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La mafia française ses méthodes, ses réseaux – 2ème partie

Lire la 1ère partie

LES MÉTHODES

A l’origine, devant l’efficacité des méthodes employées par les communistes, il avait été décidé qu’il fallait disposer de structures capables de se révéler efficace le moment venu. Cela signifie que contrairement à ce qui se pratiquait durant la guerre dans la résistance non communiste, un réseau doit pouvoir continuer à fonctionner même si une partie de son organisation est neutralisée ou détruite.

Cela revient à construire un réseau comme l’on construit un bateau qui, en cas d’avarie grave, doit continuer à naviguer vers son port d’attache, même s’il vient à prendre l’eau. Cela nécessite une multitude de compartiments et des cloisonnements entre ces derniers. De même, à l’intérieur des compartiments, plusieurs installations techniques se complètent et peuvent fonctionner de façon autonome en mode dégradé.

En renseignement, cela signifie jouer avec le contre-renseignement et la sécurité.

L’objectif du dispositif est de pouvoir pratiquer des dislocations, c’est-à-dire de porter atteinte à la capacité adverse de raisonner ou, au contraire, lui imposer d’être en situation de raisonner. Ce qui revient à lui faire croire ce qu’on veut qu’il croit. A partir de ce mécanisme à orchestrer, les compartiments, cloisonnements et installations techniques ne suffisent plus.

Le réseau devra prévoir les possibles infiltrations en son sein. La guerre froide était en ce sens une véritable partie d’échecs où l’on déplaçait les pièces selon une procédure précise tenant compte de celle de l’adversaire, ainsi que de l’ambiance du moment. Ce que les services recherchent face à une tentative de pénétration d’un réseau n’est pas de lui interdire l’accès mais de rechercher à en intégrer les effets.

En somme, de considérer la pénétration comme positive pour pouvoir livrer les informations choisies. Information, contre-information, manipulation sont intimement liés et se trouvent être les éléments constitutifs de cette partie d’échecs planétaire.

Le but n’est-il pas au fond que personne ne comprenne rien tout en ayant l’impression d’avoir gagné la partie?

En pratique, le système doit fonctionner avec des gens parlant sous la torture, la menace, l’argent ou le sexe, ces quatre composantes étant des fondamentaux.

L’information à livrer est celle qui sera diffusée par des personnes de bonne foi, qui ne comprendront pas sa teneur et pourquoi elles font l’objet d’une attention particulière de personnes n’ayant rien à voir avec elles. Monsieur «tout le monde» est un instrument potentiel à utiliser, un agent à modeler, à marteler, et à finir par une dernière touche de personnalisation.

Un agent professionnel adverse est un agent à utiliser au même titre qu’un agent du réseau, il n’y a pas d’amis ou d’ennemis, juste des outils et instruments dont il faut se servir pour défendre la Cause et réussir sa mission. L’objectif de la mission n’est peut-être pas celui que l’on veut atteindre mais celui que le Chef d’orchestre a décidé d’atteindre. Le blanc n’est peut-être pas tout à fait blanc, plutôt noir, mais qui peut en fin de compte identifier la vraie couleur…

Une vraie vérité ou une fausse manipulation doivent cacher une seconde couche de fausse vérité ou de vraie manipulation, qui elle-même est protégée par une troisième couche.

On comprendra aisément qu’un montage de ce type en cas d’affaire judiciaire ne sera que très rarement compris par des policiers ou un juge d’instruction. Les uns et les autres s’arrêteront généralement à la première couche du montage, qui correspondra à leur capacité à raisonner suivant leur expérience. Parfois, à la deuxième couche mais jamais à la troisième.

Seul le concepteur du montage pourrait décortiquer les couches à condition qu’il ait gardé la main sur l’ensemble du dispositif, ce qui, dans le cas d’un montage très sophistiqué, ne sera pas systématique.

Ces principes de fonctionnement se sont transmis au fil des années et ont été récupérés par la mafia.

Mal employées, ce sont des armes dangereuses, mortelles aussi bien pour un individu que pour un pays comme la France. Inévitablement, elles se retourneront un jour ou l’autre contre les intérêts français.

Au contraire des mafias italiennes qui emploient quasi systématiquement la violence, la mafia française utilise donc des méthodes bien moins voyantes et affinées durant la guerre froide.

L’autre différence est que la mafia italienne sévit sur le territoire national et la mafia française agit pour sa part sur les théâtres extérieurs, à partir de ses anciennes colonies pour mieux annexer les affaires du pays. Elle se sert de l’Etat français plutôt que de le combattre et profite de ses forces et de ses faiblesses pour mieux en vivre. Ses méthodes sont graduelles et la première démarche consiste à étudier dans le détail la cible, en recherchant le point faible qui permettra de l’intégrer dans le dispositif.

Car tout individu est bon à intégrer pour son carnet d’adresses, son argent, ses connaissances techniques, son image à exploiter ou tout simplement pour être utilisé comme leurre. Le principe de base est que toute personne a quelque chose à se reprocher et qu’il est possible d’exploiter ses faiblesses pour s’en servir ensuite dans l’intérêt de la cause.

A l’étranger, il est toujours plus facile de connaître les habitudes des uns ou des autres. Des petits pays comme Djibouti ne permettent pas de cacher durablement ses vices ou ses passions et un mafieux à l’affût peut tout connaître d’un expatrié. Les personnes qu’il rencontre, ses heures de travail, de détente, ses distractions, ses tendances sexuelles déviantes. Il suffit de s’intéresser une semaine à son emploi du temps pour en tirer des conclusions. Dans des pays plus importants, l’occidental ne passe néanmoins jamais inaperçu et se localise sans difficulté. Il suffit d’un peu de temps et de moyens pour savoir ce que l’on peut gagner de celui qui est devenu une cible.

Bien souvent, c’est la cible elle-même qui va se livrer au mafieux vers qui elle va se diriger en toute confiance.

Les occidentaux ont ce réflexe de croire qu’ils sont plus en sécurité en fréquentant d’autres occidentaux, ceci s’explique par la méconnaissance ou la peur de cultures différentes, et du besoin d’évoluer dans le connu pour se rassurer.

En quelque sorte, il y a souvent une volonté de ne pas couper le cordon ombilical avec la mère patrie, représentant l’environnement familial, les amis, le confort. Les mafieux, eux, ont par contre coupé le cordon depuis longtemps et leur vie n’est plus rattachée à celle de la mère patrie. Implantés depuis des années dans le pays, ils voient arriver les expatriés comme des pigeons à plumer, ceux qui seront les futurs auxiliaires obligés au service du fonctionnement de leur réseau.

Des ressources neuves qu’il faudra, la plupart du temps, exploiter rapidement et sans pitié car ils ne sont que de passage, affectés par un groupe industriel pour une période limitée. Des cibles qui se gèrent comme un fond de commerce sans fin puisque ces opportunités se répèteront périodiquement…

En fonction de la cible, de son éducation, de son milieu socioculturel, de son activité professionnelle, les moyens de pression seront différents et ajustés. Un père de famille, de surcroît catholique pratiquant, menant une vie des plus rangées, sera une cible au moins équivalente à celle représentée par un escroc sans scrupules et menant une vie de débauche. Il suffira, pour le premier, de révéler en lui ses vices ou de les lui révéler et le compromettre ensuite au maximum avec une prostituée pour en faire durablement une marionnette.

Pour le second, les moyens à mettre en oeuvre seront en revanche beaucoup plus conséquents. Quel que soit le potentiel de départ, la mafia considère qu’il est bon de sonder un individu représentant un intérêt futur en gardant toujours à l’esprit qu’il restera achetable, de gré ou de force, et qu’il peut donc devenir un bon élément.

Pour une cible classique, le procédé est toujours le même. La cible est approchée très naturellement par une personne qui va entamer avec elle une discussion, très aimablement. Lorsqu’on est à l’étranger, c’est toujours agréable d’échanger avec un compatriote, à plus forte raison s’il connaît bien le pays car cela peut toujours s’avérer intéressant. Cette première approche est celle de la prise de contact de base qui donnera ensuite l’orientation à prendre pour monter le piège.

Au cours de la discussion qui se fait bien souvent autour d’un verre, tous les renseignements utiles sur la cible sont pris : hôtel, identité de l’employeur, perspectives professionnelles, famille, religion, etc. Si la discussion devient amicale, la cible donnera avec amusement et très rapidement ses préférences en matière de «distraction» nocturne.

Les hommes sont faits de tentations, et dans des pays comme le Cambodge, la tentation est grande de se promener le soir dans les différents lieux de rencontres de la capitale, Phnom Penh.

Le mafieux ou son représentant n’hésitera pas à proposer de son temps dès la première soirée pour servir de guide à sa cible, la machination est en marche et le piège se referme peu à peu sur la cible. Bien rodée, la soirée peut se terminer dans une chambre d’hôtel, voire dans une maison close où auront été installées des caméras miniatures. Les caméras sont placées dans les cloisons après quelques petits travaux effectués, dans des décors ou, plus sophistiqué, dans les serrures des portes. Triangle s’est par exemple inspiré de l’installation des caméras cachées des musées nationaux français pour surveiller les visiteurs. Les soirées suivantes, le même procédé se répète permettant à la mafia de constituer une vraie cinémathèque des soirées de sa cible. Lorsque le (ou la) partenaire sexuel payé par Triangle fait bien son travail, la cible se met sans le savoir dans le meilleur angle du champ de la caméra, permettant de bien distinguer son visage sans aucune ambiguïté. Pour les mafieux, c’est généralement de grands moments d’amusements autour d’une bière chinoise.

Au Cambodge, les mafieux sont encore plus enthousiastes lorsqu’ils approchent des pédophiles. Ce sont les clients les plus rentables et faciles à piéger. Un pédophile ou un occidental qui présente une certaine attirance pour les jeunes enfants se retrouvera obligatoirement, et dès la première soirée, au contact d’enfants dans des lieux tenus par des vietnamiennes. La tentation est provoquée et si besoin, le mafieux ou le Cambodgien qu’il aura détaché auprès de l’occidental saura le rassurer en avançant le côté banal et toléré de louer un enfant pour la soirée. L’argumentaire sera celui d’un commercial d’un concessionnaire automobile qui doit absolument vendre un véhicule à son client. Bon nombre de touristes ou de cadres de groupes européens se font piéger ainsi, ce qui n’excuse par ailleurs en aucune façon leur faute.

Le piège est ensuite le même avec les caméras miniatures cachées, à partir de ce moment la partie est gagnée. Jusqu’au milieu des années 2000, le lieutenant de police Tho participait à la machination organisée par les mafieux français avec qui il était associé. Le scénario mettait en scène des policiers cambodgiens, ou des pseudo-policiers dotés de fausses cartes de police, qui interpellaient le suspect suite à une plainte déposée ou suite à une enquête imaginaire sur des réseaux pédophiles. Les policiers livraient les détails de la soirée qui déstabilisait la cible se voyant passer plusieurs années dans les prisons Khmères. A ce moment précis, nos mafieux intervenaient comme aurait pu le faire le consulat de l’ambassade de France.

Les négociations avec les présumés policiers duraient plusieurs heures pour en arriver à un compromis financier qui avoisinait les 20 000 dollars et plus en fonction de la solvabilité de la personne. Ultime service rendu par la mafia, la récupération d’un film pris par la police durant les rapports avec l’enfant qui n’avait jamais plus de neuf ans. Dans ces cas de stress intenses et au risque de se retrouver devant un juge, la cible trouve toujours le moyen de se faire envoyer la somme sur un compte en banque mis à disposition par les mafieux.

Les mafieux peuvent rencontrer par contre des cibles qui n’ont ni envie de passer une soirée avec des prostituées et encore moins avec des enfants, qu’à cela ne tienne, le plan de secours prévu aboutit au même résultat.

Au cours de la soirée, la mafia s’arrange pour droguer sa cible ou la rendre inconsciente, la drogue peut être versée par une serveuse cambodgienne dans la boisson du dîner ou directement par le mafieux au cours d’une discussion. La drogue fait effet dans le temps et a pour objectif d’endormir profondément la personne.

Le lendemain matin au réveil, deux solutions sont possibles, la police intervient suivant le scénario du pédophile pris en flagrant délit, ou de celui qui fait l’objet d’une enquête avec des photos de lui prises en plein acte sexuel avec des enfants. Les enfants sont ceux loués par les mafieux qui ont simulé,pour la photo, l’acte sexuel avec la cible à qui l’ont a fait prendre les poses nécessaires. Ces photos sont dispersées partout dans sa chambre et il les découvre à son réveil. Ce scénario est radical et personne n’est allé se plaindre à la police cambodgienne qui de toute façon, était de connivence avec les mafieux.

Un autre scénario assez répandu revient à payer des enfants cambodgiens pour faire de faux témoignages. Il suffit à un touriste de visiter un « établissement de distraction », et qu’il disparaisse un petit laps de temps dans un salon privé, pour que la machination puisse se réaliser, un enfant ira se plaindre de violences ou de tentative de viol. L’étau se referme sur la cible et si elle ne peut, pour une raison ou une autre, accepter l’arrangement financier prévu par la mafia, la prison s’offre à elle. Les prisons khmères n’étant pas celles d’Europe, c’est une véritable condamnation à mort pour un occidental. Cela n’empêchera pas nos mafieux de fêter l’affaire comme il se doit, bien au contraire, ils rechercheront à se mettre en avant, prétextant avoir contribué à l’arrestation d’un pédophile, pour obtenir sur une de leur ONG29 des subventions internationales dans le cadre de la protection de l’enfance.

Le 3 mai 2008, un Australien, Bart Lauwaert, qui purgeait depuis 2003 une peine de 20 ans d’emprisonnement dans la prison de Siem Reap30 est décédé. Il n’avait que 41 ans et malgré une constitution solide, il n’a pas supporté les assauts répétés des crises de paludisme. Son cas était particulier puisque les jeunes filles qui l’avaient accusé étaient revenues sur leurs accusations, avouant qu’elles avaient fait des faux témoignages pour de l’argent qu’une ONG leur avait promis. Ni la justice cambodgienne, ni l’ambassade d’Australie n’ont cherché à en savoir plus alors qu’il s’agissait bien des procédés employés par la mafia.

Une enquête aurait permis de remonter à cette ONG et aux commanditaires qui jouent ainsi avec les gens depuis la fin des années 90.

L’enquête aurait surtout permis de sauver la vie de cet Australien. D’autres étrangers, arrêtés et accusés de tels crimes clament toujours leur innocence, en vain. Il serait pourtant facile de mettre au jour les machinations à partir du moment où l’on tient compte des méthodes des mafieux, qui sont la marque d’occidentaux, non de Cambodgiens. Et là encore, apparaîtront comme par hasard des négociateurs providentiels au fort accent marseillais ou corse. En les écartant et en prenant toutes les dispositions pour ne pas se laisser polluer par leurs actions dérivées, il ne fait aucun doute que des accusations seraient démontées et des personnes libérées.

Dans tous les cas où le pédophile aura évité la prison suite à l’intervention des mafieux, il leur sera reconnaissant.

Cette reconnaissance le poussera à accepter la mission d’inciter d’autres européens à venir au Cambodge goûter aux «joies» de la liberté sexuelle pédophile, qui eux-mêmes auront à leur tour la même mission d’accroître le business dès leur retour en Europe, ou d’approcher tel ou tel décideur politique ou industriel. Car le chantage ne s’arrête jamais, les films pris sont toujours gardés par l’organisation.

C’est ainsi que le réseau « K »31, destiné à promouvoir le tourisme pédophile au Cambodge et dénoncé aux services de police français au milieu des années 2000, a vu le jour.

Le témoin entendu dans une affaire judiciaire a précisé que chaque pays européen était doté d’un coordinateur. A partir d’une caméra installée dans une chambre en Asie du Sud-est et quel que soit le partenaire que prendra la cible, tout un jeu de manipulation peut trouver son aboutissement en Europe et dans d’autres pays.

C’est comme cela, très simplement en exploitant le sexe, que la mafia peut développer son influence et se faire subventionner des ONG, lesquelles ne sont qu’un moyen de satisfaire ses projets d’extension. Cela reste néanmoins la manipulation la plus simple car d’autres cas de figures peuvent se présenter aux mafieux.

Pour faire céder les cibles pouvant résister à l’autorité de la mafia, ou refusant de la servir, un exemple peut être ponctuellement décidé. C’est en quelque sorte l’application d’un règlement ou d’un «code d’honneur» qui donne lieu à ces exemples. La compromission, la cavale, l’agression sont des méthodes usuelles pour traiter des cas bénins. Plusieurs menaces ont visé les enfants de Serge Chevalier, un Français résidant au Cambodge opposé aux pratiques des mafieux. Du Cambodge, la menace, celle de les asperger d’acide à la sortie de l’école, visait ses enfants suivant leurs études dans un établissement scolaire de Bordeaux. Malgré une plainte déposée auprès du consul de France et désignant clairement « Pierot » comme l’auteur des menaces, l’affaire a été classée sans suite. Pierot est un homme affable, petit et chauve, il navigue entre menaces et manipulations.

Ces menaces, en France, ne sont pas des exceptions.

 

A Clermont-Ferrand par exemple, un homme poursuivait chaque jour le même enfant du regard à la sortie de l’école. La pression devenant insoutenable pour la mère de voir ainsi son enfant pris pour cible par la mafia, les parents ont porté plainte. L’individu ne commettant aucun acte répréhensible aux yeux de la loi, la police s’est révélée incapable d’intervenir pour faire cesser ces pressions. Pourtant, ces méthodes d’intimidation ne sont que des intimidations qui peuvent aller plus loin lorsque l’on sait que Pierot a échangé un peu plus tard des coups de feu avec un autre Français en plein Phnom Penh. Les journaux locaux ont annoncé les faits en prétextant qu’ils avaient été déclenchés suite à une dispute entre les deux hommes au sujet de l’épouse de l’un deux, une affaire d’adultère pour faire court. Mais la victime était le représentant du Groupe Electrolux, et les méthodes employées contre lui correspondent plus à du racket qu’à une banale histoire d’amour. Ce cas de violence n’est pas isolé.

Bien avant, le 31 décembre 2001, Serge Chevalier recevait d’un ami français une mise en garde sur les intentions de la mafia qui projetait de le supprimer. Le plan d’élimination était bien monté mais il a été fort heureusement déjoué. La menace aurait dû être prise au sérieux par les autorités françaises tant les «exemples» sont appliqués aux récalcitrants, ce qui n’a heureusement pas été le cas ici.

Le jeu de la mafia peut pourtant aller jusqu’à sacrifier une vie afin de relancer le business et il existe plusieurs techniques pour ce faire.

