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Comme Hitler et les Nazis, les élites sont manipulés par une puissance étrange : Les « 72 supérieurs inconnus »

Nazis et occultisme : aux sources d’un fantasme

Magiciens, rituels païens, quête du Saint-Graal… Les affabulations sur le nazisme et l’ésotérisme n’ont jamais eu de limites ! Mais la réalité est plus prosaïque… et plus politique. Enquête.

Et si Adolf Hitler n’était qu’une marionnette manipulée par une société secrète ? Un vulgaire pion dominé par des «magiciens», qui lui dictèrent Mein Kampf, et par l’organisation de la SS, véritable matrice des «hommes nouveaux» ?

Ces élucubrations peuvent prêter à sourire… Et pourtant : elles furent développées en 1960 dans Le Matin des magiciens, un best-seller du journaliste Louis Pauwels et du chimiste Jacques Bergier, qui se vendit à 1 million d’exemplaires. Ce pavé de 500 pages, présenté comme une «introduction au réalisme fantastique», se proposait d’explorer des connaissances secrètes et autres pans cachés de l’Histoire : les vestiges de civilisations extraterrestres, les secrets du manuscrit de la mer Morte, le pouvoir de la téléphathie, mais aussi… le nazisme.

On y découvrait qu’une organisation tirait les ficelles du IIIe Reich, dont le but ultime aurait été de dominer le monde et de changer l’humanité.

Le propos était truffé d’hypothèses, la rigueur historique restant discutable… Mais ce livre à succès contribua à répandre dans l’opinion le fantasme des «racines occultes» du régime nazi. D’autant plus que les auteurs citent le nom de ce cercle mystérieux qui aurait, dans l’ombre, tout décidé : la Société de Thulé. Une entité qui exista réellement, autour de 1919 à Munich, ville où naquit le nazisme. Mais eut-elle l’importance que les deux auteurs se plaisent à imaginer ?

Pour les anciens peuples germaniques, Thulé était un nom mythique.

Le terme, issu de l’Antiquité grecque, désignait une île du grand nord (l’Islande ? le Groenland ? les Féroé ?) censée marquer l’extrémité septentrionale du monde et habitée, selon la légende, par le peuple des Hyperboréens. Il réapparut ensuite en Allemagne, notamment au XVIIIe siècle dans des poèmes de Goethe, et fut récupéré autour de 1900 par la foisonnante nébuleuse völkisch, qui mêlait pangermanisme, racisme, antisémitisme, foi en la suprématie aryenne et invocation d’une mythologie germanique préchrétienne.

Thulé était pour eux une sorte d’Atlantide du Nord, et ses habitants un peuple supérieur dont les descendants étaient les Aryens. L’une de ces organisations völkisch, le Germanen Orden (l’Ordre des Germains), créa en 1918 une branche à Munich, sous la férule d’un obscur aventurier turco-allemand, Rudolf Gauer, alias Rudolf von Sebottendorf. L’homme baptisa son groupe Société de Thulé, en référence à cette terre nordique d’où descendrait la glorieuse race allemande.

Mais derrière ce nom à l’aura mystique, la Société de Thulé n’avait pas grand-chose d’une organisation occulte…

Etablie dans un luxueux hôtel de Munich, elle tenait plutôt du groupe militant d’extrême droite. Et ses membres, qui auraient été environ 200, préféraient tenir des conférences et lutter contre les «rouges» plutôt que de pratiquer des rituels magiques, explique l’historien Stéphane François, auteur du livre Les Mystères du nazisme : aux sources d’un fantasme contemporain (éd. PUF, 2015) :

«Dans les faits, c’était moins une société secrète ou ésotérique qu’un groupe paramilitaire né dans le chaos de la fin de la Grande Guerre, antirépublicain, antisémite, anticommuniste et plutôt composé d’aristocrates,comme il y en avait beaucoup dans l’Allemagne de l’époque. Certains membres avaient certes un attrait pour l’ésotérisme völkisch, il y avait des pratiques païennes comme le salut au jour ou la célébration du solstice d’hiver plutôt que celle de Noël… Mais cela relevait du folklore, et n’avait rien d’exceptionnel dans ce genre de milieu. »

A Munich, ce cercle s’illustra surtout par sa lutte violente contre les communistes, qui tentaient alors d’importer en Allemagne la révolution russe. En 1918-1919, la Bavière fut dirigée par une éphémère République des conseils, un gouvernement insurrectionnel de type soviétique. Face à elle, des «corps francs» composés d’anciens combattants de 14-18, souvent d’extrême droite… dont des membres de la Société de Thulé, qui tint une place active dans cette contre-révolution. Fin avril 1919, sept d’entre eux furent même fusillés par les gardes rouges, juste avant que la République des conseils ne s’effondre dans le chaos. Ce fut le début de la fin pour la Société de Thulé qui, dès les années 1920, éclata et sombra dans l’oubli.

Elle y serait restée si Munich n’avait pas été le théâtre, à la même époque, d’un fait majeur dans l’histoire allemande : la fondation en 1919 du DAP, le Parti des travailleurs allemands, dont Hitler fera en 1920 le NSDAP, le parti nazi.

Or, la Société de Thulé est liée à l’émergence de ces partis : «Le DAP en est plus ou moins issu, puisque l’un de ses fondateurs, Karl Harrer, était aussi membre de la Société», explique l’historien spécialiste du nazisme Lionel Richard. Plusieurs futurs dignitaires nazis, dont des proches d’Hitler, frayaient avec le groupe d’extrême droite – ou sont soupçonnés de l’avoir fait, car il n’existe pas de liste établie des membres de la Société de Thulé. Parmi eux, le futur gouverneur de Pologne Hans Frank, l’idéologue du nazisme Alfred Rosenberg, l’adjoint de Hitler, Rudolf Hess, et Dietrich Eckart, mentor du futur dictateur.

Les nazis ont récupéré le salut «Sieg Heil !» de la Société de Thulé

Autre signe d’un lien étroit entre les deux entités : le journal Völkischer Beobachter (L’Observateur populaire ), organe officiel du NSDAP jusqu’en 1945, fut racheté en 1920 à la Société de Thulé, et resta même hébergé pendant un moment dans ses locaux. Enfin, le parti nazi emprunta au groupe völkisch certains éléments de décorum emblématiques. Comme la croix gammée, qui constituait déjà, accompagnée d’un poignard, le symbole de la Société de Thulé. Et aussi le salut «Sieg Heil !» (Salut à la victoire), qui deviendra «Heil Hitler !». «C’est ainsi que se saluaient les membres du groupe quand ils se retrouvaient, souligne Lionel Richard, et il semble que cela leur ait été vraiment spécifique.»

Ce patronage de l’embryon du parti nazi par ce groupuscule d’extrême droite pseudo-mystique fait-il pour autant du nazisme une émanation de ce dernier?

Rudolf von Sebottendorf, le chef de la Société de Thulé, alimenta lui-même cette idée dans son livre paru en 1933, Bevor Hitler kam (Avant qu’Hitler n’arrive), où il se pose en précurseur. Mais gare aux raccourcis, prévient l’historien Lionel Richard : «Dans les faits, l’essor du parti nazi n’est en aucun cas dû à la Société de Thulé. Les deux ont simplement en commun un même creuset, ce terreau de lutte contre-révolutionnaire, antisémite et antidémocratique des années 1918-1921.»

Stéphane François nuance lui aussi les liens entre les deux entités, et met en garde contre les similitudes trompeuses, comme la croix gammée : «Avant que la Société de Thulé ne l’utilise, ce symbole était déjà répandu depuis les années 1870 dans les milieux nationalistes et ésotériques, où croix gammée et race aryenne étaient fréquemment associées.»

Enfin, reste la question d’Hitler lui-même.

Le caporal, alors âgé de 30 ans, se trouvait bien à l’époque à Munich où il découvrait sa vocation politique, et connut certains membres de la Société de Thulé, mais rien n’indique qu’il fréquenta cette dernière. «Et s’il le fit, il est probable qu’elle n’ait eu pour lui qu’une importance anecdotique, écrit Stéphane François dans Les Mystères du nazisme. En outre, si la Société de Thulé n’avait pas existé, Hitler se serait sûrement acoquiné avec d’autres structures ou militants de la mouvance nationaliste munichoise, et le cours de l’Histoire n’en aurait pas été changé.»

Autrement dit : la Société de Thulé fut loin d’être la matrice indispensable du nazisme, comme l’avancent certaines théories largement fantasmées. Celles-ci ne retiennent du groupe munichois que le vernis mystique et occulte. En extrapolant, elles font du nazisme un mouvement ésotérique contrôlé par des «initiés» – c’est en tout cas la thèse développée en 1960 dans Le Matin des magiciens. Or cette idée de l’occultisme nazi est très exagérée.

Rudolf Hess lui-même était féru d’astrologie et d’homéopathie

Il existait certes en Allemagne un ésotérisme d’extrême droite, autour de doctrines exotiques comme l’ariosophie, l’armanisme ou la théozoologie, et d’éléments récurrents comme la pensée völkisch, le paganisme nordique, la foi en une race germanique supérieure et ancestrale menacée par les juifs.

Ces croyances firent partie du terreau qui mena au nazisme, et certains des dirigeants du IIIe Reich en étaient imprégnés, notamment Rudolf Hess, adepte d’occultisme, d’astrologie et de médecines douces, ou Heinrich Himmler, passionné par l’Antiquité germano-scandinave. Ce dernier, chef de la SS, appliqua ses lubies à la milice nazie, en utilisant des runes, l’ancien alphabet germanique, pour dessiner son symbole (le double sig, que l’on prend pour un double S), ou en enterrant les SS selon des rituels païens. «Mais cela restait du bricolage, nuance Stéphane François. Dans le fond, la SS n’avait rien d’une société ésotérique.» Surtout, ajoute l’historien, «les autres dignitaires nazis, comme Goebbels, Goering ou Speer, se moquaient des obsessions de Himmler, auxquelles ils n’adhéraient pas du tout».

Hitler lui-même, s’il semble avoir eu un certain intérêt pour les idées mystiques et occultes, n’en fit pas pour autant une ligne politique, et n’hésitait pas à dénoncer violemment les lubies völkisch. «Il y eut bien sûr des aspects ésotériques dans le nazisme, résume Stéphane François. Mais le NSDAP était surtout un parti de juristes, d’universitaires, de médecins, d’archéologues… et non d’individus folkloriques irrationnels. Il ne faut pas retenir uniquement la passion de Rudolf Hess pour l’homéopathie !»

Il n’empêche : les fantasmes autour de la Société de Thulé et de l’ésotérisme nazi, avec leur parfum de soufre et de secret, connurent après 1945 un succès public indéniable. Le Matin des magiciens ouvrit la voie à de nombreux autres livres scientifiquement douteux, dans des collections «spéciales mystères» prisées du public à l’époque, comme Les Enigmes de l’univers de l’éditeur Robert Laffont. «Le moindre livre sur le thème des aspects ésotériques du nazisme publié par un inconnu dans la décennie 1970 tirait au minimum à 50 000 exemplaires », écrit Stéphane François.

Certains écrivains font oublier l’horreur au profit du mystère

Le thème se diffusa aussi dans la culture populaire : jusqu’à aujourd’hui, de nombreux films, BD, jeux vidéo et jeux de rôle mettent en scène des nazis organisés en sociétés secrètes, dotés de pouvoirs occultes, lancés à la recherche d’objets mystiques… L’exemple le plus célèbre est celui de la saga Indiana Jones, dont deux épisodes (Les Aventuriers de l’Arche perdue et La Dernière Croisade) mettent en scène des SS obsédés par les vertus magiques de l’Arche d’alliance et du Graal.

Une partie de cette abondante production littéraire sur les «secrets » nazis a été utilisée à des fins politiques.

Les thèmes du paganisme de la SS, des intentions occultes de la Société de Thulé, de la lutte secrète entre les Aryens et les juifs, ont été ainsi repris après-guerre par des auteurs d’extrême droite, déroulant des thèses farfelues. On y trouve des personnages sulfureux comme la Franco-Grecque Savitri Devi (qui rapprocha nazisme et hindouisme), le diplomate chilien Miguel Serrano (qui prétendait que les Aryens étaient d’origine extraterrestre), l’Allemand Jan van Helsing (qui mêle conspirationnisme, pensée völkisch et New Age), mais aussi d’anciens SS français comme Saint-Loup et Robert Dun, ou le militant identitaire Jean Mabire, auteur d’un des rares livres en français sur la Société de Thulé (Thulé, le soleil retrouvé des Hyperboréens, publié en 1978). «Pour faire simple, sa thèse est que le mystère de la Société de Thulé est la préservation du sang aryen, programme qui sera appliqué par le régime nazi», explique Stéphane François.

