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La fable palestinienne… Stop ! – Chapitres 5 et 6

Une petite mise au point en 7 chapitres

Chapitre 1 : la population originelle de la Palestine

Chapitre 2 : le nationalisme juif

Chapitre 3 : la Palestine du mandat britannique et l’odieuse politique anglaise

Chapitre 4 : la Palestine du mandat britannique et l’odieuse politique anglaise (suite)

Chapitre 5 : l’État d’Israël et les guerres israélo-arabes

Chapitre 6 : l’État d’Israël et les guerres israélo-arabes (suite)

Chapitre 7 : le mur et les plaintes des « Palestiniens »

4. L’État d’Israël et les guerres israélo-arabes

4 a) la guerre de 1948

Immédiatement l’indépendance d’Israël proclamée le 14 mai, le grand mufti de Jérusalem qui avait rencontré Hitler en 1941 promet la mort aux Arabes d’Israël qui ne quitteront pas le territoire, car il déclare constituer une grande armée arabe pour massacrer tous les habitants d’Israël.

Un organisme de recherche neutre, the Research Group for European Migration Problems, qui travaille à la Haye, publie dans son rapport de janvier-mars 1957, volume V : « les ordres étaient promulgués par la Ligue arabe, exhortant la population à rechercher un refuge dans les pays voisins, et lui promettant qu’elle retournerait dans ses foyers sur les traces des armées arabes victorieuses, et qu’elle obtiendrait sa part du butin prélevé sur les biens juifs »

La Confédération des ouvriers juifs de Palestine essaya de retenir par des affiches le 28 avril 1948 les Arabes: « évitez les malheurs d’un exode inutile, l’exil vous vaudra la misère et l’avilissement. Dans notre ville qui est aussi la vôtre, vous pourrez, vous et vos familles, travailler et vivre en paix ». 350 000 Arabes refusèrent de quitter Israël, et en devinrent donc citoyens à part entière.

Ainsi Israël, à peine constitué, était attaqué par une coalition arabe : Égypte (30 millions d’habitants), Syrie (5 millions d’habitants), Arabie saoudite (12 millions d’habitants) et la toute nouvelle Jordanie (environ 2 millions d’habitants) créée sur les 82 % de la Palestine. Soit forces en présence : Israël : 2 millions, Arabes : 48 millions.

Le 15 mai 1948, les armées d’Égypte, Transjordanie, Irak, Syrie, Liban, pénètrent en Israël et envahissent le Néguev israélien.

Les Israéliens ripostent contre l’Égypte et reprennent le Néguev, en 3 opérations (octobre, décembre 1948, et mars 1949).

Toujours le 15 mai 1948, l’armée égyptienne attaque le kibboutz Nirim peuplé de 40 habitants, qu’elle ne peut pas prendre, mais y fait 12 morts. Elle attaque aussi le kibboutz Kfar Darom, dont l’âge moyen est de 19 ans (il est peuplé d’orphelins rescapés des Allemands), et les défenseurs tiennent jusqu’au 8 juillet, où ils sont évacués secrètement. Elle attaque aussi le kibboutz Yad Mordehai qui est pris le 24 mai, (il était très peuplé, avec beaucoup de bébés) et ses habitants massacrés, et le kibboutz Nitzanim peuplé d’une majorité d’enfants orphelins, auxquels on coupe pour certains les têtes pour les promener au bout de piques. Ils font aussi beaucoup de morts dans les kibboutz Béérot Yitzak et Negba (sur lequel tombent 600 obus par heure), mais ne peuvent les prendre.

La vieille ville de Jérusalem est toujours assiégée, et Israël regroupe ses troupes pour les sauver, les 17 et 18 mai, mais ils n’y parviennent pas.

Le 26 mai, la vieille ville se rend et ses 1 800 habitants (surtout des femmes, enfants et personnes âgées), sont assassinés.

La vieille ville est perdue pour Israël jusqu’à la guerre de 1967. Dans le reste de la ville, les cent mille habitants, isolés, affamés et sans arme, sont aussi assiégés.

La Grande-Bretagne, dont la délégation à l’Onu est pro-arabe, est persuadée de la victoire finale des Arabes, compte tenu que les troupes arabes sont des militaires bien équipés, tandis que les assiégés israéliens sont des civils, très peu armés.

Aussi la délégation britannique s’oppose à l’arrêt des hostilités.

