Franck Hatem

Crise Économique ou Crise Métaphysique

Frank Hatem

(interview)

Frank HATEM
Frank HATEM

LECTEUR : Bonjour, Frank.

Frank Hatem : Bonjour,

LECTEUR: C’était vraiment très compliqué cette explication de la cause de la souffrance et du « paradoxe de l’Etre ». On dirait un complot contre nos neurones ! Est-ce que ça vaut vraiment la peine de faire de la Métaphysique ?

F. H. : Compliqué, non. Difficile, oui. Et c’est bien normal puisque notre mental est organisé pour rejeter l’évidence du Vrai et chercher à se prouver en permanence que l’illusion est une réalité, sans quoi il remet lui-même son existence en cause. Mais justement, comprendre c’est guérir. Remettre le mental à sa place, c’est guérir. Cela ne se fait pas sans qu’il résiste.

LECTEUR: Qu’est-ce qui est vrai ?

F. H. : Je. « Je suis » est vrai. Mais cela pose problème alors que le néant, lui, n’en poserait pas. Etre n’est pas confortable. Alors pour échapper à la vision du Néant, cette nécessité, ce but auquel notre agitation mentale tente d’échapper, ce mental fait en sorte que « Je-suis » soit évacué en tant que problème, et que le néant, lui, soit évacué comme solution. D’où notre infirmité métaphysique. Justement, à la « Fin des Temps », c’est cette « inversion des pôles » qui se produit. Ce que je croyais vrai s’avère illusion (tremblements de terre et effondrement des murs de l’ego émotionnel), et la Vérité métaphysique que je fuyais s’impose désormais, avec toutes les conséquences merveilleuses que cela produit dans tous les domaines : médecine, psychologie, technologies, vie communautaire etc.

C’est un « passage ». Tôt ou tard ce passage se fait pour ceux qui sont prêts. Mais ceux qui ne sont pas prêts ne s’aperçoivent de rien.

Personne n’est obligé d’aller au bout de l’abstraction, sauf à un moment donné de ses existences. Il y a toujours un moment, dans notre évolution, où on cesse de fuir : comprendre mentalement la source de la souffrance afin de l’éteindre autant que faire ce peut. Mais comme le mental fait toujours de la résistance, on repousse toujours cette échéance et on utilise d’autres voies pour trouver la paix : au début, pendant très longtemps, pendant des vies et des vies, on privilégie ce qu’on appelle Bhakti Yoga : l’amour dualiste. L’identification à l’autre ou à une image divine ou pas. C’est une façon de chercher l’unité, donc un « yoga », tout en restant quand même dans la dualité. Pour aimer, il faut être deux.

LECTEUR: En fait, que ce soit la vie amoureuse ou la religion, le but est le même.

F. H. :Oui, et il y a ensuite « Karma Yoga » : le service. « Karma » veut dire « action ». C’est une façon plus active, plus pratique d’aimer. On n’est plus tourné vers soi mais vers l’autre, en se mettant à sa place, en répondant à ses besoins ou demandes. Mais ça reste quand même dualiste, évidemment. Pour pouvoir aider aussi, il faut être deux. On est simplement passé de la « victime » au « sauveur ».

LECTEUR: Tout le monde n’est quand même pas victime de l’amour ! 0n peut ne pas être dans la dualité ?

F. H. : Non, puisque le but ultime, l’unité, est un infini inaccessible (voir chronique de la semaine dernière) mais le « yoga » est fait pour s’unir avec cette dualité. Le seul moyen de résoudre le paradoxe du Néant et de l’Etre, la dualité, c’est de s’unir à elle, c’est-à-dire de ne plus être un des pôles de la relation, mais la relation elle-même. Comme on le disait la semaine dernière, l’illusion c’est de se croire en relation avec l’autre, avec l’univers, alors qu’on EST cette relation, et que ni moi ni l’univers ne sommes des réalités. On s’aperçoit qu’on est le créateur responsable de cette relation, quelle qu’elle soit. C’est une nouvelle étape dans l’évolution spirituelle.

LECTEUR: C’est un troisième yoga ?

