Kabbale

Cours de KABBALE N°16: LA KABBALE ˝ SYMBOLISME ET ASTROLOGIE ˝

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LA KABBALE˝ SYMBOLISME ET ASTROLOGIE ˝

par Jeff LE MAT

astrokabbale

LA KABBALE :

Une source de sagesse et de connaissance de notre dimension humaine. J’ai été initié aux mystères de la Kabbale à 23 ans par Le rabbi Noakh Weimberg, ancien grand rabbin de Brooklin, fondateur de la Yashiva  » Hesh ha Torah «  de Jérusalem. Bien que je fusse très jeune et que mes questions furent parfois dérangeantes pour nombre de Rabbi, mon initiateur à la kabbale considéra avec bienveillance le sens de mes recherches sur le mystère que représentait l’homme  » Moïse  » et l’origine de la Thora.

Confronté à la nature et à la profondeur de mes interrogations, il décida que la Kabbale pourrait répondre authentiquement à ma quête. Il m’envoya à Méah Shéarim, dans l’école rabbinique du Rabi Kula qui me guida patiemment dans les méandres de l’univers de la Kabbale. Celui-ci me donna le plus avisé des conseils:  » Si tu veux comprendre la kabbale, tu dois manger le feu symbolisé par ses lettres, pénétrer l’esprit qui anime l’arbre des Séphirot pour t’en nourrir quotidiennement puis tu devras absorber son essence pour en séparer la substance nutritive et enfin, après en avoir rejeté les scories, tu distilleras cette connaissance dans tes pensées pour que ton âme puisse s’ouvrir à la puissance du Créateur. « 

Bien qu’ayant perçu une vérité au travers de ses paroles obscures, je ne compris que bien plus tard le sens de ses conseils. De nombreuses années séparent ma première découverte de la kabbale et les lignes que je suis en train d’écrire.

C’est en effet par le texte hébraïque inscrit en lettre de feu que j’ai pu pénétrer l’esprit de la kabbale. Une lente méditation sur le symbolisme de l’arbre des Séphirot m’a permis de réunir ses sphères incandescentes dans une vision globale du monde de la Création. Au coeur de cet univers symbolique, l’homme occupe une position centrale à la croisée des chemins initiatiques de la vie. C’est donc par ces chemins que j’ai pu découvrir quelques une des connaissances que je partage aujourd’hui avec vous.

Toute l’essence de la kabbale se retrouve dans le principe de la Création, celle du Livre de la formation de l’univers, le Sépher Yetzirah, source primordiale de l’enseignement kabbalistique.

La compréhension des voies du Grand Architecte de l’Univers représenté par l’arbre des Séphirot passe nécessairement par l’étude symbolique de son Oeuvre. L’obstacle principal de cette étude réside dans le fait que nous utilisons notre intellect, notre raison, nos sens pour concevoir ce qui n’est perceptible que par le pur esprit.

Néanmoins, la possibilité qui est laissé à l’homme de réfléchir, méditer, transcender, évoluer, transformer sa propre nature, lui permet de se rapprocher du Divin et de lever partiellement le voile obscur qui entoure sa condition humaine

.L’arbre des Séphirot, qui prend racines dans les entrailles de la terre et dont la cime caresse la puissance divine, est à l’image de l’homme, le lien entre la terre et le Grand Architecte de l’Univers.

Cet arbre représente le parcours de tout initié cherchant à pénétrer les voies de l’âme par la lumière de l’esprit. Toute initiation humaine passe par les chemins de la transformation de l’être. Celui qui cherche la Connaissance devra gravir une à une les branches de l’arbre de la kabbale pour découvrir progressivement le vaste paysage de la création terrestre. Il devra se nourrir des fruits de l’arbre pour découvrir la variété des saveurs de la vie. Un à un, il devra cueillir les symboles inscrits en lettres de feu pour former les mots qui ouvriront les portes de sa conscience.

TRADITION ET MODERNITE :

J’ai pensé qu’en introduction à l’étude du symbolisme Kabbalistique, il serait peut-être intéressant d’aborder le sujet de la tradition dans son développement sociologique et historique pour mieux saisir son impact sur notre monde moderne. Je me limiterais volontairement à définir les sources hébraïques de notre tradition occidentale.

Dans le contexte primitif des civilisations anciennes, la modernité fut l’introduction en étapes successives d’une ouverture vers la conscience individuelle et le libre-arbitre. Nous verrons tour à tour comment cette nouvelle dimension se structura et comment elle influence aujourd’hui notre pensée.

Le mot « tradition » (en latin traditio, « acte de transmettre ») vient du verbe tradere, « faire passer à un autre, livrer, remettre ». Il signifie avant tout, l’ensemble des sources religieuses transmises sous formes de récits, paraboles et commentaires. La tradition hébraïque est constituée entre autres de différents ouvrages comme le Pentateuque, la Mishna et la Ghemara, le Zohar, le sepher Yetzirah ainsi que le plus important, le « Sepher Thora » (sepher voulant dire livre en hébreu).

Cette forme de transmission ne concerne pas seulement la judéo-chrétientée mais l’ensemble de tout courant mystique ou religieux dont je ne prendrais pour exemple que les « Upanishades » dans l’Hindouisme. Il y a donc dans ce concept, une idée de transmission fondée sur un héritage religieux ou culturel impliquant deux parties, le dépositaire de la Tradition et le récipiendaire recevant sous instruction ou initiation, l’ensemble ou l’essence de cet héritage.

Au commencement de toute civilisation, les peuples primitifs ont constitué une genèse de leur tradition. Celle-ci s’est essentiellement fondée sur le principe d’une création du monde représentée par une cosmogonie issue des éléments primordiaux comme l’eau, le feu, le vent, la voûte céleste, etc.

En repoussant dans un premier temps l’inaccessible et l’inexplicable, ceci eut pour effet de positionner l’homme comme lien entre le ciel et la terre. L’individu prenant alors conscience de sa position centrale, il codifia ensuite les limites nécessaires à l’établissement d’un sentiment de sécurité et de pouvoir. En mystifiant les éléments de sa réalité qu’il ne pouvait définir rationnellement, il put alors refouler son sentiment de peur en le transcendant dans une recherche d’absolu ; dynamique de son évolution.

Notre civilisation n’a pas échappé à cette règle. Le plus important de nos livres est le livre de la Création où le Créateur nous fournit tous les éléments de notre monde terrestre. L’intérêt de ce livre est qu’il nous renseigne sur la constitution de notre environnement en utilisant les symboles et l’alphabet hébraïque sous une forme ésotérique. Il en instaure une hiérarchie précise par la répartition de 3 groupes de lettres qui serviront à définir les trois énergies constituant notre univers : le positif, le négatif et la force reliante.