En Palestine, les Anglais sont de toutes les batailles, encadrant la Légion arabe de Transjordanie, conseillant les Égyptiens et les Irakiens, dégageant les Égyptiens encerclés dans le Néguev, armant les Arabes d’avions et de blindés. L’attitude américaine est influencée par sa politique pétrolière, bien que la Maison-Blanche ait été favorable à la création de l’État juif. Et seule l’URSS, qui a été la première à reconnaître l’État d’Israël, bien qu’étant antisémite, se déclare favorable à Israël, du moins pour quelques mois. La Tchécoslovaquie et les États communistes acceptent de vendre aux Israéliens armes et munitions.

Cependant lorsque l’État juif est créé, de nombreuses manœuvres visent à l’empêcher d’entrer comme membre à l’Onu (il a contre lui les Britanniques, le département d’État américain, et tous les États arabes), et c’est la réélection à la Maison-Blanche de Truman, favorable à Israël, qui modifie la situation.

En URSS, la situation des juifs se dégrade avec le procès des soi-disant « assassins en blouse blanche » : une mission israélienne conduite par Golda Meir, premier ambassadeur israélien, et reçue par Staline le 6 septembre 1948, vient soulever la question du droit des juifs à émigrer. Staline fait répondre par la Pravda le 21 : « les juifs doivent placer leur espoir dans l’Union soviétique qui conduit le genre humain vers un avenir meilleur ».

Et en novembre, il fait arrêter des intellectuels et des artistes juifs, lance le procès Slanski où 8 des 11 inculpés se voient reprocher leurs origines juives et bourgeoises (1950).

Par la suite, le 13 janvier 1953, la presse stalinienne inventera qu’un groupe de médecins juifs a empoisonné sur l’ordre américain… Jdanov et Chtcherbakov, et prépare d’autres assassinats médicaux, ce qui permet à Staline de prévoir la déportation en Sibérie de tous les juifs. Ils sont sauvés par la mort de Staline en mars, et un mois plus tard, un communiqué de presse annonce que les arrestations ont été illégales et les aveux arrachés par la torture.

Le 11 juin 1948 a lieu un cessez-le-feu. Le comte Bernadotte, gendre d’un grand pétrolier américain, émissaire de Hitler à la fin de la guerre pour obtenir une paix séparée, président de la Croix Rouge suédoise, et antisémite notoire, fait campagne pour que Jérusalem soit rattachée à la Transjordanie, et il est tué en septembre 1948.

La trêve est rompue le 9 juillet et les États-Unis livrent à Israël des forteresses volantes. En octobre 1948, les Anglais, liés par un traité d’assistance militaire à l’Égypte, l’Irak et la Transjordanie, exigent le retrait des juifs qui encerclent dans le Sinaï des Égyptiens qui ont rompu la trêve.

À la fin de 1948, l’Égypte annexe unilatéralement Gaza, et la Transjordanie fondée par les Britanniques entre les deux guerres et devenue indépendante en 1949, annexe unilatéralement la Judée-Samarie, en prenant le nom de Cisjordanie, ce qui ne provoque pas de réactions internationales, ce qui est anormal.

L’armistice est finalement signé : le 24 février 1949 avec l’Égypte, le 23 mars avec le Liban, le 3 avril avec la Jordanie, le 20 juillet avec la Syrie, mais pas avec l’Irak.

Mais les accords d’armistice ne débouchent pas sur des traités de paix, qui consacreraient la défaite des Arabes. Azzam Pacha, secrétaire général de la Ligue arabe, déclare : « tant que nous ne concluons pas la paix avec les sionistes, la guerre ne sera pas terminée. Et tant qu’elle ne sera pas terminée, il n’y aura ni vainqueur ni vaincu. Ce n’est que le jour où nous reconnaîtrons l’existence d’Israël et ferons la paix que nous admettrons notre défaite ».

4 b) comparaison entre les réfugiés arabes et les réfugiés juifs en 1948.

* Les réfugiés arabes. La guerre fut gagnée par Israël, et les Arabes sortis d’Israël à l’appel du grand mufti durent chercher accueil dans les États arabes voisins : 150 000 à Gaza, 250 000 en Cisjordanie, 70 000 en Transjordanie, 100 000 au Liban… Mais ceux-ci refusèrent de les intégrer, même la toute nouvelle Jordanie qui représentait tout de même 82 % de la Palestine, car on préféra les considérer comme un moyen de pression pour obtenir le plus de concessions possibles ou rayer Israël de la carte, et on les laissa dans des camps.

« En exigeant le rapatriement des Palestiniens en Palestine, les Arabes ont l’intention d’anéantir l’État d’Israël », publie l’ancien ministre égyptien des affaires étrangère Mohamed Salh el Din le 11 octobre 1949 dans le journal Al Misri. Pourtant, leur place aurait pu être en Jordanie, créée sur la Palestine comme on l’a vu.

