Le végétarisme dans les religions

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Pas_dans_mon_assiette1Un petit condensé du végétarisme dans les différentes religions

Beaucoup de religions, dont le bouddhisme, l’hindouisme, le sikhisme, et spécialement le jaïnisme, enseignent que toute vie devrait avoir une valeur et ne devrait pas être détruite volontairement pour une gratification humaine non nécessaire.

Montrer de la compassion pour toute forme de vie est une règle que l’on retrouve dans les enseignements de toutes les grandes traditions religieuses.

Puisque le végétarisme est l’extension naturelle de cette compassion, il est tout à fait naturel qu’il ait une place importante dans les pratiques religieuses.

Le végétarisme et le christianisme

Les écrits des premiers chrétiens démontrent l’importance du végétarisme pour leur pratique religieuse.

Clément d’Alexandrie (160-240), l’un des pères de l’Eglise, recommande cette alimentation: « Il vaut mieux être heureux, dit-il, que de rendre nos corps pareils à des tombes pour les animaux.. »

Saint Jean Chrysostome (345-407) considérait l’alimentation carnée comme une coutume cruelle et contre nature pour les chrétiens: « Nous imitons les mœurs des loups, des léopards, ou plutôt nous faisons pire qu’eux. La nature les a faits pour qu’ils se nourrissent ainsi, mais Dieu nous a dotés de la parole et du sentiment de l’équité, et nous voilà devenus pires que les bêtes sauvages. »

Saint Benoît, qui fonda l’ordre monastique des Bénédictins en 529, prescrivait les aliments végétariens comme nourriture de base pour ses moines. L’ordre de la Trappe, dès sa fondation au XVIe siècle, s’opposa rigoureusement à la consommation de la viande, des œufs et des autres aliments d’origine animale.

Aujourd’hui, l’Eglise adventiste du septième jour recommande fortement le végétarisme à ses membres, s’appuyant sur les enseignements de la Bible.

Le végétarisme dans la religion juive

Dans le procédé « Kasher, » le sacrifice animal ne peut être effectué que sous certaines conditions. « Seulement, vous ne mangerez pas la chair avec son âme, son sang. » (Genèse 9.2-4). Voilà pourquoi les Juifs tentent de vider tout le sang hors du corps de l’animal avant de consommer sa chair. La viande ainsi préparée est appelée Kasher. Mais ce procédé est défectueux, car même si le sang est extrait des artères, il en reste quand même dans les plus petits vaisseaux sanguins. Il est donc impossible de manger de la viande complètement dépourvue de sang.

Dans son ouvrage classique intitulé The Jewish. Dietary Laws, Rabbi Samuel Ho Dresnet explîque que: « Se nourrir de viande Kasher est une sorte de compromis… l’homme devrait idéalement ne pas manger de viande car pour ce faire un animal doit être mis à mort. »

De plus en plus de Juifs rejettent ce compromis. Le nombre des adhérents à la Société internationale des Juifs Végétariens augmente modestement mais régulièrement.

En Israël, plus de 4% de la population est végétarienne et ce nombre continue d’augmenter. En fait, après l’lnde, Israël est le pays où l’on trouve la plus grande concentration de végétariens religieux.

Martin Buber (1878-1965), réputé pour être l’un des plus grands philosophes existentialistes et penseurs juifs modernes, recommandait une alimentation sans viande. Isaac Bashevis Singer et Samuel Yoseph, tous deux auteurs et prix Nobel, expliquent que le végétarisme est une preuve de bienveillance envers les animaux.

L’islam et la consommation de viande

Bien que la majorité des musulmans mangent de la viande, on retrouve de nombreux enseignements de l’Islam, notamment dans la tradition Soufi, qui recommandent le végétarisme. Et comme dans le judaïsme, les musulmans ne peuvent se nourrir de viande sans avoir préalablement suivi certaines règles.

Al-Ghazzali (1050-1111), un des plus grands philosophes musulmans, disait: « Se nourrir de la chair de la vache apporte la maladie, mais son lait apporte la santé. Une habitude alimentaire motivée par la compassion procure une vie paisible. »

Le végétarisme en Inde: Hindouisme, Jainisme et Sikh

« Ceux qui désirent posséder une beauté exquise, une longue vie, une santé parfaite, une bonne mémoire et une grande force physique morale et spirituelle doivent s’abstenir complètement de toute chair animale… Qui peut être plus cruel et plus égoïste que celui qui veut nourrir sa chair de celle d’innocents animaux? », Mahabharata

Les Ecritures védiques de l’Inde, qui sont les plus anciens textes connus sur cette planète, insistent sur la nécessité du végétarisme. Ces livres contiennent de nombreuses références condamnant la consommation de chair animale et encourageant la compassion envers les animaux. Entre autre, la Manu-Samhita (ancien livre de loi pour l’humanité) explique: « On ne peut se procurer de viande sans blesser un être vivant, ce qui nous empêchera d’accéder à la félicité céleste; évitons donc de manger de la viande. » Malgré l’influence occidentale, on trouve encore aujourd’hui plus de 600 millions d’Hindous religieusement végétariens.

Fondée en Inde par Mahavira (599-527 avant Jésus-Christ), le jaïnisme est principalement basé sur l’ahimsa: la non-violence. Les jaïns sont toujours très fidèles aux enseignements sacrés, et les quatre millions de membres de cette religion sont tous de stricts végétariens. 

La religion sikh fut fondée en Inde au XVe siècle par Guru Nanak. D’après l’érudit sikh Swaran Sing Sanehi, Guru Nanak considérait la consommation de viande comme impropre, « particulièrement pour ceux qui essaient de méditer ».

Bien que, en raison de l’influence musulmane, la plupart des sikhs soient maintenant carnivores, certains regroupements, comme la secte Namdhari et le mouvement 3HO de Yogi Bhajan, sont strictement végétariens.

Le Bouddhisme et la compassion

Le bouddhisme débuta en Inde comme une réaction face à l’abattage généralisé des animaux. Cette boucherie, née d’une perversion de la religion, fut contrecarrée par les enseignements de Bouddha sur la non-violence: « Que le disciple s’abstienne de toute viande afin de ne pas causer de frayeurs aux autres entités vivantes … L’homme sensé ne se nourrit pas de viande… Il se peut que dans le futur, des insensés prétendent que j’ai approuvé la consommation de la viande, mais… je n’ai pas permis, je ne permets pas et je ne permettrai jamais à personne de se nourrir de chair animale… en tout temps et en tout lieu, c’est inconditionnellement interdit pour tous. »

Aujourd’hui, par souci de respect envers toutes les formes de vie, plusieurs millions de bouddhistes sont demeurés rigoureusement végétariens: « Comment un bhiksu (chercheur de vérité) qui espère devenir un libérateur d’autrui, peut-il vivre en se nourrissant de la chair des autres entités vivantes? » (Surangama Sutra)

Sources: www.wikipedia.fr , www.vegetarismus.ch

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