and Occult studies ».

La Magick contemporaine a vue l’émergence d’un nouveau courant atypique, dérangeant, irrégulier, frondeur & très mal connu ou plutôt trop sommairement jugé : nous voulons parler de la Magie du Chaos ou Chaos Magick. Dans le premier article traduit que nous avons publié, nous avons dressé les grandes lignes de son origine « a-dogmatique ». Dans cet article basé sur une conférence de Zahrim & complété par divers matériaux, nous allons essayer de définir les concepts fondamentaux de la Magie du Chaos.

Introduction.

Le Chaos est le vide où toutes choses existent & où toutes choses sont possibles. La Magick est l’art de « provoquer un changement en conformité avec la Volonté ». Cela posé, nous pouvons à présent entrer dans le vif du sujet.

La Magie du Chaos aborde la Magick sous une perspective totalement utilitaire, encourageant les pratiquants à découvrir ce qui y fonctionne & comment l’utiliser. Des techniques peuvent être reprises d’autres systèmes, être inventées ou n’être que pures fantaisies. Cela importe peu, pourvu que des résultats satisfaisants en soient l’aboutissement.

L’un des facteurs clés de la Magie du Chaos est l’utilisation de la croyance comme outil. Les Chaotes travaillent à améliorer leurs aptitudes à changer de croyances au moment voulu : être un catholique dévot durant un instant, afin de gagner les faveurs de Marie, & un Wiccan l’instant suivant afin de marchander avec Gaïa. Cette aptitude, connue dans de nombreux cercles comme « le changement de paradigme », est nécessaire, car les chaotes sentent que la croyance est ce qui rend la Magick efficace.

Une grande partie de la Magie du Chaos traite de l’utilisation d’autres systèmes, afin de construire un système magique pratique, personnel & fonctionnel. Phil Hine nous dit à ce sujet : « Comme nous l’avons dit plus tôt, les approches « traditionnelles » de la magick impliquent de choisir un système donné et de s’y tenir. La perspective du Chaos, ne ferait-elle que cela, encourage une approche éclectique de l’évolution, et les Magiciens du Chaos sont libres de choisir tout système magique disponible, des thèmes provenant de la littérature, de la télévision, des religions, des sectes, de la parapsychologie, etc. Cette approche signifie que si vous rencontrez deux Magiciens du Chaos et leur demandez ce qu’ils font à tel ou tel moment, il est peu probable que vous découvriez une quelconque unanimité dans la démarche. Cela rend le Chaos difficile à épingler comme étant ceci ou cela, ce qui à nouveau tend à tracasser ceux qui ont besoin d’approches de la magick soigneusement étiquetées et claires ».

Il y a, cependant, quelques pratiques fondamentales que tous les chaotes, ou presque, utilisent : assomption de la forme du dieu & l’œuvre de serviteur du dieu, la gnose & la sigilisation.

La Gnose.

Les chaotes pratiquent la Magick essentiellement au travers d’états altérés de la conscience. La plupart du temps, les rituels passent par l’atteinte d’un état appelé Gnose… L’état de gnose est similaire par de nombreux aspects au moment de l’orgasme. C’est un moment de conscience absolue qui s’impose & disparaît habituellement en l’espace de quelques secondes.

Il y diverses manières d’atteindre la Gnose, qui peuvent être classées en formes inhibitrices & formes excitatrices. Les formes inhibitrices incluent la méditation, l’asphyxie, le yoga & l’utilisation de drogues à effet dépresseur. Chacune de ces techniques peut être utilisée & il appartient au magicien d’utiliser celle qui lui est le plus en conformité avec sa personnalité.

Vous savez que vous avez atteint la Gnose lorsque vous ne rationalisez plus vos expériences. C’est comme un petit Satori, si vous êtes familier avec ce terme.

Une déclaration d’intention comme « Sarkozy m’embrassera » est dite & la Gnose est atteinte. Si le doute existe alors l’œuvre échouera. Le chaote doit croire entièrement sa déclaration d’intention jusqu’au moment où l’état de gnose est atteint. Avoir des rapports sexuels de quelque manière que ce soit ou se concentrer au moment de l’orgasme sont des moyens faciles d’établir l’intention.

Les théories sur le pourquoi la gnose fonctionne varient. Les jungiens pensent que la Gnose est un moyen de communier avec l’inconscient collectif. Certains pensent que c’est un moyen de communier avec le plan astral. Peter Carroll pense que la Gnose vainc les censeurs psychiques (qui sont ces éléments cérébraux nous disant ce qui est réel & ne l’est pas).