En septembre 1949, l’Onu met en place un plan de secours avec 29 milliards de dollars, et crée une organisation d’aide : l’UNRWA, qui distribue des rations alimentaires. Mais les réfugiés refusent de s’installer dans des constructions en dur, et de s’assimiler dans les pays d’accueil. Cependant ils réclament des écoles qu’on leur donne, et vivent dans la haine.

Ces Arabes réfugiés prennent le nom de « Palestiniens », ce qui est trompeur.

En effet, Israël ne représente que 18 % de la Palestine, et les Israéliens sont aussi bien des Palestiniens, de même que les Jordaniens qui occupent 82 % de la Palestine.

À partir de ce moment, ces « Palestiniens » sont manœuvrés par des puissances qui tiennent à entretenir l’état de tension, d’insécurité et de trouble dans la région.

Les réfugiés, installés dans des camps dits provisoires, se multiplient par un taux de fécondité très élevé. Selon le rapport annuel du directeur de l’UNRWA, 1951/52, ONU doc A/2171, « l’accroissement de la population réfugiée est de 22 000 par an… pour augmenter leurs rations, ils se hâtent de déclarer les naissances, quelquefois en faisant passer un nouveau-né de famille en famille ; mais ils hésitent à déclarer les décès… beaucoup de Libanais vivant le long de la frontière palestinienne… s’empressèrent, la guerre venue, de repasser la frontière et de revendiquer le statut de réfugiés ».

La situation de ces réfugiés dans l’Histoire était un phénomène unique.

De 1933 à 1957, il y a eu plus de 135 millions de réfugiés dans le monde, dont de nombreux juifs, et tous ont été intégrés dans les pays d’accueil.

En particulier, les juifs des pays arabes furent chassés et tous leurs biens réquisitionnés. Dans un premier temps, on a compté 120 000 juifs d’Irak évacués par Israël en 1950, 45 000 du Yémen, 88 000 d’Afrique du nord et de Libye. (Research Group for European Migration Problems, op cit). Il y en a eu beaucoup d’autres par la suite, dans les mêmes conditions. Tous, sans exception, ont été accueillis et intégrés.

* Les réfugiés juifs. Il faut rappeler ici que la situation des juifs dans les États arabes était plus que problématique.

En Irak, la présence juive en Mésopotamie remonte à des millénaires, bien avant la conquête du pays par les Arabes (VIIIe siècle). Ur était la ville d’Abraham. Au moment de la déportation des juifs par Nabuchodonosor, tous ne retournent pas en Israël mais beaucoup restent en Mésopotamie. Sous les califes, ils exercent des fonctions importantes, et sont administrativement indépendants sous les califes abbassides. Sous les Ottomans, et dans les premiers temps de la monarchie hachémite, ils forment une bonne partie des cadres de la fonction publique.

À la création du royaume d’Irak, le président de la Cour suprême est un juif, et les minorités sont représentées au Parlement. En 1948, les juifs d’Irak sont 150 000 dans les villes, et ils sont irakiens depuis des millénaires. Mais les troubles fomentés par les Britanniques entre les deux guerres leur ont apporté des problèmes : en 1941 la populace de Bagdad s’est ruée sur les quartiers juifs pour piller, violer et égorger ; en décembre 1949 sont saccagées, le chef de la communauté juive de Bassora est pendu ; les juifs sont exclus des administrations, des écoles, des hôpitaux, et se voient interdire de quitter le pays, leurs avoirs sont bloqués. Israël organise alors un pont aérien pour les évacuer (110 000 personnes).

Au Yémen : 50 000 juifs descendant du Royaume de Saba et convertis au temps de Salomon sont tenus dans des ghettos mais ne souffrent pas de persécution. Mais l’Islam est tenu par les chiites qui tiennent les minorités pour des impurs. En 1905, l’imam Yahya fait une règle : les juifs ne doivent pas élever la voix devant un musulman, ne pas construire de maisons plus hautes que celles des musulmans, ni frôler un musulman dans la rue, ni monter sur les bêtes à califourchon, ni se tenir assis devant un musulman, etc… À partir de 1948, leur situation se dégrade et en 1950, Israël les évacue (47 000 personnes en 430 vols).

