A la Une Double Humanité Gnostiques et Rose-Croix Le Monde Angélique Les RAYONS Shambhala

La Fraternité de SHAMBALLA

Shamballa, c’est ce mystérieux centre caché dans le désert de Gobi d’où partent, dit la tradition, les impulsions qui poussent l’humanité à retrouver son origine, le monde de l’Homme-Microcosme parfait… Mais comment découvrir les sept passages secrets vers Shamballa ?

Atteindre Shamballa, c’est réorienter totalement sa conscience vers le grand but, vers la véritable royauté de l’homme, pour rétablir à l’aide de la septuple Lumière divine originelle, la liaison avec les sept aspects de la « Terre Sainte », le domaine de vie des âmes immortelles reliées à l’Esprit.

Chapitre VI

LE DERNIER VESTIGE

« Vous comprenez peut-être maintenant pourquoi nous disons que, dès la première seconde de la chute de l’homme, la Fraternité Universelle sombra avec lui, pour le secourir dans les lieux de son exil et l’aider dans chacun de ses essais véritables pour retrouver le droit chemin.

Cette Fraternité ne réalise pas seulement, avec l’homme qui y est sensible, une liaison abstraite, mais son attouche­ment et ses déclarations sont très concrètes et prennent corps dans la vie chimique-élémentaire, évitant ainsi toute emprise accablante rappelant la sphère réflectrice.

Nous devons bien comprendre que l’aide apportée par la Fraternité à l’homme tombé ne se borne pas à toucher ce dernier, mais qu’elle s’étend également au champ de vie dans lequel il erre.

De même qu’un homme qui aime la propreté ne peut pas vivre dans une maison négligée, de même pour ceux qui, dans la vie dialectique, aspirent à la régénération il n’y aurait pas de possibilité si la Fraternité Universelle ne leur venait pas en aide.

Cet ordre sublime a donc, dans notre monde d’horreur et de mort, créé et mis à la portée de tous ceux qui le veulent, un vacuum, entretenu comme une raisonnable enclave chimique-élémentaire, un passage par où monter dans la lumière originelle. S’il est vrai qu’une main secourable nous est tendue, à nous qui sommes dans la néces­sité, cette aide doit se manifester ici, dans le présent, et être entretenue comme base raisonnable et morale de salut.

Il existe une pierre angulaire incorruptible, inébranla­ble, et lorsqu’on appelle cette pierre angulaire « Christ » c’est parfaitement juste, pourvu qu’on soit détaché de toute théologie dogmatique et mystique.

Car ces deux colonnes de la porte théologique, dogme et mysticisme, ont déjà vu passer une multitude d’hommes sur le chemin d’une aberration totale envers Dieu. Cette porte théolo­gique a déjà causé un préjudice irréparable à des millions d’êtres.

C’est pourquoi la Rose-Croix actuelle vous parle, elle, du cœur du Gobi comme étant le noyau central de l’uni­versel attouchement de la Fraternité des Elohim, de la véritable Terre Sainte, du Dernier Vestige, appellations voilées désignant les êtres sublimes qui rayonnent la lumière de Christ, sa radiation et sa vibration sur le monde et sur tous ceux qui, du plus profond de leur misère, ont besoin d’aide et la méritent.

Libre de toute pensée divergente, tout se ramène donc à ceci : dans ce monde de sang et de larmes, ici, comme en un saint royaume, la vie originelle est conservée pour nous, comme la marche inférieure de l’escalier qui mène à la vraie vie. Cet endroit, géographiquement déterminé, et la Fraternité qui le garde, sont appelés «le Dernier Ves­tige».

Parmi ceux qui entendront cela, beaucoup seront éton­nés, d’autres hausseront les épaules avec indifférence. Mais nous vous disons qu’il y a des élèves de la Rose‑Croix qui ont trouvé cette Ile des Elohim ou qui sont sur la voie de ce Caphar Salama. Nous vous disons aussi que toute langue sacrée en parle et donne tous les renseigne­ments possibles aux pèlerins qui veulent découvrir l’Oasis du Gobi.

