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Astaroth, la déesse de l’enfer

Souvent considéré à tort comme étant un démon mâle et particulièrement diabolique, Astaroth n’est pas du tout ce que les ouvrages de la goétie ou de la démonologie ont pu prétendre.

Qui était-elle ? Pourquoi retrouvons-nous souvent ce démon dans les histoires de possession (les ursulines notamment) mais encore les messes noires de la magie goétie (l’affaire des poisons à Versailles) par exemple ?

Solène Tran, sceau d’Astaroth

Contrairement à la goétie et aux ouvrages relatant des démons, l’origine d’Astaroth remonte à la Bible mais plus exactement à l’ère sumérienne et babylonienne, son vrai nom est Ishtar ou plus communément appeler Astarté.

Astaroth est le pluriel du nom de la déesse, relatant les cultes liés à celle-ci.

Astarté par Dante Gabriel Rossetti

Ce sont les différentes traductions de La Bible qui a modifié au fil du temps la sexualité de la déesse pour en faire un faux Dieu. La Bible faisant néanmoins mention de son culte ainsi que celui de Baal par les Philistins et Sidoniens.

Le testament de Salomon fait par ailleurs mention de celle-ci comme étant un ange ayant dû faire face aux démons puis avoir cédé à la tentation elle-même devenant ainsi l’un d’entre eux lors de son mariage avec Baal.

Les beaux jours de la déesse, c’est-à-dire les moments où les cultes de la déesse furent vénérés sont estimés entre – 3000 et – 1000 avant Jésus-Christ.

Le culte d’Astarté était le culte sexuel et de reproduction, mais aussi de la guerre.

Il était courant d’organiser des rituels orgiaques ou des sacrifices humains notamment des enfants ou animaliers afin d’appeler la déesse pour les besoins humains, notamment pour des affaires de problèmes sexuels ou de couple.

En effet la déesse est assimilée à Vénus et la lune, c’est-à-dire la gestation.

Son culte était constamment assimilé à celui de Baal pour des besoins matériels ou de récoltes.

Mais comment une déesse fertile a-t-elle pu devenir un horrible démon selon la goétie?

La Bible reconnaît pourtant les cultes de Baal et de son épouse Astarté.

Mais la goétie, les puritains, et la haine farouche des femmes assimilant toutes les déesses en démon, tout comme Lilith passe d’insoumise libertine à démon, Astarté devient un homme horrible, un démon des plus puissants de l’enfer, Astaroth.

Astaroth par Louis Breton, le dictionnaire inferna

Astaroth devient selon la magie goétie le 29e démon, grand-duc de l’enfer, avec un visage disgracieux et des ailes brisées. Il chevauche un dragon et tient un serpent dans sa main gauche. Il est identifié comme possédant une odeur des plus mauvaises parmi les démons. C’est aussi le grand trésorier de l’enfer. Il dirige aussi 40 légions infernales.

Le démon enseigne les arts libéraux, les orgies, et donne les dons de prophéties à ceux qui l’appellent, que ce soit pour lire le passé ou l’avenir.

Ancien ange ayant été chassé lors de la chute des anges, il n’hésite pas à délivrer les secrets les plus honteux de ses congénères, mais aussi des victimes de la magie noire.

Connaissant parfaitement l’histoire de la chute des anges, il confie aussi les secrets de Dieu et de la création à ses initiés. Il se considère comme ayant été condamné injustement par Dieu contrairement à ses compères selon Colin de Plancy dans le dictionnaire infernal.

Astaroth est aussi considéré comme étant un démon qui détourne la sexualité pour la rendre perverse, étant le grand maître de la perversion et des déviations. Il prend alors plaisir à corrompre les âmes et les corps de ses victimes en les manipulant psychiquement, surtout les femmes qui semblent être ses victimes favorites en les poussant à des pensées perverses (incestes, relations sexuelles en orgies etc …) selon le livre diable, démons et vampires. Néanmoins, il s’attaque aussi aux hommes en les suivants dés la naissance en les corrompant et leur donnant des envies sexuelles hors normes (incestes, viols …) toujours dans le même ouvrage.