En 2000, la mafia a voulu inciter plusieurs touristes pédophiles à contribuer au financement de « Triangle Holding », leur société écran. Un Japonais du nom de Kobata Kazuyuki est désigné comme étant la cible à compromettre. La mafia s’est auparavant renseignée auprès de la police sur les entrées de touristes étrangers qui ont demandé un visa. Jeune ouvrier employé par une société de construction au Japon, Kobata va être approché par des Cambodgiens recrutés par la mafia. La première journée, il sympathise avec le conducteur du taxi-mobylette qui lui sert à se déplacer dans les quartiers, ce dernier lui fait un bon prix, moins de cinq dollars pour toute la journée. Il lui fait visiter le palais du Roi, les centres artisanaux, les boites de nuit où les jolies filles se comptent par dizaines.

On voit tout de suite que Kobata n’est pas un pédophile, c’est un simple ouvrier aux moyens financiers très limités, même dans un pays où une fille «coûte» dix dollars la nuit. Il a toutefois fait des économies pour venir passer quelques jours au Cambodge, il est attiré par les filles et a envie de s’amuser mais bien sûr pas de toucher aux enfants. Pour la mafia, il faut néanmoins adresser un signe fort aux autres touristes bien plus fortunés et qui pourraient s’avérer être de bons correspondants de retour dans leur pays. Elle est déjà en contact avec une dizaine de touristes qui cherchent des enfants mais qui ne veulent pas payer pour être protégés. La deuxième journée, changement de tactique envers Kobata, il faut lui faire comprendre que pour s’amuser au Cambodge et profiter de sa douceur de vivre, il faut un minimum d’argent. Un peu plus que ce qu’il compte dépenser durant son séjour.

D’ailleurs, la Guest House32 où il est descendu n’est pas digne d’un touriste japonais, on va donc le déplacer dans un petit hôtel situé à côté de la « Boulangerie française » où sont installés les bureaux de « Triangle Holding ». Après avoir déposé ses bagages, le Cambodgien qui le conduit en ville lui fait maintenant découvrir les endroits chics où tout est permis moyennant dollars, les économies de Kobata fondent très rapidement. Il arrive même que le conducteur lui fasse rencontrer des amis à lui pour le dépanner de vingt dollars afin de terminer une soirée. Seul, sans plus de repères que ceux qu’on lui impose, il se sent absorbé par la douceur des Khmers.

En réalité, le piège se referme doucement sur lui. Le cinquième jour, Kobata est inquiet car il n’aura pas assez d’argent pour terminer son court séjour lorsqu’il se retrouve, comme par hasard, dans une maison close offrant des enfants en arrière salle. Le conducteur lui propose alors de prendre en photo des enfants nus et se charge de les lui revendre.

Dans un premier temps, il refuse catégoriquement et rejoint son hôtel. A trois reprises, il sera de nouveau sollicité pour prendre des photos car, lui dit-on, les acheteurs ne manquent pas et payent très bien et en cash. Et puis, au Cambodge tout est permis, il n’y a aucun risque, à chaque fois il refuse. Ce n’est qu’en regardant sa note d’hôtel qui s’alourdit, et alors qu’il n’a plus d’argent, que Kobata va céder. Au sixième jour de son séjour, après avoir été saoulé et drogué par un agent de Triangle, il accepte de prendre une série de photos de fillettes. Il les vend presque aussitôt et recommence à trois reprises, toujours poussé avec insistance par le conducteur du taxi-mobylette. Son «ami» cambodgien va jusqu’à l’aider à constituer deux albums photos de jeunes garçons pour préparer les futures ventes.

Le 14 juin 2000, Triangle donne instruction aux policiers du lieutenant Tho de procéder à son interpellation. Elle est effectuée le même jour à 19H00, dans sa chambre d’hôtel, où sont saisies un certain nombre de « pièces à conviction » avec les deux albums photos à caractère pédophile. Il est transféré dans les locaux de la police avec beaucoup de brutalité, sous les insultes des policiers et sous le regard satisfait des Français qui l’ont piégé. A l’issue de sa garde à vue, Kobata est incarcéré par ordonnance d’un magistrat, en attente de sa comparution devant le tribunal municipal de Phnom-Penh. Selon les lois cambodgiennes, il risque une peine de prison pour crime pouvant aller jusqu’à 20 ans de réclusion.

Les réponses qu’il donnera à l’officier de police qui l’interroge sont déconcertantes :

Kobata :
– Je suis venu au Cambodge en touriste, seul, le 6 juin, par l’aéroport de Pochentong. J’ai été dans une maison de prostituées pour faire des photos de fillettes. J’ai discuté avec la patronne qui parle anglais. Je lui ai dit que je voulais faire des photos de fillettes nues sans avoir de rapports sexuels avec elles. Pour cela, j’ai donné à la patronne une somme de 100 dollars pour faire un rouleau de 36 poses que je peux revendre 200 dollars.

Policier :
– A qui vendez-vous les photos,… Cambodgiens ou étrangers ?

Kobata :
– Après, j’ai fait le tirage. Ensuite, j’ai vendu les négatifs dans la Guest House « le Capitole ». 200 dollars comme prévu pour un rouleau de 36 poses. C’est à un Japonais dont j’ignore le nom que j’ai vendu.

Policier :
– Pouvez-vous me dire l’adresse de la maison de prostitution où vous avez fait les photos ?

Kobata :
– Je peux vous montrer si on y va…

Les témoignages contre lui sont accablants et viennent de toute part.

A tel point qu’on peut se demander si les auditions de témoins n’ont pas été menées avant son arrestation. Tous les Cambodgiens qu’il a côtoyés, sans exception, étaient payés par la mafia.

Kobata sera expulsé vers le Japon où il sera condamné à plusieurs années de prison pour pédophilie sans jamais prendre conscience d’avoir été poussé à commettre un tel délit. En 2001, la direction de la Police judiciaire française sera informée de la manipulation mais ne pourra rien faire car il aurait fallu une plainte, mais qui aurait pu la déposer et sur quel motif ?

Le Cambodge est un pays lointain, sans réel accord. Le consulat du Japon à Paris sera aussi prévenu mais se désintéressera du cas. Il faut souligner que le Japon investit massivement au Cambodge et que personne n’avait intérêt à sortir cette affaire bien gênante. Le 18 février 2002, l’affaire est portée à la connaissance de l’ambassadeur du Japon au Cambodge par un proche de Triangle ayant connu la machination. Le 6 mars, la réponse de M. Takanori Amamiya, secrétaire du consulat est polie : « Tout d’abord, je voudrais vous remercier pour votre lettre informant de la question touchant un Japonais, monsieur Kobata, à l’ambassade. L’ambassade a expédié votre témoignage aux autorités compétentes du Cambodge et à celles du Japon pour leur information. Cependant, je voudrais apporter à votre attention que monsieur Kobata a été accusé conformément à la loi japonaise pour cet acte commis à l’étranger. Il est maintenant en attente de procès qui va être tenu bientôt. »

Kobata n’a certainement jamais été informé du contenu du courrier envoyé par ce Français qui, d’ailleurs, se fera par la suite menacer de mort en France, le courrier étant à coup sûr arrivé dans les mains du lieutenant Tho. Même si ce Japonais méritait une sanction pour son acte, la justice japonaise aurait dû prendre en compte la manipulation. Une action en justice aurait dû être déclenchée envers les Français, mais aurait aussi mis en cause des Cambodgiens, trop compliqué pour qu’une procédure aboutisse.

Quoi qu’il en soit, les mafieux ont su avec succès analyser le profil de leur cible pour mieux la manipuler.

Dès l’arrestation, ils sont retournés voir les touristes solvables et ils ont organisé pour eux leur circuit touristique sexuel.

C’était accepter les services proposés ou terminer comme Kobata. Tout un business s’est mis en oeuvre à partir de plusieurs touristes de différentes nationalités : Takiguchi Kosuké qui était le Japonais à qui Kobata avait vendu ses photos – Keraney Richard John – Irlandais, Yanocopoulodit Colyann – Français, Demasur Rudy – Belge, Guignot – Français, « David » – USA, « Petter » – Anglais, « Be » – Belge, « Partty » – Anglais… au total une vingtaine de cibles potentiellement attirées par les enfants ou qui allaient le devenir malgré eux. Une vingtaine de cibles approchées par Triangle en moins d’un mois ! Ce chiffre est à rapporter sur une période de dix ans d’activité33.

Le message a bien été compris et Triangle a su en tirer profit. Sans oublier non plus que les pédophiles, ou les personnes ayant subi des manipulations pour les faire passer pour des pédophiles, ont été filmés durant leurs ébats pour les faire chanter ensuite. Chaque cible touchée et acquise doit rapporter à l’organisation d’autres cibles à travailler. Au total, vingt cibles doivent rabattre au moins deux cents autres cibles soit dix cibles par personne.

Si jamais quelqu’un s’offusque de ces pratiques et envisage de se plaindre auprès de la police de son pays, la « variante », qui est un réflexe pour la mafia, consiste à le faire passer d’emblée pour fou. Tout est fait pour que la personne qui n’entend pas rentrer dans le droit chemin ou qui a l’intention de dénoncer les activités à la justice, ne soit pas prise au sérieux. D’un autre côté, la justice locale ne fait pas peur à la mafia car avec un peu d’argent tout y est achetable. Pour le Cambodge, c’est encore plus vrai car le pays est en train de se reconstruire après les épouvantables années Khmers rouges et une occupation vietnamienne mal vécue. C’est donc de la justice française que nos mafieux se méfient un peu, simplement un peu, car aller voir un service de police en France pour dénoncer un réseau de malfaiteurs qui oeuvre entre le Cambodge et la France relève du délire pour un policier français. D’autant que l’ambassade de France au Cambodge fait mine de ne rien savoir ou comprendre.

En 2008, lors d’une garde à vue dans les locaux du commissariat de Meaux, l’individu interrogé, qui subissait une cabale de tout premier ordre dans le cadre d’un vol, a cité ce genre de trafic pour expliquer que l’on pouvait à juste titre lui en vouloir. Le capitaine de police l’a pris pour un fou, ou a fait en sorte de le faire prendre pour un fou par le procureur, pour finalement le soumettre à l’expertise d’un psychiatre… qui l’a déclaré normal. Les gens de la mafia qui avaient été signalés lors de l’audition par le suspect au sujet de l’affaire de vol n’ont jamais été inquiétés, le capitaine de police ayant catégoriquement refusé de les entendre. Une tentative pour annuler tous les risques de témoignages qui mettraient en danger les activités mafieuses ? En France, cette question n’est pas à poser puisque la mafia n’existe officiellement pas.

Dans le cadre de l’affaire de Meaux, le suspect avait aussi été entendu, peu de temps auparavant, au sujet du meurtre du juge Borrel par la juge Sophie Clément qui l’avait, elle, pris très au sérieux.

Dans ce genre de jeu et à ce niveau, rien n’est le fait du hasard. Le hasard n’existe pas non plus lorsque des emplois sont proposés à des témoins d’affaires ou des personnes gênantes pour la mafia. Bénéficiant de connexions auprès des groupes industriels, il lui est facile de se faire rendre ce genre de services. C’est à ce moment que l’heureux élu, qui n’a même pas eu à passer d’entretien d’embauche, aura à choisir entre l’intérêt personnel et la recherche de la vérité en se mettant à la disposition de la justice. Rares sont cependant ceux qui disent non à un emploi confortable, les exceptions se comptent certainement sur les doigts de la main.

Entre autres, madame Borrel à qui l’on avait proposé un emploi très rémunérateur à l’étranger et n’aurait jamais pu poursuivre sa recherche de vérité au sujet de l’assassinat de son mari, retrouvé mort en 1995 à Djibouti, si elle était partie travailler dans un pays de l’autre côté de la planète. C’était une façon de l’écarter afin de ne pas gêner la mafia.

Un militaire de carrière, qui posait quelques problèmes de gestion et de discrétion à la sortie de son service actif, s’est vu nommé à un poste de la Garde républicaine Gabonaise34. Une place en or dont la mission se résumait à entraîner au maniement des armes les deux compagnies de combat du palais et assurer le secrétariat du président Bongo. Une mission facile, tranquille et qui ouvrait à moindre coût sur des possibilités d’investissement dans des petits commerces à Libreville. L’administration de la Garde prévoyait un billet d’avion gratuit tous les deux ans pour toute la famille afin de rentrer en France pour des vacances. Tout était prévu pour faciliter la scolarisation des enfants à l’école française et un appartement qui venait d’être rénové dans l’enceinte du palais présidentiel était mis à sa disposition, sa femme se vit même proposer un « emploi réservé » aux écoutes présidentielles. C’est cette dernière offre qui a fait hésiter l’heureux élu, réservé quant aux risques encourus par sa femme dans un poste aussi sensible.

Après avoir demandé quelques précisions au général français Roland Meudec,avec qui il était en contact et qui était l’ancien patron de ce qui s’appelait auparavant la Garde présidentielle, il a refusé le poste à une semaine de prendre l’avion. Les explications fournies ne l’avaient pas satisfait, ayant compris que les écoutes ne se limitaient pas au Gabon mais au-delà de ses frontières. Des services rendus, selon les explications du général, pour éviter les demandes légales d’autorisation dans un « autre pays ». Son refus d’honorer ce poste d’officier de la Garde lui valut des insultes et des menaces par téléphone de la part d’autres officiers en poste au Gabon.

L’agence de presse Infosplusgabon, qui est la première agence gabonaise privée, écrit dans son édition électronique du 14 janvier 2008 : « Dans le domaine de la sécurité, est installé dans l’enceinte du Palais du bord de mer, le colonel Boisseau à la tête du Silam, des écoutes téléphoniques. L’oreille du président et des services français. »

Mais est-ce bien des services français qu’il s’agit ou de la mafia française ?

Les Africains ne font pas la distinction et l’on voit bien la possible confusion des genres entre mafia et services officiels, on ne sait plus qui fait quoi et l’image de la France en est finalement atteinte.

Que font les services français dans un palais présidentiel africain, qui se permettrait d’écouter les conversations téléphoniques de Gabonais ? Cet amalgame fait le jeu de la mafia et lui donne une légitimité usurpée.

Les propositions d’emplois faites, qui peuvent néanmoins s’assimiler à des moyens d’acheter une cible, sont des alternatives aux procédés plus extrêmes. La mafia peut effectivement décider de déclencher des « opérations humides », terme employé pour désigner un assassinat programmé. Mais avant d’en arriver à l’ultime action d’élimination physique, la mafia peut encore utiliser le harcèlement pour pousser la cible dans ses retranchements.

Diverses plaintes déposées contre elle, menaces téléphoniques, accusations multiples où l’on retrouve presque systématiquement des accusations de pédophilie, surveillance des enfants de la cible à la sortie de leur école, etc. sont autant de pressions mises en oeuvre pour faire craquer. En cas d’accusation de délit ou pire de crime suite à une cabale, la cible va s’asphyxier financièrement en frais de justice. Elle se retrouvera dans une impasse financière et avec un peu de chance pour la mafia, la cible n’arrivera pas à sauvegarder sa vie de famille, à conserver son emploi, devenant de fait très vulnérable, une vie brisée avec méthode. Un cadre honnête peut ainsi se retrouver SDF, abandonné de tout le monde et vivre une descente aux enfers dont il ne se relèvera jamais.

Si la cible devient dépressive, ou qu’elle donne l’impression de l’être, cela peut justifier en même temps qu’elle se jette du dixième étage d’un immeuble, les affaires récentes en donnent des exemples. Les enquêtes judiciaires en France concluent au suicide très rapidement, à l’étranger, les enquêtes ne sont que des simulacres. Les policiers, s’ils ne sont pas de mauvaise foi, ne sont de toute façon pas formés à rechercher ce qui est contraire à toute logique. Et puis, les cas de manipulation psychologique ne sont pas fréquents, ils relèvent de pratiques des services de renseignement qui savent camoufler et fausser les informations exploitables.

En cas de résistance, la cible devra être solide pour ne pas se laisser prendre au jeu de ceux qui veulent la neutraliser ou la détruire. Le combat qui s’ensuit est donné gagnant pour la mafia, plus puissante qu’un individu seul et sans soutien, mais rien n’est perdu d’avance, tout est question d’endurance et de contexte du moment. Mais la cible, aussi résistante et endurante soit-elle, n’a que peu de chance de s’en sortir sans casse.

Le meurtre est par contre la méthode d’exception pour traiter en urgence un cas grave qui peut porter préjudice à l’ensemble de la mafia. Le meurtre est discret s’il est simplement le fait de se débarrasser de quelqu’un ou il est emprunt d’une symbolique s’il doit servir d’exemple et d’avertissement. Le meurtre qui est accompagné d’une symbolique se reconnaît parce qu’il ne correspond pas aux pratiques du pays, au respect de ses traditions. Il sera la signature d’occidentaux pour faire passer un message à d’autres occidentaux.

Un Cambodgien ne se risquera pas à assassiner un Français pour lui voler de l’argent liquide, il a l’esprit assez fin pour le lui voler sans faire couler le sang. En 1997, lors des combats dans Phnom Penh35, alors que les chars T55 tiraient en pleine rue, il n’y a eu qu’une centaine de tués et pas un seul occidental, préserver la vie des étrangers était une évidence pour les deux partis. Il faut bien connaître la mentalité khmer pour comprendre qu’un meurtre de Français avec pour mobile le vol, ne peut être le fait d’un Cambodgien.

A Djibouti, aucun autochtone n’aurait non plus l’idée de brûler de lui-même un corps d’Européen après l’avoir assassiné, il n’y a jamais eu de cas de ce genre. En revanche, plusieurs militaires français se sont fait assassiner ces dernières années et leurs corps ont été découpés en morceaux pour être finalement jetés dans des sacs poubelles sur la voie publique, ce procédé est la signature de meurtriers Djiboutiens. Ce qui n’est pas dans les «habitudes locales» est à envisager comme ayant été accompli par des occidentaux, des mafieux. Cela peut être aussi considéré comme un échec, et pourrait être comparé, en pédagogie militaire, à l’incapacité pour un formateur de se faire comprendre de ses stagiaires, pour le formateur, il s’agit alors d’un échec personnel. La mafia est elle aussi confrontée à des échecs.

Au Cambodge, où l’activité mafieuse est particulièrement active, plusieurs décès auraient pu attirer l’attention des autorités locales et françaises, il n’en fut rien. John Kennely, un des premiers journalistes du journal « Principal » de la société « Triangle Holding » et qui meurt d’une crise cardiaque alors qu’il était en pleine forme. C’était un ancien fonctionnaire de la Communauté économique européenne en mission au Cambodge, qui y est resté et s’est marié avec une Khmère. Il aurait été trop bavard sur l’attribution de subventions européennes aux ONG mafieuses, dont évidemment celle dans laquelle il travaillait. Le docteur Rio était un médecin proche de l’ambassade de France et il a eu à connaître directement des dossiers liés à des morts douteuses, il s’occupait parallèlement d’adoption d’enfants. Il meurt de la dengue alors qu’il est en contact avec les dirigeants de « Triangle », trop gourmand selon certains. Monsieur Marty a bénéficié pour sa part de subventions européennes pour des projets agricoles. Il a eu des «problèmes de santé», trop exigeant et, selon les dires de Triangle, peu fiable et bavard.