Cette représentation primitive du ternaire constitua le fondement de notre tradition. Néanmoins, les peuples antiques n’intégrèrent pas tout de suite le principe de cette dimension globale fondée sur un ternaire divin. Leur cosmogonie était essentiellement binaire basée sur une idée du bien et du mal. Leur monde étant ainsi séparé, chaque partie étaient régentées par une représentation déiste.

Durant une longue période, un paganisme débridé mêlant idoles protectrices et divinités malicieuses régna sur la gent humaine. Au panthéon des dieux, l’homme se trouvait souvent au centre de luttes divines intestines car il en était l’enjeu principal. Cet état d’esprit manichéiste était savamment orchestré par des prêtres, prêtresses, gurus, chamans et autres mages pourvoyeurs de médecines, amulettes, pentacles et grigris en tout genre. La plupart d’entre eux étaient initiés des leurs plus jeunes âges dans des écoles détentrices de la tradition propre à leurs cultures. Ceux-ci formaient une caste prospère, détenteurs de secrets et rituels complexes ayant pour but de séparer le sacré du profane afin de maintenir le peuple dans la crainte du châtiment divin. Dans ce contexte, nos chers peuples s’échangeaient ou intégraient volontiers toutes sortes d’idoles, sans distinctions de races ni de couleurs, pour peu que celles-ci fussent efficaces dans la prospérité de leurs cités.

Au centre de cette dualité, l’idée d’un père créateur jouant un rôle médiateur apparut furtivement dans l’esprit de l’homme. L’émergence d’une force suprême introduisait le principe du ternaire. Symboliquement, cette théorie novatrice fut énoncée par certains visionnaires comme Zorohastre, Abraham, Ankhénaton. En quelques millénaires, cette codification évolua par le truchement de multiples échanges, vers un concept unique et fort novateur en son temps : « Dieu est Un ».

La modernité procéda alors de la révélation Monothéiste par le lien indéfectible qu’établissait « le Dieu Unique et Indivisible » avec son peuple en édifiant une Loi codifiant les rapports de l’homme envers son créateur. Cette loi écrite, le Décalogue reçu par Moïse sur le mont Sinaï, comporte 613 commandements auxquels l’homme est soumis. La tradition chrétienne n’en gardera que dix.

C’est à ce point de l’histoire que nous entrons dans l’ère moderne, celle de l’élévation de l’homme vers un concept supérieur.

La conscience de l’homme ainsi éveillée pouvait alors se diriger sur l’axe vertical de la spiritualité en séparant l’esprit de sa matrice originelle dans une transmutation chère aux alchimistes : « Solve, Coagula ». Le scénario se répétera alors sur cette base mais avec des acteurs différents ; qui de la vision, l’illumination, la révélation et la transfiguration établiront de nouvelles dimensions entre l’homme et l’absolu. Chaque prophète repoussant alors les limites de la conscience et faisant école établira les bases d’un nouveau « Corpus » s’intégrant et prolongeant la Tradition. Comme nous pouvons déjà le constater, la Tradition engendre cycliquement la Modernité car il y a dans l’homme la nécessité impérative de percer le « Mystère originel » représenté par un vide conséquent entre son géniteur et sa filiation.

Ne souffrant pas l’idée d’un « Père pourquoi m’avez-vous abandonné ? », l’être humain ne supporte dans sa nature profonde, ni le vide ni le Chaos !… À ce stade, la tradition se composait d’une forme écrite la Thora et d’une forme transmise oralement. Il s’avéra après plus de mille huit cents ans depuis l’avènement des commandements que la forme orale de la loi subissait les transmutations inhérentes à l’histoire du peuple élu.

L’araméen s’étant substitué progressivement à l’hébreu, les docteurs de la Loi entreprirent de buriner la Loi orale. Le but était double, lui assurer une pérennité en lui permettant d’évoluer au grès des circonstances et des transformations de la société hébraïque. Le coeur de cette Loi pris le nom de Mishna. Autour se greffa un certain nombre de commentaires défini sous le nom de Ghémara. C’est peut-être ici que se situe la clé de l’évolution de la tradition hébraïque face au contexte historique.

En permettant à des générations d’éminents rabbins d’apposer leurs réflexions et commentaires à l’essence même de la loi, le peuple juif a pu évoluer et préserver son identité et sa mission : être le gardien de la tradition.

L’ensemble des bases modernes de notre Tradition ayant été défini au niveau Exotérique, il apparut vite aux gardiens de la Tradition qu’expliquer « que ce qui est en bas est comme ce qui est en haut », c’était considérer qu’un mystère en cache un autre. C’est au travers des écoles rabbiniques qu’apparurent les premières codifications ésotériques de la tradition. Ces écoles ou « Yashivotes » servirent à former tout une intelligentsia au concept supérieur de relation étroite entre la nature divine et la nature humaine de l’homme.

La fameuse école de Cordoue, dans les lumières de la période Andalouse de la conquête arabe, nous gratifia d’ouvrages précieux tels que le Zohar. La Kabbale Mystique naissait et s’élaborait préservant par sa densité et sa profondeur, l’essence même du créateur.

L’intérêt de la Kabbale est sa représentation cosmogonique symbolisée par un arbre supportant des sphères (sephirotes) représentant les multiples formes de notre structure humaine qu’elles soient matérielles, physiques ou psychiques. Cet arbre comporte un tronc central prenant ses racines sur la sphère terrestre et culminant jusqu’à la sphère « Kéther, la couronne » symbolisant la source créatrice de toutes choses. De chaque côté de cet axe induisant l’équilibre par une énergie neutre, sont disposées les deux colonnes Joachim et Boaz, les branches latérales exprimant les forces actives et passives.

Le but de l’étude de la kabbale est de permettre à l’homme de gravir sans s’égarer les chemins qui lui permettront une transmutation du sentiment humain. En se rapprochant de la nature divine, il pourra accéder à la connaissance et perdre ainsi l’illusion de son importance en contemplant la source de la conscience objective. En pénétrant la Tradition, l’homme qui saisit l’éclair flamboyant émanant de la cime de l’arbre de Vie peut espérer se soustraire à l’attraction de sa nature purement humaine. Il peut relier le temps à l’intemporelle en sachant que chaque jour ne suffira pas à terminer son ouvrage mais à consolider son édifice.

De cette initiation graduelle que représente la vie, nous pouvons considérer à chaque étape qu’en possédant de nouveaux outils ou une vision plus claire du travail restant à accomplir dans un monde en perpétuel changement, que la Modernité ne signifie pas évolution.