L’Égypte a accueilli des Allemands, anciens nazis, dont le général Wilhem Frambacher (qui devient chef des conseillers de l’armée égyptienne), le général SS Voss, le standfuhrer SS Leopold Gleim (qui change de nom et prend celui de lieutenant colonel Ali An-Nacher), l’obersturmbannfuhrer SS Bernhard Bender (qui devient le colonel Ben Salem), le gruppenfuhrer SS Alois Moser (devenu colonel Hassan Soilman).

Ils organisent des mouvements de jeunesse sur le modèle des hitlerjugend, travaillent à créer des usines d’armement, conseillent le ministre de l’Intérieur, etc. Quant aux Frères musulmans, fondés en 1924 par cheikh Hassan Le-Banna, ils disposent de redoutables forces paramilitaires qui se livrent à des meurtres contre les juifs, et organisent aussi des sabotages en Israël.

4 c) 1948-1967 – Les troubles dans les États arabes et la naissance du Fatah et de l’OLP

Les problèmes de frontières sont permanents en Israël à cause des infiltrations arabes pour tuer.

L’Égypte envoie en particulier les feddayins, et en 1955, elle ferme le détroit de Tiran, interdisant illégalement à Israël tout accès à la Mer Rouge, dans le but de lui reprendre le Neguev. Elle obtient également de l’URSS beaucoup d’armement car on est en pleine guerre froide, et l’URSS essaie d’attirer dans son camp les États sous-développés.

Le 26 juillet 1956, Nasser nationalise le canal de Suez, créé par les Occidentaux. Les Anglo-Français envoient des troupes, auxquelles se joignent les Israéliens. (29 octobre 1956). Le débarquement est une réussite, mais le 5 octobre, Moscou, qui vient d’écraser les Hongrois qui voulaient leur liberté, demande aux Nations Unies un cessez-le-feu immédiat et propose aux États-Unis une coopération pour envoyer armes et instructeurs en Égypte, et menace directement de représailles la France, la Grande-Bretagne et Israël. Les États-Unis déclarent que la proposition soviétique est cynique mais font pression : ils menacent de torpiller la livre anglaise et de supprimer leur aide à Israël, et le 7 novembre, on cède. Mais le 1er mars 1947, les Nations unies déclarent que les détroits sont une voie internationale et que si l’Égypte empêche Israël de passer, il pourra riposter par la force, et les casques bleus s’installent dans le Sinaï et la bande de Gaza.

Des révolutions secouent les États arabes :
– le 29 mars 1949, le colonel Housny Zaïm marche sur Damas et est assassiné par le colonel Hinnaoui, lui-même chassé en novembre
– le 16 juillet 1951, au Liban, le président du conseil Ryad Es Sohl est immolé à Amman
– le 20 juillet 1951, le roi Abdallah de Jordanie est abattu par des Arabes dans la mosquée El Aksa à Jérusalem
– le 20 juillet 1952, en Égypte, des officiers groupés autour du colonel Gamal Abdel Nasser (parmi lesquels Anouar El Sadate), et dirigés par le général Neguib, chassent le roi Farouk et portent Neguib au pouvoir
– le 14 juillet 1956, le roi Fayçal d’Irak est assassiné avec sa famille et les serviteurs du palais.

Cependant, la RAU (République arabe unie) est créée le 21 février 1958 par l’Union de la Syrie, qui se prononce à 99,98 %, avec l’Égypte.

Le Fatah est créé en 1957 à Beyrouth, au Liban, autour d’un journal, « Notre Palestine », mais son centre le plus actif est créé en RFA (Allemagne de l’Est), dans l’Université de Stuttgart. Il a également une section au Caire, une autre en Autriche, et d’autres encore ailleurs.

À Stuttgart, parmi les étudiants, Khalil El Wasir et Yasser Arafat qui deviennent ingénieurs, sont liés au FLN algérien et se font entraîner à Pékin à la guerre révolutionnaire. Ils implantent leur organisation dans de nombreux États arabes et y ouvrent des camps d’entraînement.

Dont Koweit, et Algérie (camp de Cherchell et camp Paul Cazelles). Mais Nasser refuse leurs incursions depuis son territoire, car il ne les contrôle pas, et entraîne la Syrie, qui s’est fondue dans la RAU, à refuser également. Quant au roi Hussein, qui a succédé à son père, il reste méfiant. Arafat prend le nom de Abou Amar, et El Wasir celui d’Abou Djihad, en 1961.