Le fond commun de tous ces auteurs, par-delà leurs différences ?

Une certaine volonté de réhabiliter Hitler et le régime nazi en leur donnant une dimension magique et en les inscrivant dans une histoire secrète qui dépasse largement le cadre du IIIe Reich. «Globalement, toute cette littérature sur la Société de Thulé et l’occultisme nazi est quelque part une tentative, volontaire ou non, de minimiser le nazisme, en le plaçant dans une autre dimension, en le situant au niveau de l’incompréhensible», conclut Stéphane François.

Comme si transformer les nazis en mages ou en sorciers en faisait des êtres à part et surnaturels. Et nous interdisait ainsi de les juger.

Cet article est paru dans le magazine GEO Histoire « Le nazisme : aux racines d’une idéologie dévastatrice, 1871-1933 » (n°26). >> Acheter ce numéro en pdf – Source : http://www.geo.fr/

Les 72 Supérieurs Inconnus – Hitler était un illuminati sous l’emprise des 72 demons de la Goétie

« L’hypothèse d’une communauté initiatique, sous-jacente au national socialisme, s’est imposée peu à peu. Une communauté véritablement démoniaque, régie par des dogmes cachés, bien plus élaborés que les doctrines élémentaires de Mein Kampf ou du Mythe du XXè siècle… » Jacques Nobécourt

Du point de vu historique, les 72 Supérieurs Inconnus apparaissent plus souvent qu’on ne le pense et toujours, à des périodes capitales pour la poursuite des événements planétaires.

Leurs interventions sont ponctuelles et les moyens avec lesquels ils interviennent, donne à penser que ceux-ci sont pour ainsi dire illimité et si puissants, que nous pouvons nous demander s’ils sont de même nature que la nôtre.

Les 72 sont en réalité une sorte de confrérie ésotérique dont les membres se succèdent et se comptent de génération en génération.

Pour être plus précis. Nous dirons qu’il s’agit d’une société secrète dont l’hermétisme et le cloisonnement est pour ainsi dire impénétrable. Les 72, pour servir les causes qu’ils défendent, pour servir les intérêts économiques qu’ils prônent ou encore, pour changer le régime d’un pays ou supprimer un témoin gênant, n’hésitent pas à plonger en eau trouble et à enfreindre les lois ou à provoquer des conflits. Ils ne connaissent aucune frontière, aucun état d’âme, aucun problème de race, de religion ou de langue, ils décident ce qu’ils veulent, où ils le souhaitent et quand ils le désir. Conspirant avec la gauche, séduisant la droite et manipulant avec une dextérité exemplaire les extrêmes, ils dominent tous les parlements ils surplombent tous les Sénats et font obéir tous les présidents du monde avec une autorité jamais démentie.

Dès lors, nous pouvons faire immédiatement la comparaison avec les sulfureux « Protocoles des Sages de Sion». Pour commencer, nous allons d’abord nous pencher sur la définition des mots « sociétés secrètes ».

Une société secrète se caractérise par des critères de sélectivité dans les recrutements de ses membres, par l’obligation de faire silence sur ce qui se dit lors des réunions, et l’interdiction de révéler les noms des autres membres. Il y a donc bien des secrets. Néanmoins, pour ces sociétés dont certaine sont légalement reconnues, elles peuvent très bien organiser des œuvres de bienfaisance, des conférences et des séminaires qui parfois accueil tous les publiques même profane.

Mais à l’intérieur de ces sociétés pendant leurs réunions et leurs diverses activités strictement privées, seul les membres sont autorisés a y participer, par conséquent, elles préservent en cela la discrétion et le secret propre à ce genre d’organisation.

Certaine de ces sociétés ont largement contribué à modifier le cours de l’histoire et même probablement à déclencher des conflits. L’exemple le plus éclatant et le plus dramatique en a été donné par les deux guerres mondiales. Comment peuvent-ils en arriver à de telles extrémités et quelles en sont les raisons profondes ?

Si nous observons attentivement le cours de l’histoire, nous constaterons que les grands Seigneurs d’antan, les grands Chefs historiques, les Rois et les présidents et certainement les sociétés secrètes qui manipulent ces mêmes souverains, ont eu la tentation de vouloir rassembler et réunir les plus petites Nations. Atteindre l’unité des États, les fédérer et les contrôler, tel a toujours été leur objectif durant des siècles et tel est encore, le but qu’ils se proposent d’accomplir comme nous le verrons plus loin. Le rôle qu’a joué la Franc-maçonnerie dans la révolution française est considérable et reste indéniable même si, encore aujourd’hui, les Francs-maçons s’en défendent.

Paul Naudon (Histoire générale de la Franc-maçonnerie. Office du Livre : 1987) dit à ce sujet :

«La Franc-maçonnerie fut pourtant un véhicule, parmi bien d’autres, des idées libérales elles-mêmes conditionnées par de multiples causes d’ordre économique, politique et social, qui conduisirent, au cours du XVIIIè siècle, au bouleversement final»

Précisons encore, que peu de temps avant la Révolution dans le temple parisien des « Neufs Sœurs » se retrouvent les Francs-maçons suivant : Sieyès, Bailly, Pétion, Guillotin Brissot, Camille Desmoulins, Danton, Condorcet, Cabanis, Lacépêde, l’abbé Delile, Florian, Greuze. Tous ont participé de près ou de loin à la révolution. La célèbre devise « Liberté, Egalité, Fraternité » provient bien de la Franc-maçonnerie.

Des preuves de l’intervention de celle-ci dans les décisions politiques sont courantes, en voici encore une plus près de nous et qui en son temps, a fait couler beaucoup d’encre un peu partout dans le monde. Je l’emprunte au franc-maçon Joël Arvelle (Joël Arvelle. Devenir Franc-Maçon ?. ED. J-M. Collet. 1996) :

«Bien sûr, dans certaines obédiences, et plus particulièrement dans certaines loges, des questions politiques figurent parfois à l’ordre du jour des travaux, entraînant alors des échanges de vues animés, mais toujours cordiaux.

Ce que l’on peut dire, c’est que certaines grandes réformes sont parfois préparées dans le creuset des loges. Mais si elles apparaissent à l’extérieur et arrivent à s’imposer, c’est avant tout grâce à l’énergie, à la volonté et à la persévérance d’un ou de quelques maçons agissant à titre tout à fait individuel Le plus bel exemple qu’on puisse donner est la loi actuelle sur l’avortement en France, qui fut en son temps défendue avec constance et acharnement par Pierre Simon, ancien Grand Maître de la Grande Loge de France, une obédience qui s’interdit de faire de la politique politicienne, mais qui avait longuement étudié ce problème éthique dans ses ateliers.»

Chacun pourra apprécier les propos tenus par J. Arvelle, mais ceux de Roger Leray, ancien Grand Maître du Grand Orient de France qu’il accorda à la revue « Le Point », sont encore plus éloquents

«Ce n’est pas la Maçonnerie qui a fait l’insurrection américaine contre l’impérialisme anglais. Mais ce sont des Francs-maçons qui ont été les acteurs les plus déterminés. Washington a été Washington aussi parce qu’il était franc-maçon, tout comme Franklin, comme La Fayette. Toute la géopolitique sud-américaine a été dessinée par des Francs-maçons. C’est le maçon O ‘Higgins qui a fait le Chili. C’est le maçon San Martin qui a fait l’Argentine, comme Bolivar a construit la Grande Colombie et Juarez, le Mexique moderne. Tous Francs-maçons. Ces hommes-là ont su traduire l’esprit maçonnique dans des actions politiques.»

On est bien évidemment en droit de se demander, Si ce n’est pas plutôt ces mêmes O’Higgins, Juarez, Bolivar et d’autre qui ont du obéir à la Franc-maçonnerie?

Dans le même ordre d’idée, comment ne pas s’interroger sur la fulgurante ascension de Napoléon Bonaparte, sans évoquer les soutiens occultes de la Franc-maçonnerie.

N. Bonaparte était un Franc-maçon mais il avait aussi atteint le grade le plus distinctif dans l’Ordre des Illuminés de Bavière (Histoire de la Franc-maçonnerie Universelle. Tome III de G. Serbanesco). Nous y reviendront plus loin.

Tableau de la Loge maçonnique Bonaparte, circa 1810

Il paraît, mais nous n’en avons pas la preuve, que l’Empereur aurait été en relation avec la Fraternité Hermétique de Louxor pendant sa campagne d’Egypte. Cette Fraternité est très peu connue et l’on possède peu de renseignement à son sujet. (Voir entre autre Napoleon & Empire – La franc-maçonnerie sous le Consulat et le Premier Empire)

A bien y regardé, on s’étonnera du déclin de l’empire Bonapartiste et l’on s’est aperçu qu’à partir du moment où celui-ci commença à vouloir agir selon sa propre volonté, la chance l’a laissée tomber, on notera également que son ambition personnelle et son rêve de domination orgueilleuse, ne correspondait plus vraiment à ceux de ses vrais maîtres qui écrivaient l’histoire nouvelle au fin fond d’une loge.

Comment ne pas s’interroger non plus par l’étourdissante ascension de Jeanne d’Arc.

A l’âge de 16 ans, toutes les portes du pouvoir lui furent ouvertes, comment à une époque où les femmes n’avaient alors strictement rien à dire sur le plan politique, Jeanne d’Arc ressue-t-elle un tel pouvoir ? Par quel vent mystérieux accéda-t-elle à de pareils honneurs, à moins que l’ombre d’un Ordre Rénové du Temple le lui souffla ?

Mais le meilleur exemple que l’on puisse étudier et qui de surcroît, fait référence directement aux 72 Supérieurs Inconnus, c’est la surprenante et dramatique venue au pouvoir d’Adolf Hitler.

Relater l’historique de l’ascension d’Hitler serait superflue tant on a écrit à ce sujet. Les sociétés secrètes à cette époque étaient très nombreuses, les mages, les devins, les messies et les astrologues étaient encore plus nombreux, en vérité l’Allemagne se cherchait un nouveau maître, un guide qui rendra l’honneur au pays.

Parmi ces sociétés secrètes, il en était une qui aura une influence toute particulière sur le destin malheureux du peuple allemand, c’est la société Thulé (Thule-Gesellschaft). Elle fut fondée par un professeur d’Ethnographie, Félix Niedner. Elle se mit en sommeil dès la première guerre mondiale. Elle reprit ses activités mais cette fois sous l’impulsion de Paul Rohrbach, elle prit une nouvelle orientation et se préoccupa davantage du pouvoir de la pensée et de la race aryenne.

Arriva par la suite un bien curieux Baron du nom de Rudolf von Sebottendorf, à la fois astrologue, initié à l’ordre soufi et aux rituels assez mystérieux, il donnera une dimension particulière à la Thulé. Il publiera un opuscule (La pratique Opérative de l’ancienne Franc-maçonnerie Turque. Editions du Baucens 1974) exposant les secrets des Rose-Croix, les découvertes des alchimistes et la réalisation de soi. Voici ce qu’il écrit à propos de ce livre:

« Maintenant, petit livre, va ton chemin, l’heure est propice. J’ai entamé cette introduction le 3 février 1924 à 12h30, c’est-à-dire au milieu du jour, à 460° de latitude Nord et 90° de longitude Est. Répands beaucoup de Rédemption grâce à la vraie connaissance. »

Toujours à propos de ce livre, Sebottendorf déclare encore :

« C’est la voie que les ordres de derviches ont coutume d’emprunter fin d’acquérir des forces spéciales par des techniques particulières. Ce sont pour la plupart, des hommes qui aspirent à la haute initiation, celle dont proviennent ceux que l’on a formé et préparés à leurs missions de chefs spirituels de l’lslam. (…) il faut déclarer ici que ce texte a été écrit à la demande des chefs de l’Ordre. La raison en est la suivante : une vaste organisation de l’incrédulité, aux dimensions monstrueuses, veut soumettre le monde civilisé. »

On sent bien dans ce qui vient de suivre, qu’il y a un ordre supérieur qui guide et attribue des missions à certains personnages et ceux-ci accomplissent à travers le monde, les démarches et les influences dont ils sont les porteurs.