En effet depuis l’avènement de l’ère industrielle et technologique, nous avons confondu progrès et modernité avec l’évolution spirituelle de la nature humaine. Nous pouvons constater depuis plus d’un siècle et demi que notre connaissance des lois régissant notre monde s’est étendue du fond des galaxies jusqu’à la physique quantique. Notre culture a pris des formes encyclopédiques, notre savoir a investi notre personne aux confins de notre subconscient dans la psychanalyse des profondeurs. Sous cette formidable pression, nos structures collectives, familiales et sociales ont explosé et l’homme au milieu de cette mutation a implosé au point de rupture avec la tradition. Il a perdu les marques et les repères qui lui permettaient de donner un sens profond à sa vie.

Tels les peuples primitifs nous nous retrouvons sur l’axe binaire horizontal de la matérialité.

Pour les uns c’est la fuite en avant par la sécurisation des valeurs matérielles et du pouvoir, pour les autres c’est le repli sur les valeurs traditionalistes traduisant la peur de l’intégration à ce nouveau mode de vie. L’émergence des intégrismes de tous poils, nationalismes et extrémismes traduit l’incapacité de l’homme à se transmuter dans une conscience collective et universelle, ce qui fut le dessein initial de notre tradition.

Aussi, face aux profonds bouleversements de notre civilisation, nous devrions rechercher, pratiquer et transmettre la sagesse authentique de la Tradition Ésotérique. Bien que nos sources soient multiples, elles possèdent toutes une qualité universelle reconnue par tout être doué de conscience et de raison, la tolérance envers l’autre. Je pense que tous les chercheurs de lumière sont soucieux du devenir de l’homme, de son élévation, mais je voudrais vous dire qu’il serait arrogant de penser que dans cet hypothétique combat, la détention de mystères puisse nous mettre du côté des vainqueurs car dans le formidable processus de progrès du XXe siècle nous ne construisons que peu de choses. Je crois que nous essayons seulement de maintenir l’équilibre de notre édifice intérieur en tentant de le protéger de la corrosion du dehors. La construction d’une conscience universelle est une tâche ingrate, mais en sachant que nous serons souvent du côté des perdants, peut-être touchera-t-elle au sublime.

ENTRÉE EN MATIERE :

Pénétrer le symbolisme de la kabbale constitue une véritable entrée en « matière », la matière de notre monde terrestre, celle de notre Univers. En marge de la réalité physique, quantique et historique régissant notre planète, la kabbale nous arrache à la conception rationnelle de notre réalité en nous invitant à voyager dans un univers métaphysique. La Kabbale utilise à cette fin l’arbre des Séphirot, qui est une représentation globale du microcosme et du macrocosme de notre univers.

Le voyageur kabbalistique doit emprunter le vaisseau Séphirotique où les symboles sont ses seuls instruments de vol.

Il pénétrera alors dans des mondes où ses seuls points de repère seront son intuition, sa perception, sa sensibilité et sa réflexion, car il s’agit bien d’un voyage de l’âme vers la source lumineuse de la Création. Cette source de lumière ne peut être contemplée que par le regard intérieur car il s’agit de la source de toute chose, celle que nous nommons Créateur, Dieu ou Grand Architecte de l’Univers. Quand nous évoquons son Nom, nous devons toujours garder en tête qu’il ne peut s’agir de genre et de forme car il symbolise en lui-même l’absolu fini et infini. Toutefois, tout ce qui touche à sa création, ce différencie dans la multitude des genres et des formes.

Le concept de Dieu ou d’un Créateur universel est en général dans l’esprit humain une notion très abstraite car elle se fonde sur l’idée d’un absolu où le Divin pénétrerait chaque élément de l’Univers. Conceptualiser mentalement ce qui ressort de l’Esprit Universel devient alors une tâche ardue car elle dépasse souvent notre entendement voir notre compréhension. Néanmoins, l’utilisation de la symbolique kabbalistique nous fourni des outils permettant de d’approcher cette abstraction.

Il ne s’agit pas de croire dans l’existence de Dieu ou d’une force gérant le sort de l’humanité pour pénétrer les textes de la tradition. C’est simplement un moyen de réfléchir et de méditer sur la juste place que nous pouvons prendre dans la vie en étudiant ce que des générations de sages et de mystiques nous ont légué. C’est aussi pourquoi nous allons aborder la grande histoire du monde par son commencement, sa genèse biblique.

L’histoire de notre humanité commence par le Sépher Béréshit, le livre de la Genèse.

Celui-ci débute par le célèbre :« Béréchit bara Elohim ett haChamayim veett haAretz ».« Au commencement, Dieu créa les Cieux et la Terre ».La Genèse de notre monde terrestre commence donc par une séparation de la matière universelle en deux éléments fondamentaux, le Ciel et la Terre. Cette création nous place devant un fait accompli en introduisant un mystère : d’où vient cette matière et qui est ce Dieu ?

Ces interrogations nous amènent à la conception de notre Univers, la théorie du « Big Bang » si chère aux astrophysiciens. Les kabbalistes se sont penchés eux aussi sur l’origine de l’univers et par là même sur l’origine de son Créateur.Les mystiques hébraïques ne se sont pas posé la question si Dieu existait, mais qui était ce Mélekh Aôlam, Roi de l’Univers ?

Cette interrogation représente le trait particulier des docteurs de la loi sacrée qui ont imprégné de leurs réflexions l’esprit des textes hébraïques.

Selon la Kabbale, la Création du monde terrestre est traduite par le Livre de la Genèse, le Sépher Béréchit.

Quant à la Création de l’Univers, elle repose sur le Livre de la Formation, le Sépher Yetzirah. Cette distinction est importante car elle est le fondement de l’enseignement kabbalistique.

La première chose que nous allons aborder, c’est le concept du passage de l’existence négative à l’existence positive. En effet si on observe l’arbre de vie, on s’aperçoit que la sphère Kether se situe à son sommet. Cette séphira représente le lien entre l’infini et le fini. C’est le point de passage entre deux conceptions du monde. Nous allons donc voir comment l’univers s’est créé suivant la tradition hébraïque.

En préambule de toute explication, la Kabbale nous dit que l’Univers se forma dans la succession de trois principes :

1. AYN qui signifie en hébreu « rien ».

2. AYN SOPH qui correspond à « infini » SOPH

3. AYN SOPH AUR et enfin « lumière » AUR qui vient compléter les deux autres.

Le Sépher Yetzirah nous rapporte que toute la Création de l’Univers repose sur le Néant qui est traduit par le mot Hébreu AYN signifiant RIEN.