La liste est longue de présumés mafieux ou de cibles abattues au Cambodge ! Elles n’avaient pas respecté la loi du silence et de l’autorité supérieure.

Comme dans tout commerce, un meurtre est un investissement qui doit rapporter x fois la perte consentie.

Dans notre mafia, on ne tue pas sans raison, les « opérations humides » sont justifiées par l’exemple à donner, par les messages de subordination à faire passer. Le meurtre peut être associé à des accusations de pédophilie, car même un mort peut en être atteint dans son honneur et sa crédibilité36. Cela impactera surtout sur les enquêtes en cours où les policiers les plus expérimentés, dès qu’ils se retrouveront en présence d’exploitation sexuelle d’enfants, seront désorientés.

La diversion est irréversible et les effets d’une manipulation garantis. Des dossiers peuvent être montés de toutes pièces sur des cibles, y compris vivantes, et la simple rumeur peut être suffisamment insupportable pour que la victime accepte finalement le marché. Il s’en suit alors une vie de totale subordination à la mafia qui, toutefois, se montrera toujours reconnaissante envers son soldat.

Ce genre de méthode est employé principalement hors de France, l’argent pouvant tout acheter. S’il n’est pas exclu que cela puisse se produire sur le territoire national, la méthode diffère pour atteindre les mêmes résultats, il ne s’agira pas d’acheter sa cible mais de la manipuler en toute finesse, l’affaire de Meaux constituant à cet égard un parfait exemple. Les cadres de la mafia connaissent très bien les qualités et les défauts de nos fonctionnaires. Une des qualités exploitables est la forte motivation dont font preuve les policiers, les militaires et tout autre serviteur de l’Etat qui ont la réelle volonté de servir le pays. Plus la cible croit en la France, en des valeurs à préserver, à la justice, plus elle est facile à manipuler, la recrue a ainsi l’impression d’être investie d’une mission suprême. On revient en quelque sorte aux motivations de l’après-guerre où l’idéal anticommuniste réunissait des hommes d’horizons différents.

Le stratagème de manipulation peut aller jusqu’à se faire passer pour les services de renseignement français afin de mieux absorber une nouvelle recrue. Faire croire aux uns ce que l’on cache aux autres, présenter une personne comme investie d’une mission d’Etat pour mieux la neutraliser dans le temps, présenter des officiers de renseignement comme étant des collaborateurs, sont autant de manipulations qui ne permettent plus de savoir qui fait quoi.

La cellule Cambodge avait fait en sorte que le capitaine Coullon, de la DST37, soit connu par tous les petits malfaiteurs occidentaux de Phnom Penh. Le nom de cet officier cité ouvertement dans les bars, la mafia avait donné l’impression que ses propres trafics étaient ceux des services officiels français. L’auteur de ces fausses informations était donc intouchable et se positionnait comme un véritable parrain qui tentait de s’imposer aux autres expatriés. Mais bien plus, il transmettait aux services de police français et à la DST des faux rapports d’activité de malfaiteurs ou de surveillance des expatriés au Cambodge. Pour accentuer son pouvoir et son impunité, il lui suffisait alors d’engager d’anciens policiers cambodgiens pour mener des enquêtes sur des occidentaux suivant des procédés similaires à ceux employés pour piéger des touristes avec des enfants. Sur le compte prévisionnel de Triangle, le coût des salaires se montant à 850 dollars par mois correspondait à l’emploi à plein temps de trois officiers de police, d’un responsable technique et d’agents venant ponctuellement renforcer l’équipe. Les cibles visées sont la plupart du temps tombées avec une grande facilité. Pour cette somme, le retour sur investissement est évalué à dix fois la mise.

L’investissement de départ est en outre proportionnel à l’importance de la cible, ainsi, avant d’engager une opération contre une cible, Triangle se réunit pour définir la stratégie à employer.

Le vice-président et responsable des projets de Time Warner38 en Asie du Sud-est, de surcroît victime d’un antiaméricanisme latent, s’est vu compromettre avec une prostituée du nom de Félicine. Un jeune et joli mannequin connu au Cambodge qui avait posé en couverture dans le magazine « principal ». Chaque matin, après une nuit d’amour passée avec son américain, Félicine rejoignait la « boulangerie française » au 99,
Preach Sihanouk boulevard à Phnom Penh, pour y faire son compte-rendu à Pierot.

Le marché était simple : moyennant 30 dollars par nuit, Félicine devait s’approcher de l’Américain et faire en sorte qu’il tombe amoureux. La deuxième partie du plan consistait à lui faire attribuer des subventions à Triangle ou d’autres ONG affiliées, puis à ce qu’il ouvre son carnet d’adresses aux Etats-Unis, particulièrement celles des services de renseignements américains. Ce qui avait été fait avec la DST pouvait être fait avec un service américain. Félicine s’y est visiblement bien prise puisqu’elle s’est mariée et vit maintenant aux USA. Sa manipulation envers ce responsable permet aux mafieux d’avoir des contacts auprès des services US et de s’en servir au profit des pays où ils sont implantés, dont Djibouti. Time Warner a bien été informé à temps des manoeuvres du jeune mannequin mais le groupe américain n’a fait que prévenir les services de police français qui n’ont donné aucune suite à l’affaire. Seul le Français qui a alerté par courrier Time Warner a été inquiété.

Triangle a par contre développé des programmes télévisés dans les années suivantes grâce à d’importantes subventions. Comme quoi les jolies femmes constituent encore et toujours les meilleures armes.
Ce n’est pas un hasard non plus que des ONG créées par la mafia touchent à l’heure actuelle plusieurs milliers de dollars provenant des USA.

C’est le cas de l’ONG AFESIP Cambodge qui est spécialisée dans l’insertion et la vie professionnelle ainsi que dans la lutte contre le trafic et l’exploitation sexuelle des femmes et des enfants en Asie du Sud-est. Dès sa création, Jean-Pierre Franchi a veillé à son développement mais était surtout associé dans la société « Triangle » et revendiquait au passage faussement son appartenance à la Franc-maçonnerie française. A n’en pas douter, la supercherie est bien menée et des innocents doivent encore payer leur malchance d’avoir croisé les membres de la cellule Cambodge. Car, pour intéresser les services de renseignements, il faut avancer des dossiers concrets, des coupables de complots ou de préparation d’actes terroristes. Chez « Triangle », l’art de monter de tels dossiers ne posait aucune difficulté.

Parmi les cibles de poids, le Groupe Total a fait l’objet d’une attention particulière de la part de nos mafieux.

Le Groupe pétrolier a ainsi subi plusieurs tentatives de chantages, que ce soit sur ses activités en Birmanie ou au Cambodge. En 2009, le Groupe était toujours en proie à des attaques en règle. Dès septembre 2000, des réunions se succédaient au dernier étage de la boulangerie française avec pour ordre du jour, comment soutirer le maximum d’argent à total ? Plusieurs solutions ont été trouvées : Après avoir fouillé les archives cambodgiennes, moyennant le versement de quelques dollars aux fonctionnaires en poste, et envoyé ses policiers, Pierot découvre que le premier cadre envoyé par Total en 1992, Hervé Badj, a détourné de l’argent à son profit. L’arnaque était simple : Badj avait pour consigne d’acheter des terrains pour son Groupe et s’était entouré d’un prête-nom Cambodgien pour acheter, au nom du Groupe, des terrains à dix fois le prix pratiqué, la différence allant dans sa poche.

L’affaire que Pierot révèle à son associé Christian Guth, ancien policier de l’ambassade de France à Phnom Penh, est bien engagée. La question qui reste est comment arriver à obtenir de l’argent de Total avec cette information ? Il est décidé d’étoffer le dossier en créant de faux documents, attestés par un vieux tampon humide du ministère de l’Intérieur cambodgien. Le dossier est attesté par la signature du ministre de l’Intérieur de l’époque, du bon travail de faussaire. Christian Guth a ensuite la bonne idée de se pencher sur les affaires de total Birmanie et il possède justement des informations qui lui viennent de ses contacts anglais, anciens du Mi 6, qui travaillent maintenant dans une grande société de sécurité en Thaïlande.

Avec Jean-Pierre Franchi, ils décident de constituer un dossier dont les preuves permettront d’accuser le Groupe d’esclavagisme et de connivence avec la junte au pouvoir.

Un double d’une partie de ce dossier sera discrètement remis à l’ONG américano-thaïlandaise Earth Rights International qui ne manquera pas de l’exploiter contre le Groupe français. Dès les premières attaques, « Triangle » proposera ses services à Total et à la DST pour essayer de récupérer l’ensemble des informations détenues par l’ONG et les faire disparaître. Le plan est bien ficelé, Triangle propose le dossier constitué à plusieurs clients et joue les sauveurs. En 2009, on peut encore lire dans l’Express que selon l’ONG américano-thaïlandaise:

« Les groupes français Total et américain Chevron enrichissent la junte birmane avec un projet gazier et pétrolier », l’ONG ajoutant que « La très grande majorité de l’argent provenant de Total, assure l’organisation en citant des sources «confidentielles et crédibles», échappe au budget national et repose dans des banques basées à Singapour, l’Overseas Chinese Banking Corporation (OCBC) et le groupe DBS ».

En 2009 toujours, Pierot écrit encore des articles contre Total Birmanie à partir du sud de la France par l’intermédiaire du journal la « Petite République ». Les informations servant à critiquer le Groupe sont similaires à celles de 2000.

La troisième manoeuvre est pour Pierot déjà réalisée. Le responsable de Total Cambodge vient d’avoir un accident à la sortie d’une boite de nuit, ce dernier a un peu trop abusé du whisky et, inévitablement, a eu un accident. Avec son 4X4, il a percuté de nuit une famille entière se déplaçant sur une mobylette, le père, la mère et les deux enfants sont morts et leurs corps ont été propulsés de part et d’autre de la route. Très rapidement, Triangle s’affaire à régler le problème avec le lieutenant Tho, une bonne liasse de dollars à se partager et l’assurance que le meurtrier sera éternellement reconnaissant à l’organisation mafieuse. Sans cette intervention inespérée, le cadre aurait dû être rapatrié pour ne pas passer devant un tribunal cambodgien ou le Groupe aurait déboursé bien plus pour calmer l’affaire.

En tout état de cause, une fin de séjour prématurée pour le fêtard et certainement une fin de carrière chez Total. Au bout du compte, le journal Principal octroiera à Total Cambodge d’immenses pages publicitaires, bien sûr payées à prix d’or. Ce que n’a jamais su ce cadre de Total, c’est que sa soirée était prévue pour mal se terminer et que, n’ayant pas ingurgité que de l’alcool, l’accident était inévitable dans une ville où l’éclairage est défectueux et où les mobylettes roulent sans feu. La probabilité de tuer des Cambodgiens est donc très grande lorsqu’on fait boire… Une cible de plus qui va servir la mafia encore de longues années.

La quatrième manoeuvre vient directement de Guth qui s’était vu confié, en tant qu’ancien policier de l’ambassade de France et consultant auprès de l’UNICEF, une enquête sur le vol de 50 000 dollars par le comptable cambodgien de Total Cambodge. Pierot, en bon associé qu’il était, agissait en sous-main et avait, avec ses policiers, retrouvé le voleur à Sieam Reap, ce dernier était en train de monter un petit restaurant avec l’argent volé. Au dernier moment, alors que Guth allait présenter officiellement les résultats des investigations, l’enquête fut décommandée. Furieux, Guth demande alors le remboursement immédiat des frais et du paiement de la prestation auprès du siège en France, en même temps que la présentation des autres affaires. En cas de refus, Pierot menace d’écrire un article de presse qu’il dit pouvoir diffuser par le journal l’Humanité.

Si les groupes comme Total sont particulièrement visés, les chantages peuvent aussi concerner l’Etat français à travers ses représentants.

La mafia ne se donne aucune limite quant à ses provocations. Le chantage envisagé le plus audacieux a été celui concernant un ambassadeur de France, monsieur Libourel, avec pour objectif d’atteindre le ministre des Affaires étrangères de l’époque, Hubert Védrine. Libourel comme Védrine sont deux grands passionnés d’oeuvres d’art et le Cambodge regorge justement d’oeuvres d’art khmères qui s’arrachent à prix d’or. Des statuettes sont régulièrement découvertes lors de fouilles aux abords des temples, dans la région de Seam Reap.

Les petits agriculteurs, vivant avec leur famille avec à peine un dollar par jour, n’hésitent pas à proposer, pour quelques dizaines de dollars, des statuettes qui seront revendues plusieurs milliers d’euros en Europe ou aux Etats-Unis. Pour sauvegarder leur patrimoine, les autorités cambodgiennes ont décidé d’interdire leur exportation. D’où un problème récurrent de contrebande de ces statuettes qui sortent par la frontière thaïlandaise, ou par d’autres «voies» comme celle choisie par notre ambassadeur. Pour atteindre l’ambassadeur, plusieurs intimidations et compromissions visant des fonctionnaires de l’ambassade39 ont été dans un premier temps envisagées. Il s’agissait pour la mafia de s’entourer d’une équipe au sein même de l’entourage de l’ambassadeur pour connaître ses habitudes et les relations qu’il entretenait avec son ministre. A partir d’informations concordantes et probantes, la cellule Cambodge s’est ensuite faite aider en France pour connaître la destination finale des oeuvres.

Dans la fiche40 rédigée par Triangle, les informations quant à leur provenance sont si précises qu’elles désignent indiscutablement l’entourage même de l’ambassadeur. Tout y est pour s’assurer, de force, du soutien de l’ambassade, au moins tant que le haut fonctionnaire restera à son poste. Est ainsi notamment consigné le mode d’acheminent des oeuvres vers un village proche d’Aix en Provence, via le port de Marseille où un complice est chargé de les réceptionner. Le complice est un antiquaire qui possède plusieurs magasins. A n’en pas douter, l’organisation mafieuse a vérifié sur place, et dans les moindres détails, la véracité des informations fournies par un fonctionnaire très certainement convaincu de servir une noble cause. Encore une victime d’une manipulation qui le dépasse mais le résultat est là, toute une ambassade qui fermera désormais les yeux sur les activités mafieuses de ses concitoyens. Sur ces Français qui ne peuvent pas revenir en Métropole à cause des affaires de justice qui les suivent, mais des Français qui n’hésitent cependant pas à fouler le territoire français en ambassade pour boire une coupe de champagne le 14 juillet venu. Tout ce beau monde accueilli comme il se doit par l’attaché de police de l’ambassade ou l’ambassadeur lui-même. Le 7 janvier 2002, le ministre des Affaires étrangères français est informé des manoeuvres de Triangle, aucune mesure n’est prise pour mettre fin aux agissements des mafieux.

La fiche sur l’ambassadeur Libourel contient en même temps des accusations portées contre Michel Amiguet, ressortissant franco-suisse travaillant pour le compte de l’Ordre de Malte. « Cet individu serait lié à la bande du bistrot des sports, des trafiquants d’art, pour certains riches genevois, effectuant des transports sous couvert diplomatique dans la mesure où l’Ordre de Malte est considéré en qualité d’Etat. »

Si le «trafic» de l’ambassadeur a été reconnu, la France s’en est excusé et a rendu les oeuvres, il faut voir dans les accusations suivantes une manipulation à destination des services de renseignement français. De plus, les accusations concernant l’Ordre de Malte sont entièrement fausses. Le principe est simple : La mafia va tout d’abord diffuser des informations faciles à vérifier par les services de police français, puis progressivement injecter de fausses informations qui seront elles aussi prises au sérieux car diluées. La mafia se rend alors incontournable pour des services officiels intéressés par une affaire et la cible victime de chantage se retrouve ainsi démunie. Il peut s’en suivre des montages, la constitution de faux dossiers attestés par des policiers corrompus pour «balader» les services les plus sérieux. Cela permet aussi de se débarrasser de personnes pouvant porter ombrage à l’organisation. Ce qui a été fait pour le Groupe Total peut être réalisé pour des structures étatiques avec encore plus de facilité. Plusieurs dossiers ont ainsi été montés sur toutes sortes de présumés trafics et transmis à la DST ou à d’autres services de l’Etat français.

La CIMAC41, organisme chargé du déminage et de la neutralisation des armes de guerre a ainsi fait l’objet de manoeuvres de la part de la mafia. Le Cambodge est infesté de mines, particulièrement le long de la frontière thaïlandaise et aux abords de la région de Païlin, dernière région tenue par les Khmers rouges. En 2000, les accidents sont encore fréquents et bon nombre de villageois sont évacués avec une jambe arrachée par l’explosion d’une mine vers des centres de secours mal équipés. Les mines sont une calamité, on en trouve de toutes sortes et de toutes origines, certaines sont françaises et proviennent du stock utilisé durant la guerre d’Indochine entre 1945 et 1954.

Il est bien évident que les ONG travaillant sur les projets de déminage obtiennent des subventions importantes. Peut-être qu’une partie de ces subventions sert à faire vivre des occidentaux spécialisés dans ce travail, l’attribution d’un salaire n’est toutefois pas illégale. Excepté pour Triangle qui s’est donné comme objectif de faire pression sur l’ONG afin qu’elle lui reverse une contribution, «racket» serait plus approprié. Un rapport de Triangle stipule qu’« en relation avec certains intermédiaires de la CIMAC, M. Quentin, sur commande, peut alimenter le marché noir des armes de guerre, armes de poing et autres. Ainsi le rédacteur de ce rapport s’est vu proposé par lui des stocks de pistolets mitrailleurs à 100 dollars pièce ».

Le montage de la mafia est ici double. A partir de réelles possibilité d’achat d’armes par la mafia, le trafic est attribué à la CIMAC et, dans le même temps, Christian Quentin se trouve en être le trafiquant. Ce Français au passé trouble, né en 1951 à Paris, tenait « le bistrot des sports » situé à trois cents mètres des bureaux de Triangle. Une cible toute trouvée pour intéresser les « vrais » services de renseignement, une cible qui avait refusé de payer la protection de Triangle, genre de taxe d’accueil que tentait de généraliser Triangle auprès des expatriés français.

L’effet ne s’est pas fait attendre, les services français ont demandé plus de renseignements et Triangle a donné d’autres noms comme faisant partie de ce réseau : Madame Cani, vice-consul de France, qui s’est vue accusée de trafic d’enfants parce qu’en relation avec des adoptants français, un général cambodgien qui était censé protéger le réseau, Eric Chancel un commerçant français, Duval Arnoult un ancien adjudant-chef des troupes de Marine et, une fois de plus, Michel Amiguet, le représentant de l’Ordre de Malte.