Le 28 septembre 1961, la RAU se dissocie. En 1963, un putsch militaire à Damas élimine les partisans de Nasser au profit des baassistes du général Amin El Hafez. Le Fatah, totalement contrôlé par la Syrie, reçoit l’ordre d’attaquer Israël, mais Nasser veut éviter la guerre. Il réunit un premier sommet arabe le 4 janvier 1964 à l’hôtel Hilton du Caire. Nasser y met la Syrie en minorité et fait cautionner sa propre politique par le monde arabe : création d’un commandement arabe unifié sous le commandement de l’Égyptien Amer, fin de l’envoi de terroristes en Israël pour éviter une guerre qui pourrait être catastrophique sans une préparation minutieuse que Amer estime de quatre ans, et pour contrebalancer l’influence du Fatah, création en 1954 de l’OLP, Organisation de libération de la Palestine, qu’il entend contrôler et qu’il fait diriger par Choukairi, ancien compagnon de l’ancien grand mufti Hadj Amine El Husseini et chef adjoint de la Ligue arabe. Celui-ci a été naturalisé réfugié à tort, a adopté la nationalité saoudienne, et représente ce pays à l’Onu où il s’est spécialisé dans l’insulte antisémite et anti-française. À New York, il s’est constitué un pactole de plusieurs millions de dollars qu’il a investi au Liban et en Égypte.

Quand la Grande-Bretagne s’apprête à évacuer la Fédération d’Arabie du Sud, le roi Fayçal, très inquiet, achète des armes aux États-Unis et en Grande-Bretagne ; et en 1965, il prépare un Pacte islamique contre l’influence de la Ligue arabe.

En février 1966, un coup d’État militaire à Damas porte au pouvoir le général Salih Djadid qui se dit socialiste. Mais ce gouvernement échoue sur le plan économique et se cherche des boucs émissaires : la Jordanie (en tant que pays réactionnaire) et Israël. Nasser, qui craint la guerre, refuse de reconnaître le nouveau gouvernement syrien.

La position égyptienne est difficile, car Nasser se déclare à la fois contre le projet de sommet musulman de Fayçal, et contre le sommet révolutionnaire voulu par la Syrie.

5 -1965-1966 : Des attentats par dizaines

En 1965, depuis les hauteurs du Golan, la Syrie appuyée par l’URSS tire sur les kibboutz de la vallée et les commandos palestiniens multiplient les attentats à partir de la Jordanie pour compromettre le régime jordanien.

Le 26 mai 65, le Fatah entre profondément en Israël à Afoula et fait sauter une maison et ses occupants. Israël pénètre en Jordanie et au Liban pour faire sauter des bâtiments abritant des terroristes, mais prend garde à ne pas faire de victimes.

En novembre 1965, à la suite de nouveaux attentats, Israël riposte en attaquant 4 villages jordaniens d’où partaient les terroristes et se heurte le 13 novembre à la Légion arabe qui avait été créée, comme on l’a vu, par les Anglais.

Le même jour, des soldats syriens tirent sur une patrouille d’Israël qui riposte et détruit deux chars. L’aviation syrienne bombarde des hauteurs du Golan les villages israéliens de la vallée et les Syriens font des travaux pour détourner les eaux du Jourdain qui arrose Israël. L’aviation israélienne riposte. Nasser craignant d’être isolé politiquement reconnaît le régime de Damas avec lequel il conclut un pacte d’assistance militaire.

En Syrie, un coup d’État porte au pouvoir le 23 février 66 des communistes, soutenus par l’URSS et la Chine. Les Syriens minent le nord d’Israël, et continuent leurs attaques, et le 7 avril 1966, les Israéliens attaquent les positions syriennes du Golan.

Nasser concentre des troupes dans le Sinaï pour gêner Israël par l’existence de deux fronts. En mai, face à l’importance des attentats, les paras israéliens entrent en Jordanie du Nord à Kalaat et Dir Rafaat, évacuent les habitants d’une quinzaine de maisons qui servent d’abris aux terroristes, et font sauter les maisons. Ils expliquent par les haut-parleurs aux populations qu’il a fallu détruire les maisons et donnent des couvertures aux habitants.

Le 2 mai 66, l’URSS s’engage à fournir des armements aux Syriens et du 2 mai au 6 juin 66, Syriens et Russes s’engagent dans une campagne de presse dans laquelle ils prétendent que les troupes israéliennes se massent à la frontière syrienne.

Le 10 mai, les Russes envoient aux Syriens deux fausses notes selon lesquelles Israël se prépare à attaquer le 17 mai, et le 15 mai la Pravda publie, toujours faussement, que les Israéliens ont massé 17 brigades de blindés à la frontière syrienne. Les dénégations d’Israël ne servent à rien. et des centaines d’instructeurs militaires russes arrivent en Syrie.