F. H. : Il y a deux autres yogas naturels qui, eux, sont non-dualistes : d’abord, quand on s’aperçoit qu’on est créateur, rétablir une relation paisible en s’estimant responsable de cette relation. C’est le yoga émotionnel : « Râja Yoga ». « Raja » signifie le « Roi », c’est-à-dire celui qui est maître de lui-même. Le but du Râja Yoga est de maîtriser les émotions, c’est-à-dire faire la paix là où il y avait conflit. Les grands hommes politiques de l’histoire sont ceux qui font la paix, en prenant la responsabilité des conflits à eux tout seuls. Mais même toutes les démarches psychologiques, sophrologiques, d’instrospection, de méditation ou de maîtrise des mémoires et de libération des traumatismes passés sont du Râja Yoga. Cela aussi est un « yoga naturel » (comme disait le Swami Vivekânanda – mort en 1902 -, l’un des maîtres indiens les plus métaphysiques, qui a formalisé cette présentation des « yogas pratiques », car tout le monde fait toujours de la Psychologie avec lui-même, qu’il le veuille ou non). Karma yoga aussi est naturel. On ne peut pas s’empêcher d’être sensible à la souffrance des autres. Et Bhakti aussi, bien sûr, c’est inévitable de le pratiquer. Alors que les autres yogas sont des techniques. Pas naturelles. Il faut les apprendre comme des exercices.

LECTEUR: Et le quatrième ? Le deuxième yoga non-dualiste ?

F. H. : C’est Jnâna. Jnâna Yoga c’est la Philosophie. En tout cas quand elle est métaphysique et unificatrice. Quand je pose la question « est-ce que je peux être conscient de quelque chose qui ne soit pas DANS ma conscience », c’est une question qui relève du Jnâna Yoga. Quand je dis « nous ne sommes pas plusieurs esprits ayant conscience d’un univers, mais UN SEUL ESPRIT AYANT CONSCIENCE D’UNE MULTITUDE D’UNIVERS », cela est une affirmation qui relève du pur Jnâna Yoga. Dans les deux cas cela équivaut à dire « je suis Cela que je perçois, je suis le Tout ». On ne peut pas non plus échapper au Jnâna Yoga : tout le monde philosophe plus ou moins quand cela lui prend.

« Jnâna », d’où vient « gnose » ou « connaissance », est le yoga le plus difficile et le plus rare des quatre. La majorité des gens privilégient Bhakti, même s’ils ne le savent pas, c’est le plus facile, certains sont dans Karma jusqu’au cou, un petit nombre va au bout de Râja, mais très peu abordent Jnâna. En tout cas dans notre monde, c’est plutôt rare. On philosophe à moitié, on est rationnel à moitié, de façon à bien rester dans le mental et être rassuré. Quand j’étais en licence de philo à la Sorbonne, je vous garantis que le mental y était bien piégé. Jamais on n’abordait à proprement parler la vraie Métaphysique. Et la plupart des philosophes connus se gargarisent de mental ou de savoir philosophique. Rien n’est vraiment remis en cause de notre ego, lorsqu’on fait de la philo sans même s’être rendu compte qu’on est créateur ! Car ce n’est pas une hypothèse. Si on veut aller plus loin, le mental résiste énormément, et quand on en vient à mettre en évidence ses paradoxes, il prend la fuite. Sans s’en rendre compte, car on ne peut pas être conscient de créer sa peur, sinon on n’a plus peur. Mais c’est bien ainsi. On établit que certaines croyances ne peuvent pas être remises en cause, et par suite, pour comprendre les grandes vérités métaphysiques qu’on a quand même par intuition qu’on les fuie ou non, il faut faire des contorsions telles que cela paraît inextricable. Pourtant c’est simple si on lâche ces croyances, et pour lâcher il faut ne plus avoir peur, et pour ne plus avoir peur, il faut familiariser le mental avec des évidences plus fortes que celles auxquelles il était habitué, et quand il les reconnaît et se rend compte qu’il ne meurt pas pour autant, qu’au contraire il s’apaise car il se retrouve enfin à sa vraie place sans chercher à prendre le pouvoir et avoir raison en permanence, il a de moins en moins peur. Tôt ou tard dans notre évolution il faut passer par là. C’est en fait là que tout commence. Que l’évolution commence vraiment, car on passe dans la dimension où on n’est plus en concurrence avec les autres, où on « aime son prochain comme soi-même » parce qu’il EST une partie de soi-même et non un objet extérieur à la conscience. Finie la dualité. En tout cas finie l’identification à un pôle de la dualité.

C’est cela la quatrième étape spirituelle : après victime, sauveur, créateur, on devient serviteur. En tout cas le mental auquel tout être humain s’identifie devient serviteur de l’Inconnu. L’ego conscient au service du Soi inconscient qui, lui, est la poursuite directe du but et sait par où il faut passer (destinée, karma…) pour y aller le plus vite possible. Le mental est là pour freiner et créer ainsi le temps (il n’y a pas de temps dans les états supérieurs de conscience), mais la non-dualité, « Advaïta », consiste non à renier cette dualité mais à l’assumer comme création de Soi, nécessaire justement du fait que l’unité est inaccessible puisque ce serait le néant, et que le néant suppose que sa nullité soit effective, en opposition consciente donc avec son infinité. Je sais, je reviens à des abstractions indigestes, mais un jour, quand on aura passé cette dimension et qu’il ira de soi pour tout le monde que le mental est illusoire et que ce n’est qu’un serviteur du vrai Soi, autrement dit lorsque l’homme sera devenu « l’homme nouveau causal », même les enfants jongleront avec cela dès l’école.