Toutes ces personnes ont été dénoncées parce qu’elles gênaient pour différentes raisons. Quel en a été le préjudice ? Dix ans après les faits, ces victimes seraient bien en peine de donner une explication à des évènements qui ont profondément affecté leur vie. Car ce genre d’accusation peut totalement détruire une existence sans que la victime en connaisse précisément les raisons. Le but de la mafia dans le cas évoqué, où la liste des victimes doit être bien plus importante que celle énumérée, était de se débarrasser des troubles fête. Les cibles servaient d’appâts pour attirer l’attention de services officiels qui n’ont peut-être d’ailleurs pas été limités aux services français.

Cela diffère du chantage, procédé habituel de la mafia, il permet de vivre et de développer en toute impunité les commerces les plus illicites sous couvert de causes à défendre.

Comme tout est bon à prendre pour Triangle, les connivences entre des membres de la mafia et des tiers sont même exploitées. En 2002, Triangle vise M. Bernard Pardigon, directeur de la banque du Crédit Agricole Indosuez. Ils utilisent un de leurs «informateurs», le «comte» Xavier d’Abzac, qui leur donne des informations régulières sur le Prince Ranarridh et son entourage. D’Abzac, un Français dit monsieur 10 % pour le montant des commissions qu’il prend sur tout ce qu’il peut, est le conseiller du Prince et de la famille royale, c’est du moins ce qu’il avance. Il convient de louer une de ses villas au directeur d’Indosuez et s’entend avec lui sur un prix dont il lui reversera une partie en liquide, un marché que le directeur acceptera ne sentant pas le piège. A partir du moment où il a versé plusieurs loyers et reversé la somme convenue, il est perdu. Il suffit dès lors à Triangle de lui faire comprendre qu’il risque de perdre sa place au Cambodge si ses employeurs apprennent qu’il loue une villa 5000 dollars par mois, alors que le loyer ne devrait pas dépasser les 1 500 à 2 000 dollars, sans compter qu’il partage, en plus, la différence avec le propriétaire. Un manque d’honnêteté qui pourrait de plus être rendu public dans des journaux français.

Le directeur est piégé et se trouve dans l’obligation d’ouvrir les comptes des expatriés à Triangle. Les mouvements d’argent sur un compte en disent long et Triangle va rechercher les anomalies qui pourraient permettre d’initier de nouveaux chantages. Une façon de plus de faire adhérer à la mafia des occidentaux qui ne cherchaient qu’à arrondir leurs fins de mois avec de petits trafics sans importance, le recrutement bat son plein. Les informations sur la vie du Prince Ranarridh et de la famille royale sont quand à elles négociées auprès de qui cela intéresserait, politiques cambodgiens, investisseurs étrangers, services de renseignements occidentaux, etc.

Une vraie agence de renseignement privée qui se prend pour une agence d’Etat, quitte, comme c’est l’habitude, à monter des dossiers à partir de fausses informations. Pour mener tranquillement ces escroqueries, les « Triangle » ont recherché à s’attribuer divers emplois en guise de couverture.

La meilleure couverture du principal maître chanteur de Triangle était la protection des enfants contre les actes de pédophilie, quoi de plus noble que de protéger des enfants. Se présenter en plus comme journaliste permet d’attirer les autres médias, les manipulations peuvent ainsi se développer de plus belle. Un journaliste qui protège les enfants des pédophiles est une couverture idéale qui attirera plus d’une personne honnête.

Le journaliste Paul Gornec s’est ainsi fait manipulé de même que Daniel Lainé qui figurait en plus comme objectif dans le cadre de la lutte contre le communisme. Paul Gornec a diffusé en 2002 ses reportages sur les télévisions nationales. Quelques mois auparavant, arrivé par un vol régulier à Phnom Penh, il se lance à la recherche d’informations sur les réseaux pédophiles. La première personne qu’il rencontre est un membre de Triangle qui va l’inviter à prendre un café au bord du Mékong, les relations qui se créées sont rapidement amicales, c’est une aubaine pour le journaliste qui va être présenté à Pierot.

Ce dernier se présente comme luttant contre l’exploitation sexuelle des enfants, il expose au journaliste son combat personnel, ses angoisses, ses réussites, sa recherche de subventions pour contribuer à protéger les plus faibles. Le journaliste ira jusqu’à lui consacrer une partie de son reportage, où l’usurpateur appellera à lui faire confiance et à lui verser des dons. Lorsqu’on connait la finalité du «combat» de Triangle, l’interview de Pierot peut être interprétée de la façon suivante à destination des pédophiles : « Venez au Cambodge, vous y trouverez ce que vous recherchez en toute sécurité. Le commerce est ouvert, soyez les bienvenus. »

Paul Gornec fera sans s’en apercevoir le jeu de Triangle et il est devenu, bien malgré lui, un instrument de la mafia. Se reposant sur la parfaite connaissance de Phnom Penh, le guide que prendra le journaliste sera bien entendu Pierot lui-même, un guide qui montrera ce qu’il a envie de montrer pour un reportage sans aucune originalité. De retour en France, le vrai journaliste ne manquera de vanter les «honnêtes gens» qu’il a, par hasard, croisés, ainsi se fait la réputation de gens n’ayant aucune réelle respectabilité

Comme journaliste abusé, le cas Daniel Lainé est là stupéfiant à tous points de vue. C’est l’exemple de la manipulation à grande échelle, à l’échelle internationale où les autorités cambodgiennes passent pour des tortionnaires. La vérité est tout autre, ce journaliste a été retenu prisonnier au Cambodge du 22 août au 9 septembre 2006, date à laquelle il a quitté clandestinement le pays et s’est réfugié en Thaïlande. Il était menacé de prison à la suite d’un reportage qu’il avait réalisé sur le tourisme sexuel au Cambodge. Son passeport avait été confisqué par les autorités du Cambodge sur intervention du lieutenant Tho. La police exigeait le versement de 125 000 dollars pour réparer le préjudice qu’aurait causé le reportage qu’il avait réalisé et qui a été diffusé sur TF1 en 2003. Où est la manipulation ?

Daniel Lainé avait filmé un Français pédophile qui lui avait signé un accord de diffusion, Patrick Mercier, malgré le visage flouté et une voix modifiée, ce dernier a été reconnu par sa famille lors de la diffusion du reportage. Une plainte pour diffusion de fausses informations et reportage interdit est déposée auprès des autorités cambodgiennes lors d’un passage au Cambodge du journaliste. A cette époque, la justice est quelque peu expéditive au Cambodge et le journaliste a dû s’engager à verser 97 500 euros dès son retour en France. Dès qu’il le peut, il porte plainte à son tour auprès des tribunaux de Créteil et Phnom Penh pour extorsion de fonds, ce qui semble être la réaction la plus saine et la plus légale pour régler ce genre de litige. Sauf que revenu au Cambodge et pensant que la justice française pouvait le protéger, la police locale l’interpelle de nouveau sous une fausse accusation de détention de faux passeport et lui demande de verser 125 000 dollars.

Lainé déclarera plus tard : « Patrick Mercier avait retourné les flics contre moi en racontant que j’étais la troisième fortune de France et que je pouvais largement me permettre de payer. J’étais en pleine affaire de racket…c’est pour cela que des gens en France se sont mobilisés pour m’aider. C’est grave, c’est une affaire de liberté de la presse, une dérive dangereuse car n’importe qui peut aujourd’hui décider d’avoir été diffamé dans un reportage et trouver quelques fonctionnaires corrompus pour organiser un racket. Je me suis dit ; ça commence à sentir mauvais, les menaces de prison, de procès au pénal…J’aurais pu me réfugier à l’ambassade, mais j’ai finalement décidé de fuir le pays. »

Le 16 septembre, François Ducroux, rédacteur en chef du journal de la six et membre du comité de soutien du journaliste déclare : « Le journaliste Daniel Lainé, qui était retenu au Cambodge depuis le 22 août, s’est réfugié à Bangkok. Il a passé clandestinement la frontière entre le Cambodge et la Thaïlande et est arrivé vendredi en fin d’après- midi à Bangkok après s’être caché pendant plusieurs jours selon son ex-femme à qui il a téléphoné. Il prendra contact avec l’ambassade de France et pourrait rentrer à Paris rapidement. A Phnom Penh, sa situation se compliquait : de nouvelles personnes avaient entretemps porté plainte contre lui.

La pétition appelant à sa libération, lancée à Paris, a recueilli 278 signatures. Merci à tous ceux qui ont soutenu Daniel. »

Le fin mot de l’affaire a bien entendu échappé aux journalistes français, certainement pas à l’ambassade de France au Cambodge qui ne pouvait ignorer l’origine de la cabale. Daniel Lainé était depuis peu devenu « conseiller cinématographique » chez Solaris Cambodge, en fait la société Triangle qui venait de changer d’appellation, son directeur était Pierot avec tous les risques de compromissions et de manipulations que cela impliquait. Quelques temps avant, comme l’ont fait beaucoup de journalistes, il s’était adressé à lui pour lui demander conseil au sujet du reportage qu’il envisageait de tourner sur la pédophilie. Comme notre mafia est pleine de ressources, il ne lui a pas été difficile de conseiller le journaliste et de lui recommander un Français qui accepterait de participer au reportage, un pédophile consentant en quelque sorte.

Le tournage et les interviews se font en toute confiance sauf que le présumé pédophile n’en est pas un et qu’il est l’ami de Pierot. Patrick Mercier est un des premiers journalistes du journal Principal, une des activités de Triangle Holding. Tout est fait pour tenir le journaliste qui intégrera ensuite l’organisation, sans pour autant connaitre les activités mafieuses qui s’y déroulent, une cible de plus absorbée. Et quelle cible ! Un communiste qui a des contacts en Russie, nous sommes là en plein combat contre le communisme. Il sera à son insu employé pour rentrer chez Canal Plus et approcher le journaliste Michel Despratz.

Pierot, employé par la mafia pour son passé de communiste français, l’accompagne dans les locaux de la chaîne de télévision. Les deux journalistes débarquent chez « canal + » en terrain connu et ils sont bien reçus, Claude Renucci, qui se situe dans la cellule Cambodge au dessus de Pierot écrit, le 5 novembre 2003 : « Daniel Lainé est un ancien gauchiste marié à une Russe et il est actuellement un agent des nouveaux services russes. Il est très lié aux têtes de pont des mafias russes. » Le 11 novembre 2003, à un complice : « Nous sommes confrontés à une difficulté. Le retour que nous avons par une autre source fiable dans Canal indique que le contact n’a pas gardé le silence sur les renseignements remis. Nous pouvons citer un autre nom, Bernard Zekri, directeur de l’info, marié à une allemande issue de la RDA, membre de l’ancien SED42.

C’est lui qui dirige le réseau auquel appartient Daniel Lainé, et d’autres d’ailleurs, tous anciens militants de l’extrême gauche dure et qui ont été cornaqués à l’époque par des services des pays du bloc de l’Est, donc pas seulement l’ancien KGB. Ce réseau existe toujours, gangrène télévision et presse en France et est très actif en terme d’intoxication, il est par ailleurs lié aux mafias même si les Russes, avec Poutine, veulent y mettre de l’ordre. Tous cela pour vous informer que Daniel Lainé et Zekri sont vraisemblablement au courant de la fourniture de ces renseignements les concernant, via le contact, et qu’ils vont tout faire pour écraser l’affaire, sans doute en ridiculisant l’histoire ou en faisant peur, Moreira compris. Ceci étant, cela a donné un coup de pied et nous verrons ce qui va se passer en interne. Daniel Lainé est rentré hier et nous le surveillons. Nous vous demandons d’informer immédiatement votre contact en lui recommandant la prudence et citant le nom de Zekri. Prière de nous rendre compte. Merci. »

La manoeuvre d’infiltration consistait à noyauter canal + pour neutraliser par la suite les gauchistes qui compromettaient l’avenir de la France de par leur connexion avec les anciens soviets.

Nous sommes en 2003, selon une logique de guerre, un ennemi est inoffensif à partir où du moment où il n’existe plus. Pour la mafia, ces gauchistes ont été approchés par les femmes de l’Est qui sont des agents chargés de manipuler les médias français. Qui a dit que le mur de Berlin était tombé ? Ce cas d’école où la cible est totalement manipulée pour approcher d’autres cibles à manipuler et à neutraliser est l’exemple même des moyens employés par la mafia. Qui pourrait penser que Daniel Lainé était un de ses agents ? Pas même lui, il ne s’en est jamais douté.

Il ne fait aucun doute qu’il a par contre finalement trouvé anormal les activités au Cambodge et qu’il s’est refusé à les cautionner. Au Cambodge, il n’est pas possible de rester aveugle par naïveté tant les activités de la mafia sont visibles. D’où ses problèmes avec Patrick Mercier et des policiers cambodgiens qui lui ont presque valu d’être emprisonné à Phnom Penh comme d’autres victimes de la mafia.

Il y avait pour la mafia une opportunité de faire disparaître ce rebelle à son autorité qui aurait pu lui porter préjudice. La cabale était montée de longue date en prévision d’une éventuelle rébellion de la cible.

A partir du moment où la cible récalcitrante se défend dans une affaire judiciaire, elle n’a plus la force de dénoncer les agissements de malfaiteurs. Elle n’est de toute façon plus crédible et la diversion annule toute action de dénonciation, la mafia neutralise ainsi une cible en employant à son profit la loi française. Cette méthode est dite d’« action préventive », où la justice est utilisée pour menacer, intimider, déstabiliser.

L’aventure terminée, si la victime s’en sort, elle ne cherche plus qu’à vivre tranquille et elle a bien compris qu’il ne vaut mieux pas lutter contre la mafia. Et tant pis pour la morale, tant pis pour les conséquences des trafics, aussi bien ceux touchant aux enfants que tous les autres. Tout est une question de survie quand la loi française se retourne contre celui qui fait passer ses principes avant sa propre sauvegarde. Et puis, il y a les dossiers de compromission qui sont montés sur la cible, qui le dissuade un peu plus de parler de ce qu’il a vu ou entendu. Une omerta imposée qui peut faire vivre un cauchemar aux plus honnêtes, ou plonger dans la dépression et le suicide quelqu’un qui vit au nom de ses principes.

Le projet de noyautage de Canal + correspond aussi à l’époque de l’affaire révélée par Pierre Martinet, ancien agent de la DGSE, auteur du livre « Un agent sort de l’ombre ». Pierre Martinet accuse dans cette affaire Gilles Kaehlin, un ancien policier, de lui avoir demandé de préparer une agression pour écarter physiquement le journaliste Bruno Gaccio de la chaîne. Selon les déclarations de l’ancien agent, le 15 juillet 2002, Kaehlin lui demande s’il n’y avait rien contre la «cible». L’objectif aurait été d’écarter Bruno Gaccio dès septembre en employant si nécessaire des moyens musclés, par exemple l’agresser sans pour autant que cela remonte aux commanditaires. Un « dossier action », identique à ceux que montent les agents du service action de la DGSE, aurait été monté par la suite pour atteindre les objectifs fixés par Kaehlin.

Juste avant le 15 août 2002, Pierre Martinet assure avoir rencontré Gilbert Borelli, son chef direct, sur une bretelle d’autoroute entre Marseille et Toulon pour lui remettre le rapport. « Il était emmerdé, il trouvait que ça allait trop loin », assure aujourd’hui l’ancien agent, il m’a dit : « Je ne veux pas toucher ce truc. » L’ancien agent serait reparti avec son rapport. On lui aurait demandé, le 8 octobre 2002, d’enquêter sur le patrimoine immobilier de Bruno Gaccio et il aurait rendu, sur ce point, un rapport de synthèse le 3 décembre, sans avoir remis le « dossier action » à qui que ce soit.

La marque de la supposée opération qui vise à écarter un élément nocif et perturbateur, quoi qu’on en pense, est bien celle de la mafia, et comme personne ne l’a imaginé à juste titre, aucunement celle d’un Etat. Opération avortée en 2002 en employant un ancien des services manipulé avec brio, qui refusera néanmoins de s’impliquer d’avantage, et opération de neutralisation des gauchistes en 2003 ! Les deux sont liées et complémentaires. La première s’opère à partir de l’intérieur de Canal + par les ressources internes à la chaîne, la seconde à partir de l’extérieur par des éléments à l’abri de tout soupçon.

Les objectifs restent les mêmes, absorber la libre expression de la chaîne et protéger malgré eux les Français d’une menace qu’ils ne comprennent pas, toujours au nom de la cause.

Ce que n’avait pas prévu la mafia, c’est que Pierre Martinet allait refuser la mission et que sa conscience et sa moralité allaient prendre le dessus. Qu’il allait discerner le blanc et le noir, le juste et le mal et qu’il n’a pas voulu se compromettre. La déception a été d’autant plus grande qu’il a dénoncé les faits et qu’il s’est tenu à la disposition de la justice, celle des Français et de la République. En quelque sorte un crime de lèse majesté qui lui vaudra, à n’en pas douter, des risques d’accident dans l’avenir.

La manipulation n’ayant pas abouti, la deuxième opération n’est que la mise en oeuvre du plan de secours et elle est bien plus ambitieuse. A cause de son succès et de la qualité de ses programmes, Canal + demeure une cible prioritaire, mais ce n’est assurément pas la seule cible.

La mafia a toujours eu pour objectif de neutraliser les médias et de les diriger.

Au Cambodge, plusieurs journalistes dont Amat et Pelissier, adhérents de la première heure à Triangle holding, ont été les instruments qui ont permis d’approcher d’autres journalistes et de faire des enquêtes, dont celle sur Guignot, pédophile de Sihanoukville. L’effet multiplicateur est à l’identique celui employé pour agrandir la famille des pédophiles, excepté que la méthode pour y arriver n’est pas la même.

En 2009, ces deux journalistes écrivent toujours des articles dans des journaux en Asie du Sud-est. Leur carte de journaliste est un moyen de s’ouvrir les portes d’entreprises, d’institutions, d’approcher les décideurs politiques. Que ce soit en France et à plus forte raison à l’étranger où pour le cas du Cambodge, cette carte s’attribuait au début des années 2000 contre rémunération. Mais la liste de journalistes ou ex-journalistes employés par la mafia ne s’arrête pas à ces seules personnes.

Le 14 février 2005, un Français du Cambodge écrit à un des ses correspondants de Paris : « …J’ai vu aujourd’hui sur Khmer forum un lien concernant Solaris, leur bulletin d’info, et là, oh surprise, je trouve quelqu’un de ma connaissance, Pierre Olivieri, le directeur de la communication institutionnelle de Solaris Cambodge, société de droit cambodgien.

