A la Une Les Celtes

La civilisation des Celtes. Son origine cananéenne

par Emile Mourey

Depuis la plus haute antiquité, un important courant d’émigration a existé de l’Orient vers l’Occident. J’irais même jusqu’à préciser : du pays de Canaan jusqu’en Gaule.

Ce courant a suivi deux voies principales ; l’une passait par la Méditerranée puis remontait le couloir Rhône/Saône ; l’autre est la voie du Danube.

Le territoire de l’actuelle Bourgogne n’aurait-il pas joué le rôle d’une plate-forme réceptrice pour ces deux courants mais aussi redistributrice en direction du reste de la Gaule ? C’est ce dont je suis persuadé.

Lorsque Diodore de Sicile évoque l’union de Galatée avec Héraklès sur le site d’Alésia – une alésia qu’il faut identifier à Bibracte que je situe à Mont-Saint-Vincent – n’importe qui peut comprendre qu’il s’agit d’une alliance entre la population locale et une colonisation venue de Tyr, même si ladite population locale a repris le pouvoir par la suite.

Mais dans le cas d’une émigration continue, celle-ci ne pouvait être alimentée que par l’arrière-pays : le pays de Canaan prolongé jusqu’au Liban, un pays naturellement destiné, de par sa situation, à être le réceptacle de tous les troubles historiques du Proche-Orient.

Lorsque Jésus de Nazareth se rend entre Tyr et Sidon et qu’il y guérit la fille d’une femme parlant grec, syro-phénicienne d’origine (Mc 7, 26), l’exégète comprend, ou devrait comprendre, qu’il se rend à Sarepta pour renouveler le miracle du prophète Elie (1Rs 17). L’historien comprend, ou devrait comprendre, qu’il s’agit d’une conversion/ralliement de la descendance d’une population devenue veuve du fait d’un pouvoir ancien qui s’est délité. Lorsque Mathieu (Mt 15, 21) rappelle le miracle mais en qualifiant la femme de Cananéenne, l’historien devrait en conclure que Syrie -> ancien pays de Canaan, que Héraklès = cananéen = phénicien et qu’à cette époque, le grec y était parlé.

L’exégète et l’historien devraient également comprendre que pour le mouvement évangélique/essénien, il était important de disposer d’un comptoir sur la Méditerrannée pour être en liaison avec la diaspora installée en Gaule à laquelle on envoyait les textes évangéliques. Ceci dit, puisque nous partons de l’idée d’un courant d’émigration continu, revenons au début du fil de notre histoire.

I. Nous avons été colonisés par le Proche-Orient, au moins en partie, c’est ma thèse.

Avant la conquête des Gaules par César, à une date difficile à déterminer, l’arrivée des Eduens/Iduméens, fils d’Edom – sud de la Palestine – peut d’autant mieux s’expliquer si ce courant est passé par Alexandrie où la communauté juive, probablement d’origine édomique, était très dynamique (IVème siècle av.J.C. ?).

Ce courant d’immigration par la mer est plus que prouvé par les fresques judaïques récemment restaurées de Gourdon (Ier siècle av.J.C. ?).

Gourdon se trouve au pied de Mont-Saint-Vincent, là où je situe le véritable site de Bibracte.

La baleine qui y est représentée évoque, de toute évidence, celle de la Bible qui a recraché Jonas sur la terre ferme. Par analogie, elle évoque ici le long et dangereux périple maritime d’une colonie et son débarquement sur les rives de la nouvelle terre promise.

Le fait que le légionnaire (gallo-romain ?) des troupes d’occupation de la Palestine ait été considéré comme « Edom » par les Juifs de Jérusalem est un indice. Le mot Cléopas des fresques de Gourdon qui s’introduit dans les évangiles est un autre indice.

 

 

Le courant d’immigration par la voie du Danube est illustré par l’errance du peuple helvète qui, après son escale en Forêt noire, se retrouve en Suisse avant de faire mouvement en direction du pays des Eduens, manifestement en accord avec eux (dans le plan de Dumnorix – et de Divitiac – les trois peuples, éduen, séquane, helvète, devaient être en mesure, face aux Arvernes, d’imposer leur pouvoir sur toute la Gaule, DBG I, 3, 3-8).

Ce mouvement des Helvètes, il faut se l’imaginer un peu comme une grande procession portant en tête la fille d’Orgétorix promise à l’éduen Dumnorix, vierge dont on attend la naissance d’un sauveur comme l’annonce la fresque prophétique de Gourdon.

