Le Grand Changement

La fin de la mondialisation actuelle: vers un nouvel ordre mondial

par Olivier Pasquier le lundi 6 février 2017

Hausse des inégalités, transition énergétique, désindustrialisation des pays développés, stagnation économique des pays les moins avancés : ces profonds bouleversements signent la fin de l’ordre mondial actuel. L’année 2016 marque la rupture avec l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche et le Brexit qui bouleverse le continent européen.

« A celui qui n’a rien, la Patrie est son seul bien » disait Jaurès.

Une citation qui semble bien loin de l’idéal véhiculé par la gauche d’aujourd’hui. Des dires qui s’inscrivent dans la logique de l’Etat-nation où l’organisation politique de l’Etat se juxtapose à la nation, c’est-à-dire des individus qui se considèrent comme liés par l’appartenance à un même groupe. Une notion antinomique avec celle de la mondialisation à « économies ouvertes » où les frontières et différences sont gommées.

Depuis le milieu des années 1980, la mondialisation se voit croître à vitesse grand V.

Dérégulation, ouverture des frontières, libéralisme économique et abolition des quotas et tarifs aux frontières sont devenus des mots courants. Le « village planétaire », conceptualisé par Marshall McLuhan, en est l’objectif avec une planète où tous les individus seraient tous les mêmes en effaçant les différences, langues, peuples, culture et créer, de facto, une histoire monde.

Un projet magnifique qui résulte des élans humanistes les plus souvent très déterminés. Mais une chimère également tant la notion de « citoyen du monde » est trop abstraite pour caractériser un individu.

Même s’il réside physiquement sur la planète, l’individu parle une langue, obéit à des règles et mœurs propres à sa culture, à l’éducation qu’il a reçue influencée par la zone géographique dans laquelle il a vécu. Il n’existe pas de hiérarchie entre les individus mais des différences qui leurs donnent des spécificités.

La revendication de ces dernières permet d’appartenir à un groupe avec un projet de société commun.

La mondialisation affaiblit le rôle de l’Etat qui reste la seule institution capable de représenter les intérêts et la souveraineté d’une nation. La citation de Jaurès invite à mettre en garde contre les dangers d’une mondialisation à « économie ouverte » où l’appareil étatique ne peut réagir qu’en s’adaptant au système international.

Pour accroitre la compétitivité, un pays peut sacrifier sa structure sociale afin de rendre ses industries plus attrayantes. Les actions de l’Etat se limitent donc qu’à un simple alignement sur des forces dépassant l’action nationale. Les solutions de relance économique sont dépendantes de la conjoncture externe.

L’idée n’est pas de sombrer dans un délire nationaliste. Il convient de faire une distinction entre la haine des autres et l’amour des siens.

Il est possible d’envisager un consensus d’Etats souverains, revendiquant leurs intérêts par le biais d’Organisations Internationales tout en conservant une souveraineté économique. Le GAFI (Groupe d’action financière) est un bon exemple, tant il revendique une coopération entre Etats sur des thèmes comme le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et les normes financières. Néanmoins, il respecte le principe de souveraineté en respectant les mœurs et habitudes des pays membres. Il ne s’agit pas d’une organisation où la souveraineté est abandonnée au profit d’une entité supérieure. Organisation qui ne serait en mesure de concilier les intérêts des peuples.

Le souverainisme ne m’empêche pas d’aimer mon voisin tant les échanges avec les pays sont primordiaux pour assurer un développement économique optimal.

La coopération économique a toujours existé entre les Etats. La route de la Soie en est un très bon exemple. Le précieux matériau transitait sur des milliers de kilomètres vers l’Europe qui ne maitrisait pas les technologies nécessaires à sa fabrication. Raison pour laquelle les soies chinoises furent tant convoitées. Ces échanges eurent lieu malgré le fort protectionnisme aux frontières et aux difficultés d’acheminement. Preuve que les transferts technologiques peuvent être adoptés dans un monde d’Etats souverains n’ayant pas pour volonté d’ouvrir et d’enrayer leurs frontières.

Les intérêts nationaux doivent passer avant l’intérêt personnel. En tant qu’individu, je dois me positionner à réfléchir dans l’intérêt des miens et à trouver à le concilier avec mon intérêt personnel. Or, la mondialisation se base sur la théorie de l’intérêt personnel.

Les entreprises, par exemple, s’organisent à partir d’une pluralité d’implantations dans un certain nombre de pays. Une solution qui permet d’arbitrer en fonction de ses intérêts. Mais cette multinationale s’exempte de sa nationalité propre, c’est-à-dire des mœurs et lois du pays dans lequel elle est née. Un devoir moral qui les lie. L’entreprise doit servir l’intérêt collectif de la nation mère et représente ses intérêts et objectifs à l’étranger.

L’objectif final est un monde d’Etat-Nations dans lequel les échanges ont lieu mais aussi où souverainisme et protectionnisme redeviennent des termes de bons alois.

Un objectif réalisé en repensant les relations entre nations qui doivent être opérées par intérêts réciproques afin de respecter la souveraineté et la culture de chaque Etat. Là est le grand écueil du projet universaliste.

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