C’est un ex-communiste, il a été pendant des années chef de la rubrique politique de l’Humanité et continuait à faire des piges pour ce canard lorsque je l’ai vu pour la dernière fois en 2003. A cette époque il disait travailler pour une boite de communication sans me livrer de détails. Il fait depuis les années 2000 des allés et retours fréquents entre la France et le Cambodge ! C’est surtout un grand adepte du « kilomètre 11 »43 et donc de très très jeunes filles… ça je peux l’assurer. C’est aussi l’auteur d’un des bouquins de la série « le poulpe », sous le pseudo de Guillaumin Sor, dont le titre est : « Pompe et peine petite Khmer », édition Baleine. Il y décrit avec beaucoup de réalisme un univers de prostitution infantile qu’il connaît bien… J’ai également retrouvé sur la même page Gilles Fontaine, bombardé directeur chez Solaris. Il a fait un remplacement d’instituteur à l’école française dans les années 98/99. Les autres enseignants en gardent l’image d’un mec pas mal paumé arrivant le matin au boulot pas très frais. Belle ascension sociale … ! » La mafia sait reconvertir les anciens communistes semble-t-il, elle sait surtout les utiliser et autant que ce soit eux qui soient visibles, plutôt que les vrais marionnettistes.

A la même époque, Pierot, qui gérait donc à Phnom Penh « Triangle Holding » (qui est devenu par la suite Anglo Cambodian Holding LTD et Solaris Cambodge), société à multiples facettes mais toujours les caisses vides, a initié un chantage envers un membre de la mafia qui s’occupait de commercialiser des cassettes où des enfants étaient violés, torturés et tués. Alors que sa seule activité se limitait à réceptionner de France des valises de dollars, il a voulu attirer l’attention de ses chefs en faisant remonter cette affaire et l’exploiter pour le compte de Triangle. Le visionnage de la cassette récupérée par Triangle montrait un jeune enfant apeuré dans une pièce fortement éclairée, se faisant frapper par deux hommes cagoulés. A force d’être frappé, l’enfant tombe en pleurant, un des deux hommes lui arrache ses vêtements et le viole tout en continuant de le frapper. A la fin, le deuxième homme l’empoigne, l’égorge et l’éventre dans des cris terribles. Scènes époustouflantes qui laissent sans voix.

La fiche44 rédigée par Triangle est surprenante et met en évidence une tournure de phrase visant à alerter et à attirer l’attention des autorités internes, celles de la mafia : on peut y lire que les « enfants abandonnés par leur famille, non pris en charge par des autorités défaillantes ou par les ONG, plus ou moins survivant de la prostitution, fait d’eux des victimes de ces réseaux » : il est mis en faute la société civile cambodgienne alors que dans ce pays le respect de la famille représente une tradition à observer par tous. « Le prix d’une cassette est de 6 000 à 7 000 dollars » (pour quelques minutes de tournages), ce qui revient à penser que ce n’est pas un ouvrier, même européen, qui peut se payer ce genre de perversité.

« Les enfants sont violés et mis à mort de façon spectaculaire, éventration, égorgement, … » : ce qui est effectivement la transcription exacte des scènes du film.

« Des commanditaires de par le monde » : lorsque l’on connaît le mode opératoire de la mafia pour gonfler les réseaux pédophiles, c’est tout à fait probable et c’est même facile pour elle d’arriver à trouver des « commanditaires de par le monde ».

« En 1998, ont été remis à Georges Boltz, commandant de police de l’ambassade, un stock de cassettes à caractère pédophile dont certaines avec actes de tortures et mise à mort » : cette précision est primordiale et l’ont peut se demander lorsque cette fiche a été présentée à la direction de la Police Judicaire française auprès du service du commandant Lefort et de Richard Fréguy, pourquoi ces policiers n’ont pas voulu donner une suite.

L’invocation déjà répétée que le Cambodge est loin, qu’il n’existe pas de coopération policière, qu’il n’y a pas de plainte déposée, etc. ne tient pas. Les « commanditaires » peuvent être de France et il y avait lieu de mener des vérifications ou au moins d’en saisir la justice.

D’après l’historique de l’affaire, le commandant de police de l’ambassade aurait de toute bonne foi commencé à remonter la filière mais il a été brusquement muté de l’ambassade du Cambodge à l’ambassade des Comores. Ce qui implique de fortes connexions auprès du ministère des affaires étrangères français. La seule explication est que la mafia a assez de pouvoirs pour se permettre de faire déplacer sans préavis un fonctionnaire d’une ambassade à une autre. Pourquoi, en France, les policiers se sont désintéressés de l’affaire ?

L’explication peut-être donnée par les noms de personnes impliquées dans Triangle qui leur ont été cités…et qui ramènent à l’affaire du meurtre du juge Borrel à Djibouti en 1995…Car la mafia française est internationale ! « Un Français, qui serait un ancien militaire et travaillant actuellement pour une ONG, organiserait la réalisation et l’expédition de ces vidéos. » Au moment des faits, il est facile pour les services de police français de savoir qui est cet ancien militaire français au Cambodge et travaillant de surcroît pour une ONG.

La liste des résidents au consulat ou le versement de la pension militaire sont autant d’indications fiables et accessibles pour tous les fonctionnaires menant des investigations. Un militaire menant ce genre de trafic a ensuite un certain niveau d’instruction et d’autonomie, qui exclut généralement les militaires du rang, les sous-officiers ou les officiers subalternes. Les suspects se limitent donc à ceux ayant été officiers supérieurs et pour encore réduire la liste, à ceux ayant déjà eu des problèmes de moralité au sein de l’armée et à ceux ayant déjà servi au Cambodge en tant que militaire français ou ayant servi dans les forces de l’ONU. Ce sont des critères qui éliminent beaucoup de monde.

Pourtant, il semble que personne n’ait eu la volonté de rechercher qui était cet ancien militaire alors qu’il était facilement identifiable. Peut-être était-il d’ailleurs trop facilement identifiable ! Cette affaire interne des cassettes a valu au directeur général de Triangle une attention particulière de ses chefs jusqu’au jour où il a échangé des coups de feu en plein Phnom Penh avec le cadre d’Electrolux, une de ses victimes occidentales. Blessé d’une balle dans le ventre, il a gentiment été invité à quitter le Cambodge. Quelle que soit la cause que l’on sert, il y a des limites à ne pas dépasser, il faut surtout rester le plus discret possible et ne pas attirer l’attention, or, dans un journal cambodgien, on voit ce Français sur un brancard. Il sera repéré un an plus tard en Thaïlande, se faisant passer pour un officier traitant de la DGSE !

Un enquêteur privé, qui a l’a approché le 23 novembre 2006, relate les faits : « J’ai rencontré « le chauve » hier sur Pattaya (ville de tourisme sexuel45 de Thaïlande), il m’avait été annoncé là-bas par un patron de bar de Phnom Penh. Je suis donc parti vers 15H00 de Bangkok et je suis arrivé à 17H00 à Pattaya, je me suis alors dirigé vers l’hôtel résident et j’ai fait le pied de grue jusqu’à 19H00. Il est arrivé seul, un attaché case à la main, pantalon de flanelle bleu, chemise blanche. Quand il est allé à la réception, je m’y suis pointé également et j’ai demandé si quelqu’un parlait français car je parle difficilement anglais, à ce moment il m’a dit vous êtes français ? Je lui ai dit que oui, alors il s’est présenté et il m’a dit qu’il vivait à Phnom Penh au Cambodge où il avait une société. Mais qu’il avait décidé de prendre trois mois de vacances en Thaïlande car cela faisait quatre ans qu’il travaillait sans relâche. Sa société s’appelle Solaris Cambodge et elle s’occupe de marketing de publicité et de manifestations évènementielles. Il dit s’occuper de la communication de la famille royale et connaître tout le gratin politique. Moi, je lui ai dit que je travaillais au parlement européen et que je m’occupais de l’accréditation des ONG afin de juger de leur sérieux pour que l’Europe puisse les subventionner ou non. Mon secteur est depuis dix ans l’Afrique mais l’Asie risque de m’être confiée en janvier et c’est pour cette raison que je suis là en voyage d’étude. »

« Il m’a dit que c’était très intéressant et que lui oeuvrait bénévolement pour de nombreuses associations dont il était dirigeant et membre bienfaiteur, il m’a cité les associations. Il m’a dit que Solaris Cambodge faisait toutes les campagnes d’affichage de parution des spots vidéos gratuits pour les associations et c’est pourquoi il a lui aussi besoin de subventions, car tout cela coute très cher. Mais il y a des détresses inacceptables, pour lesquelles il ne faut pas compter son argent. Nous avons dîné ensemble et il a tenu à payer. Puis, il m’a dit qu’il travaille aussi en réalité pour les services secrets français et qu’il fait partie de la DGSE. Il a commencé à me dire qu’il enquêtait sur un certain nombre de réseaux dont étaient membres des Français au Cambodge. Selon lui, un des membres les plus dangereux serait un certain Dédé, chef de bande qui est le patron d’une brasserie appelée le Deauville. Il me dit que ce mec est à fuir comme la peste et il lève son pan de chemise et me dit: « tu vois, j’ai pris une balle dans le ventre, c’était en venant l’arrêter. »

Heureusement que je connais la version du ministère de l’Intérieur français qui est tout autre, et la version que l’on m’a donné à l’ambassade car il y aurait de quoi perdre son latin, ses propos sont très persuasifs. Là-dessus, il me dit que c’est aussi une des raisons pour lesquelles il est parti se mettre au vert. « La France, me dit-il, m’a demandé de décrocher quelques temps, enfin le temps que ca se décante car ils ne voulaient pas me perdre…je suis l’officier traitant Cambodge de la DGSE. » Puis il me parle d’une correspondante en France et il me dit qu’il faudrait qu’elle prenne contact avec moi car elle s’occupe des dossiers de subventions pour certaines ONG au Cambodge.

« Il me dit plus tard, pensant certainement que j’adhérais à ce qu’il avançait, qu’ils ont des détracteurs, des gens jaloux qui n’ont eux jamais rien réussi et pour certains sont des voyous. Et il cite l’officier de sécurité, habilité par le ministère des Finances, qui travaille dans une usine de fabrication des billets de banque appartenant au Groupe Arjowiggins46. Cet officier aurait voulu être trésorier d’une ONG et aurait pompé la caisse. Par les services dont il fait partie, il aurait appris que c’était un ancien militaire qui avait été renvoyé de l’armée pour vol et insubordination. Alors, je lui demandé comment il a pu avoir un emploi pareil s’il a été accusé de vol, il doit avoir un casier. Il me répond que non car cela s’est passé au sein de la grande muette et ils ont étouffé l’affaire, tout cela pour éviter une contre publicité, mais qu’il avait été entendu longuement par quelqu’un de la direction du Renseignement militaire47. Il m’explique ce que fait la DRM et rajoute qu’en plus cet escroc a des appuis en haut lieu, dernièrement ils n’ont pas cessé de mettre des battons dans les roues et d’emmerder Géraldine, notre correspondante.

« C’est dire qu’il nous emmerde ! La France protège les voyous et je suis bien placé pour t’en parler car ma femme est magistrate, et de me dire que ce voyou prépare à coup sûr un gros coup. Un escroc comme ca qui travaille à la sécurité des billets de banque, c’est suspect et il doit bénéficier de protections au sein de différents ministères français qui croqueront dans la pomme une fois que le coup sera fait. Quand tu seras en place en Asie vient me voir, tu me trouveras à Solaris ou dans mon bar le soir, il s’appelle le Tierce. »

Et il me dit que « l’autre escroc de chez Arjowiggins, on le fera tomber, il aura des problèmes car on ne peut pas laisser un voyou comme ca dehors, qui de plus touche aux enfants ! En France, on peut difficilement faire quelque chose contre lui, même ma femme qui représente la justice me dit qu’il est trop protégé et qu’il faut marcher sur des oeufs. Mais il reviendra en Asie, j’en suis sûr et là on lui fera sa fête car on ne peut pas laisser des mecs comme ca agir en toute impunité, et de me dire, tu sais le prix d’une vie au Cambodge c’est 300 dollars ! » Je lui dis ensuite : « Attends, tu me dis que ta femme est juge, que tu travailles pour la DGSE et parallèlement tu m’expliques que tu serais prêt à mettre un contrat sur lui, mais il faut choisir ton camp, ou tu es dans le camp de la justice ou tu es aussi un voyou ? Et là, il m’explique avec beaucoup de conviction que la justice au Cambodge, c’est la justice de la rue et que c’est une obligation d’utiliser ces procédés sinon tu ne vis pas longtemps. Après un dernier verre, j’ai quitté l’hôtel à 02H30 du matin et j’étais de retour à Bangkok à 04H00. »

C’est ici une des nombreuses tentatives de manipulation et si la cible avait réellement été un fonctionnaire européen, elle aurait été scandalisée par tant d’injustices ainsi exposées. Le fonctionnaire serait devenu un agent de la mafia sans s’en rendre compte, il aurait au moins facilité l’obtention de subventions pour des ONG pilotées par les mafieux. Sur cette approche qui pourrait amener à conclure que la mafia s’est fait piéger, il n’est pas certain qu’elle soit perdante car elle réussit bien souvent à retourner les situations à son profit. Peu de temps après, vers le mois de mars 2007, l’enquêteur n’a plus donné signe de vie, il est à craindre qu’il soit devenu comme bien d’autres un élément actif de la cause.

En 2009, Pierot était toujours sur la scène médiatique, se faisant passer pour un opposant au pouvoir politique cambodgien pour pouvoir écrire des articles de presse dans le journal « La Petite République ». Autant de casquettes portées en fonction des objectifs visés. Il vante son combat contre la pédophilie, pour la liberté de presse et il y a toujours autant de gens qui adhère à ses idées, rien ne peut l’arrêter. Avant son éviction de Phnom Penh, le responsable de la cellule Cambodge écrit en ces termes au sujet de Pierot : « C’est un élément qui peut encore nous servir. Il a ses entrées auprès d’élus de gauche…et son frère travaille au journal l’Humanité… »

On voit là, à plusieurs reprises, l’utilisation d’hommes de gauche pour servir une cause d’extrême droite mais aussi le manque de discipline au sein de la cellule Cambodge, où des membres mènent pour leur propre compte des business parallèles.

Les membres de base, les soldats, peuvent se comporter comme des électrons libres, leur hiérarchie a des difficultés à les encadrer même si cela fait partie du management de la famille. Et puis si un membre ne donne plus satisfaction, le recrutement est toujours ouvert et permanent, tout est conçu pour attirer les nouvelles cibles. Ceux qui se laissent tenter de rejoindre la mafia peuvent penser saisir une opportunité. Il est vrai qu’à partir du moment où un témoin des activités, ou une cible, accepte de se mettre au service de la cause, il n’en sera que mieux récompensé.

Sa vie professionnelle en sera facilitée, les multiples ONG et activités de la mafia seront autant de fonds de commerce qu’il pourra exploiter pour s’attribuer un salaire confortable. La mafia est généreuse avec ses soldats et sait les récompenser, son code d’honneur impose cependant des conditions à respecter qui peuvent se résumer en ces termes : « Si vous rentrez chez nous, vous laissez vos problèmes derrière vous. S’ils vous rattrapent, ce sera votre affaire de les régler. Nous disposerons de vous quand nous voudrons pour ce qu’il nous plaira. »

En 2001, Madame Géraldine Joly, une petite blonde de 32 ans, tentait de faire connaître publiquement les activités de la mafia en contactant par internet le correspondant d’un parti cambodgien opposé au pouvoir. On peut y voir les prémices d’une manipulation. Les échanges en sont les suivants:

R (correspondant de Madame Joly) :
-Bonjour, alors l’article, vous l’avez écrit ?

Joly :
– Je vous l’envoie de suite, si vous pouvez me dire ce que vous en pensez ?

R :
– OK

Joly :
– C’est parti, j’attends votre avis, j’ai envoyé sur c@carm.com

R :
– Ok mais je n’ai rien reçu

Joly :
– Ah bon ?…allez voir

R :
– Envoyez moi sur r@.

Joly :
– Non, je viens de l’envoyer sur l’autre

R :
– Ok, je l’ai reçu !

Joly :
– Qu’en pensez-vous ?

R :
– c’est en anglais !

Joly :
– Je vous rappelle que ce n’est pas l’article ! Oui c’est en anglais, comme vous me l’aviez dit ? Vous le voulez en français ? J’ai vraiment confiance en vous pour vous l’envoyer, merci de me dire ce que vous en pensez ?

R :
– Pouvez-vous résumer ce que vous avez écrit car votre anglais est d’un très haut niveau

Joly :
– Ok, je vous l’envoie de suite, attention, il y a certains noms, je compte sur votre confidentialité !!!

R :
– Vous dénoncez beaucoup de gens dans cette lettre !

Joly :
– Non, pas assez à mon goût, mais j’espère que cela aboutira quand même ? Je peux compter sur votre discrétion ? Oui ou non ?

R :
– Oui

Joly :
– Ok, je vous l’envoie, il est parti. J’insiste qu’il ne s’agit pas de l’article mais le courrier au chef de l’opposition du gouvernement actuel!

R :
– Antoine Constantini est connu en France ?

Joly :
– Là, il s’agit d’Antoine Constantini. Ce n’est peut-être pas le même à qui vous pensez. Que pensez-vous de mon message ? Va-t-il pouvoir agir ?

R :
– A mon avis cela va faire grand bruit dans l’opposition

Joly :
– Comment cela va-t-il se passer ?

R :
– Je pense que s’il a le temps, il va remettre cela au service de la police de Phnom Penh ou en discuter

Joly :
– La police ne fera rien ?

R :
– Mais je n’ai pas toujours reçu la version française, je ne peux pas voir l’étendue du problème

Joly :
– Tout le monde travaille avec ces fous ! Ils savent acheter les personnes ! Je vous ai envoyé la version française. Allez voir !

R :
– Oui, mais Sam Rainsy lutte activement contre la corruption ! et quand je dis activement c’est activement !

Joly :
– J’espère, mais comment va-t-il pouvoir agir ? C’est une affaire hyper grave et très importante

R :
– Ok, je l’ai reçu et je lis

R :
-…et ils ne vous ont pas répondu ? Vous avez envoyé quand ?

Joly :
– Avant-hier

R :
– Si vous n’avez pas de réponse d’ici une semaine c’est mal engagé ! Car moi, ils mettent cinq jours pour me répondre

Joly :
– Pourquoi avez-vous besoin de lui ? Vous le connaissez bien alors ? Vous êtes toujours là ? Je compte sur votre haute discrétion ? Vous êtes la seule personne à savoir. Comment trouvez-vous mon message ?

R :
– Je parle souvent avec les responsables de son site web

Joly :
– Qui sont-ils ?

R :
– Je pense les gérants du site sont basés aux USA

Joly :
– Vous ne les connaissez pas ?