Beaucoup de combats aériens opposent Israël aux États arabes.

Le 3 octobre 1966, la Pravda annonce à nouveau l’imminence d’une attaque d’Israël. Après un attentat le 11 novembre 1966 qui tue 3 soldats israéliens, Israël lance le 13 une opération de représailles en Jordanie. Le 5 février 1967, après le minage d’un terrain de football, Israël transmet un avertissement à la Syrie annonçant des représailles massives si les attentats ne cessent pas. Le 14 mai, Nasser envoie 2 divisions dans le Sinaï pour renforcer les unités qui y sont en permanence, le général Amer lance l’ordre de bataille n°1, et les chars de la 16e brigade égyptienne défilent au Caire.

L’initiative de Nasser est surtout due à Moscou qui ne cesse de prétendre qu’Israël est sur le point d’attaquer et précisant même le nombre de brigades pour étayer ces mensonges. Pour être crédible, Nasser demande aux casques bleus du Sinaï de se retirer.

U Thant, secrétaire général des Nations unies, tergiverse, puis ordonne le retrait afin de laisser l’Égypte attaquer Israël, ce qui est contraire aux principes de l’Onu.

Le 23 mai, dans un discours modéré, Levy Eshkol, Premier ministre israélien, demande aux Égyptiens de se retirer du Sinaï, mais Nasser répond par un discours radiodiffusé : Israël n’a plus à ses côtés la France et la Grande-Bretagne@. Le 25 mai, son ministre de la Guerre, Kammsedine Badran, se rend à Moscou chercher des armes.

Nasser, encouragé par le soutien de Moscou, exige le 28 mai que les Israéliens évacuent le port d’Eilat et le poste frontière de Nitzana qui leur appartiennent pourtant. Il rétablit le blocus du détroit de Tiran, et multiplie les incidents de frontière contre Israël dès le départ des Casques bleus.

La guerre de 1967

Des États arabes hystériques

Une crise d’hystérie guerrière s’empare de tout le monde arabe, du Maghreb à l’Irak.

Le roi Hussein place ses troupes (la Légion arabe) sous le commandement unifié, et les troupes irakiennes entrent en Jordanie pour attaquer Israël. Le 3 juin, un conseil de guerre a lieu en Égypte, mais Nasser refuse de prendre lui-même l’initiative de l’attaque.

Mais la radio égyptienne ne cesse de proclamer: « il n’existe plus de force internationale pour protéger Israël. La seule méthode que nous utiliserons sera la guerre totale dont le résultat sera l’extermination finale du sionisme ». (noter la formule extermination finale, qui ressemble à solution finale).

Partout les chefs religieux appellent au djihad, avec des appels enflammés, des slogans, des chants guerriers, appelant à détruire, brûler, et à égorger (Mout! Mout! Mout! Itbah! Itbah! Itbah! tue! Tue! Tue! Égorge! Égorge! Égorge!). Le président irakien Aref déclare: « notre objectif est clair : effacer Israël de la carte ».

À Damas, El Atasi déclare : « l’élimination d’Israël est le pas décisif… ».

Les États musulmans annoncent tous l’envoi de troupes : Algérie, Tunisie, Libye, Soudan… et des détachements étrangers défilent au Caire.

Des tracts et des affiches illustrent le massacre des juifs.

Les étudiants arabes des universités européennes partent par centaines à Alger pour recevoir une formation militaire.

Des tracts représentent Allah partant conquérir Israël sur son tapis volant. C’est sûr qu’à 200 millions contre 2 millions, soit à cent contre un, on pouvait pavoiser.

La guerre

Le 15 mai 1967, les Égyptiens amènent dans le Sinaï des dizaines de milliers de soldats, des milliers de camions, des escadrilles de chasseurs Mig (fournis par l’URSS), et prennent position à la frontière.

Le 5 juin, les Israéliens font un raid contre les bases aériennes égyptiennes et en 30 heures, détruisent toute l’aviation égyptienne (416 avions).

Le même jour à 5 heures du matin, le 1er ministre Levy Eshkol fait porter une lettre au roi Hussein et au président du conseil libanais en affirmant qu’il ne mènera aucune action contre eux sauf si ces pays l’attaquent.

La réponse de Hussein est à 9 h 15 sur les ondes : « revanche! Écrasez l’agresseur ! » , et une demi-heure plus tard : « Arabes… tirez !… la fin d’Israël est entre nos mains… volez, pilotes héroïques ! »

À 10 h 30, la Légion arabe prend position dans la vieille ville de Jérusalem et tire sur la population civile de Jérusalem, des tirs de canons incessants sans qu’il y ait eu la moindre provocation d’Israël. Entre le 5 et le 6 juin, Israël tient deux fronts et conquiert la Judée et la Samarie.