Dès lors, à la Thulé, on y étudiait l’histoire des dieux hyperborés, la mythologie mais aussi la pureté de la race aryenne et le surhomme. C’est dans ce milieu que le futur dictateur Hitler va être successivement initié à de multiples formes de la Franc-maçonnerie détournée, de l’astrologie et aussi aux pouvoirs de médium. Il est exact de dire qu’Adolf Hitler fermera bon nombre de loges et de temples, mais pas n’importe lesquels. La raison en est que certaines de ces sociétés secrètes lui était favorable et certainement que parmi celles-ci, ils s’en trouvaient qui lui avait permit l’accession au pouvoir.

Ce qui est très intéressant ce sont ses initiateurs, nous y trouvons par exemple Dietrich Eckart, fils de magistrat, gros buveur, morphinomane, journaliste, écrivain, poète et homme de théâtre dont l’influence sera déterminante pendant quatre ans. Hitler aura ses dernières paroles pour lui : « C’est un des meilleurs hommes, il a consacré sa vie à réveiller son peuple par la poésie, la pensée et par l’action. »

C’est toujours Eckart qui introduisit Adolf Hitler dans plusieurs sociétés secrètes et qui l’initia aux sciences de l’au-delà. A la Thulé qui ne faisait pas que de la poésie Wagnérienne, il recevra alors du Général Karl Haushofer la connaissance des secrets pour une domination complète du monde.

Comme par hasard, Haushofer se disait également Grand maître de l’Ordre Nouveau du Temple, en outre, il était aussi membre de l’Ordre du Dragon Vert, Ordre qu’il rencontra lors d’un voyage au Japon.

Haushofer était aussi le fondateur de l’institut de Géopolitique et de la doctrine de l’espace vital, c’était assurément un grand pédagogue. Il était aussi un grand voyageur, puisse qu’il avait été en mission en Asie profonde et plus particulièrement, au Tibet où il sera initié aux pratiques Tantriques des Bonnets noirs tibétains (Ordre spécifiquement maléfique).

Haushofer était aussi un membre important de la Loge Lumineuse dite aussi, la Société du Vril. Il s’agit en fait d’une secte pratiquant la sorcellerie et qui professe des thèses racistes. C’est également lui qui, fera adopter la croix gammée la « svastika » comme emblème. C’est lors d’un de ses voyages qu’il rencontrera un autre personnage très occulte et très mystérieux Georges Gurdjieff mage des plus controversés durant cette époque et cité par Serge Hutin (Serge Hutin. Gouvernants Invisibles et Sociétés Secrètes. ED. Rarnuel. I996.)

« J’avais la possibilité d’accéder au saint des saints de presque toutes les organisations hermétiques, telles que sociétés religieuses, occultes, philosophiques, politiques ou mystiques, qui demeurent inaccessibles à l’homme ordinaire. »

Georges lvanovitch Gurdjieff est certainement l’un des hommes les plus mystérieux de notre temps. Son influence sur certains événements du monde occidental et sur d’autres politiciens est indéniable. Ainsi G. Gurdjieff fit son apparition à Moscou en 1911, lors de conférences sur l’ésotérisme. En 1919, il fonda un institut à Tiflis qui promettait un développement harmonieux de l’homme. Il côtoyait Staline lors de séminaires à Alexandropol, il fut reçu par Hitler durant toute une nuit après les rencontres de Montoire. Il fut ensuite expulsé d’Angleterre par Lloyd George après enquête de l’Intelligence Service. Vers 1922, il s’installera définitivement à Avon, près de Fontainebleau. Notons qu’il ne sera jamais inquiété pendant toute l’occupation n’y même après la libération. Il mourut à l’hôpital américain de Neuilly, en 1949.

Gurdjieff connaissait parfaitement l’Orient et particulièrement le bouddhisme, il affirmait que la théosophie s’en était largement inspirée. Il professait qu’à partir d’exercices physiques et mentaux cela permettait d’acquérir des pouvoirs extraordinaires comme l’hypnotisme ou le don de médium.

On ne peut s’empêcher d’évoquer aussi le nom de Trebitsh-Lincoln. Hongrois né à Paks en 1879, grand aventurier, poète, acteur, révérend anglican sans oublier qu’il fut également espion tant pour le compte des Anglais que des Russes. Il fut aussi initié et convertit à la religion bouddhiste. En 1920, il participa au putsch nationaliste de Kapp. Il établit une politique de conquête pour l’armée allemande, il connaissait parfaitement les plans du Reich mais aussi la personnalité de Hitler. Ce dernier fût très satisfait de Trebitsch et ils se serrèrent chaleureusement la main. T. Lincoln joua finalement un rôle stratégique sur les options militaires du Reich mais, combien d’autres hommes politiques influença-t-il et de qui provenait l’ordre d’agir ou pas? Ce bien mystérieux personnage continuera à voyager en Asie où il aura une influence non négligeable sur la géopolitique de ce continent.

Alfred Rosenberg, auteur du livre « Le Mythe du XXè siècle », qui n’était pas en reste non plus en matière de magie, faisait de multiples références au célèbre luciférien « Aleister Crowley ». Ce dernier s’était proclamé « The Great Beast, To Mega Therion, la Bête de l’Apocalypse».

Il se donnait aussi pour nom le chiffre 666 et déclarait à qui voulait l’entendre « qu’avant qu’Hitler ne fut, je suis » !

Aleister Crowley était un passionné de Franc-maçonnerie, il reçu successivement les 33e, 66e, 90e et 96e degré du Rite de Memphis dont le Grand Hiérophante était alors Théodore Reuss. Notons aussi que Reuss était également Imperator de l’Ordo Templi Orientis (OTO) (Rappelons K. Haushofer était membre de la Golden Down et membre éminent de la Thulé. Il y a lieu de penser que la Golden Down aurait inspiré l’orientation nazi de la Thulé. On n’y pratiquait les mêmes rîtes) et un occultiste germain très connu.

Remarquons aussi la présence au sein de l’OTO. de Sean Mac Bride, le fondateur d’Amnistie International.

Plus tard, T. Reuss remettra à Crowley la direction de L’OTO. pour l’Angleterre. Lorsque celui-ci arriva à Londres, il sera présenté à George Cecil Jones qui l’introduira au sein de l’Ordre de l’Aube d’Or à l’extérieur (The Golden Dawn in the Outer. La Golden Down Ordre ésotérique d’origine rosicrucienne fondée en I887).

A cette époque le grand maître de la Golden Dawn n’est autre que Samuel Lidell Mathers (Mathers est l’époux de la soeur du philosophe Henri Bergson.) qui à pour pseudonyme MacGregor. Nous ajouterons au passage, que ce dernier était comme par hasard également un haut dignitaire de l’OTO.

Au sein de la Golden Dawn, il existait dix grades auxquels s’ajoutaient trois grades très secrets appartenant aux frères aînés autrement appelés, les Supérieurs Inconnus.

Les membres de cette société, disent que les Supérieurs Inconnus sont humains, qu’ils veillent sur la destiné des affaires mondiales, qu’ils possèdent en outre, des pouvoirs psychiques particuliers et qu’ils vivent parmi nous. Autre fait surprenant qui concerne A. Crowley, en 1936 alors que les nazis persécutent à tour de bras, plusieurs loges franc-maçonniques qui, n’intéressaient pas Hitler, ainsi que d’autres astrologues et messies, il ne sera jamais inquiété ou arrêté.

Ils veilleraient sur la destinée du monde. Voilà qui est étrange et absolument incroyable, s’il n’y avait pas des faits qui viennent l’étayer. En voici deux qui d’un point de vu historique restent incontestable.

Le ministre des Affaires Étrangère de la République de Weimar, Walther Rathenau tomba sous les coups de feu de pangermanistes le 24juin 1922. Ces assassins appartenaient à une société secrète appelée la « Sainte Vehme», C’est du moins ce que concluait l’enquête.

Pendant sa courte agonie, Walter Rathenau prononça cette phrase énigmatique:

‘‘ Les soixante-douze qui mènent le monde ’’

La phrase resta inachevée. C’est sa compagne Irma Staub, qui auparavant avait été espionne durant la première guerre mondiale, qui rapporta les derniers propos de Rathenau. Ce dernier était aussi le dirigeant d’une importante société : la Société Générale d’Électricité mais il était aussi Juif, de plus il avait pris la direction d’un petit groupe de sage. Ce groupe tentait de trouver des solutions aux graves problèmes économiques et sociaux que connaissait l’Europe à cette époque.

Il fit aussi un discours le 4 mars 1919 à Washington où il parla ouvertement des fameux 72. On en trouve également la trace dans un de ses livres « Écoute Israël ». Il est probable que W. Rathenau avait découvert ce qui se tramait dans les coulisses du monde et certainement qu’il avait du rencontrer un ou plusieurs de ces 72. Sans doute avait-il refusé de servir la cause de ces derniers et du même coup signa son arrêt de mort, il ne sera pas le seul.

Un autre exemple atteste le passage des 72 mystérieux Inconnus le 17 juillet 1918. Dans la maison Ipatieff à Iekaterinbourg, lors du massacre de la famille impériale, on retrouva une icône déposée sur le corps de la tsarine. Cette icône représentait Saint-Séraphin de Sarov, sur l’auréole on y avait gravé à l’aide d’une pointe les mots suivants : ‘‘ S.I.M.P. The green Dragon. You were absolutly right. ’’ (Le Dragon Vert. Vous aviez pleinement raison). La deuxième inscription était composée de seulement deux mots : ‘‘To Late’’ (trop tard !)

Le sigle S.I.M.P., signifie : Supérieur Inconnu Maître Philippe tandis, que les 6 points en cercle représente le sceau de Salomon et correspond à la signature du Martinisme.

Maître Philippe de son vrai nom Nizier-Anthelme Philippe [Il faut lire a ce sujet « Maître Philippe de Lyon », par le docteur Philippe Encausse (ED). Traditionnelles)], est une bien étrange personnalité. Il tenta de faire fortune à Lyon mais, c’est grâce à ses pouvoirs psychiques très étonnant qu’il sera remarqué par un certain Papus (le docteur Encausse) et qu’il deviendra le conseillé intime de la famille impérial.

Il est probable que ce Maître Philippe avait compris qui était les Supérieurs Inconnus, peut être en était-il même proche. Toujours est-il, qu’il fût remplacé par le fameux Raspoutine qui lui, recevait d’innombrables télégrammes chiffrés en provenance de Suède et qui étaient tous signés « Le Vert ».

On sait aujourd’hui que c’est en Suède que ce trouvait le centre occulte de l’Ordre du Dragon Vert et que ce centre est directement relié aux fameux 72.

On sait par ailleurs, qu’un de ces membres était le Baron Otto von Bautenas, bras droit du président du Conseil Waldemaras, le chef du mouvement fasciste des « Loups d’Acier ».

Le meurtre de Sarajevo, le massacre de la famille impérial, l’assassinat de Walter Rathenau, l’effondrement et le sabotage de l’économie Européenne, la propulsion au pouvoir de Hitler par des conspirateurs ne sont pas du tout le fruit du hasard.

Il faut savoir que dans le même temps, les révolutionnaires russes et plus tard les nazis trouvaient des appuis financiers à Londres, à Stockholm et à Paris. Certains de ces financiers voyaient même au-delà du simple profit comme ce magnat du charbon de la Ruhr, Emil Kirdorf qui finança le parti nazi. C’est lui également qui finança les agitations de la Ruhr en 1923, c’est encore lui qui, travailla tout au long de la guerre et encore après, avec O. Aschberg et la Nya Bank de Stockholm qui étaient entre autre les financiers de la révolution bolchevique. Un autre industriel extrêmement riche, Kurt Luedecke payait beaucoup de membre de la Thulé.

On voit de plus en plus clairement comment les faits sont reliés entre eux et comment est constituée la hiérarchie à cette époque.

En partant du haut nous avons les 72 Supérieurs Inconnus qui donnent les ordres et manipulent, vient ensuite l’Ordre du Dragon qui semble être un centre de coordination et de décision, ensuite l’OTO qui apparaît comme étant un centre de recrutement et de sélection. La Golden Dawn quant à elle, semble être le centre d’initiation, la société Thulé ressemblerait plutôt à un centre opérationnel ce qui, ne l’empêcha nullement de s’adonner à des pratiques magiques, la Sainte Vehme est une société secrète qui elle, opère sur le terrain en tant que justicier. Justice disons-le qui se réclame de l’autorité traditionnelle Germanique.