Nous sommes dans l’air du temps et dans la pensée judaïque venue de Palestine et répandue dans la diaspora.

Ce n’est pas contradictoire avec le fait que les tablettes de recensement helvètes aient été rédigées en grec, cette langue étant alors pratiquée sur tout le pourtour de la Méditerranée. Très étonnant, en revanche, est le mot « toge » qu’on retrouve avec ses syllabes parfois inversées dans les noms d’Orgétorix, de Togirix et de Vercingétorix. Le contexte excluant la signification de « toge romaine », c’est une signification hébraïque qu’il faudrait donc lui donner ( Gn 37, 34, Jacob déchirant sa toge ?).

L’actuelle Bourgogne constituant, comme je l’ai dit, la plate-forme réceptrice de ces deux courants était tout naturellement appelée à être redistributrice. Ainsi s’explique, à mon sens, le mouvement du peuple biturige, implanté initialement à Chalon-sur-Saône et à Bibracte/Mt-St-Vincent, comme je l’explique ci-après, mais se rétablissant notamment dans ses colonies de Bourges, d’Argenton et de Bordeaux.

Ainsi pourraient s’expliquer les Aulerques Cénomans, Diablinthes, Éburovices issus par essaimage de colonies des Aulerques Brannovices de Brançion et des Aulerques Blannovices de Blanot, en Bourgogne. Par ailleurs, Le Mans – Susdunum – pourrait être issu de la tribu gauloise de Suin, en Bourgogne (de Sus, le sanglier).

II. C’est la colonisation et le commerce qui ont façonné notre territoire

Ce maillage colonial de notre territoire s’est mis en place bien avant que César n’arrive en Gaule.

Fondations par essaimage de colonies, régnant à l’origine sur un pagus dont elles sont le centre, elles comportent ville et oppidum d’où partent, en plaine tout au moins, des voies rayonnantes en forme d’étoile qui se raccordent au réseau naturel préexistant (sept voies pour Reims au temps de César). Et c’est bien ce que notre réseau routier a conservé en mémoire. Des départs de voies parfois tracées au cordeau, en étoile, se raccordant à un réseau de chemins établis par l’usage.

L’innovation technologique venant en général de l’étranger, ou tout au moins de la cité-mère – c’est le cas de l’étamage pour Alésia/Bibracte – il est tout à fait naturel que les premiers à en être instruits ou à bénéficier des nouveaux produits soient les cités/filles.

A charge pour elles, ou de reproduire ces produits dans leurs ateliers d’artisans, ou de les vendre directement à la population paysanne. Dans ce cas, il existe deux possibilités : ou bien attendre que les paysans viennent acheter leurs outils au marché de la cité contre la vente de leurs denrées, ou bien se déplacer sur un itinéraire fréquenté, de marché en marché, suivant un calendrier préétabli.

Ainsi pourrait s’expliquer la naissance de notre réseau routier avant la carte de Peutinger dont un certain nombre de stations évoquent des marchés.

III. Colonisés que nous étions, nous avons tenté de coloniser l’Europe

Quand Pline nous dit que l’étamage des métaux fut réalisé pour la première fois à Alésia, tout en nous précisant par ailleurs que la gloire en revenait aux Bituriges, nous comprenons que l’Alésia en question n’est pas Alise-Sainte-Reine mais Bibracte/Mt-St-Vincent, que la cité était alors aux Bituriges et que c’est de là qu’Ambicat, roi des Bituriges, lança les deux grandes expéditions celtes qu’évoque Tite-Live, l’une vers l’Italie, l’autre vers le Danube.

Selon Tite-Live, l’expédition vers l’Italie rassemblait les Eduens (qui auraient donc supplanté à cette date les Bituriges à Bibracte), les Bituriges (qui se seraient maintenus à Chalon et dans l’Autunois avant d’être absorbés), les Aulerques de Brançion et de Blanot, les Ambarres du Bugey – autrement dit une Celtique réduite centrée sur Bibracte. A cette coalition se seraient joints, toujours selon Tite Live, les Arvernes de Gergovie, les Carnutes d’Orléans et les Senons de Château-Landon.