Le 6 juin 1967, Égypte, Syrie, et Jordanie attaquent Israël.

Le même jour Nasser téléphone à Hussein. Il ne veut pas perdre la face devant le monde quand 2 millions d’Israéliens sont en train de vaincre des dizaines de millions d’Égyptiens, et il lui propose de déclarer sur les ondes que les États-Unis et la Grande-Bretagne participent à l’attaque.

La conversation est enregistrée par Israël et circule dans les chancelleries. Nasser ne le sait pas et fait sa déclaration l’après-midi sur les ondes, au grand dam des Américains et des Britanniques.

L’Égypte rompt ses relations avec les États-Unis, annonce la fermeture du canal de Suez, et dans toutes les capitales arabes, les ambassades américaines sont assaillies. Syrie, Irak et Liban arrêtent leur production de pétrole. Arabie saoudite, Bahrein, Katar, Koweit, suspendent la livraison de pétrole aux pays censés aider Israël. Mais l’Occident reste uni.

Le 8 juin 1967, Égypte et Syrie acceptent un cessez-le-feu, au grand étonnement de leurs populations qui entendent des communiqués faisant état de victoires. Cependant les combats continuent. Le 9 juin Nasser annonce la défaite et démissionne, mais son peuple refuse et il reste. La guerre se poursuit du côté syrien.

En entrant en Syrie, les Israéliens apprennent que les tirs sur les villages israéliens de la vallée étaient dirigés par les conseillers militaires soviétiques.

L’affaire, découverte le 9 juin, est ébruitée par les journalistes français envoyés spéciaux (Georges Durand, Pierre Joly, Tabès, René Mauriès et Pierre Macaigne). Le 10 juin, l’Onu impose un cessez-le-feu à Israël qui gagne la guerre, mais le détroit de Tiran est rouvert, Jérusalem unifiée, le Sinaï occupé par Israël.

L’attitude des nations :

La France, dégagée de la guerre d’Algérie, cherche à redevenir l’amie du monde arabe pour lequel elle prend parti. Le 7 juin, en pleine guerre, de Gaulle met l’embargo sur les chasseurs Mirage commandés et déjà payés par Israël, et il déclare que « les juifs sont un peuple sûr de lui-même et dominateur ». Israël se met à fabriquer lui-même son propre armement. Et Couve de Murville, ministre de l’Intérieur, condamne Israël. Mais l’opinion publique lui est favorable, et Israël reçoit le soutien moral de nombreuses personnalités.

Les États-Unis soutiennent Israël et lui livrent de l’armement ;

en Tunisie, Bourguiba, malade, intervient personnellement pour arrêter la populace qui s’en prend aux juifs et déclare que lui vivant, il n’y aura aucune discrimination dans le pays ;

la Grande-Bretagne et l’Allemagne proclament leur neutralité ;

les Suisses se prononcent en faveur d’Israël ;

En Guinée, Sékou Touré chasse l’ambassadeur d’Israël et les ressortissants israéliens ;

dans les États arabes ont lieu des manifestations antisémites violentes contre les juifs de ces pays ;

Pékin déclare : « Les 700 millions de Chinois condamnent vivement l’agression commise au Proche Orient par l’impérialisme américain et son valet Israël… et se tient aux côtés des peuples arabes ».

Dès la fin de la guerre, les Arabes reprennent le terrorisme contre Israël, attaquent des bus d’enfants, des écoles, placent des bombes sur les marchés, et dans les rues.

Ils s’en prennent aussi aux avions internationaux. En décembre 68, un avion commercial israélien ; le 8 février 69, un Boeing d’El Al à Zurich ; le 29 aout 1969, un Boeing TWA allant à Tel Aviv détourné. La France qui a mis l’embargo sur les armes à destination d’Israël en décembre 1968 vend en décembre 1969 cinquante Mirage à la Libye d’où partent les terroristes et bloque à Cherbourg les vedettes lance-missiles payées par Israël.

En 1970, nouveaux attentats, enlèvements de civils, détournements d’avions par les organisations terroristes arabes : le Fatah de Yasser Arafat, le FPLP de Georges Habache, Septembre Noir, le FDLP de Hawaneh, El Saïkia dirigé par la Syrie. Le 6 septembre 1970, des avions de la Pan Am, de Swissair, de la TWA (les passagers sont gardés à Tarka, en Jordanie).