LE TOUT SURGIT DE RIEN :

Premièrement, tout commence par l’Absolu, le rien, le vide illimité, sans contenant et sans contenu. C’est un concept irrationnel extrêmement difficile à concevoir pour nous, êtres humains, qui ne faisons que remplir le vide par nos pensées. En effet, comment ne pas se poser la question : mais s’il n’y avait rien, où est Dieu dans ce tout qui n’existait pas encore ? On pourrait certainement revenir au concept de l’oeuf et de la poule, car cette grande question sur l’origine de l’Univers ne trouve pas de réponse mais des hypothèses. Aussi, j’emprunterais à Emmanuel LEVYNE, qui est à mes yeux un brillant kabbaliste, le principe de l’auto-création. Cette théorie de l’auto-création se fonde sur une triple dynamique métaphysique.

1. L’UNIVERS SE CREE LUI-MEME : l’Univers résiste à l’infini qu’il contient. Ce n’est pas Dieu qui crée l’Univers, parce qu’en tant qu’Infini, Dieu tend à faire éclater ce qui le limite et l’emprisonne. C’est la résistance de l’univers (sa matière intrinsèque) opposée à la force explosive de l’Infini, qui crée le monde. L’Univers se crée lui-même contre Dieu.

2. DIEU CREE L’UNIVERS : Dieu met en mouvement la matière. Sans ce mouvement vital, la matière serait inerte, elle ne serait pas l’Univers car elle serait un néant physique. L’Univers ne se crée donc pas lui-même sans Dieu.

3. L’UNIVERS CREE DIEU : Parce qu’il est son réceptacle, son contenant et son miroir, l’Univers crée Dieu car c’est par quoi il se réfléchit et se perçoit. C’est par quoi la conscience a conscience d’être. Sans la limitation et la négation de l’univers, Dieu serait un être absolument infini, donc inconscient. Il ne se connaîtrait pas et ne connaîtrait pas, il serait comme s’il n’existait pas, il serait un néant spirituel. L’Univers se crée donc avec et pour Dieu.

Cette définition métaphysique illustre bien toute la complexité du point de départ de la Création de l’Univers, l’AYN qui représente le premier monde de la Kabbale. C’est donc sur ce concept fondamental que s’établissent la présence de Dieu et les différents stades de sa manifestation qui en découle.

Nous pouvons dire maintenant que si de « Rien » surgit le « Tout », l’AYN prend forme dans l’AYN SOPH, le deuxième monde de la Kabbale qui correspond à l’infini.

Cette étape est le premier stade de la manifestation de l’esprit Divin au sein de l’Univers.

En correspondant à l’infinie présence du Créateur, l’AYN SOPH nous indique que Dieu existe à l’état latent en toute chose et qu’il pénètre de son entité chaque parcelle de l’Univers. Il est la manifestation de l’Univers parce que l’Univers est la manifestation de Dieu.

Cet état statique du Créateur engendre l’AYN SOPH AUR, le troisième monde de la kabbale qui révèle par la lumière sa présence illimitée sur l’Univers.

Ce rayonnement est l’ultime étape avant sa manifestation sur le monde de la matière. A ce stade de la Création, cette lumière illimitée représente l’esprit de Dieu prenant corps dans la puissance d’un être universel.

L’AYN SOPH AUR est la porte ouvrant sur l’individualisation de l’énergie divine.

Ces trois étapes de la création représentent dans leur unité, L’EXISTENCE PASSIVE qui préexiste à toute manifestation concrète de la présence divine. Elles constituent le « Je » du Grand Architecte de l’Univers dans son absolue manifestation, il « EST ». L’existence passive ouvre la porte de L’EXISTENCE ACTIVE, celle de la puissance de l’esprit de Dieu placée au coeur de la matière en lui donnant une ÂME.

Je vous propose pour mieux saisir ce concept d’absolu selon la kabbale, une représentation graphique de l’existence négative. J’utiliserais à cette fin, le symbole du TAO chinois , qui est une illustration de l’énergie universelle du cosmos.

Ce symbole du Yin etdu Yang peut être décomposé selon la loi de la formation de l’Univers car il représente son unité.

AYN : le néant et le vide illimité (sans matière d’aucune sorte) sont représentés par un cercle en pointillé qui théoriquement n’existe pas. C’est dans ce cercle que s’est inscrit l’absolu engendrant la conception de l’Univers.

AYN SOPH : l’Infini sans fin et sans frontière. Il est représenté par la partie noire du symbole. Cette partie exprime la source obscure, passive et infinie de la nuit cosmique. Elle incarne l’espace-temps relatif dans lequel s’inscrivent les lois physiques de l’Univers. C’est le Yin, le réceptacle qui est apte à recevoir et engendrer la lumière symbolisée par le point blanc du Yang.

AYN SOPH AUR : La lumière illimitée issue du monde de la nuit cosmique prend forme en diffusant son énergie au sein de l’Univers par la multitude des particules qui la compose. C’est le Yang actif qui porte en lui la source de son origine incarnée par le point noir du Yin.

L’EXISTENCE PASSIVE : Elle est formée par la réunion des trois précédents stades. C’est elle qui préexiste à toute création. C’est la source de toute chose manifestée et finie qui reste elle-même infinie et non manifestée. La fusion des trois composants de l’Univers entraîne la dynamique des forces qui régissent son mouvement.10 Si nous observons le symbole suivant, nous distinguons deux points exprimant la dynamique universelle. La synthèse de ces points représente alors l’être universel dans ce qui n’est encore qu’une existence invisible.« rien » Ayn

Ce point de L’EXISTENCE PASSIVE incarne l’esprit du Créateur dans sa dimension universelle, absolue, infinie et illimitée. Cette dimension est extrêmement importante car elle représente la potentialité de sa manifestation dans L’EXISTENCE ACTIVE où il va prendre forme dans la matière. C’est une étape charnière dans la manifestation du Créateur car il passe de l’état latent du « rien » à une existence active en s’individualisant dans le monde de la création terrestre.

C’est donc à partir de ce point central que l’esprit universel va rayonner sur la matière. « Je » Any

La tradition et les textes nous expliquent que Dieu passant du stade du néant représenté par l’Ayn le « rien », il devient alors Any , le « Je » qui affirme sa création.

C’est là une grande subtilité de la langue hébraïque qui permet de jouer avec les lettres sur le sens des mots.

En effet, Ayn s’écrit avec trois lettres le A aleph, le Y yod et N nun final. Alors que « Je » Any s’écrit avec les mêmes lettres en inversant les deux dernières, le N nun et le Y yod. On peut comprendre avec cet exemple toute la difficulté et toutes les possibilités qu’offrent les textes hébraïques. Nous verrons plus loin que les lettres ont par leurs places et leurs symboliques une importance extrême dans l’interprétation d’un mot ou d’un nom.