Sous cette hiérarchie déjà bien établit et sous la surveillance de la Sainte Vehme venaient se greffer des sous sociétés secrètes pouvant prêter mains forte en cas de besoin. Citons par exemple « L’Ordre des Allemands le Marteau de WOTAN, les chevaliers du Saint-Graal, les frères des Nibelungen, l’Ordre de la Foi Allemande les Compagnons de l’Anneau Magique, l’organisation Rossbach. le Group Consul, l’Oberland, Anloch. »

Leurs programmes se ressemblent tous, rendre à l’Allemagne la grandeur et la foi en son destin historique, chasser les juifs, les romanichels les Francs-maçons, les prêtres et les églises, rompre avec le christianisme romain, veiller à la pureté de la race, abattre tous ceux qui seraient opposés à ces objectifs. Toutes ces organisations seront souvent protégées par l’autorité militaire en générale et en particulier par le général Ludendorf. Notons qu’ils étaient également subventionnés et armées.

Nous avons déjà insisté sur le fait que les 72 avaient des moyens puissants pour agir, des moyens qui dépasseraient même notre entendement. Hitler a probablement subit des manipulations d’ordre mentales, il n’était plus le maître de sa propre personne et de son libre arbitre?

On peut parfaitement établir ce constat, lorsque l’on étudie attentivement le livre de Herman Rauschning (Herman Rauschning. « Hitler m’a dit ». ED. Coopération Paris 1939).

Rappelons que ce dernier était le chef national-socialiste du Gouvernement de Dantzig, avant de s’exiler aux Etats-Unis. Sur plusieurs faits, Adolf Hitler semble être ensorcelé par des visions effroyables, voir même par des phénomènes de persécution qui souvent lui infligèrent des souffrances psychiques insupportables. En voici quelques exemples :

» (..) chacun se rendait compte qu’il (Hitler) s’abandonnait à des influences maléfiques dont il n’était plus le maître. Alors qu’il se croyait encore l’arbitre de son propre destin, il s’était déjà laissé prendre dans une sorte d’envoûtement satanique dont il ne pouvait plus se dégager ’’ (…) on voyait au rang suprême une sorte de possédé, de maniaque, chaque jour plus absorbé dans son idée fixe, et impuissant. (…) une personne de son entourage m’a dit qu’il s’éveillait la nuit en poussant des cris convulsifs. Il appelle au secours. Assis sur le bord du lit, il est comme paralysé. Il est saisi d’une panique qui le fait trembler au point de secouer le lit. Il profère des vociférations confuses et incompréhensibles. Il halète comme s’il était sur le point d’étouffer. »

Toujours extrait du livre d’Herman Rauschning, un autre exemple fait penser qu’Hitler était vraiment l’instrument et la proie des 72 :

« La même personne m’a raconté une de ses crises avec des détails que je me refuserais à croire, si ma source n’était aussi sûre. Hitler était debout, dans sa chambre, chancelant, regardant autour de lui d’un air égaré. « C’est lui ! C’est lui ! Il est venu ici ! » Grommelait-il. Ses lèvres étaient bleues et la sueur ruisselait à grosses gouttes. Subitement, il prononça des chiffres sans aucun sens, puis des mots et des bribes de phrases. C’était effroyable, il employait des termes bizarrement assemblés, tout à fait étranges. Puis de nouveau, il était redevenu silencieux, mais en continuant de remuer les lèvres.

On l’avait alors frictionné, on lui avait fait prendre une boisson. Puis subitement il avait rugi : « Là, là ! Dans le coin ? Qui est là ? » Il frappait du pied le parquet et hurlait. On l’avait rassuré en lui disant qu’il ne se passait rien d’extraordinaire et alors il s’était calmé peu à peu.

Hitler lui-même, devait déclarer un jour à Rauschning : « »Le Surhomme vit au milieu de nous. Il est là (..) Cela vous suffit-il ? Je vais vous dire un secret ; J’ai vu le Surhomme. Il est intrépide et cruel. J’ai eu peur devant lui » »

Rauschning ne lût pas le seul à parler de cette façon et d’autres confirment bien qu’Hitler était en relation avec ce Surhomme, notamment son initiateur, Dietrich Eckart. Peu avant de mourir en 1923, il confiera à Haushofer et Rosenberg :

« Suivez Hitler ! Il dansera, mais c’est moi qui ai écrit la musique. Nous lui avons donné les moyens de communiquer avec eux. Ne me regrettez pas. J’aurai influencé l’histoire plus qu’un autre Allemand »

Le témoignage d’Otto Strasser sur Hitler est aussi intéressant :

« Ce personnage falot en imperméable et à moustache ridicule, tout à coup se métamorphosait en orateur, mû en archange éloquent… puis l’archange disparaissait et restait un personnage flou, qui se rasseyait « baigné de sueurs, l’oeil vitreux «

Nous noterons encore au passage que Rudolf Hess était lui aussi membre de l’Ordre Nouveau des Templiers depuis son adolescence. Il pratiquait depuis longtemps des rites de magie et il poussa Hitler avec insistance, à pratiquer divers rites occultes.

Il existe encore beaucoup de témoignages sur Hitler et sur l’emprise de vampirisation qu’il vécut. Mais derrière cette appropriation de l’esprit d’Hitler, ce cache des Ordres Secrets tous nés de par la volonté des 72 Supérieurs Inconnus. Ces confréries occultes regroupent des riches financiers parvenus à une puissance et à une somme de connaissance telle que jusqu’à maintenant, n’était soupçonnée par personne. Cette puissance leur à conféré le droit de diriger la destinée du monde depuis des siècles.

Un Ordre paraît correspondre à de telles critères, c’est l’Ordre des Illuminés de Bavière (et non les fameux « Illuminati » qui ont été détruits par le Vatican). Il lût fondé le 1er mai 1776, par Adam Weishaupt, fils d’un professeur de droit a l’Université de Ingolstadt, en Bavière. Weishaupt fit ses études chez les Jésuites puis il entra en Faculté, où il enseigna le droit canon.

Weishaupt fonda l’Ordre des Illuminé en calquant exactement, celui des Jésuites et non pas sur le modèle de la Franc-maçonnerie comme cela fût mentionné à plusieurs reprises. Weishaupt et d’autres membres de son Ordre avaient infiltrés des loges maçonniques où, ils tentèrent avec un certains succès, d’influencer les politiciens qui en étaient membres.

Les Jésuites qui n’avaient pas accepté que les Illuminés ce soient inspirés de leur Ordre, commencèrent à lancer des accusations de conspiration contre Weishaupt. L’Ordre des Illuminés, fût alors interdît en juin 1784 et Weishaupt mourut à Brême le 6 mai 1830 dans une profonde solitude. Cet Ordre n’a joué aucun rôle dans la monté du nazisme, il n’avait rien de satanique et ne pratiquait pas de magie particulière. Mais les Illuminés de Bavière et Weishaupt en particulier avaient réussi à devenir des conseillés privilégier des grands de ce monde, ils eurent pendant un temps une influence importante.

Plusieurs membres de sociétés secrètes d’hier et d’aujourd’hui affirment que l’Ordre des Illuminés ne s’est jamais éteint complètement et qu’actuellement, il est plus actif que jamais.

Ces propos sont relayés par certains spécialistes de la question dont René Alleau (René Alleau. « Hitler et les Sociétés Secrètes ») qui, affirme que les Illuminati existeraient depuis des millénaires, nous y reviendront.

Est-ce à dire qu’il y a une relation entre le Temple de Jérusalem, les Illuminés et la découverte de secret grandiose permettant de s’adjoindre, des pouvoirs autorisant un contrôle sur les affaires temporels du monde ? Avant de répondre à cette question, on ne manquera pas de faire au moins la relation entre la création des Chevaliers du Temple, les commanderies et leur éblouissante réussite financière, ainsi que leur puissance et la continuation des Ordres Templiers jusqu’à nos jours. Jean Marquès-Rivière (Histoire des doctrines ésotériques. p. 276-277) a écrit sur l’aspect secret et politique de l’Ordre du Temple.

« Il semble bien qu’un groupe exista au sein des Templiers qui possédaient des buts secrets de puissance, soutenus par un ésotérisme rigoureux, l’un devant aider et fortifier l’autre. Ce grand dessein était de réaliser à leur profit l’unité du monde occidental, en devenir les dirigeants occultes. »

C’est ainsi qu’il n’y a rien d’étonnant à voir les Templiers mettre la main sur les industries, ils développèrent ensuite toutes les infrastructures nécessaires permettant ainsi de développer par la suite les échanges commerciaux entre l’orient et l’occident, entre le Sud et le Nord.

Qui étaient ces premiers Templiers?

Historiquement, les premiers furent neuf chevaliers dont le plus connu était Hugues de Païens. Ceux-ci fondèrent un Ordre monastique et chevaleresque qu’ils intitulèrent « Templier ou Milice du Temple ». Ils reçurent dès lors, un abri qui appartenait au palais du roi franc de Jérusalem et qui se trouvait être sur l’ancien temple de Salomon. Le 18 mars 1314, tous les Templiers on ne connaîtra jamais le nombre exacte, furent arrêtés et passèrent sur le bûcher. Les richesses qu’ils possédaient furent en grande partie attribués aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, Ordre qui rappelons-le, deviendra plus tard celui des Chevaliers de Malte.

C’est Philippe le Bel qui mis fin à l’épopée extraordinaire des Templiers, il voulu également mettre la main sur les fabuleux trésors du Temple, mais il ne trouva rien. Les grands maîtres du Temple semblent avoir été prévenus à temps. De plus, le Bel avait lui-même emprunté de très grosses sommes d’argent aux Templiers, mais ce qu’il lui importait avant tout, c’était de mettre fin au pouvoir grandissant que connaissait les Templiers tant sur le plan de l’église, que sur le plan politique.

Il apparaît plus clairement que les grands maîtres et certainement le groupe politique de l’Ordre, ont réussi à échapper au bûcher même si parmi eux Jacques de Molay et trente-sept autres de ses Chevaliers périrent par le feu.

Ces survivants étaient-ils au nombre de 72 ? et, posons cette question : n’étaient-ils pas aussi des descendants des premiers Illuminés qui seraient apparut voici plusieurs millénaires?

Cela ne nous paraît pas du tout impossible au regard, de la puissance qu’ils détenaient déjà et aux secrets d’état qui étaient en leur possession il est concevable qu’ils continuèrent à faire pression sur l’histoire. Plusieurs spécialistes de la question n’ont pas hésité à faire une filiation entre les survivants et héritiers de l’Ordre du Temple et les Frères de la Rose-Croix qui se sont manifestés pour la première fois en 1615, en publiant un ouvrage au titre révélateur : la « Réforme Universelle ».

Une survivance apparemment tenace fait qu’aujourd’hui, certains Ordres Templiers et autres Frères Rosicruciens ceux-là, persistent à rester influent dans des secteurs comme la politique et la haute finance.

Une autre référence très courte mais assez pertinente est faite au nombre 72 par Boris Mouravieff dans son enseignement « Gnôsis» : (Boris Mouravieff Gnôsis « Etude et Commentaire sur la Tradition Esotérique de l’orthodoxie orientale ». ED. A la Baconnière. Tome I.)

« La salle du Sanhédrin représente l’Alliance du ciel et de la Terre : aussi est-elle en forme de cercle, la moitié en est encastrée dans le Temple, l’autre moitié au dehors Et les soixante-douze membres de cette haute Assemblée symbolisaient les soixante-douze langues, des temps qui ont suivi celui de la Tour de Babel, donc l’humanité tout entière, divisée et dispersée, symboliquement rassemblée ici. »

Dans ce cour paragraphe de Mouravieff qui, n’en dira pas plus, on notera que siège dans le Sanhédrin, soixante-douze membres devant symbolisé les soixante-douze langues. Or, il se trouve que nos 72 Supérieurs Inconnus voyagent beaucoup et parle autant de langue que nécessaire et côtoient autant d’étranger pouvant leur apporter leur contribution indispensable au plan qu’ils se sont fixés. On aura remarqué également, que leur but est de rassembler se qui est dispersé et nous verrons plus loin que cet objectif reste toujours d’actualité.

Précisons toutefois, que le fait de vouloir rassembler les nations n’a pas pour objet de vouloir épanouir ce monde, mais bien de vouloir en contrôler le mouvement. Il semblerait donc évident que les 72 qui nous préoccupent actuellement, ont délibérément reproduit des scènes du Sanhédrin comme s’ils se mettaient à reproduire l’histoire.

Probablement, nos 72 s’inspirent du passé et certainement qu’ils suivent un profil religieux et hautement mystique, leurs actions sont imprégnés entièrement d’un ésotérisme profond, dès lors comme nous l’avons précédemment écrit, ce pouvoir occulte ne peu se passer le flambeau que de génération en génération et par une filiation qui soit sans contestation aucune et rigoureusement mise à l’épreuve.

