A la Une Crimes contre l'humanité

Donald Trump a pris des mesures contre l’esclavage en Mauritanie. Et bizarrement, personne n’en parle…

Donald Trump surprend. Peu de médias ont rapporté le coup de gueule du président américain contre l’esclavage.

En effet, le 5 novembre dernier, les États-Unis ont décidé de retirer à la Mauritanie, son statut de partenaire commercial privilégié. La raison ? Les pratiques de « travail forcé » et « d’esclavage héréditaire » toujours en cours dans le pays. Une situation inacceptable pour Washington qui a ainsi décidé de sévir.

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Le président américain a informé le Congrès et les autorités mauritaniens qu’il compte mettre fin à l’admissibilité de la Mauritanie aux avantages en matière de préférence commerciale en vertu de la loi sur la croissance et les perspectives économiques en Afrique (Agoa).

La raison est que les Etats-Unis ont jugé que la Mauritanie n’a pas fait assez d’efforts pour mettre fin au travail forcé. «Le travail forcé ou obligatoire, tel que l’esclavage héréditaire, n’a pas sa place au XXIe siècle», a ainsi déclaré le représentant adjoint du Commerce des Etats-Unis, C J Mahoney.

Cette décision a été prise après une revue annuelle qui a établi que la Mauritanie n’a pas fait de progrès sur certains domaines. «La Mauritanie ne respecte pas les critères d’éligibilité de l’Agoa. En particulier, elle n’a pas progressé dans la lutte contre le travail forcé, précisément contre le fléau de l’esclavage moderne héréditaire. En outre le gouvernement mauritanien continue à limiter la capacité de la société civile à travailler librement pour résoudre les problèmes liés à la lutte contre l’esclavage».

A ce titre, on peut souligner que l’un des symboles actuels de cette lutte contre l’esclavage en Mauritanie, Biram Dah oulb Abeid, élu député lors des dernières élections générales (communales législatives et régionales) croupit en prison.

Toutefois, la porte n’est pas définitivement fermée pour la Mauritanie.

Les sanctions rentreront en vigueur à partir du 1er janvier 2019.

D’ici là, la Mauritanie devra montrer des signes clairs de son engagement à éliminer le travail forcé. «Nous espérons que la Mauritanie travaillera avec nous pour éliminer le travail forcé et l’esclavage héréditaire afin que son éligibilité à l’Agoa soit rétablie à l’avenir», a déclaré Mahoney.

Avec ces sanctions, la Mauritanie va perdre de nombreux avantages commerciaux de la part des Etats-Unis.

L’impact de ces sanctions sera insignifiant du fait de la faiblesse des échanges commerciaux entre la Mauritanie et les Etats-Unis. Toutefois, elles risquent d’entrainer d’autres sanctions plus importantes au niveau des institutions dans lesquelles les Etats-Unis ont un droit de regard et vont davantage dégrader l’image du pays considéré comme l’un des derniers où cette pratique abominable est encore présente.

Rappelons que la Mauritanie a été le second pays après le Niger à ratifier le protocole de 2014 relatif à la convention de 1930 sur le travail forcé.

Toutefois, l’esclave demeure une réalité en Mauritanie dans certaines régions du pays, malgré le fait que le pouvoir en place l’ait criminalisé.

C’est à partir du 1er janvier 2019 que cette sanction entrera en vigueur, à l’occasion de la révision du programme AGOA (Africa Growth and opportunity Act, « loi sur la croissance et les opportunités de développement en Afrique »), qui a lieu tous les ans.

L’esclavage, aboli en 1981

Dans les chiffres, la portée de cette décision semble être relative puisque les deux pays n’entretiennent pas une relation commerciale aussi privilégiée que cela. En 2017 par exemple, la Mauritanie a importé pour près de 80 millions de dollars de biens américains.

Cependant, la portée est tout à fait symbolique pour ce pays dont l’esclavage a été officiellement aboli en 1981.

Aujourd’hui, si le terme de « travail forcé » est privilégié à celui d’esclave, les conditions restent les mêmes, des milliers de descendants d’esclaves restant assujettis aux descendants de leurs anciens maîtres, et ce, malgré le fait qu’une loi soit passée en 2015, faisant de l’esclavage, un « crime contre l’humanité » passible de 20 ans de prison.

Source : Afrique.360
Sur : https://www.europe-israel.org/

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