Puisque pour nous, occidentaux, c’est la Bible qui nous tient le plus à cœur et nous parle le langage le plus clair, nous vous renvoyons à l’une des plus anciennes histoires, celle d’Abram et de Melchisédek.

Dans la Genèse, chapi­tre 14, nous lisons :

«Melchisédek, roi de Salem, fit apporter du pain et du vin; il était un prêtre du Dieu Très-Haut. Et il bénit Abram, disant : Béni soit Abram par le Dieu Très-Haut, maître de la terre et du ciel. Et Abram donna à Melchisé­dek la dîme de tout ce qu’il possédait.»

Le Maître Jésus est aussi appelé grand prêtre de l’Ordre de Melchisédek. Lui aussi fit apporter du pain et du vin et, de même que Melchisédek conclut une alliance avec Abram, il est possible de conclure une alliance avec Jésus notre Seigneur.

Plus loin apparaît Jean, l’apôtre de l’amour, qui gît dans l’île de Patmos, dans l’isolement de son âme, dans la soli­tude. C’est dans cette solitude que vient vers lui le Fils de l’Homme et Il se tient devant lui, debout, au milieu des sept chandeliers d’or, avec sept étoiles dans sa main droite.

Celui qui a compris l’essentiel de ce qu’est la Fraternité de Shamballa reconnaît ce langage et la signature du Pre­mier et du Dernier, la signature de l’homme originel qui, pour notre rachat et en un amour incommensurable, vient vers nous dans le Dernier Vestige.

Mais essayons de mieux comprendre l’histoire d’Abram. Qui était-il ?

Il est appelé un Hébreu, un fils d’Héber. Dans la langue de la transfiguration, cela veut dire qu’il est un élève de l’école transfiguristique, l’école de la revivification.

Abram, l’Hébreu, est l’homme qui s’est frayé un che­min d’une vie dans l’autre. Il a déjà fait un important par­cours sur ce chemin, car autour de lui s’étend le manteau de la vie nouvelle. Ce manteau, ce voile de la lumière uni­verselle, est représenté sous la figure de «son frère Lot».

Le manteau de la vie nouvelle n’est pas, au début, pour l’élève sur le chemin, une possession inaliénable. Il en est de cela comme de la montée et de la descente d’un fanal lumineux flottant sur les eaux, ou comme du faisceau d’un phare tournant qui balaie le pays de sa lumière pen­dant un instant, pour le laisser, l’instant d’après, dans l’obscurité.

Dans cette phase, l’élève traverse de grandes difficultés. Dans la lutte pour la délivrance, le manteau de la lumière universelle fait souvent place à la sombre illusion de la nature dialectique. L’élève doit alors, avec un courage de lion, engager une lutte intérieure pour conserver ce qu’il a déjà acquis.

C’est ce que la Bible nous explique en nous racontant comment le frère d’Abram est emmené en captivité par Kédorlaomer. Kédorlaomer est celui qui répand «la som­bre illusion». Dès que l’élève réalise que cette «sombre illusion» veut noyer la nouvelle possession qu’il a dû lui-même conquérir, il appelle à lui ses héros combatifs. Abram amène avec lui, sur le champ de bataille, ses 318 hommes, pour lutter contre Kédorlaomer.

Nous voyons dans ce nombre une formule. Celle-ci représente les douze forces divines qui doivent conduire à une re-création. L’élève sur le chemin vit des douze nou­velles nourritures et, dès qu’il les assimile consciemment, le manteau de la vie nouvelle ne s’éloigne plus de lui.

Nous voyons donc ainsi la philosophie de la Rose-Croix actuelle parfaitement énoncée dans cette ancienne lutte. Ne vous avons-nous pas toujours dit que l’essence de vie de la nature dialectique, la «sombre illusion», doit être abandonnée, pour que nous puissions nous revêtir de la vie nouvelle ? Les forces pour mener à bien ce combat ne sont-elles pas mises à notre disposition ?