En ce qui concerne les théories cosmologiques, la plupart des chaotes croient que nous vivons dans un univers créé par le percepteur, l’observateur. Quelques-uns pensent qu’il y a de nombreux univers & que le chevauchement de ceux-ci est ce que nous nommons la « réalité ». D’autres pensent que puisque « tout est un », nous pouvons faire en sorte que des choses arrivent puisque tout n’est qu’une extension de nous-mêmes.

Phil Hine dans son « Chaos Prêt à Cuire » nous dit de la Gnose : « L’une des clés de la puissance magique est la capacité à accéder à volonté à des Etats Modifiés de Conscience. Nous tendons à définir une frontière stricte entre la « conscience ordinaire » et les « états modifiés » où, en fait, nous évoluons entre différents états de conscience – tels les rêves éveillés, les fonctionnements en « pilotage automatique » (où nous agissons sans savoir), et divers degrés d’attention, tout le temps. Néanmoins, pour autant que la magick soit concernée, l’entrée intentionnelle dans d’intenses états modifiés peut être divisée en deux pôles de « Gnose Physiologique » : les Etats Inhibiteurs et les Etats Excitatifs. Les premiers incluent des techniques « physiquement passives » comme la méditation, le yoga, la vision dans le cristal, la contemplation et la privation sensorielle, les seconds incluent le chant, les percussions, la danse, l’excitation émotionnelle et sexuelle ».

La Forme des Dieux.

Tandis que très peu de chaotes croient dans les « dieux » au sens littéral, la plupart croient que de puissants égrégores sont créés par les croyances de la masse, ou en tant qu’extension de soi-même. On doit noter que les chaotes « n’adorent » généralement aucun « dieu ».

Lorsque l’assomption de la forme du dieu est utilisée, le chaote adoptera la croyance qui est propre à ce dieu, sans l’adorer toutefois. Ainsi, les types de dieux sont invoqués & œuvrés de diverses manières, mais assez similaires aux méthodes habituelles.

Quels dieux les chaotes utilisent-ils ?

Chaque chaote a des dieux qu’il préfère utiliser. La majorité des chaotes demeurent malléables, utilisant tel type de divinités suivant l’occasion, l’intérêt opératoire ou leur propre personnalité. Certains aiment Kali, d’autres Pan, certains fabriquent leurs propres dieux & d’autres altèrent les dieux existants.

La Magie du Chaos ne possède aucun système de croyance structuré, étant plus une technique magique qu’un dogme ou une religion. Un chrétien peut l’utiliser, un sataniste peut l’utiliser. Chaque chaote a sa propre croyance ou une absence de croyance. La Magie du Chaos n’a pas de dogme, le Bien & le Mal sont conventionnels & fixés par le pratiquant lui-même, & souvent le pratiquant s’en fout & ne décide rien du tout.

Ce système est totalement a-moral & a-dogmatique, comme nous dit Hine : « Les Magiciens du Chaos s’efforcent d’éviter de tomber dans le dogmatisme (à moins qu’exprimer un dogmatisme ne fasse partie du système de croyances temporaire qu’ils aient adopté). Les Discordiens emploient « Catmas ! » pour signifier « Nous, Discordiens, devons demeurer à part ! » Ainsi, les Magiciens du Chaos s’estiment habilités à changer d’opinions, à se contredire et à présenter des arguments alternativement plausibles et invraisemblables. L’on a fait observer que nous investissions beaucoup de temps et d’énergie pour être dans le vrai. Est-ce erroné que d’être occasionnellement dans l’erreur ? »

La Sigilisation.

L’une des principales techniques de la Magie du Chaos est la Magick des Sigils ou des Sceaux. La Magie des sceaux fut développée par Austin Osman Spare, un artiste & un occultiste du début du 20e siècle, qui en eut l’idée par sa peinture & ses dessins.

Il y a trois types principaux de Sigils :

Les Sigils alphabétiques réalisés à partir de l’écriture de l’intention magique ; une fois éliminées les lettres qui se répètent, le magickien forme un dessin avec les lettres subsistantes, en s’assurant que le dessin ressemble à l’intention.

Les Sigils pictographiques qui correspondent à la schématisation sous forme de dessin d’une image représentant l’intention magique, qui une fois altérée pour être utilisée comme base d’un sigil, n’aura plus rien de commun avec le pictogramme de départ.