EHIEH

En résumant ce que nous venons de voir, nous pouvons dire que Dieu est maintenant fini en comparaison avec l’existence passive et infini par rapport à l’existence active. Il devient alors le lien, la porte et la source de L’esprit Universel dans la dimension de l’Être en lui donnant un âme.

Cette ouverture sur le macrocosme et le microcosme représente la première et la plus haute des sphères de l’arbre des Séphirot. Elle est symbolisée par la Séphira Kéther, la Couronne. La Séphira Kéther représente alors le stade de la Création où le Grand Architecte de l’Univers s’exprime sous le Nom de EHIEH, défini dans les textes hébraïques par « Je serai » ou « Je suis celui qui suis » incarnant son devenir et sa potentialité dans le monde de la Création. C’est aussi lorsque Moïse voit le buisson ardent que Dieu se fait connaître sous ce Nom.

Il est parfois difficile de comprendre le principe de Dieu dans le contexte des textes hébraïque car bien que cela puisse paraître paradoxale pour une religion monothéiste, le concept d’un nom unique est une impossibilité.

En effet, le Nom de Dieu est ineffable, il ne peut ni ne doit être prononcé, c’est pourquoi on emploie des noms de substitution décrivant ses différents états, stades et manifestations. Que cela soit Roi de l’Univers ou celui qui est, toutes ces appellations concernent le principe unique du Créateur.

L’affectation de différents Noms au Dieu-Unique de l’Univers est donc une des particularités de la Tradition Hébraïque. Cette caractéristique prend sa source dans le premier verset du livre de la Genèse où il est dit : « Au commencement, Dieu créa les Cieux et la Terre ». Dans ce texte, le Nom de Dieu, Elohim, est écrit avec la terminaison hébraïque im indiquant le pluriel. Littéralement, cela signifie « les Dieux » parce qu’Elohim représente les multiples aspects d’une cause unique. C’est sous cette forme que Dieu préfigure les différents aspects de son oeuvre. Il est dans sa forme active et réceptive le principe Divin qui détermine l’intégralité de la création. Il est fondamentalement l’alpha et l’oméga de toutes choses.

Un autre commentaire provenant du Livre de la Création nous dit : « Par trente-deux sentiers merveilleux de la Sagesse s’établit : Yah, Yhwh Dieu d’Israël, Elohim vivant, Roi de l’Univers, El Shaddaï. Miséricordieux et clément, suprême et élevé demeurant dans l’éternité. Saint est son Nom. Son Univers fut créé par trois mesures : le nombre, l’écrit et le commentaire ».

La multiplication des Noms du Créateur dans les textes n’est donc pas là pour égarer le lecteur mais pour faciliter la compréhension des dimensions qu’il incarne dans l’espace mystique de la kabbale.

Cette illustration nous donne les « Shemoth », les Noms Divins du Créateur en partant de la plus haute Séphira Kéther jusqu’à Malkuth, le monde de la matière.

Le Nom de Dieu EHIEH, indique donc la phase intermédiaire précédant la transition d’une existence à une autre. Cette dimension exprime souvent l’idée du souffle qui alterne entre inspiration et expiration. La tradition nous rapporte que Kéther est la sphère par laquelle tout s’écoule et tout revient. EHIEH, est le point par où tout commence et tout fini. La place particulière qu’occupe Kéther au sommet de l’arbre signifie le stade de ce que nous pourrions nommer l’Absolu ou encore l’Ipséité. Cette conception de l’essence divine ne nous est pas accessible car elle dépasse la raison et la conceptualisation humaine de la dimension de Dieu.

C’est pour cette raison que Le Créateur en pénétrant dans le monde de L’EXISTENCE ACTIVE prendra forme dans la matière par la première émanation divine, la Séphira Khohmah qui symbolise la sagesse. Il porte alors le nom de YHAVHE, le Tétragramme Sacré du Nom de Dieu, YHVH qui signifie « Je Suis ».

C’est ce que l’on appelle le Nom ineffable et imprononçable que l’on remplace dans les textes hébraïques par le vocable Adonaï. C’est le « Père des Pères », le premier stade de la causalité, le rayonnement agissant sur le monde par son infinité et son unité. YHVH représente alors l’esprit Universel du Créateur placé dans la dimension du « Je Individuel » singularisé par la matière.

Cette dimension est le fondement de la nature humaine car elle induit le principe de l’unité de l’Être. Elle repose sur la triple dynamique universelle : Esprit, âme et corps.

L’HOMME EST FAIT A L’IMAGE DE L’UNIVERS, MAIS L’HOMME ET L’UNIVERS SONT FAITS A L’IMAGE DE DIEU

L’arbre de Vie, qui est à l’image de l’homme Universel, offre une triple dimension de son Créateur. Il représente l’esprit, l’âme et le corps du Dieu unique. C’est donc par ce lien avec l’absolu que le voyageur kabbalistique peut pénétrer les voies de l’arbre Séphirotique pour rejoindre la source de toute chose.

AU COMMENCEMENT :

Maintenant que nous avons vu l’origine de la formation de l’univers au travers de la kabbale, il me semble intéressant de revenir un instant sur le texte de la Genèse commentant la Création de notre humanité. Ce texte débute par le mot hébreu Béréchit, qui veut dire « au commencement ». De nombreux chercheurs se sont interrogés sur la signification de ce mot et plus encore sur le fait que l’histoire du monde de la Création commence par la lettre B, Beith et non par le A de Aleph qui est la première lettre de l’alphabet hébreu.

Essayons d’étudier cette particularité à la lumière de ce que j’ai tenté d’expliquer précédemment.

Aleph est la première lettre de l’alphabet hébraïque et sa valeur numérique est 1.

La particularité de cet alphabet est qu’il est construit à partir de symboles ressemblant à de petites flammes. C’est pour cette raison que l’on dit que les textes sacrés ont été tracés en lettres de feu. Le glyphe de l’Aleph est composé d’une barre oblique sur laquelle sont disposés de part et d’autre, deux flammes. La barre centrale représente la lettre w Vav qui signifie « et ou avec », les deux flammes sont symbolisées par la lettre y Yod qui est la plus petite lettre de l’alphabet.

Ce glyphe est remarquable par sa symbolique car nous retrouvons dans sa composition, les principes de la formation de l’univers. Nous pouvons transposer les symboles qui le forment par ceux que nous avons employé pour illustrer la dynamique de l’esprit universel.

Nous constatons que les deux y Yod représentent les deux polarités Yin-Yang du Ayn Soph et du Ayn Soph Aur de l’énergie universelle. Elles sont en mouvement autour de l’axe central du Ayn symbolisé par la lettre w Vav. Nous pouvons maintenant décoder le glyphe du a Aleph.