Si l’élève veut véritablement aller le chemin et fait appel aux douze forces, celles-ci ne lui seront jamais refusées. S’il lutte véritablement, il atteindra un jour la vallée de Schavé qui est le point le plus profond de son affliction et de ses misères, le point le plus profond de l’anéantisse­ment de sa nature.

C’est dans ce point le plus bas, dans ce nadir, que l’élève rencontrera le Seigneur de toute vie, les Prêtres de l’Ordre de Melchisédek qui, en tant que Dernier Vestige de l’humanité originelle, sont dans cette nature ennemie. Cette rencontre d’Abram et de Melchisédek dans la vallée de Schavé est la même que celle de Jean le Précurseur et de Jésus notre Seigneur dans la vallée du Jourdain. Le Jourdain traduit pour nous la même pensée que la vallée de Schavé et exactement la même idée que l’île de Patmos.

«Melchisédek, roi de Salem, fit apporter du pain et du vin et le bénit». Le manteau couvre à nouveau l’élève et ne peut plus lui être enlevé, car le champ de rayonne­ment, le manteau, la nouvelle lipika est maintenant en liai­son directe avec le champ magnétique de l’esprit. L’ancien état du microcosme est en principe rétabli ; dès cet instant l’élève n’est plus un élève, mais devient un constructeur sous la direction de l’architecte divin.

Quand on dit d’un élève selon l’ordre de Melchisédek qu’il est nourri de pain et de vin, cela signifie qu’après avoir mené à bien sa lutte dans le champ de vie, il peut assimiler le pain de la vie universelle sous ses douze aspects, le démontrer comme un champ de rayonnement ; et que, par le vin de l’esprit, il est devenu inébranlable comme un roc.

Quand on dit que la Sainte Cène est administrée jour­nellement dans le Parvis de la Rose-Croix, cela signifie que les douze forces de la vie universelle, en tant que pain divin et vin de l’esprit universel de la Fraternité, sont offertes à tous ceux qui s’approchent de la Rose-Croix.

Deux réflexes peuvent alors se produire : ou bien vous assimilez ce don, ou bien l’esprit du vin vous grise. Cette griserie peut vous conduire jusqu’à une véritable ivresse, jusqu’à la folie et l’opposition acharnée. Le morceau de pain trempé dans le vin força Judas à accomplir son acte.

Beaucoup prennent ainsi la résolution d’agir contre l’œuvre sainte, soit ouvertement, soit dans le secret — cela dépend du caractère de l’intéressé — et beaucoup de ces résolutions sont prises dans le temple. Les dons de l’Ordre de Shamballa, le pain et le vin, démasquent infail­liblement, ils sont comme un ordre : «Ce que tu veux faire, fais-le vite !» Il y a donc une Sainte Cène qui mène à la victoire et une cène qui conduit à la défaite, au juge­ment.

Pour confirmer ceci, souvenons-nous de la légende de Noé.

Noé est, comme Melchisédek, un envoyé et il est bien regrettable que cette légende, ainsi que tant d’autres de l’Écriture Sainte, ait été si lamentablement mutilée.

Vous savez que Noé prépara, ainsi que les Élohim le font encore, une nouvelle possibilité de vie pour les retar­dataires d’une révolution cosmique.

Que fit-il donc en vertu de la tâche classique des Élohim ? Il planta une vigne. Qu’arriva-t-il ? Beaucoup de Noachites, les disci­ples, ceux qui essaient de suivre le chemin, gisent ivres dans leur tente, c’est-à-dire dans leur microcosme. Le vin de l’esprit ne s’adaptant pas harmonieusement à leur champ de vie, au lieu d’un éclaircissement de et par l’esprit, le contraire se produisit, c’est-à-dire une encapsu­lation encore plus grande.

C’est pourquoi il est bon de vous redire comment l’élève peut échapper à cette griserie. Il le peut en menant, ainsi qu’Abram, le juste combat avec 318 héros combatifs.