Encore une fois ce n’est pas une question d’intelligence mais une question de non-peur, de désir.

LECTEUR: Et finie la souffrance ?

F. H. : Rien n’est jamais acquis définitivement, mais petit à petit on cesse de subir pour se rendre compte à quel point on est la source de cette dualité. Je disais précédemment qu’on n’est pas conscient du processus de dualisation, puisque la conscience naît à partir de cette dualité. L’apaisement vient de la reconnaissance (mais sans compréhension il ne saurait y avoir vraiment cette reconnaissance) que l’essentiel de soi est non-conscient et sait parfaitement ce qui est bon pour soi. En quelque sorte, c’est « s’en remettre au Seigneur » dont « les voies sont impénétrables » mais à qui on fait confiance car il crée tout pour le bien du Tout. Et même si le mental a encore l’impression de subir son destin, on ne subit pas du tout. On l’organise inconsciemment avec précision.

LECTEUR: Ce sera toujours inconscient ce processus créateur ?

F. H. : Ce n’est pas totalement inconscient. C’est discret. Mais la tempête mentale fait tellement de bruit en surface que le fond de la mer passe inaperçu. Mais plus le silence se fait en surface, plus on entend les petits poissons s’aimer.

LECTEUR: Aujourd’hui ce sont les masses qui subissent. Le plus grand nombre est dans la dépendance par rapport à une minorité qui possède tout ou veut tout posséder, même l’air qu’on respire pour nous le revendre, et s’ils se contentent de « Bhakti Yoga », ils n’ont donc aucune chance… Ils sont créateurs de leur dépendance ?

F. H. : Toutes les souffrances nous invitent à nous placer au-dessus. Mais Bhakti Yoga soulage déjà beaucoup de choses : on se tourne vers son dieu et on fait confiance. A lui de prendre le fardeau. Cela n’empêche pas de se défendre. Mais ceux qui ne sont pas dans la confiance souffrent beaucoup plus.

LECTEUR: Ceux qui nous manipulent n’ont pas grand chose à craindre.

F. H. : Eux aussi sont en apprentissage. Infirmes côté coeur, incapables de sortir du mental parce qu’ils ont souvent trop souffert (le mental est aussi souvent une protection émotionnelle), leur façon de faire l’unité avec l’extérieur est de se l’approprier, de le dominer. C’est très dualiste, mais c’est aussi un yoga qui durera ce qu’il durera pour eux. Ce n’est pas pour autant qu’il faut se laisser faire. Se défendre et défendre ses enfants est un karma yoga normal. Les syndicalistes, les écologistes, pratiquent Karma Yoga. Leurs adversaires ne sont pas encore dans Bhakti, ils sont dans la prédation. Ce n’est pas un jugement. Tout existe. L’humain commence avec Bhakti.

 

LECTEUR: « Dans ton livre « les Cinq Clefs face à la dictature mondialiste des Illuminati », chez Louise-Courteau, tu es plus virulent et tu leur trouves moins d’excuses.

F. H. : C’est pas le fun. Mais c’est notre responsabilité : lorsque Pompidou en France, au service de Rotschild, a mis en place l’obligation pour les Etats d’emprunter auprès des banques privées alors que leur vocation est de créer leur propre monnaie et que créer la monnaie devrait être interdit aux banques privés, on n’a rien dit. Le but était d’endetter les peuples, les Etats, comme ça a été le cas d’ailleurs depuis des siècles, lorsque la Suisse louait des mercenaires aux Etats tandis que l’Angleterre créait ou entretenait pour elle les conflits armés. Ce n’est pas le chocolat ni les coucous qui ont fait la richesse de la Suisse, évidemment « neutre ». On voit le résultat aujourd’hui. On n’a pas défendu nos enfants parce qu’on ne veut pas regarder les choses en face.

Lorsque Reagan aux Etats Unis a commencé la déréglementation financière, et que dans les universités on enseignait le monétarisme de Galbraith, on n’a rien dit non plus. On a préféré ne pas voir. Je le disais dans « les Cinq Clefs » : la stratégie mondialiste est d’endetter les peuples, et une fois qu’ils le sont suffisamment, de leur couper leurs ressources, en particulier celles que les Etats maîtrisent : les aides sociales, aux chômeurs, aux vieux etc, et les salaires des fonctionnaires. C’est ce qui se passe petit à petit (technique connue pour éviter le rejet brutal par les peuples).