R :
– Ah oui, j’ai l’adresse de Sam Rainsy au Cambodge

Joly :
– Peut-être devrais-je lui envoyé à l’autre adresse ?

R :
– Il faut que je la cherche et je vous l’envoie ce soir

Joly :
– Ok…puis-je vous demander votre vrai nom ?

R : Pour ?

Joly :
– Comme ça, pour savoir car j’ai vu Pierre Bernard ? Ne vous offensez pas, je ne vais pas le communiquer !!! Je suis honnête, sinon, je ne ferais pas tout cela !!!

R :
– Pierre Bernard, c’est un nom bidon que j’ai utilisé

Joly :
– Je m’en doutais ! Quel est votre vrai nom ?

R :
– R

Joly :
– Et votre nom ?

R :
– Je ne le donne pas, mais votre lettre ce n’est qu’une histoire de grande mafia !

Joly :
– Vous n’avez pas confiance, et j’en suis attristée car moi je peux vous le donner sans problème !

R :
– C’est courant au Cambodge

Joly :
– Vous vous attendiez à quoi ? Dans cette affaire, il y a un mélange de pédophilie, de trafics, etc.…mêlant les autorités etc.…Qu’est-ce qui est courant au Cambodge ?

R :
– Tout !

Joly :
– Tout quoi ? De ne pas donner son vrai nom ?

R :
– Mais pourquoi vous voulez mon nom ?

Joly :
– Comme ça, mais si vous ne souhaitez pas me le donner, ce n’est pas grave ! C’est dommage de ne pas se faire confiance ! Car en vous envoyant mon message, moi, je vous ai fait confiance, c’est tout. Je vais faire l’article, mais vous le voulez toujours ? Je souhaite juste expliquer ce qui peut se passer avec certains Français là-bas mais ne pas donner de noms.

R :
– Les noms ne sont pas importants

Joly :
– Exactement, pour un journal ils ne le sont pas, mais pour aboutir ils le deviennent…on dirait que vous êtes effrayé face à ce que je dis ? Pourquoi ?

R :
– Un peu, car vous avez peur d’un truc qui me parait banal dans un pays pourri par la corruption

Joly :
– Quoi ? Je peux vous affirmer qu’au point où j’en suis avec cette affaire, je n’ai plus peur de rien !

R :
– C’est un grand réseau de mafia

Joly :
– Connaissez-vous ce qu’ils peuvent faire s’ils découvrent ce que j’annonce ?

R :
– Quelles sont les autres sources d’argent ? Histoire de drogue ?

Joly :
– Là, je ne peux rien révéler, car il y a un réel danger ! Je crois que vous ne vous rendez pas compte de l’importance de cette affaire, comme toutes les situations mafieuses, le danger devient imminent lorsque ces gens se sentent découverts ! Et c’est le cas, avec les documents que je détiens !

R :
– Avez-vous envoyé à eakuon@club-internet.fr ? C’est un chef d’opposition basé en France

Joly :
– Non, j’ai simplement écrit à l’adresse de Sam Rainsy. Est-il français ?

R :
– Je vous conseille de diffuser votre info au maximum ! Car ces mafiosi n’auront pas d’endroit où mettre la tête, et la source (vous) sera perdue dans des milliers de personnes. Envoyez aussi à Interpol. Je peux vous donner l’adresse du service secret français

Joly :
– Ok avec plaisir !

R :
– Envoyez votre article dès aujourd’hui aux adresses que je vais vous adresser. Merci

Joly :
– C’est moi qui vous remercie pour votre aide ! A plus tard R…

Quelques semaines plus tard, en 2001, au lieu de dénoncer comme elle avait la ferme intention de le faire, elle rejoindra finalement la mafia et participera à la «gestion» de quatre ONG au Cambodge : Ame d’Asie, AFESIP, Association Cambodge Developpement, FWCPA. Les deux premières ont une antenne à Marseille, la suivante en région parisienne, la dernière en Allemagne. Madame Joly avait bien mesuré les possibilités de la mafia : « Ils savent acheter les personnes ! »

Comment la mafia l’a-t-elle achetée ?

Elle s’est mise au travail très rapidement et a trouvé un versement à ces ONG à hauteur de 300 000 euros rien que pour l’année 2006, sans compter les ONG annexes pilotées de la même façon. De nombreux voyages en Asie du Sud-est, des relations étroites avec des fonctionnaires européens lui permettront d’agrandir son cercle d’amis. Elle en fera un business lucratif et personnel.

Pour régler les problèmes qui risqueraient de la toucher ou de polluer l’organisation, elle n’hésitera pas à porter des accusations mensongères d’agression et de pédophilie contre un de ses amis qui tentait de dénoncer les activités de la mafia, «ami» qu’elle finira par intégrer à l’organisation pour son propre compte.

Manipulation, trahison de ses valeurs à la recherche du seul profit, à moins que les menaces de la mafia, associées à l’engagement de servir la France, aient été le déclencheur de son ralliement.

C’était une femme profondément honnête, battante, porteuses de valeurs, que la mafia a réussi à absorber. Le ministère de l’Intérieur avait pourtant été prévenu de menaces à son encontre, sans réaction. Une victime de plus au tableau de chasse de la mafia, une heureuse contribution à la «famille» qui lui accordera toute sa confiance.

De la même façon, de 2006 à 2007, son mari, le Gendarme Joly, a entretenu des accusations ouvertes de pédophilie et de préparation d’actes de malveillance contre un cadre d’un Groupe industriel français.

La méthode de déstabilisation et de discrédit était simple : se mettre en arrêt maladie pour dépression afin de ne pas être tenu pour responsable de ces actes, téléphoner à des directeurs du Groupe en se présentant avec sa véritable identité et en avançant des accusations graves. Le gendarme proposait ainsi un dossier compromettant à qui voulait en prendre connaissance. Coïncidences ou pas, le cadre – la cible – avait surtout refusé d’intégrer la mafia six ans auparavant suite à une mission d’infiltration pilotée par la direction Protection Sécurité Défense. Cette direction d’un service du ministère de la Défense est l’ancienne « Sécurité Militaire » (SM) et ses activités sont couvertes par le Secret Défense. L’infiltration concernait la Cellule Cambodge avec Pierot à la tête de Triangle.

Le couple fera parler de lui en France, en 2009, dans l’affaire du « corbeau d’Hérépian » où le mari gendarme alors en « non activité » sera mis en garde à vue.

L’homme est cité par la presse comme d’extrême-droite et adhérent à un parti politique royaliste. On apprend que sa femme est correspondante du quotidien le « Midi Libre », proche du journal la « Nouvelle de l’Hérault »… détective privée, qu’elle fait des enquêtes et a des relations avec les services de police. Ils ont monté une association de supporters de l’Olympique lyonnais qui se propose d’oeuvrer dans le domaine humanitaire, notamment à l’insertion par le sport pour les personnes handicapées. Madame Joly a une activité bénévole sociale très soutenue allant vers les plus vulnérables de son petit village d’Hérépian.

Thierry Jérôme, 50 ans, le corbeau qui envoyait des lettres de menaces accompagnées d’une balle à des personnalités politiques, est un handicapé, psychologiquement très vulnérable, inscrit à un club de tir d’une localité proche, Lamalou. Il habite à 600 mètres de la villa du couple Joly, dont la fille ainée s’initie au maniement des armes dans le club de tir de… Lamalou. Un voisin en quelque sorte, ayant un passe temps commun avec des gens bien intentionnés, quelqu’un à manipuler à souhait. Il est vrai que la politique de la France a quelque peu changé ces dernières années et la mafia peut être irritée. Sarkozy ne facilite pas la vie des mafieux avec sa politique étrangère qui dérange.

L’affaire de Thierry Jérôme est bien entendu un hasard, comme tous les hasards qui ébranlent la vie des cibles, et rien ne peut supposer une quelconque manipulation provenant de la mafia… En 1999, le couple était surendetté et ne pouvait plus faire face aux dépenses courantes, c’est par un vrai «hasard» qu’ils ont rencontré les mafieux au Cambodge. Un Gendarme est une bonne recrue de par l’image d’honorabilité qu’il véhicule, sans compter ses convictions politiques qui ont tout de suite séduit.

Jusqu’à présent, les activités, pédophilie et autres manipulations en tous genres, qui émergent sont insoutenables pour le commun des mortels mais elles pourraient malheureusement être qualifiées de leurres par la mafia.

N’oublions pas : « Une vraie vérité ou une fausse manipulation doivent cacher une seconde couche de fausse vérité ou de vraie manipulation, qui elle-même est protégée par une troisième couche. »

Quelle est la couche liée à la pédophilie, aux ONG ?

Est-ce que ce sont les vraies activités de la mafia ?

En réalité, ce n’est que la toute première couche, celle qui va donner l’illusion que l’héritage de la lutte anticommuniste pure et dure des années de guerre froide n’est plus que limitée à des délits et crimes de malfrats sans envergure, ceux-là mêmes qui pourraient être de petits truands dans les banlieues de grandes villes françaises. Tout est fait pour faire croire que ces truands, ou ces petits caïds, ont pris une toute autre dimension à l’étranger.

En cas d’enquête d’un service de police en France, tout est aussi conçu pour faire croire à des rivalités entre personnes qui dénoncent des faits imaginaires et sont donc davantage perçues comme des mythomanes que réels témoins. Si cela ne suffit pas et que les témoignages des uns et des autres sont pris au sérieux, les enquêteurs s’arrêteront de toute façon aux problèmes de pédophilie.

Un service spécialisé en sera chargé et le reste, les trafics les plus importants, sera oublié, ils ne seront même jamais pris en compte. La diversion est totale d’où la nécessité de cette première couche, c’est pourquoi les têtes de la mafia laissent leur base s’occuper de délits annexes. Et quitte à choisir entre délits ou crimes, un crime attire plus l’attention. Les enfants violés, torturés et tués sont des instruments comme les autres pour protéger les activités plus lucratives.

La deuxième couche est celle des «trafics supérieurs», ceux du blanchiment d’argent, des investissements dans les ONG, du trafic de drogue, et des meurtres suspects sur fond de ventes d’armes.

Triangle Cambodge puis Solaris Cambodge et toutes les autres ONG ou sociétés affiliées immatriculées au Cambodge dont on ne connaîtra jamais le nombre, vivent essentiellement par le blanchiment d’argent à coup de vagues de liasses de billet de banque en dollars ou en euros venant de France, repartant en France, revenant au Cambodge. Une véritable machine à laver qui tourne une fois dans un sens et une autre fois dans l’autre.

Le blanchiment dissimule la provenance d’argent acquis illégalement des activités de trafic de drogue, d’extorsion, de corruption, de prostitution dont se rend coupable la mafia. Le projet de construction de casino au Vietnam était un moyen de blanchir à plus forte cadence et très discrètement les fonds transitant par Triangle.

En 2006, l’ancien comptable de Triangle confirmera, en qualité de témoin auprès de l’inspection de la Gendarmerie Nationale, les allées et venues d’argent liquide durant plus d’un an entre la France et le Cambodge. Les passeurs, dont le directeur général de Triangle, ramenaient de France tous les trois mois de l’argent liquide à hauteur de 150 000 euros à chaque voyage. Une partie de l’argent servait à régler les salaires de la vingtaine d’employés des différentes branches de Triangle et des policiers qui y étaient rattachés. Sans oublier les cadeaux pour la « police des étrangers » du lieutenant Tho, qui consistait à équiper les locaux et à verser des billets tout neuf de 100 dollars « pour les oeuvres de la police ».

Au Cambodge, les salaires se donnent de la main à la main, donc aucune trace de mouvements d’argent. Les premiers billets distribués, l’autre partie du lot s’évaporait ! Soit 75% environ de la somme transportée, ce qui correspond à une commission de 25% pour le porteur à partager avec les salariés employés par la mafia. L’équipe était bien rodée, car c’était bien une équipe qui s’occupait des transferts. Des Franco-cambodgiens la plupart du temps, qui se succédaient pour retirer l’argent dans une banque italienne de Paris, chaque intéressé effectuant une rotation tous les trois mois. Le nombre de rotations est proportionnel au nombre de passeurs, soit des rotations qui peuvent être déclenchées jusqu’à chaque semaine, c’est dire les sommes qui transitent.

A ce blanchiment d’argent pourrait être associé celui d’affaires de meurtres passées sous silence.

Une de celles qui a bizarrement été oubliée par les journalistes français du Cambodge est celle de deux Corses, Paul Virgitti et Gilbert Jouve, décédés le vendredi 12 novembre 2004 en dehors de Phnom Penh. Ils sont partis avec des Cambodgiens et ont été retrouvés en fin de journée sans papier, laissés sans vie dans un fossé au bord de la route. Le procédé ressemble, fait du hasard, à celui de l’assassinat du juge Borrel à Djibouti. Les conditions de rapatriement des corps en France sont troubles, pas d’autopsie pratiquée par l’Hôpital français Calmette, aucune communication sur une quelconque enquête menée par l’ambassade. Des Français sont tués mais cela n’interpelle personne.

Paul Virgitti représentait sa société Task Driven Management Co LTD dont le siège social se trouve à Hong-Kong Room au 1801-1805, Hua Qin International Building et avait saisi la justice contre la société Alcatel Belgique. Quelques années auparavant, ce Corse, ancien militaire provenant d’un corps d’élite de l’armée française, s’était rapproché d’un autre Corse, Charles Ariotti, ancien compagnon d’armes, alors directeur du Marketing – de 1994 à 1997 – d’Alcatel au Vietnam pour les questions de vente de matériel militaire.

N’ayant pas de possibilités d’introduction dans l’armée vietnamienne, le responsable d’Alcatel Belgique s’est retourné vers Paul Virgitti qui était apprécié des dirigeants de la République socialiste du Vietnam. Il est devenu le représentant d’Alcatel Division Défense auprès de l’armée vietnamienne avec pour mission la vente de matériel militaire tactique de transmission type « BAMS ».

Le concurrent, « Thomson Division Défense », proposait quant à lui le système « PR4G » alors en cours d’essais. Le 22 mars 1996, lors d’un repas à Hanoï, un accord cadre est signé en présence du Premier secrétaire du Parti, Hoï, le frère du président Minh. Paul Virgitti s’est consacré ensuite à la rédaction en Vietnamien des documents afférents, ainsi qu’à l’organisation des différents essais techniques où il apportait son concours aux officiers de l’armée belge qui étaient détachés auprès de l’armée vietnamienne.

L’affaire était pratiquement conclue lorsque les activités Défense d’Alcatel ont été vendues à la société Thomson-CSF. Les commandes néanmoins signées portent à 80 millions de dollars la commission de Paul Virgitti et de sa société. Malgré l’état d’avancement du dossier, l’affaire est transmise à la Sofresa qui est la société qui regroupe l’Etat français et divers industriels de l’armement pour assurer la commercialisation de matériel militaire. Paul Virgitti, qui est écarté sans ménagement et à qui les commissions sont refusées, assigne Thomson auprès du tribunal de commerce de Paris.

L’histoire n’est pas banale et la mort des deux Corses ne peut être qu’un contrat. Mais commandité par qui ? Charles Ariotti, alors retraité au moment des meurtres, gérait tranquillement un petit centre de vacances en périphérie de Phnom Pen. Il fréquentait Michel Amiguet, le représentant de l’Ordre de Malte, celui là même que surveillait Triangle. Que l’on ne dise pas que la mafia est corse, elle n’est composée que de malfaiteurs, les Corses sont des victimes comme les autres. Où est la manipulation qui explique les deux tués du Cambodge ? Ces meurtres sont passés inaperçus et personne ne s’est inquiété de retrouver deux cadavres au bord d’une route en Asie du Sud-est.

A cette époque, la cellule Cambodge française était déjà bien implantée. Elle s’est développée au fil des années sans que personne ne puisse arrêter son ascension. L’ambassade de France a été absente dans cette affaire de double meurtre et elle a même en quelque sorte protégé les agissements des mafieux. Cependant, l’ambassade de France n’est pas la seule à n’avoir rien fait, ou rien pu faire. Bill Gent, le responsable sécurité de l’UNICEF, a été dans l’incapacité, en l’absence d’une plainte des autorités cambodgiennes, de faire quoi que ce soit, ne serait-ce que pour effectuer des vérifications sur les présumés trafics qui lui avaient été rapportés.

Il faut dire que le consultant de l’UNICEF le plus en vue au Cambodge était un associé de Triangle, l’ancien policier français Christian Guth, qui est devenu au cours des années un référant de la prévention et de la lutte contre les actes d’exploitation sexuelle des enfants. En 2010, il est toujours le référant dans le domaine, reconnu comme tel par l’UNICEF et des ONG occidentales oeuvrant au Cambodge. Il est bien placé pour conseiller les ONG a subventionner.

LE RITUEL ET LA FRANC-MAÇONNERIE

La mafia se veut honorable et bienfaitrice. Ne sert-elle pas l’intérêt collectif des Français contre les menaces extérieures et intérieures ?

Du temps où elle était légitime, elle avait raison de combattre le communisme, l’histoire lui a donné raison, elle avait vu juste et sans elle la France ne serait rien. Mais quand bien même, de tout temps elle a recherché des couvertures et un visage exemplaire, celui qui lui permet de se regrouper discrètement. Ses solutions de discrétion reposent sur le noyautage d’associations les plus en vue ou celles les plus fermées.

Les associations demandant une forte cotisation à leurs membres, celles qui sont les plus connues et celles qui sont très souvent exemplaires par leurs actions caritatives à l’international, permettent d’approcher des personnalités, de lier des contacts directs. Y rentrer revient à acheter un carnet d’adresses. D’autres associations, patriotiques, comme celle des « ex-invisibles » qui délivre une carte d’adhérent aux couleurs tricolores en sont les cibles. Cette association, qui regroupe les anciens des services militaires de renseignement français, fait renter des membres par cooptation. Il suffit qu’un mafieux ou un mythomane arrive à se faire coopter pour qu’une brèche se créée, faisant rentrer tout un tas de cinglés qui se prennent pour des agents secrets, et que cela leur monte à la tête.

Autant de cibles pour la mafia qui n’aura même plus à manipuler, un mythomane qui, de plus, croit en son pays est le pigeon idéal que l’on pourra promener sur tous les continents. L’association des « ex-invisibles » qui mérite la reconnaissance de la nation est victime de son propre succès, du passé élogieux de ses vrais membres, et elle est devenue la cible de la mafia. Malgré les apparences, elle est très vulnérable.

Mais la mafia préfère ce qui est très discret, presque secret pour entretenir une sorte de fantasme autour d’elle et profiter des règles de fraternité qui régissent les rapports entre ses «Frères».

Les associations philosophiques de Franc-maçons sont celles qui sont les plus prisées par la mafia, tout y est propice pour s’y cacher et entretenir le secret de l’Ordre mafieux, une couverture et une honorabilité idéales.