Dans la sainte science de la transfiguration, cela signifie que l’élève en question fait le vide complet dans sa cons­cience psychique, le moi selon la nature. Il réalise ainsi en lui le dépérissement systématique de sa nature avec, comme merveilleux résultat, la destruction totale de sa vie inférieure et une victoire parfaite sur la mort. Ce proces­sus complexe, commencé par une ferme résolution et avec courage, vous apporte la victoire sur Kédorlaomer, sur les ténèbres en vous.

La Fraternité de Shamballa, se manifestant pour notre salut dans le Dernier Vestige, s’extériorise dans notre nature par sept rayons, par sept groupes. Non pas dans le sens de sept écoles spirituelles différentes, pour les diffé­rentes races, mais dans un système de sept septuples cer­cles, ainsi que nous l’avons décrit dans Dei Gloria Intacta. *

*Voir J. van Rijckenborgh: Dei Gloria Intacta, Rozekruis Pers, Haarlem, 1958.

C’est pourquoi l’élève qui accomplit son chemin et arrive jusqu’à sa vallée de Schavé, son Jourdain, son Ile de Patmos, rencontre le Fils de l’Homme, debout au milieu de ses sept chandeliers d’or, tenant sept étoiles dans la main droite. Et ce Fils de l’Homme le bénit et le récon­forte avec du pain et du vin.

«Le Seigneur rompit le pain et dit : Prenez et mangez, ceci est mon corps qui est rompu pour vous. Faites ceci pour une liaison constante. Prenant ensuite la coupe, il dit : Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang. Venez et buvez-en tous. Faites ceci pour une liaison cons­tante. Ainsi, toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez à cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’Il vienne

Aussi souvent donc que vous recevez ce pain et ce vin dans le Parvis de la Rose-Croix — et vous les recevez déjà par votre présence dans le temple — vous vous sauvegardez ­ de la griserie et de l’encapsulation ; votre âme péche­resse doit mourir jusque dans son essence. A l’exemple de Christ, vous réalisez journellement, au plus profond de vous-même, le dépérissement progressif de votre âme naturelle. Vous annoncez ainsi, dans votre microcosme, la mort du Seigneur.

Si vous voulez aller ainsi le chemin, dans la franc-maçonnerie personnelle, la Couronne de la Vie ne vous sera pas refusée. Vous serez également en état de payer la dîme, tel Abram à Melchisédek, ce qui veut dire que vous offrirez à la Fraternité la plénitude de votre être nouveau et, à son service, vous écrirez les sept lettres aux Écclesiae qui sont en Asie.

Alors seulement vous serez mûr pour être un serviteur, appelé au service de la lumière.

Chapitre VII

LA DOUBLE NATURE DES ELOHIM

Nous vous avons souvent parlé des Elohim, appellation qui traduit la sublimité de la Fraternité Universelle, l’humanité originelle en manifestation, pour autant que celle-ci travaille au relèvement de ses frères et sœurs tom­bés. Les Elohim forment un groupe sublime et divin qui, au service du Constructeur Suprême, tient en état de manifestation l’humanité dialectique et s’efforce de la ramener à la vie originelle.

Pour rendre les Elohim plus accessibles à votre compré­hension afin que vous puissiez voir clairement que ce sont des forces actuelles, nous les désignerons tout d’abord sous le nom d’Esprit-Saint, ce nom étant plus familier à l’entendement des chrétiens.

L’Esprit-Saint est le Puis­sant, qui transmet la volonté de Dieu au monde et à l’humanité. Le mot «Elohim» exprime, dans un certain contexte cabalistique, «le Puissant de Dieu qui exhale l’Esprit sur les eaux. » L’Esprit-Saint est l’exécuteur de la volonté de Dieu, et il nous est, selon la notion métaphysi­que, très proche, quoique il reste pour nous très irréel.