L’efficacité des 72 à travers le monde prouve combien leurs héritiers et successeurs ont réussi à être chaque fois à la hauteur de leur tâche, ce qui démontre qu’ils ont été tout au long des siècles sans faille. Aujourd’hui encore, ceux-ci sont d’une redoutable efficacité sur tous les plans.

En ce qui nous concerne, la première référence de ces 72 fameux génies semble être une fois de plus, la possibilité de s’attribuer le pouvoir et la force qu’ils incarnent. Comme dans tout ce que nous avons déjà pu lire, le maître mot reste la domination. Il n’y aurait donc rien d’étonnant à ce que nos 72 Supérieurs Inconnus, se soit également inspirés des traditions Kabbalistes pour s’octroyer des pouvoirs ou s’affubler des noms appartenant à ces génies.

Il existe plusieurs types de sociétés secrètes et chacune d’elles possèdent ses propres caractéristiques. Elles ont toujours servis des causes aussi diverses que variées, et il serait nécessaire pour ce qui va suivre plus loin dans ce livre, d’en comprendre au moins le sens et la structure.

Voici une petite étude à ce sujet :

La société secrète constitue un phénomène universel. Présente depuis l’antiquité, elle s’est manifestée dans tous les domaines de la vie, que cela soit la sphère politique, la sphère économique, la sphère militaire, la sphère scientifique, la sphère religieuse, la sphère artistique, notamment littéraire, ou ce qui nous concerne ici, la sphère de la Tradition et de l’occultisme (Le terme d’occultisme est préférable à celui d’ésotérisme. le tenue occultisme a été parfaitement défini par Robert Amadou dans l’occultisme esquisse d’un monde vivant. Édition Chanteloup, Paris 1987, p. 15 à 22.

L’occultisme est « Un vaste et merveilleux ensemble de spéculations et d’actions. Il est une vision de l’univers et une règle de vie. Il est une philosophie. Affirmer que cette philosophie existe et énoncer ses caractères essentiels sera définir l’occultisme. L’occultisme est l’ensemble des doctrines et des pratiques fondées sur la théorie des correspondances. La théorie des correspondances est la théorie selon laquelle tout objet appartient a un ensemble unique et possède avec tout autre élément de cet ensemble des rapports nécessaires, intentionnels, non temporels et non spatiaux. »).

Dans le domaine politique par exemple, bien des mouvements politiques internationaux sont nés dans des arrière-salles où quelques obscurs inconnus se réunissaient pour changer le monde. Dans le domaine artistique, certains cercles surréalistes ont fonctionné comme des sociétés secrètes. La société secrète emprunte des formes multiples, plus ou moins adaptées aux temps ou aux espaces qu’elle traverse. Des enfants aux vieillards, tous les éléments de nos sociétés ont eux, et ont encore recours, à la société secrète.

Nous pourrions également parler des 72 génies de la Kabbale. Malgré toutes les spéculations et les commentaires des uns et des autres, on n’en sait toujours pas plus à ce sujet. Il s’agit pour certains de rituels magiques, pour d’autres, les 72 génies seraient plutôt des extraterrestres provenant des profondeurs spatiales pour enseigner les humains. Toujours est-il, que ceux qui se servent de la Kabbale, s’en servent pour invoquer les esprits de ces 72 génies ce qui, leur donnera soit le pouvoir, soit la vie éternelle et comme nous le verrons plus loin, cet élément nous paraît le plus important. Selon ces pratiquants, les génies seraient des êtres dont l’émanation métaphysique se situerait entre la divinité et l’homme.

La société secrète constitue le vecteur habituel de manifestation du monde de l’occultisme, de la Tradition, de l’Initiation. Ce monde s’interpénètre avec tous les registres d’expression de la nature humaine. Le sublime côtoie le médiocre, le vulgaire côtoie la beauté, l’horreur, la vérité, le mensonge, la connaissance, dans un paradoxe vivant qui permet l’émergence de l’Etreté. Le Divin s’élève au beau milieu de la fange. La fascination de l’humain pour le secret, sa tendance naturelle à l’auto-hallucination et au merveilleux ont recouvert la notion de société secrète d’un vernis de superstitions et de croyances qui rend sa compréhension difficile.

Notre époque moderne, par la multiplication de sociétés secrètes à prétention initiatique, qui ne s’avèrent à l’examen ni secrètes, ni initiatiques, a généré une confusion sans précédent sur la scène déjà obscure de l’occultisme et attiré l’attention, outre des chercheurs traditionnels ou universitaires (de plus en plus d’étudiants produisent d’excellentes thèses sur des sociétés secrètes ou des personnages importants de la scène maçonnique et occultiste.

Le CESNUR (Centre d’études sur les nouvelles religions), fondé par le Professeur Massimo Introvigne multiplie les Colloques internationaux en collaboration avec de grandes universités), du grand public et des journalistes à sensation (Voir par exemple l’article de Monsieur Faubert du 4 novembre 1994, paru dans L’événement du Jeudi sur le Groupe de Thèbes, montage tendancieux et très hostile qui a largement servi la cause de l’anti-maçonnisme puisqu’il a été repris par la revue «Sodalitium» dans son numéro de juillet-août I 991. Cette revue est publiée par l’abbé Sergio Ricossa fils d’un professeur d’économie franc-maçon bien connu en Italie. Avec trois ou quatre autres prêtres, l’abbé Ricossa a abandonné la Fraternité de Saint Pie X en considérant que Mgr Lefèbvre était trop « modéré » et « à gauche », pour fonder l’Institut Mater Boni Consilu, qui dénonce un complot judéo-maçonnique et sataniste !), comme des services gouvernementaux de la plupart des états (Rappelons-nous simplement la dissolution en septembre 1994 de la section des Renseignements Généraux français chargée de la surveillance des partis politiques et de la Franc-maçonnerie, dissolution prononcée à la suite de plusieurs bavures).

Il est difficile de donner définition précise et satisfaisante de la société secrète. Nous dirons simplement que la société secrète, dans le domaine traditionnel, se caractérise, par le secret, par le caractère fermé ou clandestin, mais également par le rite. Entendons par rite, l’existence d’un corpus doctrinal et d’une praxis initiatique. Cela n’implique pas nécessairement des pratiques rituelles comme nous en avons, par exemple, dans les sociétés maçonniques, chevaleresques, rosicruciennes connues, mais plutôt la présence d’une technicité d’éveil, de libération, précise et vérifiable, véhiculée en général par un corpus doctrinal exprimé dans un modèle du monde particulier au milieu d’origine de la dite société (hermétisme, martinisme bouddhisme, shivaïsme,.).

Nous examinerons donc l’ensemble de ce qui est généralement recouvert par l’expression « société secrète, à savoir toute organisation se présentant comme spirituelle, ésotérique, occultiste, traditionnelle, initiatique, ou toute autre qualification s’y rapportant. Toutes les sociétés secrètes traditionnelles se prétendent initiatiques, bien peu le sont, la plupart d’entre elles assument d’autres fonctions que la fonction initiatique, fonctions que nous présenteront ultérieurement. La notion générale d’initiation recouvre en effet plusieurs niveaux de logique, dont certains ne traitent pas de l’initiation dans son sens ésotérique.

Dans ce dernier sens, l’Initiation est une question technique. Il s’agît de conquérir des états d’êtres non humains, ou plus qu’humains (Ce « non » n’est pas une négation stricte, mais plutôt une généralisation. Il signifie que les systèmes généralisés incluent l’humain comme un cas particulier sans importance, celui de notre existence quotidienne. L’accès a d’autres états d’êtres implique la reconnaissance du caractère épiphénoménal de l’humain, auquel il convient alors de ne plus s’identifier), activant en fait ces centres, appelés étoiles dans certaines écoles, roues dans d’autres, chakras le plus souvent, avant de procéder à une série de séparations (du corps saturnien le corps lunaire, puis le corps mercuriel, jusqu’au corps solaire selon l’hermétisme) pour la constitution finale du corps de gloire (ou corps christique, ou corps arc-en-ciel, etc.), activité mise en œuvre et déployée par des technicités précises, souvent dangereuses, de rappel de soi, de haute théurgie, d’alchimie interne, technicités d’accès à l’Etreté ou Absoluité.

Nous rejetterons la trop pratique croyance selon laquelle « la vie est initiation ». Ceci est sans doute vrai, encore faudrait-il qu’il s’agisse d’une vie totalement consciente et unifiée. Surtout, c’est l’un des arguments mis en avant par ceux, trop nombreux, qui inventent de toute pièce de soi-disant systèmes initiatiques remontant à l’antiquité. Dans un sens plus large et cependant acceptable, l’initiation est science du changement. Le véritable changement, c’est-à-dire le passage d’un niveau logique à un niveau immédiatement supérieur comporte une mutation, un saut, une discontinuité ou transformation, du plus grand intérêt théorique, et de la plus haute importance pratique, car il permet de quitter un monde reconnu comme ombre, pour entrer dans un autre, plus « réel », même s’il n’est pas la « Réalité ».

L’histoire des sociétés secrètes est riche en comportement contradictoire, en effet, en l’absence de réelle technicité d’Initiation, l’individu placé dans l’impossibilité de s’élever au niveau logique supérieur, passe à l’opposé de sa position initiale. Il demeure que passer d’un système à son opposé n’est pas un changement. Ceci illustre, théoriquement, le mythe occidental selon lequel, l’initié doit se rendre au-delà des deux colonnes opposées, situées à l’entrée du sanctuaire.

Cette notion d’ingérence s’exprime parfaitement dans les structures pyramidales des sociétés secrètes, et dans l’articulation naturelle qui existent entre les trois grands types fonctionnels de sociétés secrètes.

Les sociétés secrètes assument trois fonctions particulières nettement distinctes, mais complémentaires : exotérique (ou exo-ésotérique selon certains auteurs), mésotérique ésotérique.

Sociétés de type 1 : fonction exo-ésotérique.

Cette fonction, en fait exotérique, est d’abord de nature thérapeutique. Elle consiste a rétablir chez l’individu l’alignement, la congruence, entre le corps, l’émotion et la pensée. Il s’agit bien de réconcilier l’individu avec lui-même et son environnement. Cette fonction implique également une composante culturelle non négligeable, l’individu est invite a étudier, méditer, et si possible intégrer, un modèle du monde, qualifié de spirituel, qui lui permet de trouver une réponse satisfaisante pour le mental, rassurante pour le coeur, aux grands problèmes que la vie ne cesse de lui poser. Cette fonction, importante pour l’individu qui en bénéficie, est également régulatrice sur le plan social. En aidant l’individu à trouver un équilibre dans le monde tel qu’il est, les sociétés secrètes de ce type favorisent la stabilité et la lente évolution des systèmes politiques, économiques et sociaux dominants.

La totalité des sociétés secrètes extérieures, mais peut-on parler encore de sociétés secrètes, assument cette fonction exo-ésotérique.

Sociétés de type 2 : fonction mésotérique.