L’énergie universelle prend son mouvement dans le néant par la dynamique passive sans fin de l’univers engendrant la lumière illimitée de l’Esprit actif du Grand Architecte de l’Univers. Aleph représente l’Unité de Dieu, l’état latent du y Yod passif, le w Vav « avec » la puissance du y Yod actif. Ces trois composants du a Aleph symbolisent l’Unité de l’énergie universelle manifestant leurs dynamiques sur le monde de la Création. Dès lors, nous comprenons mieux que cette lettre symbolise le TOUT, exprimant par sa dimension, les germes actifs et passifs contenus dans l’unité de Dieu. Ce concept est reflété depuis longtemps par les commentaires des ésotéristes kabbalistiques.

L’Aleph offre une autre particularité, car c’est une lettre muette faisant figure de voyelle. Elle résonne au grès des textes suivant la vocalisation qu’on lui attribut. Comment ne pas comprendre qu’elle représente, le verbe de Dieu, le souffle divin précédant la Création de notre univers terrestre.

L’Aleph représente donc tout ce qui est en haut et tout ce qui est en bas et tout dépend de lui. Cette lettre est la source de la vie, de l’univers et le fondement de l’existence du cosmos. L’Aleph se situe au delà de la matière.

Beith est la deuxième lettre de l’alphabet hébraïque. Elle signifie « maison ou demeure » et porte la valeur numérique 2.

Au regard de la tradition, la formation de l’univers précéda la Genèse du monde de la Création. Notre Univers terrestre constitue originellement la demeure, le réceptacle de la puissance Divine. Le Grand Architecte de l’Univers put donc étendre le pouvoir de son esprit sur la matière. Il la sépara en 2 éléments fondamentaux, la terre et les cieux, symbolisant la dualité dynamique de l’Univers. C’est au sein du monde de la Création, qu’il a pu affirmer sa manifestation dans la triple dimension de l’esprit, de l’âme et du corps de la nature humaine. Il était donc tout à fait normal que la lettre b, Beith, succède à la formation de l’esprit Universel symbolisé par, a Aleph, la première lettre de l’alphabet.

Cette position du a Aleph dans la chronologie de la formation de notre univers existentiel se reflète aussi dans le Nom de Dieu. Nous avons vu précédemment qu’il portait l’attribut EHIEH, « Je Serai » quant il se trouvait au niveau intermédiaire des énergies du macrocosme et du microcosme. Son entrée dans la matière du monde de la Création entraînait un nouvel attribut YHAVHE, « Je suis ».

Regardons maintenant la symbolique des différentes lettres hébraïques.« Je Serai »« Je Suis »Au premier abord, nous observons deux choses, la première est que la structure des deux noms repose sur la répétition du même symbole, la lettre h Hé. Le redoublement de cette lettre indique toujours la dualité des énergies, ceux du macrocosme pour « Je Serai » et ceux du microcosme pour « Je Suis ». Ces deux lettres se reflètent mutuellement par leurs contraires et leurs compléments, ce qui entraîne le mouvement dynamique des univers où elles se trouvent. Nous verrons par la suite qu’elles prennent différentes significations dans leurs rapports avec la nature humaine et le monde de la Création.

La seconde observation nous indique que la lettre y Yod permute d’un nom à un autre. Le y Yod représente l’unité fondamentale créatrice, le point, le « Je » du Créateur. C’est la particule qui active la forme, c’est le spermatozoïde qui féconde la vie. Le Yod incarne l’énergie du Soi Universel dans la matrice cosmique de « Je serai » et par sa position première, l’affirmation du Soi Individuel dans « Je Suis ».

Enfin, nous constatons que le a Aleph se trouve placé au début de « Je Serai » car il représente le processus de formation de notre monde. Cette position est naturelle parce que le a Aleph incarne le tout, l’énergie universelle contenant en lui les trois polarités constituant son intégralité.

Quant au w Vav, il se trouve encadré par les h Hé de « Je Suis ». Nous avons vu que le w Vav entrait dans la composition de la lettre Aleph. Elle représente l’énergie reliante, la polarité neutre qui permet la réunion des contraires entraînants un mouvement dynamique. C’est donc grâce à lui que les polarités actives et passives de la matière engendrent la forme.

Au terme de cette décomposition symbolique des deux Noms du Créateur, nous pouvons désormais décoder leurs significations kabbalistiques. Cette technique d’interprétation illustre à quel point chaque lettre de l’alphabet hébraïque représente un symbole, une valeur numérique et surtout un concept en elle-même. Pénétrer l’esprit de la lettre permet de relier sa forme à l’âme de la Kabbale.

Nous allons donc interpréter chaque Nom Divin par l’esprit de chaque lettre :

EHIEH« Je Serai » : L’Univers a engendré l’énergie créatrice de Dieu y au centre de la dualité cosmique.

YAHVHE« Je Suis » : L’énergie créatrice de Dieu prend forme w dans la double polarité de la matière.

Au terme de cette « entrée en matière », nous avons voyagé au travers des différents aspects de la manifestation Divine en pénétrant par étapes successives l’Univers kabbalistique. Découvrons maintenant la structure de l’arbre des Séphirot qui sera notre véhicule dans la découverte du monde de la Création.

LE JEU DES FORCES :

L’arbre kabbalistique supporte les forces du Créateur que sont les Séphirot. Elles reposent sur trois piliers symbolisant les énergies de l’univers.

Le pilier central de L’EQUILIBRE est encadré à sa droite par le pilier de la CLEMENCE et à sa gauche le pilier de la RIGUEUR. Ces piliers déterminent 3 courants d’énergies émanant de la source unique du Créateur, incarnée par la plus haute sphère Kéther qui symbolise le passage de l’existence négative à l’existence positive du monde de la Création.

L’énergie universelle, que l’on représente souvent comme l’éclair flamboyant, se scinde alors en trois polarités ; positive, négative et équilibrante. Le pilier central symbolise l’énergie neutre reliant les deux autres. L’émanation de cette source unique prend donc corps aux travers des différentes Séphirot en se dirigeant vers la dernière sphère Malkhut, le royaume de Dieu qui représente sa manifestation dans notre univers terrestre. Cette dernière sphère qui est le réceptacle des trois énergies du créateur détermine le corps de l’homme et les facultés qui lui sont attachées.

C’est donc à partir de Malkhut que les forces universelles du Créateur vont pouvoir remonter jusqu’à leur source par les trois axes supportant les Séphirot.

Il y a un point important à souligner dans le cheminement de cet éclair flamboyant, c’est le passage dans la sphère Yésod qui précède la matérialisation de l’énergie universelle.