La Franc-maçonnerie se présente comme une association d’hommes de bonne volonté, libres et de bonnes moeurs, bons au fond d’eux mêmes et qui désirent s’améliorer pour le bien être de l’humanité. Les convictions de tolérance, d’amour, du moins la vision qu’ils en ont, sont celles qu’ils espèrent partager et qu’ils vont sans cesse rechercher à développer en eux. Pour y arriver, ils se doivent d’avoir des idées et une pensée larges, s’interdisant en principe de détenir l’unique vérité.

Lors des réunions maçonniques, lesquelles sont appelées tenues, toute distinction de croyance, de race, de nationalité, de position sociale est censée s’effacer. L’homme à l’état pur, sans son arrogance, cherche à s’élever pour réussir sa vie. L’enseignement maçonnique ne comporte a priori ni dogme, ni crédo d’aucune sorte, chaque Maçon est appelé à construire par lui-même l’édifice de ses propres convictions, c’est dans ce but qu’il est appelé à pratiquer l’art de la pensée. Un noble programme qui ne peut laisser indifférent, accessible à ceux qui ont le courage de l’appliquer réellement. Alors que vient faire la mafia au milieu des Maçons ? La mafia est intolérante, de conviction politique totalitariste, n’aime que ses propres convictions sans rien partager si ce n’est que sa propre volonté qui s’exprime en s’imposant par tous les moyens.

De 1940 à 1944, la Franc-maçonnerie subit l’hostilité de l’occupant allemand mais surtout du régime de Vichy. Dès le 14 juin 1940, les Temples des différentes Obédiences maçonniques sont visités et une législation destinée à donner la chasse aux Maçons est instaurée. L’immeuble du Grand-Orient, qui est alors la plus importante Obédience française, est occupé par le Service de contre-espionnage (le SD : Sicher Heitsdienst), dirigé pour les questions maçonniques par un lieutenant du parti nazi.

Pétain, dont l’entourage était imprégné de la pensée maurrassienne, disait de la Maçonnerie :

« Un juif n’est jamais responsable de ses origines, un Franc-maçon l’est toujours de son choix. »

En zone sud, le Service des sociétés secrètes est commandé par un officier de l’armée, ancien du 2e bureau de la Marine, Robert Labat. Il considère que les sociétés secrètes, discrètes, clandestines sont à mettre dans le même panier et à traiter de la même façon, la Maçonnerie étant une société discrète doit être supprimée, comme doivent l’être les communistes. Le juif reste par contre la priorité des priorités mais comme il y a des juifs chez les Francs-maçons, cela justifie à plus forte raison de démonter le complot judéo-maçonnique qui vaut à la France ce qu’elle est devenue. La police de Vichy est particulièrement active et comme pour la chasse aux juifs, elle est un bon supplétif de la Gestapo. Les archives de Nuremberg attestent que le IIIe Reich obtenait constamment et jusqu’en 1945 des informations de sources françaises visant à éradiquer les Maçons.

Lors des grands procès d’après guerre, la Franc-maçonnerie compte ses victimes : 170 000 suspects recensés, plus de 60 000 Francs-maçons fichés, 6000 Maçons inquiétés, 989 déportés, 540 fusillés ou morts en déportation. Ce n’est qu’en 1960 que la Franc-maçonnerie française sortira de sa torpeur, sa vision de la tolérance et de l’amour était intolérable à Hitler et tous les collaborateurs français. Ces Vichyssois qui verront le vent tourner et qui le jour venu applaudiront de Gaulle comme ils avaient levé avec enthousiasme le bras devant l’emblème nazi.

Ces Français devenus des instruments du combat anticommuniste et qui utilisent les communistes pour mener à bien leur lutte. Leurs ennemis d’avant, durant la guerre et après guerre sont restés les mêmes, Franc-maçons compris. Et le meilleur moyen de surveiller, de se protéger de tout soupçon de non tolérance, de détruire de l’intérieur lorsque le moment se fera sentir, c’est noyauter la Franc-maçonnerie. On en revient au jeu de la manipulation, spécialité de la mafia, qui vise la Franc-maçonnerie par une intégration discrète afin de tenter d’en faire un agent français fort de 120 000 âmes dévouées, chiffre qui correspond aux Maçons français à jour de leur capitation en 2010. Si les trois piliers de la Maçonnerie qui animent le cheminement de chaque frère sont Force, Sagesse, Beauté, ceux de la mafia, qui accompagnent le parcours de chaque mafieux, sont Manipulation, Profit, Pouvoir. C’est là la grande différence entre les deux ordres.

Au Cambodge, pour mieux impressionner, les mafieux avancent qu’ils sont membres d’une grande et puissante obédience maçonnique française, que ce soit auprès des Cambodgiens, qu’auprès des fonctionnaires de l’ambassade de France. Une obédience maçonnique est parfois ouvertement citée pour asseoir leurs dires, sans complexe et sans scrupule. Les mafieux de la cellule Cambodge y font régulièrement référence d’où le nom, dès 1999, de leur société centrale « Triangle holding48 » qui a donné naissance à « Triangle Food », « Triangle Magazine », « Triangle Sécurité », « Khéops ».

Le logo de la Holding était une pyramide et c’est à peine si « l’oeil du Grand Architecte qui voit tout » n’était pas apposé sur les murs du siège de la société, ce qui, connaissant leur activité, est une insulte pour la Franc-maçonnerie.

Peut-on croire un seul instant que des Maçons cautionneraient des meurtres d’enfants, une commercialisation de cassettes où des enfants sont violés?

A moins que la communication qui en est faite par Triangle ne soit pas le fruit du hasard. Si l’affaire venait à s’ébruiter, ne serait-il pas mieux que ce soit la Franc-maçonnerie qui en porte la responsabilité et non les «sauveurs de la France», individus mal intentionnés s’il en est ? Car c’est bien l’intention recherchée au nom de l’intolérance, du totalitarisme, de l’obscurantisme, derrière le blanc se cache le noir. C’est à peine si nos mafieux ne portent pas un badge bien visible avec l’équerre et le compas49 ! Tout est fait pour attirer l’attention, qui est en vérité le but d’un tel étalage.

Si la Franc-maçonnerie française se prémunit de plus en plus des loges affairistes et que l’appartenance des nouveaux frères en tant qu’ « homme libre et de bonnes meurs » fait l’objet de vérifications sérieuses, il est plus facile de tromper la vigilance des Frères et Soeurs à l’étranger. Faux extraits de casiers judiciaires, faux parcours professionnels, etc. sont autant de procédés que la mafia n’hésite pas à employer sans crainte. A plus forte raison si une loge déjà créée demande à s’affilier à une obédience. Il est vrai qu’il suffit au départ de créer une association loi 1901 sous prétexte de travailler sur le thème de la philosophie et de se proclamer de la Maçonnerie, rien ne l’interdit au sens strict de la loi.

La mafia française se moque ainsi de la Franc-maçonnerie aussi bien que d’autres associations connues et respectables, dans le seul but de s’acheter une honorabilité et d’assurer sa couverture en cas de problèmes.

Chez nos mafieux, le rituel d’entrée dans le réseau qui est pratiqué donne un sentiment du sacré dont chaque nouvelle recrue se souviendra toujours.

Comme en Franc-maçonnerie lors du passage d’initiation, la promesse est solennellement faite, non de servir le Grand Architecte de l’Univers mais la « Cause », et jusqu’au milieu de la dernière décennie plus particulièrement « Triangle Holding ». Un patron de casino, d’origine corse s’est ainsi fait introniser au cours d’une brève mais «émouvante» cérémonie où le « Maître de Triangle holding » lui a fait jurer fidélité sur un … code pénal français, et lui a fait prendre l’engagement de verser à « la cause » 50 000 euros chaque mois pour oeuvrer dans l’intérêt de la France…ainsi que pour préparer l’ouverture d’un casino au Vietnam, à Saigon (Ho Chi Minh Ville).

Le casino devant en toute logique servir la Cause et Triangle. La salle de cérémonie était préparée avec soin : une lumière atténuée, deux bougies allumées, un Maître habillé entièrement en noir posant des questions et demandant des réponses précises suivant un rituel préparé une heure avant, un code pénal placé sur un bureau sur lequel la nouvelle recrue a juré une fidélité sans restriction en récitant une formule d’un autre âge absolument incompréhensible. Une atmosphère de fous qui glace d’effroi, c’est à peine si le prétendant ne s’est pas coupé le doigt pour en faire couler le sang dans un réceptacle.

En fin de cérémonie, le « Maître » d’un large sourire a reconnu hors présence de la nouvelle recrue, l’avoir « travaillé durant plus de six mois » pour en arriver à ce résultat, et s’être présenté auparavant comme appartenant aux services français avec un grade de colonel. Rien que ca ! Le patron du casino était, selon le Maître, « maintenant capable de tuer pour Triangle s’il le fallait ».

N’importe quel Maçon ou personne sensée prendrait ces « gesticulations » pour de la mythomanie avancée. Mais le mal est beaucoup plus profond et plutôt que de s’en amuser ou de refuser d’écouter ces sornettes, les Cambodgiens les plus instruits en sont totalement impressionnés.

La mafia fait en sorte de laisser filtrer les informations de ce qui se passe dans leur prétendu réseau maçonnique afin de développer un sentiment de crainte envers eux.

Tout y passe : signes de reconnaissance entre Maçons avec la main, vocabulaire spécifique employé « il pleut », « frappez et l’on vous ouvrira les portes du Temple », « sous les auspices de Triangle… ». Des phrases qui sont dites n’importe quand et à demi-mots, accolades en pleine rue devant des Cambodgiens que l’on veut impressionner, un simulacre à vomir lorsqu’on en connaît la finalité.

Dès que le besoin se fait sentir, l’appartenance à une Obédience sert à légitimer les méthodes mafieuses en présence des gens sceptiques ou qui se posent des questions sur les actions menées. La justification avancée, associée au risque de s’opposer à « une obédience puissante » en cas de revendication ou de désaccord, poussent les plus honnêtes gens à ne plus vouloir voir, entendre ou parler. Un fonctionnaire ou un cadre d’un groupe industriel ne risquera pas les avantages de son séjour hors de France, pour quelque raison que ce soit. Chacun mène son combat personnel et se mêler des affaires des autres n’est pas propice à s’épanouir, d’autant plus si l’on se met à dos tout un réseau de fraternité mafieux ou maçonnique, le non initié ne sait pas à qui il a à faire. La Fraternité !

A ce niveau les mafieux savent en abuser et le rappeler aux Frères et Soeurs, à plus forte raison s’ils ont réussi à rentrer dans une Loge. La fraternité a bon dos, aux vrais Maçons qui n’entrevoient pas exactement l’attitude mafieuse de leur Frère ou prétendu Frère, qui en fait est à l’opposé d’eux, la fraternité et le serment qu’ils ont fait de « se porter au secours des Frères en danger » vient à point nommé. Trop confiants, les Maçons en ont leur faculté de discernement faussée, abusés alors qu’ils recherchent la lumière, ils peuvent être aveuglés par les facultés de manipulation déployées.

Le pouvoir de la mafia de faire croire ou ne pas faire croire que le noir est le blanc, et inversement, explique qu’ils arrivent à berner avec aisance les esprits les plus brillants.

Le pavé mosaïque situé au centre d’une Loge en est la représentation maçonnique. Le pavé est constitué de carrés blancs et noirs en damier, il symbolise le jour et la nuit, l’esprit et la matière, les dualités non confondues, le jeu continuel de la Lumière et des ténèbres, de la vie et de la mort.

Les mafieux sont les plus rusés pour basculer du carré blanc au carré noir, sans état d’âme. Ils en profitent non seulement pour asseoir leurs activités dans leur « pays d’affection », mais pour créer des contacts avec des Maçons d’autres pays. Comme les trafics sont internationaux, la supercherie vers les Maçons l’est aussi. Si le pouvoir de manipulation n’est pas suffisant, celui du chantage par une compromission forcée viendra le renforcer. Tous les outils seront utilisés pour vitaliser les tentacules de la pieuvre. La fraternité entre mafieux est par contre une réalité qu’aucun membre ne remettrait en question, tout est une question d’honneur entre eux.

La conséquence de toutes ces manoeuvres malsaines est qu’une fausse image de la Maçonnerie se véhicule à partir de ces jeux et des manipulations grotesques provenant de Maçons qui n’en sont pas.

Lorsque le policier qui enquêtait sur le réseau de cassettes pédophiles a été muté hors du Cambodge, la rumeur s’est très rapidement répandue qu’une Obédience était intervenue, que des Maçons en étaient les commanditaires et qu’ils étaient proches du satanisme. Tout ceci fait bien l’affaire de la mafia qui sait jouer avec les uns et les autres. Dans un pays qui n’a jamais entendu parler de l’existence d’un Ordre, d’une Obédience et qui a vécu des années de terreur, il ne sert à rien d’essayer de communiquer pour rétablir la vérité, la rumeur est celle qui restera gravée dans les esprits.

Si la rumeur parvient en France, la mafia sera heureuse de porter atteinte à la « pieuvre maçonnique », celle qui a déjà voulu étouffer la France et qui a contribué à l’avènement de la Deuxième Guerre mondiale.

Ce sont là des discours qui sont toujours d’actualité, si les Maçons cherchent à s’améliorer et à évoluer, les mafieux en sont toujours à vociférer comme les attentistes.

L’échange de messages, sur internet, le 19 décembre 2000, entre un Franco- cambodgien et son correspondant français, en dit long sur l’impact de la supercherie et comment la Franc-maçonnerie est perçue au Cambodge : « …C’est au sujet des personnes de Triangle et du journal Principal. Je n’ai rien contre eux mais je suis Français d’origine cambodgienne et je me déplace souvent en France. J’ai quelques fois travaillé pour eux car ils ont confiance en moi. Il faut bien réfléchir sur le symbole de Triangle et aussi de Khéops, une de leurs filiales. Ce sont des formes importantes car cela appartient à des choses très secrètes et très anciennes, on en parle souvent en France et c’est mondial. On ne peut pas contrer cette puissance. Quand on comprend ça, on comprend tout… Il y a quelqu’un de très important pour eux qui est d’origine corse. C’est le grand chef de l’organisation et il a eu des problèmes. On parle de lui dans les journaux…il y a une banque italienne, place Daumesnil, à Paris, où j’avais été pour retirer de l’argent pour eux car Triangle a un compte là-bas, avec beaucoup d’argent, et il le ramène au Cambodge. »

La Franc-maçonnerie française est victime de la mafia française, mais il ne faut pas oublier que la Franc-maçonnerie est universelle.

C’est donc près de 4 millions de personnes de par le monde qui sont à compter parmi les victimes des agissements de quelques mafieux français qui manipulent à tours de bras et qui, pour la très grande majorité, simulent d’être des gens « libres et de bonnes moeurs ». Ils n’hésitent pas, avec une certaine délectation, à entretenir le fantasme d’une imaginaire force occulte en mesure de terrasser ses ennemis. En France, ce discours pourrait faire sourire mais au Cambodge, comme dans nos anciennes colonies africaines, il fait toujours peur.

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Notes

29 Le Cambodge compte près de 800 ONG occidentales dont la plupart n’apportent rien au pays.

30 Siem Reap est une ville située à proximité des Temples d’Angor et à environ 314 km au nord-ouest de la capitale Phnom Penh. Les touristes y sont nombreux et c’est autant de cibles pour la mafia.

31 Le réseau «K » est doté d’un responsable par pays européen.

32 Les « Guest House » sont de petites pensions de famille au confort minimum où le prix des chambres est faible.

33 Soit pour dix ans d’activité, environ 2000 cibles compromises au Cambodge.

34 Appelé avant la démocratisation du pays « Garde Présidentielle » composée de mercenaires français.

35 Un coup d’Etat de Hun Sen évince Norodom Ranariddh du pouvoir.

36 Similitudes avec l’affaire de l’assassinat du Juge Borrel à Djibouti.

37 Direction de la Surveillance du Territoire. Le décret du 22 décembre 1982 fixait ses attributions. C’est ainsi que cette Direction avait compétence pour rechercher et prévenir, sur le territoire national, les activités inspirées, engagées ou soutenues par des puissances étrangères et de nature à menacer la sécurité du pays.

38 Time Warner Inc. (anciennement AOL Time Warner) est un conglomérat actif dans le secteur des médias, né en 2000 par la fusion d’AOL – fournisseur d’accès Internet – et de Time Warner – publication, production de films, et d’émissions de télévision. En janvier 2000, au moment de la fusion entre AOL et Time Warner, la capitalisation était de 280 milliards de dollars.

39 L’organigramme cité dans le document présenté en annexe précise un informateur de Triangle dans l’Ambassade de France.

40 Présentée dans son intégralité en annexe.

41 Centre d’action de déminage au Cambodge. L’organisme découvre environ 100 000 mines par an. En 2006, on estimait que les 460 km dangereux restants pouvaient être déminés dans les dix prochaines années.

42 Sozialistische Einheitpartei Deutschland : Parti Socialiste Unifié d’Allemagne.

43 Haut lieux de la prostitution à Phnom Penh où les enfants sont proposés.

44 Présentée dans son intégralité en annexe.

45 Ville qui s’est développée durant la guerre du Vietnam par les américains qui s’en servaient comme base de repos et de détention pour leurs soldats condamnés à des peines de prison par les tribunaux militaires.

46 Arjo Wiggins Security, Groupe français, est le n°1 mondial des papiers pour billets de banque et papiers de sécurité.

47 La Direction du Renseignement Miliaire (DRM) fut créée en 1992, par Pierre Joxe, alors ministre de la Défense, pour rassembler les différents services de renseignement des armées. Elle est chargée du recueil de l’information, de son analyse et de la diffusion du renseignement vers les armées, les forces en opérations et les organismes centraux de la défense.

48 Les trois points disposés en triangle équilatéral, dont un sommet est dirigé vers le haut, sont souvent employés pour abréger les mots « Franc-maçonnerie » ou « Francs-Maçons », ce qui a valu aux Maçons d’être appelés « frères Trois points. »

49 La Franc-maçonnerie est issue des confréries de bâtisseurs. L’équerre et le compas sont les outils qui la symbolisent.