Quant aux expéditions danubiennes menées conjointement par Bibracte et Gergovie, elles semblent s’être développées dès le VIème siècle depuis l’oppidum de Heunebourg. Reste l’expédition des Galates en Asie Mineure, en 278, menée de même par les deux cités susnommées. http://mobile.agoravox.fr/tribune-libre/article/allianoi-site-antique-75974

IV. Nous avons failli être recolonisés par nos fondations

Il s’agit de la tentative d’Arioviste. Cela s’est passé juste avant l’intervention de César, vers les années – 70.

Dans le plan de Dumnorix et de Divitiac que j’ai évoqué dans un précédent paragraphe, les trois peuples, éduen, séquane, helvète, devaient être en mesure, face aux Arvernes, d’imposer leur pouvoir sur toute la Gaule, (DBG I, 3, 3-8). Nous sommes dans la logique d’un conflit tout ce qu’il y a de plus classique.

J’ai expliqué que si Arioviste est intervenu en Gaule, c’est à la demande des Arvernes – comme le dit César – qui se sentaient menacés par le plan précité. D’où l’arrivée en renfort et l’installation de mercenaires germains au mont Beuvray/Gorgobina arverne. D’où le mouvement des Eduens et de leurs alliés pour les attaquer et leur défaite à Mesvres/Magetobriga. D’où le mouvement de l’armée helvète appelée en renfort par les Héduens et sa défaite à Sanvignes face aux Romains.

D’où, finalement, la défaite de l’armée d’Arioviste dans la plaine d’Alsace et l’installation des Boïens au mont Beuvray par César. Il me semble hautement probable qu’Arioviste et ses guerriers étaient des descendants des Arvernes qui, au VIème/Vème siècle, avaient envahi l’Europe en y fondant des colonies. En les appelant à l’aide, Gergovie faisait appel, en fait, à de lointains cousins.

Or il apparaît qu’Arioviste, dans ses intentions cachées, voulait tout simplement s’emparer de la Gaule (DBG I, 31,11-14)…

Ensuite vinrent les Romains, puis les Francs.

V. Les chapiteaux de nos plus vieux temples témoignent d’une colonisation cananéenne, pré-judaïque, puis judaïque. Encore faut-il reconnaître leur antiquité

C’est ce que j’ai expliqué dans mes ouvrages et articles divers, en commençant par les édifices de Mont-Saint-Vincent/Bibracte et de Gergovie/Le Crest ; le premier avec ses chapiteaux aux lions, le second avec ceux de la lune et du soleil.

L’histoire que la Bible rapporte dans ses écrits, la Gaule l’a sculptée dans les chapiteaux de ses temples, depuis l’histoire cananéenne d’Adam et Ève jusqu’au Seigneur essénien qui se fait voir dans le ciel, au IIIème siècle, dans la cathédrale judaïque de Chalon-sur-Saône et jusqu’à Notre-Dame du Port où Zacharie annonce au Vème siècle la venue de Jean.

VI. La logique d’une colonisation cananéenne est confirmée par l’étymologie

Évoquant notre région dans un très court passage, Hécatée de Millet (vers 546-480 avant J.-C.) ne cite que trois villes : Narbonne, Marseille qu’il situe en Ligurie et, au-delà de Marseille, Nuerax, habitée par les Celtes. Dès lors que nous avons identifié Nuerax à Bibracte et à Mont-Saint-Vincent, on comprend tout de suite que le mot « Celtes » ne désignait au départ que le nom des habitants de Bibracte et que ce n’est qu’ensuite que ce nom s’est étendu à l’ensemble des peuples sur lesquels Bibracte avait étendu son influence

On devine également qu’en désignant les habitants de Bibracte par le mot grec « Keltoï », l’intention d’Hécatée était en réalité de dire que c’étaient des « Kaldaï », autrement-dit, des Chaldéens originaires du pays de Canaan.

(Wikipédia : « la langue syriaque, appelée en divers temps, langue chaldéenne ou babylonienne, araméenne, assyrienne, fut encore nommée hébraïque, non qu’on la confondît avec l’ancien hébreu, mais parce qu’elle était devenue la langue vulgaire des Juifs, depuis leur retour de la captivité de Babylone, et qu’elle l’était encore du temps de Jésus-Christ »).

Ajoutons à ce témoignage celui d’Hérodote selon lequel habitaient à l’ouest des Celtes pré-cités, les Kinnesioï (Histoire, Livre II, XXXIII).

On en déduit, tout d’abord, qu’il s’agit des habitants de Gergovie.