Une nouvelle théologie, dénommée théologie suisse ou Barthienne, est arrivée à la conclusion que toutes recher­ches religieuses sont stériles sans l’Esprit-Saint. Ce fai­sant, elle reconnaît que sans la liaison avec la Fraternité du Gobi et sans son aide, le chemin ne peut être parcouru.

Cette liaison sublime peut se manifester de façon directe ou indirecte.

La liaison directe est la confrontation corporelle avec l’un des frères ou des sœurs de l’Ordre des Elohim; la liaison indirecte se rapporte à la radiation de ‘force qui émane de cet Ordre.

Il y a donc ainsi deux phases dans l’attouchement de l’Esprit-Saint. Ces deux phases, ou ces deux grades, sont souvent décrits dans la Bible. Nous en reparlerons plus loin.

De plus, nous devons bien remarquer que chacune de ces deux liaisons présente également deux aspects : l’un masculin, l’autre féminin. Il y a des Elohim masculins et des Elohim féminins, et la force irradiée par l’Esprit-Saint possède nettement un rayon d’activité masculin et un rayon d’activité féminin.

Ce qui, dans notre philosophie, est appelé «le chemin» n’est pas seulement la désignation symbolique d’un che­min que l’élève peut prendre pour entrer dans la nouvelle vie salvatrice, mais «le chemin» est également une réalité supérieure. Le chemin commence dès l’instant où l’élève est touché par la force irradiée de l’Esprit-Saint et dès qu’il se porte en avant, guidé par cette force. Pareil élève est de plus en plus rempli de l’Esprit-Saint ce qui veut dire qu’au fur et à mesure qu’il avance sur le chemin, la force de radiation s’intensifie. Elle est pour lui l’étoile qui le conduit vers Behtléem.

La philosophie universelle nous apprend que douze rayons partent des Élohim, douze forces qui, dans diffé­rentes symboliques, sont représentées par douze pains.

Si nous ajoutons à ceci la notion que Bethléem veut dire «la maison du pain» et que les mages ou sages sont conduits par l’étoile vers cette maison du pain, tout s’éclaire. Aller à Bethléem signifie donc aller le chemin qui conduit au Seigneur de toute vie. C’est là que nous le trouverons, c’est là que nous rencontrerons l’homme véritable, l’homme-roi, le roi des Juifs, des Judéens.

Le sens originel, spirituel, du mot Juif nous ramène à la notion du «lion».

Dans le mot «Gobi» ou «Gob» nous retrouvons la combinaison de ces deux mots. Ainsi donc, lorsque nous parlons d’une oasis dans le désert de Gobi, nous parlons, ainsi que les anciens, de Bethléem, de la maison du pain.

Si vous désirez véritablement être un élève, si vous voulez aller le chemin en vérité, ce qui veut dire : si vous voulez être guidé sur le chemin par l’Esprit-Saint et non pas présomptueusement étudier et expérimenter selon les excitations d’une ambition dialectique, le Bethléem où veut vous conduire la force de radiation de l’Esprit-Saint est souvent dans la direction opposée à celle que vous sup­posiez.

Nous vous rappelons, à ce sujet, la vocation de Christian Rose-Croix et combien différente de ce qu’il avait supposé, fut la façon dont tout s’accomplit.

Nous nous représentons souvent le chemin comme une ligne droite, entre deux points. Nous supposons la Mai­son du Pain, la Source des Élohim quelque part, dans un domaine parfaitement isolé, dans une sorte de vacuum; or Bethléem est ici.

Les sages trouvèrent le roi des Juifs dans une étable, dans la réalité infernale de l’existence dialec­tique.

C’est pourquoi le chemin vers les Elohim ne con­duit ni à un domaine isolé, ni à la sphère réflectrice, mais c’est ici-même que vous le trouverez.

L’Esprit-Saint est, à cause de cela, appelé parfois dans différentes sciences sacrées, l’esprit planétaire, car son attouchement, sa radiation, conduit l’élève en plein milieu de la vie active et réelle, afin d’y effectuer un intense tra­vail, le sauvetage d’un homme signifiant, en même temps, l’appel et le réveil de beaucoup d’autres.