Le démon est alors un grand manipulateur prenant son plaisir pour pervertir aussi la femme que l’homme en poussant la sexualité dans son plus profond retranchement. Dans tout les cas, Astarté et son culte sexuel reste présent même si l’évolution de la démonologie l’aura transformé en homme.

Astarté en Mésopotamie

En Mésopotamie, Astarté était la déesse du Ciel étoilé, de la Fertilité, de la Fécondité et de la Prostitution, une déesse terrible, guerrière, certes, mais pas un démon pour autant. La déesse sera démonisée ultérieurement par le judéo-christianisme pour devenir ce « démon de la débauche » que nous venons d’évoquer, et l’incarnation de toutes les déesses païennes honnies et vilipendées par les adeptes d’Abraham.

Déesse de la Souveraineté, Ishtar/Astarté est aussi une maîtresse des animaux et dans le pays d’Akkad, on la représenta souvent armée et accompagnée d’un lion, ce qui n’est pas sans évoquer la déesse Cybèle ou encore la déesse hindoue Durga, également souvent représentées avec des fauves, tigres ou lions.

Ainsi, l’attelage authentique de l’Ishtar d’Uruk serait formé de sept lions.

Il semble aussi qu’Astarté fut alternativement considérée comme une déesse-vierge et comme une déesse-mère, protectrice de la maternité et des naissances. Mais certaines sources lui dénient ces rôles, ne voulant voir en elle qu’une déesse de l’amour charnel et des activités guerrières. Ne dit-on pas qu’elle est capable de faire plier les dieux comme les plus hautes montagnes ?

Astarté est la fille du dieu de la Lune, Sin, et de son épouse, Nikkal. Elle a pour sour Ereskigal, la déesse des Enfers, et pour frère, Samas, le dieu du Soleil. Divinité lunaire, Astarté est aussi le symbole du principe des ténèbres.

Elle est également l’incarnation de la planète Vénus, l’ « étoile du matin », que l’on nommait « Dilbat ».

Astarté est associée au dieu Baal qui règne sur la pluie fertilisatrice, et, à l’instar de l’histoire d’Isis et d’Osiris, Astarté verra son époux Baal assassiné par le dieu de la Mort et de la Sécheresse, Mot. La déesse retrouvera l’assassin de son époux, le tuera avec une faucille rituelle, l’écorchera et donnera sa chair aux rapaces.

Les multiples formes d’Astarté.

Astarté apparaît, comme nous l’avons vu, sous un grand nombre de noms. Elle était aussi la plus célèbre des déesses mésopotamiennes, connue des Phéniciens, des Syriens, des Hébreux, etc. Ainsi peut-on la rapprocher notamment du culte babylonien d’Ishtar. Elle tenait une telle place dans le panthéon féminin proche-oriental, qu’on a fini par désigner les déesses en général du nom commun d’istarâtu.

La déesse Sauska a, notamment, été assimilée à Istar à Ninive, au milieu du 2ème millénaire avant l’ère chrétienne. Istar/Astarté fut également assimilée en Assyrie à la déesse Mullissu. En outre, on retrouve la plupart des rites du culte d’Astarté dans celui de l’Aphrodite Ourania des Grecs dont le pendant romain est Vénus Caelestis.

Astarté peut aussi être comparée à la déesse Atargatis. En Egypte, où elle fut assimilée à Anat, Astarté, la « Grande Déesse », sera vénérée dès la 18ème dynastie (-1580 / -1350) et à l’époque ramesside (-1350 à -1090), à Memphis (dans l’enceinte du Serapeion dédié au dieu Sérapis). Elle y sera considérée comme la fille de Rê (ou de Ptah) et l’épouse de Seth (puis, plus tardivement, d’Horus), qui est assimilé à Baal.

Sources

Wikipédia
Le dictionnaire infernal de Colin de Plancy
Diable, démons et vampires de Pierre Ripert
paranormalcq.com
atheisme.free.fr/
www.hellystar.com

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