Ensuite, en pensant aux Chaldéens, au pays de Canaan et à sa ville/capitale « Kinneret » du bord du lac de Galilée, on est tout naturellement amené à faire le rapprochement entre Kinneret et Kinnessoï.

Étonnante confirmation : au Ve siècle, saint Augustin rapporte que les habitants des villages puniques autour de Carthage se présentaient comme des Cananéens. De même, les Berbères d’Afrique du Nord.

(Professeur André Lemaire : Les cananéens, le Levant et la mer. pdf.).

VII. La Gaule de Bibracte n’a pas oublié ses origines cananéennes

Fils d’Antipater, Iduméen d’origine, grand sénéchal de Judée, ami de César, Hérode était accompagné d’une troupe gauloise (Flavius Josèphe).

Qui a mis sur pied cette troupe gauloise sinon Bibracte ? Une troupe gauloise éduenne qui accompagne un Iduméen de sa parenté jusqu’à le considérer comme celui qui doit sauver Israël, voilà une hypothèse tout ce qu’il y a de plus logique dans l’esprit de la fresque prophétique de Gourdon.

L’enceinte de l’esplanade du temple d’Hérode. Qui donc auraient eu l’étonnante idée de reproduire le quadrilatère de la Petite Ourse présent dans les fondations de la tour de Taisey sinon les Eduens de Cabillodunum ?

Qui donc auraient pu sculpter la scène de résurrection de Lazare par le Christ céleste de Chalon et d’Autun sinon des Éduens qui revenaient sur la terre de leurs ancêtres pour y raviver la foi disparue (croisade d’Hélène en terre sainte au temps de Constantin).

Pourquoi la Bourgogne a-t-elle été si ardente pour précher les croisades ? Ne serait-ce pas pour défendre, ou reprendre, la Terre que Dieu avait promise à leur aieul Abraham?

Etonnant, la simultanéité entre le discours contre Néron, à Bibracte, du Gaulois Vindex et le soulèvement de Jérusalem !

VIII. La Bible est le plus étonnant livre d’Histoire que l’humanité ait écrit.

A la petite minorité qui veut bien réfléchir, je rappelle le point d’ancrage de ma pensée.

Concernant l’islam, je ne cherche pas à contredire ceux qui disent que le Coran est descendu incréé du ciel, mais ma liberté m’autorise quelques nuances.  Car si Omar avait la meilleure inspiration dans le conseil musulman, c’est probablement qu’il avait un meilleur discernement pour ce qu’il fallait retenir de ce qui descendait du ciel dans les consciences.

Concernant le judaïsme, j’accepte bien volontiers que les Juifs honorent dès lors qu’ils le placent dans ce que j’appelle le « Ce qui nous dépasse ». Mais pour la Torah, je dirais un peu la même chose que pour le Coran, une histoire et un enseignement donné par un Moïse inspiré. Concernant les origines du christianisme, je dirais de même, mais avec d’importantes nuances, tout en rappelant mon précédent article, à savoir qu’au début de notre ère, il s’est fait une dissociation du symbole entre un Yahvé qui trône dans le ciel et un Yahvé qui vient, Seigneur des Armées, Seigneur de gloire, Jésus du ciel, déjà surnommé Christ, Jésus qui s’incarne dans le corps d’une communauté, qui anime ses actions, qui ressuscite dans une autre communauté sainte, qu’on espère voir se manifester dans un homme, mais qui repart au ciel en ayant seulement « goûté » la mort et le supplice de la croix durant son court séjour sur terre..

Tout cela, je l’ai largement développé dans mes ouvrages et mes articles. C’est un sujet riche d’humanité mais complexe qu’on ne peut que dénaturer si on le simplifie.

La Bible est le seul récit qui nous permet d’essayer de comprendre l’Homme sur une importante tranche de temps de son évolution, et à son début.

Note. Au sujet de l’étamage des métaux, voici ma traduction du texte de Pline : plus tard, on se mit à plaquer de l’argent de la même façon… sur l’oppidum d’Alésia (Bibracte/Mt-St-Vincent). La gloire en reste(ra) aux Bituriges…reliqua gloria Biturigum fuit. Je ne vois pas comment on peut faire dire à Pline que cet étamage s’est fait pour la première fois sur cet Alésia et que cette invention serait due à d’autres.

Les textes et les dessins sont de l’auteur.

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