Nous vous appelons dans le Parvis pour vous engager à suivre le chemin, mais vous ne vous trouvez pas encore sur le chemin. Vous êtes sur le chemin dès que l’Esprit-Saint vous a touché de la force qu’il irradie, dès que vous êtes sensible à cette radiation et que vous réagissez positi­vement à cette radiation des Elohim.

Dès que vous avez réagi, l’Esprit-Saint vous emmène dans le désert et cela implique une double tâche, l’une en soi-même, l’autre dans le monde.

Celui qui se trouve dans la force irradiée par les Élohim sait ce qui lui reste à faire; l’Esprit-Saint le lui dit. Conformément, la signature de pareil élève est toujours de nature double : il extériorise une croissance intérieure, un tenace et continuel déploie­ment intérieur, et il explore en même temps un champ de travail : il se lance au beau milieu du chemin pour le ser­vice d’autrui.

C’est sous cet angle que nous voudrions éclairer, pour vous, les figures de Marthe et de Marie. Marthe la ser­vante, Marie assise aux pieds de Jésus. Marthe était une élève plus avancée que Marie, dit le Maître allemand Eck­hart; elle connaissait et la vie contemplative et la vie active, tandis que Marie n’en était encore qu’à la vie con­templative, préparation à la vie de travail.
Sans la considé­ration initiale la vie de travail ne peut commencer, car elle serait inopérante.

Marthe désirait savoir si sa sœur Marie était déjà sortie de cette phase de contemplation et capable ainsi de passer dans la phase suivante, le grand travail de salut. Jésus répond à sa demande en lui faisant comprendre que Marie n’en est pas encore arrivée là. C’est pourquoi cette der­nière suivait à ce moment le juste chemin en restant assise aux pieds du Maître, perdue dans sa vision intérieure. Dans son état, elle avait choisi la meilleure part.

Nous espérons que cette conception vous sera vite familière.

Sans attouchement de l’Esprit-Saint, nous ne sommes rien et ne pouvons rien.

Sans l’attouchement de la force irradiée par la Fraternité Universelle, aucune libération particulière n’est possible, pas plus que la mise en oeuvre d’un travail libérateur de l’humanité.

Ce que nous appe­lons appel, ou vocation, est l’attouchement de l’Esprit-Saint.

Les disciples ne se mirent au travail qu’après la des­cente de l’Esprit-Saint. Marie et les autres saintes femmes ne les aidèrent, dans l’accomplissement de leur vocation, qu’après cette descente.

La volonté de l’élève doit être enflammée en Dieu. Lorsqu’en lui brûle encore la flamme de la volonté per­sonnelle, tout travail n’est encore que de l’ambition dia­lectique et engendre des difficultés. Il y a combat pour obtenir les premières places, et, tout comme chez les disci­ples de Jésus dans la phase préparatoire, des différents surgissent entre les élèves, pour savoir qui est le plus grand.

Dans le Parvis de la Rose-Croix, tous ceux qui le dési­rent sont mis en contact avec la force irradiée par l’Ésprit-Saint. Dès qu’un élève est arrivé à ce stade et est digne de cet attouchement, il le ressent comme un appel et le che­min lui est dévoilé.

Ce chemin n’apporte jamais ni heurt ni conflit entre frère ou soeur; il crée au contraire de l’harmonie et une grande compréhension mutuelle. La vie contemplative et la vie active ne sont jamais en contradiction. Toutes deux suivent l’étoile qui conduit à la Maison du Pain, à Beth­léem, vers le roi des Juifs nouveau-né.

L’élève qui arrive à Bethléem est celui qui découvre le roi nouveau-né en lui-même, l’homme céleste à peine né dans son microcosme. C’est ce qui fait dire au poète Angé­lus Silésius : «Christ fut-il né mille fois à Bethléem et non en vous, vous seriez pourtant perdu

Dès que le roi des Juifs s’élève en notre microcosme, c’est la preuve que l’ancienne volonté est morte, que le roi selon la nature a disparu en nous.