Le 8 mai 72, Septembre Noir capture un avion de la Sabena à Tel Aviv en échange de 100 terroristes emprisonnés ; le 23 mai trois Japonais mitraillent la foule à Lod pour le compte de Septembre Noir ; le 5 septembre, aux jeux olympiques de Munich, Septembre Noir assassine 11 athlètes israéliens, etc. Pour protéger leurs intérêts pétroliers, tous les États du monde tournent le dos à Israël, sauf les États-Unis. Les Russes continuent à armer l’Égypte et à l’entraîner beaucoup plus sérieusement. Sadate remplace Nasser et répète constamment qu’un affrontement est inévitable, même si l’affaire doit se solder par un million de morts@.

4 f ) la guerre de 1973

L’attaque arabe contre Israël

En avril 1973, Israël reçoit des informations selon lesquelles l’Égypte et la Syrie veulent à nouveau attaquer et mobilisent partiellement, mais comme rien ne se passe, Israël croit à une opération de propagande.

Le 13 septembre, 4 appareils de reconnaissance israéliens sont attaqués au-dessus de la méditerranée par 6 avions syriens, et d’autres appareils arabes arrivent pour participer. Damas installe une trentaine de bases de fusées Sam pointées vers Israël. Mais Israël ne croit toujours pas à la guerre et prend les mouvements de troupes égyptiens pour des démonstrations de force.

Le 6 octobre au matin, alors que les réservistes israéliens sont chez eux à cause du Kippour, les conseillers soviétiques et leurs familles quittent Égypte et Syrie. Les Syriens envoient un Mig qui lance une fusée chargée de plus d’une demi-tonne d’explosifs sur Tel Aviv, mais un pilote israélien réussit à l’abattre en vol au-dessus de la mer.

Et simultanément, Égypte et Syrie attaquent. Israël n’est pas prêt et les premières positions sont enfoncées, les postes frontières pris, l’aviation atteinte par des fusées Sam soviétiques.

Au mont Hermon (2800 m), les Syriens ne font aucun prisonnier, et décapitent leurs victimes.

Les pertes israéliennes sont énormes, et les Israéliens se battent à un contre 20.

Il faut quelques jours aux Israéliens pour se ressaisir. Les armées arabes sont équipées d’armement ultra moderne et ont été entraînées en URSS.

Les Israéliens réagissent, reconquièrent le Golan, détruisent des centaines de chars et des milliers de véhicules syriens. Les États-Unis soutiennent Israël, les Soviétiques soutiennent les Syriens, qui reçoivent aussi des troupes irakiennes et marocaines, et les Égyptiens qui reçoivent des troupes koweitiennes et marocaines.

Les réactions internationales devant l’attaque

France : Pompidou dit « attendre et voir venir » ; Michel Jobert, ministre des AE pro-arabe : « est-ce que tenter de remettre les pieds chez soi est une agression ? »

Grande-Bretagne : silence du gouvernement, mais les médias condamnent Égypte et Syrie

Allemagne : neutralité

Yougoslavie : condamne Israël

Pékin : accuse Israël

les États africains, dans leur ensemble, rompent leurs relations avec Israël. Amin Dada (Ouganda) déclare qu’Hitler a eu raison de tuer 6 millions de juifs.

La défaite arabe

Le 15 octobre, les Israéliens passent le canal de Suez et démantèlent les missiles Sam. Les avions israéliens peuvent alors passer.

Le 19 octobre, Kossyguine se rend au Caire pour obtenir un cessez-le-feu et empêcher une trop forte victoire des Israéliens qui sont à 60 km du Caire.

Il obtient une réunion d’urgence du Conseil de sécurité et le 22 octobre, l’Onu demande le cessez-le feu-immédiat. Damas ne se décide que le 24 octobre, Israël ayant détruit les raffineries, centrales électriques, oléoducs, ports, aéroports. Khadafi refuse tout cessez-le-feu, et les Palestiniens réunis à Beyrouth autour de Arafat refusent toute négociation.

Le même jour, la 3e armée égyptienne est encerclée dans le Sinaï.

Des unités soviétiques débarquent au Caire et menacent d’intervenir.

Washington met en alerte les forces américaines. Les non alignés proposent la création d’une force internationale à envoyer au Moyen-Orient, ce que le Conseil de sécurité accepte sauf la Chine qui s’abstient. Le 24 octobre, le cessez-le-feu a lieu et les Casques bleus arrivent très rapidement.

Louise Guersan
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