Ces sociétés, moins nombreuses et plus restreintes, constituent déjà de véritables écoles traditionnelles. Elles s’efforcent en effet de donner à leurs élèves les qualifications de base indispensables pour prétendre aborder une voie réelle. Ces qualifications peuvent varier selon les courants traditionnels, ainsi sur le courant rosicrucien, la connaissance et la maîtrise du Trium Hermeticum sera exigée, à savoir l’alchimie, l’astrologie et la magie, selon l’axe de la kabbale (des organisations spiritualistes, comme l’A.M.O.R.C., n’abordant pas la question fondamentale de l’alchimie opérative, ni aucune des autres sciences d’Hermés, ne peuvent en aucun cas se prétendre rosicruciennes). Deux constantes caractérisent cette fonction et se retrouvent invariablement dans toutes les organisations de ce type :

L’expérimentation de l’univers comme « réponse » à une volonté dirigeante. Obtenir réponse de l’univers est en effet la qualité, Si ce n’est la définition, du Mage, celui qui étant volonté, fait répondre l’univers. La recherche de l’état objectif. Afin d’illustrer ce que nous entendons par état objectif ou éveil, nous citerons ici un extrait de l’ouvrage d’Ouspensky (Fragments d’un enseignement inconnu. ED. Stock Paris I 974, p.206.) :

« Le troisième état de conscience est le rappel de soi, ou conscience de soi, conscience de son être propre. Il est habituellement admis que nous avons cet état de conscience ou que nous pouvons l’avoir à volonté. Notre science et notre philosophie n’ont pas vu que nous ne possédons pas cet état de conscience et que notre désir seul est incapable de le créer en nous-mêmes, si net que soit notre décision. Le quatrième état de conscience est la conscience objective. Dans cet état, l’homme peut voir les choses comme elles sont. Parfois, dans ses états inférieurs de conscience, il peut avoir des éclairs de cette conscience supérieure. Les religions de tous les peuples contiennent des témoignages sur la possibilité d’un tel étal de conscience, qu’elles qualifient « d’Illumination », ou de divers autres noms, et dise ut indescriptible. Mais la seule voie correcte vers la conscience objective passe par le développement de la conscience de soi. Un homme ordinaire artificiellement amené à un état de conscience objective et ramené ensuite à son état habituel, ne se souviendra de rien et pensera simplement qu’il a perdu connaissance un certain temps. Mais, dans l’état de conscience de soi, l’homme peut avoir des éclairs de conscience objective et en garder le souvenir. Le quatrième état de conscience représente un étal tout à fait différent du précédent, il est le résultat d’une croissance intérieure et d’un long et difficile travail sur soi. Cependant le troisième état de conscience constitue le droit naturel de l’homme tel qu’il est et, si l’homme ne le possède pas, c’est uniquement parce que ses conditions de vie sont anormales. Sans exagération aucune, on peut dire qu’à l’époque actuelle le troisième état de conscience n’apparaît en l’homme que par de très brefs et très rares éclairs et qu’il est impossible de le rendre plus ou moins permanent sans un entraînement spécial. Pour la grande majorité des gens, même cultivés et pensants, le principal obstacle sur la voie de la conscience de soi, c’est qu’ils croient la posséder. »

Cette référence à un état d’être central, à un axe du monde, à un Royaume du Centre est commune à toutes les traditions, son importance est considérable.

Ainsi, le Maître Maçon est reçu en Chambre du Milieu, référence à un Royaume du Centre, accessible à celui qui peut cesser de penser l’univers par le jeu des multiples représentations, pour percevoir l’univers, quitter le monde diluant de l’avoir et du faire pour celui de l’être. Le processus de rappel de soi provoquent une destruction des identifications et des cristallisations mentales, par conséquent les croyances qui sous-tendent la personnalité profane, la Personna, le masque, vont être détruites au cours de cette quête de l’être. Bien peu sont prêts à perdre les images qu’ils ont d’eux-mêmes et du monde, produits de leurs conditionnements multiples, source de leurs souffrances mais aussi de quelques éphémères plaisirs. Nous voyons donc que très peu d’organisations assument cette fonction et invitent leurs membres à déclencher ce processus.

Sociétés de type 3 : fonction ésotérique.

Probablement, le qualificatif d’initiatique ne s’applique qu’à ce troisième type de sociétés secrètes. Ces sociétés, collégiales le plus souvent, sont conçues comme de véritables laboratoires de recherches. Elles conduisent leurs adeptes dans les phases terminales des Voies réelles, Voie d’Eveil, Voie du Corps de Gloire, Voie de la Pierre au Rouge, Voie Essentielle, Voie Extrême, les appellations sont nombreuses pour désigner cette phase où l’individu libéré de tout ce qui est humain, libéré même de la libération, accède réellement à l’immortalité consciente et devient un dieu, en regard de son ancien état d’humain. A ce stade, il est presque déplacé de parler d’organisations, ou de sociétés, créations humaines, les termes de Lignée, d’Ordo au sens sacerdotal du terme (Se référer à l’oeuvre de Giordano Bruno, et à Eros et Magie et la Renaissance de Culiano) seraient plus adéquats. La relation entre l’Instructeur et l’élève, ou le disciple (celui qui applique la discipline), constitue la base de ces Sociétés très fermées, dont les noms sont rarement prononcés, et qui demeurent inconnues, même des historiens de l’ésotérisme.

Dans certains cas, moins rares qu’on ne pourrait le penser, les Lignées, véhicules des Voies secrètes, sont préservées dans des traditions familiales, familles d’aristocrates ou de religieux souvent, mais pas nécessairement et de moins en moins. La famille conçue comme école initiatique est en effet un concept très traditionnel Ainsi le maître indien Krishnamacharya, dépositaire de la filiation pythagoricienne indienne, a développé tout un enseignement visant à faire de la famille une école ésotérique. En Italie, des familles aristocratiques de Venise ou de Florence étaient dépositaires d’un secret initiatique. Villiers de l’Isle Adam en parle explicitement dans son roman à clef « Isis ». Aujourd’hui même, c’est seulement dans le cercle restreint de la famille, parfois élargi à quelques amis proches, que, pour des raisons techniques, certaines opérations secrètes peuvent être pratiquées (Voie d’Erim, Voie d’Aphrodite Rouge, Voie shivaïte du Dieu Bleu, Tradition Rose+Croix Lascaris par exemples) tout comme dans le passé ou l’antiquité, c’était le cas dans les familles de khan ou les familles pharaoniques.

A ces trois grands types de sociétés secrètes, correspondent le plus souvent trois types de structures :

Des structures externes, facilement accessibles, ayant souvent pignon sur rue, affichant parfois une puissance financière étonnante. Des structures semi-internes, appelées parfois aussi sociétés de cadres, très discrètes, mais néanmoins présentes, connues des spécialistes. Des structures internes, insaisissables, très flexibles, parce qu’organismes vivants plutôt qu’organisations.

Les relations entre ses structures sont riches de modèles variés et parfois contradictoires, elles ont été brillamment exposées dans une étude publiée dans l’ouvrage de Michel Monereau, Magie et sociétés secrètes, étude à laquelle nous renvoyons le lecteur.

Il existe, on le constate, une articulation naturelle entre les fonctions exotérique (ou exoésotérique), mésotérique, et ésotérique. Cette articulation ne se manifeste nullement sur la scène traditionnelle, maçonnique et occultiste, dans les relations entre les sociétés secrètes de type 1, 2 ou 3. L’une des tentations des sociétés exotériques, qui le plus souvent recrutent largement, dans une logique quantitative, réside dans leur prétention à assumer la fonction initiatique. Or il y a une contradiction poignante entre l’initiatique et l’hédonisme personnel prôné par ces sociétés, de même qu’entre le nombre de leurs adhérents et les exigences de la démarche initiatique. La quête du bonheur se situe aux antipodes de la Quête initiatique. Il serait dangereux pour le chercheur de croire que les sociétés secrètes de ce type proposent des voies de libération. Nous l’avons vu, par leur caractère thérapeutique, elles se transforment en voie d’endormissement dès lors qu’elles prétendent à une fonction qu’elles ne sauraient assumer. Plus encore, en empruntant abusivement les noms des ordres initiatiques semi-internes et internes, elles ont obligé ces derniers à s’occulter de plus en plus, certains échappant parfois de peu à la disparition. C’est la raison pour laquelle toutes ces dérives, que chacun pourra aisément reconnaître, furent toujours dénoncées par des personnages aussi divers qu’Emile Dantinne, Jean Mallinger, qui avait combattu l’A.M.O.R.C., Giuliano Kremmerz, Louis Cattiaux et bien d’autres hermétistes de valeur.

Le cas de la Franc-maçonnerie :

La Franc-maçonnerie offre une multitude de cas de figures, très différents les uns des autres.

Tout d’abord, en général, les obédiences maçonniques constituent le plus souvent les organisations externes les plus stables et les plus utiles. Ignorant le plus souvent l’existence et la fonction d’ordres plus internes et à caractère plus hermétiste, elles n’en sont pas moins l’antichambre de celles-ci.

Dans le sein de la Franc-maçonnerie, les Rites égyptiens tiennent une place à part. Pendant longtemps, les Rites égyptiens ont fonctionné exclusivement comme système de hauts grades. Aujourd’hui, l’Ordre de Memphis Misraïm, devenu une grande obédience maçonnique, comme le Grand Sanctuaire Adriatique du Rite de Misraïm et Memphis, resté plus confidentiel, ouvrent des Loges bleues.

Les ordres semi-internes, comme l’Ordre Martiniste, l’O.H.T.M. (Ordre Hermétiste Tétramégiste et Magique ou Ordre Pythagoricien), et quelques-uns autres, ont été considérés, comme devant perfectionner la Franc-maçonnerie, tout au moins y observer les meilleurs éléments afin de les diriger vers des structures plus internes, susceptibles de les qualifier pour les « hautes sciences ». C’est plus que jamais le cas, la Franc-maçonnerie constitue encore une école préparatoire à des courants plus hermétistes, tant en Europe continentale que dans les pays anglo-saxons (la SRIA, Societas Rosicruciana in Anglia recrute par exemple en Maçonnerie) ou sud-américains (cas des organisations de l’ex F.U.D.O.F.S.I., toujours présentes sur le continent sud-américain).

Toutefois, Si le mépris pour la Franc-maçonnerie affiché par des personnages comme Jean Mallinger est encore partagé par certains, la majorité des membres des collèges semi-internes et internes ont conservé un profond respect pour la Maçonnerie, y compris pour les grades bleus.

Beaucoup pensent qu’en manifestant toute la valeur symbolique et opérative de chaque grade, la Franc-maçonnerie constitue davantage « qu’une simple école primaire de l’Initiation ». D’ailleurs, fort discrets et peu connus, les Loges, Chapitres et autres Aéropages rassemblant des étudiants sincères et des spécialistes de l’hermétisme sont moins rares qu’on ne le croit en général, on en trouve dans la plupart des rites, dans la plupart des obédiences, le plus souvent, là ou on s’y attend le moins. Le Rite Ecossais Rectifié est également un rite particulier, fonctionnant parfois comme un ordre semi-interne conduisant à une opérativité secrète (celle de l’Ordre des Elus Coëns). On a vu ainsi certaines Loges du R.E.R. recruté dans des ordres martinistes. Dans la quasi-totalité des ordres semi-internes, la Maîtrise maçonnique est exigée, ce qui démontre l’importance de celle-ci pour la compréhension des corpus divers que proposent ces organisations.

Il existe toutefois quelques exemples de collaboration réussie entre des organisations externes, semi-internes et internes. Le cas le plus connu est celui du système mis en place par Robert Ambelain, et largement développé par Gérard Kloppel, son successeur. L’Ordre de Memphis-Misraïm est devenue aujourd’hui une organisation maçonnique importante, membre du C.L.I.P.S.A.S., dont certains membres peuvent être invités à rejoindre l’Ordre Martiniste Initiatique.

On trouve également dans le système Ambelain, un Ordre des Elus Coëns, et une structure terminale rassemblant plusieurs filiations dont celles de la Rose+Croix d’Orient. L’ensemble continue à bien fonctionner grâce à une forte centralisation, et ce malgré les problèmes inhérents à la structure maçonnique devenue trop importante pour rester une composante strictement traditionnelle, d’autres enjeux étant apparus. Signalons que la Tradition Ambelain est manifestée également par d’autres collèges internes qui en ont rassemblé l’ensemble des filiations, réelles ou de désir, mais qui les déploient selon une conception différente et très réservée, parfois comme complément à d’autres filiations hermétistes.

La Société Rosicruciana in Anglia constitue la société secrète de la Grande Loge Unie d’Angleterre. En France, c’est naturellement dans la G.N.L.F. que cette société rosicrucienne recrute. Il semble toutefois qu’à quelques exceptions près, les membres de la S.R.I.A. se désintéressent aujourd’hui de l’hermétisme.

L’un des cas les plus intéressants réside dans la tentative faite au début du siècle par certains adeptes de l’Ordre d’Osiris. L’Ordre d’Osiris recrutait habituellement parmi les membres des Arcana Arcanorum Maçonniques, c’est-à-dire les quatre derniers grades du Rite Maçonnique Oriental de Misraïm ou d’Egypte, échelle de Naples. Mais ce système n’étant pas toujours satisfaisant, Giuliano Kremmerz (1868-1930) créa la Fraternité Templière et Magique de Myriam. La F.T.M.M. fut une remarquable organisation préparatoire aux opérativité osiriennes, même i certaines personnalités éminentes de ce courant comme le Prince Caetani, et Kremmerz lui-même à la fin de sa vie, considérèrent la création de la F.T.M.M. comme une erreur. La F.T.M.M. comme l’Ordre d’Osiris ont des survivances actuelles. Les Arcana Arcanorum, qui ont fait couler beaucoup d’encre fort mal à propos ces dernières années, créant ainsi un mythe bien inutile, constituent les grades terminaux de plusieurs ordres semi-internes (Il demeure en occident quelques cercles très fermés de responsables d’organisations traditionnelles, d’experts, de dépositaires des Voies internes, appartenant aux courants maçonniques égyptiens, rosicruciens (anciens filons R+C), martinistes, gnostiques, pythagoriciens, hermétistes, les plus représentatifs de la Tradition. Ils œuvrent notamment au maintien des régies traditionnels, de la primauté de l’initiatique sur le profane, au sein même des sociétés secrètes, qu’elles soient a caractère exotérique, mésotérique, ou ésotérique, refusant tous les compromis auxquels notre siècle de facilité a donné lieu.), ou encore les pratiques « terminales » de plusieurs systèmes traditionnels. Il convient de distinguer le système des frères Bédarride, basé sur la Kabbale et le Régime de Naples qui constitue le véritable système des A.A.. Les A.A. sont présents également dans l’O.H.T.M., et dans d’autres Ordres ou Collèges hermétistes.