En effet, si Malkhut en est la manifestation physique et matérielle, Yésod représente le fondement des forces psychiques trouvant leurs places dans le réceptacle de notre cerveau. Celui-ci est lui-même décomposé en trois parties : Le bulbe rachidien et le cervelet qui constituent la partie primitive, neutre et instinctive recouverte par le cortex cérébral divisé en deux hémisphères polarisés actif et réceptif. C’est dans notre boîte crânienne que se situe donc notre psyché qui, à l’image de Yésod, conceptualise toute forme préexistante à la matérialisation de nos actes dans la matière.

En tant que fondement, cette sphère est l’interface directe entre le corps et les trois sphères supérieures que sont :

  • Au centre Thipheret qui diffuse l’énergie du Soi
  • A gauche, du côté recéptif, Hod qui régit le mental
  • A droite, du côté actif Netzach qui agit sur les sens.Yesod symbolise notre psyché qui agit comme un miroir concave ou convexe reflétant les énergies de l’univers via la matière et renvoyant vice-versa la manifestation de nos actes vers l’esprit du créateur.

C’est ici que se situe le principe de la causalité où sans équilibre intérieur, nous sommes soumis au jeu des forces universelles. Le libre-arbitre de l’homme consiste alors à saisir cet éclair pour cheminer au travers des sphères de l’arbre kabbalistique afin d’équilibrer les forces en rejoignant la source suprême. La tradition nous dit alors que l’homme sincère sera éprouvé dans ses intentions. Cette même tradition nous rapporte qu’un homme doit être pleinement mûr avant de se lancer dans ce chemin de perfection sous peine de se perdre dans les méandres de la connaissance divine et de s’égarer dans les mirages de l’âme.

Nous venons de voir les forces universelles sous une triple nature, active, passive et équilibrante. Cette définition reste souvent obscure pour beaucoup d’entre nous quand il s’agit d’en saisir la manifestation concrète car la tradition kabbalistique repose sur une vision embryonnaire de la réalité physique de notre univers et de ses forces.

En soi, il est remarquable qu’une source aussi ancienne ait pu se rapprocher avec autant d’acuité de cette réalité. Néanmoins, la multiplication des définitions et des interprétations tend à égarer le chercheur de lumière quand il s’agit de se retrouver au milieu d’une multitude d’ouvrages et de références concernant la kabbale. Si nous considérons la Tradition authentique, les textes parlent des trois piliers en les nommant ainsi :

  • Amour Khesed pour la colonne de droite
  • Harmonie Tipheret pour la colonne centale
  • Justice Din (guevoura) pour la colonne de gauche

Les commentaires nous apprennent que leurs énergies doivent être interprétées dans le sens d’expansion pour Khesed, d’équilibre pour Tipheret et de concentration pour Din.

C’est en cela que les commentaires sont forts utiles pour donner une définition plus moderne de ce jeu de force car si on utilisait à nouveau l’exemple du Tao que nous avions utilisé pour expliquer le passage de l’existence passive à l’existence positive dans le chapitre de l’entrée en matière, on pourrait dire que cette énergie universelle est en permanence reliée à l’axe central de la colonne de l’équilibre. En effet, les colonnes droite et gauche étant interdépendantes de celle du milieu, elles expriment leurs énergies de façon centripète ou centrifuge tout comme le signe de l’infini ∞ qui représente la dynamique universelle.

Ceci veut dire que dans notre quotidien, nous agissons de la même manière. À partir d’un point central qui représente notre univers connu, nous repoussons ses limites extérieures jusqu’au moment où nous sentons que nous perdons le contrôle sur ce qui nous entoure. Nous percevons alors que nous nous éloignons de ce point d’équilibre et si nous persévérons dans cette dynamique centrifuge qui tend à s’éloigner de la colonne centrale, instinctivement nous engendrons une force centripète qui va proportionnellement nous ramener au point opposer de l’équilibre dans l’introspection de nos actes. C’est sur ce principe que nous éprouvons le champ de l’existence et que nous repoussons sans cesse les limites de notre connu. C’est aussi par la prise de conscience de cette dynamique que nous pouvons créer un juste équilibre des forces qui nous gouvernent. C’est encore par ce processus que nous pouvons découvrir notre nature et la rectifier et c’est là que réside le mystère ancien du « connais-toi toi-même et tu connaîtras l’Univers et les dieux ».

Un autre point que je voudrais aborder maintenant, c’est le rapport des piliers avec la tradition initiatique et la légende d’Hiram.

En effet, on retrouve deux piliers dans le Temple de Salomon et par extension trois colonnes disposées autour du pavé mosaïque à l’intérieur du Temple maçonnique. Il y a bien sûr une corrélation avec les piliers de l’arbre séphirotique mais cela a souvent entraîné un amalgame dans leurs différentes interprétations.

Considérons d’abord les colonnes du Temple. Elles étaient au nombre de deux disposées de chaque côté de l’entrée de l’Heikhal, la salle du temple qui représente la Loge Maçonnique. Un texte du Livre de Rois nous précise leur importance : Le roi Salomon envoya chercher Hirâm de Tsor. C’était le fils d’une femme veuve, de la branche de Naphtali. Son père était un homme de Tsor, artisan du bronze. Il était plein de sagesse, de discernement et de pénétration. il vint vers le roi Salomon et réalisa tout son ouvrage. Il forma les deux colonnes de bronze, la hauteur de la première colonne était de dix-huit coudées. Un fil de douze coudées en mesurait le tour. Elle était creuse et son épaisseur était de quatre doigts. De même pour la deuxième colonne. Il éleva les colonnes dans la salle de l’HeikhalIl éleva la colonne de droite et nomma son nom, Yakhin. Il éleva la colonne de gauche et nomma son nom, Boaz. Au sommet des colonnes, il y avait des chapiteaux en forme de lis. Ainsi fût terminé l’ouvrage des colonnes.(Livre des rois, 1,7, 21)

La colonne de droite s’appelle Yakhin qui signifie « établir, donner un sens, affermir ». Elle correspond au pilier droit de l’arbre des séphirot et par analogie à la clémence et à l’amour. Elle exprime donc symboliquement la force active, expansive qui tant à s’étendre et rayonner.

La colonne de gauche s’appelle Boaz exprimant « en lui la force », car sa racine hébraïque Az signifie la force accompagnée de la lettre Beith b qui indique l’idée de réceptacle. Elle correspond au pilier gauche de l’arbre des séphirot. Elle exprime donc symboliquement la rigueur, la force introspective de la concentration.

Ces deux colonnes sont creuses ce qui veut dire qu’elles sont les réceptacles qui permettent à l’énergie universelle de circuler à l’intérieur de l’Heikhal. Cette partie du Temple qui contient le Débir, le Saint des Saints et l’Arche de l’Alliance, est tout comme la Loge maçonnique à l’image du monde profane. L’Heikhal figure la représentation du monde de la Création. C’est pourquoi il n’y a pas de troisième colonne car elle est figurée par l’homme qui est le pilier central du monde terrestre.