Les Sigils mantriques qui sont créés par l’écriture de l’intention magique & par le réarrangement des lettres afin de former un mantra qui sera ensuite chanté lors du rituel.

Par exemple : « Je vais voter non à la Constitution européenne » -> « savije notrevon laa titionsti con neeepo rune ». En tant qu’anagramme, la suite de mots désormais dépourvue de sens sera chantée comme mantra.

De quelle manière doit-on construire son intention ? Elle doit être très assertive : « Sarkozy VA m’embrasser ! » plutôt que « J’aimerais que Sarkozy m’embrasse ».

Ces Sigils sont chargés par le regard (ou par le chant dans le cas des mantras) & par l’atteinte de la Gnose. N’essayez pas de réfléchir ou de penser à l’intention, juste au Sigil. Après cela, le Sigil fonctionnera.

Un descriptif plus détaillé des sigils peut être trouvé dans l’œuvre de Frater U.’.D.’., « Practical Sigil Magic », ainsi que dans presque tous les livres ou documents écrits sur la Magie du chaos & il y a autant de méthodes de sigilisation qu’il y a de chaotes.

Les Serviteurs.

Les serviteurs sont des êtres magiques créés afin de réaliser certaines tâches. Cette tâche peut être de défendre un lieu, d’aider le magicien à (re)trouver un objet ou encore attaquer un ennemi. Ils sont très versatiles.

Un serviteur a généralement un sigil de représentation, un fétiche, ou un lien matériel pouvant être utilisés afin de l’invoquer ou de l’affecter. Lorsqu’un serviteur est créé, le magicien le charge (généralement en état de gnose) & « croit » en lui. Cette croyance créé l’être !

Il existe de nombreux documents sur le net ou sous forme papier au sujet des serviteurs, & le livre de Hine, « Condensed Chaos » offre de nombreuses informations sur leur création.

Comme types de serviteurs, on peut trouver les égrégores & les Formes-pensées indépendantes, qui sont créées pour une période de temps limitée & ensuite réabsorbées par leur créateur.

Conclusion.

Ce qu’il y a de merveilleux dans tout ceci, c’est qu’il n’y a pas de voie unique. Vous faites ce qui fonctionne, selon vos expériences personnelles ; c’est ce qui constitue le critère le plus important – plus important que les livres, les initiations ou les enseignements en tout cas. Chaque pratiquant est différent, ce qui trouble & confond les personnes qui cherchent absolument un dogme !

Cela ne signifie pas, toutefois, que la démarche soit facile. Du fait qu’il n’y a pas de dogme, le magicien doit constamment évaluer les échecs & les réussites des nouvelles techniques. En tant que chaote, vous devez être totalement honnête avec vous-mêmes au sujet de vos aptitudes, succès, échecs, quant au risque de tomber dans l’illusion & de devenir un magicien de salon. Et, paradoxalement, tout en restant honnête avec vous-même & en acceptant chaque problème lorsqu’il survient, vous devez conserver une foi en vous-même inébranlable.

Et comme nous le dit si bien Hine : « L’un des plus vieux malentendus au sujet de la Magick du Chaos est qu’elle donnait à ses pratiquants carte blanche pour faire tout ce qu’ils voulaient, et que ceux-ci devenaient donc peu stricts (ou pire : brouillons) en ce qui concerne l’évaluation de soi, l’analyse, etc. C’est faux. L’approche Chaos a toujours préconisé une rigoureuse évaluation de soi, une rigoureuse analyse, mit l’accent sur la persévérance dans les pratiques employées jusqu’à obtention du résultat désiré.

Apprendre à « faire » de la magick implique que vous devez développer un ensemble de talents et de capacités et, si vous décidez de vous impliquer dans tout cet univers de bizarreries, pourquoi ne pas le faire du mieux que vous le pouvez ? »

Issu d’une conférence donnée par Zahrim le 11 juillet 1997 à « #Ancients, the Home of Esoteric and Occult studies ». Les extraits de Hine sont issus de Oven-ready Chaos par Phil Hine. Traduction française : Philippe Pissier, 20001 e.v.

Traduction française par Spartakus FreeMann, Nadir de Libertalia, mai 2005 e.v.

L’Étoile du Chaos ou Chaosphère

Le symbole de l’Étoile de la Chaos, ou Chaosphère, trouve sa source dans les textes de Michael Moorcock, Eternal Champion, où elle est représentée avec 8 flèches dirigées vers l’extérieur.