LECTEUR: Je ne comprends pas à quoi cela sert d’affamer les peuples.

F. H. : Cela sert à les obliger à accepter n’importe quoi que leur imposent les multinationales. N’importe quel salaire, n’importe quelle nourriture, n’importe quelles façons de vivre. Mais cela nous entraînerait trop loin de rentrer dans les explications.

Il n’y a aucune crise en réalité, tout cela est organisé pour rendre les gens de plus en plus dépendants pour leurs besoins immédiats, de moins en moins libres financièrement pour qu’ils acceptent tout y compris la suppression de tous les acquis sociaux tout en travaillant plus. C’est à tout cela que sert la mondialisation, la concurrence généralisée « pure et parfaite », l’alignement sur le moins-disant social et écologique par l’ouverture de tout et de tous à la concurrence avec le monde entier. L’entrée des pays pauvres de l’Est dans l’Europe en était aussi une étape. On a tout laissé faire. Et on continue. Le mental refuse de voir les choses en face. Ce qu’il veut, c’est confirmer ses habitudes psychologiques : je ne suis pas créateur ni responsable de rien, je suis victime, je ne suis pas libre parce que issu du passé, c’est l’attitude habituelle sur laquelle les prédateurs jouent, et qu’ils veulent surtout entretenir en privant les peuples de la Connaissance ésotérique ou métaphysique.

C’est facile de manipuler le mental quand on fait tout depuis l’école pour que le mental soit dominant et dominateur.

Et comme on ne veut pas se reconnaître autonome, que c’est dans la nature de l’enfant en nous de penser que papa et maman ont forcément raison et veulent forcément mon bien, et que l’identification au mental est une façon de ne jamais être adulte, les manipulateurs économiques utilisent les gouvernements pour maintenir le système psychologique qui nous contraignait jusqu’à présent : ceux qui sont à la tête des gouvernements sont toujours identifiés à papa et à maman. Ils veulent donc forcément notre bien. Quand on est bienveillant, et c’est naturel, on croit que les autres aussi sont forcément bienveillants. Ils le sont dans l’ensemble, mais pas ceux qui veulent le pouvoir avec acharnement. On veut rester dans l’illusion. En fait c’est confortable de croire qu’eux aussi sont forcément bienveillants et veulent le bien de leur peuple. C’est un exercice spirituel que d’être confronté à la fausseté des préjugés mentaux. Hélas on y met le temps. On crée ces situations à certains moments de notre évolution lorsqu’il est temps de vaincre la peur.

LECTEUR: Je n’aurais pas dû te lancer sur ce terrain. Comment résoudre cette souffrance ?

F. H. : En manifestant sa liberté. En ouvrant les yeux. Personne n’est dépendant. Ni des banques, ni des multinationales, ni de ceux qui veulent le pouvoir à tout prix et ne le lâchent que si la rue est la plus forte. Ce n’est heureusement pas le cas de tous les hommes politiques, beaucoup sont honnêtes et sincères. En fait je ne suis dépendant que de mes propres conditionnements, ceux que je réactive à chaque instant pour satisfaire un mental craintif. Une communauté doit se constituer autour d’un niveau de conscience. Les Islandais le font, les Ecossais qui ont inventé les systèmes d’échanges locaux aussi. Ils vivent mieux parce qu’ils créent leur propre monnaie, comme tout souverain devrait le faire. Et refuser que certains s’arrogent le monopole de cette création monétaire. Ils n’en ont aucun droit. La monnaie que créent les banques artificiellement, c’est leur affaire. Cela ne nous concerne pas. On ne leur doit rien. Il n’y a pas de crise économique, seulement une crise métaphysique.

LECTEUR: Est-ce vraiment réaliste ?

F. H. : Est-ce réaliste de croire que c’est l’univers extérieur qui crée la conscience et non la conscience qui crée l’univers ?

http://lapressegalactique.com/

Vous pouvez partager ce texte à condition d’en respecter l’intégralité et de citer la source et le site: http://www.elishean.fr/

Copyright les Hathor © Elishean/2009-2016/ Elishean mag



Print Friendly, PDF & Email
Articles similaires

Suivez nous sur les réseaux sociaux

Votre aide est importante…

MilenaVous appréciez mon travail et vous voulez soutenir ce site?

Vous pouvez contribuer à la continuité de ce site en faisant un don sécurisé sur PayPal.

Même une somme minime sera la bienvenue, car je gère seule tous les sites du réseau Elishean/ les Hathor. Avec toute ma gratitude, Miléna

 

Recherchez sur le réseau

Articles Phares