Cette définition est extrêmement importante pour comprendre la relation symbolique qu’établit le Créateur avec sa création. En effet, il place une fois de plus toutes les facultés d’équilibre et de d’harmonie dans le potentiel humain. Et c’est donc dans sa relation avec l’énergie universelle que l’homme peut établir dans la rigueur une cohérence dans l’accomplissement de ses actes et sa réalisation spirituelle. Il dispose pour cela de trois outils fondamentaux que sont force, beauté et sagesse.

Ce sont ces mêmes valeurs que l’on retrouve figuré par les trois piliers disposés autour du pavé mosaïque de la Loge Maçonnique. FORCE, BEAUTÉ, SAGESSE.

Le pavé mosaïque indique ici la dualité, le jeu des forces qui s’opposent et se combattent. Ce symbole est à l’image de l’homme primaire qui ne fait que réagir aux éléments du monde extérieur. En cela, il évalue la vie et ses actes sur la base d’une morale dualiste où il se place en victime de sa propre destinée. L’homme qui cherche la lumière, la vérité et l’harmonie, doit équilibrer ses forces intérieures.

Pour cela, il doit chercher une troisième voie qui va au-delà de son connu.

Il doit descendre à l’intérieur de sa nature instinctive pour reconnaître et comprendre l’origine de ses doutes et élucider son mystère personnel. S’il daigne effectuer ce parcours intérieur au centre de lui-même, il peut espérer découvrir le sens caché de sa réalité terrestre et ramener cette particule de lumière qui l’éclairera dans le long et obscur chemin de la connaissance et de l’harmonie.

Cette troisième force est le secret caché au fond de chacun de nous. Dès lors, ces différents éléments peuvent nous aider à mieux saisir les corrélations symboliques entre les différentes parties de la tradition hébraïque car nous retrouvons avec constance cette dynamique du ternaire qui est la base fondamentale de la manifestation Universelle.

LE SYMBOLISME DE L’ARBRE KABBALISTIQUE :

La difficulté que rencontrent nombre de personnes dans l’approche de la Kabbale, réside dans l’étude des textes hébraïques originaux, la connaissance de l’hébreu et l’araméen ainsi que la compréhension du système kabbalistique. Je tenterais donc de jeter un nouvel éclairage sur ce vaste univers symbolique. Dans cette approche, je vous livrerais une interprétation résolument novatrice ne se fondant pas sur la représentation traditionnelle de l’arbre des Séphirot mais sur sa correspondance astrologique et planétaire. Cette nouvelle interprétation peut paraître en marge du courant kabbalistique traditionnel bien qu’elle se fonde d’une part sur le livre de la formation, le Sépher Yetsirah dans la version courte dite « Rabad »et d’autre part sur l’alphabet hébraïque et sa correspondance symbolique et cosmogonique. Nous verrons dans ce chapitre les différentes dimensions de l’arbre de la Connaissance et son interaction avec la nature humaine. J’utiliserais volontairement un langage psychanalytique pour mieux saisir le caractère initiatique de l’enseignement kabbalistique et sa corrélation avec l’univers et la dimension intérieure de l’homme.

KETHER La Couronne
BINAH L’Inteligence
KHOKMAH La Sagesse
KHESED La Miséricorde
GEBURAH La Force
TIPHARET La beauté
HOD La Gloire
NETZAKH La Victoire
YESOD La Fondation
MALKUTH La Terre LE ROYAUMEDE D-IEU
DAAT La Connaissance

La manifestation du Grand Architecte de l’Univers et des énergies cosmiques qui en émanent, est codifiée dans la Kabbale par l’arbre des Séphirot supportant 10 sphères dont nous allons étudier les représentations symboliques. Nous allons analyser l’arbre kabbalistique en se référant aux commentaires du Sepher Yetsirah, le livre de la formation.

Le deuxième verset de ce livre introduit le concept des Séphirot par ce commentaire : Dix Séphirot dans le néant et vingt-deux lettres de fondements : trois mères, sept doubles et douze simples.

Ce texte nous indique donc que la structure de l’arbre kabbalistique repose sur dix sphères ou Séphirot et vingt-deux lettres fondamentales. Nous n’étudierons dans ce chapitre que la structure de l’arbre et le système des sphères divines. Le chapitre suivant traitera de l’alphabet en particulier et sa correspondance avec le système astrologique.

Le mot Séphirot ou Séphira au singulier est constitué par la racine saphir qui suggère une pierre précieuse, un joyau.

Les Séphirot sont souvent considérées comme les joyaux de la puissance divine. Elles expriment les qualités fondamentales que tout individu doit cultiver et relier dans leur ensemble pour constituer une unité à l’image de son Créateur et ainsi oeuvrer dans les voies de Dieu. La première phrase du verset parle de dix Séphirot dans le néant.

Le mot néant, BELIMAH est pris ici dans le sens différent du AYN, le Néant Originel que nous avons vu dans le chapitre précédent.

En effet, AYN qui signifie « Rien », exprime la notion du vide absolu où l’Univers a pris sa source alors que le mot BELIMAH traduit la dimension d’abîme. Cette distinction est importante car elle permet une nouvelle fois de saisir la subtilité des concepts cosmogoniques de la kabbale.

L’abîme traduit dans l’esprit biblique, une dimension réelle par rapport au néant originel qui définit un vide absolu qui n’existe pas.

On peut comprendre qu’en l’état des connaissances astrophysiciennes des docteurs de la kabbale, ces concepts relevaient plus de la métaphysique que de la physique quantique. Néanmoins, nous verrons au cours de cet ouvrage qu’il est assez remarquable que les chercheurs bibliques aient pu reproduire avec précision un schéma relativement précis de notre Univers cosmique.

Les différentes pérégrinations du peuple d’Israël au travers des cultures antiques ont certainement permis de recueillir des données astronomiques et astrologiques qui ont abouti à une vision globale de notre Univers. Il était donc tout à fait normal que le mot BELIMAH ne puisse traduire l’idée d’ESPACE qui est une dimension physique moderne et fondamentale que les kabbalistes ne pouvaient pas encore saisir.

Si nous transposons maintenant le concept biblique de BELIMAH par L’ESPACE COSMIQUE UNIVERSEL, les dix Séphirot dans le néant prennent alors une autre dimension.

Elles ne sont plus suspendues dans l’abîme mais elles forment en soi un système relié par l’espace-temps sidéral soumis aux lois physiques de l’Univers.

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