Ce symbole sera adopté dans les années 70 par la contre-culture pop, puis par les punks avant d’être détourné comme symbole de la Magie de la Chaos.

« À ma connaissance, nous dit Moorcock, le symbole, dessiné par Jim Cawthorn, est apparu pour la première fois sur la couverture d’Elric de Science Fantasy en 1962, et ensuite, elle est apparue sur la version de Stormbringer de Savory ».

Cette étoile, par sa forme, s’apparente à l’Étoile de Vénus ou d’Ishtar, que l’on en retrouve, par exemple, sur des poteries grecques du 5e siècle avant Jésus-Christ :

Étoiles à huit branche telle qu’apparaissant sur un vase grec du 5e siècle avant JC.
L’Étoile d’Ishtar, reine babylonienne des cieux ; d’Astarté et de Vénus, les huit pointes faisant référence aux huit années nécessaires à la planète Vénus pour revenir dans le même signe du Zodiaque

Ok, tout ça c’est bien beau, mais on n’en sait guère plus sur l’origine de l’Étoile de la Chaos et surtout de son lien avec la Magick du même nom.

Par ailleurs, le huit c’est l’ogdoade. Westcott présente celle-ci comme le premier cube de l’énergie (2*2*2).

Dans l’Antiquité grecque, le huit était un nombre omnipotent que l’on retrouve dans le proverbe « toutes les choses sont huit ».

Hésiode est le premier auteur connu à nommer, dans sa théogonie, le Chaos et la Messe d’Éris (KALLISTI). Huit que l’on retrouve dans le Bouddhisme mais aussi dans la roue de la Wicca. Mais ça, on s’en tape, non ?

Retournons donc au Liber Kaos, de Pete Carroll. Page 38 de l’édition anglaise, dans les Annexes de la Principia Magica, nous découvrons un diagramme d’une étoile à huit pointes du Chaos qui est en fait une représentation des 5 dimensions (les 3 de l’espace, 1 de l’espace usuel et 1 de l’espace caché), c’est déjà quelque chose.

Page 85, nous lisons les objectifs des rituels des « Huit Magies », ha ha, nous y voilà donc car, que voyons-nous si ce n’est une magnifique étoile à huit pointes juste au centre le page ! Cela dit – mais il me faut vérifier dans mon exemplaire du Liber Kaos – Carroll avoue en page 86 qu’il s’agit d’un emprunt à Terry Pratchett !!!

Puis, en regardant dans le Liber AOM (Liber Null) nous lisons :

« on peut dire qu’elle représente une sculpture en perspective des 4 axes d’un hypercube géométriquement improbable ou de deux tétraèdres conjoints des forces de la lumière et des ténèbres ».

Connerie, mais bon allez on prend cela pour parole d’évangile et ça vaut bien le monohexagramme cursif crowleyien…!

Dans le courant chaote, l’Étoile de la Chaos signifie une infinité de possibilité, une expansion de l’énergie dans toutes les directions, dont les huit pointes représenteraient les huit dieux discordiens : The Dimensional Transfunctioner, General Miaow, Triangulon, The Holy Spoon, The Reality Fish, Thomas The Walking Head, A Magical Trumpet Called Bill, The DXM Angel.

Le nombre huit associé à ce symbole peut provenir également de Timothy Leary ou du modèle des huit circuits de la conscience de Robert Anton Wilson ou encore du Discordianisme « primitif », où les huit dieux étaient souvent associés aux « dieux des huit circuits de la conscience ».

La magie est souvent définie comme l’expansion harmonieuse du moi. L’Étoile de la Chaos s’étend à partir d’un point central, vers l’extérieur tout comme le magicien étend ses capacités sexuelles, financières, physiques, sensuelles, expérimentales, psychologiques et sociales vers l’univers et les hommes qui l’entourent.

Enfin, soulignons que les huit pointes furent, plus tard, associées aux huit branches de la magie : la magie pure, la magie mentale, la magie de l’amour, la magie sexuelle, la magie de la guerre, la magie de mort, la magie de la richesse et la magie de l’ego.

Spartakus FreeMann au Nadir de Guantanamo, octobre 2008 e.v.

Publié avec l’aimable autorisation de l’auteur et du site : http://www2.esoblogs.net/

Site à consulter : Magick instinct

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