Les Arcana Arcanorum sont définis par Jean Pierre Giudicelli de Cressac Bachelerie (Dans son livre De la Rose Rouge à la Croix d’Or. Editions Axis Mundi (Paris- I 988), Page 67.) :

« Cet enseignement concerne une Théurgie, c’est-à-dire une mise en relation avec des éons-guides qui doivent prendre le relais pour faire comprendre un processus, mais aussi une voie alchimique très fermée qui est un Nei Tan, c’est-à-dire une voie interne »

Les Arcana Arcanorum maçonniques semblent être en réalité, davantage que les grades terminaux de la maçonnerie égyptienne, l’introduction à un autre système. En fait, nous n’avons trouvé à ce jour aucun responsable d’organisations traditionnelles maçonniques et autres détenant la totalité du système, la majorité ignorant même le contenu réel des A.A. Les A.A. constituent en fait une qualification pour d’autres ordres plus internes rattachés au courant osirien ou pythagoricien ou encore au courant des anciens Rose-Croix, comme l’Ordre des Rose+Croix d’Or d’ancien système, l’Ordre des Frères Initiés d’Asie, et d’autres, restés inconnus, échappant ainsi à la recherche historique et surtout aux problèmes humains. Jean Pierre Giudicelli de Cressac Bachelerie, faisant référence à Brunelli, confirme dans son livre, que les A.A. constituent en fait l’introduction à d’autre ordres :

« Comme l’a indiqué le G.M. Brunelli dans ses remarquables ouvrages sur les rites de Misraïme et Memphis, d’autres ordres succèdent aux Arcana Arcanorum. Mais nous sortons ici de l’aspect maçonnique que pour découvrir quatre ou cinq autres ordres (Grand ordre des Egyptiens, Rîtes Egyptiens ainsi que trois autres que nous ne pouvons mentionner »

De plus certaines organisations traditionnelles, n’utilisant pas l’appellation « Arcana Arcanorum », détiennent totalité ou partie de l’ensemble théurgique des A.A., cas par exemple de l’Ordre de l’Aurum Solis qui constitue une émanation de l’Ecole de Florence et n’a aucun lien, contrairement à ce que certains affirment, avec le courant anglo-saxon de la Golden Dawn.

Le système complet des Arcana Arcanorum, dont la maçonnerie égyptienne ne détiendrait donc qu’une partie, comporte en fait trois disciplines : Théurgie et Kabbale angélique : avec notamment les invocations des 4, des 7, et la grande opération des 72.

Alchimies métalliques : parmi différentes voies, les documents en notre possession semblent donner la priorité à la voie de l’Antimoine, mais d’autres voies, notamment la voie de la Salamandre semble constituer un élément central de ce système, car relevant à la fois de la voie externe et de la voie interne.

Alchimies internes : selon les courants internes, les voies pratiquées diffèrent, moins techniquement que par leurs environnements philosophiques et mythiques respectifs, parfois totalement opposés. Les alchimies internes, tout comme d’ailleurs les alchimies métalliques trouveraient leur origine en Orient et, plus particulièrement, selon Alain Daniélou, dans le Shivaïsme. Quoi qu’il en soit, elles font partie de l’héritage traditionnel occidental depuis au moins deux millénaires, comme l’attestent certains papyrus égyptiens.

En conclusion à cette étude dans le Monde Secret, il convient de rappeler le caractère héroïque de la Quête, attesté par toutes les sagas.

Toutes les Traditions ont décrit les Voies réelles par des métaphores guerrières. Ce n’est pas seulement une figure de style, c’est l’indication précise des qualités requises pour partir à l’assaut de la Citadelle de l’Etre. La connaissance est à la fois Science et Art, Science, car chaque phase est vérifiable, Art car l’adepte est un créateur, il n’est plus simple acteur de ce monde, mais réellement son créateur et son ordonnateur.

Source https://ordo-ab-chao.fr/

Mes Rencontres avec un Supérieur Inconnu

« Confessions » recueillies de Sir Anthon Mc Henwick. Un manuscrit pour le moins étrange

Me retournant dans le haut lit clos, je ne pouvais fermer l’oeil. Tout mon corps était agité de palpitations, une sourde appréhension me tenaillait. Ma montre indiquait cinq heures quinze. Par la croisée me faisant face, je devinais, au-delà des pics, acérés, culminant vers l’est, les premières pâleurs de l’aurore. Je me levai pesamment et décidai d’allumer une première pipe. Un efficace chauffage électrique maintenait dans la vaste bâtisse une agréable température. Je devais constater plus tard que le monastère de Ladeniu était équipé d’un dispositif d’alimentation électrique par énergie solaire.

Monsieur Melek et sa compagne, tout en paraissant appartenir à un autre siècle, savaient tirer profit des technologies actuelles les plus sophistiquées. Je me questionnais sur l’origine de leurs moyens financiers. Monsieur Melek employait un vocabulaire confinant à l’afféterie, son discours témoignait d’une culture encyclopédique et la calme autorité émanant de tout son être ne pouvait que résulter d’une éducation aristocratique. Sa compagne, malgré la lascivité dont elle ne cessait de faire montre, ne pouvait être d’extraction plébéienne. Tout en elle était grâce, noblesse… Quel lien unissait donc ce couple hors du commun ? Tous deux se ressemblaient, par leur gracilité et leur désinvolture, par ce regard impitoyable, ce maquillage qui, ailleurs, eût paru d’une douteuse ambiguïté. La violence sous-tendant leur intimité tempérait le raffinement de leurs attitudes. On devinait en eux un érotisme élevé au rang de sybaritisme. Des princes exilés en ce territoire retiré, émigrés d’un univers mythique d’orgueilleuse sensualité, si loin du monde vulgaire auquel j’appartenais.

Monsieur Melek accrédita cette impression le soir venu, comme nous tirions sur des Havanes de la meilleure facture, après un dîner aux allures d’agapes.

 » Nous sommes les rescapés d’un très ancien peuple qui fut, il y a des centaines de milliers d’années, l’Humanité originelle. J’évoque là une race indifférenciée qui régna plusieurs millénaires sur Terre, originaire d’une planète appartenant au système de l’étoile Sirius. D’autres êtres nous rejoignirent, venus d’une planète disparue qui se situait dans la constellation de la Vierge. Leur civilisation avait atteint un haut degré de connaissance scientifique. Ces colons s’installèrent sur un continent désertique, là où aujourd’hui s’étend l’océan Pacifique. En moins de cinq cents ans, les épaisses forêts vierges recouvrant cette immense étendue, laissèrent place à de magnifiques cités à l’audacieuse architecture ; des montagnes furent arasées, pour que se dressent d’imposants bâtiments aux fières colonnades, qui abritaient de vastes forums où le Savoir était dispensé par des mystagogues pleins de sagesse. Le peuple d’Atlantide était décidément épris de perfection, mais hélas ! il ne se composait pas que que d’une élite omnisciente et radieuse. Il était aussi parmi eux des êtres aux instincts rustres et belliqueux. Les colons atlantes se mêlèrent à notre peuple en divers métissages, certains de leurs descendants conservant les extraordinaires facultés des Anciens, d’autres dégénérant et engendrant des peuples barbares et des tribus aux usages guerriers. En ces temps, nous, Hyperboréens, alliions l’utilisation de technologies que vous jugeriez magiques à une philosophie fondée sur la volupté. Notre pensée, toute-puissante, maîtrisait les éléments. L’harmonie régnait sur Terre, héritée d’une sagesse vieille de milliers de millénaires, celle de nos ancêtres d’outre-espace. Selon nos traditions, ces ancêtres étaient des démiurges bienveillants, guidés par un Père Universel que vous vénérez toujours sous diverses appellations.

 » Un triste jour, mourut le Maître des Grands Hiérophantes d’Atlantide, un collège de Sages qui, jusqu’alors régnait sur le fabuleux continent sans avoir connu la moindre dissidence. Son successeur de droit héraldique, que ses pairs pensaient digne de cette charge, révéla très vite son hérésie, reniant toute allégeance au Père Universel, et se proclamant détenteur d’une Vérité qu’il entendait imposer au monde. Celle de la Perfection Intangible. Le nouveau Maître des Grands Hiérophantes imposerait à la planète entière les dogmes d’une Perfection dont il s’affirma le Suprême Etalon. Il dissolut le Collège des Sages et nomma un phalanstère de jeunes dignitaires que l’on savait enclin aux plus impitoyables vilenies. Ceux-ci furent chargés de sélectionner parmi les élites des êtres d’exception, selon les critères drastiques édictés par leur Maître. Grâce à l’apport de techniques mises au point après de longues expérimentations génétiques, ces êtres exceptionnels, programmés à l’accouplement, engendreraient des créatures aux facultés quasi divines. Ainsi obtiendrait-on des demi-dieux censément immortels, appelés à régenter le monde et à perpétuer, au fil des temps à venir, un système féodal instauré par l’infâme Maître hérétique, qui, peu à peu, aliénait un peuple Atlante s’avilissant de jour en jour.

— Vous faîtes allusion à ce que nous dénommons l’eugénisme, fis-je observer.

— Exactement. Malheureusement, il n’est de perfection nulle part. Le chaos est nécessaire à tout ordonnancement, et aller à l’encontre des lois universelles est pure folie. Nous autres Hyperboréens, nous réclamions d’une philosophie admettant la faiblesse naturelle de l’Homme, cette sensualité qui, transcendée, fait de nous des créateurs et nous place à la droite du Père Universel. Car concéder à toute volupté charnelle, le plaisir rejoignant la souffrance – viscérale comme intérieure, vile et belle -, transmue le désir en une force créatrice, tendant vers le raffinement, l’esthétique. Ainsi se façonnent les chef-d’oeuvre, ainsi atteignons-nous à l’intemporel, et parvenons-nous à l’immortalité. En intégrant notre imperfection. Nous ne voulions pas la voir reniée.

Ses traits se durcirent, son regard devint celui d’un prédateur.
— Les penseurs d’Hyperborée se rendirent à Poséidon afin de raisonner les hérétiques Atlantes. Mais ils ne furent pas entendus. Forts de la prétendue infaillibilité de leurs thèses, nos adversaires ne purent tolérer la contestation d’êtres qu’ils jugeaient inférieurs

Mon hôte me fixa, les yeux mi-clos, et ajouta après un silence :
— Au coeur d’un monde souterrain, dont je vous parlerai plus tard, est un temple où se réunissent, lors de circonstances exceptionnelles, les Neufs Supérieurs Inconnus. Jamais un mot n’y est proféré. Seule la pensée y est admise. Salvatrice ou destructrice, elle décide du sort de l’Humanité. Cette nuit-là, nous conformant à la sentence de mort prononcée par la Grande Prêtresse d’Hyperborée, nous conjuguâmes nos pouvoirs et déchaînâmes les éléments. En quelques heures, il ne subsista rien de la présomptueuse Atlantide.

— Vous aviez créé ce que les occultistes appellent un égrégore ?
— Nous nous comprenons parfaitement, mais ce que vous dénommez occultisme n’est que l’acception dévoyée d’un savoir détenu par l’Humanité originelle, dont elle n’usait qu’à bon escient.

Il se tut un long moment, puis détacha ces mots :
— Je suis l’un des Neuf Supérieurs Inconnus. Evidemment, en tant qu’homme de science, vous êtes en droit de requérir des preuves de ce que j’avance. Ces preuves, Sir Anthon, vous seront fournies dès la nuit prochaine. Auparavant, tâchez de prendre du repos.