Arrivé au coeur de notre sujet, nous voulions vous par­ler des doubles Élohim.

Vous savez déjà qu’ils présentent deux aspects, l’un masculin, l’autre féminin, aspects que vous reconnaissez clairement dans l’activité du Saint-Ésprit, principe créateur et principe réceptif, principe rai­sonnable et principe producteur. Activité double, entière­ment portée et engendrée par les frères et les soeurs de l’Ordre de Shamballa.

La nature de la parfaite harmonie de cette Fraternité n’apparaît nulle part mieux que dans la collaboration de ces deux rayons de l’Esprit-Saint. Rien dans la nature dia­lectique ne peut y être comparé. Ces deux rayons se déve­loppent dans chaque activité de l’Esprit-Saint.

L’élève reçoit les douze forces par le rayonnement mas­culin, le travail de développement se trouvant sous le con­trôle du rayonnement féminin.

La conduite vers le che­min est également sous le rayonnement masculin, tandis que les soins et la continuelle alimentation sont sous le rayonnement féminin.

C’est donc à juste titre que les anciens sages parlaient de la Fraternité du Gobi comme du Père-Mère du Monde.

Dès que le Frère a percé dans un cœur humain, c’est la Sœur qui fait germer la semence. Le Frère fauche, bat et engrange le grain. La Sœur pétrit et cuit le pain. Ensem­ble, ils éprouvent le bonheur et la joie de voir l’élève arri­ver à pouvoir manger ce pain vivant.

Cette double intervention de la Fraternité Universelle est appelée, dans la Bible, l’intervention des anges.

Les Écritures comportent un grand nombre d’indications de ce genre. Lorsqu’un rayon de l’Esprit-Saint est envoyé vers un groupe de chercheurs pour essayer de le toucher, ce rayon est un rayon de force dont l’attouchement est toujours de nature impersonnelle. «Le Royaume des Cieux vient vers nous comme une force», dit Paul.

Ceci nous fait immédiatement discerner la vérité du mensonge, car les forces de la sphère réflectrice essayent toujours de nous atteindre par un contact personnel.

Cependant, lorsqu’un rayon de force de l’Esprit-Saint nous touche, nous y découvrons une signature, celle de celui ou de celle qui l’a envoyé. Il y a, dans pareille mani­festation de force, une structure de lignes de force, une certaine image, la représentation du but et de l’essence de cette manifestation de force, mais aussi l’image de la glo­rieuse Fraternité. C’est pourquoi la Bible parle des anges qui apparaissent aux prophètes et aux illuminés et à tous ceux qui sont dignes de recevoir l’attouchement de l’Esprit-Saint.

Pareille manifestation de la Fraternité de Shamballa émet également un son.

Le but et l’essence sont en même temps sonorisés. C’est pourquoi il est dit que les anges parlent, qu’ils apportent une communication ou font entendre un appel ou un avertissement. Tous ceux donc à qui il est donné d’éprouver pareil attouchement sont envahis d’une sensation complète qui ne laisse rien à l’imprévu.

Vous comprenez peut-être maintenant que l’élève sur le chemin reçoit tout ce qu’il peut éventuellement désirer.

L’Esprit-Saint lui apparaît comme l’instructeur, l’Esprit-Saint lui parle et avance devant lui, pas à pas, sur le che­min, toute liaison personnelle restant bannie. La lumière sur le chemin, le rayon de la Fraternité, les Doubles Elo­him lui sont tout en tous.

Qu’il en soit ainsi un jour pour vous tous.

Extrait du livre de Catharose de Petri et Jan van Rijckenborgh

Troisième édition 1991 ROZEKRUIS PERS – HAARLEM – PAYS –BAS

Source : http://elishean.exprimetoi.net/t673-la-fraternite-de-shamballa-par-jan-van-rijckenborgh-et-catharose-de-petri

Site de l’éditeur : http://www.septenaire.com

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