PIÈCE À CONVICTION 3

Courrier de Pierot du 26 juin 2000 destiné à sa hiérarchie Actuellement Triangle Holding à Phnom Penh, c’est :
PIEROT( Autorité )
Personnel cambodgien
–Rith ( lieutenant de police ) Salaire 200 usd moisChef de section, enquête, interventions sur terrain (excellent élément)
–Ton (administratif, traducteur) Salaire 200 usd mois Resp. Administratif
(excellent élément )
–Ron (sergent de police) Salaire 120 usd mois
Enquêteur et interventions sur terrain (bon élément)
–Faciline (agent spécial) à la vacation
–Personnel féminin, travail en immersion, enquêtes et renseignements, auprès cibles expatriées. Cet agent a un physique de mannequin qui fait craquer tous les mecs. Elle travaille sur les opérations spéciales. (excellent élément)
+ Hommes de rangs utilisés selon les opérations pour filatures, etc …
Personnel français
–Frédéric Amat Enquêteur et investigation sur terrain. A la vacation. (très bon élément)
–Patrick Mercier Enquêteur (Il n’est pas terrible car c’est un faignant)
C’est une très bon équipe, mais selon moi, pas exploitée à fond. Par exemple, je t’assure que Faciline peut te ramener tout ce que tu veux auprès des cibles que l’on peut lui désigner …
Ainsi, par exemple, Faciline a dans ses filets le numéro 2 de Time Warner ( CNN, etc … ) qui ferait n’importe quoi pour elle. Elle m’a fait un rapport sur lui et j’ai pas mal d’info …
Je pense que le Directeur général DGSE ne serait pas capable d’avoir un agent infiltré comme ca auprès de lui. Nous on a ! Mais au bénéfice de qui ?
Facilinne a du premier choix et c’est un excellent agent qui a levé des affaires, intelligente et capable …Mais pourquoi on n’exploite pas son potentiel !
Pierot

PIÈCE À CONVICTION 4

—– Messaged’origine—–
De: Principal<principal@bigpond.com.kh>À : Echo
Date : mardi 11 juillet 2000 05:01
Salut,
Informations contradictoires pour le jap. Le patron de la brigade m’a dit hier que non, que des flics japonais étaient venus le chercher pour extradition et qu’il est au trou au Japon.
Le commandement, très content de notre coopération, veut lancer de vastes projets anti drogues. Et il veut que je participe personnellement à des opérations avec lui. De plus il veut s’attaquer à la mafia chinoise …Je dois le revoir pour causer de tous cela. Qu’en penses-tu ?
Rencontre avec le commissaire Mignana. Ok avec lui … Il connait mon épouse ( enfin ex épouse, mais on se voit toujours ) qui est procureur à Marseille, car il était chef des stup à Marseille avant. Nous avons parlé de Chevalier, définivement canaille et démonétisé …Je sais que tu avais eu avec lui le début d’une relation amicale, comme moi d’ailleurs, mais il s’avère que c’est un baltringue très nocif, mythomane et dangereux.
Autre chose nous concernant, il faut préciser à tes interlocuteurs que, avant, nos interlocuteurs étaient civils, puisque DST. Et que si nous changeons d’interlocuteurs, c’est pour que cela soit mieux, plus efficace et avec des moyens. Je ne vois pas vraiment d’idéalisme là-dedans … Penses-tu que cela va se concrétiser par qqchose qui fonctionne ?
A+ Pierot
From: renucci claude
To: Alpha
Sent: Thursday, November 06, 2003 9:41 AM
Subject: Re: Re:
Code d’identification contact jpdp : couleur orange
Il faut lui dire cela pour certifier que vous êtes notre mandataire. Il est possible que Pierot dise qu’il ne voit pas Daniel Lainé, mais ne vous laissez pas impressionner et dire que nous avons été très gentils avec lui mais que cela peut changer. Le contact ne doit pas durer plus de 10 mn.
Merci de rendre compte.
Soyez prudent pour canal, ne grillez pas Pierot car cela risque d’être contre-productif pour la suite. Si canal + doute des infos de Daniel Lainé, dites lui que nous avons/ vous avez un gros dossier (on les alimentera après éventuellement), que Daniel Lainé manipule canal et c’est explosif. N’en dites pas plus et ne vous faites pas manipuler par canal.
Merci de rendre compte.
Claude Renucci
renucciclaude@yahoo.fr

PIÈCE À CONVICTION 5

Monsieur Duchateau
le18.02.2002
Monsieur l’Ambassadeur du Japon
Japanese Ambassy
Norodom Blvd
Phnom Penh – Cambodge
Monsieur l’Ambassadeur,
je vous expose une affaire impliquant un ressortissant Japonais dont l’état civil est le suivant :
Kobata Kazuyuki , né le 07/05/1970 à Osaka – Passeport N° TF 2193409- Employé portuaire.
M Kobata a été arrêté pour acte pédophile en 2000 au Cambodge. Il est peut-être actuellement en prison au Japon.
Je déclare à ce jour que M Kobata a fait l’objet d’une manipulation de la part de français résidants au Cambodge. Ces français l’ont, par des moyens détournés et avec la complicité de cambodgiens, incité à commettre le délit. M Kobata a ensuite été dénoncé par ces mêmes français à la police cambodgienne. Je détiens le rapport d’investigation et d’arrestation de M Kobata rédigé par ces français.
Un autre Japonais, a lui été protégé pour ses actes pédophiles à la même époque. A l’heure actuelle, il est certain que ces français ont des rapports privilégiés avec des pédophiles japonais en visite au Cambodge dans un but commercial.
J’ai été associé à ces français et lorsque j’ai compris leurs activités malhonnêtes, j’ai quitté cette association. Malgré les menaces que je subis, je vous révèle cette affaire. Kobata n’aurait pas commis ce délit s’il n’avait pas été manipulé.
Les noms et adresses de ces français : Pierot et Franchi , Société de droit cambodgien
« Triangle Holding « 99b Sihanouk boulevard Phnom Penh.
Je reste à votre disposition pour vous apporter mon témoignage officiel.
Veuillez agréer, Monsieur l’Ambassadeur, l’expression de ma très haute considération.

PIÈCE À CONVICTION 6

—– Original Message —–
From: «renucci claude» <renucciclaude@yahoo.fr>
To: Alpha
Sent: Sunday, November 09, 2003 9:46 PM
Subject: Re: suite
Nous avons reçu votre message.
Canal : Ok. Il est possible que nous donnions d’autres informations mais nous réfléchissons sur la conduite à tenir avec Canal + car il existe un risque de dérapage.PDP : Il est possible que nous vous demandions un nouveau contact avec lui dans les prochaines semaines.
Il ne doit pas quitter Paris mais il nous a demandé de partir une semaine à Marseille pour raison personnelle. Nous avons dit ok mais il doit être de retour lundi 17/11. Ne remuez pas trop le passé car nous connaissons bien ce dossier. Donc ne suscitez pas de problème indu.
—– Original Message —–
From: «renucci claude» <renucciclaude@yahoo.fr>
To: Alpha
Sent: Tuesday, November 11, 2003 11:03 AM
Subject: urgent
Bonjour,
Nous enregistrons cette info. Nous sommes confrontés à une difficulté. Le retour que nous avons par une autre source fiable dans Canal indique que votre contact n’a pas gardé le silence sur les renseignements remis. Nous pouvons citer un autre nom, Bernard ZEKRI, Directeur de I Info, marié à une allemande issue de la RDA, membre de l’ancien SED. C’est lui qui manage le réseau auquel appartient Daniel Lainé, et d’autres d’ailleurs, tous d’anciens militants de l’extrême gauche dure et qui ont été cornaqués à l’époque par des services des pays du bloc de l’Est, donc pas seulement l’ancien KGB. Ce réseau existe toujours, gangrène tv et presse en France et il est très actif en terme d’intoxication. Il est lié aux mafias, même si les russes avec Poutine veulent y mettre de l’ordre. Tous cela pour vous informer que dl
avec Zekri sont vraisemblablement au courant de la fourniture de ces renseignements les concernant via votre contact et ils vont tout faire pour écraser l’affaire, sans doute en ridiculisant l’histoire ou en faisant peur, Moriera compris. Ceci étant, cela a donné un coup de pied et nous verrons ce qui va se passer en interne. Daniel Lainé est rentré hier et nous le surveillons. Nous vous demandons d’informer immédiatement votre contact en lui recommandant la prudence et citant le nom de Zekri.
Prière de nous rendre compte.
Merci
—– Original Message —–
From: renucci claude
To: Alpha
Sent: Tuesday, November 11, 2003 4:39 PM
Subject: Re: urgent
Merci pour ce retour.
Canal : Nous faisons une évaluation de la situation et nous vous tenons informé. Qu’il réagisse comme cela est très normal mais l’important est qu’il remonte les infos, ce qu’il fait. Ceux qui doivent savoir que l’on sait le savent maintenant. Mais il est clair que Despratz qui est un «pur» va devoir être très frustré car rien d’un point de vue journalistique sortira de cette histoire et rien ne serait jamais sorti. Cela vous le saviez même si c’est canal qui est venu vous chercher. Il est possible qu’ils retournent la situation en expliquant que vous êtes manipulé ou que vous voulez les manipuler ou que vous intoxiquez. Peu importe ! En fait votre contact avec Canal n’était pas prévu et nous n’avons fait que profiter pour donner un coup de pied. De ce point de vue, c’est réussi !
Pierot : possible demande de contact lundi 17/11

PIÈCE À CONVICTION 7

Messages échangés entre la France et le Cambodge
Sujet : Re: gg
Date : 02/01/01
Bonjour,
Je vous remercie beaucoup pour votre réponse. Qui vous a parlé de moi au Cambodge ?
Je tiens à vous informer que l’affaire «Triangle Holding» est effectivement très dangereuse car se sont des mafieux à la tête de tout, et surtout très dangereuse pour votre Pays, sachant que les «trafics» démarrent de là-bas. C’est une affaire très délicate, et pour laquelle je reste très prudente, mais j’accepte bien volontiers votre aide, qui me sera très précieuse pour avancer.
Dites-moi le numéro du compte à Paris où vous alliez faire des virements, svp ?
Dites-moi le nom du CHEF corse, dont vous m’aviez parlé, svp ?
Merci de me donner tous les renseignements de la vie quotidienne des personnes de « Triangle Holding », et merci d’essayer également de m’obtenir le maximum de précisions sur leurs actions habituelles : c’est très important pour les arrêter dans leur mission.
Beaucoup de choses sont en cours actuellement contre cette affaire, croyez-moi, ça va bouger…
J’attends de vos nouvelles très régulièrement, et je vous fais vraiment confiance.
Mr Bruno va bien et attend comme moi vos réponses. Dans l’attente de votre réponse,
Je vous présente mes meilleurs voeux pour la nouvelle année 2001.
A très vite
Géraldine
Sujet :
Date : 06/01/01 04:30:44 Paris, Madrid
To: JOLYGG@aol.com
A Madame G,
J’ai bien reçu votre dernière lettre et je vous remercie.
Pour la banque italienne, c’est difficile car je n’ai plus les papiers et la Mémoire pour ca, mais le grand monsieur que vous connaissez doit le savoir. Il y a aussi les papiers de tout ca au bureau de Triangle à la boulangerie. Peut-être faut-il demander à la police de Phnom Penh de prendre ces papiers. Si vous voulez et parce que c’est grave, je peux moi demander en secret que la police vienne pour ca.
Il y a aussi mon ami journaliste qui pourrait être utile. Car un jour il travaillait le soir au bureau pour finir son travail et monsieur Jean pierre lui avait donne les clés pour tout fermer après. Et mon ami car il voulait les clés pour lui, en a fait des doubles.Ca c’est possible pour être très utile car il a la clé pour ouvrir le bureau où se trouvent tous les dossiers confidentiels cachés par monsieur Jean pierre. Peut-être il faut donner les clés à la police pour chercher les secrets ?
Pour le monsieur qui est corse, je peux aller à l’alliance française pour chercher le journal qui parlait sur lui. Apres je vous dirai le nom et la date du journal. Ca c’est sur que c’est le grand responsable de triangle car un jour de l’année dernière en janvier, je travaillais a la villa de Triangle près de l’hôpital français Calmette, et j’étais au bureau. Et monsieur Jean pierre est venu avec monsieur Philippe avec le monsieur grand pour parler en secret. Moi j’avais peur parce qu’ils n’avaient pas regardé dans la pièce où j’étais car ils pensaient qu’ils étaient tout seul. Alors je n’ai pas bougé et ils ont parlé de leur chef en secret, et le monsieur maigre a dit ce que le chef voulait et avait dit pour le travail au Cambodge. Monsieur Jean pierre rigolait beaucoup mais lui il rigole toujours, et il parlait de leur chef parce qu’il le connait de la Corse. Ils étaient un peu embêtés car il y avait un article sur lui dans un journal français. D’autant plus que leur chef est très très secret dans Triangle et personne ne doit savoir tout ca dans Triangle. Apres ils sont partis et moi j’ai été a l’alliance française pour trouver l’article par curiosité. C’est comme ca que je sais.
Message du 08 janvier 2001 adressé auprès d’une personnalité politique Cambodgienne par un français qui menait des investigations sur les activités de Triangle
Monsieur,
Connaissant votre influence au sein du pays, je dois vous signaler un réseau mafieux opérant à Phnom-Penh et représentant un réel danger pour le Cambodge.
Ce réseau a été mis en place par des français PIEROT et FRANCHI qui sont les gérants de la société « Triangle Holding ». Cette société regroupe plusieurs activités : le journal « Principal », la « Boulangerie Française » (99 B, Preah Sihanouk Boulevard) et des activités de « Renseignements » au sein de l’agence « Kéops (société d’investigations) ».
Ces français attirent des investisseurs alors que la société est déficitaire depuis le début de sa création. Les escroqueries permettent d’équilibrer les comptes mais ne suffisent à combler les pertes. Donc, de l’argent provient d’autres sources, que je ne peux actuellement révéler, et ce, par sécurité.
PIEROT prétexte travailler avec le lieutenant « Tho » de la police des Etrangers pour défendre les intérêts du Cambodge (en particulier en matière de lutte contre la pédophilie, et cherche à accroître un réseau de renseignements). En réalité, Jean-Philippe PIEROT et Jean-Pierre FRANCHI se renseignent sur tout le monde et exploitent les renseignements pour leur compte personnel, en procédant ainsi :
√ en vendant les renseignements aux gens ou organismes intéressés
√ en s’attirant la sympathie d’organismes privés
√ en recherchant l’appui de personnalités du pays dont Mme le ministre de la condition féminine et le Vice-gouverneur, tout en leur substituant des renseignements sur la vie politique
√ en recherchant des subventions
√ en protégeant des pédophiles .
Jean-Philippe PIEROT entretient des rapports avec des organismes privés en France et dans le monde entier. Le danger est qu’il se fait passer pour un agent des services secrets français ce qui est totalement faux. Il entretient autour de lui une atmosphère laissant croire qu’il est investi d’une « mission » provenant de l’Etat Français. C’est pourquoi, grâce à une intelligente manipulation, identique à celle exercée dans une « Secte », il arrive à endoctriner des adeptes. Il nomme des « agents secrets» et leur donne ensuite à surveiller quelqu’un au Cambodge. Ses agents Cambodgiens, Français, Australiens, Vietnamiens …sont pour certain, tellement endoctrinés qu’ils sont capables de tuer sur ordre. C’est le cas de Mr Antoine COSTANTINI, qui a été nommé dans les bureaux de Jean-Philippe PIEROT : « agent au service de la France « en septembre 2000 dernier. Cet homme avait rencontré le Ministre du Commerce à cette époque. Il est extrêmement dangereux.
Les agents « permanents français» de Jean-Philippe PIEROT sont, pour ne citer qu’eux : Xavier MATHEVET, François PELLISSIER, Frédéric AMAT… qui ont espionnés, à plusieurs reprises de hautes personnalités Cambodgiennes. Les « agents cambodgiens « sont nombreux : le lieutenant « PIRIT » de la police, le traducteur « TON » (qui connaît bien tout le réseau), trois officiers supérieurs de police, et une dizaine « d’hommes de main « et bien d’autres encore.
Très discret, ce réseau a des informateurs un peu partout dans la société cambodgienne, dont un informateur auprès du cabinet du « Prince RANARIDH ».
Des renseignements diffusés par Jean-Philippe PIEROT font d’ailleurs état « des pratiques du Prince et de certains membres de son cabinet «.
Jean-Philippe PIEROT et Jean-Pierre FRANCHI ont en plus, de nombreux créanciers avec lesquels ils sont en conflits. C’est le cas de deux français qui s’étaient associés et qui ont refusés, de participer à ces pratiques illégales. Ils sont repartis en France en octobre 2000, accompagnés de menaces.
Je pourrais, si cela devait être utile pour le pays, vous donner d’autres indications sur ce réseau, qui reste un réseau très grave, puisque les pratiques que je définies ci-dessus ne sont que de petites révélations, par rapport à l’énorme « trafic » illicite que ces personnes cachent.
Message du 15 juin 2001 envoyé par un français témoin des activités de triangle à un autre français
Bonsoir BR,
Je viens de lire ton message crypté : l’article de France Dimanche…bien entendu qu’il y a un rapport mais pas forcément direct…l’une des filières de Triangle Holding est l’Ordre du Temple Solaire…avec vente d’armes pour le blanchiment d’argent. L’OTS a des connections avec la mafia russe : ce qui expliquerait d’ailleurs le nom de « PLI » et le message reçu des « amis du Cambodge » …puis du Russe qui se mêlait à eux dans triangle…mais c’est plus compliqué que cela n’y laisse paraître, et difficile de comprendre lorsque l’on n’a pas les éléments en main…
La seule chose à prendre en considération est l’acquiescement de B, lorsque je lui ai demandé si je lui parlais de l’OTS, s’il était Ok qu’il y ait une relation avec TH ! (mais je crois tu n’as pas vraiment tout suivi de la conversation, car je dois encore te prouver ce qu’à dit B…mais c’est bien toi ça…)…je sais que B souhaite comprendre le fond de l’histoire (tout comme moi), et cela dépasse les investissements que TH pourrait obtenir par les investisseurs classiques.
Bye

 

L’auteur
Bruno Mercier a fait une carrière dans les Troupes Aéroportées des Troupes de Marine en tant que Commando puis spécialiste de Défense Nucléaire Biologique et Chimique. Au cours de sa carrière, il a été amené à intervenir dans de nombreux pays. Il a été engagé dans des opérations armées ; le coup d’Etat en Centrafrique, l’opération Victor à Ouvéa, Godoria à Djibouti pour ne citer que celles-ci, et il a servi au sein de l’Autorité Provisoire des Nations Unies au Cambodge.
Utilisé par les services de renseignement pour infiltrer un réseau de mafieux français en Asie du Sud-Est, il découvre le jeu de la manipulation et les trafics les plus criminels. Il se retrouve au milieu d’une mafia qui n’a aucune limite pour s’enrichir et qui utilise tous les stratagèmes pour renforcer son organisation. Les mafieux n’hésitent pas à se faire passer pour des agents des services de renseignement ou des Franc-maçons pour mieux impressionner et tromper leur victime.
Au fil des années, il fait les relations entre son expérience militaire et les activités de la mafia dans laquelle il était membre. En 2008, il témoigne auprès du juge Sophie Clément dans l’affaire de l’assassinat du juge Borrel à Djibouti..

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