Monsieur Melek se leva, entraînant Lilith vers leurs appartements. Je demeurai pensif. Stebentza vint me chercher pour m’accompagner à ma cellule. Un pot d’excellent tabac écossais avait été déposé sur un petit guéridon de bois tourné, avec un confortable brûle-gueule et une bouteille de vieux Brandy. Méditatif, je me laissai tomber sur un fauteuil rustique, étendant mes jambes vers le radiateur. La lune montante jetait sa superbe clarté sur l’horizon de montagnes. Je pris conscience que depuis mon arrivée, il n’avait pas neigé sur le monastère de Ladeniu. Trop las pour savourer une pipe, je me dévêtis et m’étendis sur le lit clos. L’anxiété m’abandonnait, laissant place à une intense curiosité. Je songeai, juste avant de m’assoupir, que j’étais en train de vivre l’expérience la plus extraordinaire de toute ma vie d’historien.

— Imaginez trois chemins parallèles séparés par un mur. Assimilons le chemin central au concept de temps présent. Il arrive que certains d’entre vous franchissent involontairement et de façon totalement imprévisible le mur de gauche, et ils vont s’égarer dans le passé sans ne rien comprendre à ce qui leur arrive. D’autres s’insinuent tout aussi involontairement dans une brèche pratiquée dans la paroi de droite, et les voilà projetés dans le futur. Le Temps n’a rien d’une continuité linéaire, Sir Anthon.

J’écoutais Monsieur Melek avec le plus grave intérêt. Ce soir Lilith n’était pas parmi nous. Mon hôte l’avait excusée, alléguant son obligation de souscrire à des rituels imposés par un calendrier cosmique qu’il évoquerait lors d’une prochaine causerie.

— Vous venez de donner une définition imagée de ces phénomènes de collapsus temporels qui tourmentent une poignée de téméraires physiciens, avançai-je prudemment, craignant de me voir contredit par ce diable d’homme imbu de son érudition.

— Disons que leur intuition ne les a pas desservis. Les faits maudits rapportés par Charles Fort et commentés par les deux chercheurs auxquels vous faites allusion, font partie de ces bizarreries que vos savants par trop dogmatiques préfèrent ranger dans le tiroir sans fond du fantastique. Si vous aviez la moindre idée, Sir Anthon, de la simplicité de tout ce que votre science complique à loisir. Tout est vibration, sachez-le. Celui qui saura appréhender les lois élémentaires de l’hyper-physique vibratoire, détiendra la puissance absolue. Il pourra voyager dans l’espace et dans le temps, explorer des niveaux de conscience que vous seriez bien en peine d’imaginer, se rendre maître de la réalisation de chacun de ses désirs. Mais appréhender ces lois requiert une qualité à laquelle la plupart des hommes ne peuvent plus prétendre : la candeur. Au-delà de l’humilité trop souvent servile, et de ce pitoyable ascétisme dont croient devoir se prévaloir les mystiques, la candeur est l’ouverture absolue de celui qui accepte de faire table rase de ce qu’il croit croire, pour accueillir l’impossible. C’est-à-dire ce qui semble trop merveilleux pour appartenir au réel. Alors qu’il n’est pas de réel qui puisse être objectivé, mais seulement des sensations subjectives reliées à cette demi-mort que vous nommez le quotidien. Le candide, lui, se distanciera de cette illusion apprise, il arpentera le merveilleux, en jouera sans s’en étonner et il jonglera sans s’en douter avec des processus que d’autres, aveuglés par leur formalisme prétentieux, ne pressentiront jamais.

Subjugué par le lyrisme dont faisait montre Monsieur Melek, je n’osais l’interrompre. Que m’importait à cet instant d’être l’invité d’un histrion mégalomane ! Son talent de conteur me rappelait certains de ces soiffards que l’on rencontre juste avant la fermeture des pubs, dans des villages reculés d’Ecosse, et qui à la faveur de l’ivresse vous entraînent dans de fabuleux périples imaginaires dont ils oublient tous les détails sitôt dessaoulés.

Ce soir, Monsieur Melek était de ces bardes improvisés, et l’écouter disserter était pour moi un pur enchantement.
— Puisque nous parlons littérature, arrêtons-nous à ces contes enfantins dont les héros voyagent dans des univers extraordinaires où tout semble obéir à des lois surnaturelles. Une petite fille franchit un miroir, un souillon devient princesse par la grâce d’une baguette magique, des animaux parlants font office de mentors, les objets s’animent, rêve et prétendue réalité se confondent… Ne trouvez-vous pas que les mythologies antiques ont beaucoup inspiré les Perrault, Grimm, Andersen et autres Lewis Carroll ?

— Le rapprochement a déjà été fait, je ne le crois pas si hardi qu’il y paraît.

— Vos contes actuels paraissent bien amers au regard de tant de merveilles.

— Ils reflètent ce qu’est notre époque, Monsieur Melek. L’incertitude d’un monde à réinventer.

— Le point de non-retour est atteint, hélas ! Me permettez-vous de vous citer un extrait de l’Apocalypse de Jean, dont je vous ferai ensuite un commentaire qui, vous le verrez, ne laissera pas de vous surprendre.

Et Monsieur Melek de déclamer, de mémoire et sur un ton mélodramatique, ce passage des Saintes Ecritures :

—  » Et il lui fut donné d’animer l’image de la bête, afin que l’image de la bête parlât, et qu’elle fît que tous ceux qui n’adoreraient pas l’image de la bête fussent tués. et elle fit que tous, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, reçussent une marque sur leur main droite ou sur leur front, et que personne ne pût acheter ni vendre, sans avoir la marque, le nombre de la bête ou le nombre de son nom. C’est ici la sagesse. Que celui qui a de l’intelligence calcule le nombre de la bête. Car c’est un nombre d’homme, et son nombre est six cent soixante-six « .*

— L’Evangéliste faisait allusion à Satan ?

— C’est ce que l’on vous a enseigné. Les textes bibliques sont architecturés comme des rêves, les lire tels qu’ils doivent être lus et compris demande à l’exégète beaucoup de poésie et de candeur. La Bête n’est pas Satan, Sir Anthon, mais une forme de démon imaginée par l’homme, comme tant d’autres. A l’instant, nous étions dans le merveilleux des contes enfantins. De nouveaux légendaires sont dispensés à présent par d’insanes créateurs. Ces légendaires sont manichéens et exaltent toute la bassesse qui a acculé nos peuples à un inéluctable en devenir.

— J’ai du mal à vous suivre quand vous vous faîtes trop sibyllin.

— Dans les années 1940 fut tentée une première expérience de transmission d’images télévisées entre la France et les Etats-Unis d’Amérique. Pour la première fois, relayée par des réémetteurs balbutiants, une image provenant de l’ancien monde traversait instantanément l’océan Atlantique pour apparaître sur un écran cathodique américain. Savez-vous quelle fréquence hertzienne avait été utilisée pour cette transmission, Sir Anthon ?
Je comprenais de moins en moins où il voulait en venir. Il eut un petit ricanement jubilatoire, puis il lâcha, badin :

— Six cent soixante six mètres. rien n’est jamais hasard.
Je devais trahir ma stupéfaction par une moue cocasse, tant l’hilarité de mon hôte fut tonitruante. Il s’accorda une lampée d’un Tokay douceâtre avant de revenir à son exposé initial.

— Le passé, le présent et l’avenir vous paraissent se succéder en une durée. Il s’agit évidemment d’une illusion.

— Vous en parlez à votre aise, protestai-je. il y a la succession des jours et des nuits, nous vieillissons…

— Vous vieillissez. Quant à moi, je ne suis pas concerné par ce processus, pour peu que vous créditiez mes dires.

— Admettons. Mais vous ne pouvez réfuter l’irréfutable. A soixante-dix ans, je n’ai plus grand chose du fringant gentleman qui en remontrait à ses camarades de cricket de l’équipe d’Oxford !

Décidément de fort plaisante humeur, Monsieur Melek accueillit ma remarque avec un pouffement que je trouvai déplacé.
— Vos cellules, votre système hormonal, le dépérissement de vos neurones ont fait de vous celui que vous êtes à présent. Appelez cela du vieillissement ou de la dégénérescence, comme vous le voulez.
Vexé, je lui répliquai avec hauteur :

— J’admets n’avoir pas le privilège d’être un Supérieur Inconnu doté d’une nature immortelle, mais cela n’enlève rien au respect dont vous m’êtes redevable. Vous m’avez froissé, Monsieur Melek.

Il pouffa de plus belle.
— Vous m’en voyez navré. Il me sera malaisé de vous parler des lois de l’hyper-physique vibratoire régissant le Temps, sans m’attirer encore vos foudres, je le crains. Je vais quand même tenter de le faire. Reprenons le cas Kaspar Hauser, ou souvenons- nous d’une affaire analogue survenue dans les années 1950 à New-York. Un personnage vêtu selon les us en vigueur au début du XIXème siècle est renversé par une automobile. Tué sur le coup. Le corps est transporté à la morgue où il est examiné par un coroner persuadé d’avoir affaire à la dépouille d’un malade mental. il trouve dans les poches du costume anachronique un ticket de poste, sorte de contremarque mentionnant l’adresse d’un loueur de chevaux, datant sur la foi d’un tampon du début des années 1800. Une longue enquête permit de retrouver les descendants de cet individu, qui avaient vaguement entendu parler de la disparition inexpliquée d’un de leurs aïeux à cette époque-là. Un collapsus temporel, disions-nous ?

— Cela n’explique rien, rétorquais-je en rallumant mon cigare.

— Non, en effet. Cet homme était égaré en un espace-temps où il n’avait logiquement rien à faire. Un peu comme si vous étiez sur l’heure transporté dans la Préhistoire ou au beau milieu de la bataille de Hastings.

— Dieu m’en garde !

— Laissez-le donc là où il est, celui-là. Je vous disais en ébauchant mon propos que quelquefois, des personnes des plus insignifiantes sont amenées à vivre de surprenantes expériences, dont généralement elles ne se remettent pas. C’était le cas de notre new-yorkais et du jeune Kaspar Hauser. C’est aussi le cas de ces milliers d’individus qui disparaissent chaque année de la surface de la Terre sans laisser la moindre trace. Selon certaines conjonctures vibratoires – car je vous le répète, tout est là -, n’importe qui peut à n’importe quel moment être transporté dans le passé, l’avenir ou un des multiples univers parallèles existant autour de vous sans que vous le soupçonniez. Il en est que vous jugeriez féeriques, d’autres qui vous sembleraient dépasser le pire imaginable.

— J’attends avec impatience une démonstration de ce que vous êtes en train de m’exposer. Omettriez-vous votre promesse d’hier soir ?
Monsieur Melek réagit à mon insolence par un rictus sarcastique.

— Soit ! Vous allez me suivre sur les pas de la jeune Alice de Lewis Carroll.

Il se leva d’un bond et m’entraîna dans une salle voisine au mobilier vermoulu, recouvert d’une épaisse couche de poussière. Soulevant une tenture moisie, il dévoila une psyché dont il ne subsistait de l’encadrement baroque doré à l’or fin, que des fragments criblés par les assauts des termites. Il contempla longuement notre reflet dans le miroir, étrangement vierge de toute impureté. Je crus voir passer une ombre de mélancolie sur ses traits orgueilleux.
— Dire qu’elle y mira si longtemps sa beauté inégalable.

Il tendit une main vers la glace, et avec effroi je la vis s’y engloutir comme dans une flaque d’eau.
— Allons la visiter. Car, Sir McHenwick, à la différence de vos infortunés congénères, j’ai le pouvoir de décider des espaces-temps où il me prend goût d’errer.

— Allez-vous me présenter une de vos galantes conquêtes ?

Vladislav Melek me vrilla d’un regard noir qui m’empala sur place.
— On ne parle pas de pareille femme avec légèreté, Sir, sans confiner à l’imprécation. Certes, elle était la plus cruelle, mais elle était aussi la plus belle d’entre toutes les femmes mortelles, nées et à naître. Lilith ne peut lui être comparée, elle n’est que ma parèdre. Erszebeth fut le seul amour de mon éternité, et elle le restera.

— Erszebeth ?…

— La Comtesse Erszebeth Bathory, morte d’avoir voulu transgresser le Temps, parce qu’elle n’aimait qu’elle-même. Narcisse médiévale, perfide et maléfique… Ce miroir ne lui a jamais menti et elle n’a pu le tolérer. Ah, si seulement elle avait daigné s’en détourner quelquefois, mon amour se serait imposé à elle et j’aurais pu la sauver. Ne vous posez aucune question et suivez moi.
Joignant le geste à la parole, il enjamba l’encadrement de la psyché et y pénétra. sans oser réfléchir, je l’imitai.

* Apocalypse, XIII, 15-18. – source : http://www.oeildusphinx.com/

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